01 septembre 2012

Scruples [Pilot Script]

20065926

Ecrit par Bob Brush (Les années coup de coeur, Demain à la une) et Mel Harris. Adapté du roman de Judith Krantz. Produit par Tony Krantz et Natalie Portman. Pour Warner Bros. Television et ABC. 57 pages. 

Au début des années 80, le parcours de trois jeunes ambitieux dans le milieu de la mode, qui allient leurs forces pour survivre dans un monde où le pouvoir, le sexe et la vengeance sont rois. Billy Ikehorn vient de perdre son mari, un riche millionnaire âgé, et utilise l'argent qu'il lui a légué pour lancer sa boutique de luxe à Beverly Hills. Valentine O'Neill, une styliste débutante française, la rejoint, accompagnée de Spider Elliott, un photographe qu'elle a rencontré à New York et pour qui elle a développé des sentiments...

Avec Claire Forlani (Rencontre avec Joe Black, Camelot), Karine Vanasse (Pan Am), Chad Michael Murray (Les Frères Scott), Gary Cole (The Good Wife, Desperate Housewves), Boris Kodjoe (Undercovers), Jessica McNamee (Je te promets - The Vow), Gilles Marini (Brothers & Sisters), Aiden Turnen (All My Children), Mimi Rogers (X-Files, Austin Powers)... et la voix de Lindsay Wagner (Super Jaimie, Scruples).

___________

 

Selon moi

44030376

   Je n'ai pas lu le roman de Judith Krantz, ni vu la mini-série qui l'a adapté dans les années 80 avec Lindsay Wagner, Barry Bostwick et notre nationale Marie-France Pisier, j'ai donc découvert l'univers de Scruples au fil des pages de ce script et j'ignore franchement s'il est respectueux de matériau de base. Ce que je sais, en revanche, c'est qu'ABC n'a probablement rien raté en ne transformant pas l'essai en série. Le casting un peu bas de gamme n'a rien dû arranger. On notera toutefois que le rôle de la narratrice, car il y a une voix-off imposante dans la série, est justement tenu par Lindsay Wagner. Un clin d'oeil sympathique. Au-delà de ça... disons que je n'ai pas détesté ce que j'ai lu. Mais je n'ai pas adoré non plus !

   La principale qualité de Scruples, justement, c'est de raconter une histoire. C'est bête à dire mais il y a plein de séries qui ne racontent rien. L'histoire d'une ascension, l'histoire d'une autre époque, d'un autre Hollywood, l'histoire d'une nostalgie, l'histoire de gens talentueux, promis à un bel avenir mais qui doivent suer sang et eau pour y arriver. La voix-off se charge de donner un souffle épique à un récit qui manque un peu de rythme et de surprise. Elle commente l'action et la met surtout en perspective en donnant quelques indices sur ce qui arrivera plus tard, au-delà du pilote. Elle fait des promesses, en quelque sorte. Du coup, on a vraiment le sentiment que l'essentiel n'est pas là. Que ce qui compte vraiment arrivera plus tard. Evidemment, quand on lit le script et que l'on sait déjà qu'il n'y aura pas de "plus tard", l'effort parait particulièrement vain. Ca partait d'un bon sentiment en tout cas... Le pilote nous introduit efficacement aux différents protagonistes et parvient assez rapidement à nous faire adhérer au duo Valentine/Spider. J'imaginais très bien Karine Vanasse et Chad Michael Murray se donner la réplique avec panache. D'ailleurs, je ne porte pas particulièrement le monsieur dans mon coeur mais il aurait sans doute été plus efficace que Mike Vogel dans Pan Am. Ca n'aurait sans doute rien chang2 au destin de la série. Quoique plus de jeunes filles s'y seraient peut-être intérEssées. D'ailleurs, dans Scruples comme auparavant dans Dawson et Les Frères Scott, il se retrouve à poil au bout de 10 minutes.

   Je suis plus suspicieux sur le choix de Claire Forlani dans le rôle principal. Je ne doute pas de son charisme mais le rôle méritait certainement d'être attribué à un visage plus connu des téléspectateurs. En tout cas, Billy est un personnage intéressant, dont on ne sait jamais vraiment si elle a un bon ou un mauvais fond. Les sous-entendus sur l'homosexualité de son mari sont d'ailleurs savoureux. Ce n'est jamais dit clairement, sans doute parce que l'époque ne le permet pas, et c'est intéressant. Malheureusement, au-delà de ça, les conflits entre Billy et les avocats de son mari sont assez ennuyeux à suivre. Sur le long terme, je ne vois pas ce qui aurait pu en ressortir de bien. Sans doute du soap pas très inspiré. La mode sert finalement plus de décor qu'autre chose, mais c'est bizarrement que le sujet est abordé de manière plus frontale que Scruples est plus prometteuse. Le personnage d'Harriet Toppington, une Anna Wintour avant l'heure, tenu par Mimi Rogers -que je suppose parfaite pour ce rôle-, annonçait de bons moments de bitchiness. L'apparition de Gilles Marini dans les dernières secondes, dans un rôle très mystérieux, offrait un cliffhanger intriguant...

