09 avril 2014

Old Soul [Pilot Script]

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OLD SOUL

Comédie (Single-Camera) // 22 minutes

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Ecrit et produit par Jon Fener (American Dad!, Happy Endings), Josh Bycel (Psych, Happy Endings, Scrubs) & Amy Poehler (Parks And Recreation, Saturday Night Live). Pour NBC, Universal Television, 3 Arts Entertainment & Paperkite Productions. 41 pages. 

A l'aube de ses 30 ans, Nadia ne sait toujours pas ce qu'elle veut faire de sa vie. Ses colocataires de son âge et les retraités dont elle s'occupe au quotidien sont tous d'accord pour dire qu'il faut qu'elle sorte davantage et s'ouvre un peu plus au monde, car ce qu'elle est actuellement c'est une vieille dame coincée dans le corps d'une jeune femme. Leurs conseils précieux et leur soutien sans faille vont lui être indispensables dans cette quête d'elle-même...

Avec Natasha Lyonne (Orange is the new black, American Pie), Ellen Burstyn (L'exorciste, Requiem for a dream, Big Love, Political Animals), Fred Willard (Modern Family), Rita Moreno (Happily Divorced, Oz, Chantons sous la pluie, West Side Story), Greta Lee (Girls), Nick Thune...

 

   Jusqu'ici, je n'avais pas eu de vrai gros coup de coeur pour un pilote de comédie cette saison, alors que j'en ai eu plusieurs côté drama. Bad Judge, One Big Happy, Mission Control, #Selfie ou encore Cabot College m'ont plu, mais pas autant que Old Soul qui est, à mon sens, un véritable petit bijou au charme fou. Quand on sait que la formidable Amy Poehler est impliquée dans l'écriture, ce n'est pas vraiment étonnant cela dit.

 Toutefois, je ne m'attendais pas à autant rigoler. Non parce que la force number one de ce pilote c'est son humour décapant, ses répliques qui font mouche quasiment à tous les coups et avec un casting aussi sympa que celui qui a été assemblé, ça ne peut qu'être hilarant à l'écran ! Pour vous le prouver, voici un petit florilège de passages qui m'ont fait beaucoup rire. "You usually date guys who look like they got killed off on “Game of Thrones.” !" / "Oh, I’m doing this all carrot and bacon diet. They say it helps you get rid of your baby weight." "You had a baby?" "Oh no. I mean the extra weight I’ve had since I was a baby." / "I wish I had Alzheimer's so I’d immediately forget what you just said." / "Hey, you know the rule. When you’re over seventy-five and twenty minutes late, we have to assume you’re dead." Et il y en a plein d'autres comme ça, et même meilleures. Je reconnais que sans le contexte, ça fonctionne peut-être un peu moins. Toutes les scènes avec les "vieux" sont très réussies. C'est d'ailleurs à se demander pourquoi il n'y a pas eu d'autres comédies avec des personnes âgées en héros depuis The Golden Girls. Dans tout un tas de comédies familiales, les grands-parents sont souvent ceux qui nous font le plus rire, bien qu'ils soient en général très secondaires. C'est une mine d'or et Old Sould l'a bien compris.

