12 avril 2013

Bloodlines [Pilot Script]

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BLOODLINES

Drama // 42 minutes

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Créé par David Graziano (Felicity, Terra Nova, SouthLAnd). Produit et réalisé par Peter Berg (Friday Night Lights, Chicago Hope). Pour Universal Television, Open 4 Business & NBC. 61 pages.

Une orpheline de 18 ans nommée Bird Benson se retrouve au cœur d'une bataille ancestrale entre deux familles rivales de tueurs et de mercenaires. Entraînée par un expert en arts-martiaux toute sa jeunesse, elle doit maintenant retrouver sa mère et accepter de la tuer pour pouvoir mener une vie normale...

Avec Skyler Samuels (The Nine Lives Of Chloe King, The Gates), Kadee Strickland (Private Practice), Jonathan Banks (Breaking Bad), Tom Everett Scott (New York Police Judiciaire, SouthLAnd), Chris Zylka (Kaboom, Secret Circle), Tzi Ma (24, Le Flic de Shanghaï)...

 

   Bloodlines, c'est un peu une blague. De mauvais goût. Je compte sur NBC pour ne PAS la commander. Non mais vraiment. Je me doutais bien avant de lire le script que ça n'allait pas me plaire. Du kung-fu, quoi. Je ne sais pas si vous êtes déjà tombé devant Kung Fu, la légende continue quand ça passait tous les soirs sur France 2 (les problèmes de la chaîne en access ne datent pas d'hier, vous remarquerez), mais c'est à peu de différences près la même chose. On s'étonnerait presque que Jackie Chan et je ne sais quel fils de Bruce Lee ne fassent pas un caméo. C'est écrit avec à peu près autant de subtilité qu'un Karaté Kid. Vous me direz, le but est sans doute de divertir et de toucher un public majoritairement masculin. En cela, le pilote doit remplir le cahier des charges. Faut juste aimer quoi. Et ce n'est pas du tout mon cas. Bloodlines risque d'avoir beaucoup de mal à attirer autre chose qu'un public d'amateurs du genre. Parce que les querelles familiales "ancestrales", elles ne servent que de toile de fond. N'espérez pas quelque chose d'un peu soap. On en retrouve quelques ingrédients (il y a des twists improbables), mais l'accent n'est vraiment pas mis là-dessus. Et de toute façon, c'est tellement pas crédible et tiré par les cheveux toute cette histoire... Et si cliché. Toutes ces affaires de "code d'honneur", de "sacrifice", de "vengeance" (des mots martelés à longueur de pages)... ça ne me parle pas. Ca m'ennuie profondément. Ca sonne faux à chacune des répliques. Il n'y a bien que la complicité entre l'héroïne et son papa de substitution qui fonctionne sur le papier. Ils s'envoient des vannes à longueur de temps. C'est amusant. 

   Le plus triste dans tout ça, c'est que la distribution n'est pas mauvaise. C'est d'ailleurs probablement la série estampilée arts martiaux avec le moins de personnages asiatiques je crois. Kadee Strickland aurait vraiment pu choisir un meilleur projet que celui-là après Private Practice. Remarque, elle ne pouvait pas faire plus opposé dans le style. Les fans seront déçus, elle n'apparait qu'en photo pendant les trois premiers tiers de l'épisode, avant de faire une entrée qui se veut... fracassante, mais qui ne l'est pas vraiment puisqu'on pige tout bien avant qu'elle n'apparaisse. Jonathan Banks était cool dans Breaking Bad. Il le sera sûrement ici aussi. Tom Everett Scott n'a jamais servi à grand chose à la télévision. Ce n'est pas avec ce projet que ça va changer. Quant à l'actrice principale, Skyler Samuels, je n'ai pas vu ses exploits dans ses précédents rôles alors je ne me permettrai pas de porter un jugement. Elle est très jolie en tout cas. Les téléspectateurs seront ravis de la voir se battre et se contorsionner dans tous les sens. Elle tue quelqu'un dans la scène d'ouverture. C'est pas mal d'ailleurs comme teaser. Tout le reste de l'épisode, ou presque, consiste à nous montrer son évolution à différents âges. C'est un peu longuet. Quand on arrive au présent -et que l'on revient sur la scène d'ouverture et ses circonstances- on en a déjà marre.