   Si je devais comparer Scruples à Americana (lire la critique du script), qui était sa concurrente principale lors de la saison des pilotes, je dirais qu'il se dégage de la première une atmosphère beaucoup plus travaillée, plus classe et plus sexy, quelque chose d'un peu moins facile et d'un peu moins classique aussi mais, en terme d'efficacité instantanée, c'est la deuxième qui s'en sort le mieux. Dans les deux cas, on ne peut pas dire que l'on perde grand chose, si ce n'est un retour de Karine Vanasse à la télévision et ça, c'est triste.

____________

 

Selon UglyFrenchBoy

 44030376_bis

   Juger Scruples sur le seul script, sans prendre en compte le casting, les producteurs engagés et le livre (ne parlons pas de la mini série) dont ce projet est issu est un exercice difficile. On ignore si le travail d'adaptation de l'ouvrage est fidèle ou, à l'inverse, si des pans entiers du roman ont été recopiés. Par exemple, « In L.A., a wound to the ego never heals. The only cure is revenge » vient-il de la plume de Judith Krantz ou des scénaristes Bob Brush & Mel Harris ? Quel que soit le mérite de ces derniers, ce pilote est plutôt réussi.

   Le schéma narratif est faussement complexe : le récit se situe à la fin des années 70 et s'autorise quelques flashbacks, mais les scènes sont introduites, commentées et parfois conclues par une narratrice dans le présent, autrement dit à notre époque. Avec son recul, celle-ci, ou plutôt Maggie, puisqu'il s'agit d'un personnage secondaire, accompagne le lecteur/téléspectateur. Un procédé peu révolutionnaire mais efficace. Il permet, notamment, d'aborder l'évolution du rapport à la célébrité et, dans une moindre mesure, celui à l'argent. En d'autres termes, à thématique égale, Scruples est un peu la version intelligente d'Americana. Ce dernier est, disons, plus académique et va droit au but en reprenant à la lettre tous les codes du genre.

   À la différence de sa concurrente lors de la saison des pilotes, Scruples peut compter sur un scénario qui soigne le portrait de son héroïne. La présentation de Billy Winthrop Ikehorn est dense et complexe. On ne sait pas vraiment si on peut s'autoriser à ressentir de l'empathie pour elle. Son rapport au deuil est intéressant. Elle n'est pas du genre à être une veuve éplorée, au risque de paraître insensible et arriviste, mais a été une femme aimante et fidèle. Cette ambivalence est particulièrement bien explorée à travers le regard de ses interlocuteurs : croqueuse de diamants pour certains, femme d'affaires émérite et dévouée pour d'autres. Bien sûr, Billy a ses failles, mais elles ne sont pas explorées et devaient faire l'objet des prochains épisodes au vu des événements du dernier acte. Une chose est certaine : incarner Billy nécessite beaucoup de charisme. L'actrice choisie doit littéralement crever l'écran. Je ne suis pas spécialement convaincu du choix de Claire Forlani. J'espère qu'un jour des extraits paraitront sur la toile pour se faire une idée plus précise.

   Ce pilote ne se résume pas qu'à Billy Winthrop Ikehorn, même si elle occupe la majorité des scènes. Les autres protagonistes ne méritent pas spécialement d'être cités, à l'exception du duo Spider et Valentine, respectivement interprétés par Chad Michael Murray et Karine Vanasse. Isolés, les deux personnages sont, sur le papier, joués par les bonnes personnes. Le problème étant que pour leurs scènes communes, une véritable alchimie est nécessaire. La dynamique de leur relation est un des points forts de ce pilote (« Look at us. One unemployed, one unemployable. We're... » « ... hopeless » « deplorable » « ridiculous » « Did we mention drunk ? »). Peut-être même pour cette seule raison, le pilote aurait eu le mérite d'être vu. Est-ce un argument suffisant pour avoir la légitimité d'occuper l'antenne d'ABC ? Peut-être pas...


12 avril 2011

Camelot [Pilot]

19681567

Homecoming (Series Premiere) // 1 13o ooo tlsp.

44030376

What About ?

A la mort soudaine du Roi Uther, le chaos menace de s'abattre sur le royaume. Le magicien Merlin, dit "l'enchanteur", alerté par les visions d'un sombre futur, installe sur le trône le jeune et impétueux Arthur, fils caché du roi, élevé depuis sa naissance comme un simple paysan. Mais la froide et ambitieuse Morgane, fille rejeté d'Uther, entend bien empêcher ce demi-frère de régner, n'hésitant pas à user de forces surnaturelles pour parvenir à ses fins et se réapproprier ce qu'elle estime lui revenir de droit. En ces temps obscurs, le jeune souverain va devoir prendre des décisions difficiles et relever le défi d'unifier un royaume brisé.