   Revue d'effectif : nous avons donc la tante de l'héroïne, Eileen, qui a battu plusieurs fois le cancer, qui en est à nouveau atteinte et qui est devenue lesbienne sur le tard. Elle n'a pas sa langue dans sa poche, mais à vrai dire ça s'applique aussi à tous les autres personnages, vieux ou jeunes, sans exception ! Leur relation est hyper émouvante. Il y a ensuite Whit, un vieux monsieur bougon mais adorable, encore très porté sur la chose. Rita et Hector, mariés depuis une cinquantaine d'années, anciens paroliers pour des comédies musicales de Broadway, un peu neuneus mais ultra cute. Et enfin Agnes, sauvage, cynique, solitaire. Les scénaristes ont eu la bonne idée de ne pas les réunir dans une maison de retraite, ce qui aurait été un peu glauque et claustrophobique. Ils habitent tous dans leurs propres appartements mais dans le même immeuble et Nadia leur sert de femme à tout faire. Nadia est un personnage d'emblée attachant, auquel on peut facilement s'identifier qui plus est. Son humour m'a un peu fait penser à celui de Max de 2 Broke Girls. Je veux dire, en dehors des blagues de cul. Il y en a pas mal ici, mais elles sont un peu plus subtiles que dans la sitcom. Les coloc' de Nadia sont vraiment pas mal aussi et les séquences où ils sont réunis sont presque aussi efficaces que celles avec les anciens. Le summum étant la fin du pilote lorsque les deux mondes de Nadia se rejoignent. Nous avons Alix, la meilleure amie d'enfance très très différente, un peu plus dans le style de Caroline (pour parler de 2 Broke Girls à nouveau) mais en plus délurée, et Charlie, l'éternel étudiant qui n'a aucune intention de rentrer dans la vie active et qui est secrétement amoureux de Nadia depuis un bail. Bah oui, il fallait bien une histoire comme ça. C'est mignon comme tout. 

  Old Soul est une comédie hyper efficace, remplie de personnages drôles et attachants, de toutes les générations, mais aussi une comédie émouvante, touchante, justement parce qu'elle réunit ces vieux et ces jeunes autour d'un même but : profiter de la vie à fond avant qu'il ne soit trop tard. Ca peut paraître simpliste dis comme ça, mais je vous jure que ça peut résonner en chacun d'entre nous sans verser dans le cliché et la niaiserie. Est-ce que Old Soul a le potentiel de fonctionner sur NBC ? Je dirais  que oui, tant qu'elle est aussi réussie qu'elle en a l'air. Je l'imagine bien en duo avec About A Boy par exemple. Elles dégagent la même vibe. Je croise les doigts pour que la chaîne ne nous refasse pas une Brenda Forever...

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09 janvier 2013

Political Animals [Saison 1]

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6 épisodes // 2 120 000 tlsp. en moyenne.

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   Le pilote de Political Animals était loin d'être parfait (lire ma critique ICI), mais j'avais bon espoir que la mini-série, pouvant devenir une "vraie série", s'améliore rapidement, efface quelques unes de ses faiblesses et embrasse naturellement sa destinée, celle d'une grande saga familiale, portée par un casting quatre étoiles. Comme une certaine Brothers & Sisters en son temps, qui ne s'est pas bâtie en un jour. Et d'une certaine manière, elle y est parvenue. Si les épisodes 2, 3 et 4 sont dans la même veine que le premier, voire même un peu moins bons, cherchant leur rythme et se perdant parfois dans des considérations peu engageantes, les deux dernières pièces de cette première et désormais unique saison étaient exaltantes et excitantes... pour la suite, qui ne viendra jamais. Elle a trouvé sa voie, comme des tas d'autres séries, après une poignée d'épisodes, au moment des au-revoirs, qui se sont transformés en adieux. C'est rageant. La faute à qui ? En premier lieu à USA Network. Quand on a un tel bijou entre les mains, on ne le bazarde pas de la sorte. Political Animals a dû s'en sortir face à une concurrence câblée très rude et déjà bien installée, sans lead-in fort et sans campagne promotionnelle à la hauteur de l'événement. C'était quand même la première série de Sigourney Weaver, bon sang ! Et puis ce format de 6x 42 minutes n'était vraiment pas adapté à cette histoire. Pour le coup, USA n'est peut-être pas seule à blâmer. Est-ce que l'actrice a refusé d'en faire plus ? Est-ce que Berlanti lui-même a préféré partir là-dessus par manque de temps ? A mon avis, Political Animals aurait dû être un grand soap politique de prime-time sur un network, pas sur une chaîne du câble. Elle aurait parfaitement eu sa place sur ABC ou même NBC. Elle n'aurait pas forcément marché, mais on en aurait davantage entendu parler, ses chances auraient été plus grandes. Et puis les scénaristes auraient pu développer des arcs plus longs, plus ambitieux, plus approfondis, sur au moins 13 épisodes, ou plus en cas de succès. Mais plutôt que de contempler ce qu'elle aurait pu être, analysons ce qu'elle a été et ce qu'elle ne sera plus jamais. 