    Bon et puis je me dois de le signaler parce que ça m'a fait un peu halluciner. Il y a trois chansons qui accompagnent trois scènes "importantes" et je me demande vraiment ce qui est passé par la tête du scénariste en les choisissant. C'est de mauvais goût et ça n'a pas de sens. On se tape donc peu après le début de l'épisode, tenez-vous bien... "I saw a sign" d'Ace Of Base. Les paroles sont prises au pied de la lettre, sur un passage qui n'est pas du tout censé être fun. Donc soit le décalage est assumé, auquel cas je suis à peu près sûr que ça ne passera pas bien à l'écran. Soit c'est un vrai choix artistique et ça en dit long sur les goûts du monsieur. J'aurais tendance à dire que le problème vient vraiment de lui vu ses choix suivants. AC/DC pour une scène de rebellion, peut-on faire plus cliché ? Bah lui, il le fait. Et pour une scène romantico-émouvante... Lionel Richie, Stuck On You ! Même Glee n'aurait pas oser tant d'affronts. C'est tellement ringard. J'espère que quelqu'un chez NBC aura la présence d'esprit de dire stop et changer la playlist. Bon, l'auteur cite aussi Elton John par deux fois dans ses descriptions. Je n'ai pas compris son délire. 

   Vous vous souvenez forcément des séquences de Revenge nulles où Emily prend des cours d'arts-martiaux ? Eh bien Bloodlines, c'est ça, en pire et pendant 42 minutes. Autant dire que NBC a tout intérêt à s'en passer. Ah au fait, j'ai oublié de vous dire : à un moment donné, y'a une brique qui se transforme en poussière rien que par la pensée d'un des personnages. Voilà. Tout est dit. C'est ridicule. 


09 septembre 2012

Breaking Bad [5x 07 & 5x 08]

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Say My Name // Gliding Over All (Mid-Season Finale)

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   Depuis la révélation du final de la saison 4 et la mort de Fring, les auteurs de Breaking Bad ont pris soin de rendre Walter White encore plus pourri par l'orgueil et l'ivresse du pouvoir et de l'argent à chaque nouvel épisode. Un petit exploit qui, la plupart du temps, a été payant : on ne regarde plus la série parce qu'on a pitié du héros ou parce que son combat nous attendrit au fond -puisque le but qu'il s'était fixé a été atteint et largement dépassé depuis longtemps, comme le fait admirablement remarquer Skyler à son mari face à une montagne de billets verts que le terme "impressionnante" ne suffirait pas à décrire- mais bien parce que son évolution de petit professeur de chimie à la vie monotone à Pape de la drogue au Nouveau Mexique est aussi fascinante que tragique, autant pour lui que pour son entourage, victime à différents niveaux de dommages collatéraux. On peut donc désormais qualifier Walt de psychopathe. Les deux derniers épisodes de cette première partie de saison 5 regorgent de moments forts, mais le 7ème, essentiellement consacré à Mike, m'a certainement plus marqué que le 8ème, un peu long à démarrer mais construit avec brio, comme toujours.

   La vitesse avec laquelle la saison 5 a avancé lors des 5 premiers épisodes, jusqu'à la mort de l'enfant en somme, était presque déroutante pour du Breaking Bad. J'avais peur de ne pas reconnaître la série que j'avais tant aimé mais, après une saison 4 parfois ennuyeuse, ce changement de rythme a finalement été bienvenu. Les auteurs n'ont pas perdu une minute et c'est exactement ce que l'on attendait en sachant que la fin approchait à grands pas. Ainsi, l'association Jesse/Walt/Mike n'a pas tenu bien longtemps et Walt a atteint à la fin de l'épisode 7 l'apogée de sa carrière de dealer. Seul à mener sa barque et riche. L'élimination de Mike s'est faite dans la douleur. On sentait tout le long de l'épisode Say My Name que le personnage que l'on a appris à aimer au fil du temps -alors qu'il était quand même une ordure lui aussi- allait trépasser. Mais est-ce que Walt oserait aller jusqu'à le tuer ? Tout portait à croire que oui, il en était arrivé à ce stade où il en était tout à fait capable. Mais il pouvait aussi le laisser partir, le regarder s'éloigner sans se retourner, sans tirer. Les scénaristes ont fait de leur mieux pour préserver le suspense sur son sort jusqu'au bout. L'agonie de Mike n'en était que plus intense. On est évidemment triste de perdre ce personnage auquel on tenait beaucoup mais on ne peut pas reprocher à Breaking Bad de profiter pleinement de l'annonce de son arrêt prochain pour tirer profit de toutes les cartes qu'il lui reste à jouer ! Bien au contraire... Concernant cet épisode, je ne peux m'empêcher de souligner encore une fois la beauté des paysages utilisés, qui contraste toujours avec la mélancolie et la violence qui émane des intrigues et des personnages. 

