15 octobre 2012

Nashville [Pilot]

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Pilot // 8 930 000 tlsp.

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What About ?

Grandeur et décadence dans le milieu de la musique country à Nashville, aux cotés d'une star montante, Juliette Barnes, prête à tout pour réussir, et d'une autre au plus haut de sa carrière, Rayna James, qui sent que le vent commence à tourner pour elle...

Who's Who ?

Drama créé par Callie Khouri (Thelma et Louise). Avec Connie Britton (Friday Night Lights, American Horror Story), Hayden Panettiere (Heroes), Eric Close (FBI : portés disparus), Robert Wisdom (Sur écoute, Prison Break, Burn Notice), Charles Esten (Enlightened), Clare BowennSam PalladioJonathan JacksonPowers Boothe...

What's More ?

 L'action de la série se déroule à Nashville, comme son nom l'indique, et elle est bel et bien tournée là-bas ! L'état du Tennessee a même accordé une subvention de 7,5 millions de $ à la production pour qu'elle s'y installe puisque cela favorise la création d'emplois et valorise la ville. 

Bien que les prestations soient en playback, ce sont les vraies voix des acteurs et des actrices qui sont utilisées lors des passages chantés.

La créatrice, malgré l'Oscar qu'elle a remporté pour le scénario de Thelma et Louise en 1991, est peu prolifique. Elle a réalisé le film Mad Money en 2008 et signé quelques scénarios mais n'avait encore jamais participé à une série télévisée.

So What ?

   >> Lire la critique du script du pilote <<

   Alors que l'on croyait que Glee et Smash (et Fame et quelques autres) avaient fait le tour du genre de la série musicale, Nashville arrive à point nommé pour nous rappeler qu'aucune d'entre elles n'avait inspecté de près le monde de l'industrie du disque, qui plus est au coeur de Nashville, la capitale de la musique country aux Etats-Unis. Callie Khouri, la créatrice, était sans doute la mieux placée pour s'aventurer dans cette ambitieuse entreprise puisqu'elle partage son quotidien avec T. Bone Burnett, l'un des producteurs de country les plus célèbres, dont elle a d'ailleurs convoqué le talent pour superviser les compositions originales de la série. Pas étonnant donc que le pilote de Nashville respire à ce point l'authenticité, d'autant qu'il a été tourné sur place et que le réalisateur n'a pas hésité à poser sa caméra dans les plus beaux endroits de la ville (l'état du Tennessee n'a pas aligné les billets pour rien !). 

   En réussissant à convaincre Connie Britton d'incarner Rayna James, la papesse de la country qui doit se réinventer dans un univers de plus en plus concurrentiel et de moins en moins profitable, la créatrice a touché le jackpot ! Pas seulement parce que l'actrice était très demandée et que c'était la preuve, a priori, que son projet avait de l'intérêt -et qu'il en gagnerait du coup encore plus vu sa réputation dans le milieu- mais aussi et surtout parce qu'elle apporte au personnage une dimension et une émotion qui n'existaient pas de manière aussi prononcée sur le papier. En lisant le script, j'avais de véritables inquiètudes quant à l'attrait que pourrait avoir cette héroïne auprès du téléspectateur. Je n'en ai plus. Certes, Rayna n'est pas hyper attachante d'emblée, sachant que l'on n'a pas nécessairement envie de la plaindre alors que tout semble lui réussir sur le plan professionnel mais aussi familial et qu'elle peut parfois adopter des attitudes de diva, comme lors de la scène des répétitions. Mais on découvre petit à petit ses peurs et ses failles, notamment lorsque son père est dans les parages ou que son guitariste lui fait les yeux doux, et on tombe finalement assez rapidement amoureux d'elle. Je suis à peu près sûr que cela ne serait pas forcément arriver sans Connie Britton, en tout cas pas aussi vite. Je ne serais pas étonné le moins du monde si elle était nommée dans quelques mois aux Golden Globes (et plus tard aux Emmys, si toutefois la série tient le coup). Elle le mériterait amplement et ce ne serait que justice après avoir été trop longtemps boudée pour son interprétation de Tami Taylor dans Friday Night Lights. Cela ne risque pas d'arriver à cette chère Hayden Pannetiere, parfaite dans son rôle de peste aux dents longues mais dont on devine malgré tout les limites. Le passage où elle est au téléphone avec sa mère défoncée, cachée dans un placard -même si on a l'impression qu'elle est en train de faire caca- est très révélatrice. Elle n'est déjà pas très subtile en soi mais la jeune actrice n'aide pas à la rendre plus crédible. A l'inverse, la scène où elle est en train d'enregistrer un morceau est ridicule dans le sens où la critique du recours de plus en plus courant à l'autotune chez les jeunes artistes (et les moins jeunes aussi d'ailleurs) tombe totalement à plat puisque la Pannetiere chante parfaitement juste, contrairement à ce que l'on voudrait nous faire croire ! Est-ce que Juliette Barnes peut devenir attachante avec le temps ? Oui ! Elle a quand même du potentiel, soit en tant que super garce que l'on adore détester, soit en tant que jeune chanteuse qui apprend l'humilité au contact de son aînée. J'espère que l'on explorera les deux phases. 

