01 septembre 2012

Scruples [Pilot Script]

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Ecrit par Bob Brush (Les années coup de coeur, Demain à la une) et Mel Harris. Adapté du roman de Judith Krantz. Produit par Tony Krantz et Natalie Portman. Pour Warner Bros. Television et ABC. 57 pages. 

Au début des années 80, le parcours de trois jeunes ambitieux dans le milieu de la mode, qui allient leurs forces pour survivre dans un monde où le pouvoir, le sexe et la vengeance sont rois. Billy Ikehorn vient de perdre son mari, un riche millionnaire âgé, et utilise l'argent qu'il lui a légué pour lancer sa boutique de luxe à Beverly Hills. Valentine O'Neill, une styliste débutante française, la rejoint, accompagnée de Spider Elliott, un photographe qu'elle a rencontré à New York et pour qui elle a développé des sentiments...

Avec Claire Forlani (Rencontre avec Joe Black, Camelot), Karine Vanasse (Pan Am), Chad Michael Murray (Les Frères Scott), Gary Cole (The Good Wife, Desperate Housewves), Boris Kodjoe (Undercovers), Jessica McNamee (Je te promets - The Vow), Gilles Marini (Brothers & Sisters), Aiden Turnen (All My Children), Mimi Rogers (X-Files, Austin Powers)... et la voix de Lindsay Wagner (Super Jaimie, Scruples).

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Selon moi

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   Je n'ai pas lu le roman de Judith Krantz, ni vu la mini-série qui l'a adapté dans les années 80 avec Lindsay Wagner, Barry Bostwick et notre nationale Marie-France Pisier, j'ai donc découvert l'univers de Scruples au fil des pages de ce script et j'ignore franchement s'il est respectueux de matériau de base. Ce que je sais, en revanche, c'est qu'ABC n'a probablement rien raté en ne transformant pas l'essai en série. Le casting un peu bas de gamme n'a rien dû arranger. On notera toutefois que le rôle de la narratrice, car il y a une voix-off imposante dans la série, est justement tenu par Lindsay Wagner. Un clin d'oeil sympathique. Au-delà de ça... disons que je n'ai pas détesté ce que j'ai lu. Mais je n'ai pas adoré non plus !

   La principale qualité de Scruples, justement, c'est de raconter une histoire. C'est bête à dire mais il y a plein de séries qui ne racontent rien. L'histoire d'une ascension, l'histoire d'une autre époque, d'un autre Hollywood, l'histoire d'une nostalgie, l'histoire de gens talentueux, promis à un bel avenir mais qui doivent suer sang et eau pour y arriver. La voix-off se charge de donner un souffle épique à un récit qui manque un peu de rythme et de surprise. Elle commente l'action et la met surtout en perspective en donnant quelques indices sur ce qui arrivera plus tard, au-delà du pilote. Elle fait des promesses, en quelque sorte. Du coup, on a vraiment le sentiment que l'essentiel n'est pas là. Que ce qui compte vraiment arrivera plus tard. Evidemment, quand on lit le script et que l'on sait déjà qu'il n'y aura pas de "plus tard", l'effort parait particulièrement vain. Ca partait d'un bon sentiment en tout cas... Le pilote nous introduit efficacement aux différents protagonistes et parvient assez rapidement à nous faire adhérer au duo Valentine/Spider. J'imaginais très bien Karine Vanasse et Chad Michael Murray se donner la réplique avec panache. D'ailleurs, je ne porte pas particulièrement le monsieur dans mon coeur mais il aurait sans doute été plus efficace que Mike Vogel dans Pan Am. Ca n'aurait sans doute rien chang2 au destin de la série. Quoique plus de jeunes filles s'y seraient peut-être intérEssées. D'ailleurs, dans Scruples comme auparavant dans Dawson et Les Frères Scott, il se retrouve à poil au bout de 10 minutes.

