10 septembre 2012

Harry's Law [2x 04 > 2x 22]

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Saison 2, épisodes 4 à 22 // 7 780 000 de tlsp. en moyenne

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   "I may be sixty. I may be short. But I'm damn hot! I sizzle in fact. And I want to win the competition... I want to get the news out there: the law offices of Harriet Korn... we're sexy, we're hip and we're hot!" Cette réplique enthousiaste d'Harriet dans l'un des meilleurs épisodes de Harry's Law (le 2x 17 intitulé The Contest) n'est évidemment pas innocente. David E. Kelley, comme il a toujours aimé le faire, surtout dans Boston Legal, évoque par la voix de son héroïne la fameuse polémique -lancée par le site TVByTheNumbers- qui a fini par coûter la vie à sa série chérie : ses scores abyssales sur la cible fétiche des annonceurs, les 18/49 ans, n'étaient soi disant pas suffisants pour lui permettre d'être renouvelée alors même qu'elle était la série la plus suivie de la chaîne sur le public global et ce malgré trois changements de cases horaires en l'espace d'un an et demi. D'ailleurs, quelques épisodes plus tard, Harriet indique lors d'un réveil difficile qu'elle n'a plus "entre 18 et 49 ans" à son grand désarroi. Quelques jours après la diffusion de ce passage, NBC annulait officiellement Harry's Law. Honnêtement, jusqu'au bout j'ai cru que la chaîne allait lui laisser une deuxième chance et qu'au fond, vu la situation dans laquelle elle se trouvait, elle ne pouvait pas se permettre de se séparer de son show le plus performant. Et pourtant... Ce jour-là, j'ai perdu encore un peu plus de mon innocence téléphagique je crois. Pendant quelques semaines, j'ai gardé espoir en imaginant que la chaîne câblée TNT la récupèrerait, étant donné qu'elle vise justement un public plus âgé et qu'elle développait un nouveau projet de David E. Kelley, Monday Mornings, commandée en série par la suite. Mais non. Du coup, j'ai retardé l'échéance en poursuivant mon visionnage de la saison 2 à un rythme très lent mais il y a quelques jours, il a bien fallu me résoudre à regarder le tout dernier épisode.

    Comme je l'avais indiqué lors de ma review des trois premiers épisodes, E. Kelley a revu entièrement sa copie en saison 2, abandonnant les affaires de gangs et autres joyeusetés à la The Wire pour basiquement renouer avec l'ambiance et la structure de Boston Legal, quitte à donner l'impression de ne pas se renouveler. Vu le résultat, on peut dire qu'il a bien fait. A aucun moment Harry's Law n'a tenté de se faire passer pour plus originale qu'elle n'était. Elle a gaiement et sobrement parcouru son petit bonhomme de chemin, avec une actrice principale motivée, qui n'a pas hésité à défendre la série quand elle a senti que le vent commençait à tourner, et une bande autour d'elle qui semblait soudée à l'écran, heureuse d'être là. Ou alors ce sont les scènes de fin d'épisode dans le bar préféré d'Harry qui m'ont induit en erreur, et accessoirement donné l'impression de me retrouver dans Ally McBeal, 30 ans après. J'ai d'ailleurs adoré le petit clin d'oeil dans le final avec la participation de Lisa Nicole Carson alias Renee, la coloc' d'Ally partie en cours de route, que l'on n'avait plus du tout revu depuis. Elle a passé plusieurs années en cure de désintox' après avoir été virée simultanément de la dramédie judiciaire et d'Urgences à cause de son addiction. C'était un beau geste de la part de Kelley de lui offrir ce rôle de juge, même s'il ne lui allait pas très bien. Mais revenons-en à nous moutons. Chaque épisode a donc fonctionné avec la combinaison gagnante "une affaire sérieuse, traitant d'un sujet faisant éventuellement écho à l'actualité + une affaire déjantée, voire grand guignolesque pour détendre l'atmosphère et décoincer nos avocats". Le résultat est invariablement le même : on passe du rire aux larmes d'une scène à l'autre, on est époustouflé par les plaidoiries des uns et des autres, et surtout celles d'Harry bien entendu, et on a l'impression de ressortir de l'épisode un peu moins bête. Cette formule, E. Kelley la maîtrise comme personne.

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   Parmi les intrigues que j'ai retenu : celle traitant de la télé-réalité, pastichant les célèbres "Real Housewives of..." avec une Jennifer Aspen très à l'aise; celle du jeune homme qui ne pouvait pas donner son sang à son frère pour le sauver car il était homosexuel (de gros frissons au moment de son discours déchirant devant la Cour); celle de la jeune femme gardant un gorille chez elle (c'était du grand n'importe quoi); celle de la femme se transformant en Wonder Woman pour venger les femmes battues (rien que pour le clin d'oeil au remake de Kelley qui a tant fait couler d'encre); celle du divorce de deux personnages très âgées (hyper touchant); celle de l'écolier ayant des réactions physiques incontrôlables lui valant des renvois systématiques (là encore, c'était du grand n'importe quoi formidable); et évidemment celle de l'avant dernier épisode, mettant en scène Jon Bernthal de The Walking Dead dans le rôle du frère d'une victime de viol qui n'accepte pas le verdict du jury et prend en otage toute la salle afin d'obtenir un deuxième procès. Entre le choix de l'acteur (particulièrement parlant auprès des 18/49 ans fans du show d'AMC) et l'utilisation de Skype en cours d'épisode, il s'agissait encore une fois de jouer sur cette bien malheureuse affaire d'audience pour, peut-être, en faire enfin (évidemment, ça a raté) !

   Ce dont la série a le plus manqué finalement, c'est de tous les à-coté, en particulier des développements des personnages, relativement légers en dehors des histoires d'amour traitées de manière assez basique et sans parvenir à provoquer un enthousiasme fou que ce soit pour Ollie/Cassie ou Adam/Phoebe (laquelle était un super ajout de casting d'ailleurs). J'aurais préféré un Harriet/Tommy pour tout dire, et ce serait certainement arrivé en saison 3, si saison 3 il y avait eu. Au sujet d'Harry, il a fallu attendre le tout dernier épisode pour en apprendre un peu plus sur son passé. Elle a été mariée trois fois ! Il y avait là le potentiel de nous raconter tout plein de supers trucs. Dommage qu'ils ne s'y soient pas pris plus tôt. Le petit passage piano/voix de Kathy Bates était superbe, tout comme ses larmes en fin d'épisode. Faire revenir Malcom était une excellente idée. Après tout, comme elle le lui dit, sa nouvelle vie a commencé grâce à lui. Sinon, comme en saison 1, ce sont surtout les personnages récurrents qui ont fait le show, entre Sam Berman et son clou dans la tête l'ayant rendu fou; Kim Mendelsohn et son intransigence; Chunhua et son caractère bien trempé; la secrétaire nympho Lisa (hilarante);  l'hyper tête à claques Cruickshank; et l'excellentissime Roseanna Remmick jouée par la non moins excellente Jean Smart. En deux saisons, la série s'est créé un bel univers et une jolie galerie de personnages.  

