31 mai 2012

2 Broke Girls [Saison 1]

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Saison 1, 24 épisodes // 11 280 000 tlsp. en moyenne

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   Vulgaire ? Oui, 2 Broke Girls est vulgaire ! Et vous savez quoi ? C'est là sa qualité numéro un ! C'est précisément pour cela que je l'adore : elle repousse les limites habituelles de la sitcom de network en osant les blagues -parfois lourdes, je le reconnais- sur le sexe, le sexe et encore le sexe ! Les auteurs parviennent ainsi avec brio mais sans finesse aucune à contourner certaines difficultés.  Ils ne peuvent par exemple pas se permettre de mettre dans la bouche de leurs héroïnes des "dicks" ou des "cocks", ni même leur faire prononcer  le mot "fuck", pourtant, d'une manière ou d'une autre, c'est toujours de ça dont elles parlent abondamment. Enfin surtout Max. Et quelque part, c'est fidèle à une réalité rarement montrée en télévision dans ce format-là : les jeunes parlent de sexe à longueur de journée, c'est l'une de leurs principales préoccupations et, contrairement aux idées reçues, ça ne concerne pas que les garçons, loin de là. 2 Broke Girls offre la possibilité de retrouver à l'écran des femmes libérées, provocatrices parfois, bien des années après Carrie et sa bande dans Sex & The City. Rien que ça, c'est jubilatoire (et je pense notamment à chaque ouverture d'épisode dans le dinner avec une Max toujours gonflée à bloc -et je ne parle pas que des seins énormes de l'actrice- qui en est un bel exemple) ! Cependant, il ne s'agit pas là de réaliser une étude des moeurs sexuelles modernes, même si le cynisme ambiant dans la série pointe souvent du doigt une certaine forme d'hypocrisie sur "la chose" et bien d'autres choses encores, mais simplement de faire rire de bon coeur et de divertir autrement. Autrement que How I Met Your Mother et son romantisme indécrottable, autrement que The Big Bang Theory, Mike & Molly et toutes les autres. Même si ça me fait mal de le dire, la comédie actuelle qui se rapproche le plus de 2 Broke Girls est Two And A Half Men (Mon Oncle Charlie). Mais ce qui fait toute la différence, c'est que l'une est machiste et l'autre, quelque part, féministe. Oui, le mot est lâché et le débat ouvert !

   Comme beaucoup de nouvelles comédies lancées cette annnée et qui avaient bien commencé (qualitativement en tout cas), 2 Broke Girls a perdu peu à peu de sa saveur et de sa force de frappe. Est-ce une lassitude liée au propos même de la série, finalement assez restreint ? Probable. Car s'il y a une chose qui est restée intacte du début à la fin de cette première saison, c'est l'efficacité du duo Kat Dennings/Beth Behrs. La complémentarité des deux personnages ainsi que le talent et la complicité des deux actrices ont énormément joué dans mon appréciation de la série. Je suis à peu près sûr que le public présent lors des enregistrements s'éclate vraiment. Un peu comme à l'époque de Friends. On sent que les rires ne sont pas automatiques mais mérités. Le débit assez impressionnant des dialogues permet, quand une blague tombe à plat -ce qui arrive de temps en temps- de passer très vite à autre chose. Par contre, les auteurs ont tendance à abuser des comiques de répétition, ce qui peut rendre parfois certaines blagues efficaces la première fois nettement moins marrantes la deuxième puis le troisième voire, en cas de manque flagrant d'inspiration, la quatrième fois. Mais la lassitude ressentie doit aussi provenir des personnages secondaires. Dès le pilote, ma crainte était qu'ils tournent vite en rond de ce coté-là et ça n'a pas raté. Han, le boss des filles, est peut-être celui qui s'en sort encore le mieux car il est du genre surprenant, comme lorsque dans le final, il dévoile ses talents de jockey. Il y a matière à faire encore plein de choses autour de lui, si toutefois les scénaristes acceptent de se pencher plus franchement sur son cas. En revanche, Oleg est d'une lourdeur extrême. C'était très problèmatique dans les premiers épisodes et puis disons que l'on s'y habitue. L'arrivée de la nouvelle voisine, jouée par l'excellente Jennifer Coolidge, a permis de bousculer la dynamique en cours de saison mais une nouvelle routine entre elle et lui s'est finalement installée. Elle possède un peu plus d'enjeux mais elle est néanmoins blasante. Sophie, elle-même, n'est pas à la hauteur de ses camarades féminines de jeu. Je déteste son accent d'ailleurs. Il est exaspérant et me gâche la plupart des répliques. Et puis il y a Earl, sinon. Il faut s'accrocher parfois pour comprendre ce qu'il raconte (surtout quand on regarde la série sans sous-titres) mais il a tendance à faire monter un peu le niveau des blagues en général. Après, s'il disparait du jour au lendemain, je ne suis pas certain qu'il nous manque longtemps. Ou qu'il nous manque tout court en fait !