   Mais il ne faut pas oublier l'outsider, Scarlett, le troisième personnage féminin fort qui semble totalement déconnecté du reste des intrigues tout le long du pilote, dans son café, mais qui rejoint intelligemment la partie à la toute fin. Le meilleur numéro musical de l'épisode lui revient d'ailleurs haut la main ! Ce If I Didn't Know Better est diablement enivrant, pas particulièrement commercial mais efficace dans son genre. De toute façon, le but de la série n'est clairement pas de vendre des disques et c'est très bien comme ça. Cela évitera certaines dérives et certains pièges dans lesquels Smash a pu tomber parfois. Je ne parle évidemment pas de Glee, qui assume à fond son business. Clairement, le problème de Nashville ne vient de toute façon ni de ses femmes, ni de ses musiques, mais de ses personnages masculins, caricaturaux et/ou inexistants. Eric Close a la lourde tâche de passer derrière Kyle Chandler dans le rôle du mari de Connie Britton. Il n'est pas mauvais, mais le pauvre avait de toute façon perdu la partie d'avance ! L'avenir politique de la série reposera sur ses épaules, ainsi que sur celles du père de Rayna, et je ne suis pas franchement convaincu pour le moment, tant par les interprétes que par l'intérêt que j'y trouve. En plus, je n'aime pas du tout l'opposition machiste qui est instaurée entre les hommes de pouvoir d'un coté, qu'ils fassent partie de l'industrie ou de la politique, bref ceux qui font les trucs sérieux, et les femmes de l'autre, qui sont là pour divertir, pour se montrer, pour séduire. Je suppose que c'est malheureusement une réalité et que la série ne serait pas tout à fait authentique si elle s'en éloignait... 

   Malgré un certain manque de finesse dans l'opposition entre ses deux personnages féminins principaux, qui devrait s'estomper avec le temps, le premier épisode de Nashville, prometteur, annonce un beau soap riche et intimiste sur l'industrie musicale, la célébrité, la rançon de la gloire, le poids de l'héritage familial, l'ambition politique, le temps qui passe... De quoi faire aimer la musique country même aux plus réticents en somme !

What Chance ?

 Je m'attendais vraiment à ce que Nashville démarre mieux que ça, je suis donc un peu inquiet sur l'avenir que les téléspectateurs lui réserveront. En tout cas, une chose est sûre : elle ne fera jamais le plein sur la cible des 18/49 ans ! Elle n'est pas écrite pour les draguer, ce qui est tout à son honneur mais qui pourrait aussi précipiter sa chute puisque ce sont eux qui font la loi, aussi bien dans l'industrie musicale qu'à la télévision ! Prions pour que Nashville n'arrête pas sa carrière trop tôt...

How ? 



12 août 2012

Nashville [Pilot Script]

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Ecrit par Callie Khouri (Thelma et Louise) pour Lionsgate Television et ABC. 57 pages.

Grandeur et décadence dans le milieu de la musique country à Nashville, aux cotés d'une star montante et d'une autre au plus haut de sa carrière...

Avec Connie Britton (Friday Night Lights, American Horror Story), Hayden Panettiere (Heroes), Eric Close (FBI : portés disparus), Robert Wisdom (Sur écoute, Prison Break, Burn Notice), Charles Esten (Enlightened), Clare BowennSam PalladioJonathan JacksonPowers Boothe...

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Selon UglyFrenchBoy

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   Après lecture du scénario de Nashville, une chose est certaine : la maman de Thelma et Louise souhaite régler ses comptes. Elle n'hésite pas à pointer du doigt l'injustice des diktats du jeunisme dans l’industrie de la musique, dont le parallèle avec celle du cinéma est aisé. Le plus beau rôle est donc sans conteste celui de Rayna, l’héroïne quadragénaire incarnée par Connie Britton. Celle-ci se retrouve être la première victime de la politique des programmateurs de radios (une réalité aux États-Unis) et des changements dans les habitudes de consommation du public. On n’hésite pas à condamner ceux qui ont le pouvoir de faire et défaire les carrières des artistes (« the younger demographic, the one that doesn’t buy records »). Le traitement est crédible.

   En revanche, quand il s’agit de décrire l’antagoniste, ici Hayden Panettiere, le regard porté sur la jeunesse est peu glorieux: la jeune fille est inexpérimentée, donc sans talent, égoïste, arriviste et n’hésite pas à utiliser son corps pour arriver à ses fins. Malheureusement, Nashville s’enfonce dans de la psychologie bas de gamme pour expliquer l’origine de ces traits de caractère, liés à son éducation et une mère n’ayant pas assuré son rôle. Heureusement, la fin du pilote laisse entrevoir beaucoup de potentiel au personnage de Scarlett. Une jeune fille qui, à l’inverse, respecte ses aînés, et est dans l’admiration tout en portant un regard un peu naïf sur le monde qui l’entoure. Les personnages « jeunes » manquent donc de nuance. Un défaut qui est souvent propre aux premiers épisodes d’un prime-time soap. Car il s’agit, contrairement à ce que Connie Britton peut penser et dire, bel et bien d’un soap. Les codes du genre sont présents et parfaitement assumés.

   L’environnement est ici inédit, il est question de la ville de Nashville, berceau de la musique country et une des capitales américaines de l’industrie du disque. Si certains lieux sont annoncés comme des reconstitutions en studio, le tournage se fera bien dans la ville-titre. De quoi donner un aspect authentique à la future série. Il n’est d’ailleurs pas uniquement question de musique, mais aussi de la politique de la ville avec une élection, vraisemblablement fil rouge de la saison. Les jeunes talents du Bluebird Cafe, les affaires politiques et les mésaventures professionnelles de Rayna, tout finit par se rejoindre, ou est sur le point de l’être de manière surprenante, à la fin du pilote. Preuve de la maîtrise d’écriture de Callie Khouri.

   À défaut de ne pas vouloir accueillir des guest-stars, comme l’assure l’un des producteurs, Nashville s’inspire de Taylor Swift pour le personnage de Scarlett et l’analogie entre Rayna James et Reba McEntire peut être faite. Quant aux chansons, elles sont à la grande majorité originales et feront l’objet d’une BO dirigée par T-Bone Burnett, lauréat d’un Oscar en 2010 pour son travail sur le film Crazy Heart, sans compter de nombreux Grammy Awards. Pour autant, les textes des premières chansons révélées s’annoncent d’un bas niveau ("I woke up this morning, with a cloud above my bed. I wish you were with me, but you’re with her instead"). Reste à entendre le résultat final...

