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ONLY HUMAN

Drama // 42 minutes

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Ecrit par David Marshall Grant (Brothers & Sisters, Smash, Nashville). Adapté de la série israélienne Ran Quartet. Réalisé par Gavin O'Connor (The Americans). Produit par Carl Beverly & Sarah Timberman (Elementary, Unforgettable, Justified). Pour CBS Television Studios, & Timberman-Beverly Productions. 66 pages.

L'enfance, l'adolescence et les premiers pas dans la vie active des quadruplés Lang ont été filmés 24/24 pour une émission de télé-réalité. Puis les caméras se sont arrêtées de tourner et Gary, Diana, Michael et Jonathan ont enfin pu mener leur vie sans la pression médiatique. Après avoir vécu loin de sa famille de médecins pendant trois ans, Gary, le vilain petit canard, est de retour aux bercails où presque rien n'a rien changé. Les vieilles rancoeurs et rivalités sont ravivées, mais le lien qui les unit reste indéfectible...

Avec Jamie Lee Curtis (True Lies, Un poisson nommé Wanda, Halloween, New Girl), Ashton Holmes (Revenge, A History Of Violence, Nikita), Nick Jandl, Anna Brewster, Cameron Scoggins...

 

    Si Parenthood venait à nous quitter cette année, rendez-vous bien compte qu'il n'y aura plus aucun drama purement familial à l'antenne des networks. Plus un. Il restera Shameless sur le câble. Mais c'est tout. Comment en est-on arrivé là ? Les Walker me manquent encore. Les Bravermans me manquent déjà. Est-ce que les Lang de Only Human parviendront à combler ce grand vide ? Je n'en suis pas convaincu pour le moment, selon ce seul pilote. Et puis soyons francs : c'est de tous les projets commandés par CBS cette saison celui qui a le moins de chances de voir le jour. Autant ne pas s'attacher à eux...

    Mais d'abord, un petit cours d'histoire s'impose. En 2010, CBS commande un remake de la série israélienne Ran Quartet, un pilote intitulé The Quinn-Tuplets. C'est Mike Kelley qui est choisi pour l'écrire. Deux ans plus tôt, il se faisait remarquer en imaginant l'excellente série estivale de la chaîne, Swingtown. Depuis, il a créé Revenge, puis en est parti. Amber Tamblyn, Molly Parker, David Giuntoli, Anna Chlumsky et Sam Witwer incarnent les héros de cette série familiale centrée sur des quintuplés. Lorsque vient le moment de choisir ses nouveautés, CBS lui préfère Criminal Minds: Suspect Behavior, The Defenders et Chaos. Trois séries disparues au bout de quelques épisodes. Plusieurs journalistes qui ont vu le pilote sont dépités par la décision de la chaîne. The Quinn-Tuplets fait partie de ces quelques pilotes célèbres pour avoir été honteusement rejetés malgré leur excellence, souvent parce qu'ils ne correspondaient pas aux besoins du moment (mais alors pourquoi commander un pilote dans ce cas ??? Le script suffit à comprendre que ce n'est pas pour eux !). Pourquoi la chaîne décide de relancer le projet 4 ans plus tard ? Je l'ignore. Mais elle a cette fois l'intention de le CBS-iser. Elle fait les choses bien dans un premier temps en assignant la tâche d'écriture à David Marshall Grant, l'une des têtes pensantes de Brothers & Sisters, qui a donc faire ses preuves dans le genre. Mais ils lui demandent aussi une chose : faire que cette série soit familiale ET médicale. Et c'est à mon sens là qu'est tout le problème. Au passage, les quintuplés sont devenus des quadruplés. Admettons. 