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   Pour le moment, il y a assez peu de personnages récurrents dans 2 Broke Girls, en dehors de Sophie qui doit être contractuellement considérée comme tel mais qui est présente dans tous les épisodes depuis son arrivée. On notera toutefois que la maman des enfants que Max garde et qui apparait de temps en temps est très amusante dans son genre. C'est très bien de ne pas en abuser justement. On s'en lasserait très vite. Et puis il y a Johnny, le coup de coeur de Max, un mec dont l'attitude est franchement détestable et dépasse l'entendement -surtout dans le dernier épisode- mais qui est tellement craquant -merci Nick Zano, le sosie officiel de Brad Pitt dans ses jeunes années- que l'on serait prêt, comme Max, à tout lui pardonner sur le champ ! Oui, c'est aussi honteux que ça en a l'air. Mais que voulez-vous... la chair est faible. J'espère que le personnage reviendra la saison prochaine, malgré le "goodbye" dans le final. Ce serait trop bête de se priver de l'alchimie entre les acteurs. A moins de trouver un duo qui fonctionne encore mieux... La vie amoureuse de Caroline a été beaucoup plus calme, mais elle a su nous amuser autrement. Avec Chestnut, son cheval, notamment. Ses problèmes d'argent ont évidemment été au centre de l'attention et on ne peut qu'admirer son optimisme à toute épreuve, qui contrebalance bien le cynisme de Max. Ce qu'il y a de plus fun dans 2 Broke Girls et qui est aussi son seul fil rouge quelque part, c'est les tentatives désespérées et très variées des héroïnes pour se faire un peu d'argent ou d'en économiser. L'épisode des coupons de réduction m'a bien fait rire par exemple, d'autant que malheureusement, la folie des coupons existe vraiment aux Etats-Unis (un peu moins en France) ! Et c'est flippant. Ce qui est regrettable en revanche, c'est de ne pas utiliser mieux le système de la tirelire qui apparait à la fin de chaque épisode. Souvent, on ne comprend pas bien pourquoi la cagnotte augmente ou baisse. Ce devrait être un enjeu phare pourtant. Ce devrait être... la cerise sur le cupcake

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// Bilan // 2 Broke Girls est l'une des meilleures nouvelles comédies de la saison passée, une de celles qui apportent vraiment quelque chose de nouveau, de frais et qui n'est pas consensuelle ! Elle est tout ce que New Girl n'est pas : efficace, osée, irrévérencieuse même, ce qui ne peut définitivement pas plaire à tout le monde. Tant qu'elle ne laisse pas indifférent, on peut dire que le pari est relevé ! Il va maintenant lui falloir entrer vraiment dans la cour des grands en adoptant un format un peu plus feuilletonnant où notre attachement pour les héroïnes sera récompensé. Ces filles fauchées-là, elles sont terribles !


21 septembre 2011

Mon Oncle Charlie [9x 01]

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Nice To Meet You, Walden Schmidt (Season Premiere) // 28 740 000 tlsp.


   Il existe des événements incontournables dans la vie d'un sériphile et, qu'on le veuille ou non, quoi que l'on pense de Mon Oncle Charlie, ce Season Premiere de la sitcom numéro un aux Etats-Unis en était un. Après les innombrables frasques de Charlie Sheen, qu'il est inutile de répéter ici, son renvoi qui a fait grand bruit et le choix d'Ashton Kutcher pour le remplacer, la curiosité, plus que l'attente, était énorme. Comme 28 millions d'américains, dont une quinzaine qui représentent le noyau dur des fans, et un certain nombre de petits français, j'ai donc visionné ce fameux épisode. Dois-je vous préciser que je déteste cette série ? C'est le degré zéro de l'humour pour moi. Non seulement les blagues sont faciles et prévisibles, mais, en plus, elles sont systématiquement vulgaires et je m'étonne d'ailleurs encore de son succès incroyable auprès d'un public pourtant réputé prude. En même temps, c'est aussi le pays où les films de Judd Apatow font un carton. Paradoxe quand tu nous tiens !