En résumé, Nashville est un soap intelligent, que l’on devine complexe dans son futur développement. La série offre à Connie Britton l’occasion d’étinceler et, on l’espère, d’être récompensée lors des futures cérémonies après avoir été oubliée tant d’années pour sa performance dans Friday Night Lights. Malheureusement, les fameux 18/49 ans trouveront difficilement leur compte. Callie Khouri ne s’adresse pas vraiment eux, du moins pas aux plus jeunes de cette cible, et je doute que ces derniers fassent l’effort de suivre un programme qui, finalement, condamne leur suprématie.

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Selon Moi

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    Après avoir lu à de nombreuses reprises depuis quelques semaines que le pilote de Nashville était très réussi selon de nombreux journalistes américains, je ne peux pas m'empêcher d'être déçu par ce script. Pas que ce soit mauvais, loin de là, mais je me suis un peu ennuyé et j'en attendais plus. J'imagine que les performances des actrices, et surtout de Connie Britton, permettront de rendre tout ça plus profond et plus prenant. Le rôle tenu par l'ancienne de Friday Night Lights devrait lui offrir de multiples occasions de briller sur scène et hors-scène. Si toutefois elle en assure bien les performances toute seule comme une grande.  Je suis plus réservé sur le personnage incarné par Hayden Pannetiere : il va falloir plus que ce qui est dévoilé dans le pilote pour la rendre sympathique et attachante. Pour le moment, elle est juste odieuse. Si je devais faire une comparaison avec Smash -et ce ne sera pas la première ni la dernière vu la proximité des deux séries- je dirais que Juliette est une beaucoup moins bonne "méchante" qu'Ivy, mais Rayna, elle, est une bien meilleure "gentille" que Karen. On gagne de la profondeur d'un coté pour en perdre de l'autre. Peut-être que les deux shows seront complètementaires !

   Un des gros problèmes de la série à mon sens, ce sont ses personnages masculins. lls sont tous assez exaspérants sur le papier et je vois mal comment des acteurs comme Eric Close ou Robert Wisdom -je n'ai rien contre eux cependant- pourraient leur donner une épaisseur suffisante. Une sale odeur de machisme flotte dans l'air, et je n'aime pas tellement ce principe des femmes artistes d'un coté et des managers et autres hommes politiques de l'autre, qui se font la guerre à coup de décolletés et de contrats juteux. C'est sans doute une réalité de ce milieu, mais je ne suis pas certain de pouvoir m'y intéresser sur la longueur. D'ailleurs, le script de ce pilote ne donne pas l'impression que Nashville puisse durer une éternité. Il n'y a pas tant de directions que ça vers lesquelles aller. Et puis pour couronner le tout : la musique country, et surtout les paroles de ses chansons, a tendance à me faire fuir. Pour le coup, je crois que c'est beaucoup plus flagrant sur le papier qu'en vrai. Ca ne vole vraiment pas haut, pourtant certains textes nous sont présentés comme des trouvailles de génie ! J'ai du mal à croire que les jeunes qui ne s'intéressent déjà plus à Glee et pas tellement à Smash se tournent vers Nashville. Les plus de 49 ans y trouveront certainement leur compte mais les autres...

23 décembre 2011

American Horror Story [1x 12]

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Afterbirth (Season Finale) // 3 220 000 tlsp.

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    Voyez-vous, après avoir écrit ma review des deux épisodes précédents, je m'en voulais un peu de ne pas avoir attendu le final pour déclarer mon amour pour American Horror Story. Tout compte fait, ce n'était pas une bêtise car ce n'est pas après cet Afterbirth que j'aurais pu dresser les mêmes éloges, même si je ne retire pas un mot de ce que j'ai dis. Je l'ai pensé sur le moment et je le pense toujours. C'est juste que Birth, avec une demi-heure supplémentaire sans doute, aurait été un final bien plus satisfaisant et marquant. Finalement, aucune nouvelle réponse ne nous a été donnée. Nous savions déjà tout. Du moins tout ce que les auteurs voulaient que l'on sache. Le reste... ma foi, le reste n'a pas beaucoup d'importance. Pourquoi vouloir à tout prix expliquer des choses inexplicables ? La "Murder House" n'a plus de secrets pour nous. Les protagonistes, morts ou vivants, non plus.

   La pendaison de Ben est le dernier rebondissement que la saison nous offre. Le dernier, mais pas le plus surprenant. On se doutait qu'il allait mourir, rejoindre les siens, les femmes de sa vie (cette satanée Hayden compris) et faire la paix avec elles et surtout avec lui-même. On imaginait simplement qu'il mettrait fin à ses jours -ce qu'il était effectivement sur le point de faire- pas qu'il serait assassiné. Le dénouement ne m'a pas déçu, il a juste oublié de me surprendre et c'est un peu dommage dans une série qui est parvenue, tout au long de sa première saison, à instaurer un vrai suspense et créer régulièrement la surprise. Et puis les scénaristes sont allés un peu vite en besogne, bâclant la scène de retrouvailles entre Ben, Vivien et Violet. Je l'espèrais plus bouleversante. De la même manière, le dialogue entre Ben et Tate ne m'a pas autant touché que je l'aurais souhaité, même si j'ai ressenti une peine infinie pour le "jeune" homme, un monstre, certes, mais auquel on s'est abominablement attaché. Je me trompe peut-être mais je crois que tout ça est de la faute de Dylan McDermott. Ses performances ont toujours été de moins bonne qualité que celles de ses co-stars et c'était particulièrement flagrant et dérangeant ici. Connie Britton, Taissa Farmiga, Evan Peters et Frances Conroy ont énormément donné. Il n'a pas fait preuve de la même générosité. Il a du talent pourtant... En revanche, ce n'est pas de sa faute si le moment où il comprend qu'il est maintenant seul, que sa femme et sa fille ne reviendront pas, manque de puissance et d'intensité. Il n'a juste pas arrangé la chose. Au bout du compte, le "happy-end" pour les Harmon m'a plu. Il leur a fallu mourir pour l'atteindre. C'est une idée séduisante. 