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    Si les confrontations entre Walt et Mike ont été remarquables, celles avec Jesse, qui auraient pu être redondantes après tout ce temps, l'ont été encore plus en ajoutant une tonalité nostalgique inattendue alors que le duo se séparait, du moins essayait. Cela ressemblait à des adieux mais on sait pertinemment que leurs routes se recroiseront forcément d'ici à la fin de la série, et sûrement avant. Avant ce passage, fort émouvant, il ne faut pas oublier que Walt a tenté une dernière fois de rallier son ex-protégé à sa cause en lui faisant remarquer combien sa vie risquait de devenir ennuyeuse et inintéressante tant il n'avait plus rien ni personne auquel se raccrocher. C'était évidemment minable de sa part mais pas tout à fait faux non plus... On peut regretter que Jesse ait été un peu mis de coté en ce début de saison, comme il l'a été une partie de la saison 4 d'ailleurs, mais il ne peut plus lutter face à Walt, et surtout Heisenberg. Il est sans doute préférable de laisser le personnage en retrait plutôt que de chercher constamment un moyen de le faire revenir sur le devant de la scène, quitte à ce que ça n'est plus de logique. Je me demande tout de même quel rôle il jouera dans les huit derniers épisodes et à quelle sauce il sera mangé...

   La même question se pose pour Skyler. Je pense que s'il y a bien une chose à laquelle on ne s'attendait pas dans le final, c'est bien à une "réconciliation" avec Walt. Je ne sais pas comment les auteurs se sont débrouillés pour rendre ce revirement de situation crédible mais il l'est, et il m'a touché. Lors d'une de mes précédentes reviews, je vous avais fait part d'une intuition, celle que Walt allait peut-être la tuer, ainsi que ses enfants éventuellement, dans un moment de rage et de folie extrême. Je crois que c'est encore possible et je suis très attaché à cette idée. Je le vois comme un aboutissement -horrible on est bien d'accord- dans l'évolution du héros. Le point de non-retour ultime. Ce serait grandiose ! Ce serait en plus tout à fait dans l'esprit de ce final où l'ironie est poussée à son paroxysme : c'est lorsque Walt décide de tout arrêter qu'Hank découvre enfin la vérité sur son beau-frère ! Cela me semblerait logique, en terme d'écriture du moins, qu'il perde tout et qu'il se retrouve totalement seul -avec son cancer ?- dans la dernière ligne droite. Et en même temps, qu'est-ce qui l'empêcherait alors de ne pas tout simplement se suicider ? Beaucoup de questions qui rejoignent aussi la scène d'ouverture de la saison, un flashforward où Walt a des cheveux, une arme énorme et de faux papiers d'identité, le tout dans son coffre. Il forme un "52" (son âge) avec des tranches de bacon dans son assiette, comme sa femme avait l'habitude de le faire. Une façon de lui rendre hommage ? Parce qu'elle est loin ? Ou parce qu'elle est morte ? Parce qu'il l'a tuée ? Je ne suis pas tellement fan du procédé du flashforward en général mais là, il est terriblement efficace bien qu'absolument pas nécessaire. De même que je ne suis pas fan du flashback qu'on nous impose en pleine scène pour nous rappeler une réplique oubliée, pas aussi innocente qu'elle en avait l'air. Mais là encore, bizarrement, ça passe. Je parle bien entendu du moment où Hank, tel Einstein dans ses toilettes, se dit dans sa tête "Bon sang mais c'est bien sûr !". Je ne sais pas si la situation est ridicule, tirée par les cheveux ou brillante, mais c'est ainsi que devait se terminer cette première partie de saison. C'est la conclusion parfaite. 

