20 septembre 2011

Harry's Law [Saison 1]

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Saison 1 // 9 380 000 tlsp. en moyenne

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    Le fan de David E. Kelley que je suis ne pouvait pas passer à coté de sa nouvelle création, Harry's Law, lancée à la mi-saison par NBC et qui, à la surprise générale dont celle du network en premier lieu, a très bien débuté et a continué de fonctionner convenablement tout au long de sa courte saison 1 (composée de 12 épisodes). De la même manière que Body Of Proof sur ABC pour les séries policières, cette dramédie judiciaire ne révolutionne en rien le genre et n'est certainement pas l'oeuvre la plus réussie de Kelley, mais elle est tout à fait sympathique et m'a fait passer de bons moments, à quelques rares exceptions près. Ma critique de la saison sera ainsi très proche de celle du pilote (ICI), mais je pensais sincèrement que le créateur rectifierait le tir plus rapidement. Les défauts du premier épisode sont les mêmes dans les pièces suivantes, mais ils passent de moins en moins bien au fur et à mesure. On sent quand même une évolution positive sur les deux derniers épisodes.

   Ainsi, je ne supporte pas les thèmes musicaux qui sont plus ringards que ringards. Ils donnent un aspect hyper vieillot à la série et elle n'avait vraiment pas besoin de ça ! Ils sont bien trop grandiloquents et exaltés, et ce en toutes circonstances. Je n'aime pas non plus les séquences de transition avec des plans de Cincinatti tournés façon générique de Melrose Place, si vous voyez ce que je veux dire. Ma théorie ? NBC voulait que la série soit le moins chère possible et a donc racheté de vieux thèmes musicaux et d'anciennes images d'ambiance pour emballer grossièrement son produit. Si ces problèmes ne sont pas une entrave réelle à l'appréciation d'Harry's Law pour moi, elles ont dû en rebuter plus d'un, surtout parmi les jeunes. C'était déjà un risque en soit de faire d'une femme dans la soixantaine une héroïne. Certes, Boston Justice avait un peu défriché le terrain en la matière, ainsi que Blue Bloods cette même saison, mais ça reste culotté et, jusqu'ici, ça a plutôt payé ! Il faut dire que le rôle est parfaitement taillé pour Kathy Bates : elle excelle et ce sont, de loin, ses scènes les meilleures. Petit à petit, le personnage dévoile un peu de son passé et montre ses émotions, en dehors des cas qu'elle traite. Ces instants sont précieux et la rendent d'autant plus attachante. Je regrette en revanche que l'aspect cartoonesque d'Harriet, très accentué dans le pilote, ait disparu par la suite. Mais il me semble que c'était un des plus grands reproches faits à la série. Les affaires traitées par le cabinet ne sont pas toutes bonnes, d'autant que l'aspect ghetto, bien qu'original, a tendance à vite ennuyer et tomber dans les clichés. Les gangs, les réglements de compte... ça va deux bien deux ou trois épisodes, puis ça gave. On n'est pas dans The Wire !

   Très curieusement, les meilleurs personnages d'Harry's Law, outre l'héroïne, ne sont pas les réguliers mais les récurrents. La standardiste d'Harry, Jenna, montre très vite ses limites. Une vraie déception pour Brittany Snow qui méritait amplement mieux. Elle est associée systématiquement au personnage de Malcolm, tandis qu'une romance se noue entre eux. Pas particulièrement enthousiasmante dans l'idée, elle ne l'était pas non plus dans les faits. Plus Jenna devenait agaçante, plus Malcolm devenait insipide. La sauce n'a vraiment pas pris et David E. Kelley a pris la décision, en saison 2, de se débarrasser de ces deux personnages pour les remplacer par deux nouveaux, on l'espère plus dans l'esprit des héros qu'il a l'habitude de créer. Car Harry's Law manque cruellement d'excentricité et ça ne peut définitivement pas passer dans une de ses séries, justement célèbres et aimées pour cela (même si The Practice n'en avait pas besoin pour être excellente). Si Adam est le régulier le plus intéressant malgré des histoires d'amour pas toujours passionnantes (mais sa rupture avec Chunhua était par exemple très bien écrite et émouvante), c'est clairement du coté de Tommy Jefferson -le grand Tommy Jefferson- qu'il faut se tourner pour se marrer ! Dans l'univers de Kelley, il ne détonne pas. Il est parfaitement à sa place. Il aurait fait de sacrées étincelles dans Ally McBeal et Boston Justice ! Ici, il tire le niveau par le haut et ne se contente pas d'être le pitre de service. Il m'a vraiment ému par moment. Mais n'était-ce pas un peu une forme de pitié d'ailleurs ? Peu importe. Il sera régulier dans la deuxième saison et c'est une super nouvelle. Paul McCrane, dans le rôle d'un avocat souvent opposé à Harry, est tout aussi bon. Il a d'ailleurs été récompensé aux Emmys pour ses prestations. Avec lui et quelques autres, il n'y a pas de doutes : on est bien dans une série de E. Kelley !

