25 mars 2014

Warriors [Pilot Script]

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WARRIORS

Drama // 42 minutes

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Ecrit par Chris Keyser (La vie à Cinq, Les Soeurs Reed). Produit par Laurie Zaks (Castle) & Todd Lieberman (La Proposition, Fighter, Clones). Réalisé par Martin Campbell (GoldenEye, Casino Royale, Green Lantern). Pour ABC, ABC Studios & Mandeville Films. 62 pages.

Tory Sterling, psychiatre, revient aux Etats-Unis après avoir passé deux ans en Afghanistan auprès des soldats de l’armée américaine. Traumatisée mais combative, elle retrouve sa famille, ses enfants et son mari, qui ont appris à vivre sans elle, et reprend ses activités au sein de l’hôpital militaire de Washington où les médecins et les infirmières se battent au quotidien pour sauver ceux qui ont tout donné pour défendre leur patrie. Mais comment oublier les horreurs de la guerre quand on en soigne les douleurs physiques et psychiques jour après jour ?

Avec Morena Baccarin (V, Homeland, Firefly), Courtney B. Vance (FlashForward, New York Section Criminelle), Greg Grunberg (Felicity, Alias, Heroes, The Client List), Eloise Mumford (Lone Star, The River, Fifty Shades Of Grey), Justina Machado (Six Feet Under, Missing, Private Practice), Don Hany (East West 101, Serangoon Road), Linda Park (Star Trek Enterprise, Crash), Abbie Cobb (90210, Suburgatory), Toby Levins (Rogue), Steve Kazee...

 

   Alors qu’ABC peut toujours compter sur Grey’s Anatomy dix ans plus tard, la chaîne a parfaitement conscience que le Seattle Grace n’est pas éternel et que les lieux finiront bien par être désertés d’ici une à deux saisons. Il faut donc préparer sa succession. Peut-être que la meilleure solution est de ne pas lancer tout de suite de nouvelles séries médicales, attendre que le public soit en demande. Mais la tentation est forcément grande étant donné que le genre est sous-représenté en ce moment à la télé. Citez une autre série médicale actuellement à l’antenne ? Depuis l’arrêt de Private Practice, il n’y en a pas d’autres, malgré tous les essais  des uns et des autres (Off The Map, A Gifted Man, Emily Owens, Monday Mornings…). Ce n’est pas faute d’avoir tenté des approches différentes pourtant. Quant à Chicago Fire, elle n’en est pas une à proprement parlé. NBC va lancer bientôt The Night Shift, qui se situe, comme Warriors, dans un hôpital militaire. Son destin ne sera a priori pas glorieux. ABC tentera également en fin de saison la psychologique Black Box (Lire la critique) après Grey’s Anatomy, en lieu et place de Scandal. Tandis que CBS développe Only Human, avec une approche familiale, et FOX Red Band Society, du point de vue des (jeunes) patients, est-ce que la commande de Warriors fait sens ?

   A la base, j’aurais eu tendance à dire que oui. L’idée me plaisait bien et la distribution assemblée est relativement solide avec un bon équilibre entre têtes connues et débutants. Mais le script m’a laissé globalement de marbre, à mon grand désarroi. Il manque de souffle, de personnalité. Il commence mollement, là où il y avait moyen de faire quelque chose de percutant, de surprenant. Basiquement, c’est l’héroïne qui débarque à la fête d’école de sa fille après deux ans passés en Afghanistan. Les retrouvailles se font donc sous les applaudissements des parents en délire. C’est trop, mais ça met tout de suite dans le ton un peu niais et ultra patriotique de l’ensemble. De là à lâcher une larme face à des personnages qu’on ne connaît ni d’Eve ni d’Adam : non. Puis on retrouve madame avec son mari, au lit. Elle n’a pas envie. Lui n’attend que ça. C’est amusant quand on fait le parallèle entre le début de Homeland et celui de Warriors, d’autant que Morena Baccarin est impliquée dans les deux cas. On a d’un côté l’émotion sincère et la subtilité et de l’autre l’émotion forcée et la facilité. On ne devrait pas les comparer évidemment. C’est injuste. Mais ça saute tellement aux yeux ! De manière générale, l’héroïne ne m’a pas séduit… jusqu’à ce qu’on apprenne qu’elle a trompé son mari sur le front, avec celui qui est désormais son patron. Elle devient tout à coup moins lisse. Mais il faudra plus que ça pour nous la faire aimer. En plus, elle s’appelle Tory Sterling. Du coup, pendant toute la lecture, j’avais le visage de… Tori Spelling en tête ! Et c’est un visage que l’on n’aime pas avoir en tête aussi longtemps, croyez-moi.

