27 février 2014

The Mysteries Of Laura [Pilot Script]

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THE MYSTERIES OF LAURA

Drama // 42 minutes

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Ecrit par Jeff Rake (The $treet, Miss Match). Produit et réalisé par McG (Chuck, The OC, Supernatural). Adapté de la série espagnole Los misterios de Laura. Pour Warner Bros. Television, Greg Berlanti Productions & Kapital Entertainment. 62 pages.

Laura Diamond, détective d'exception à l'esprit délicieusement dérourant, n'est pas du genre à se laisser malmener, que ce soit par son co-équipier ou par les suspects de ses enquêtes. Toujours à 200 à l'heure, elle doit aussi faire face au chaos constant de sa vie personnelle : maman de jumeaux très turbulents, elle est en pleine instance de divorce et son futur ex-mari, un grand gamin, ne lui facilite jamais la tâche...

Avec Debra Messing (Will & Grace, Ned & Stacey, Smash), Laz Alonso (Breakout Kings, Avatar), Josh Lucas (The Firm, Hulk)... (casting en cours)

 

    Au cas où vous vous poseriez la question : non, Laura ne cache aucun secret, aucun grand mystère. Le titre de la série fait uniquement réfèrence à ses enquêtes et les questionnements qu'elles impliquent. Point donc de fil rouge qui s'annonce, si ce n'est son divorce et la tention sexuelle palpable entre elle et son co-équipier de longue date. The Mysteries Of Laura est une série policière concoctée pour la ménagère de moins de 50 ans, avec exactement tous les ingrédients qu'elle attend. Ou que l'on suppose qu'elle attend. On ne sent pas derrière ce projet une quelconque ambition artistique mais plutôt une commande, sentiment renforcé par le fait qu'il s'agisse du remake d'une série espagnole qui cartonne. Vous imaginez bien : une flic qui est aussi une mère, c'est un concept super original. On se demande du coup pourquoi NBC n'a pas tenté d'adapter Julie Lescaut y'a 20 ans ? Aucun scénariste américain n'avait sans doute pensé à ça. Remarque, c'est honnête de la part de la chaîne. Elle aurait pu voler le concept et ne rien adapter officiellement. Personne ne se serait rendu compte de rien ! Cela étant dit, je n'ai pas envie de tirer sur l'ambulance. La série part avec un sérieux handicap -un pitch on ne peut plus basique et pas excitant le moins du monde- mais le pilote est agréable à lire. Il est lumineux, positif. Il s'en dégage une belle énergie. Notons cependant qu'il va devoir être légèrement modifié...

    Debra Messing ayant été castée dans le rôle titre, la production n'aura plus lieu à Los Angeles, ville où se déroule l'action, mais à New York, ville de coeur de l'actrice qui refuse de passer de la Côte Est à la Côte Ouest, d'autant qu'elle a une petite carrière du côté de Broadway. Les caprices commencent ! Mais il est impossible de faire passer New York pour Los Angeles donc je suppose que l'histoire se déroulera désormais dans la Grosse Pomme. Et ça change quand même pas mal l'ambiance, très solaire. Il y a par exemple une scène très amusante où l'enquête force Laura et Billy -le fameux co-équipier- a faire un tour du côté de la piscine d'un country-club, avec port du bikini et du boxer obligatoire ! C'est adaptable à New York, mais alors il faut que ça se passe pendant l'été, ou en intérieur. Et c'est déjà moins sympa. Il y a plein de petites choses comme ça qui vont devoir changer. Mais en gagnant Debra Messing -que j'imagine tout à fait dans la peau du personnage même si c'est triste de la voir jouer une représentante de l'ordre, de rentrer dans le rang, on en conviendra tous- le pilote n'a pas tout perdu ! Son gros pouvoir de séduction à elle, c'est l'humour. Et Laura est vraiment  une femme très drôle ! Elle a de supers répliques, certaines sont même un peu osées et j'espère que NBC ne cherchera pas à les couper. A un suspect qui ne veut pas obéir aux ordres, elle répond : "How about you either go back inside for questioning, or we’ll be happy to swing by your house, pick up whatever items you need, and you can prep all night long in lockup with the gangbangers and the meth heads. It’s very safe. We provide condoms." Et Billy ajoute : "Actually, we're out of condoms". Le duo fonctionne à merveille et on rit beaucoup ! Qu'on se le dise : The Mysteries Of Laura est super fun.

