26 juin 2012

The Big C [Saison 3]

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Saison 3 // 479 000 tlsp.

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   Malgré toute la tendresse que j’ai pour The Big C, et Dieu sait que je l’aime cette série et ce depuis le premier jour, je suis forcé de reconnaître, la mort dans l’âme, que cette saison 3 n’était pas à la hauteur. Pas à la hauteur de mes espérances, pas à la hauteur de l’excellence de la première saison, pas à la hauteur de la deuxième non plus, même si elle-même était un peu moins bonne dans l’ensemble, pas à la hauteur de Cathy Jamison, pas à la hauteur de Laura Linney. Dans le fond, ce qui lui a manqué le plus, c’est de l’émotion. Le parcours de l’héroïne, par essence, est touchant, mais au cours de ces 10 nouveaux épisodes, je ne me souviens pas d’une scène vraiment bouleversante, d’une prestation de l’actrice qui m’a transporté… Il y a eu plein de bons moments, bien sûr, mais rien d’aussi fort. Beaucoup de comédie et peu de drama. Le dosage habituel, à 50/50, était bien plus intéressant. Je ne regarde pas The Big C pour rire comme une baleine. D’autres sont faites pour ça et s’en sortent très bien…

   Pour commencer, je trouve que ce n’était pas une bonne idée cette histoire de rémission. Cathy a passé la saison à ne pas se soucier de son cancer. On en finissait par l’oublier nous-même. Pour autant, on savait très bien qu’il allait revenir plus fort que jamais au final et c’est ce qui semble effectivement arriver. Je n’imagine pas la série se terminer autrement que sur sa mort de toute manière. C’est presque une promesse implicite qui nous a été faite dès le départ. Cancer incurable, ça veut bien dire ce que ça veut dire. L’intérêt de la série, c’est de raconter le parcours d’une femme qui apprend à vivre avant de mourir, avec tout ce que cela peut comporter d’erreurs, de souffrance et de joie. Qu’est-ce que Cathy a vraiment vécu cette saison ? Qu’a-t-elle seulement pu accomplir ? Elle a subi les paroles très dures de son fils, qui reste une sacrée tête à claque et qui a même réussi à foutre en l’air l’une des plus belles scènes de la première saison (lorsqu’il décide de revendre la voiture que sa mère lui avait offert); elle a dû épauler son mari dans sa quête de reconnaissance, qui nous a offert plein de bons moments d’ailleurs, mais Paul n’est pas le héros de The Big C, il a un peu trop occupé le terrain à mon goût avec « sa » Joy; elle a beaucoup traîné dans son bar fétiche, à boire et à s’inventer une vie; elle s’est fait un tatouage à la symbolique forte mais où en est-elle finalement dans son deuil, à quelle étape ? Le déni, c’est censé être fini. La colère aussi. Le marchandage ? Je n’en ai pas vu ici ? La tristesse ? Elle est inhérente mais on ne peut pas dire qu’elle soit si forte que ça chez elle. L’acceptation ? On en est loin ! J’ai un peu l’impression que la série est partie dans tous les sens, que les auteurs n’ont pas suivi le chemin qu’ils avaient tracé au départ. C’est dommage, ça manque de cohérence. Il est arrivé autre chose à Cathy cette année et c’était sans doute la pire idée qui soit : elle a désiré avoir un autre enfant, une lubie qui aurait pu être explorée le temps d’un épisode ou deux sans que ça me choque, mais l’embarquer dans une histoire si bancale en compagnie de ce couple terrible, c’était franchement sans intérêt. La conclusion était « drôle » mais complètement over the top. J’aime bien la fantaisie dont la série fait preuve parfois mais là c’était trop ! Pauvre Mamie Gummer, elle n’a pas été gâtée en plus !

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   La jeune actrice est l’une des innombrables guests que cette saison 3 a vu défiler. J’imagine que quand une série est acclamée par la critique comme c’est le cas de The Big C, certaines stars font des appels du pied pour y participer et si c’est ce qui s’est passé avec Susan Sarandon, je vois mal comment les producteurs auraient pu refuser. De toute façon, chaque invité pris à part était bon, c’est plutôt l’accumulation qui est devenue gênante et cette impression que ce sont les rôles qui ont été créés pour pouvoir accueillir Allison Janey, Tammy Blanchard, Victor Garber… et non l’inverse ! Ce n’est pas censé fonctionner dans ce sens-là. Et je ne pense pas que ce soit ce qui s’est passé avec Idris Elba en saison 1 ou Hugh Dancy en saison 2. Bref, Victor Garber m’a fait beaucoup rire, de même que l’ensemble de l’intrigue de Sean sur sa petite entreprise puis sur son ménage à trois. C’était un florilège de dialogues intelligents et piquants. Les délires d’Andrea dans la peau de son alter ego Ababou ont offert quelques respirations amusantes; j’ai moins aimé les questionnements spirituels d’Adam, traités trop à la légère, sans véritable profondeur; Joy a apporté de bonnes choses et d’autres un peu moins bonnes, mais c’était un plaisir de (re)découvrir Susan Sarandon dans ce contexte; Paul m’a agacé autant qu’il m’a touché, comme d’habitude j’ai envie de dire; et puis il y a eu ce Season Finale, assez réussi sauf sur la fin. Ceux des deux premières saisons avaient mis la barre très haut et là, j’ai eu l’impression que les auteurs s’étaient avoués vaincus d’avance. Ils savaient qu’ils ne pourraient pas faire mieux alors ils ont proposé quelque chose de plus classique, avec des enjeux amenés maladroitement. La fuite de Cathy n’a pas vraiment de sens, c’est juste une nouvelle expression de sa folie et de son déni, et la future possible tromperie de Paul rend le personnage franchement pathétique. 

