08 décembre 2012

The Newsroom [Saison 1]

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Saison 1 // 1 950 000 tlsp. en moyenne

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   Je pourrais passer des heures à vous dire combien je trouve The Newsroom brillante, combien la télévision avait besoin d'elle et combien je me languis de découvrir la deuxième saison dans quelques longs mois. Il n'y a rien de pire pour moi que d'écrire sur une série qui me laisse bouche bée à tous les épisodes. J'ai énormément de mal à voir ses défauts, ou d'admettre que ce que certains considérent comme des défauts en sont vraiment. Je déteste écrire sur ce que j'aime éperdument. J'ai par exemple toujours eu beaucoup de mal à coucher sur le papier toutes les sentations que Big Love m'a procuré. Et j'ai même été incapable d'écrire ma review de l'ultime épisode. Je sais que certains d'entre vous m'en veulent encore pour ça d'ailleurs et attendent... Je préfère vous le dire franchement : vous risquez de patienter longtemps. Je vais toutefois tenter de vous expliquer pourquoi The Newsroom est une grande série et pourquoi, si vous ne l'avez pas déjà fait, il est urgent que vous vous plongiez dedans. 

   D'abord parce qu'elle sent bon les années 90. Pas celles un peu miteuses des sitcoms bas de gamme, mais celles de The West Wing, de Urgences... du NBC de la grande époque qui savait allier divertissement et exigence. Le générique à l'ancienne rend d'ailleurs nostalgique. Aaron Sorkin a beau avoir acquis une notoriété mondiale ces dernières années grâce à The Social Network notamment, il "appartient" à la télévision. Il est l'un des plus grands créateurs et scénaristes de son histoire. Il a marqué son temps par son talent et son idéalisme, qui transpire de chacune de ses oeuvres. Il partage d'ailleurs cela avec un autre grand : David E. Kelley. Avec The Newsroom, il prend soin d'appliquer ses bonnes vieilles recettes à un univers qu'il n'avait pas encore exploré jusqu'ici, du moins pas de manière aussi frontale -même si Sports Night ou Studio 60 n'en étaient pas si loin- mais qui, clairement, le passionne à bien des égards. La chaîne d'information ACN est confrontée aux même problèmatiques que toutes les autres chaînes d'information dans tous les pays : comment faire de l'audience sans virer dans le sensationnalisme, surtout quand ses principaux concurrents n'hésitent pas à mettre les deux pieds dedans ? Comment vraiment informer les téléspectateurs sur des sujets qui ne sont pas glamours, voire prise de tête ? Sloan Sabbith (Olivia Munn) est la réponse parfaite : elle connait l'économie sur le bout des doigts et elle est resplendissante. On ne peut que l'écouter -et la regarder- avec attention. Mais je m'égare... L'équipe de News Night, menée par un charismatique Will McAvoy convaincu qu'il peut changer les choses, s'efforce donc soir après soir de traiter l'actualité avec intelligence et pertinence, quitte à bousculer les téléspectateurs et les invités. Toutes les rédactions aspirent sans doute à atteindre un tel degré de professionnalisme et d'éthique. Bien évidemment, c'est utopique. Bien évidemment, ça n'existe pas dans la réalité. Mais cela interpelle, cela fait réfléchir. The Newsroom nous bouscule nous aussi et nous oblige à regarder avec un oeil plus critique le flot d'informations qui nous parvient chaque jour que ce soit à la radio, à la télévision, dans les journaux ou sur internet. Je pense cependant qu'il y a un certain décalage entre ce qu'un public français ou plus globalement européen peut ressentir face à la série et ce qu'en pense le public américain. Je n'irai pas jusqu'à dire que l'on est chez nous plus exigents. Il suffit de regarder TF1. Mais peut-être que ce débat, on l'a depuis bien plus longtemps et que l'on est davantage en terrain connu, alors que paradoxalement, les chaînes d'information telles que LCI ou BFMTV ont moins d'impact chez nous que CNN ou FOX News n'en ont là bas... Le fait que l'actualité traitée dans The Newsroom ne soit pas inventée mais tirée de la réalité avec quelques mois de recul est un plus indéniable. J'ai redécouvert des faits qui ne m'avaient pas particulièrement interpellés à l'époque. J'en ai vu d'autres sous un angle différent. Cette série apporte énormément, rien que de ce point de vue là. Le traitement de la capture de Ben Laden était un moment très très fort.

