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We Just Decided To (Series Premiere) // 2 200 000 tlsp.

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What About  ?

Les coulisses de l'émission "News Night", diffusée sur la chaîne d’information en continue ACN, alors que son présentateur vedette, Will McAvoy, un homme aussi talentueux que détestable, est en pleine controverse suite à des propos tenus en direct remettant en cause le rêve américain. Alors que son équipe a déserté, il se voit attribuer une nouvelle productrice exécutive avec qui il a un passif...

Who's Who ?

Drama créé par Aaron Sorkin (A La Maison Blanche, Sports Night, Studio 60, The Social Network, Le stratège...). Avec Jeff Daniels (Speed, Dumb & Dumber, Away We Go...), Emily Mortimer (Match Point, Shutter Island, Scream 3), Sam Waterston (New York Police Judiciaire), Thomas Sadoksi, Alison Pill (Harvey Milk, Minuit à Paris), John Gallagher Jr. (Whatever Works), Dev Patel (Skins, Slumdog Millionaire), Olivia Munn (Greek, Crazy Night, Perfect Couples)...

So What ?

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   Ce n'est ni l'endroit ni le moment pour targiverser sur le sujet -on en reparlera bientôt à l'occasion de mon bilan annuel- mais le pilote de The Newsroom, ô combien excitant, m'a rappelé combien cette cuvée série 2011/2012, tant sur les networks que sur le câble, a été meilleure qu'on ne le dit et très diversifiée. Il clôture en tout cas sur une très belle note les festivités. On n'en attendait pas moins du créateur de The West Wing, l'une des séries les plus intelligentes qu'ait connu la télévision américaine au cours de son histoire. Ce n'est pas moi qui le dit mais la ferveur populaire car, en ce qui me concerne, j'ai fait l'acquisition il y a un an ou deux de l'intégrale sans avoir encore eu le temps de m'y plonger, mes connaissances en la matière se limitent donc à la dizaine d'épisode que j'ai vus et qui étaient, il est vrai, très bons. Par ailleurs, je n'ai pas été totalement convaincu par The Social Network, dont Aaron Sorkin a signé le scénario, et je n'ai pas du tout été attiré par Le Stratège, auquel je n'ai même pas eu le courage de jeter un oeil. Autant dire que je n'étais pas conquis d'avance par The Newsroom. L'avantage cela dit, c'est que j'étais plus facilement impressionnable, n'étant pas habitué à la maestria du monsieur ! Aujourd'hui, je me retrouve dans une position délicate : je compte les heures avant la diffusion du deuxième épisode, je me lamente d'avance du petit nombre d'épisode que compte la saison 1, j'ai envie de reprendre Studio 60 là où je m'étais arrêté (c'est-à-dire après le pilote), j'ai déjà lancé le téléchargement des deux saisons de Sports Night et mon intégrale d'A la Maison Blanche me fait de l'oeil (on peut même parler de racollage) ! Les journées et les nuits d'un sériephile sont vraiment trop courtes...

   De bout en bout, ce pilote est brillant mais la scène d'introduction est un vrai petit chef d'oeuvre à elle toute seule et expose sans détour ce qu'est le propos fondateur de The Newsroom, sa raison d'être, de même que l'avis non dissumulé d'Aaron Sorkin à travers la voix de son nouvel héros : l'Amérique, c'était mieux avant. Je résume, bien entendu c'est plus complexe que ça. Clairement, les médias sont tout particulièrement visés parmi les reponsables de ce déclin. La suite de l'épisode, la majeure partie donc, comme un exposé au développement copieux -plus d'une heure- met en pratique cette problèmatique alors que l'équipe de "News Night" doit couvrir en temps réel une catastrophe pétrolière -réelle- qui vient de se dérouler dans le Golfe du Mexique. A partir de là, Sorkin est en roue libre, il est insatiable, il fait parler ses personnages plus que de raison, comme à son habitude, et on en veut toujours plus tant c'est enthousiasmant ! Les éclairs de génie se succèdent à la vitesse de la lumière, les acteurs -Jeff Daniels, Emily Mortimer et Sam Waterston en tête- sont au diapason. Il se dégage une force et une maitrise incroyables de l'ensemble. Est-ce que tout est parfait pour autant ? Non. J'ai du mal à le considérer comme une véritable faiblesse mais allons-y : The Newsroom ne serait-elle pas un peu ringarde dans la réalisation ? On aurait pu avoir exactement le même résultat dans les années 90 ! Le plus gênant étant la bande-son, les petites notes de piano à l'ancienne, donnant vraiment l'impression que rien n'a changé depuis A la Maison Blanche. Le générique, lui-même -qui a, certes, le mérite d'exister- ne pouvait pas faire plus dépassé non plus. J'ai plutôt envie de voir cela comme un retour à une époque pas si lointaine, synonyme d'un certain âge d'or, qui m'a rendu nostalgique sur le moment mais pas nécessairement triste. Sorkin reste fidèle à lui-même, comme un autre grand auquel je pense instinctivement, David E. Kelley, quitte à déplaire. Au-delà de ça, il faut avouer que les personnages secondaires n'ont pas toute la place qu'ils méritent dans ce premier épisode mais ce n'est que partie remise, il y a suffisamment d'amorces pour que chacun puisse par la suite nous réserver de bonnes surprises. L'assistante de Will a d'ores et déjà mes faveurs. Sans doute parce qu'elle aurait pu sortir tout droit d'un drama de Shonda Rhimes. Certains le verront comme un reproche, mais pas pour moi ! Mais je ne vais pas comparer Aaron Sorkin et Shonda Rhimes hein... Les relations, parfois intimes, entre les protagonistes promettent en tout cas de grands moments et de l'émotion (qui ne fait que poindre dans le pilote mais avec pudeur et classe). 

   Avec The Newsroom, Aaron Sorkin ne faillit pas à sa réputation de premier de la classe et rend une copie sans faute, bavarde mais pas indigeste, intelligente mais pas si élitiste que ça, drôle qui plus est, et osée. Ce n'est pas encore cette fois qu'il nous surprendra mais qu'importe : les séries qui nous donnent l'impression de nous instruire, qui offrent un réel point de vue sur le monde qui nous entoure, qui réussissent en même temps à nous divertir et à retenir toute notre attention sans faiblir avec des personnages forts et des acteurs brillants, sont rares et très précieuses. Chapeau l'artiste !

How ?