   De ce fait, l'enquête du jour est traitée sur un ton essentiellement comique, avec des vannes constantes, du second degré, quelques gimmicks sont même installés. De temps en temps, Laura reprend son sérieux, mais ça ne dure pas longtemps et son optimisme ne la quitte jamais. Sa grande bouche non plus ! Certains trouveront sans doute que l'ensemble est du coup trop léger. Il est vrai que le problème qui se pose en fin de compte, c'est que pour que l'on s'intéresse vraiment au cas du jour, il faudrait que l'on y trouve une émotion quelconque, un attachement. Or, on se fiche encore plus que dans n'importe quelle autre série policière du meurtre et du couplable ! Le scénariste est notre complice : il nous fait clairement comprendre que lui n'en a rien à faire non plus. Ce qui l'intéresse, c'est de nous divertir avec son humour et toutes les scènes qui ne concernent pas l'enquête et qui sont heureusement nombreuses et je dirais même majoritaires. Du coup, la mécanique est simplissime et même si le dénouement surprend fortement, on subit l'enquête, on ne la vit pas. Les séquences familiales marchent par contre très bien même si elles risquent vite de tourner en rond. Il va falloir agrandir le monde de Laura, qui se résume à ses enfants et son ex-mari. On ne peut pas en tirer 22 épisodes. Pas même 13 convaincants. 

   The Mysteries Of Laura est une dramédie policière presque trop légère, qui possède un gros capital sympathie et qui est capable de faire passer un bon moment de façon hebdomadaire, mais qui ne fait preuve d'aucune originalité, d'aucune ambition, hormis celle de faire rire. Elle aurait pu naître il y a 10, 15, 20 ans. Peut-être offrira-t-elle un bonheur simple à ses potentiels futurs fans. Ce ne serait pas honteux.

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29 septembre 2012

Partners [Pilot]

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Pilot // 6 560 000 tlsp.

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What About ?

Partenaires en affaires et amis de longue date, Charlie et Louis - l'un est gay et l'autre hétéro - sont engagés chacun de leur côté dans une relation de couple sérieuse. Soit quatre personnes impliquées dans trois relations...

Who's Who ?

 Sitcom créée par David Kohan et Max Mutchnick (Will & Grace, Good Morning Miami).Avec David Krumholtz (Numb3rs), Michael Urie (Ugly Betty), Sophia Bush (Les Frères Scott), Brandon Routh (Chuck, Superman Returns), Tracy Vilar...

What's More ?

Les créateurs se sont basés sur leur propre expérience pour écrire la série. Eux aussi sont meilleurs amis et partenaires professionnels de longue date, et l'un est hétéro, l'autre homo.

Le projet leur a toujours tenu énormément à cœur, si bien que la version 2012 est en réalité leur troisième tentative ! En 2007 d'abord, ils produisent un pilote sans titre pour CBS qui raconte le quotidien de deux scénaristes, l'un hétéro, l'autre homo, et de leurs assistants sexy. On retrouve au casting Brian Austin Green, Jay Mohr et Jessica Capshaw. La chaîne n'est pas convaincue et ne donne pas suite. Le duo retente sa chance la saison suivante, en 2008, mais pour ABC cette fois. A nouveau, un pilote est commandé et il porte un titre : Fourplay. L'histoire est plus proche de celle de Partners et met en scène Alan Tudyk, Ty Burrell et Josh Cooke dans les rôles principaux. Là encore, le projet n'est pas commandé en série. La chance leur sourit finalement 4 ans plus tard avec CBS.

Le concept de Partners peut paraître original et pourtant, une série portant le même nom et racontant une histoire similaire a été proposée en 1995 sur la FOX. Elle n'a pas rencontré le succès et n'a duré qu'une saison mais les similitudes sont frappantes : les deux héros, meilleurs amis, joués par Jon Cryer et Tate Donovan, étaient aussi architectes et la copine de l'un d'entre eux se prénommait également Alicia ! De plus, le réalisateur du pilote était le même que celui dePartners : James Burrows. Les créateurs n'ont pas caché qu'ils étaient fan dushow et qu'elle les a inspirés. Faute avouée à moitié pardonnée ?

L'excellente Molly Shannon faisait partie du premier pilote tourné, mais elle a été éjectée de la deuxième version. L'assistante, RoRo, prévue en tant que régulière au départ n'est finalement plus que récurrente.

(AlloCiné)

So What ?