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// Bilan // Ce début de saison 5 a certes quelques défauts, comme par exemple celui de reposer avant tout sur Walt et quelques nouveaux personnages aux dépens des secondaires historiques, ou celui d'abuser des scènes musicales clipées (même si elles sont toujours efficaces, on s'en lasse; mention spéciale à celle où les prisonniers sont butés un à un qui était malgré tout géniale), mais Breaking Bad maintient un niveau d'excellence, tant sur le fond que sur la forme, rarement égalé par n'importe quelle autre série. Comme on pouvait s'y attendre, l'épisode 8 nous plonge dans une profonde détresse à l'idée de devoir attendre près d'un an, dix mois pour être précis, avant de voir la suite et la fin de cet incroyable destin.

22 août 2012

Breaking Bad [5x 05 & 5x 06]

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Dead Freight // Buyout

2 480 000 tlsp. // 2 810 000 tlsp.

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   Dead Freight. Breaking Bad a pris l'habitude de nous délivrer au moins un chef d'oeuvre par saison et mon petit doigt me dit que, celui-là, ils y ont réfléchi pendant des semaines et des semaines, à s'en donner des migraines ! L'idée de Jesse était brillante et elle avait quelque chose d'innocent extrêmement touchant, qui collait parfaitement au personnage. Le détournement d'un train ! Un braquage à grande vitesse ! Wouah. C'est presque comme un fantasme de gamin un peu dérangé qui fonctionne, contre toutes attentes. Pinkman, dont le nom sonne comme une douceur, voulait trouver un moyen de les sortir d'affaire en ne tuant personne. Parce qu'il en a franchement assez de ces corps qui s'entassent et on le comprend. Il l'a trouvé et Walt a mis le plan à exécution avec brio. Les auteurs ne se sont pas privés de nous donner tous les détails, pour bien nous faire comprendre qu'ils sont allés très loin dans le délire mais en restant crédible jusqu'au bout; et le réalisateur a fait en sorte de magnifier le tout avec des plans époustouflants. Le désert américain est définitivement un endroit merveilleux quand la fiction décide de s'y plonger. Breaking Bad a pris, plus que jamais, des allures de western. C'était fantastique. Rien que pour tout ça, on se souviendra longtemps de cet épisode, comme de 4 Days Out, de Fly...

   Mais le cliffhanger s'est chargé d'enfoncer le clou avec force ! Je ne l'ai pas du tout vu venir et j'avais même complètement zappé, à ce stade, la scène d'ouverture avec le gamin, sa moto et son affreuse mygale. Ce n'est pas la première fois qu'un enfant est en danger de mort dans la série, c'est même un récurrence intéressante, mais c'est la première fois que le massacre est aussi rapide et aussi violent. Qu'est-ce qui est passé par la tête de ce Todd dont on ne sait fichtre rien ? Voulait-il impressionner Walt ? N'a-t-il tout simplement pas réfléchi et tirer par automatisme ? Là encore, la réaction immédiate de Jesse est poignante...

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   Buyout. ... et elle est analysée comme il se doit dans l'épisode suivant. Jesse a de nombreuses faiblesses mais la plus importante est sans aucun doute son rapport à l'enfance et aux enfants en général. Sans doute parce qu'au fond, malgré tout ce qu'il a vu et vécu, il en est encore un grand. Déjà, lors de la saison 1, il n'avait pas hésité à se sacrifier pour sauver la peau de son petit frère face à ses parents. Petit frère que l'on a jamais revu d'ailleurs, bizarrement. Cela ne m'étonnerait guère que les derniers événements ne préfigurent un retour, même furtif. Jesse a également protégé en saison 2 l'enfant des toxicomanes chez qui il s'était retrouvé et qui se sont entretués. En saison 3, souvenez-vous, il y a eu l'intrigue du frère de sa petite amie, tué par le camp adverse sans vergogne. Enfin, en saison 4, il y a bien évidemment eu l'affaire de l'empoisonnement du fils de sa copine... Bref, c'est l'enfant de trop. Jesse ne peut pas continuer comme ça, il en a parfaitement conscience, mais je ne m'attendais pas pour autant à ce qu'il demande à cesser toute collaboration avec Walt sur le champ. Pour Mike, dont la faiblesse est la famille en général, la sienne en particulier, on est un peu moins surpris. On se doutait que ça ne collerait pas longtemps avec Walt. Le coup du "Fuck You" avec les enquêteurs se voyait venir des kilomètres à la ronde sinon. Et puisque je suis dans les déceptions, je n'ai pas du tout aimé non plus "Waltgyver", qui réussit en deux-trois tours de magie à se libérer. Je ne suis même pas sûr que ce soit vraiment possible, ce qu'il a fait. Ca contraste bien avec le braquage de l'épisode précédent en tout cas ! C'est d'un tout autre niveau et c'était pourtant une problèmatique nettement plus simple à résoudre à la base... Bon et puis on a connu Mike plus précautionneux et malin. 