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    Mais une série d'Aaron Sorkin, c'est avant tout des personnages. Si les héros de The Newsroom ne nous intéressaient pas, le show ne fonctionnerait pas. On a besoin d'être impliqué émotionnellement pour ressentir cette frénésie qui traverse constamment les bureaux de la rédaction. Evidemment, Will est LE maillon fort. Il est celui qui nous fait le plus vibrer qu'il soit à l'antenne ou hors-antenne. Il est drôle, pour ne rien gâcher. Et soupe au lait. Et angoissé. Et en quête d'amour et de reconnaissance. Il est extrêmement attachant. J'ai tout particulièrement apprécié ses séances de psychothérapie auprès d'un David Krumholtz qui gagnerait vraiment à rester du coté du drama plutôt que se fourvoir dans des comédies moyennes voire médiocres. MacKenzie McHale est également une héroïne profondément attachante, parfois AllyMcBealienne. Elle est névrosée, tout le temps à la limite de l'hystérie (et ça ne fait que s'aggraver au fil des épisodes) et cela pourrait devenir franchement agaçant à la longue. Mais pour le moment, elle est juste parfaite. Emily Mortimer est impressionnante. Le duo fonctionne à merveille, dans leurs moments de vérité comme lors de leurs nombreuses disputes où l'on ne sait jamais quand s'arrête la limite entre le professionnel et le personnel. Le troisième personnage principal qui brille à chacune de ses interventions et qui force le respect, c'est Charlie Skinner, le boss de Will et MacKenzie. Il est toujours là pour les soutenir, quoiqu'il arrive. Sam Waterston a trouvé un rôle encore plus fort que celui qu'il a tenu pendant des années dans Law & Order. Les intrigues autour des dirigeants du grand groupe auquel appartient ACN, personnifiées par Jane Fonda et Chris Messina, figurent parmi les plus réussies. Ce sont eux les obstacles les plus dangereux à la liberté d'expression. Et ils viennent pourtant de l'intérieur...

   Au-delà du triumvirat, on a une rimbambelle de personnages secondaires, dont plein de reporters dont les visages nous deviennent peu à peu familiers mais qui doivent malheureusement pour le moment se contenter d'être des accessoires. Plusieurs têtes sortent quand même du lot, en particulier celle de Maggie Jordan, jouée par Alison Pill. Avec ses airs de personnage typiquement Shonda Rhimsien, elle m'a tout de suite plu. Mais en parlant d'elle, je suis obligé d'aborder le sujet qui fâche. The Newsroom a été beaucoup critiquée pour plusieurs raisons mais plus particulièrement pour sa tendance à virer dans le soap, notamment autour du triangle amoureux Jim/Maggie/Don (devenu rectangle en cours de route) qui aurait soi disant pris trop de place. Ce n'est pas mon sentiment. J'ai toujours trouvé que c'était une bouffée d'air frais bienvenue entre deux scènes très sérieuses. Jim et Maggie, à travers leur sens inné de la maladresse et de la dissimulation, m'ont souvent fait rire. Ils m'ont touché. Oui, ils prennent toujours les mauvaises décisions. Ils se cherchent et ne se trouvent jamais vraiment. Ce n'est pas d'une grande originalité, on a déjà vu ça des milliers de fois, mais c'est efficace jusqu'ici. Cela ne pourra juste pas durer indéfiniment. Mais oh, on n'en est qu'à la première saison ! Point trop d'impatience et un peu d'indulgence. Une autre critique qui a été faite à Sorkin : les personnages féminins seraient traités avec mysogonie. Elles passeraient toutes pour des folles alors que les hommes seraient plus posés. Moi, ça ne m'a pas frappé pendant le visionnage des dix épisodes. Maintenant que l'on pointe cela du doigt, je me pose des questions. Mais Sorkin a déjà créé par le passé des personnages féminins qui étaient très forts et qui n'avaient pas besoin d'hommes pour exister. C'est d'ailleurs ici le cas de Sloan, qui permet de rééquilibrer la balance. Alors je crois que c'est un faux procès... Le petit génie Neal (Dev Patel) est un peu plus en retrait, mais il sert de ressort comique et il est efficace. J'espère qu'en saison 2, sa personnalité sera exploitée avec moins de superficialité. Mais cela vaut de toute façon aussi pour Jim, pour Maggie, pour Don, pour Sloan. Ils ont besoin d'être approfondis, quitte à ce que Will et McKenzie passe un peu plus souvent au second plan. 