Who's Who ?

 Créée par Michael Hirst (The Tudors) et Chris Chibnall (Doctor Who). Avec Jamie Campbell Bower (The Prisoner 2009, Twilight, Harry Potter) dans le rôle d'Arthur, Eva Green (Casino Royale, Innocents, Kingdom Of Heaven) dans le rôle de Morgan, Joseph Fiennes (Shakespeare In Love, FlashForward) dans le rôle de Merlin, Claire Forlani (Rencontre avec Joe Black) dans le rôle de la Reine Igraine, Tamsin Eggerton dans le rôle de Guenièvre, James Purefoy (Rome) dans le rôle du Roi Lot...

So What ?

 Vous savez, il y a deux types de séries que j'exécre : les policières et les historiques. Mais quand je dois écrire une critique, c'est la seconde catégorie qui m'effraie le plus. Les procédurals m'ennuient mais j'arrive à peu près à tenir éveillé devant, surtout si les personnages font preuve d'un peu d'humour, tandis que les séries d'époque me plongent systématiquement dans un profond sommeil. Sans doute parce que j'étais en forme (ou que j'avais beaucoup dormi avant), Camelot ne m'a pas vraiment fait cet effet somnifère. Mais elle ne m'a pas plu pour autant malheureusement. A sa décharge, il n'y a rien qui m'intéresse moins que la légende Arthurienne. Qu'elle soit vue par Disney ou par Alexandre Astier. Alors revue et corrigée et par la chaîne Starz, tout de même responsable de la daube apocalyptique Spartacus, et Michael Hirst, Mr. Les Tudor, c'est, en gros, ma vision de l'enfer télévisuel. Avec tant d'a priori, je n'ai pu qu'être agréablement surpris : ce Camelot est divertissant et possède quelques atouts. Les créateurs ont tellement voulu se démarquer des précédentes (et nombreuses) oeuvres qui ont traité le mythe qu'ils ont presque inventé une autre histoire avec d'autres personnages dont seuls les noms nous rappellent leur origine historique.

Arthur n'est pas impressionnant, ce n'est pas une montagne de muscles. C'est un paysan, presque chétif. Jamie Campbell Bower le campe avec conviction mais sans charisme. J'ai envie d'être indulgent sur ce dernier point car je crois que c'est tout simplement voulu afin de montrer l'évolution du personnage au fil des combats, des épisodes et des saisons. La légendaire opposition entre la sorcière Morgan et l'enchanteur Merlin est revisitée à travers le prisme de la magie noire. Les deux ennemis sont sombres, très sombres, et Eva Green et Joseph Fiennes se ménent une bataille sans merci afin d'être celui qui lancera le regard le plus noir. Au bout de 45 minutes, leur petit manège est déjà fatiguant. On a connu Eva Green plus inspirée, même si elle incarne son personnage avec la classe qu'on lui connait. Morgan devrait suivre le chemin inverse de son rival Merlin en commençant très méchante pour s'adoucir petit à petit. L'actrice aura donc certainement l'occasion d'exercer ses talents de façon plus diversifiée et sans forcément tomber la robe (même si c'est une règle chez elle visiblement : elle n'accepte que les rôles qui exigent qu'elle apparaisse nue, l'inverse des autres actrices, une façon comme une autre de se démarquer). On en vient au cas Joseph Fiennes/Merlin, qui est le plus difficile à avaler. Je vous ai déjà dit que je n'étais pas du tout attaché à la légende originelle mais ça me choque quand même de voir le magicien relativement jeune et sans sa longue barbe. Cela aurait pu passer si l'acteur ne nous avait pas refait le coup de la mono-expression, qu'il a savemment exercée toute une année dans FlashForward. Bon et puis la boule à zéro, ça ne lui va vraiment pas. Je ne suis pas non plus fan de l'actrice choisie pour incarner Guenièvre. Trop bimbo et juste pas bonne.

Camelot n'est certainement pas le ratage que j'avais imaginé, et je suis heureux de constater qu'il ne s'agit pas là d'une alternance violence/sexe comme dans l'autre série de Starz. Les décors et les costumes sont sublimes, qui plus est. Le rythme est soutenu. Mais où se cache l'émotion ? Où se sont perdus les bons dialogues ? Pourquoi s'attache-t-on plus aisément aux méchants qu'aux gentils ? Et les scènes de combats, que je déteste en général, pourquoi sont-elles si rares ? Et la magie ? Où est passée la magie ? La série part de loin mais elle a toutes les cartes en mains pour se transformer en un divertissement de bonne facture.