   On ne peut pas dire que la galerie de personnages secondaires soit tellement plus réjouissante. Le point fort : tout ce petit monde habite sur la base militaire et se connaît donc très bien depuis des années. On sent cette proximité qui donne un sentiment de convivialité, de chaleur. Le point faible : ils sont tous fondus dans le même moule, ils sont brillants, courageux, ils ont un grand cœur… Ils sont méga ennuyeux quoi ! Greg Grunberg joue un handicapé qui ne peut plus exercer son métier de chirurgien comme avant depuis qu’il est en fauteuil roulant. Eloise Mumford interprète une interne amoureuse de son patron, le même qui a un passé amoureux avec Tory. Une infirmière en chef entretient une relation secrète avec une de ses collègues, qui refuse catégoriquement de faire son coming-out… tout ça ne sonne pas très neuf. C’est un sous-Grey’s Anatomy, sans l’humour et l’efficacité. Et le fait que toutes les intrigues soient liées à des soldats ou des vétérans, ce qui fait donc l’originalité du projet, risque très vite de se retourner contre lui : les cas vont tourner en rond. Ceux exposés dans le pilote ne sont pas particulièrement marquants. On les a déjà traités dans des sous-intrigues de d’autres séries, médicales ou non, Grey’s en tête avec le personnage d’Owen, ou Brothers & Sisters avec Justin après son retour d’Irak. Le seul avantage dans tout ça : les patients peuvent revenir de manière récurrente puisqu’ils habitent tous à 10 kilomètres à la ronde. Ça permet de faire du feuilletonnant  avec eux aussi bien qu’avec les médecins. Je ne vous ai pas parlé des dialogues encore. Ils sont lourds, clichés. On les a déjà entendus des milliers de fois.

   J’espère sincèrement me tromper sur Warriors, mais je suis persuadé d’au moins une chose : elle ne révolutionnera pas le genre de la série médicale ! Son sujet et sa vision très américano-américaine peut cependant séduire aux Etats-Unis. Elle fait le job. Sans étincelles et sans ambition, certes, mais elle le fait. Parfois, la simplicité paye…


14 février 2012

The River [1x 01 & 1x 02]

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Magus (Series Premiere) // Marbeley // 7 950 000 tlsp.

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What About ?

Un aventurier célèbre, star de la télévision, est porté disparu lors d'un voyage au fin fond de l'Amazonie. Durant des années, accompagné de sa femme et de son fils, le Dr Emmet Cole a partagé - via son show télé - ses découvertes de contrées éloignées. Aujourd'hui, la chaîne finance une expédition filmée façon télé réalité pour tenter de le retrouver. Une équipe de cameramen suit de près les recherches menées entre autres par la famille et des amis du disparu. Tous embarquent à bord d'un bateau qui remonte l'Amazone et va les amener à faire des rencontres pour le moins effrayantes...

Who's Who ?

Créée par Michael R. Perry (Dead Zone, Millenium) & Oren Peli (Paranormal Activity). Avec Eloise Mumford (Lone Star), Thomas Kretschmann (La Chute, Wanted, King King) Joe Anderson (Across The Universe) Paul Blackthorne (Lipstick Jungle, 24, The Dresden Files) Leslie Hope (24)...

So What ?

   Tôt ou tard, cela devait arriver : la télévision allait s'emparer du phénomène Paranormal Activity/ Rec. & co pour l'adapter au format série. Alors apprendre que ce sont ceux qui en sont à l'origine qui allaient s'y coller avait quelque chose de rassurant et d'excitant, si tant est que le genre nous plaise. Et c'est mon cas, à petite dose. J'attendais donc The River avec une certaine impatience, d'autant que l'on a absolument rien de comparable à l'antenne actuellement et que le genre de l'horreur se résume à The Walking Dead, mais elle est finalement bien plus et bien moins que ça (comprendra qui pourra). Je ne peux qu'être déçu par le résultat, je ne m'attendais pas à tant d'inconsistance et si peu de fun...