   Je suis plus suspicieux sur le choix de Claire Forlani dans le rôle principal. Je ne doute pas de son charisme mais le rôle méritait certainement d'être attribué à un visage plus connu des téléspectateurs. En tout cas, Billy est un personnage intéressant, dont on ne sait jamais vraiment si elle a un bon ou un mauvais fond. Les sous-entendus sur l'homosexualité de son mari sont d'ailleurs savoureux. Ce n'est jamais dit clairement, sans doute parce que l'époque ne le permet pas, et c'est intéressant. Malheureusement, au-delà de ça, les conflits entre Billy et les avocats de son mari sont assez ennuyeux à suivre. Sur le long terme, je ne vois pas ce qui aurait pu en ressortir de bien. Sans doute du soap pas très inspiré. La mode sert finalement plus de décor qu'autre chose, mais c'est bizarrement que le sujet est abordé de manière plus frontale que Scruples est plus prometteuse. Le personnage d'Harriet Toppington, une Anna Wintour avant l'heure, tenu par Mimi Rogers -que je suppose parfaite pour ce rôle-, annonçait de bons moments de bitchiness. L'apparition de Gilles Marini dans les dernières secondes, dans un rôle très mystérieux, offrait un cliffhanger intriguant...

   Si je devais comparer Scruples à Americana (lire la critique du script), qui était sa concurrente principale lors de la saison des pilotes, je dirais qu'il se dégage de la première une atmosphère beaucoup plus travaillée, plus classe et plus sexy, quelque chose d'un peu moins facile et d'un peu moins classique aussi mais, en terme d'efficacité instantanée, c'est la deuxième qui s'en sort le mieux. Dans les deux cas, on ne peut pas dire que l'on perde grand chose, si ce n'est un retour de Karine Vanasse à la télévision et ça, c'est triste.

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Selon UglyFrenchBoy

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   Juger Scruples sur le seul script, sans prendre en compte le casting, les producteurs engagés et le livre (ne parlons pas de la mini série) dont ce projet est issu est un exercice difficile. On ignore si le travail d'adaptation de l'ouvrage est fidèle ou, à l'inverse, si des pans entiers du roman ont été recopiés. Par exemple, « In L.A., a wound to the ego never heals. The only cure is revenge » vient-il de la plume de Judith Krantz ou des scénaristes Bob Brush & Mel Harris ? Quel que soit le mérite de ces derniers, ce pilote est plutôt réussi.

   Le schéma narratif est faussement complexe : le récit se situe à la fin des années 70 et s'autorise quelques flashbacks, mais les scènes sont introduites, commentées et parfois conclues par une narratrice dans le présent, autrement dit à notre époque. Avec son recul, celle-ci, ou plutôt Maggie, puisqu'il s'agit d'un personnage secondaire, accompagne le lecteur/téléspectateur. Un procédé peu révolutionnaire mais efficace. Il permet, notamment, d'aborder l'évolution du rapport à la célébrité et, dans une moindre mesure, celui à l'argent. En d'autres termes, à thématique égale, Scruples est un peu la version intelligente d'Americana. Ce dernier est, disons, plus académique et va droit au but en reprenant à la lettre tous les codes du genre.

   À la différence de sa concurrente lors de la saison des pilotes, Scruples peut compter sur un scénario qui soigne le portrait de son héroïne. La présentation de Billy Winthrop Ikehorn est dense et complexe. On ne sait pas vraiment si on peut s'autoriser à ressentir de l'empathie pour elle. Son rapport au deuil est intéressant. Elle n'est pas du genre à être une veuve éplorée, au risque de paraître insensible et arriviste, mais a été une femme aimante et fidèle. Cette ambivalence est particulièrement bien explorée à travers le regard de ses interlocuteurs : croqueuse de diamants pour certains, femme d'affaires émérite et dévouée pour d'autres. Bien sûr, Billy a ses failles, mais elles ne sont pas explorées et devaient faire l'objet des prochains épisodes au vu des événements du dernier acte. Une chose est certaine : incarner Billy nécessite beaucoup de charisme. L'actrice choisie doit littéralement crever l'écran. Je ne suis pas spécialement convaincu du choix de Claire Forlani. J'espère qu'un jour des extraits paraitront sur la toile pour se faire une idée plus précise.

   Ce pilote ne se résume pas qu'à Billy Winthrop Ikehorn, même si elle occupe la majorité des scènes. Les autres protagonistes ne méritent pas spécialement d'être cités, à l'exception du duo Spider et Valentine, respectivement interprétés par Chad Michael Murray et Karine Vanasse. Isolés, les deux personnages sont, sur le papier, joués par les bonnes personnes. Le problème étant que pour leurs scènes communes, une véritable alchimie est nécessaire. La dynamique de leur relation est un des points forts de ce pilote (« Look at us. One unemployed, one unemployable. We're... » « ... hopeless » « deplorable » « ridiculous » « Did we mention drunk ? »). Peut-être même pour cette seule raison, le pilote aurait eu le mérite d'être vu. Est-ce un argument suffisant pour avoir la légitimité d'occuper l'antenne d'ABC ? Peut-être pas...