   Elaine Barrish. Voilà une héroïne qui avait des choses à dire, de l'humour à revendre et un charisme incroyable. Une femme politique comme on en voit trop peu souvent dans la vie et à la télévision. Une mère de famille qui a fait beaucoup d'erreurs, qui en paye le prix, mais qui n'abandonne pas les siens et qui ne baisse jamais les bras. Elaine Barrish n'est pas parfaite et ne prétend pas l'être. J'aurais aimé suivre son parcours et son évolution sur plusieurs années, au fil de ses ambitions, de ses coups durs, de ses coups bas et de ses grands moments de joie. En six épisodes pourtant, elle a réussi à nous montrer les différentes facettes de sa personnalité. J'ai tout particulièrement aimé ses scènes avec son ex-mari, ancien Président des Etats-Unis, Bud Hammond, où elle se montrait plus vulnérable. Bien des années après, ils avaient l'air de s'aimer toujours aussi fort et malgré ses infidélités et toutes les tempêtes qu'ils ont essuyé ensemble ou séparement. Bud est un personnage que j'ai mis du temps à apprécier, tant je le trouvais caricatural et dégoûtant dans les premiers épisodes. Mais il a dévoilé peu à peu son humanité et son interpréte, Cirian Hinds, a trouvé le ton juste. Sigourney Weaver n'a pas eu ce problème et a tout de suite incarné son rôle à la perfection. Elle a souvent surpassé les scénarios, donnant de l'ampleur à des scènes peut-être un peu faciles, ou manquant de subtilité. Political Animals ne pouvait pas rêver meilleure tête d'affiche. Lorsque les auteurs se sont aventurés plus en profondeur dans les affaires politiques, ils ont souvent échoué à rendre les enjeux crédibles et forts. Peut-être parce qu'Elaine Barrish était toujours plus intéressante que ses interlocuteurs, et ce malgré le talent d'Adrian Pasdar, de Dylan Baker et de Roger Bart, parmi les figures les plus importantes qui l'entouraient. On en revient au format de la série : avec plus de temps, chacun aurait pu être développé comme il le méritait et, ainsi, les affrontements comme les collaborations auraient eu plus d'impact. Pourtant, lorsqu'Elaine trouve un terrain d'entente avec Garcetti, le Président actuel, il se dégage quelque chose de fort grâce à la mise en scène. Et lorsque son avion sombre dans l'océan, on chavire avec lui et la Nation. Qu'est-ce que ça aurait été si ça s'était passé en mi-saison ou même en fin de saison, après avoir appris à mieux le connaitre ! Et Collier, cette ordure, on aurait aimé avoir le temps nécessaire pour adorer le détester ! Quel gâchis...

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   Mais Political Animals, c'est aussi l'histoire d'un pacte passé entre une figure importante de la politique et une journaliste ambitieuse, semble-t-il prête à tout pour gravir les échelons et décrocher des scoops. Dès leur première scène ensemble, Sigourney Weaver et Carla Gugino m'avaient fait forte impression, et cela s'est confirmé à chaque fois qu'elles se sont croisées, c'est à dire pas si souvent que cela. Mais même individuellement, Susan Berg a fait des merveilles. Ses séquences avec son patron, ex-amant par ailleurs, étaient pleine de panache. Le rapide ajustement en un triangle amoureux m'a un peu moins convaincu au départ, mais il a fini par porter ses fruits, notamment dans l'épisode 5 où Susan se remémore ses premières années au journal alors que sa rivale prend un chemin pas si éloigné du sien, mais encore plus impitoyable. Si le dispositif était efficace dans cet épisode-là, le recours systématique aux flashbacks dans la série m'a souvent dérangé car il était rarement justifié. Il est toujours préférable que les personnages se dévoilent par eux-même, à travers des gestes et des confidences. Qu'on nous impose des morceaux de leur passé pour justifier leurs actions au présent ne fonctionne pas à tous les coups. Je suppose que le format -on y revient toujours- ne permettait pas de faire autrement. Rajoutez à cela un montage hasardeux et une réalisation un peu trop clinquante, à la limite du toc, qui sont pour le coup impardonnables, et vous obtenez un résultat confus et vraiment pas à la hauteur de la distribution !