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// Bilan // The Newsroom est une série d'une richesse et d'une intelligence incroyables, qui reste néanmoins accessible. Elle est à la fois un soap, avec ses histoires de coeur alambiquées, et un thriller où une information -la manière dont elle est obtenue, la façon dont elle est traitée, puis celle dont elle est reçue- peut vous faire vibrer d'un bout à l'autre de l'épisode et vous émouvoir. A ce titre, les épisodes 4 et 5, I'll Try To Fix You et Amen, sont deux chef d'oeuvres, deux des meilleures heures de télévision de la saison et au-delà même. Une très grande série est née cette année sur HBO.


29 septembre 2012

Partners [Pilot]

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Pilot // 6 560 000 tlsp.

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What About ?

Partenaires en affaires et amis de longue date, Charlie et Louis - l'un est gay et l'autre hétéro - sont engagés chacun de leur côté dans une relation de couple sérieuse. Soit quatre personnes impliquées dans trois relations...

Who's Who ?

 Sitcom créée par David Kohan et Max Mutchnick (Will & Grace, Good Morning Miami).Avec David Krumholtz (Numb3rs), Michael Urie (Ugly Betty), Sophia Bush (Les Frères Scott), Brandon Routh (Chuck, Superman Returns), Tracy Vilar...

What's More ?

Les créateurs se sont basés sur leur propre expérience pour écrire la série. Eux aussi sont meilleurs amis et partenaires professionnels de longue date, et l'un est hétéro, l'autre homo.

Le projet leur a toujours tenu énormément à cœur, si bien que la version 2012 est en réalité leur troisième tentative ! En 2007 d'abord, ils produisent un pilote sans titre pour CBS qui raconte le quotidien de deux scénaristes, l'un hétéro, l'autre homo, et de leurs assistants sexy. On retrouve au casting Brian Austin Green, Jay Mohr et Jessica Capshaw. La chaîne n'est pas convaincue et ne donne pas suite. Le duo retente sa chance la saison suivante, en 2008, mais pour ABC cette fois. A nouveau, un pilote est commandé et il porte un titre : Fourplay. L'histoire est plus proche de celle de Partners et met en scène Alan Tudyk, Ty Burrell et Josh Cooke dans les rôles principaux. Là encore, le projet n'est pas commandé en série. La chance leur sourit finalement 4 ans plus tard avec CBS.

Le concept de Partners peut paraître original et pourtant, une série portant le même nom et racontant une histoire similaire a été proposée en 1995 sur la FOX. Elle n'a pas rencontré le succès et n'a duré qu'une saison mais les similitudes sont frappantes : les deux héros, meilleurs amis, joués par Jon Cryer et Tate Donovan, étaient aussi architectes et la copine de l'un d'entre eux se prénommait également Alicia ! De plus, le réalisateur du pilote était le même que celui dePartners : James Burrows. Les créateurs n'ont pas caché qu'ils étaient fan dushow et qu'elle les a inspirés. Faute avouée à moitié pardonnée ?