   Et puis il y a tout le reste de l'épisode. Afin de faire comprendre très clairement aux téléspectateurs qui en doutaient encore que la saison 2 se concentrerait sur un nouveau mystère et une autre "story", les auteurs ont voulu montrer en accéléré -mais pas assez tant c'est laborieux- l'arrivée de nouveaux habitants, les Ramos. Juste pour voir ce que ça aurait pu donner. Les Harmon mettent ainsi tout en oeuvre pour les faire fuir dès leur première nuit dans la demeure. Et ils réussissent ! Et c'est plutôt fun pour nous. Ces pauvres gens seront sans doute traumatisés à vie. Après ça, inutile de poursuivre la série dans le même décor : les Harmon sont éternellement condamnés à protéger ceux qui tentent de s'installer dans la "Murder House" où seul la souffrance et la solitude subsistent. Tout est dit. Ou presque. Il reste quand même le cas de Constance à régler et ce n'est pas une mince affaire ! Il s'agit quand même de l'un des personnages les plus fascinants créé ces dernières années à la télévision. Je ne vais pas me lancer à nouveau dans une tirade interminable sur le talent inouï de Jessica Lange, vous savez tous ce qu'il en est. Elle l'a prouvé encore une fois à chacune de ses apparitions mais encore plus particulièrement lors de son monologue chez la coiffeuse, qui se déroule trois ans après les événements. Elle pense avoir enfin pu accomplir ses deux rêves : devenir et une star et une bonne mère ! Une star parce qu'elle élève l'antéchrist, ni plus ni moins; une bonne mère parce que celui-là, elle ne le laissera pas mourir. Dans la dernière séquence, ce n'est finalement pas Michael qui effraie mais bien elle. Quelle femme !

   Que doit-on attendre de la saison 2 désormais ? Ryan Murphy a déclaré que la plupart des acteurs principaux ne reviendraient pas, si ce n'est, très éventuellement, sous forme d'apparition ou de caméo mais dans des rôles différents. C'est ce à quoi je m'attendais et ça me satisfait pleinement ! Il était hors de question de rester dans le manoir auprès des Harmon. Je n'en vois vraiment pas l'intérêt et ceux qui se plaignent de cette décision aujourd'hui auraient été les premiers à se plaindre d'une saison 2 qui n'aurait rien eu à dire, qui aurait tourné en rond. C'est bien mieux ainsi, même si, évidemment, rien n'assure que la nouvelle intrigue sera aussi bonne. Je me demande quand même s'il y aura un lien, même infime, entre les deux saisons. Parmi les options qui me paraissent envisageables, je pense instinctivement à Billie Dean Howard. J'ai eu le sentiment lors de sa dernière apparition dans Birth qu'elle avait encore des choses à dire et raconter. Et puis il y a cette soeur de Vivien qui est évoquée très souvent mais qui n'est jamais apparue. On pourrait très bien imaginer une saison centrée sur elle et sa famille, là-bas à Boston. Autre zone d'ombre qu'il pourrait être intéressant d'explorer : le quatrième enfant de Constance, dont on a à peine entendu parler et qui n'est pas apparu. C'est l'idée qui me plait le plus car ça laisserait une porte ouverte pour un retour de la vieille dame. Bref, nous verrons bien mais Ryan Murphy assure qu'un indice sur le prochain mystère est caché dans l'un des trois derniers épisodes...

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// Bilan // Le premier cycle d'American Horror Story s'achève malheureusement sur une fausse note, mais qui ne gâche pas pour autant tout ce qui a été construit précédemment, admirablement. Cette série, aussi imparfaite soit-elle, est une curiosité portée par une excellente distribution qui méritait d'exister et qui, probablement, marquera les esprits. 

17 décembre 2011

American Horror Story [1x 10 & 1x 11]

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Smoldering Children // Birth

2 540 000 tlsp. // 2 590 000 tlsp.

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  American Horror Story a été nommée cette semaine aux Golden Globes dans la prestigieuse catégorie du "Best Drama" de 2011 aux cotés de Homeland, Boardwalk Empire, Boss et Game Of Thrones (mais pas The Good Wife et Breaking Bad... étrange). Sur le moment, j'ai trouvé que les votants avaient été drôlement indulgents envers la série, qui est excellente par bien des aspects mais bancale aussi par tant d'autres. Et puis j'ai vu ces deux nouveaux épisodes, les derniers avant le grand final, et là j'ai compris. En réalité, la série de Ryan Murphy et Brad Falchuck possède absolument TOUTES les qualités requises pour prétendre à recevoir un tel prix (même si elle ne le gagnera probablement pas) : elle est originale dans sa thématique et atypique dans sa construction et elle apporte indéniablement quelque chose qui manquait au paysage télévisuel américain, lorgnant en plus du coté du cinéma à travers de nombreux hommages et références; elle est tout aussi amusante qu'addictive, ne rejetant pas l'aspect divertissant qu'une telle oeuvre est censée développer; elle offre à ses acteurs fantastiques des partitions complexes et subtiles, on est d'ailleurs vraiment pas étonné que Jessica Lange fasse partie des nommées dans la catégorie du "Meilleur Second Rôle Féminin dans un Drama" tant elle est magnétique et impressionnante; et elle repousse certaines limites du câble basique en "osant", comme l'avait fait Nip/Tuck en son temps (le sexe est montré sous son aspect le plus répugnant et déstructeur, à travers le viol de l'héroïne notamment; le traumatisme américain du mass-murderer adolscent est plus qu'explicité à travers le personnage de Tate...). Bref, American Horror Story est une oeuvre différente (provocante, perturbante, inquiétante) et profonde, comme le laissait présager avant le pilote avant que les pistes ne soient brouillées, et elle méritait bien une reconnaissance des professionnels de la profession.