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// Bilan // Avec un nombre d’épisodes moindre et des ambitions scénaristiques revues à la baisse, la troisième saison de The Big C gâche un peu ce qui avait été magnifiquement construit lors des deux premières saisons, tant dans les relations entre les personnages que dans le parcours « initiatique » de Cathy vers la vie. Les invités sont venus combler le vide, souvent avec brio, mais ils n’ont pas réussi à effacer l’amertume. Si la série devait s’arrêter là, ce serait une catastrophe, un gâchis énorme. J’ai pu me remettre de l’annulation de United States Of Tara car la conclusion était satisfaisante mais là, je ne pourrais pas. Showtime, please, déconne pas !


04 février 2012

Tueurs En Séries [Episode du 3 Février 2012]

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Au programme cette semaine : "The Office" bientôt désertée - Katherine Heigl au micro - Susan Sarandon dans "The Big C", Shirley MacLaine atterrit à "Downton Abbey", David Arquette visite "Cougar Town" - La bataille de Belles et des Bêtes va commencer - On répond à vos questions : "Game Of Thrones", "Once Upon A Time", les projets SF à venir - Notre hommage à "Chuck" en 10 mots-clés - HBO nous vend encore du rêve dans sa dernière vidéo promotionnelle...


03 août 2010

[Saison 2010/2011 - Drama] 10- Luck (+ The Miraculous Year)

HBO

What About ?

Luck - Un regard provocateur sur le monde de la course hippique à travers les yeux de divers protagonistes qu'ils soient parieurs, coureurs, organisateurs... et arnaqueurs !

The Miraculous Year - L'histoire d'une famille new-yorkaise, vue à travers l'objectif d'un compositeur de Broadway, aussi charismatique qu'auto-destructeur, qui monte sa nouvelle comédie-musicale dans la douleur...

Why ?

Après quelques années de flottement, HBO est bien décidée à reprendre le leadership sur le câble avec tout un tas de nouvelles séries extrêmement prometteuses. Pour cela, elle a attiré les faveurs des plus grands noms du cinéma, à commencer par celui de Martin Scorsese. Boardwalk Empire, sa première série avec Michael Pitt et Steve Buscemi, débarquera le 19 Septembre sur la chaîne et vous ne la retrouverez pas dans le classement. Pour la simple et bonne raison que je ne suis pas fan de l'univers de Scorsese et je le dis sans honte. Je ne trouve pas que ses films soient mauvais, ils ne me parlent pas, c'est tout. Gangs of New York et Les Infiltrés m'ont ennuyés comme rarement je me suis ennuyé au cinéma. Je m'attends donc à ce qu'il en soit de même pour Boardwalk Empire. Je la testerais, bien évidemment. Mais j'ai peu d'espoir.

Je suis beaucoup plus optimiste au sujet de Luck, que l'on doit à David Milch pour l'écriture. Il a travaillé pour quelques séries cultes comme Hill Street Blues et New York Police Blues, et il a créé Deadwood et plus récémment le flop John From Cincinnati. Pour tomber dans le jeu de mots bas de gamme : espérons qu'il ait plus de chance cette fois ! Mais avec un réalisateur comme Michael Mann pour le pilote et un casting qui comprend rien de moins que Dustin Hoffman et Nick Nolte, on peut dire que c'est bien parti. C'est vrai que l'univers de la course hippique ne m'attire pas plus que ça a priori mais il n'a jamais été exploré en série, et assez peu au cinéma également. Tout est donc possible et c'est très exaltant !

Le cas de The Miraculous Year est un peu différent puisqu'il ne s'agit que d'un pilote pour le moment, actuellement en tournage. Tout porte à croire que la série sera commandée mais je préfère me méfier. Avec tous les projets qu'a HBO en ce moment, il y en a forcément qui ne verront pas le jour et pas forcément ceux que l'on croit... Toujours est-il qu'avec une réalisatrice comme Kathryn Bigelow aux commandes, tout juste oscarisée, et John Logan à l'écriture (scénariste de The Aviator et Gladiator), si The Miraculous Year ne devient pas une série, je ne réponds plus de rien ! Coté casting, c'est tout simplement du caviar : Hope Davis, Linus Roache, Franck Langella, l'excellente Patti LuPone, ce cher Lee Pace qui nous manque et une jeune première qui a de l'avenir : Susan Sarandon ! De plus, compte-tenu de l'univers (Broadway), on devrait avoir droit à de bons passages musicaux et à des personnages homosexuels à foison ! Mine de rien, si les gays ont envahi tout un tas de séries (et c'est bien normal), plus aucune ne leur est véritablement dédiée depuis Queer As Folk.    

Why Not ?

Il n'y a sincèrement rien qui puisse faire douter de la qualité des deux projets. Cela dit, HBO ne fait-elle pas une erreur en voulant recréer le cinéma à la télévision ? Le débat est ouvert...