20 février 2014

Black-ish [Pilot Script]

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BLACK-ISH aka KEEPIN' IT REAL!

Comédie (single-camera) // 22 minutes

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Ecrit par Kenya Barris (Are we there yet?, The Game). Produit par Larry Wilmore (The Bernie Mac Show). Pour ABC, ABC Studios, Principato-Young Entertainment & Cinema Gipsy Productions...

Dre Johnson, marié, quatre enfants, vient d'être promu dans son agence de publicité. Il devrait logiquement tout avoir pour être heureux mais il ne l'est pas à cause... de sa couleur de peau ! Afro-américain, il déplore que les valeurs de son identité culturelle se soient diluées peu à peu dans la société. Sa femme, très libérale, et son père, très vieux jeu, ont bien du mal à le comprendre, sans parler de ses enfants...

Avec Anthony Anderson (New York Police Judiciaire, Treme, Guys With Kids), Laurence Fisburne (Les Experts, Matrix, Apocalypse Now)...

 

   "I'm sorry Dre. Not everything is about you being black!" lance la femme du héros au cours de l'une de leurs nombreuses disputes de ce premier épisode. Merci à elle ! Je peux vous assurer que ça soulage rudement quand elle lâche cette phrase assassine (qui ne semble pas l'être sortie du contexte). Parce que les 10 minutes qui précédent, Dre les passent à geindre encore et encore sur sa pauvre condition d'afro-américain aisé qui ne retrouve pas les repaires de son enfance et de son adolescence, quand les hommes noirs étaients des putains de pros du rap, de la danse et du sexe. Il se présente d'ailleurs ainsi : "Okay, so, I’m just your standard, regular ol’, massively well endowed, Black dude".  Il déplore qu'aujourd'hui des blancs fassent du rap et vendent des millions de disques tandis que des asiatiques dansent comme des dieux devant la Terre entière. La culture de la rue n'est plus une contre-culture. Les noirs ne sont plus à la mode. Les noirs sont des citoyens comme les autres -en tout cas dans son quartier- et lui, ce qu'il voudrait c'est que rien ne change. Bon. Franchement, n'est-ce pas horrible comme point de départ ? Outrageant même ! Ce qu'il dit n'est pas faux, mais pourquoi s'en attrister ?!

   Moi, je l'ai tout de suite trouvé antipathique le Dre. Y'a quelques moments où il est touchant, parce qu'il n'est pas non plus totalement borné, mais il est surtout agaçant 90% du temps. Typiquement le genre de personnage qui a tout pour être heureux mais qui s'évertue de tout faire toujours foirer, de chercher les complications là où il n'y en a pas...  Et je dois dire que de savoir que c'est Anthony Anderson qui allait l'interpréter n'a rien arrangé. Je ne le déteste pas, mais il a une grosse tendance à devenir lourd très vite quand il joue dans une comédie. Il en fait des caisses et là, on lui en laisse clairement toute la liberté ! Les scènes qui se déroulent sur son lieu de travail -en plus d'être des publicités géantes pour Samsung- sont embarrassantes au possible. Après une ouverture pêchue, Black-ish devient rapidement fatigante, usante. On a pitié pour les enfants et la femme du monsieur. Cette dernière, à force d'être obligée de lui tenir tête constamment et de gueuler plus fort que lui pour se faire entendre, devient saoulante aussi. Heureusement, les enfants adoucissent un peu le propos, le nuance puisqu'ils font justement partie d'une autre génération. Ils ne comprennent absolument pas où leur père veut en venir. On s'identifie forcément à eux. Le plus âgé, Andre Jr., est le plus intéressant, dans le sens où il veut faire plaisir à son père sans pour autant trahir sa personnalité. Leur relation est touchante. Le personnage le plus drôle est sans conteste le grand père qui balance régulièrement des saloperies. Problème : c'est Laurence Fisburne qui a été engagé pour l'incarner et côté comédie, il n'a pas vraiment fait ses preuves malgré sa longue carrière. J'ai vraiment du mal à l'imaginer drôle ! En plus, il est questions qu'il ne s'agisse que d'un réccurent, pas d'un régulier. Des épisodes avec lui, j'en veux déjà pas tellement, alors sans lui, n'en parlons pas ! 

   Black-ish me fait penser à toutes ces comédies centrées sur des hommes à la recherche de leur virilité perdue qui sont arrivées par paquet à l'antenne il y a quelques saisons, avec Last Man Standing pour seule représentante aujourd'hui. Sauf qu'ici, on remplace la virilité par la différence culturelle. C'est très rétrograde, même si la scénariste tente de faire passer un peu d'ironie au milieu de tout ça. Les networks manquent certainement de comédies avec un casting majoritairement afro-américain, mais si celle-ci pouvait ne pas être choisie pour remplir le quota, ce serait pas plus mal. Elle a plutôt tendance à desservir la cause qu'autre chose. Seul espoir : que dès l'épisode 2, elle devienne essentiellement familiale, laissant tomber ses amibitions moralisatrices d'un autre temps. Car les dialogues ne sont pas mauvais...

Posté par LullabyBoy à 20:42 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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13 septembre 2012

Guys With Kids [Pilot]

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Pilot // 6 280 000 tlsp.