    L'expression anglaise "Third Time's the charm" ne s'applique définitivement pas à Partners. C'est la troisième fois, comme vous avez pu le lire ci-dessus, que le duo de créateurs tente de mettre sur pied ce concept, il est vrai, assez alléchant sur le papier. Pour la première fois, ils ont réussi à obtenir une commande en série. Je me demande si les précédentes versions étaient vraiment pires que celle-là... Partners est en tout cas la preuve vivante qu'une bonne idée de départ ne suffit pas pour faire une bonne série. Pourtant, s'il y a bien des scénaristes qui paraissaient capables d'en faire un hit, c'est eux,  les têtes pensantes de l'hilarante Will & Grace. Analysons donc le pourquoi du comment de cet échec, que je ne qualifierai toutefois pas de "cuisant" car je n'ai pas passé un moment profondément désagréable en compagnie de Louis et Charlie.

   D'abord, c'est inévitable, il le faut le dire : Partners aurait pu naître à la fin des années 90 ou au début des années 2000. Elle ne porte aucune trace de modernité en elle -ce qui est en profond désaccord avec le propos- et cela ne vient pas uniquement de son format multicaméra. Regardez 2 Broke Girls, elle sonne très actuel malgré ce "handicap". Ou regardez Hot In Cleveland, elle a su en faire un atout pour jouer sur la nostalgie de la bonne vieille sitcom "réconfortante" où les vannes fusent pour notre plus grand plaisir. Ici, le manque de rythme est flagrant et les bonnes blagues font vraiment défaut. Il y en a quand même deux ou trois, qui font volontiers sourire, mais ce n'est pas suffisant. Et puis, surtout, les créateurs n'hésitent pas à faire du recyclage. Vous vous souvenez quand Jack se frottait avec gourmandise aux seins de Karen dans Will & Grace ? Eh bien Louis fait pareil avec son assistante, RoRo. Et je ne connais pas cette Tracy Vilar mais elle a encore du chemin à parcourir avant d'arriver ne serait-ce qu'à la cheville de Megan Mullally... Bref, j'espère que c'était plus un hommage, un clin d'oeil, qu'un manque d'inspiration. Je ne parle même pas des références datées ou épuisées (West Side Story, Clay Aken...), qui n'aident vraiment pas à se sentir à l'aise !

    Ensuite, la distribution laisse franchement à désirer. Le meilleur, sans conteste, c'est Michael Urie, qui fait du Michael Urie certes -ou du Marc St James (Ugly Betty) si vous préférez- mais qui parvient à rendre son personnage extraverti parfaitement attachant en une vingtaine de minutes seulement. Les meilleures répliques sont les siennes. On nage en plein cliché, bien entendu, mais ce n'est pas un problème pour moi. J'adore The New Normal après tout ! Je suis déjà moins convaincu par David Krumholtz, mais c'est plus son personnage, pas très intéressant, sans relief, que l'acteur qui en est à mon avis responsable. Globalement, le duo fonctionne bien en tout cas. Si Partners n'était centrée que sur eux deux, on passerait presque un bon moment ! Sauf que ça se gâte quand leurs deux moitiés respectives entrent en scène. Sophia Bush n'est pas une bonne actrice de drama -mais il est vrai que jouer pendant tant d'années dans un mauvais drama n'aide pas à démontrer l'étendue de son talent- et apparemment pas une bonne actrice de comédie non plus ! Elle est sans doute très sweet, et elle est mignonne comme tout, et sa voix rauque a du charme, tout ça je veux bien l'admettre. Mais elle n'est pas drôle ! Elle n'est pas Debra Messing. Le clou du spectacle, on le doit à Brandon Routh. Le voir dans Partners, ce n'est pas seulement se dire qu'il n'est pas du tout au place, c'est aussi réaliser que sa carrière suit une trajectoire tragique : il est passé de nouveau Superman et gros espoir d'Hollywood à second rôle dans une sitcom classique et pas drôle. 

   Enfin, pointons du doigt le plus gros problème de ce pilote : il ne possède aucune subtilité. Je ne parle pas de subtilité dans l'humour, car ce n'est pas un gage d'hilarité, mais de subtilité dans la présentation des personnages et de leurs relations. Pourquoi les faire dire "Ah ah ah... Louis et Charlie se comportent comme un petit couple... et ah ah ah, ils oublient qu'ils sont déjà en couple... et ah ah ha, on est donc quatre personnes impliquées dans trois relations ! Gros LOL ! Cheers !". Pourquoi ne pas simplement nous montrer sans le souligner combien ils sont unis les uns aux autres, bon gré mal gré, et combien cela peut être amusant pour nous de suivre leurs aventures semaine après semaine ? Le simple fait de mettre dès le pilote Louis et Charlie au bord de la rupture professionnelle et amicale gâche tout. 