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// Bilan // Les mois passent mais ma colère quant à l'annulation d'Harry's Law reste intacte : elle ne méritait pas ce destin tragique, elle avait encore plein de choses à raconter, plein de causes à défendre, plein de personnages à développer et plein de nouveaux à inventer. Si sa disparation n'est clairement pas une grande perte pour les annonceurs, elle en est une pour NBC, pour nous et pour toute cette génération de baby boomers qui avaient trouvé une série qui leur plaisait avec une héroïne de leur âge. Et perdre une série de David E. Kelley, c'est par principe très triste pour la télévision. On verra ce que donneront ses futurs projets, que j'ai évidemment hâte de découvrir, mais je ne suis pas prêt d'oublier Harriet Korn. Elle était unique en son genre.


22 avril 2012

Coming Next [Round 6: Sur le câble]

 CABLE

 Les chaînes du câble seraient-elles en perte de vitesse ? Cette saison, pour ma part et pour le moment, il n'y a que Homeland et American Horror Story parmi les nouveautés lancées qui m'ont vraiment plu. Il fallait sinon se tourner vers les valeurs sûres (Damages, True Blood, Weeds, The Big C... proposées l'été dernier) même si certaines, comme Dexter, sont de moins en moins sûres. Le futur arrivage sera-t-il un meilleur cru ? A vous de juger ! Mais n'oubliez pas que le câble fonctionne différemment des networks et qu'il n'y a pas, à proprement parlé, de "saison des pilotes". Il s'agit là d'un échantillon des pilotes commandés ces derniers mois qui n'aboutiront pas forcément cette année, s'ils aboutissent.

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Tous les synopsis et visuels suivants sont tirés du dossier La Saison des Pilotes 2012 d'AlloCiné

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1. CHELSEA HOSPITAL

TNT. Créé par David E. Kelley (Chicago HopeAlly McBeal, The Practice, Boston Justice, Harry's Law).
Réalisé par Bill D'Elia (Harry's Law).


Le quotidien de cinq chirurgiens à l'hôpital Chelsea General alors qu'ils repoussent sans cesse les limites de leur don, quitte à faire des erreurs. Celles-ci font l'objet d'une conférence top secrète tous les lundis au cours de laquelle tous les médecins se réunissent pour passer les complications et les erreurs en revue et tenter d'en tirer des enseignements pour leurs futures interventions...


Avec Jennifer Finnigan (Close To Home, Better With You), Jamie Bamber (Battlestar Galactica), Alfred Molina, Bill Irwin, Ving Rhames, Emily Swallow, Sarayu Rao...

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2. THE VIAGRA DIARIES

 HBO. Créé et produit par Darren Star (Beverly Hills, Melrose Place, Sex & the City, GCB...)
Réalisé par Paul Feig (Mes meilleures amies, The Office, Nurse Jackie)

Anny Applebaum est une journaliste de soixante-dix ans en charge d'une rubrique consacrée aux "baby-boomers" dans un hedomadaire de San Francisco. Toujours à la recherche de nouvelles histoires à raconter, elle enchaîne les rencontres avec des hommes âgés. Récemment divorcée après 35 ans de mariage, elle ne recherche plus l'amour mais espère toujours faire fortune et devenir célèbre...

Pas de casting disponible. Goldie Hawn et Wendy McLendon-Covey ont quitté le projet.

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3. REWIND

 SyFy. Créé par Justin Marks. Réalisé par Jack Bender (Lost, Alcatraz).

Une équipe de militaires et de scientifiques doivent utiliser une nouvelle technologie qui n'a encore jamais été testée pour voyager dans le passé afin de changer des événements qui ont conduit à une attaque terroriste dévastatrice...

Avec Shane McRae, Jennifer Ferrin, Keisha Castle-Hughes, Keon Mohajeri, Robbie Jones...

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4. HURT PEOPLE

Cinémax. Créé par Peter McManus. Produit par Graham King (Camelot, Aviator, Les Infiltrés, Hugo Cabret...). 

 Hollis Brown est un tueur à gages engagé par une famille du crime, laquelle a provoqué la mort de sa femme. Il compte ainsi la venger et retrouver la fille qu'il a eu avec elle mais qu'il n'a jamais connu...

Avec William Petersen (Les Experts)...

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5. L.A. NOIR

 TNT. Créé par Frank Darabont (The Walking Dead). Produit par Michael De Luca (The Social Network).
Réalisé par Frank Darabont.

La bataille épique entre le chef de la police de Los Angeles William Parker et le mafieu Mickey Cohen pendant plus d'une décennie entre les années 40 et 50...

Avec Jon Bernthal (The Walking Dead), Milo Ventimiglia (Heroes, Gilmore Girls), Neal McDonough (Desperate Housewives, Boomtown, Justified), Alexa Davalos (Le Choc des Titans, The Mist), Simon Pegg (Paul, Mission : Impossible - Protocole fantôme), Jeremy Strong...

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6. RAY DONOVAN

 Showtime. Créé par Ann Biderman (Public Enemies, Peur primale, Copycat).

Un spécialiste des litiges les plus compliqués, controversés et confidentiels des familles les plus aisées de Los Angeles, a bien du mal à régler ses problèmes à lui, bien souvent d'ordre familiaux...

Avec Liev Schreiber (Scream 3, Les Insurgés), Paula Malcomson (Hunger Games, Caprica), Jon Voight (24, Heat), Katherine Moennig (The L Word, Young Americans), Peter Jacobson (Dr House), Pooch Hall, Dash Miho, Eddie Marsan...

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7. GRACELAND

USA Network. Créé par Jeff Eastin (White Collar).

Des agents de différentes agences gouvernementales vivent dans une maison secrète de la Californie du sud.

Avec Vanessa Ferlito, Daniel Sunjata (Grey's Anatomy, Rescue Me), Brandon Jay McLaren, Courtney B. Vance (FlashForward), Manny Montana, Aaron Tveit...