L'excellente Molly Shannon faisait partie du premier pilote tourné, mais elle a été éjectée de la deuxième version. L'assistante, RoRo, prévue en tant que régulière au départ n'est finalement plus que récurrente.

(AlloCiné)

So What ?

    L'expression anglaise "Third Time's the charm" ne s'applique définitivement pas à Partners. C'est la troisième fois, comme vous avez pu le lire ci-dessus, que le duo de créateurs tente de mettre sur pied ce concept, il est vrai, assez alléchant sur le papier. Pour la première fois, ils ont réussi à obtenir une commande en série. Je me demande si les précédentes versions étaient vraiment pires que celle-là... Partners est en tout cas la preuve vivante qu'une bonne idée de départ ne suffit pas pour faire une bonne série. Pourtant, s'il y a bien des scénaristes qui paraissaient capables d'en faire un hit, c'est eux,  les têtes pensantes de l'hilarante Will & Grace. Analysons donc le pourquoi du comment de cet échec, que je ne qualifierai toutefois pas de "cuisant" car je n'ai pas passé un moment profondément désagréable en compagnie de Louis et Charlie.

   D'abord, c'est inévitable, il le faut le dire : Partners aurait pu naître à la fin des années 90 ou au début des années 2000. Elle ne porte aucune trace de modernité en elle -ce qui est en profond désaccord avec le propos- et cela ne vient pas uniquement de son format multicaméra. Regardez 2 Broke Girls, elle sonne très actuel malgré ce "handicap". Ou regardez Hot In Cleveland, elle a su en faire un atout pour jouer sur la nostalgie de la bonne vieille sitcom "réconfortante" où les vannes fusent pour notre plus grand plaisir. Ici, le manque de rythme est flagrant et les bonnes blagues font vraiment défaut. Il y en a quand même deux ou trois, qui font volontiers sourire, mais ce n'est pas suffisant. Et puis, surtout, les créateurs n'hésitent pas à faire du recyclage. Vous vous souvenez quand Jack se frottait avec gourmandise aux seins de Karen dans Will & Grace ? Eh bien Louis fait pareil avec son assistante, RoRo. Et je ne connais pas cette Tracy Vilar mais elle a encore du chemin à parcourir avant d'arriver ne serait-ce qu'à la cheville de Megan Mullally... Bref, j'espère que c'était plus un hommage, un clin d'oeil, qu'un manque d'inspiration. Je ne parle même pas des références datées ou épuisées (West Side Story, Clay Aken...), qui n'aident vraiment pas à se sentir à l'aise !

    Ensuite, la distribution laisse franchement à désirer. Le meilleur, sans conteste, c'est Michael Urie, qui fait du Michael Urie certes -ou du Marc St James (Ugly Betty) si vous préférez- mais qui parvient à rendre son personnage extraverti parfaitement attachant en une vingtaine de minutes seulement. Les meilleures répliques sont les siennes. On nage en plein cliché, bien entendu, mais ce n'est pas un problème pour moi. J'adore The New Normal après tout ! Je suis déjà moins convaincu par David Krumholtz, mais c'est plus son personnage, pas très intéressant, sans relief, que l'acteur qui en est à mon avis responsable. Globalement, le duo fonctionne bien en tout cas. Si Partners n'était centrée que sur eux deux, on passerait presque un bon moment ! Sauf que ça se gâte quand leurs deux moitiés respectives entrent en scène. Sophia Bush n'est pas une bonne actrice de drama -mais il est vrai que jouer pendant tant d'années dans un mauvais drama n'aide pas à démontrer l'étendue de son talent- et apparemment pas une bonne actrice de comédie non plus ! Elle est sans doute très sweet, et elle est mignonne comme tout, et sa voix rauque a du charme, tout ça je veux bien l'admettre. Mais elle n'est pas drôle ! Elle n'est pas Debra Messing. Le clou du spectacle, on le doit à Brandon Routh. Le voir dans Partners, ce n'est pas seulement se dire qu'il n'est pas du tout au place, c'est aussi réaliser que sa carrière suit une trajectoire tragique : il est passé de nouveau Superman et gros espoir d'Hollywood à second rôle dans une sitcom classique et pas drôle. 