   Le pilote commence par une scène qui se veut impressionnante, accrocheuse : l'un des héros est sur la Cordillère des Andes, au Pérou, et manque de se tuer en faisant une mauvaise chute. Cette expérience proche de la mort le pousse à quitter sa vie de bohème aventurier pour retourner auprès des siens, tout particuièrement sa mère, sa soeur et ses deux frères. Pourquoi pas. Bien réalisée, elle peut être du plus bel effet. Mais c'est quand même très très loin de l'ambiance du reste de l'épisode. Un peu hors-sujet quoi. Comme la fausse promesse d'un show tourné vers l'action. La majorité des séquences suivantes se déroulent à l'hôpital, enfin dans un hôpital, où travaille la matriarche, sa fille et l'un de ses fils, et une clinique, où travaille un autre des garçons, qui est gay par ailleurs. Tout cela manque de chaleur. Il n'y a que la dernière scène dans la maison familiale qui en apporte un peu plus, mais c'est déjà trop tard. Si les rapports entre les frères et les soeurs sont assez creusés, avec des ingrédients classiques de rivalités, de camps, de triangle amoureux, les rapports entre les enfants et leur mère sont en revanche très peu traités.

   Jamie Lee Curtis alias Caroline Lang apparaît finalement assez peu. C'est un personnage froid, distant, que l'on suppose évidemment aimant dans le fond, mais qui nécessite bien plus d'un épisode pour être apprivoisé. En soit, c'est plutôt courageux d'éviter le cliché de la mère très présente et même envahissante. Mais au bout du compte, on n'est pas sûr d'avoir envie de passer beaucoup de temps auprès de ces gens qui ne donnent pas l'impression de s'aimer beaucoup. Puis individuellement, ils ne suscitent pas non plus un intérêt fou (les acteurs débutants non plus). Il faut dire qu'ils passent la moitié de leurs temps avec leurs patients, dont on se fiche un peu. On est clairement pas venu pour ça. C'est quand même très ennuyeux qu'ils soient presque tous médecins, en plus d'être peu crédible. Le père mort l'était aussi, évidemment. Et il avait une maladie génétique, qu'il a posiblement transmis à l'un de ses enfants. On nous fait un petit suspense autour de ça. 

    Et la télé-réalité dans tout ça ? Eh bien ça relève de l'anecdotique (ce qui n'était pas le cas dans la première version).  Hormis le fait qu'ils sont parfois reconnus par des patients, une hôtesse de l'air, un passant, ils ont l'air d'être normaux. La célébrité ne semble pas les avoir changés. On dirait qu'ils l'ont bien vécu. Puis ce ne sont pas des Loana ou des Nabilla. Leur real-tv relèvait plus du documentaire que de Big Brother vous voyez. C'est quand même moins amusant. Le sujet sera peut-être creusé plus tard, mais il aurait fallu en parler davantage dès le départ ! C'était la seule originalité de ce pitch quoi ! Alors oui, dans la dernière scène, toujours elle, ils regardent de vieux enregistrements de leur émission. Et ça les émeut. Et peut-être même que ça nous touchera nous aussi. Ce sont des images d'un jour où ils ont tous sauté dans une rivière, du haut d'un rocher. Non sans appréhension pour certains. Le symbole est joli, mais il n'est pas très bien amené. Si ce pilote est le signe d'un plongeon vers l'inconnu pour les héros, je ne vois pas en quoi. Hormis pour Gary, les intrigues développées ici n'aboutissent pas sur une prise de conscience, vers un changement de cap. Bref, c'est un peu brouillon.

  Sur le principe, Only Human avait toutes les cartes en main pour déboucher sur un drama familial un tant soit peu original, mais CBS a apporté bien trop de contraintes à l'auteur pour que l'idée puisse s'épanouir naturellement. Forcer du médical et du procédural là où ce n'était absolument pas nécessaire fait perdre au projet toute sa saveur. C'est triste. Mais de toute façon la chaîne n'aurait pas su quoi en faire. Elle aurait mieux fait de produire le projet pour un concurrent. ABC ou NBC auraient pu en faire quelque chose de bien et à leur image...