05 juin 2012

Pan Am [Saison 1]

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Saison 1, 14 épisodes // 5 390 000 tlsp.

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   Chaque année c'est la même histoire : on s'attache à une nouvelle série, on sait plus ou moins rapidement qu'on a de très fortes chances de la perdre, puis elle nous quitte inévitablement. On est un peu triste. On jure que l'on ne nous y reprendra plus. Et on l'oublie, cette promesse. Cette série aussi, parfois. Mais je crois que je n'oublierai pas Pan Am de sitôt. Pas parce que je l'ai trouvée incroyablement bonne, mais parce que je trouve le sort que lui a réservé le public américain particulièrement injuste. On aimerait toujours voir la prise de risque récompensée et la qualité triompher. L'avénement du câble nous y a même habitué. Mais la réalité finit toujours pas nous rattraper. ABC a tenté, y a cru, a mis toutes les chances de son coté. Mais tout ça n'a pas suffit. On peut toutefois se consoler en se disant que, pour une fois, il n'y a pas eu de déprogrammation sauvage, pas eu d'arrêt brutal du tournage, mais un épisode supplémentaire a en revanche été commandé pour terminer convenablement ce lumineux voyage. C'est rare un tel atterrissage tout doux dans les nuages.

 Oui, je me sens l'âme d'un poète -de pacotille- quand il s'agit d'évoquer Pan Am. C'est de la poésie que les quatre étoiles filantes de la série m'inspirent, je n'y peux rien. J'ai adoré les voir s'agiter dans les airs, parcourir le monde, ouvrir leurs coeurs, se les faire abimer, mais en gardant toujours le sourire et la fraîcheur des premiers jours. Maggie, Kate, Laura et Colette sont des héroïnes exemplaires, irrésistibles, comme on voudrait en voir plus souvent. Bien plus complexes qu'elles n'y paraissent, elles ont dévoilé au fur et à mesure leurs blessures et leurs faiblesses, peut-être pas assez rapidement au goût des téléspectateurs qui se sont très vite détournés d'elles. Cependant, je me refuse à croire qu'elles sont à blâmer de la chute d'audience vertigineuse entre le 1er épisode et le 2ème, puis entre le 3ème et tous les autres. Difficile de déterminer les causes du crash, même en prenant du recul sur la situation quelques mois plus tard. Le fait que la série se déroule dans les années 60 a-t-il été frein pour un certain public, en particulier les sacro-saints 18/49 ans ? C'est fort probable. Quand on parle de Mad Men, ça fait classe, ça fait intelligent, ça fait CSP+. Pan Am, à coté, ça fait low cost, ça fait roman de gare d'aéroport, ça fait ménagère. Il est certain que les exigences des deux séries ne sont pas les mêmes, mais elles auraient très bien pu cohabiter, chacune dans leur genre (d'ailleurs, si la dramédie d'ABC avait obtenu une saison complète, elle se serait retrouvée pile en face de la 5ème saison du show d'AMC !). C'est peut-être en se refusant à suivre un trajet tout tracé que Pan Am a perdu le contrôle. Ceux qui espéraient une série légère et amusante se sont retrouvés, aussi, avec une intrigue d'espionnage qui a pris de plus en plus d'ampleur au fil des épisodes. Ceux qui avaient justement été titillés par cet aspect-là de la série, plus original, se sont ennuyés lorsque les hôtesses se mettaient à rêver de leur prince charmant ou de leur prochaine paire de chaussure. Il faut croire que Pan Am ne pouvait pas se permettre d'aller dans les deux sens pour séduire le plus grand nombre. Il fallait choisir. 