   Partners est une association vouée à l'échec, on ne peut plus décevante. Elle manque de tout : d'humour, de légèreté, de folie, de modernité, de subtilité... et son casting finit de gâcher le peu de potentiel qu'il lui restait. Le "Will &... Jack" du pauvre en quelque sorte !

What Chance ?

La série a pris un si mauvais départ qu'il semble peu probable que 1/ Elle monte en puissance au fur et à mesure 2/ CBS le lui en laisse la chance. Ce sera sans doute la première nouvelle comédie annulée cette saison !

How ? 

Le générique vachement sympa de Partners

22 mai 2012

Smash [Saison 1]

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Saison  1 // 6 730 000 tlsp. en moyenne

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   Si j'ai bien compris, il est de bon ton de dire beaucoup de mal de Smash après en avoir dit beaucoup de bien. Me voilà sacrément embêté : j'avais adoré le pilote (la preuve), dois-je dire que la suite m'a déçu et, qu'en fait, Smash est une mauvaise série ? Désolé, mais ça ne va pas être possible ! Je peux reconnaître à la limite que la série musicale n'est pas la perfection incarnée et qu'elle n'a pas atteint la grandeur espérée mais qu'elle est mauvaise, qu'elle s'est vautrée dans la fange, qu'elle ne méritait même pas une saison 2, certainement pas ! Je crois que ce que la plupart des téléspectateurs ont découvert avec horreur en cours de route, c'est que Smash est un soap opera déguisé en série "quali". Ou une série "quali" qui utilise les ressorts dramatiques classiques du soap opera : rencontre - amour - sexe - trahison - vengeance. Sauf que ce serait très injuste de la réduire à cela...

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   La qualité première de cette saison inaugurale, et qui est à mon sens la plus importante et le plus gros défi auquel elle était confrontée aussi, c'est celle d'avoir réussi à nous montrer les différentes étapes de la préparation d'une nouvelle comédie musicale de Broadway avec panache, fluidité et ce qui ressemble à de l'authenticité. C'est un gage de qualité que la créatrice et showrunner Theresa Rebeck ne pouvait qu'apporter vu son expérience dans le milieu. Je crois que de ce point de vue-là, Smash a fait un sans faute : des phases de casting aux premières répétitions, en passant par les problèmes de financement,  les conflits d'ordre artistique, les previews et tellement plus encore, on a été immergé en coulisses aux coté de tous ces gens talentueux, producteurs, compositeur, parolier, metteur en scène, chorégraphe, acteurs, chanteurs, danseurs, techniciens (bon ok, eux se sont faits plus discrets)... On a vécu leurs galères, leurs crises de foi et leurs joies de l'intérieur. Ca, c'était absolument passionnant, instructif et réjouissant ! Les réunions de crise par exemple étaient de super moments, de même que la complicité indéfectible entre Julia et Tom. L'entrée en scène d'une "movie star" incarnée par Uma Thurman (excellente mais vraiment pas faite pour interpréter Marilyn) a permis de bousculer le désordre déjà bien établi au cours des derniers épisodes avec brio. Rebecca Duvall ne correspondait pas exactement au cliché de la diva auquel on pouvait s'attendre. Une bonne surprise, donc. Sa sortie, très discréte, était toutefois nécessaire pour avancer. Elle n'était qu'une distraction, un obstacle, avant de passer aux choses sérieuses et relancer la rivalité entre nos deux héroïnes, Karen et Ivy, après quelques moments de complicité certes très amusants, comme la nuit alcoolisée sur Time Square, mais forcément passagers. 