   Enfin, pointons du doigt le plus gros problème de ce pilote : il ne possède aucune subtilité. Je ne parle pas de subtilité dans l'humour, car ce n'est pas un gage d'hilarité, mais de subtilité dans la présentation des personnages et de leurs relations. Pourquoi les faire dire "Ah ah ah... Louis et Charlie se comportent comme un petit couple... et ah ah ah, ils oublient qu'ils sont déjà en couple... et ah ah ha, on est donc quatre personnes impliquées dans trois relations ! Gros LOL ! Cheers !". Pourquoi ne pas simplement nous montrer sans le souligner combien ils sont unis les uns aux autres, bon gré mal gré, et combien cela peut être amusant pour nous de suivre leurs aventures semaine après semaine ? Le simple fait de mettre dès le pilote Louis et Charlie au bord de la rupture professionnelle et amicale gâche tout. 

   Partners est une association vouée à l'échec, on ne peut plus décevante. Elle manque de tout : d'humour, de légèreté, de folie, de modernité, de subtilité... et son casting finit de gâcher le peu de potentiel qu'il lui restait. Le "Will &... Jack" du pauvre en quelque sorte !

What Chance ?

La série a pris un si mauvais départ qu'il semble peu probable que 1/ Elle monte en puissance au fur et à mesure 2/ CBS le lui en laisse la chance. Ce sera sans doute la première nouvelle comédie annulée cette saison !

How ? 

Le générique vachement sympa de Partners

06 juin 2012

Raising Hope [Saison 2]

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Saison 2, 22 épisodes // 4 800 000 tlsp. en moyenne

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   Quoi de plus navrant qu'une belle saison qui s'achève sur un final vraiment pas terrible voire raté ? Cette année, Raising Hope l'a fait. Mais ce n'est pas très étonnant venant de la part de cette comédie piquante qui a largement fait ses preuves en première année : elle est constamment surprenante, c'est la plupart du temps pour le meilleur mais là, pas de "Chance", c'était pour le pire ! Il fallait oser faire revenir la mère de Hope, censée avoir rendu l'âme dans le pilote sur la chaise électrique. L'idée totalement absurde avait sa place dans une série qui ne s'encombre de toute façon pas d'un quelconque sens du réalisme habituellement et pour notre plus grande joie d'ailleurs, mais alors il aurait été bien plus intéressant de l'exploiter sur le long terme, ce retour. D'autant que Bijou Phillips, dans le rôle de Lucy, est vraiment excellente, chose qu'il avait été difficile de percevoir dans le premier épisode tant on l'avait peu vue. Malheureusement, à peine revenue, elle se fait écraser par un aveugle au volant d'un camion, réglant ainsi tous les problèmes qui commençaient à s'accumuler pour Jimmy. Un peu trop facile à mon goût et pas très original, en plus. On nous avait habitués à bien mieux. J'imaginais très bien Lucy lui mettre des bâtons dans les roues pendant une partie de la saison 3, quitte à adoucir un peu ses pulsions meurtrières. Toutefois, cet épisode final, et plus encore le précédent, semblait surtout fonctionner comme une longue séquence nostalgie au cas où Raising Hope n'avait pas été renouvelée pour une saison supplémentaire, ce qui était probable. Plusieurs personnages marquants sont ainsi revenus pour des caméos au tribunal. D'amusants clins d'oeil qui prouvent qu'en deux petites saisons, la série possède déjà un univers riche. 