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   Il m'a pourtant semblé, du moins au début, que les scénaristes avaient trouvé le parfait équilibre entre ces deux univers et que les missions de Kate auprès de la CIA se mêlaient à merveille aux affaires de coeur, essentiellement, des trois autres. Je me souviens que le deuxième épisode qui se déroulait à Paris m'avait fait forte impression. C'est même l'un de mes épisodes préférés de la saison. Globalement, les premiers épisodes sont de toute façon les meilleurs. Ceux qui possédaient le plus de fond en tout cas. Ich Bin Ein Berliner, le troisième, était particulièrement réussi dans son genre. Intelligent ET prenant. Les larmes déchirantes de Colette alors que le président américain prononce cette fameuse phrase en allemand m'ont marqué. Le passé du personnage aurait mérité d'être approfondi. Et c'est là que l'on se rend compte des limites de Pan Am : elle ne pouvait traiter de sujets sérieux et graves que superficiellement, de façon à ne pas ennuyer le public venu majoritairement pour se divertir, pas pour s'instruire. Il y avait pourtant beaucoup à faire et à dire sur les conséquences de la guerre sur cette génération, et sur bien d'autres choses. Colette a donc dû se contenter de son histoire d'amour contrariée avec le commandant de bord Dean Lowrey, le personnage masculin principal. Et je crois qu'au moment où la production a recherché ses actrices, elle a oublié qu'il était aussi nécessaire de leur trouver des partenaires à la hauteur. Je n'ai rien contre Mike Vogel, mais il manquait clairement de charisme et rien à voir avec son âge. Le couple Colette/Dean était malgré tout charmant, le plus intéressant de tous ceux qui ont été formés d'ailleurs. Les hésitations de Laura et Ted étaient moins passionnantes à suivre, en majeure partie à cause de Ted lui-même et de son interprète, Michael Mosley. Le personnage m'horripilait au départ et a fini par me séduire sur la fin, mais il était déjà trop tard. L'arrivée de l'actrice Ashley Greene, tout droit de sortie de la saga Twilight, forcément venue pour attirer les jeunes, n'a fait que créer un triangle amoureux inutile, qui n'aurait eu de piment que si le sujet de l'homosexualité de la jeune femme avait été utilisé autrement que comme un effet comique, certes réussi sur le moment mais frustrant. Dans le genre frustrant, il y aussi l'histoire de Bridget Pierce, revenue sans doute trop tôt puis totalement abandonnée.

   Plusieurs hommes de passage ont un peu remonté le niveau général de testostérones, notamment Goran Visnjic associé à Kate (Kelli Garner) pour une romance sur fond d'espionnage très plaisante à suivre mais peut-être trop soft pour les habitués des aventures de James Bond. Maggie est clairement le personnage qui aurait dû être mis plus en avant dès le départ, surtout que Cristina Ricci était la seule actrice de la distribution avec une véritable notoriété. C'est elle qui portait avec le plus d'énergie et d'enthousiasme le propos féministe de la série. Elle aurait dû être au centre. Elle a véritablement brillé dans les derniers épisodes, là où ses collègues Kate et Laura commençaient déjà à s'épuiser, faute de renouvellements dans leurs intrigues. Les voyages, qui faisaient le sel des premiers épisodes et avec des décors plutôt pas mal, étaient moins identifiés sur la fin. Les destinations les plus emblèmatiques ayant déjà été épuisées, on passait de plus en plus de temps à New York -enfin dans des appartements de New York- et de moins en moins en l'air, ou quelque part dans le monde. Il est fort possible que le budget ait été réduit suite aux contre-performances d'audiences, ce qui expliquerait ce choix curieux. L'épisode à Port-au-Prince était en tout cas génial, celui à Moscou pas mal du tout aussi. En vérité, il n'y a pas beaucoup d'épisodes que je n'ai pas aimé quand j'y réfléchis. Et quand je pense à tout ce potentiel gâché, à Colette Valois que je ne reverrai jamais (Karine Vanasse, je t'aime !), j'ai un peu envie de pleurer. 

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// Bilan // Le dépaysement a été garanti avec Pan Am au fil de ses 14 aventures. Les belles hôtesses ont largement rempli leur mission. Il y avait clairement de bons pilotes dans l'avion, mais pas assez de passagers. C'est ainsi que la belle compagnie s'en est allée...

02 mars 2012

Tueurs En Séries [Episode du 2 Mars 2012]

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Au programme cette semaine : Alan Ball déserte "True Blood" - David Morrissey rejoint "The Walking Dead", la CW trouve sa jeune Carrie Bradshaw, Lucy Liu castée pour jouer... Watson - Une nouvelle bande-annonce de "Don't Trust the B... in Appartment 23" - "Pigalle, la nuit" adaptée aux Etats-Unis - "Archer" renouvelée - On répond à vos questions : "Private Practice", "Vampire Diaries" - On a rencontré deux des hôtesses de "Pan Am" : Christina Ricci et Karine Vanasse ! Focus sur la série dont la première (et dernière ?) saison vient de s'achever aux Etats-Unis - Le casting de "Parenthood" célèbre ses actrices en musique...