   Etes-vous plutôt Team Karen ou Team Ivy ? Les fans se sont divisés en deux camps et j'ai choisi pour ma part celui de la blonde pulpeuse, à la base parce qu'elle me semblait être l'incarnation de Marilyn la plus fidèle, ensuite parce que c'est celle dont le parcours m'a le plus touché. Sans compter mon penchant naturel pour les garces. Et clairement, elle en est une belle, surtout dans les deux derniers épisodes ! Mais ce n'est pas la bitch que l'on adore détester, c'est la bitch qui fait un peu pitié dans le fond et que l'on a envie de réconforter quand les lumières s'éteignent. On oublie souvent qu'on ne naît jamais vraiment bitch mais qu'on le devient. Et c'est sa transformation à laquelle on assiste. A force de se prendre des claques dans la tronche et de toutes parts (sa mère, Derek...) elle réplique. Elle n'est pourtant pas à l'aise avec ses choix et plonge peu à peu dans la solitude et une détresse infinie. Son acte désespéré dans le final la rapproche forcément de Marilyn. Il arrive parfois qu'un acteur finisse par mélanger sa propre vie et son rôle, surtout quand il s'agit d'un torturé, ici d'un mythe. Ivy illustre parfaitement cette dérive, cet abandon de soi-même. J'essaye de vous convaincre, en gros, qu'elle est mille fois plus complexe et donc intéressante que cette chère innocente et douce Karen, qui n'a finalement pas vécu grand chose, qui a eu beaucoup de chance même si tout le monde n'a pas été tendre avec elle, même si tout n'a pas été simple, et qui termine la saison en gagnante, par K.O. Attention, je ne la déteste pas ! Elle a également su me toucher régulièrement. Mais j'ai du mal à comprendre comment le public peut être à ce point hypnotisé à chacun de ses passages sur scène (d'autant que Katherine McPhee a beau être extrêmement douée, c'est dans le domaine de la pop qu'elle est le plus à l'aise). Je comprends davantage la fascination qu'elle peut excercer sur Derek, d'autant que, contrairement à Ivy, elle a toujours refusé jusqu'ici de s'offrir à lui. Si elle avait accepté ses avances dès les premiers instants, il ne brûlerait plus de désir pour elle depuis longtemps... 

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   Si Karen et Ivy ont été très présentes pour des raisons évidentes tout au long de la saison, plusieurs personnages de cette large distribution ont su tirer leur épingle du jeu, à commencer par Derek. Tout était fait pour qu'on le déteste, cet homme-là, et pourtant, on s'est attaché à lui. Je ne peux pas dire que je l'adore et son comportement a souvent laissé à désirer mais on ne peut qu'admirer, au bout du compte, toute l'étendue de son talent. Il est odieux, comme les plus grands génies. On lui fait confiance. Ellis, c'est un peu tout l'inverse. Il n'a pas de talent artistique particulier à notre connaissance mais il est un manipulateur hors-pair ! C'est ça son talent finalement, ainsi que celui de jouer avec nos nerfs. Bien des complications ont eu lieu à cause ou grâce à lui. Il est un moteur scénaristique indéniable et je vois mal les auteurs s'en passer en saison 2. Ce qui serait super, par contre, c'est de ne plus le limiter à ses sales coups et de nous le montrer sous un jour différent car il ne peut pas être que le Diable. Eileen, de son coté, est un excellent personnage qui a connu une belle évolution au fur et à mesure mais que l'on aimerait plus souvent voir taper du poing sur la table, autrement qu'avec son ex-mari. Elle a eu quelques coups de sang mais ce n'est pas encore assez à mon goût. Trop souvent, on nous l'a montré avec son petit ami un peu voyou sur les bords, comme une gamine de 12 ans fascinée par le danger. Je trouve que c'est réducteur pour le personnage et réducteur aussi pour Anjelica Huston qui a plus à offrir, assurément. Toujours est-il que dès qu'elle entre en scène, elle dégage un charisme énorme et plus rien d'autre n'existe qu'elle.