   Pendant ce temps-là, les problèmes conjugaux des White commencent doucement mais sûrement à nous courir sur le haricot. Les auteurs se débrouillent quand même bien pour combler en attendant de prendre enfin une décision. La scène où Walt dévoile à Jesse ses motivations était assez troublante. On n'a pas l'habitude de voir le héros se confier de la sorte. Et être sincère par la même occasion. Son discours ne m'a pas convaincu pour autant mais c'était bien essayé. Au fond, comme tout bon mythomane, Walt croit probablement ce qu'il dit, il ne fait plus la différence entre la réalité et ses mensonges... Et puis Skyler qui essaye de se confier à Marie, c'était émouvant aussi. Mais on savait qu'elle n'irait pas au bout de ses confessions, ou alors ce serait la fin de la série. Enfin, le dîner Walt/Skyler/Jesse était tragiquement comique. Je n'ai pas adoré cette scène mais, pendant un court instant, je me suis plu à imaginer un duo Skyler/Jesse cherchant à faire tomber Walt. C'était amusant mais pas très réaliste. C'est pourtant ce qu'il leur faudrait à tous les deux ! A part ça, je n'ai pas évoqué les complaintes de Walt Jr. parce qu'elles ont peiné à m'intéresser. C'est un des rares "fils" de série qui n'était pas trop agaçant jusqu'ici et ce serait bien qu'il garde ce statut jusqu'au bout, quitte à le faire taire à nouveau comme, globalement, dans les quatre saisons précédentes, à deux-trois scènes -très réussies d'ailleurs- près. 

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// Bilan // A coté de Dead Freight, un bijou qui peut d'ores et déjà être couronné comme le meilleur épisode de l'année toutes séries confondues, Buyout ne pouvait pas faire le poids, encore moins avec des idées aussi bancales. Mais il sera vite oublié car ce qu'il annonce est bien plus important...

13 août 2012

Breaking Bad [5x 02, 5x 03 & 5x 04]

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Madrigal // Hazard Pay // Fifty-One

2 290 000 tlsp. // 2 200 000 tslp. // 2 290 000 tlsp.

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   Madrigal. Après un Season Premiere de qualité mais peu surprenant, Breaking Bad passe à la vitesse supérieure avec un second épisode absolument brillant, en majeure partie centré sur Mike, ce bon vieux Mike, un personnage arrivé en cours de route mais qui s'est parfaitement intégré à la série, au point de devenir presque aussi attachant qu'un Jesse ou qu'un Hank. Tout l'objet de l'épisode est de savoir s'il va accepter, oui ou non, de rejoindre le business d'Heisenberg. On se doute fortement de la réponse, mais cela n'empêche pas de suivre avec grand intérêt ce qui va le motiver à prendre sa décision. Et là, le parallèle avec Walt est on ne peut plus intéressant : lui aussi a besoin d'argent, lui aussi est prêt à tout pour protéger sa famille -ce que l'on nous dévoile de manière furtive, avec pudeur- mais la différence, c'est que lui ne s'en sert pas comme d'une excuse pour justifier sa soif de pouvoir. Mike est un meurtrier, Mike n'est pas quelqu'un de bien, mais Mike n'est pas et ne sera jamais Walt. Mike est plutôt génial, en fait. Du coup, on adore Mike. Et on adore encore plus sa confrontation avec Hank, assez jouissive.