   Maintenant que j'ai (re)déclaré ma flamme à la série, laissez-moi vous parler plus en détails de ces deux épisodes de grande qualité. Le premier, Smoldering Children, a bénéficié d'un recentrage sur quelques personnages plutôt que de présenter à nouveau un récit éparpillé et schizophrénique. L'histoire de Larry nous a ainsi été contée avec plus de précisions. Il était nécessaire d'éclaircir les choses car il a tellement menti qu'on ne savait plus au final ce qui était vrai et ce qui ne l'était pas dans ce qu'il avait raconté à Ben. Ses brèves retrouvailles avec sa femme et ses enfants étaient très émouvantes même si l'on peut dire à ce stade que Denis O'Hare est peut-être le seul acteur de la distribution à ne pas avoir eu la chance de voir son talent exploité à fond. Cette scène-là, sans doute, était sa meilleure, même si toutes celles qu'il a partagé avec Jessica Lange étaient bonnes aussi (mais surtout grâce à elle). Les auteurs n'avaient visiblement pas tant de choses à dire que ça sur Larry, si ce n'est qu'il aura été toute sa vie un homme faible. Ils sont en revanche insatiables au sujet de Constance et on les comprend : s'il ne fallait retenir qu'un seul personnage, ce serait elle. Sans aucun doute. Le reste de l'épisode est surtout consacré à Violet afin de nous amener doucement vers LA révélation : elle est morte il y a quelques épisodes de sa tentative de suicide. Tate n'a pas pu la sauver et elle erre en fantôme depuis. Je ne l'avais pas vu venir, je suis donc resté choqué. On peut dire que les scénaristes auront profité à fond de toutes les possibilités que la trame de départ leur offrait. 

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   Le second épisode, Birth, nous plonge, comme son nom l'indique, au coeur de l'accouchement douloureux de Vivien jusqu'à son agonie. Je ne m'attendais pas du tout à une noirceur aussi extrême. L'un des deux jumeaux se fait littéralement dévorer par l'autre, celui qui est le fruit du viol, l'antéchrist donc. Et ce dernier détruit même son hôte, sa mère. Vivien rejoint ainsi Violet dans le monde des morts condamnés à rôder indéfiniment entre les murs de la demeure maudite. La dernière scène, qui réunit la mère et la fille, est absolument bouleversante. A ce moment-là, la série a atteint l'excellence, la perfection. Je crois qu'il faut souligner à quel point le pari était pourtant difficile à relever : on parle quand même d'une bande de fantômes qui assistent à la naissance d'un démon. Combien de films d'épouvante peuvent se targuer d'avoir une telle profondeur et de dégager une telle émotion ? Charles Montgomery qui aide Vivien à enfanter, les morts qui s'affairent tout autour pour récupérer le bébé (Chad, Nora, Hayden...)... la boucle semble doucement se boucler avec pertinence et maestria !

   Mais que va-t-il bien pouvoir se passer dans le final de 90 minutes (avec les pubs) ? Il ne reste plus que deux vivants : Ben, qui se retrouve totalement seul, plus perturbé que jamais; et Constance, qui a réussi à survivre au fil des années et des drames. C'est elle qui a "volé" le bébé des Harmon. Je ne vois pas le patriarche sortir vivant de sa confrontation avec la vieille dame. Il y a de fortes chances que la saison se termine par ses retrouvailles dans l'au-delà avec sa femme et sa fille. Et encore, je ne suis vraiment pas sûr de ça. Mais tout le reste est en tous cas totalement imprévisible et, là encore, peu de séries peuvent se vanter de nous laisser à ce point dans le noir quant au dénouement... A mon avis, beaucoup de réponses vont être données à travers Billie Dean (jouée par Sarah Paulson), la médium, dont le lien avec Tate n'a pas été explicité d'une part alors qu'il est clairement sous-entendu qu'il s'est passé quelque chose entre ces deux-là mais nécessairement d'ordre amoureux ou sexuel; et qui semble savoir encore beaucoup de choses d'autre part, notamment quand elle évoque cette "force" de la maison, bien plus puissante que n'importe lequel des individus qui l'habitent. Il nous manque une pièce du puzzle. Rien qu'une. Et c'est celle-là qui va tout expliquer. Au-delà du final, on peut aussi émettre beaucoup de doutes quant à la suite de la série. Le décor va-t-il changer en saison 2 ? Ce serait préférable puisque tout semble avoir été dit sur le manoir et ses habitants passés et présents. Peut-être qu'une dernière révélation nous aménera vers une toute autre histoire et donc un tout autre décor. L'option Ben meurt et une nouvelle famille emmènage ne m'excite pas du tout et je suppose que c'est pareil pour tout le monde...

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// Bilan // Je crois que le bon gros pavé que je viens d'écrire -dont un premier paragraphe sous forme de déclaration d'amour- suffit à prouver que American Horror Story déchaîne les passions comme peu d'autres séries aujourd'hui. Elle a tout d'une grande.

05 décembre 2011

American Horror Story [1x 08 & 1x 09]

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Rubber Man // Spooky Little Girl

2 810 000 tlsp. // 2 850 000 tlsp.