   Cela dit, j'ai choisi de ne pas noter l'épisode pour la simple et bonne raison que je ne me sens pas légitime à critiquer un épisode qui joue, en grande partie, sur la nostalgie et qui s'adresse donc, avant tout, plus aux fans qu'aux téléspectateurs occasionnels. Il faut savoir que mes connaissances en Mon Oncle Charlie se limitent au générique (que j'ai toujours trouvé ridicule mais original et horriblement entêtant) et à deux épisodes visionnés dans l'avion, parce que je n'avais pas vraiment le choix (enfin si, mais je n'aime pas non plus The Big Bang Theory, bien que ce soit plus supportable, et il faut bien les occuper les 12 heures de trajet...). J'ai quand même compris, par exemple, que la scène de l'enterrement mettait en scène toutes les anciennes conquêtes du héros. Une bonne idée, sans doute, mais pas super bien exploitée. Si l'on ajoute à cela le fait que seule la mère de Charlie soit peinée -et encore- par la mort de son fils, cette ouverture ne possédait strictement aucune émotion. C'est un choix, que je n'apprécie guère même s'il est forcément singulier, qui prend surtout la forme d'un réglement de compte entre Chuck Lorre -le créateur et producteur de la sitcom- et Charlie Sheen. Le personnage est mort comme une merde, explosé par le métro de Paris. Oui, carrément ! L'épisode est coupé en deux parties distinctes, la première étant consacrée à l'ancien héros, et la deuxième au nouveau.

   L'introduction de Walden Schmidt se fait de façon symbolique. Alan, effrayé par son apparition derrière la fenêtre, jette les cendres de Charlie au beau milieu du salon. Puis suivent des scènes pas du tout inspirées qui ne parviennent même pas à faire sourire -ou alors très timidement- pour justifier le fait que le personnage de Kutcher achète déjà la maison de Malibu (il est riche, il vient de se faire larguer...). Le poster promo de la saison  (voir ci-dessous) et la venue de l'acteur dans le talk-show d'Ellen De Generes à poil trouvent une justification dans l'épisode puisqu'apparemment, Walden est quelque peu exhibitionniste. Les producteurs auraient eu tort de se priver de profiter du corps de Monsieur Demi Moore. C'est peut-être l'occasion d'attirer un public plus féminin que d'habitude et puis, franchement, on n'aurait pas aimé voir Charlie Sheen faire de même à l'époque de son règne ! J'ai l'impression que cela va devenir un gimmick mais je ne serai pas là pour en attester. Un petit mot quand même sur le "petit" Jake, dont l'interpréte, Angus T. Jones, est quand même payé 350 000 dollars pour littéralement lâcher un pet (lequel n'est même pas le fruit de ses efforts - du moins je l'espère) et ce sera son seul fait d'arme de l'épisode. Je le croyais attaché à Charlie, mais il n'a pas du tout l'air peiné ma foi.  Le seul truc qui m'a vraiment fait plaisir en fait, c'est l'apparition surprise et fidèle aux personnages de Dharma & Greg (autre série culte de Chuck Lorre), qui viennent visiter la maison. Quant au "To Be Continued" de fin, il est un peu honteux : cet épisode se suffit amplement à lui-même. Mais je comprends que CBS essaye d'en profiter un maximum...

   J'ignore si Ashton Kutcher apportera une dynamique différente dans Two and a half men et parviendra vraiment à la renouveler étant donné que son personnage a l'air finalement assez proche de Charlie, mais l'humour, lui, n'évoluera clairement pas. Rien d'étonnant à cela : pourquoi changer une formule qui marche (quand il suffit de prononcer le mot "pénis" pour rendre la salle hilare) ? Cette sitcom restera définitivement un grand mystère pour moi. Elle est médiocre, à mon sens, et le restera. Je me demande combien de téléspectateurs ont apprécié sur les 28 millions...