   Et il me faut maintenant entrer dans le vif de la polémique : y'a-t-il eu trop d'histoires de coeur développées dans la première saison de Smash, au détriment d'intrigues plus importantes touchant à la comédie musicale en elle-même ? Il est vrai que les rapports humains dans la série ont trop souvent été réduits à des rapports amoureux et/ou sexuels, amicaux de temps en temps, mais pas bien plus. Karen et Dev ont systématiquement gâché l'ambiance avec leurs scènes répétitives et leurs dialogues identiques épisode après épisode. Mais ça, franchement, on le sentait venir dès le pilote et ça n'a pas raté. Entre Julia et son mari, et le fameux Michael Swift qui était à frapper par moment, il y avait un peu plus de place pour la nuance. C'était un peu ennuyeux parfois, on tournait trop en rond, mais il en est toujours ressorti de belles émotions, notamment avec le fils, Leo. Il n'a pas été atteint de la malédiction habituelle de l'ado insupportable et tête à claque, fils de l'héroïne. Debra Messing, de son coté, a été géniale. Comme prévu. Les affaires sentimentales de Tom ont été largement traitées mais pas avec le soin que j'attendais. Le personnage ne m'a pas inspiré beaucoup de sympathie. Il a traité John comme une merde, et son histoire avec Sam est mignonnette mais elle ne fait chavirer personne, il me semble. Peut-être parce qu'il n'y a pas d'alchimie particulière entre les acteurs. En revanche, la relation entre Ivy et Derek était passionnante à suivre, faite d'allers et de retours incessants mais pas lassants. Là, il y a une alchimie. Là, il se passe définitivement quelque chose de puissant. Les choses se sont un peu gâtées sur la fin, soyons francs. Faire coucher Ivy avec Dev était too much et faisait, pour le coup, soap opera un peu bas de gamme. Au final cette dimension de la série ne m'a pas dérangé, au contraire. Mais elle aurait pu être mieux maîtrisée et se faire plus subtile parfois.

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   Last but not least, du coté des morceaux et des chorégraphies, on peut dire que l'équipe a réalisé un travail tout à fait incroyable. Bombshell, la comédie musicale, a pris vie sous nos yeux et dans nos oreilles de la plus belle manière qui soit. Qui ne s'est pas surpris à fredonner Let Me Be Your Star pendant sa journée de travail ? Qui ne s'est pas repassé certaines scènes comme le fameux Twentieth Century Fox Mambo ? Et qui n'a pas été ébahi devant le Smash façon Bollywood, qui était totalement gratuit, c'est vrai, mais carrément grandiose ?! Je prie pour que Bombshell voit vraiment le jour à Broadway à terme. Ce serait dommage que tout le travail fourni se limite à la série. Ce qui a davantage laissé à désirer, c'est cette régle d'une chanson contemporaine et populaire par épisode. Les choix n'étaient pas toujours judicieux, les interprétations rarement à la hauteur des versions originales et les prétextes la plupart du temps complètement bidons ! Mais pour des raisons purement marketing et en sachant que Glee est passée par là, je comprends tout à fait la manoeuvre. J'espère cependant qu'elle sera moins systématique en saison 2, d'autant que Smash n'a pas affolé les charts digitaux. Question de public...

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// Bilan // Réussite musicale et visuelle totale, Smash a quelques progrès à faire du coté de ses scénarios, trop souvent centrés sur des affaires de coeur banales. Tout est réuni pourtant, des personnages à leur interprètes, pour en faire une très grande série. En se débarrassant de la créatrice et en faisant appel à l'ancien showrunner de Gossip Girl, NBC n'envoie-t-elle cependant pas le mauvais message au public pour la saison 2 ? Il semblerait bien que les problèmes ne font que commencer... Si Smash parvient à rester bien meilleure que Glee, ce sera toutefois déjà une satisfaction. Et elle a une très confortable avance !

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07 février 2012

Smash [Pilot]

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Pilot // 11 500 000 tlsp.

Article paru à l'origine le 22 Janvier 2012

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What About ?

 Des artistes new yorkais aux égos parfois surdimensionnés, qu'ils soient compositeurs, paroliers, chanteurs, chorégraphes, s'unissent pour créer un spectacle musical à Broadway basé sur la vie de Marilyn Monroe. L'occasion de découvrir la mise en place et les coulisses d'un événement d'une telle ampleur, entre une productrice peu commode, une phase de castings compliquée où tous les coups sont permis, des répétitions harassantes... le parcours du combattant commence !

Who's Who ?

 Créée par Theresa Rebeck (New York Police Blues, New York Section Criminelle, Canterbury's Law). Produite par Steven Spielberg. Avec Debra Messing (Will & Grace), Jack Davenport (FlashForward), Anjelica Huston (La Famille Adams), Katharine McPhee (American Idol), Megan HiltyChristian Borle, Brian D'Arcy James, Raza Jaffrey...

So What ?