   Même si j'ai globalement trouvé la saison 2 de Raising Hope un peu moins fraîche que la première, ce qui tient sans doute plus à un effet de surprise logiquement passé qu'à une véritable baisse de qualité, elle a su donner aux personnages secondaires un peu plus de profondeur et d'utilité, je pense notamment à un épisode qui était largement consacré à Frank, toujours aussi creepy et drôle. C'est bête, mais ce Natsville reconstitué dans sa maison en miniature m'a fasciné ! C'était touchant, d'une certaine manière, et complètement barré, comme d'habitude. Bien que les intrigues se déroulant au sein du supermarché ont été moins nombreuses -et tant mieux- Barney a su trouver sa place, quitte à être utilisé moins souvent mais mieux. Shelley n'a pas forcément été super présente, mais c'est typiquement le genre de personnage qui s'use vite quand on lui accordre trop de temps d'antenne de toute façon. Maw Maw est à nouveau la grande gagnante de la saison, nous offrant les gags les plus grotesques, les plus dégueulasses et les plus hilarants ! Je suis toujours bouche bée devant ce qu'ils font faire à Cloris Leachman ! Elle en mourra, la pauvre ! Jimmy, Burt et Virginia ont été fidèles à eux-même : à mourir de rire. En fait, la grande absente de la saison, c'est Hope ! Peu d'intrigues ont véritablement tourné autour d'elle et de son éducation. Je n'arrive pas à trouver ça dommage, car je pense que les auteurs pourraient vite en faire le tour, du moins tant qu'elle ne grandit pas plus, mais disons aussi que c'est un peu facile de s'en débarrasser comme bon leur semble. Elle est souvent là, en arrière plan, mais ne sert pas à grand chose. Du coté des guests, on notera évidemment la Katy Perry matonne, venue rendre visite à Shannon Woodward (Sabrina) sa meilleure amie dans la vie. Elle n'a pas eu peur de s'enlaidir, et son personnage collait parfaitement à l'univers de Raising Hope, mais on ne peut pas dire que ses scènes resteront dans les annales. C'était sympatoche, quoi. Richard Dean Anderson est venu lui aussi, mais honnêtement, je ne m'en souviens même plus, pas bon signe. David Krumholtz, en aveugle abusé par les Chance, a sans doute permis à la saison de remplir son quota de répliques et de stratagèmes particulièrement irrérévencieux. 

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   Au-delà du rire, Raising Hope sait se faire tendre, et en la matière, l'épisode de St Valentin intitulé Jimmy's Fake Girlfriend était un petit bijou tant dans sa structure que dans la performance des acteurs (même Ashley Tisdale de passage !) et dans l'émotion qui s'en est dégagée ! S'il ne fallait garder qu'un épisode de la série jusqu'ici, ce serait celui-là sans hésiter. Le fait que Jimmy et Sabrina soient enfin ensemble -et on ne peut pas dire que l'on ait attendu tant de temps que ça... d'autres séries auraient mis bien plus de temps à se décider...- a permis de redynamiser la deuxième partie de la saison en offrant des intrigues nouvelles pour les deux personnages. Et ça a aussi permis de rendre Sabrina plus attachante alors que je commençais à la trouver irritante sans trop savoir pourquoi. Pour le moment, l'exploitation de leur couple est assez timide, sauf dans l'épisode Sabrina's New Jimmy, assez réussi dans son genre, où notre héros a pu découvrir la jalousie à loisir. J'espère qu'en saison 3, les scénaristes iront un peu plus loin. Vu que la série n'a sans doute pas plus d'une année ou deux à vivre encore, autant aller de l'avant un maximum. Mais please, pas de saut dans le temps hein ! Ou juste un épisode comme ça, pour de rire. 

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// Bilan // Toujours aussi délirante et amusante, Raising Hope reste pour sa deuxième année d'existence la comédie la plus inventive de la télévision américaine ! Et, comme si ça ne suffisait pas, elle est aussi l'une des plus attachantes, sans jamais tomber dans le cul-cul. Un épisode de Raising Hope, ce n'est pas l'espoir mais l'assurance d'un large sourire pendant vingt bonnes minutes !