   Après la mort de Fring, il fallait s'attendre à ce que de nouveaux joueurs entrent en scène et les scénaristes ont trouvé un excellent moyen d'en introduire. Nom de code : Madrigal. Activité : société allemande à qui la franchise de restaurants "Los Pollos Hermanos" appartient. Deux visages en faisant partie nous sont présentés : d'abord Mr Schuler, un exécutif, qui, dans l'énorme teaser, mange du poulet goulûment en testant des sauces avant de se suicider avec un défibrilateur dans les toilettes -du grand Breaking Bad- puis une certaine Lydia, dont on ne connait pas bien la position au sein de la compagnie mais qui a fourni à Fring un ingrédient crucial pour la préparation de la meth. En clair : Walt va avoir besoin d'elle et c'est Mike qui va faire la connexion. Je suis déjà fan de cette femme, assez proche de Fring d'ailleurs dans l'esprit : froide, méticuleuse et profondément mauvaise. On sent toutefois qu'il est facile de la destabiliser. Elle aussi a une famille... Walt et Jesse sont un peu plus en retrait dans cet épisode mais leur recherche commune de LA cigarette dans l'appartement du plus jeune était très fun. Quand on commence à comprendre la dernière manipulation en date de Walt, c'est le moment que Jesse choisit pour littéralement s'effrondrer. Un grand moment. Walt n'en a que faire... Walt a tout prévu. Walt est une putain d'ordure !

   Hazard Pay. Je serai plus bref sur cet épisode, qui m'a néanmoins bien emballé lui aussi. En fait, je suis absolument fou amoureux de cette idée de couverture pour les activités de Walt et Jesse : une société spécialisée dans la fumigation qui recouvre les maisons d'une toile colorée. J'adore parce que, quand même, il fallait y penser et ça reste dans l'esprit de la série, mais aussi parce que c'est propice à offrir de superbes images -le réalisateur s'est donc fait plaisir- et enfin parce que c'est -je suppose en tout cas- une référence au meilleur épisode toutes saisons confondues de X-Files : Prometheus Post-Moderne (saison 5, épisode 5), écrit et réalisé par Chris Carter. Je rappelle au passage pour ceux qui l'igorent peut-être que Vince Gilligan, le créateur de Breaking Bad, a fait ses armes sur la série culte. Ceci explique cela. Au-delà de ça, les auteurs ne perdent pas de temps pour mettre en place la réorganisation de la petite entreprise de Walter White, explictant les postes et les missions de chacun. Mike est extrêmement important pour son bon fonctionnement, son speech aux employés de l'entreprise de fumigation étant d'ailleurs assez éloquent. Jesse Plemmons (Friday Night Lights, Battleship) incarne l'un d'entre eux : je suppose qu'il aura son importance par la suite. On nous montre déjà qu'il n'est pas bête du tout et pourrait être d'une grande utilité en cas de besoin. Et du besoin, il y en aura forcément ! En parallèle, Jesse quitte Andrea, ce qui est indéniablement un pas en avant vers sa rédemption. C'était la bonne décision à prendre. Il pourra toujours la retrouver le moment venu, à condition que ce moment existe un jour. Et puis sinon, ça ne va vraiment pas fort pour Skyler....

   Fifty-One. ... et c'est tout l'objet de ce quatrième épisode, qui marque aussi le milieu de cette cinquième saison. Oui, déjà ! J'ai toujours été un fervent défenseur du personnage de Skyler pendant que bon nombre d'entre vous lui crachiez franchement à la gueule, la jugeant hyper "casse-couilles" et psycho-rigide. Ce qui n'était pas faux en soi, mais un peu réducteur, surtout vu sa situation. Mais ça, c'était avant. C'était à une époque où Walt pouvait encore été considéré comme un héros et qu'on l'aimait beaucoup malgré ses agissements plus que douteux. Aujourd'hui, la tendance s'est inversée. On adore le détester et on prend pitié pour Skyler, qui n'a vraiment pas mérité tout ça. On est à la limite de la violence domestique, Walt est à deux doigts de lui en mettre une. Et, à vrai dire, son attitude insinueuse est encore plus ravageuse. Le mal n'est pas -encore- physique, il est intérieur et il la ronge. Il ne s'agit plus seulement de culpabilité vis à vis de Ted. C'est toute sa vie qu'elle remet en question. A-t-elle envie de mourir ? Non. A-t-elle envie que Walt meurt ? Oui ! Et elle le dit très clairement. Elle espère que son cancer va revenir et l'emporter. En attendant, elle est seule au monde. Elle ne peut parler à personne, même pas à sa soeur qui ne comprendrait pas et qui a de toute façon la langue bien trop pendue, comme elle nous le prouve à nouveau (j'adore de plus en plus Marie au passage, elle est un excellent élément comique). Anna Gunn délivre une performance incroyable, sa meilleure en date. Je souhaite vivement qu'elle soit récompensée pour ça dans les futures cérémonies. Ce ne serait que justice. La scène de la piscine était extraordinairement brillante. La réalisation y est aussi pour beaucoup. Elle était d'ailleurs au top dès le teaser, avec Walt et Walt Jr. qui prennent du bon temps au volant de bolides. Le drame familial, le jour des 51 ans de Walt, était au coeur de ce Fifty-One, et c'est clairement ce qu'il avait de mieux à offrir, mais le trio Jesse/Lydia/Mike n'était pas en reste. J'aime de plus en plus cette femme. J'espère qu'elle ne va pas mourir tout de suite...