 

30 septembre 2011

Pan Am [Pilot]

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 Pilot // 11 060 000 tlsp.

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What About ?

  Embarquement immédiat dans les vols de la compagnie aérienne la plus glamour des années 60 : la Pan American World Airways. Destination : New York, Paris, Berlin et bien d'autres villes du Monde. A bord : de jolies hôtesses, accueillantes et chaleureuses, dont les passés respectifs renferment de mystérieux secrets; le commandant de bord et son co-pilote; et bien évidemment des passagers, tous plus différents les uns que les autres...

Who's Who ?

 Créée par Jack Orman (JAG, Urgences, Men Of A Certain Age) et produite par Thomas Schlamme (A la maison blanche, Studio 60). Avec Christina Ricci (La Famille Adams, Casper, Ally McBeal), Margot Robbie (Neighbours), Kelli Garner (My Generation), Karine Vanasse, Michael Mosley (Scrubs, Kidnapped), Mike Vogel (Parents à tous prix, Miami Medical)...

So What ?

    Toutes les petites filles ont rêvé un jour d'être hôtesses de l'air (ou vétérinaires, ou maîtresses d'école, ou chanteuses, ou, aujourd'hui, candidates de Secret Story) et plein de petits garçons ont envisagé de devenir pilotes d'avion (ou pompiers, ou sportifs, ou chanteurs, ou, aujourd'hui, candidats de Secret Story). Les protagonistes de Pan Am ne se sont pas contentés d'en rêver : ils le sont devenus et, à la vue du pilote, ils ne doivent pas le regretter. A commencer par la petite nouvelle, Laura, qui découvre en même temps que nous cet univers glamour, presque surréaliste qui, quand on gratte un peu, se révèle bien plus bien sombre et dangereux qu'il n'y parait. 

   Plutôt que de singer Mad Men, Pan Am se propose de traiter cette même époque -les années 60- avec plus de légéreté mais pas moins de rigueur, et davantage du point de vue des femmes. Les héroïnes ont ainsi droit à des séquences de flashbacks qui ne s'insérent pas toujours bien dans le récit mais qui atteignent leur objectif : nous les faire aimer sans plus attendre. A ce petit jeu-là, Laura et sa soeur Kate s'en tirent particulièrement bien. La première parce qu'elle représente un véritable fantasme et que sa décision de quitter son fiancé et abandonner la petite vie bien rangée qui l'attendait inspire un certain respect et insuffle une énergie folle au pilote. La seconde parce qu'elle apporte à la série un autre aspect, particulièrement intriguant, qui convoque la CIA, l'espionnage très en vogue à l'époque de la fameuse Guerre Froide. Autant de thèmes prometteurs qui devraient permettre à la série d'approfondir son propos. Le cliffhanger de ce premier épisode y est d'ailleurs étroitement lié et donne très envie de voir la suite. Colette, la petite française pas clichée, doit pour le moment se contenter d'une intrigue plus axée sur ses amourettes mais sa situation parvient déjà à émouvoir. Maggie, assez discrète contre toutes attentes puisqu'elle est incarnée par Christina Ricci, l'actrice la plus connue de la distribution, est une hippie qui adore voyager et qui, au fond, n'a choisi ce métier que pour cette raison. Les hommes de la série, peu nombreux, enthousiasment moins mais paraissent néanmoins sympathiques. Esthétiquement parlant, malgré l'omni-présence de fonds verts, Pan Am offre un résultat soigné, qui se veut moins chic et travaillé que Playboy Club, mais du coup peut-être aussi plus réaliste et dépaysant. 

   Plus encore qu'un soap avec une âme, Pan Am revisite avec panache et intelligence une période de l'histoire où tout était possible, où les femmes ont commencé à s'affirmer, à se battre pour se faire entendre et pas seulement se faire contempler, mais aussi où la Guerre Froide faisait rage, étouffait l'insouciance et empêchait la totale légéreté. Au petit jeu des comparitifs, le Pan Am d'ABC l'emporte sur le Playboy Club de NBC, parce qu'il est bien plus finement écrit et parce qu'il ouvre un champ de possibilités plus vaste. Autant s'envoyer en l'air de là-haut !

What Chance ?

 Difficile de dire pour le moment si tout planera pour Pan Am dans les prochaines semaines mais, les critiques étant particulièrement bonnes dans l'ensemble, il se peut qu'une bonne partie des curieux qui ont regardé le pilote continueront. Elle a des chances d'obtenir une saison complète...

How ?