    Smash est l'une des dernières nouveautés à être lancée cette saison 2011/2012 (The River, Awake, Good Christian Belles... suivront prochainement), et il se pourrait bien qu'il s'agisse aussi de la meilleure de toutes, si l'on met les séries du câble à part (donc Homeland, Enlightened...). D'ailleurs, elle en partage l'exigence, ce qui n'est pas étonnant quand on sait qu'elle a été développée à la base pour Showtime par l'actuel président de NBC. A aucun moment ce pilote ne tombe dans la facilité. Il commence par exemple de manière très sobre, outre la petite "blague" d'ouverture que tout le monde avait malheureusement déjà vu dans les bandes-annonces, en entrant dans l'intimité de Julia, l'une des héroïnes, une quarantenaire mariée, un enfant, qui cherche à en adopter un deuxième, compositrice chevronnée qui a toujours rêvé de mettre en scène la vie de Marilyn Monroe et qui se décide enfin, malgré le mauvais timing, à se lancer dans cette aventure avec son meilleur ami et fidèle collaborateur. On est instantanément touché par son histoire, simple,  réaliste, qui promet de beaux moments de drama que Debra Messing saura soutenir avec talent. Puis les événements s'enchaînent rapidement afin de nous amener à la première phase de casting pour trouver LA bonne Marilyn et, à partir de ce moment-là, ce premier épisode s'emballe et nous dévoile tout le potentiel de la série. 

   On ne le dira jamais assez : il n'y a pas de bon drama sans bons personnages. Ca n'existe pas. Dans ce pilote, aucun ne peut nous laisser indifférent. Vraiment aucun. Et pas juste parce qu'ils sont drôles ou énervants ou touchants. Non, avant tout parce qu'ils vivent, ils existent, ils sont. On pourrait leur reprocher d'être des caricatures, chacun à leur façon, mais existe-t-il un milieu plus caricatural que celui du show business et plus particulièrement de Broadway ? Fantasmés ou réels, ils ont tous quelque chose en eux qui donnent envie de les suivre longtemps dans leur quête de gloire, de reconnaissance, de richesse... et d'amour, surtout d'amour. Même le petit assistant malin que l'on ne voit pas beaucoup a du potentiel. Une bonne partie de ce premier épisode et sans doute de cette première saison -que l'on n'espère pas être l'unique- est centrée sur la rivalité entre Karen, la douce mais pas si naïve débutante incarnée par la fantastique Katharine McPhee, indéniablement une star en puissance qui incarne... une star en puissance, et Ivy, l'expérimentée lassée des seconds rôles qui souhaite qu'on lui laisse enfin la chance de briller. On a forcément une tendance à s'attacher plus facilement à la première, parce qu'on sent qu'elle est profondément bonne et qu'elle ne nous décevra jamais, mais la seconde est très touchante aussi dans sa démarche et sa ressemblance avec Marilyn en fait une candidate idéale. Sauf que l'on sait pertinemment qu'elle est prête à écraser sa concurrente de tout son poids ou de la torturer au cours d'une séance de vocalises extrême, pour décrocher le rôle. Elle pourrait donc faire une excellente bitch, émouvante à ses heures perdues, mais pas une grande et belle héroïne qui fait rêver plusieurs générations de femmes. Le passage chorégraphié exécuté par Megan Hilty et ses danseurs, sous la direction du vilain chorégraphe qui n'est sans doute pas si mauvais dans le fond, avait de quoi faire palir bien d'autres séries et films musicaux. C'était impressionnant ! Les passages chantés, heureusement peu nombreux, étaient eux aussi très réussis, notamment les créations originales qui se mêlent parfaitement aux grands classiques si bien qu'un aficionados des comédies musicales ne saurait pas faire la différence entre les deux. Le montage alterné entre les deux stars en devenir lors de leurs auditions respectives est le meilleur moment de ce pilote, d'une puissance rare.

   J'aurais bien écrit tout un paragraphe sur les faiblesses de Smash mais, pour le moment en tous cas, je n'en vois pas vraiment, si ce n'est qu'elle n'est pas aussi facile d'accès que prévu, ce qui l'empêchera peut-être de rattisser aussi large qu'il le faudrait pour en faire un succès. Je continue alors sur les louanges en évoquant maintenant la réalisation, brillante, les décors, qui mettent bien en avant New York sans en faire des tonnes. La série est bel et bien tournée là-bas et pas en studio à Los Angeles, et ça se sent. Il y a cette vibe indescriptible, cette force, propre à cette ville incroyable. La distribution est parfaite, avec un bon équilibre entre les visages connus et ceux qui sont tout nouveaux pour nous. Je suis particulièrement fan d'Anjelica Huston qui réussit parfaitement son entrée dans le monde des séries ! Elle ne pouvait pas espérer meilleur rôle. Il lui va à ravir et l'histoire de son divorce, peut-être la plus faible de cet épisode s'il fallait en choisir une, intrigue magré tout. On est curieux de voir jusqu'à ce quel point il peut devenir moche. Il mettra de toute façon en péril à un moment donné l'entreprise. Il est vrai qu'en réfléchissant un peu, on sait à peu près ce vers quoi on se dirige, quelles seront les difficultés que rencontreront chacun des personnages, mais cela n'enlève en rien l'envie de découvrir la suite. Comme si, finalement, ce n'était pas vraiment ce qui allait se passer concrétement qui nous intéressait mais l'impact que ces événements auront sur les personnages et sur la comédie musicale.