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    Ces deux nouveaux volets d'American Horror Story se concentrent, chacun leur tour, sur Vivien puis Ben, alors que Hayden tire les ficelles d'une machination toujours plus perverse. La jeune femme a un avantage sur tous les autres fantômes qui hantent le manoir : les vivants la croient encore en vie. Elle peut donc torturer psychologiquement Vivien en toute quiétude et elle atteint d'ailleurs son but puisque la future mère se retrouve internée. Ben et la police la croient folle. Je n'aime pas beaucoup le personnage de Hayden mais c'est grâce à elle que l'on apprend tout un tas de choses sur ce qui se trame dans la maison. Je ne peux nier son utilité. Visiblement, Kate Mara inspire beaucoup les auteurs qui la casent un peu partout. Elle se retrouve même à coucher avec le petit ami de Constance au cours d'une intrigue secondaire qui pourrait paraître superflue. Et qui l'est bel et bien, je crois, mais elle permet au moins d'illustrer l'idée que tout se répéte à l'infini ici. Les couples se déchirent jusqu'à la mort. Dans le même temps, on en apprend un peu plus sur les jumeaux des Harmon : ils n'ont pas le même père et l'un d'eux est, ni plus ni moins, le fils du Diable, en quelque sorte. C'est par sa naissance, en tous cas, que l'humanité est censée disparaître. Probablement une réfèrence, comme souvent, à tout un tas d'oeuvres horrifiques et plus particulièrement à The Omen qui date de 1976. Et c'est ainsi que l'identité du fameux Rubber Man/Homme en latex, nous est révélé...

   Il s'agit donc de Tate, le mass-murderer, fils de Constance et petit ami de Violet. J'aurais aimé être surpris. J'aurais aimé que tout soit remis en question à travers cette révélation. J'aurais voulu être secoué. Or, je n'ai rien ressenti de tout ça. C'était l'option qui paraissait la plus logique depuis le départ -surtout lorsque l'on croyait encore que Tate était vivant- et c'est celle qui a été choisie. Il faut donc l'accepter mais je ne peux pas m'empêcher d'être déçu. L'histoire de la désormais célèbre combinaison nous est donc racontée à travers quelques flashbacks, eux aussi sans surprises. Ce n'est, en gros, qu'une mise en image de ce que nous savions déjà. Les motivations de Tate sont explicitées mais restent peu recevables. On comprend en tous cas que des gens comme Chad et Patrick, qui sont morts dans la demeure, n'ont pas véritablement de raisons de tourmenter les Harmon. Ils étaient des esprits purs, malgré certaines de leurs perversions. Ce n'est pas le cas de la plupart des autres, qui ont encore des problèmes à régler et des pulsions à assouvir jusqu'à épuisement. Tate continue de tuer parce que c'est tout ce qu'il sait faire. Aimer Violet pourrait changer la donne mais sa véritable nature revient toujours. Charles continue de découper des corps -avec une intéressante incorporation de l'histoire vraie du Dahlia Noir qui a défrayé la chronique dans les années 50 à Hollywood- Moira ne peut s'empêcher de séduire et détruire, Nora pleure éternellement la perte de son enfant... Le rôle de Larry dans tout ça reste flou. Il apparait peu mais il est toujours là, tapi dans l'ombre. Au bout du compte, Ben est le dernier de nos personnages principaux à ne pas savoir la vérité sur la maison et ses nombreux habitants. Peut-être que cela fait de lui le seul espoir aussi ? Car Violet semble définitivement être passée du coté obscur de la force par amour.

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// Bilan // American Horror Story est incapable de nous laisser une minute de répit, ce qui est à la fois sa force et sa faiblesse à l'heure actuelle. On ne peut décemment pas s'ennuyer en la regardant mais elle n'est jamais proprice à la réflexion voire à l'introspection, ce qu'une oeuvre de cette ampleur est censée pourtant procurer au-delà du divertissement basique. 


20 novembre 2011

American Horror Story [1x 06 & 1x 07]

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Piggy Piggy // Open House

2 830 000 tlsp. // 3 060 000 tlsp.

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    Halloween passé, American Horror Story retrouve un rythme moins soutenu qui laisse une plus large place à la réflexion et à l'émotion. Aucun nouvel ancien habitant de la maison ne nous est introduit, on en découvre en revanche davantage sur ceux que l'on connait déjà et qui n'avaient pas encore délivrés tous leurs mystères. Curieusement, tous ou presque ont pour point commun d'avoir eu Constance dans leurs vies. C'est évidemment le cas de Tate puisqu'il est l'un de ses enfants, appartenant à une belle lignée de freaks -tout portant à croire que les enfants sont maudits lorsqu'ils naissent ici- et l'on nous dévoile en guise de première séquence le massacre du lycée qu'il a perpétué dans les années 90. Le résultat est impressionnant et, à mon sens, on a beaucoup plus peur devant ce type de "scène du réel" que devant une monstruosité qui ne parait pas humaine (je pense à l'autre enfant que Constance cache dans son grenier, hommage à Elephant Man). La tension et l'atrocité étaient bien mieux retranscrites dans le film Elephant de Gus Van Sant mais American Horror Story ne pouvait de toute façon pas faire mieux. Le carnage terminé, on se concentre sur les répercussions de cet acte sur Constance, aidée d'une médium incarnée par Sarah Paulson, et l'émotion est alors à son comble, surtout quand la femme se réconcilie par l'esprit avec Addie. Je comprends que Jessica Lange n'ait pas pu refuser ce rôle quand on lui a proposé... Puis c'est au tour de Violet d'apprendre la vérité en fuyant le fantôme de Tate pour finalement mieux le retrouver. On apprend aussi en parallèle que l'histoire raconté par Larry à Ben n'était pas tout à fait vraie et qu'il a vécu un temps avec Constance lui aussi. On ne s'en étonne même plus !