   Le format du "found footage" est-il adaptable à la télévision ? The River prouve que oui. J'avais peur que les tremblements de caméra ne passent pas et nous donnent plus la nausée qu'autre chose mais non. On s'y habitue vite et le réalisateur a su ne pas en abuser. On peut d'ailleurs globalement saluer son travail sur le pilote, qui met particulièrement bien en avant les décors. Pour une fois, on a la chance de ne pas avoir affaire à un fond vert. C'est très appréciable. Ca l'aurait été encore plus si le scénario avait été à la hauteur des ambitions mais il ne l'est vraiment pas. On nous plonge très rapidement au coeur de l'Amazonie, ce qui n'est pas une mauvaise chose en soi, mais on oublie de nous présenter les personnages dignement. On doit donc se contenter d'une suite de clichés face à une famille dysfonctionnelle dont on survole les maux. On ne s'attend pas à une grande profondeur de ce point de vue là dans un film mais dans une série, c'est beaucoup plus génant. On est censé s'attacher à eux, avoir envie de suivre leurs aventures semaine après semaine et pourtant, je ressors de ces deux épisodes plus agacé qu'autre chose par le petit groupe. Il faut dire que les acteurs ne sont pas non plus super convaincants dans l'ensemble. ABC a vraisemblablement considéré que le concept se suffisait à lui-même et que la distribution avait peu d'importance. Pourtant, elle en a forcément, surtout lorsqu'on demande de jouer des choses tout à fait invraisemblables, voire ridicules ! Dans ma ligne de mire, une des dernières scènes du pilote, qui sonne comme l'apothéose du grand n'importe quoi. Leslie Hope s'époumone sous la tempête tandis tout le monde s'agite autour d'elle afin d'avoir la peau de cette bête mystèrieuse qui leur a causé bien des sueurs froides. Il y avait quelque chose de profondément embarrassant à ce moment-là pour les acteurs et la production. Presque de la pitié. Et ce sentiment a été accentué avec l'intrigue du second épisode, "le monstre de la semaine", lorsque la pauvre jeune fille qui ne parle pas un mot d'anglais est "habitée" par l'esprit de l'aventurier star, à travers une libellule qui s'est infiltrée dans son oesophage. C'est aussi stupide que ça en a l'air. Au bout du compte, l'aventure n'existe pas. Le fil rouge est traité en second plan. Tout ce que les auteurs souhaitent, c'est nous effrayer avec une nouvelle histoire chaque semaine. Il faut vraiment être très peureux pour se laisser prendre au jeu...

   The River est une déception sur le fond, mais une jolie réussite sur la forme. Le rejet du feuilletonnant est un mal qui ne cesse d'accroître et qui nous gâche les séries les plus prometteuses. The River en est la dernière victime en date. Combien en faudra-t-il encore avant que les chaînes et le public ne se réveillent et donnent de nouveau leur chance à ces séries qui nous font vibrer chaque semaine et qui vont un peu plus loin que le divertissement basique ?

What Chance ?

Huit épisodes suffiront pour prouver que The River aurait fait une bien meilleure série d'été, avant de disparaître définitivement du paysage.

How ?

30 juin 2011

[Saison 2011/2012 - Dramas] 7- The River

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What ?

Un aventurier célèbre, star de la télévision, est porté disparu lors d'un voyage au fin fond de l'Amazonie. Son équipe et ses amis partent alors à sa recherche à bord d'un bateau qui remonte l'Amazone et qui va bientôt faire des rencontres pour le moins effrayantes...

Who ?

Créée par Oren Peli (Paranormal Activity). Avec Eloise Mumford (Lone Star), Thomas Kretschmann, Joe Anderson, Paul Blackthorne, Leslie Hope...

Where ?

ABC.

When ?

A la mi-saison dans une case non-communiquée (là où il faudra boucher un trou en somme).

Why ?

 Parce que l'histoire est suffisamment mystérieuse pour donner envie de voir au moins le pilote. C'est un des rares pitchs vraiment "originaux" de la saison. On peut aussi considérer que c'est l'une des rares "série-concept" de la saison. Parce que le tournage à Hawaii nous procurera forcément un certain dépaysement, tout en nous rappelant les belles heures de Lost, avec sans doute des décors communs. Parce que l'équipe créative a prouvé qu'elle était franchement douée. Parce que, visuellement, le tournage avec beaucoup plus de caméras qu'à l'accoutumée assure, là encore, une certaine originalité.

Why Not ?

 Parce que je sens que la série ne trouvera sa place que dans la grille d'été, avec un destin à la Persons Unknown. Parce que le casting ne rend pas fou d'impatience. Parce que les moyens ne seront peut-être pas suffisants pour éviter un aspect cheap. Parce que le concept tient plus de la mini-série de 8 épisodes que d'une saison complète. En même temps, elle risque bien de ne durer que 8 épisodes, mais sans dénouement, ce serait sans intérêt...

How ?

What About You ?

24 septembre 2010

Lone Star [Pilot]

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Pilot // 4 1oo ooo tlsp.

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What About ?