24 septembre 2011

The Playboy Club [Pilot]

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 Pilot // 5 020 000 tlsp.

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What About ?

Un groupe de femmes, toutes plus jolies les unes que les autres, travaille dans les années 60 pour le club "Playboy" à Chicago, devenu rapidement un lieu incontournable de la nuit. Maureen est la petite nouvelle au passé mystérieux; Carol Lynne est la star établie du club, qui sait que ses jours sont comptés face aux nouvelles arrivantes et qui doit donc agir en conséquences pour assurer ses arrières; Nick Darlton est un habitué des lieux et leur dénominateur commun...

Who's Who ?

 Créée par Chad Hodge (RunawayTru Calling). Avec Eddie "Poissard" Cibrian (Sunset Beach, New York 911, Vanished, Invasion...), Laure Benanti (Eli Stone), Amber Heard (Hidden Palms), David Krumholtz (Numb3rs), Leah Cudmore, Naturi Naughton, Wes Ramsey...

So What ?

    Chers amis, si vous attendez de moi une critique assassine de The Playboy Club et une comparaison accablante avec Mad Men, vous avez cliqué au mauvais endroit. Vous m'en voyez désolé. Non, ici, on défend la série, bien que l'on puisse déjà la considérer comme une cause perdue. Je ne peux nier l'évidence. Loin de moi l'idée de réduire ses qualités à son ambiance, ses décors, ses costumes et sa réalisation classe et soignée, mais c'est quand même en grande partie ce qui m'a fait apprécier le pilote. Cela pourrait paraître superficiel et léger de ma part, mais je suis vraiment admiratif du travail réalisé pour créer une identité propre à la série et un univers qui n'appartient qu'à elle. Le sujet était évidemment propice à cela mais le résultat visuel aurait pu ne pas être à la hauteur et il l'est pourtant. Musicalement, The Playboy Club sonne juste. Celle qui est censée incarner la Tina Turner des années 60 ne lui ressemble vraiment pas beaucoup et l'imitation n'est pas du tout convaincante mais la musique est bonne et c'est l'essentiel. La scène où toutes les bunnies se mettent à danser au son d'un air connu m'a énormément plu. Elle était même trop courte. Il s'en dégageait une liberté et une joie de vivre intense et communicative, et ça fait du bien.

   Là où le bât blesse, c'est que le scénario n'est pas à la hauteur de l'apparat. Il n'est pas mauvais, il est juste classique. The Playboy Club avait besoin de s'affirmer comme une série singulière jusqu'au bout. Elle ne l'est finalement qu'en surface. Trop rapidement, un triangle amoureux se met en place entre la nouvelle bunny, la bunny en chef et un des clients du club qui les fait toutes tomber. Amber Heard, dans le rôle de Maureen, signe une composition fadasse, qui consiste surtout à faire la tronche parce qu'elle a quand même failli se faire violer et a tué accidentellement son agresseur. Elle ne le vit pas si mal que ça et c'est un peu embarrassant. Elle ne pense qu'à coucher avec Nick Darlton, lequel n'a que cette idée en tête aussi. Mais nous sommes sur NBC, pas sur HBO, AMC ou Showtime. Il n'est pas question de faire dans le sulfureux. Une série qui se déroule dans un tel milieu -même s'il n'est pas question de call-girls ou de prostituées- se devait d'être sensuelle souvent et sexuelle de temps en temps. Elle ne sera apparemment ni l'un ni l'autre. Pas un bout de têton, pas la moindre paire de fesse. Si Maureen et Nick doivent coucher ensemble, ce ne sera pas en notre présence ou alors les lumières éteintes et les draps épais et remontés. Se priver de belles chevauchées entre Amber Heard et Eddie Cibrian, ça c'est criminel ! Le personnage de Carol Lynne nous offre Dieu merci un peu plus d'espoir de ce coté-là et Laura Benanti est parfaite, mais ne me prenez pas pour un pervers surtout ! Soyez juste francs : vous vouliez regarder Playboy Club parce qu'elle s'annonçait chaude et sexy. Vous ne l'avez pas aimé en grande partie parce qu'elle ne l'était pas !