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23 septembre 2010

Mike & Molly [Pilot]

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Pilot // 12 23o ooo tlsp.

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What About ?

Mike et Molly sont en couple et se battent contre leurs problèmes de poids. Une fois par semaine, ils se rendent aux gros-mangeurs anonymes, où ils se sont rencontrés. Si Mike ressent le besoin de perdre du poids, encouragé par son meilleur pote, Molly se sent bien dans sa peau et prend son poids... à la légère. Seul ombre au tableau : elle vit avec sa soeur, une bombe sexy mince qui ne lui facilite pas la vie...

Who's Who ?

Créée par Mark Roberts (Mon Oncle Charlie). Produite par Chuck Lorre (Mon Oncle Charlie, The Big Bang Theory, Dharma & Greg). Avec Billy Gardell (Oui, Chérie, Heist, Earl) dans le rôle de Mike Biggs, Melissa McCarthy (Gilmore Girls, Samantha Who?) dans le rôle de Molly Flynn, Swoozie Kurtz (Pushing Daisies) dans le rôle de Joyce Flynn, Reno Wilson dans le rôle de Carl McMillan et Katy Mixon dans le rôle de Victoria Flynn; 

So What ? 

   Je préviens les amateurs : cet article sera blagues sur les gros-free. Je viens de m'en bâfrer pendant 20 minutes. Alors "ça va Senna ça va" (ça fait deux mois que je cherche à caser une réfèrence à Secret Story 4 : c'est fait). En 2007, le producteur Chuck Lorre nous gratifiait de sa première comédie romantique. Vous vous souvenez sûrement de Dharma & Greg, avec l'excellente Jenna Elfman. C'était sympa comme tout. Entre temps, il a pondu deux succès : Mon Oncle Charlie (une daube) et The Big Bang Theory (qui ne me fait pas rire mais je sais combien elle est aimée). Mike & Molly, sa nouvelle création, est presque un retour aux sources sauf que 13 ans ont passé et que la télévision a changé, sauf dans sa tête. D'un autre coté, ses sitcoms sont les plus regardées. Il aurait tort de ne pas creuser le sillon. Alors je ne sais pas si j'aurais apprécié Mike & Molly il y a 13 ans mais je sais qu'aujourd'hui, alors que je suis plus exigeant, c'est diet ! Euh... Niet.

  Je crois que le générique de la série, si on peut appeler ça comme ça, résume assez bien la situation : Mike & Molly ne cherchera ni à faire dans l'originalité, ni à faire dans la subtilité. L'action se passe à Chicago ? Hop. La skyline de la ville et un logo feront l'affaire en guise de générique. Les héros sont gros ? Eh bien le bonhomme s'appellera... Biggs ! Accessoirement, on axera chacune des blagues sur leur poids. Pourquoi ? Parce que ça fait rire l'Américain moyen. Il ne faut pas chercher à comprendre. Les dialogues s'enchaînent à la vitesse de l'éclair, les acteurs n'ont pas le temps de respirer. De temps en temps, une ligne se détache du lot et procure un petit sourire gêné. Le reste du temps, c'est l'embarras qui domine. J'avais un peu de peine pour le casting. J'ai de la sympathie pour eux mais ils méritaient une meilleure aventure, surtout Melissa McCarthy en fait qui tire le pilote vers le haut. Mais juste un peu. En fait, je n'arrive pas à comprendre pourquoi l'existence même de cette sitcom ? Elle est promise à un avenir terrible quoi qu'il arrive : soit elle poursuit sur cette voie graisseuse, à la recherche de la meilleure vanne de "gros", soit elle arrête ça et devient une comédie romantique tout ce qu'il y a de plus commune. Par moment, Mike et Molly m'ont fait penser à des versions "laisser-aller" de Lily et Marshall de How I Met. Et ce n'est pas un compliment tant ces deux-là sont devenus chiants. Les personnages secondaires n'ont pas tellement de potentiel. Ils sont méga-lourds.

   En bref, Mike & Molly ressemble à une série créée à la va-vite à la demande de CBS qui avait besoin d'un troisième hit qui ne coûte pas cher et qui rapporte gros. Sauf qu'ils ont oublié en cours de route d'écrire quelque chose de consistant. Pour une sitcom sur les gros, ça fait mauvais genre. Je n'ai pas ri et je ne reviendrai pas.