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// Bilan // La saison 5 de Breaking Bad est peut-être courte mais elle est aussi intense, très intense. Deux de ces trois épisodes étaient vraiment exceptionnels, et l'autre était très bon. Autant dire qu'à mi-chemin, le bilan est plus que positif ! Il est inespéré.

27 août 2011

Breaking Bad [4x 05 & 4x 06]

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Shotgun // Cornered

1 750 000 tlsp. // 1 670 000 tlsp.

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    Six épisodes plus tard, la saison 4 de Breaking Bad en est toujours au même point, ou presque. Je m'en veux de reprocher aujourd'hui la lenteur de la série alors que cela a toujours fait partie de son identité mais les lenteurs d'hier me semblaient avoir un sens alors que désormais, j'ai surtout l'impression que les scénaristes se regardent le nombril en attendant de trouver une idée miraculeuse pour relancer l'intérêt. Ces deux épisodes privilégient la manipulation psychologique au supense et à l'action. C'est compliqué d'en faire un reproche, je ne me sens pas très à l'aise avec ça, mais je ne peux que vous faire part, humblement, de mon ressenti : je me suis beaucoup ennuyé. 

   Le stratégème de Gus est brillant : il est conscient qu'il ne peut pas s'en prendre à Walter alors il fait en sorte de chacune de ses révoltes se retournent contre lui. Les femmes de ménage n'ont rien demandé, mais elles vont être gravement punies par sa faute. Même s'il est devenu un être très égoïste et cupide, même s'il ne touche plus toujours terre comme il le montre clairement à Skyler lors d'un coup de sang mémorable, il ne supporterait pas que son entourage paye les pots cassés. En somme: Walter n'a définitivement plus de marge de manoeuvre, d'autant que sa femme est en train de reprendre peu à peu sa place initiale. C'est elle qui commande ! Gus va encore plus loin en instrumentalisant Jesse, lequel se laisse passivement en faire. Mais là où il fait une erreur à mon avis, c'est vis à vis de Mike. Le fidèle Mike. Je pense qu'à un moment donné, il n'aura plus que le choix de se retourner contre son "maître" même si cela semble encore peu probable. Avec un bon concours de circonstances, ça peut le faire. C'est actuellement la seule porte de sortie de Walter et Jesse. On sent, qui plus est, qu'à force de passer du temps avec Jesse, Mike s'y attache quelque part. Mais mon analyse est peut-être fausse. Ca me semble trop facile en fait... Ce qui est sûr, c'est que Jesse est en train de prendre la place de dominant dans le duo qu'il forme avec Walter.

   A cause de Walter lui-même, Hank reprend l'enquête sur le meurtre de Gale alors qu'il était prêt à laisser tomber. Malheureusement pour nous, cette intrigue n'aura pas droit de citer dans l'épisode 6, délayant à nouveau les futurs rebondissements. Il est vrai que maintenant, plus grand chose ne sépare Hank de la vérité... Je ne serais pas étonné si Skyler prenait part dans une mission à haut-risques visant à l'éloigner le plus possible de cette terrible vérité, dont elle ne connaît pas elle-même tous les tenants et les aboutissants. J'aimerais en tous cas qu'elle prenne de plus en plus de poids dans toute cette histoire, et qu'elle sorte un peu plus souvent de chez elle. Sa petite virée du jour n'avait pas grand intérêt mais elle était symboliquement forte. Elle ne peut pas abandonner Walter. Elle ne peut pas abandonner tout court. 

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// Bilan // Breaking Bad est en train de perdre des points dans mon petit coeur de sériephile et ça me fait de la peine. Elle est en train de jouer avec mes nerfs : jusqu'à quel point puis-je accepter sa lenteur ? Jusqu'à quel point peut-elle avancer ainsi à l'aveuglette ? La série a perdu de sa force et de son intensité.