   The Playboy Club s'adresse finalement bien plus aux femmes qu'aux hommes, tous clichés sur le public mis à part. Ce qui semble intéresser le créateur de la série, c'est bien plus l'émancipation de la femme à cette époque que tout ce qui a attrait à la mafia, l'argent sale, la corruption, les petites magouilles et les grands complots. L'intention est parfaitement louable mais à trop vouloir plaire à tout le monde, on ne plait à personne ! Toutes ces bunnies ont beau avoir l'air amusantes -et je suis persuadé qu'elles peuvent rapidement devenir attachantes- on préférerait les voir s'effeuiller au sens propre comme au sens figuré. On aurait aimé apprendre à les connaître davantage dans ce pilote. Pour tout le reste, Mad Men et Boardwalk Empire -je sais que l'époque n'est pas tout à fait la même- remplissent déjà parfaitement leurs contrats. On voulait autre chose et on ne l'a pas vraiment obtenu. Reste alors les pompons, les paillettes et l'odeur de cigarette.

What Chance ?

 Je crois que l'audience du pilote se suffit à elle-même. Aucune remontée miraculeuse n'est envisageable. Par contre, une baisse continue est tout à fait possible ! Les petites lapines ne passeront pas l'hiver... et Eddie Cibrian n'aura pas perdu sa réputation de chat noir ! 

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How ?

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01 juillet 2011

[Saison 2011/2012 - Dramas] 6- The Playboy Club

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What ?

Un groupe de femmes, toutes plus jolies les unes que les autres, travaille dans les années 60 pour le club "Playboy" à Chicago, devenu rapidement un lieu incontournable de la nuit. Maureen est la petite nouvelle, au passé mystérieux et douloureux; Carol Lynne est une bombe de 30 ans, star établie du club, qui sait que ses jours sont comptés face aux nouvelles arrivantes; Alice est une playmate un peu étrange, mariée, qui prend soin de tout le monde sauf d'elle-même...

Who ?

Créée par Chad Hodge (Runaway, Tru Calling). Avec Eddie Cibrian (Mr. séries annulées), Laure Benanti (Eli Stone), Amber Heard (Hidden Palms), David Krumholtz (Numb3rs), Leah Cudmore...

Where ?

NBC.

When ?

Le lundi à 22h dès la rentrée.

Why ?

 Parce que les années 60 seront enfin accessibles à tous, loin de la prétention de Mad Men (allez-y, hurlez-moi dessus !). Parce que ce sera la première série à se dérouler dans cet univers. Parce que les femmes auront la part belle dans cette histoire, et je sens même que l'on aura droit à un résultat un peu féministe sur les bords. Parce que visuellement, la série a l'air d'être à la hauteur, chic et sobre.

Why Not ?

 Parce que Eddie Cibrian, surnommé le "chat noir". Sa présence assure déjà une annulation de la série au bout de quelques épisodes. Espérons que la saison soit au moins complète. Parce qu'il n'est pas très bon, en plus. Parce que le fait d'être sur NBC empêchera de trop en montrer, et avec un sujet pareil, ça risque de donner une impression bizarre. Showtime aurait été parfaite, par exemple. Parce qu'on risque d'avoir du mal à définir le genre auquel elle appartient à la vue de la bande-annonce. Et les américains n'aiment pas ça, ne pas pouvoir la mettre dans une case. (Le problème est le même pour Pan Am, qui me fait assez envie dans le fond, mais qui risque de se perdre en voulant toucher à trop de genres différents).

How ?

What About You ?