   Dans son volet politique, la série s'est montrée très inégale, mais dans son volet familial, elle a réussi à faire quelques merveilles. Encore une fois, elle a utilisé des ficelles classiques, propres à tous les soaps, mais elle n'a jamais versé dans le ridicule pour autant. L'intrigue de T.J., le fils "difficile" de la famille puisque homosexuel ET drogué, m'a beaucoup touché. Elle a toujours permis de relier tous les personnages entre eux, que ce soit pour être à son chevet ou pour le pousser à enfin grandir et changer. Il m'a souvent fait penser à Justin dans Brothers & Sisters. Sebastian Stan a habité son rôle avec conviction, et avouons qu'il est en plus terriblement craquant. Ses quelques scènes un peu osées étaient les bienvenues (il y en a quand même une où un mec sniffe de la coke sur ses abdos !) et étaient d'ailleurs les seules qui ne seraient peut-être passées si Political Animals avait été diffusé sur un network... Celles de l'autre fils, Douglas, le sage qui révèle peu à peu ses failles, étaient plus softs. Mais je me souviens vivement des passages dans l'avion avec Susan, qui étaient ultra hot. L'alchimie entre Carla Gugino et James Wolk crevait l'écran ! Et rien que pour leur "couple", je regrette qu'il n'y ait pas de suite. La petite amie de Doug, Anne, n'a eu aucun intérêt jusqu'au 5ème épisode. Mais pour cela, il a fallu qu'elle fume un pétard avec la grand-mère ! Et c'est surtout cette dernière qui était irrésistible. J'ai vraiment pris du plaisir à voir Ellen Burstyn dans un rôle lumineux, qui la change de ceux qu'elle a tenu dans Big Love ou le film Another Happy Day dernièrement. Certes, le personnage n'a pas été très approfondi et servait surtout de ressort comique, mais elle a eu de belles scènes avec sa fille et T.J. Bref, j'ai beau avoir beaucoup de reproches à faire à la série, elle a au moins réussi l'essentiel : rendre ses héros attachants. Ah et elle a aussi un super générique !

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// Bilan // Désespérément inaboutie, Political Animals est loin d'avoir tenu toutes ses promesses, celles que son excellente distribution laissait présager et celles que son histoire permettait. Tantôt indigeste, tantôt trop légère, elle n'a pas réussi à trouver le ton et le rythme justes, mais elle était en nette progression sur la fin, prouvant qu'elle était capable du meilleur si on lui laissait encore un peu de temps. On se souviendra surtout de sa famille atypique, mais pas si éloignée de n'importe quelle autre; et de ses personnages attachants, avec lesquels on aurait assurément aimé passer plus de temps. De ce "soap politique", on ne retiendra donc que le soap.  

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23 juillet 2012

Political Animals [Pilot]

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Pilot // 2 600 000 tlsp.

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What About ?

Portrait d'une ancienne famille présidentielle en plein désarroi. Divorcée, l'ex-Première Dame Elaine Barrish, devenue Secrétaire d'Etat, s'efforce de garder sa famille unie alors qu'il lui faut constamment affronter des crises au sein du département d'Etat. Elle trouve heureusement une improbable alliée en la personne de Susan Berg, une journaliste qui n'a cessé de s'en prendre à elle tout au long de sa carrière...