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8. THE AMERICANS

FX. Créé par Joe Weisberg. Produit par Graham Yost (Justified, Falling Skies).

Phillip et Elizabeth Jennings, deux espions du KGB qui feignent être mariés, vont s'installer dans la banlieue de Washington dans les années 80. Leurs convictions vont être mises à rude épreuve lorsqu'ils réalisent que leur faux mariage et peut-être plus réel qu'il n'y paraît et qu'en plus, ils sentent une certaine affinité pour le mode de vie américain. Tout ces bouleversements vont compromettre leurs missions et assumer une double identité va être de plus en plus difficile pour eux, qui plus est, dans le contexte de la Guerre Froide où le moindre faux pas peut leur coûter la vie...


Avec Keri Russell (Felicity), Matthew Rhys (Brothers & Sisters), Noah Emmerich (Super 8, The Walking Dead)...

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9. THE CORRECTIONS

 HBO. Créé par Noah Baumbach (Les Berkman se séparent, La Vie aquatique). Adapté de l'oeuvre de Jonathan Franzen.

Les déboires d'un couple âgé et de leurs trois enfants adultes, du milieu du 20ème siècle jusqu'à leur "dernier noël" ensemble, à l'aube du nouveau millénaire...

Avec Ewan McGregor, Chris Cooper, Dianne Wiest, Maggie Gyllenhaal...

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10. MASTERS OF SEX

Showtime. Créé par Michelle Ashford
Réalisé par John Madden (Shakespeare in Love).


La vie et les amours de William Masters et Virginia Johnson, deux chercheurs spécialisés dans l'étude des comportements sexuels...


Avec Michael Sheen (Kingdom of Heaven, 30 Rock), Lizzy Caplan (True Blood, Party Down), Teddy Sears (American Horror Story), Nick D'agosto, Beau Bridges, Caitlin Fitzgerald...

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 A vos votes ! (dans cette phase du "Coming Next", vous pouvez voter pour autant de pilotes que vous le souhaitez).

 

 

22 mars 2012

The Walking Dead [2x 08 > 2x 13]

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Nebraska // TriggerFinger // 18 Miles Out // Judge, Jury, Executioner // Better Angels // Beside The Dying Fire 

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   Deuxième partie de saison 2 pour The Walking Dead et deuxième hausse de qualité à la clé. C'est bien simple : du jour où Frank Darabont a été viré de l'équipe, la série n'en est devenue que meilleure ! C'est cruel de penser cela mais c'est une évidence qui n'a fait que se confirmer épisode après épisode. On ne saura certainement jamais vraiment ce qui s'est tramé en coulisses -si ce n'est qu'il y a eu des querelles d'ordre budgétaire entre le monsieur et AMC et ce n'était probablement pas l'unique raison de la discorde- mais il semblerait que les nouveaux responsables, aidés de Robert Kirkman, toujours fidèle au poste, ont su apporter à ce show de zombie ce qui lui avait terriblement manqué jusqu'ici : une âme.

   Après avoir marqué énormément de points face à Rick en première partie de saison, Shane est devenu LE personnage à abattre. Il fallait qu'il meurt pour que la série puisse enfin avancer après avoir fait un surplace effarant et pour que Rick puisse enfin s'affirmer comme le véritable chef de la bande de rescapés. Shane était constamment en travers de son chemin. Il remettait en cause toutes ses décisions. Il voulait être kalif à la place du kalif. On pouvait légitimement comprendre ses craintes face à un supposé héros mou du genoux, aussi persuasif qu'un âne et aussi peu charismatique qu'une huître mais, en s'évertuant à agir comme son exact opposé, il en devenait bien plus dangereux et franchement insupportable. Plutôt que de le tuer, il y avait toutefois une alternative à mon sens plus intéressante : faire passer Shane dans le camp ennemi (car on a bien compris qu'il y en avait un et qu'il serait au centre de la saison 3). Mais les auteurs ont certainement préféré rester plus proche des comics dont la série est adaptée et c'est sans doute mieux comme ça.

   Après la mort extrêmement choquante de Sophia, la barre était bien trop haute pour que l'on soit à nouveau stupéfaits, d'autant que cette fois-ci, on l'avait largement vu venir, mais la mort de Shane a quand même fait son effet. Il a été achevé par le petit Carl et non par Rick. Ce n'est pas rien. En général, je ne suis pas très fan des enfants dans ce type de série parce qu'ils deviennent rapidement têtes à claque mais je n'ai pas encore eu ce ressentiment envers Carl. Bien sûr, sur le coup, quand il s'amuse à torturer un pauvre zombie sans défense, on se dit qu'il n'est vraiment pas malin. Puis en y réfléchissant bien, on se dit qu'il agit exactement comme le ferait 50% des gamins, ceux qui sont plutôt du genre intrépides. Il repousse les limites, il joue à se faire peur... C'est humain ! On l'a tous fait à plus ou moins grande échelle. Mais je reconnais que les coups de fil anonymes que l'on passait à 8 ans un mercredi après-midi pluvieux étaient nettement moins dangereux ! Je ne sais pas ce qu'il va advenir de Carl mais son évolution risque d'être passionnante à suivre. Tout comme celle de Rick l'a été au cours des derniers épisodes. Plus Shane devenait fou, plus les décisions et les paroles du héros faisaient sens. On avait presque envie de l'encourager à persévérer. L'affinement du personnage, par chance, s'est accompagné d'une évidente amélioriation du jeu d'Andrew Lincoln, qui laissait franchement à désirer auparavant. On ne peut pas tellement en dire autant de sa compagne, Sarah Wayne Callies, mais pour des raisons que j'ignore, je ne lui en veux pas. Ca vient peut-être du fait qu'on ne lui donne ici vraiment pas matière à briller...