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What About ?

 Trois trentenaires, qui n'ont pas encore grandi dans leurs têtes, doivent pourtant désormais assurer dans leur rôle de père au foyer, de mari, de petit ami ou d'ex petit ami...

Who's Who ?

Sitcom créée par Charlie Grandy (Saturday Night Live, The Office). Réalisé par Scott Ellis (Frasier, Weeds, 2 Broke Girls). Produit par Jimmy Fallon. Avec Anthony Anderson (The Shield, Law & Order), Zach Cregger (Friends With Benefits), Jesse Bradford (The West Wing, Outlaw), Jamie-Lynn Sigler (Les Soprano, Entourage, Ugly Betty), Tempestt Bledsoe (Cosby Show), Erinn Hayes (Worst Week, Parenthood)...

What's More ?

Erinn Hayes remplace Sara Rue dans la deuxième version du pilote après que cette dernière, engagée sur deux pilotes à la fois, se soit désistée. L'autre comédie étant Malibu Country, à découvrir dans quelques semaines sur ABC. On verra si elle a fait le bon choix (mon petit doigt me dit que oui...)

Le titre originel de la série était DILF (Daddys I'd Like To Fuck).

So What ?

   Quand une sitcom comme Guys With Kids se retrouve à l'antenne -et on y a droit chaque année- il y a deux questions essentielles à se poser afin de comprendre : qui produit ? quel est le budget ? Dans le cas présent, réponse numéro un : Jimmy Fallon, l'un des présentateurs vedette de NBC. Réponse numéro deux : aucune idée, mais ni les acteurs ni les décors n'ont dû coûter cher. Et que dire des auteurs ? En agrégeant ces deux résultats, on obtient une explication très simple : NBC a voulu faire plaisir à l'une de ses stars tout en ne dépensant pas un rond. Si vous voyez une autre raison, moins ridicule, je suis preneur. Je n'ai pas encore parlé du contenu mais, clairement, ce n'est pas un facteur qui a été pris en compte lors de la commande. Je ne sais pas ce que donnaient des pilotes comme Downwardly Mobile, Susan 313 ou Lady Friends, mais s'ils étaient encore plus mauvais que celui-là alors il faudrait sérieusement envisager de virer les exécutifs chargés de dénicher les futurs comédies à succès de la chaîne, ou leur acheter un sens de l'humour. Au choix.

    Je n'irai pas jusqu'à dire que le pilote de Guys With Kids est irregardable puisque je l'ai suivi jusqu'au bout, que je n'ai pas eu une envie irrépressible d'arrêter en plein milieu et qu'à deux ou trois reprises j'ai esquissé ce qui ressemblait, il me semble, à un sourire. En revanche, je n'étais certainement pas hilare comme le public présent lors du tournage (ou celui des bandes sonores pré-enregistrées). Soit ces gens sont payés, soit on les fait boire en attendant que ça commence, soit il ne s'agit que de membres des familles des comédiens. Quatrième hypothèse : ils sont très bon public. Aïe, je crois bien que c'est ça... L'idée de départ -des pères élèvent leurs enfants pendant que leurs femmes travaillent- est faussement moderne puisque traitée de manière insultante aussi bien pour les hommes -débiles- que les femmes -méchantes. Les dix premières minutes sont assez pénibles, étant donné que les répliques tombent à l'eau les unes après les autres de façon tout à fait embarrassante. Le quart d'heure suivant est un peu plus réussi, donnant l'occasion aux différents protagonistes de sortir légèrement de leurs caricatures et en offrant en même temps la possilbité à leurs interprétes de ne pas être totalement morts de honte à la fin. S'il fallait désigner un maillon faible, ce serait Chris (Jesse Bradford), le moins drôle de la bande et celui qui hérite de l'intrigue la plus ennuyeuse et convenue. Anthony Anderson ne s'en sort pas si mal, mais l'entendre répéter à longueur d'épisode qu'il est fatigué et qu'élever quatre enfants c'est dur nous rappelle combien la série tourne déjà en rond au bout de 20 minutes ! Son petit couple est assez mignon en tout cas. Le troisième gai luron, Nick, m'inspire une certaine sympathie dans le fond. L'acteur possède un bon timing comique mais pas les bonnes répliques. 

   Guys With Kids s'inscrit dans cette mode des sitcoms familiales ET de potes, hybrides donc, où les protagonistes doivent s'ajuster tant bien que mal à leur nouvelle vie de parents alors qu'ils ont plutôt envie de sortir et de s'amuser entre eux. Elles sont rarement réussies et inspirées jusqu'ici, surtout quand elles sont au format multi-caméra. Je préfère largement m'attarder sur la saison 2 de Up All Night plutôt que sur Guys With Kids. On rit un peu plus...

What Chance ?

 Si Whitney a été renouvelée pour une saison 2, absolument tout est possible. Guys With Kids aura peut-être cette chance aussi. Il aurait d'ailleurs été bien plus logique de coupler les deux comédies, plutôt que d'en associer une à Animal Practice et l'autre à... Community ! On cherche la logique. On ne la trouve pas. On est bien sur NBC !

How ?