   Smash est l'Etoile parmi les étoiles de cette saison télévisuelle américaine riche et surprenante. Même les meilleurs pilotes dont l'objectif premier est de poser des bases solides et de donner une idée de ce que la série sera par la suite, réussissent rarement à installer avec autant de facilité et de simplicité leurs personnages. On ne peut qu'applaudir des deux mains !

What Chance ?

 Avec un lancement idéal (après The Voice, elle-même boostée la veille par le Superbowl), Smash est le dernier espoir pour NBC d'obtenir un hit cette saison. D'ailleurs, même si la série ne tournait qu'autour des 8-9 millions avec de bons taux sur les 18/49 ans, ce serait déjà fabuleux, inesperé pour la chaîne. C'est faisable, honnêtement, mais ça va quand même être très difficile...

How ? 

07 juillet 2011

Saison 2011/2012 - Dramas] 4- Smash

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What ?

Des personnes d'horizon divers s'unissent pour créer un spectacle musical à Broadway basé sur la vie de Marilyn Monroe. L'occasion de découvrir la mise en place et les coulisses d'un événement d'une telle ampleur. Entre une productrice peu commode et les castings, le parcours du combattant commence...

Who ?

Créée par Theresa Rebeck (New York Police Blues, Canterbury's Law, Catwoman). Avec Debra Messing (Will & Grace, The Starter Wife), Jack Davenport (FlashForward), Anjelica Huston (La Famille Adams), Katharine McPhee (American Idol), Megan Hilty, Christian Borle...

Where ?

NBC. 

When ?

Dès la mi-saison, après la seconde saison de The Voice.

Why ?

Parce que la promesse d'un "Glee" plus adulte, sous-entendu avec de vraies intrigues, des choix de chansons judicieux mais peut-être aussi moins de fun, est diablement tentante. Parce que Debra Messing est vraiment une excellente actrice, extraordinaire dans la comédie, mais qu'il lui reste à faire ses preuves dans un registre plus dramatique. Parce que Katharine McPhee aurait pu devenir une grande star à l'époque d'American Idol, dont elle a remporté la 5ème saison, mais qu'elle est un peu passée à coté de son destin comme tant d'autres. C'est une seconde chance que j'aimerais la voir pleinement saisir. Parce que pour la première fois de sa carrière, Anjelica Huston sera régulière dans une série. C'est l'occasion de la redécouvrir. Parce que Spielberg est à la production (ce qui devient une habitude tant il fourmille de projets en télé) et qu'il aurait été très impliqué cette fois-ci sur le développement du pilote. Parce que NBC tient peut-être là sa revanche sur plusieurs années de galère. Le succès surprise de The Voice (fort sympathique télé-crochet au demeurant) est un signe encourageant pour la série, qui bénéficiera en plus de son lead-in. Parce que TF1 l'a achetée. Ce n'est pas un argument à vrai dire mais je ne savais pas où le placer ! Reste à savoir ce qu'elle va bien pouvoir en faire...

Why Not ?

Parce que NBC tente d'avoir son "Glee" à elle et la démarche en elle-même, bien que compréhensible commercialement, est assez déplorable dans le fond. C'est comme ça que l'on se retrouve avec des tas de séries qui se ressemblent trop, en cas de succès. Parce que les producteurs ont décidé de faire le pari de "la chanson originale". C'est assez culotté mais est-ce bien raisonnable ? Je crains que le public n'y soit pas réceptif, aussi bonnes soient les créations en question. Et si elles sont trop calibrées pour marcher, elles ne colleront pas vraiment avec l'aura prestigieuse que NBC tente clairement d'installer autour de la série.

How ?

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