   Au cours de ces derniers épisodes, les intrigues ont été ressérées, quitte à ce qu'il n'y en ait plus qu'une seule véritable. Certains personnages ont sciemment été mis de coté, ce qui a permis de moins s'éparpiller. On pourrait ainsi regretter l'absence quasi systématique de T-Dog, qui aurait pu crever à n'importe quel moment sans que cela ne suscite la moindre émotion aussi bien à l'intérieur de la série que de l'autre coté du téléviseur. Mais il n'est pas le seul : les 3/4 des membres de la famille d'Hershel ne servaient qu'à préparer les repas et occuper l'espace. Il y a toutefois eu un passage très intéressant sur l'une de ses filles qui voulait mettre fin à ses jours. Le parallèle avec la situation d'Andrea m'a plu et, pour une fois, il s'est dit des choses profondes, les dialogues étaient bons et l'émotion était là. Andrea elle-même s'est faite relativement discréte. Quoiqu'il arrive, c'est pourtant son sort à elle qui nous importe le plus. On aimait bien le sage Dale et son caca nerveux avant sa mort était plus que justifié -il s'est dit, là encore, des choses passionnantes, qui avaient une véritable résonance avec l'actualité- mais est-ce que sa mort nous a vraiment bouleversifiés ? Pas vraiment. Elle avait le mérite d'être surprenante en tout cas. Il faut croire qu'il n'y avait pas la place pour deux séniors ! La petite romance entre Glenn et Maggie en est restée au stade de "mignonne". C'est à dire que c'est toujours sympa de voir que des gens arrivent encore à avoir des moments de bonheur, même courts, dans ce monde de souffrance. Oh et puis il y a Carol. Elle a cessé de pleurnicher maintenant et elle gagne en intérêt. Je ne pense pas qu'elle survivra encore bien longtemps mais elle ne me dérange pas. Un peu comme Daryl et sa grosse Harley. Il est là, il a son utilité de temps à autres, mais on se passerait de lui tout aussi bien. J'ai envie de croire que la saison 3 se focalisera davantage sur ces personnages maintenant que Shane n'est plus. Il monopolisait l'attention.

   Les trois ou quatre derniers épisodes étaient vraiment bons et ressemblaient à peu près à ce que j'attendais de la série à la base. Mais j'ai été déçu par le cliffhanger en revanche. Les auteurs ont du mal à s'adresser à la fois aux initiés des comics et aux téléspectateurs fidèles ou occasionnels, forcément plus nombreux. Pour moi, le plan de fin sur la prison, il s'adresse aux fans mais exclut les autres. Franchement, si je n'avais pas su qu'une majeure partie de la saison 3 allait se dérouler dans une prison, je n'aurais probablement pas deviné que c'en était une sur le plan large final. Pas mal d'américains ont dû se demander ce que c'était que ce cliff obscur. En revanche, je suis assez fan de l'introduction du personnage de Michonne, totalement inattendue. Elle m'a fait forte impression et m'a troublé. Hâte de découvrir véritablement ce personnage apparemment adoré.. et heureux de quitter cette fichue ferme pour de bon ! 

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// Bilan // Les débuts de The Walking Dead auront été laborieux mais après une saison et demi de quête identitaire matinée d'ennui profond, la série phénomène semble avoir enfin trouvé sa voie. On peut même dire qu'elle mérite maintenant ses audiences hallucinantes ! Certains -gros- problèmes subsistent, comme la faiblesse du casting, mais j'ai de grands espoirs pour la saison 3. Elle s'annonce épique !

01 décembre 2011

The Walking Dead [2x 02 > 2x 07]

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Bloodletting // Save The Last One // Cherokee Rose // Chupacabra // Secrets // Pretty Much Dead Already

6 320 000 tlsp. en moyenne

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   Après 7 épisodes et des audiences qui ne faiblissent quasiment pas, il faut se rendre à l’évidence : le phénomène The Walking Dead, qu’il soit justifié ou non, est toujours solide et apparait presque comme une anomalie dans un paysage télévisuel américain qui réserve ces derniers temps peu de surprises sur ses succès et ses échecs. La bonne nouvelle, à mes yeux, c’est que la série mérite davantage sa réussite depuis le début de cette saison 2. Les scénaristes –les nouveaux- ont jeté les vieux brouillons pour se concentrer sur une grosse intrigue, pleine de ramifications plus ou moins intéressantes, qui connait quelques longueurs, certes, mais qui tient bien plus en haleine que les précédentes, où les personnages étaient souvent séparés et n’évoluaient jamais.

   Dans un contexte comme celui de The Walking Dead, les enfants sont les êtres humains les plus en danger. Problème : à la télévision, en général, les enfants sont aussi les personnages les plus rapidement agaçants et têtes à claque. Ce n’est pas le cas du fils de Rick, d’ailleurs presque plus charismatique que son père, même quand il passe trois épisodes allongé sur un lit les yeux fermés. L’avantage d’être sur AMC et dans une telle série, c’est que la possibilité que les auteurs intentent à la vie d’un enfant est possible (alors que sur les networks, c’est tout bonnement impensable). Il y avait donc une possibilité, même infime, que le petit y passe. Ce ne fut pas le cas mais l’inquiétude était là, bien présente. Donc l’émotion aussi. La saison 1 en manquait beaucoup. L’amélioration est indéniable. Le cas de Sophia est un peu plus complexe : la petite ne pouvait pas être énervante puisqu’on ne la voyait pas mais assister aux crises de larmes à répétition de sa mère, même si elles étaient tout à fait légitimes, devenait lourd de chez lourd. Pas plombant-touchant. Juste plombant-plombant. Cette storyline n’avançait pas mais permettait quelques allers-retours ragoutants dans la forêt à la rencontre de quelques zombies en décomposition bien avancée. Le « retour » de Merle m’a profondément saoulé mais, heureusement, ça n’a duré qu’un épisode. Le temps d’occuper Daryl et de combler. Toute cette attente a finalement été récompensée à la fin de l’épisode 7, qui n’était pas juste bouleversante et inattendue : elle était d’une puissance incroyable ! Je n’imaginais pas The Walking Dead capable de me mettre une telle claque ! Elle a marqué énormément de points pour moi à ce moment-là mais, effet pervers, j’attends maintenant beaucoup de la suite et des répercussions sur le groupe à grande échelle. Car il doit se passer quelque chose maintenant. Les personnages doivent sortir changés voire traumatisés de cette expérience. Et il va vite falloir régler la question de rester ou non à la ferme.