Who's Who ?

Drama créé et produit par Greg Berlanti (Everwood, Jack & Bobby, Eli Stone, Brothers & Sisters). Avec Sigourney Weaver (Alien, S.O.S. Fantômes, La jeune fille et la mort, Avatar), Carla Gugino (Karen Sisco, Entourage, Sin City), James Wolk (Lone Star, Happy Endings), Sebastian Stan (Gossip Girl, Once Upon A Time, Black Swan), Ellen Burstyn (L'exorciste, Requiem For A Dream, Big Love), Ciaran Hinds (There Will Be Blood, Munich, Les sentiers de la perdition), Brittany Ishibashi et les participations d'Adrian Pasdar, Dylan Baker, Roger Bart...

So What ?

    Ce qu'il est doux et confortable de découvrir la nouvelle série d'une personne dont on a tant admiré le travail par le passé, dont on partage la sensibilité, mais qui s'est un peu perdu depuis (en voulant se lancer dans le blockbuster de super-héros, par exemple, ou en devenant une machine à projets...). Political Animals est née de l'envie de Greg Berlanti de parler à nouveau de politique dans un contexte familial, comme il l'avait brillamment fait avec Jack & Bobby puis Brothers & Sisters, mais en y ajoutant une certaine vision du féminisme, s'inspirant très largement du parcours atypique d'Hillary Clinton, et en s'installant en partie à la Maison Blanche, ni plus ni moins. Le créateur et producteur n'a certainement jamais eu l'ambition de faire de Political Animals un The West Wing bis. Il n'a pas le talent d'Aaron Sorkin et je suis sûr qu'il le sait très bien. Il a voulu faire un soap politique, et non ce n'est pas un gros mot. Tout ce qui traite de près ou de loin de ce thème n'a pas nécessairement besoin d'être ultra sérieux et réaliste, ou porteur de message idéaliste. Après tout, on accepte assez facilement les comédies qui mettent en scène des politiques, et on en a encore eu la preuve dernièrement avec Veep. Alors pourquoi le soap ne s'y frotterait pas lui aussi avec tous les ingrédients qui en font le sel ? Se lancer dans Political Animals, c'est donc être conscient que l'on ne regarde pas un programme qui vise à nous élever l'esprit ou à façonner notre pensée, mais qui cherche simplement à nous divertir et éventuellement nous émouvoir. Et ça, Greg Berlanti sait très bien le faire. C'est tout ce que je lui demandais...