   Dans le fond comme dans la forme, Harry's Law évolue peu au cours de sa première saison. Elle ne parvient pas à dépasser le stade du divertissement agréable mais dispensable. Elle a pourtant toutes les cartes en main pour devenir une grande. Je fais confiance à David E. Kelley pour transformer l'essai avec la saison 2 qui commence demain sur NBC !


24 janvier 2011

Harry's Law [Pilot]

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Pilot // 11 1oo ooo tlsp.

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What About ?

Harriet, une vieille avocate têtue et bornée qui vient de se faire renvoyer de son cabinet, fait la rencontre de Malcolm, un jeune homme qui a besoin d'elle pour le représenter dans une affaire criminelle. Elle décide alors de fonder son propre cabinet, avec une assistante excentrique et un jeune avocat un peu fou. Tous ensemble, ils vont prendre un nouveau départ... dans une boutique de chaussures abandonnée !

Who's Who ?

Créée par David E. Kelley. Avec Kathy Bates (Misery, Titanic, Six Feet Under, The Office), Brittany Snow (Mes Plus Belles Années, Hairspray), Nate Corddry (United States Of Tara), Aml Amleen, Beatrice Rosen, Paul McCrane...

So What ?

 En grand fan devant l’éternel de David E. Kelley, j’attendais avec beaucoup d’impatience Harry’s Law. Oui, encore une série judiciaire. En même temps, c’est ce qu’il fait de mieux au regard de ses quelques échecs. C’est ce qu’on attend de lui, c’est visiblement aussi ce qu’il a envie de faire, pourquoi bouder son plaisir et le notre ? Harry’s Law est plus proche d’une version cinquantenaire d’Ally McBeal que d’un The Practice. C’est l’absurde qui prime. Les premières scènes nous plongent parfaitement dans une ambiance cartoonesque qui rappelle vaguement les délires d’E. Kelley avec les langues qui pendent, le bébé qui danse et la grenouille numérique. Les deux accidents coup sur coup et les passages à l’hôpital qui ont suivi m’ont éclaté. Bien sûr que c’est n’importe quoi mais c’est précisément ce qui est génial !


 

 

 Dans ce registre, et pas seulement, Kathy Bates excelle ! C’est un plaisir de la voir évoluer dans ce Cincinnati (et non pas Boston, David s’est trahi !) de petites frappes, au beau milieu d’un magasin de chaussures abandonné, entre deux cadavres de Louboutin et de Jimmy Choo. Elle n’en fait pas des tonnes (malgré son poids) et réussit à nous faire croire en cette femme brillante qui n’a jamais vraiment eu l’occasion d’exploiter tout son talent, coincée dans une branche de la justice qui l’ennuie, et qui possède une vision plutôt originale de la vie. En assistante un brin dérangée, Brittany Snow alias Jenna ne démérite pas. Le personnage n’est pas très creusé pour le moment, c’est le moins que l’on puisse dire, mais dans le pilote elle a une fonction très particulière : elle représente les téléspectateurs. Ses réactions et les expressions sur son visage sont celles que nous avons tous. Elle ne peut clairement pas se limiter à ce rôle mais c’est une idée intéressante. Adam, incarné par Nate Corrdry, forme un duo amusant avec Harriet même si leur rivalité est somme toute assez classique. Malcolm est probablement le personnage qui m’accroche le moins, je ne vois pas en lui un grand potentiel. Mais je ne demande qu’à être convaincu puisque tout le reste me plait ! La première plaidoirie d’Harriet face au monument Paul McCrane (Romano dans Urgences), d’ailleurs trop rare, valait son pesant d’or. Là encore, il ne fallait pas chercher un quelconque réalisme mais juste du pur divertissement. Le pari est totalement réussi !


 

 

 Si l’on doit comparer Harry’s Law aux œuvres judiciaires précédentes de David E. Kelley, le constat ne peut pas être positif : l’écriture est plus grossière, les dialogues plus classiques et l’ensemble manque de fond. Mais si l’on ne tient pas compte du passé, Harry’s Law est une sympathique dramédie qui promet de nous faire passer de très bons moments en compagnie d’acteurs talentueux.