   Comme le Season Premiere le laissait supposer, Shane a pris beaucoup plus d’importance dans le groupe –alors qu’à ce stade, il est mort dans la BD- et, malgré ses airs de grosse brute décérébrée, il s’est révélé à nous comme un personnage bien plus complexe que cela. Les événements l’ont poussé dans ses derniers retranchements. A plusieurs reprises, il a dévoilé une force de caractère que l’on ne pouvait pas lui soupçonner, parfois noyée dans ses impulsions idiotes. De quoi ridiculiser encore un peu plus Rick, même si celui-ci semble décidé à reprendre les choses en main. Shane n’est pas un « gentil » ni un « méchant ». Rick n’est qu’un « gentil » qui veut se donner des airs de « méchant » et qui manque grandement de crédibilité. Son geste envers Sophia pourrait faire basculer les choses, à moins que ce ne soit qu’un « éclair de génie ». A ses cotés, Lori est toujours aussi perdue et Sarah Wayne Callies fait du mieux qu’elle peut avec ce qu’on lui donne. Comme pisser la nuit tombée dans un coin de forêt abandonné en guide de cliffhanger. J’exagère un peu, mais l’idée était un poil ridicule. La voilà enceinte maintenant, avec les questions que cela implique sur le futur de cet enfant qui va naître dans un monde apocalyptique. L’avortement est évoqué aussi, mais Lori est apparemment plus arriérée qu’on l’imaginait : elle pense que la pilule du lendemain peut la « sauver ». Euh non, ma pauvre… Le problème de The Walking Dead, c’est qu’elle approfondit rarement ses thématiques. Les personnages (se) parlent peu. Il ne ressort donc pas grand-chose de leurs dilemmes. C’est frustrant et c’est ce qui empêche la série d’être plus qu’un divertissement plus ou moins efficace alors que je suis certain que la BD amène vers une réflexion plus poussée.

    La majeure partie de cette première moitié de saison se déroule dans un décor unique, où tous les personnages sont réunis, accompagnés de quelques nouveaux. C’était le meilleur moyen de resserrer les liens entre eux ou, dans certains cas, de les éloigner encore un peu plus. On a constamment l’impression de faire du surplace car il ne se passe souvent pas grand-chose de majeur à part quelques attaques de zombies (une pensée pour ces scènes dégueulasses avec le bibendum du puit de la réserve d’eau…) mais la série y gagne quand même beaucoup à mon avis, et tant pis si l’on s’ennuie un peu parfois. La relation amoureuse qui naît entre Glenn et Maggie (Lauren Cohan bien meilleure que dans The Vampire Diaries) est mignonne et dénote entre deux engueulades soapesques de Lori et Shane par exemple. La gaucherie et l’honnêteté sans failles de Glenn apportent même un peu de comédie à la série alors qu’elle a toujours tendance à se prendre trop au sérieux. Les réactions du vieux Hershel sont vraiment intéressantes, ainsi que son « secret ». Il n’a pas été super bien exploité et, là encore, pas assez approfondi, mais il a su faire son effet. Dale, malgré ses prises de bec avec Shane qui auraient pu lui coûter la vie, T-Dog, Daryl et Andrea sont très en retrait à l’heure actuelle mais ce n’est probablement que partie remise…

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// Bilan // Et si, finalement, The Walking Dead était en passe de devenir une bonne série, à la hauteur de sa réputation ?

20 octobre 2011

The Walking Dead [2x 01]

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What Lies Ahead (Season Premiere) // 7 300 000 tlsp.

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    Un phénomène, par principe, se doit d'être surprenant. On ne s'attendait pas à ce que la saga Twilight fasse un tel carton lors de la sortie du premier film. On ne s'attendait pas non plus à ce que tous les enfants de France adoptent les tamagotchi pendant quoi... deux mois ? On ne s'attendait pas au succès phénomènal des boys band à l'époque, ni au revival incroyable des stars des années 80 qui remplissent désormais des stades... bref, my point is : AMC la première et les médias américains en général ne pouvaient pas prévoir non plus que The Walking Dead se transformerait en phénomène télévisuel ! L'exploit réalisé par la première saison n'était apparemment pas suffisant, il a fallu que ce Season Premiere établisse un record ! Bien des phénomènes sont inexplicables mais celui-là alors... je ne cherche même plus à percer son mystère !

   La saison 1 de The Walking Dead ne m'avait pas tellement plu. Ses zombies m'avaient même laissé sur ma faim. Ennuyeuse, laborieuse, maladroite, lunatique, vaine... Autant d'adjectifs qui m'ont permis de la décrire au fil des cinq premiers épisodes. Puis le final a réussi à piquer ma curiosité, à me frustrer même. Je n'étais cependant pas certain de poursuivre l'aventure mais face à l'ampleur qu'a pris la série pendant son absence, j'ai eu envie de voir ce premier épisode de la saison 2. Juste comme ça. Maintenant, j'ai envie de voir la suite. Pas que je l'ai trouvé formidable mais, pour la première fois, les auteurs sont parvenus à proposer quelque chose d'efficace et de prenant, pas seulement sur 10 minutes mais tout du long. Peut-être parce que les anciens ont été virés et que les nouveaux ont de meilleures idées ? Le pré-générique m'a surpris dans le mauvais sens. Je m'attendais à un coup de poing équivalent à celui de pilote, il n'en a rien été. C'était une séquence presque banale, qui permettait simplement de replacer le contexte de ce nouveau départ là où le "Previously On" suffisait bien. En revanche, les scènes qui ont suivi le générique -dont je ne suis toujours pas fan- étaient scotchantes ! La tension était bien plus que palpable. Un tour de force d'autant plus grand qu'on se fiche un peu du sort de ces personnages auxquels on a bien du mal à s'attacher.

   Il n'y en a qu'une que je ne veux surtout pas voir mourir mais qui est, comble de l'ironie, la suicidaire de la bande : Andrea. Il s'agit, à l'heure actuelle, du seul personnage qui soit vraiment bien écrit et incarné. Laurie Holden dominait largement ses compagnons lors de la première saison et j'ai bien l'impression que ça ne changera pas. Sa dispute avec le vieux sage Dale était extrêmement poignante. La partie soap avec Shane et Lori était à peu près tout l'inverse de ça : lourde et inappropriée. Je comprends bien le désir de la production de toucher aussi les femmes mais je pense qu'elles ont tout autant envie que les hommes de voir des zombies se faire exploser, que ce soit au tournevis, à la hache ou à l'arbalête. C'est un peu pour cela que l'on est tous là, non ? La saison 1 n'avait pourtant rien promis de plus... On notera qu'en ce début de saison 2, les morts-vivants sont drôlement alertes et fringants. Ils pouraient se mettre à parler que ça ne nous étonnerait même pas ! Mais ils ont en même temps perdu un sens essentiel pour eux : l'odorat. Lorsque toute la fine équipe est planquée sous les carcasses de voitures, ils ne sentent rien. La chaîr était pourtant drôlement fraîche dans le coin ! Cela gâche un peu le plaisir mais il faut tenter d'en faire abstraction tant bien que mal... Il y a plein d'autres facilités tout au long de l'épisode. Je tiens également à souveler un autre gros problème : Rick Grimes et Andrew Lincoln donc est probablement le personnage le moins charismatique de The Walking Dead ! Même Shane, à sa façon, l'est plus que lui. C'est dramatique pour un héros. Rick se fait évidemment voler la vedette par Andrea mais aussi par un outsider, Daryl, qui n'était pas supportable par le passé si mes souvenirs sont bons mais qui, là, m'est apparu sous un jour plus flatteur. Il va vite falloir faire quelque chose, c'est très embarrassant ! 