   ... et je ne peux définitivement pas être satisfait du produit final. Il a ses faiblesses, clairement. Mais comme dans le cas de  Brothers & Sisters, qui n'a pas été dès le premier épisode la merveilleuse série qu'elle est devenue, la marge de progression existe. Le point de départ est bon, les personnages aussi. Il faut maintenant laisser la magie opérer, ou pas. Et voir la série évoluer sous nos yeux, ou pas. La seule différence ici, c'est qu'elle n'a plus que 5 épisodes après le pilote pour convaincre. Pour une raison que j'ai un peu de mal à comprendre, mais qui vient certainement de la frilosité de USA Network, pas prête à s'engager sur le long terme sur un show qui n'est pas dans l'esprit du reste de sa line-up et qui ne correspond pas à sa "politique du ciel bleu",  Political Animals est une mini-série, qui pourrait se transformer en "véritable" série en cas de succès. Ce qui est déjà compromis après les très décevants premiers résultats d'audience. Je ne vais pas me lancer ici et maintenant dans de grandes analyses, mais ce n'était vraiment pas malin de la proposer le dimanche face à Breaking BadThe Newsroom, Weeds, Longmire et Army Wives, pour ne citer que les séries... Ce qui cloche dans ce premier épisode en fin de compte, ce qui m'a vraiment déçu et dérangé venant de la part de Berlanti, c'est le manque global d'émotion. Elle est effleurée à quelques reprises, notamment lorsque Elaine reconnait combien il a été difficile pour son fils de vivre librement sa jeunesse et plus particulièrement son homexualité devant les caméras du monde entier, ce qui l'a visiblement détruit. Mais ça s'arrête là pour le moment. Sans doute parce que les personnages sont sur la réserve, qu'ils ne sont pas du genre à éclater en sanglots à tout moment ou à partir dans une crise de rire interminable, ni même à crier très fort les uns sur les autres. Ils n'ouvrent pas leur coeur facilement. L'effet tire-larmes est donc soigneusement évité cette fois. Le dîner de la famille, par exemple, est très sobre, loin de ceux des Walker dans Brothers & Sisters, qui étaient toujours des scènes d'anthologie. En revanche, sans être d'une efficacité redoutable, l'humour prend une place importante dans les situations et dans les répliques. Elaine Barrish est drôle. Pas tout le temps, uniquement quand elle l'a décidé, mais elle peut l'être. Sa mère, Margaret, pour le coup, ne sert qu'à ça à l'heure actuelle. Elle est indigne, un peu vulgaire. On ne peut que l'adorer. Sa relation avec l'un de ses petits fils est en plus très amusante, très fraîche. Le rôle va à la perfection à Ellen Burstyn, qui a déjà prouvé qu'elle pouvait être excellente dans tous les registres. Celui qui ne me fait pas rire, qui me dégoûte même, mais qui sans doute se croit drôle, c'est Bud Hammond, l'ancien président des Etats-Unis. On a un peu de mal à croire qu'il ait pu accéder à une telle fonction. Il ressemble plus à l'homme politique de seconde zone, bedonnant et grande gueule, qui se croit drôle et qui se sert du pouvoir qu'il représente pour se taper des ambitieuses et/ou des putes. Toute ressemblance avec une ou plusieurs personnes existantes est purement fortuite. Il n'a pas l'air bête cela dit, et il a du charisme en plus, mais ce n'est définitivement pas un personnage qui attire la sympathie et qui correspond à la haute image que l'on se fait de cette fonction. En clair, ce n'est pas Obama du tout. Ni Clinton. Bush ? Là, ça de discute...

   Qu'est-ce qui a bien pu convaincre Sigourney Weaver d'accepter ce rôle alors qu'elle a longtemps refusé de faire de la télévision, au-delà du fait de s'inscrire dans la tendance donc ? Peut-être est-elle proche de Berlanti, à qui elle avait déjà fait l'honneur d'apparaitre brièvement dans Eli Stone ? Peut-être qu'elle admire tout simplement son travail et qu'elle a vraiment trouvé le script bon ? Peut-être que son fantasme de jouer un personnage d'une telle envergure a été plus fort que tout ? Ce qui est sûr, c'est que sans elle, quelque soit celle qui aurait été à sa place, Political Animals n'aurait pas eu le même goût. C'est un euphémisme que de dire qu'elle crève l'écran. C'est même presque ridicule de le signaler, tant ça semble évident et tant elle n'a plus rien à prouver depuis longtemps. Mais il fallait que ce soit dit. Face à elle, Carla Gugino est loin de démériter. Elle est même très convaincante et toutes les scènes qu'elles partagent sont intenses. Ce sont les mieux dialoguées, les plus soignées et les plus prometteuses aussi. Cette alliance incrongrue a un potentiel fou et j'espère qu'il sera exploité à fond. C'est forcément par ce biais-là que la série deviendra meilleure, plus riche. Evidemment, les membres de la famille auront tous un rôle important à jouer, notamment le fils parfait, dont on attend de découvrir les failles avec impatience; sa future femme, dont la boulimie n'est pas la piste la plus excitante ni amibitieuse qui soit j'avoue; le jeune Thomas, qui apporte déjà beaucoup au pilote; et puis cette histoire qui n'est pas terminée entre Bud et Elaine. Qu'éprouvent-ils encore vraiment l'un pour l'autre ? Plusieurs figures politiques, dont l'actuel président et ancien rival de notre héroïne, ne sont pas en reste. Les jeux de pouvoir, qui ont toujours été au coeur du soap, sont un terrain plus que fertile en politique. 