Robert Allen est un ambitieux et brillant businessman qui a fait fortune dans l'industrie du Pétrole. Il a réussi à se construire en parallèle deux vies amoureuses à deux coins opposés du Texas. Il jongle avec deux identités et... deux femmes ! "Bob" vit à Houston avec Cat, sa femme, la fille d'un riche magnat du pétrole. A 400 kilomètres de là, dans la petite ville de Midland, il est "Robert" et vit avec sa douce et naïve petite-amie Lindsay pendant qu'il escroque les investisseurs locaux. Mais son beau-frère commence à avoir quelques suspicions sur ses faits et gestes. Son secret est en danger...

Who's Who ?

Créée par Kyle Killen, dont c'est la première série. Pilote réalisé par Marc Webb (500 Jours Ensemble). Avec James 'Jimmy" Wolk dans le rôle de Robert Allen, Adrianne Palicki (Friday Night Lights) dans le rôle de Cat Thatcher, Eloise Mumford (Crash) dans le rôle de Lindsay, Jon Voight dans le rôle de Clint Thatcher, David Keith (The Class) dans le rôle de John Allen, Mark Deklin dans le rôle de Trammell Tatcher, Bryce Johnson (Popular) dans le rôle de Drew Thatcher...

So What ?

Je ne sais pas si je dois sauter de joie ou pleurer après le visionnage de ce pilote parfait. Ce sera un peu des deux, certainement. Il ne faisait aucun doute depuis l'annonce du projet que la FOX allait droit dans le mur avec une telle série. Elle a eu le courage d'aller jusqu'au bout, elle a obtenu le soutien des critiques américains, elle lui a offert une case difficile mais prestigieuse (face à Dancing With The Stars, les sitcoms de CBS et The Event, mais après Dr. House), mais le public est roi et le public n'a pas voulu de Lone Star. Le public n'a pas le coeur assez grand. Et le public n'est pas prêt. Des séries audacieuses, qui prennent des risques, des séries dites "du câble", ça n'est pas pour tout de suite sur les grands networks. Il faut du fast-food, il faut du calibré, il faut du facile. Il faut Les Experts à pétaouchnoque et les Desperate Connasses. Pardon d'être aussi amer mais ça me fait un peu de peine tout ça. C'est trop injuste.

       A l'image de son charismatique héros, le pilote de Lone Star a un charme fou. Il m'a fait l'effet d'un coup de foudre. Pas seulement parce qu'il est beau et magistralement réalisé, tout en finesse et en sobriété, mais aussi et surtout parce qu'il vous embarque sans perdre une seule seconde sur un territoire presque inexploré. Je me souviens qu'à l'origine, on parlait du personnage principal comme d'un polygame. Or, Big Love l'a déjà fait et aucune autre série ne le refera plus jamais aussi bien. Robert n'est pas un polygame. Il mène une double vie, il est amoureux de deux femmes. Mais est-ce la même chose ? Si la nuance est fragile, elle existe pourtant bel et bien. Il n'est pas question de narcissisme de sa part, ni de machisme et encore moins de conviction religieuse. Il a souffert d'un manque d'amour immense en étant enfant et il a besoin en grandissant de le combler. C'est ainsi que je le comprends. Je ne cherche pas à le défendre. La description de son quotidien singulier n'est d'ailleurs pas complaisante. Elle est simplement trépidante car remplie d'enjeux. Chaque scène a sa raison d'être, chaque rencontre est pleine de potentiel. Chaque personnage, même secondaire, bénéficie d'un portrait bref mais léché. Chaque acteur est inspiré, des vieux loups (Jon Voight, David Keith) aux jeunes premiers (Jimmy Volk bien-sûr, époustouflant, et Bryce Johnson), en passant par les débutantes (Eloise Mumford est craquante, malgré sa pas si vague ressemblance avec la Diva Heigl). La bande-son est irréprochable (un Heartbeats ne se refuse jamais) et ma foi, j'ai été plus d'une fois touché. Mon Dieu. Ce pilote est vraiment parfait ! Et dire que bientôt Andie McDowell foulera ces Terres...     

Lone Star entre dans la légende. La série préférée de la rentrée par la critique américaine est aussi celle qui a fait le pire démarrage. Dans quelques années, quand ses acteurs auront du succès dans d'autres séries ou au cinéma, on sera quelques-uns à se souvenir de là où ils ont commencé : entre Midland et Houston, entre ciel et désert, entre drama indie et soap corsé, entre doux rêve et dure réalité. Et on aura un peu de peine parce que des rendez-vous manqués comme celui-là, c'est à désespérer de la télé...