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// Bilan // Une longue scène de tension très réussie malgré ses approximations + du défonçage de zombies en règle + la géniale Andrea + un cliffhanger surprenant et saisissant = un bon départ pour la saison 2 de The Walking Dead. Mais, parce qu'il y a toujours un "mais" : des personnages globalement toujours aussi insipides, héros compris + des longueurs et des dialogues peu inspirés + une absence de direction pour la suite et une deuxième partie d'épisode moins réussie = un bon départ qui aurait bien pu être bien meilleur et qui ne rassure en rien sur ce qu'est capable d'offrir la série cette année ! 


11 décembre 2010

The Walking Dead [1x o6]

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TS-19 (Season Finale) // 6 ooo ooo tlsp.

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   Une fois les vingt premières minutes de ce final passées, qui étaient très didactiques, visant à exposer de manière claire mais peu passionnante les effets du virus sur le corps humain, on peut dire que l'on tient là le meilleur épisode de la saison 1 de The Walking Dead. Chaque épisode étant différent, celui-ci ne déroge pas à la régle en nous offrant pas mal d'action dans la deuxième partie mais pour une fois, on sent qu'il y a un véritable enjeu, la tension est palpable et on se surprend même à s'inquiéter du sort de quelques uns des survivants. Il a été très difficile de s'attacher à eux jusqu'ici et on est encore très loin du compte mais quelques personnages se démarquent, en particulier Andrea. D'abord parce que Laurie Holden, son interpréte, confirme qu'elle est l'une des rares bonnes surprises du casting. Ensuite parce que la mort de la soeur du personnage l'a profondément meurtrie et qu'elle ne cherche pas à le cacher. On ne peut que ressentir de la compassion à son égard. C'est beaucoup plus difficile pour les autres qui donnent parfois l'impression de se la jouer drama queen pour pas grand chose. C'est un peu le cas de Shane. Jon Bernthal en fait des tonnes, ça n'aide pas. Mais de toute façon, le personnage est mal écrit. La scène d'intro, qui explique qu'il a vraiment cru que Rick était mort lorsqu'il est allé le chercher à l'hôpital, est mal insérée au récit. Ou disons que l'on n'a pas cherché à l'incorporer intelligemment. Elle est posée là en pré-générique sans justification. Puis on passe à autre chose. Pour comparer avec une autre série d'AMC : les intros de Breaking Bad, c'est autre chose. Ce sont même les meilleures que l'on fasse actuellement. Elles sont souvent très éloignées du reste de l'épisode, du moins à première vue, mais elles font sens à un moment donné de manière totalement inattendue. Bref, c'est autre chose... Alors bon, Shane qui se venge sur l'alcool, qui manque de tuer le scientifique ou qui tente de violer Lori, c'est écrit à la truelle et ça n'avance à rien. On a juste envie qu'il disparaisse. Mais si tous les personnages mal écrits de la série disparaissent, il ne restera pas grand monde...

   Je passe une fois de plus sur les détails qui m'ont choqué (genre le vieux sage qui cherche par tous les moyens à convaincre Andrea de ne pas abandonner mais qui ne lance même pas un regard à la black qui veut en faire autant et qui crévera au final, sans parler du mari de cette dernière qui ne montre pas beaucoup de résistance). Je passe aussi sur les effets-spéciaux plus que douteux, qui s'expliquent sans doute par une ambition plus élévée que les moyens offerts par AMC. L'explosion n'était donc pas aussi impressionnante qu'elle aurait dû l'être. Je passe sur le personnage de Rick, censé être le héros, qui est de plus en plus lisse et qui finit par agacer. Et je passe sur le fait qu'au final, ce passage dans le centre n'aura servi à rien. Ou pas à grand chose si je veux être indulgent. On a juste compris que l'espoir scientifique était totalement perdu et que l'on ne reviendrait sans doute jamais sur la possibilité d'un vaccin ou d'un antidote. Ce qui me pose un peu problème quand même. Je ne me croyais pas si cartésien.      

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// Bilan // Fort en action, cet épisode confirme que The Walking Dead n'a pas encore trouvé son ton et n'a pas réussi à installer ses personnages, pourtant pas si nombreux, de manière satisfaisante. Tout est encore à faire et une deuxième saison de 13 épisodes permettra peut-être d'explorer cette histoire singulière avec plus de profondeur et de subtilité. Car s'il ne s'agit que d'offrir un divertissement un peu gore, ce qui serait étonnant de la part d'AMC, on peut dire que c'est sacrément raté ! Je me suis ennuyé pendant la quasi-totalité des épisodes et je n'ai pas tellement envie de voir la suite... Une sacrée déception cette série !

30 novembre 2010

The Walking Dead [1x 05]

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Wildfire // 5 6oo ooo tlsp.

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   Si la ressemblance entre The Walking Dead et Lost ne m’a pas frappé dès le départ, elle est pour moi de plus en plus évidente à chaque épisode qui passe. Ce dernier a enfoncé le clou à un point que je n’aurai même pas imaginé. Si l’on omet les scènes gores qui n’existaient pas dans Lost, pas plus que les zombies (encore que), tout le reste pourrait passer pour du copier-coller. Il suffit d’analyser un peu les personnages : le héros malgré lui (Jack/Rick), l’aguicheuse malgré elle (Kate/Lori), le bad guy au grand cœur (Sawyer/Shane), le vieux baroudeur sage (Locke/Dale), les quotas black et asiatiques, les personnages voués à mourir plus tôt que tard… L’effet miroir passe aussi par les plans dans la forêt/jungle, par les discours sur le leadership, les règles, le deuil… Tout ça on l’a déjà vu il y a six ans avec des paysages bien plus beaux, des personnages plus charismatiques et profonds et une fraîcheur que l’on ne retrouvera jamais. Bref, The Walking Dead ne tient pas la route à coté. Je trouve que toutes les scènes censées être émouvantes sont ratées, pour plein de raisons mais avant tout parce qu’il n’y a rien à faire : ces personnages ne sont pas attachants et ne sont pas prêts de le devenir à ce tarif-là. Ne nous manquerait-il pas des flashbacks pour apprendre à mieux les connaître ? Ah oui. Mais ça a déjà été fait !