   Political Animals manque encore un peu de caractère, coincée entre son envie de plaire au plus grand nombre et, surtout, au public de USA Network -qui ne demande qu'à être diverti- et son désir de profondeur dans l'exploration d'un univers qui manque par principe cruellement de fantaisie. De ce paradoxe est née une saga à la distribution parfaite mais à la réalisation trop commune. Pourtant, tout porte à croire que cette (mini) série a toutes les clés en main pour devenir passionnante, addictive et... meilleure !

How ?

 Le pilote dans son intégralité :

 

16 février 2009

Big Love [3x o4]

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On Trial // 1 9oo ooo tlsp.

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   Décidément, cette 3ème saison de Big Love est une merveille ! Ce qui m'hallucine le plus, c'est de réussir avec un casting aussi fourni à faire en sorte que chaque personnage ait son mot à dire et son rôle à jouer. L'heure du grand procès est arrivé et tous les éléments sont réunis pour faire monter la pression. Jusqu'au dernier moment on se demande quelle issue il va avoir. Adaleen se démène pour déjouer les plans de Bill et elle réussit à convaincre Rhonda, dans un ultime rebondissement, à ne pas témoigner. A partir de ce moment-là, ça sent très mauvais. Et effectivement, Roman s'en tire avec une facilité déconcertante. C'est presque décevant mais je suis sûr que les scénaristes nous réservent encore quelques surprises. Le plus intéressant dans tout ça, c'est l'implication de Nicky. Elle a de plus en plus de doutes sur Roman et ne sait plus très bien à quel saint se vouer. Elle aide Adaleen et elle s'amuse comme une petite folle mais elle est de moins en moins à l'aise, elle se pose pas mal de questions. Après le verdict, elle pousse son père dans les escaliers comme pour lui dire que c'était la dernière fois qu'elle lui sauvait la mise, il en a trop fait. Je me demande maintenant quelle va être la réaction es Henrickson, de Bill et des sister wives, quand ils vont apprendre qu'elle a aidé son père. Vont-ils l'apprendre déjà ? La question se pose. A termes, ça devrait arriver. Mais dans combien de temps ? Je me dis que s'ils l'apprennent, Nicky sera chassé de la maison définitivement. Bill ne pourra jamais lui pardonner et comme en plus elle ne veut plus faire l'amour, ni faire d'enfant (précisons que ce deuxième est dépendant de ce premier), c'est mal parti pour elle. 

   Tandis que Barb s'inquiéte des finances de l'entreprise, Margene essaye toujours d'exprimer sa souffrance de diverses manières. Dans une superbe scène, elle danse jusqu'à plus soif. Dans une autre, très drôle, elle débarque au petit-déjeuner, teinte en blonde. Ca ne lui va pas du tout et Nicky ne se gêne pour le faire remarquer. "You look like a slut !". Ces moments de comédie font toujours mouche car ils arrivent quand on s'y attend le moins et ils sont utilisés avec parcimonie. Je suis un peu déçu concernant Loïs, elle n'a pas tué Frank. En revanche, elle s'est enfuit de Juniper Creek et la voilà maintenant à habiter temporairement chez les Henrickson. Ca peut donner de très bonnes choses pour la suite et sa confrontation avec Nancy était déjà pas mal dans le genre ! Grace Zabriskie face à Ellen Burstyn, c'est quand même superbe ! Le cas Sarah est loin d'être résolu et la jeune fille a dans l'idée de faire adopter son enfant. Elle va à la rencontre d'un couple pour le moins étrange -l'homme est homosexuel et fait tout pour réprimer ses pulsions sexuelles- mais ce qu'elle cherche, c'est une famille normale. Mais est-ce que ça existe les familles normales au fait ? Plus normales que les Henrickson, c'est certain en tous cas. Le seul gros bémol que j'aurai à faire sur cet épisode, c'est la demande en mariage ridicule et précipitée faite à Ana. A oublier !