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    Moira et Constance font à nouveau équipe pour notre plus grand plaisir afin d'aider Vivien à faire grandir cet enfant en elle du mieux possible. La solution étant de manger de la cervelle. Ragoûtant ! Ill se trouve d'ailleurs qu'il s'agit de jumeaux. Maléfiques ? Je les vois bien siamois tiens... Moira se donne également beaucoup de mal pour convaincre le potentiel nouvel acheteur de la maison qu'il la lui faut. Les dialogues sont tendancieux au possible. Excellents ! Mais elle va finalement le tuer, aidée de Larry, sous les ordres de Constance. On s'habitue peut-être un peu trop aux meurtres dans la série pour être véritablement surpris et effrayés mais la bite arrachée avec les dents, ça reste tout de même peu habituel. Tout cela ne va pas l'affaire de l'agent immobilier, qui me fait beaucoup rire. La journée portes ouvertes n'aura finalement servi à rien ! Pendant ce temps, Ben essaye tant bien que mal d'exercer son métier et reçoit pour l'occasion Eric Stonestreet dans le rôle d'un homme hanté par la légende urbaine du Piggy Man. La star de Modern Family avait déjà goûté à l'univers de Ryan Murphy dans un épisode de la dernière saison de Nip/Tuck, où il incarnait le mal à l'état pur condamné à la chaise électrique. Il a l'occasion ici de s'essayer à une autre composition et s'en sort toujours aussi bien. 

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// Bilan // C'est sans doute par le biais de Violet et de ses recherches que nous découvrirons à la fin de cette première saison d'American Horror Story qui sont vraiment tous ces gens torturés et si les Harmon connaîtront le même sort. Je ne vois pas comment tout cela pourrait s'achever en happy-end. J'espère que le dénouement sera aussi glauque et dépressif que le reste. En optant pour plus de sobriété, la série gagne aussi en émotion et en profondeur. 

07 novembre 2011

American Horror Story [1x 04 & 1x 05]

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Halloween (Part. 1 & 2) // 2 850 000 tlsp.

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    Et si American Horror Story n'était qu'une complexe histoire de fantômes ? Halloween était en tous cas l'occasion parfaite pour que ceux-ci sortent de leurs placards et effraient encore un peu plus les Harmon, désormais habitués aux apparitions et aux tentatives de meurtres. Ne dit-on pas que l'on s'habitue à tout ? Les premiers à faire leur creep show ont été Chad (Zachary Quinto) et Patrick (Teddy Sears), le couple gay qui a précédé nos héros dans la demeure, au cours d'une scène inaugurale plus faible que les précédentes mais qui faisait directement écho aux problèmes de Ben et Vivien : c'est l'adultère qui les a déchirés eux aussi. Et c'est le Rubber Man qui les a massacrés. J'ai l'intuition -sans doute fausse- que c'est ce dernier le seul véritable être humain vivant dans cette maison en dehors de Ben, Vivien et Violet. Il n'est en tous cas "pas comme les autres". Son identité est d'ailleurs peut-être la dernière chose qui nous sera révélée... 

   Le rapport de Ryan Murphy avec les trisomiques est toujours aussi fascinant : après avoir tué la soeur de Sue dans Glee, c'est au tour d'Addie, la fille de Constance, d'y passer. Sa mort était certainement une des plus belles scènes de ce début de série, autant d'un point de vue esthétique (avec ce masque, qui rappelle les meilleures heures de Nip/Tuck) que d'un point de vue émotionnel. On notera que Constance cherche à tous prix à ramener le corps meurtri sur l'herbe du jardin des Harmon. Pour que son esprit puisse rester hanter les lieux ? L'adieu à la morgue était sans doute encore plus beau et bouleversant. Jessica Lange, mon Dieu... Jessica Lange. Frances Conroy, une fois de plus, n'est pas en reste lorsque Moira débranche sa mère, loin très loin de la "Murder House". Est-ce que cette vieille femme a elle aussi un rapport avec elle ? Y a-t-elle vécu ? Nous ne connaissons probablement pas encore tous les anciens résidents, en particulier ceux des années 40/50... 

   Le retour de Hayden ne m'a pas beaucoup plu et c'est pour cela que j'ai préféré le passer sous silence jusqu'ici. Je crois que vais continuer à le faire, mais non sans mentionner le fait que, grâce à elle, nous savons maintenant avec certitude que Ben est une ordure de la pire espèce qui a menti encore et encore à sa femme en la trompant allégrement encore après lui avoir affirmé que tout était terminé. Après réflexion, je pense que Larry Harvey est le produit du subconscient de Ben. Il n'existe pas. Il n'a jamais tué toute sa famille. En revanche, Ben y a souvent pensé sans jamais passer à l'acte. Et s'il finissait par en arriver là ? Il ne semble en tous cas pas prêt de s'en sortir. Il sort même de ce double épisode plus blessé que jamais. On sous-entend au détour d'une scène un peu ridicule -lorsqu'il fond en larmes pendant la consultation de Tate- qu'il a vécu une enfance difficile, violente ? Il me rappelle de plus en plus Christian Troy de Nip/Tuck sans le narcissicisme poussé à l'extrême. 