   N’est pas Michael Giacchino (compositeur de Lost) qui veut. Les compositions de The Walking Dead sont plutôt bonnes mais ne correspondent pas à la série ou ne sont pas lâchées au bon moment. Ainsi, la scène d’évasion (censée être émouvante elle aussi) se déroule sur une musique épique digne d’Autant en emporte le vent. Mais qu’est-ce que ça vient faire là ? Et puisqu’on en est à la bande-son, c’est l’occasion de dire que le mixage est raté de chez raté. Les cigales qui chantent plus fort que les personnages ne parlent et les giclées de sang plus appuyées encore que dans Spartacus, c’est juste super lourd. On frôle régulièrement le ridicule et c’est bien dommage. La série avait-elle besoin de ce défaut supplémentaire ? Elle a bien assez de tares comme ça ! Rayon subtilité on en est toujours au niveau zéro. Je pense surtout « aux femmes  de » qui se comportent de manière bien étrange. Entre celle qui éclate la tête de son mari, qui, il est vrai, n’était ni sympathique ni commode, et celle qui abandonne son mari presque sans éprouver de douleur (la faute à l’actrice ?). Et puis Sarah Wayne Callies… Je la trouve plus inspirée que dans Prison Break (pas difficile) mais elle et Andrew Lincoln n’ont définitivement aucune alchimie.

    Desmond ? J’ai bien cru à son arrivée dans la série au moment où l’on nous présente un illustre inconnu se délivrant face caméra à des expériences chimiques obscures. Il y avait un peu de cette première immersion dans la station du Cygne. J’ai aussi vaguement pensé au Walter White de Breaking Bad. Malgré cet air de déjà-vu, j’ai beaucoup aimé ce passage qui m’a donné de l’espoir sur l’avenir de la série. Il y a quand même des gens quelque part qui cherchent à comprendre ce qui est arrivé et qui découvriront peut-être la vérité un jour. C’est la première fois qu’il y a une lueur d’espoir dans cette série.

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// Bilan // Devant The Walking Dead, je n’éprouve rien d’autre que de l’ennui. Ni peur, ni angoisse, ni émotion. J’ai beau reconnaître qu’elle est plastiquement irréprochable, ça ne suffit pas.

25 novembre 2010

The Walking Dead [1x 04]

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Vatos // 4 8oo ooo tlsp.

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   Si ma mémoire est bonne, je me suis rarement autant emmerdé devant un épisode de série depuis la rentrée (je ne prends pas en compte les pilotes de The Whole Truth et de Law & Order: Los Angeles) On se retrouve pour la 4ème fois devant autre chose. Cet épisode ne ressemble pas au pilote, pas au deuxième, pas au troisième non plus. C'est perturbant et c'est la preuve flagrante d'un manque de ligne directrice claire. A noter qu'il a été écrit par Robert Kirkman, l'auteur du comic-book, ce n'est pas très rassurant pour l'avenir je trouve. Mon principal problème vient toujours des personnages que je trouve pour la plupart insipides. Une grosse partie de l'épisode est consacrée à la vie du camp et ces gens, je ne les comprends pas. Il y a même des moments où j'ai juste l'impression que ce sont des amis en camping qui ne se supportent plus. L'angoisse est peu présente, sauf dans les dernières minutes mais j'y reviendrai. Les femmes étendent leur linge (Sarah Wayne Callies passe son temps à ça) et les hommes se comportent comme des cons, voire des brutes. Les hallucinations de Jim ne captivent que lui et de toute façon, on ne le connaît pas ce garçon. On ne nous l'a pas présenté auparavant. Et Shane... c'est déjà ma bête noire. L'aspect psychologique n'est absolument pas inspiré pour le moment et je ne vois pas comment tout ce petit monde va pouvoir prendre de l'épaisseur dans ce contexte. La seule scène qui sort du lot est celle qui ouvre l'épisode. En plus elle était jolie. Oui, quand on en arrive à ce genre d'arguments, c'est qu'on n'a pas mieux à dire.

   La partie "action" est beaucoup moins prenante que dans l'épisode 2, en partie à cause du fait que l'on ne comprend pas pourquoi Rick tient absolument à mettre sa vie et celle de ses co-équipiers en danger pour sauver une pourriture comme Merle, qui méritait bien de crever dévoré par les zombies. A la limite, la présence de Daryl, son frère, justifie un peu leurs actions mais comme il est imbuvable aussi dans son genre... Au final: tout ça pour ça. Pas de Merle, plus de voiture, juste un chapeau. Retour au camp. Et là, enfin, les huit dernières minutes sont excellentes et nous en mettent plein la vue. Un nombre impressionnant de zombies envahissent le camp et une des deux soeurs -qui commençait à peine à devenir attachante- est tuée (jusqu'à ce qu'elle se transforme ?). La scène était terrible, et j'ai ressenti pour la première fois une vraie émotion dans The Walking Dead. Tout n'est donc pas perdu.

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// Bilan // Quel ennui, bon sang... Les 5 dernières minutes ne sauvent pas l'épisode mais donnent simplement de l'espoir pour le prochain. Espérons que The Walking Dead termine mieux sa saison qu'elle ne l'a commencée...

23 novembre 2010

The Walking Dead [1x 02 & 1x 03]

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Guts // Tell It To The Frogs

4 707 000 tlsp. // 5 074 000 tlsp.

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   Moyennement convaincu par le pilote de The Walking Dead, je le suis légèrement plus par les deux épisodes suivants. Surtout par le deuxième en fait, où il se passait enfin quelque chose et devant lequel je me suis pas ennuyé ou presque. Et puis c’était vraiment gore pour le coup, bien crade, bien violent, bien glauque. Je ne prends pas un pied monstre à regarder des zombies se faire massacrer et je crois que ça ne changera pas mais je ne peux pas nier que la réalisation est excellente et les effets-spéciaux et maquillages bluffants. L’épisode 2 est donc très tourné vers l’action, on a même dû mal à reconnaître la série présentée dans le pilote. On se retrouve tout à coup avec un tout un tas de personnages autour de Rick, plus ou moins insignifiants d’ailleurs mais le moment n’est pas venu de creuser leur psychologie. Il faut échapper aux zombies coûte que coûte. Le rythme est par conséquent soutenu. Le cas de conscience autour du survivant menotté sur un toit était intéressant mais il était difficile de ressentir une quelconque peine pour lui vu la façon dont il nous est présenté. C’est une ordure et tout ce que l’on souhaite c’est qu’il y reste, de préférence dévoré par les zombies du coin. Cela n’arrivera pas et il ne meurt même pas de déshydratation ou je ne sais quoi puisqu’il réussit à se couper la main et à s’enfuir. Autant dire qu’il va certainement faire baver ses compagnons d’infortune s’il les retrouve. Et ce sera forcément le cas. S’il ne nous avait pas été présenté comme un connard fini, je suis sûr que ça aurait donné quelque chose de plus prenant.