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// Bilan // Big Love est constante dans l'excellence.

09 février 2009

Big Love [3x o3]

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Prom Queen // 1 5oo ooo tlsp.

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   "Foreveeeer Young ... I Want To Be ... Foreeeever Young (...)" Voilà un classique qu'aucune série ne nous épargne. Quand il s'agit de parler du temps qui passe, de l'adolescence qui s'enfuit, cette chanson arrive sans crier gare et on se prend de nostalgie à chaque fois. Terminer l'épisode sur cette magnifique scène entre Sarah et Ben était une belle idée. La mise en scène, grâce au soleil qui se couche, est superbe. Et puis l'aveu de Sarah à son frère est forcément touchant. Elle est enceinte, elle voulait lui dire, mais elle ne veut pas en parler davantage. Ce n'était pas le seule scène belle et marquante de l'épisode. Lorsque Margene essaye par tous les moyens d'ôter de sa vue ce qu'il reste de sa mère, dont elle vient tout juste d'apprendre la mort, c'est également très émouvant. Là aussi, la jolie musique aide mais c'est surtout la mise en scène et les expressions de l'actrice -Ginnifer Goodwin- qui font tout le travail. Peut-être que les sentiments de Margene envers sa mère auraient mérité d'être davantage appronfondis, et ce sera peut-être le cas plus tard, mais cette scène se suffit presque à elle-même. Celle où toute la famille se réunit pour dire un dernier adieu à cette femme qu'ils connaissent finalement si peu est importante aussi. Et Amanda Seyfried nous offre un joli moment musical de sa douce voix ...

   Dans un autre style, plus brut, Loïs a bien l'intention de tuer son cher mari. Dès le départ, on sent bien qu'elle n'ira pas jusqu'au bout, et c'est un peu dommage. Mais si le téléphone n'avait pas sonné à ce moment fatidique, serait-elle allée jusqu'au bout ? Je le crois. Frank a eu chaud. Elle le retient toujours prisonnier pour le moment ceci dit. Grace Zabriskie est une putain d'actrice tout de même. Elle a le don pour rendre chacune de ses scènes très intenses. Elle habite son personnage à merveille. Elle fait peur et elle touche en même temps. Lorsqu'elle fond en larmes, on découvre une autre Loïs, peut-être la vraie. Je ne sais pas qui est exactement cette Maggie. En a-t-on entendu parler auparavant ? Les deux premières saisons sont loin ... Si j'ai bien compris, c'est soit une sister wife de Loïs, soit une de ses filles. Toujours est-il qu'elle s'est suicidée à cause de Roman Grant. Wanda a bien failli en faire autant même si ce n'est pas directement à cause de Roman mais par dommage collatéral. Le personnage de Kathy a enfin pris de l'ampleur grâce à son secret. Un secret qui pourrait bien être fatal à Roman. Nicky commence enfin à se rendre compte du mal que peut représenter son père. Ne nous amène-t-on pas doucement vers un retournement de situation qui consisterait à la faire témoigner contre son père ?

   Débarrassée de son cancer, il fallait bien trouver quelque chose à faire à Barb. Ce sera donc le retour de sa soeur qui s'est lancée dans une chasse contre les jeux d'argent, ça tombe à point donné quand Bill se lance dans dans le business des casinos ! Pour l'instant, ça n'a pas grand intérêt. A part peut-être celui de voir Ellen Burstyn. Bill a d'autres problèmes : Ana l'a trompé. Juste un one-night stand. Bizarrement, Barb la supporte et Bill finit par lui pardonner. Je la sens de moins en moins Ana ...

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// Bilan // Une excellente mise en scène et beaucoup de musique, voilà deux ingrédients qui rendent cet épisode de Big Love assez singulier. On ne s'ennuie toujours pas le moins du monde. Quelle série et quels acteurs !