 Le troisième épisode est beaucoup plus « psychologique », on ne voit d’ailleurs quasiment pas de zombies pendant 50 minutes. On s’attache à nous présenter les nombreux personnages survivants avec plus ou moins de brio. Il va encore falloir du temps avant de s’attacher à eux. Par conséquent, l’émotion recherchée n’est pas atteinte, même lors des retrouvailles entre Rick son fils et sa femme. La relation entre Rick et Lori n’est cependant pas inintéressante mais je regrette vraiment le choix des acteurs. Ils ne sont pas mauvais, ils ne sont juste pas exceptionnels. Shane se transforme petit à petit en homme à abattre tant par son comportement violent que par son mensonge à Lori, que l’on découvre stupéfaits : il lui a fait croire que Rick était mort, sans doute pour mieux la récupérer ! Bon, j’imagine que c’est plus compliqué que ça et qu’il a vraiment cru que Rick était mort mais quand même… Vivement que Rick, qui est son meilleur ami je le rappelle, apprenne la vérité. J’ai bien cru que Lori allait l’avouer d’ailleurs quand ils étaient dans la tente.

 

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// Bilan // The Walking Dead s’affirme sans mal comme la série la plus gore créée à la télévision américaine. En revanche, en termes de profondeur, j’attends toujours que la patte AMC pointe le bout de son nez. Pour le moment, c’est finalement assez creux et les personnages manquent tous de charisme dès lors que ce ne sont pas des ordures finies. La marge de progression est conséquente…

Posté par LullabyBoy à 01:19 - - Commentaires [9] - Permalien [#]
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04 novembre 2010

The Walking Dead [Pilot]

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Days Gone Bye (Series Premiere) // 5 3oo ooo tlsp.

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What About ?

Après une apocalypse ayant transformé la quasi-totalité de la population en zombies, un groupe de d'hommes et de femmes mené par l'officier Rick Grimes tente de survivre...

Who's Who ?

Créée par Frank Darabont et Robert Kirkman. Avec Andrew Lincoln (L'Arnacoeur, Afterlife, Love Actually) dans le rôle de Rick Grimes, Sarah Wayne Callies (Prison Break) dans le rôle de Lori Grimes, Jon Bernthal (The Class) dans le rôle de Shane, Laurie Holden dans le rôle d'Andrea, Emma Bell dans le rôle d'Amy, Robert Singleton dans le rôle de T-Dog, Jeffrey DeMunn dans le rôle de Dale...

So What ?

"Sleeping Dead". L'expression n'est pas de moi mais elle convient parfaitement à mon ressenti quant à ce pilote très attendu qui m'a l'effet d'un somnifère. D'un point de vue purement esthétique, il est superbe. On pense forcément à 28 jours plus tard et Je suis une légende. Je n'aime pas dire qu'on se croirait au cinéma, mais c'est pourtant ça. AMC a fait chauffer le chéquier et ça se voit. Les zombies ne sont pas ridicules. Je dirais même qu'ils ont rarement autant fait flipper visuellement. Un exploit que ça ne paraisse pas kitsch ! En revanche, dans le pilote en tous cas, ils ne font pas grand chose d'autre qu'effectuer une chorégraphie parfaite et dévorer un cheval. Je m'attendais à sursauter à tout moment et ça n'est pas arrivé une seule fois. C'est un peu dommage, ça fait partie du truc. L'ambition d'AMC est claire : renouveler le genre en insufflant son style, qui est synonyme de profondeur et de lenteur. Ca pourrait même parfois s'apparenter à de la prétention, mais je n'irai pas jusque là. J'aime trop Breaking Bad et l'ambiance de Rubicon pour ça. Toujours est-il qu'il ne se passe pas grand chose dans ce premier épisode, qui consiste en grande partie à suivre le héros, Rick Grimes, dans sa découverte du nouveau monde post-apocalyptique après avoir passé plusieurs jours dans le coma. C'est une introduction envoutante, fascinante parfois, mais pas si oppressante et pas si angoissante que je l'aurais souhaité. Peut-être est-ce dû à l'absence de musique, pas si efficace que ça. Certains passages sont soporifiques et c'est là que la série atteint ses limites. En même temps, un pilote d'1h10, c'est beaucoup trop. 

Mais, et c'est important : il y a du fond. Et ce n'est pas si souvent dans les récits de zombie. On ressent la détresse de Rick, ainsi que celle du père et du fils qui l'accueillent, terrifiés et hantés par le souvenir d'une femme et d'une mère devenue morte-vivante. Il y avait dans ces scènes beaucoup d'émotion. Les scénaristes ont clairement des choses à dire mais ils risquent de prendre leur temps. Au sujet des personnages secondaires, ils sont apparus trop peu pour émettre un jugement. Mais l'entrée en matière ne m'a pas paru très efficace. Je dois dire que j'ai quand même été surpris par la relation entre Lori et Shane. Je ne pensais pas que The Walking Dead verserait dans ce genre d'histoire. Je suis plutôt preneur. Une dernière chose : je ne suis vraiment pas fan de la scène d'ouverture, pas subtile pour deux sous, pas très AMC pour le coup. Le message est tellement évident : nous on est sur le câble et on n'hésitera pas à faire gicler la cervelle des petites filles ! Mouais... Le fait que ce soit un flashforward n'a a priori aucun intérêt en plus.      

The Walking Dead, c'est forcément bien parce que c'est unique en son genre à la télévision, parce que c'est impressionnant visuellement et parce que ça repousse certaines limites. Mais ce qui serait encore mieux, c'est qu'elle fasse tout ça sans prétention et avec un peu plus de rythme. Je serais au rendez-vous pour les épisodes suivants quoiqu'il arrive mais il en faudra plus pour me convaincre. Et ne parlez pas déjà de chef d'oeuvre par pitié !