   Tate est, à ce jour, le personnage que je préfère dans la série. Je ne pensais pas qu'il était un fantôme lui aussi mais tout porte à croire que c'est le cas. S'est-il suicidé ? En tous cas, les envies de mass-murder qu'il confessait dans le pilote n'étaient apparemment pas que des fantasmes. Il est passé à l'acte et ses victimes (la Jenna d'Awkward, Alessandra Toressani de Caprica...) ont profité d'Halloween pour venir le hanter. Sauf que Violet était là. Elle a tout vu, tout entendu. Sera-t-elle plus maligne ses parents ? C'est tout ce qu'on lui souhaite ! Chaque réplique de Tate avait un poids incroyable, je trouve. Ce garçon fait froid dans le dos mais il est inspiré de tous ces ados qui ont vraiment existé et qui ont tué leurs "camarades" par dizaine (la tuerie de Columbine notamment) parce qu'ils souffraient de leur transparence. C'est un sujet très sensible aux Etats-Unis mais qui est pourtant peu exploité en télévision. Merci à American Horror Story de le faire, à sa manière. A noter enfin la révélation que je n'avais pas du tout vu venir : Tate est un des enfants de Constance. N'a-t-elle enfanté que des "monstres" (pardon pour Addie) ? Ce ne serait pas étonnant et c'est ce qui risque bien d'arriver à Vivien aussi. Pas très crédible d'ailleurs ce départ précipité de l'hôpital pendant une échographie alors que, clairement, le docteur a fait comprendre que quelque chose clochait avec ce bébé...

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// Bilan // Les semaines passent et American Horror Story ne perd pas en intensité. Elle se permet même de donner des réponses, bien que celles-ci engendrent irrémédiablement de nouvelles questions. Si les tourments des héros ne parviennent pas à émouvoir ou passionner autant qu'il le faudrait, ceux des personnages satellites, ensentiellement des fantômes, sont bien plus fouillés, fascinants et bouleversants. Les adjectifs finissent par me manquer pour définir ce que la série me fait ressentir. Mais ce n'est pas de la peur en tous cas. De la souffrance ? 

26 octobre 2011

American Horror Story [1x 02 & 1x 03]

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Home Invasion // Murder House

2 460 000 tlsp. // 2 580 000 tlsp.

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    Que vous fassiez partie de ceux qui ont aimé le pilote d'American Horror Story (On en parle ICI) ou de ceux qui ont détesté (on en parle ), vous n'êtes pas restés impassibles et indifférents face à cet objet téléphagique et je crois que le deuxième épisode, avec un peu de bonne foi, pourrait réconcilier tout le monde. Certains tiques de réalisation du premier épisode disparaissent tandis que d'autres se font plus discrets. La forme semble passer au second plan afin de laisser une place plus ample à l'histoire qui, ça se confirme, est bien plus complexe qu'on aurait pu l'imaginer. Alors que Ben Harmon est en déplacement professionnel à Boston officiellement -officieusement il est en compagnie de son ancienne étudiante et maîtresse qui lui annonce qu'elle est enceinte de lui- Vivien et Violet sont livrées à elles-mêmes dans la "Murder House", comme elle est surnommée. Sur fond de haine de la fille pour sa mère, essentiellement basée sur une incompréhension qui sera finalement levée puis digérée, un nouveau drame traumatisant et sanglant va survenir.

   Un groupe de cinglés, dont une patiente de Ben, souhaite reproduire l'un des nombreux meurtres qui a tâché les murs de la demeure, lequel nous a été exposé avec brio en ouverture de l'épisode. Nos deux héroïnes se retrouvent ainsi victimes des pervers qui les brutalisent, les déguisent, les attachent et comptent bien les tuer. La tension est palpable et n'a rien à voir avec celle du pilote dans le sens où elle ne se concentre que sur une peur, essentielle : celle de mourir. Pas de fantômes, de monstres ou de violeurs en combi latex. Moi qui suis très effrayé par l'idée même du cambriolage -pour l'avoir vécu mais de manière soft- je me suis vraiment senti angoissé face à leur détresse. La peur ne les a cependant pas empêchées de rester forte et de se battre jusqu'au bout. C'est finalement l'inquiétant petit ami de Violet qui les délivrera du Mal, mais aussi le gâteau empoisonné de leur bienveillante voisine, de plus en plus flippante. Jessica Lange signe une perfomance à nouveau incroyable, qu'elle se comporte en cougar vénéneuse ou en bourreau (elle enferme tout de même sa fille trisomique dans une salle remplie de miroirs qui la rendent folle). J'ai trouvé cet épisode plus "sobre", si tant est que la série puisse l'être, plus classique aussi mais diablement efficace sans perdre en fascination.

   Le troisième épisode laisse momentanément tomber l'horreur pour user davantage d'humour -avec l'agent immobilière notamment- et approfondir certains personnages en dévoilant des morceaux de leur tragique passé. Il s'ouvre ainsi sur l'assassinat du mari infidèle de Constance, lequel l'a trompée avec Moira, la gouvernante perverse. Celle que voit Ben est donc bien la version jeune de la vieille femme rousse. Ce n'est pas simplement une vue de son esprit, un fantasme. On constate d'ailleurs que les autres hommes semblent la voir comme lui la voit (le détective par exemple). Moira est bel et bien morte ce jour-là, tuée d'une balle dans la tête par Constance (qui explique son oeil de verre au passage), mais ni son corps ni son âme ne sont capables de quitter les lieux. Elle donne l'impression d'être prisonnière mais l'on ignore véritablement de qui, de quoi... De Constance ?

   L'ex de Ben débarque à Los Angeles mais ne fera pas long feu, tuée par Larry Harvey. Je suis moins fan des absences du héros, de ses réveils dans le jardin et de la compagnie de cet homme totalement ravagé, toujours là "au bon moment". Alors qu'en revanche, je trouve toujours Vivien absolument passionnante à suivre dans le moindre de ses faits et gestes. Peut-être parce que Connie Britton est bien meilleure que Dylan McDermott ? Peut-être parce qu'elle est la "sainte" de l'histoire jusqu'ici. N'a-t-elle pas elle aussi des choses à se reprocher, des démons qui la hantent autre que le traumatisme de sa fausse couche ? Le bébé qui grandit en elle la fait déjà souffrir et littéralement saigner. Va-t-elle enfanter le Diable ? Cet épisode explicite également l'histoire du manoir, de la date de sa construction (1922) à ses premiers propriétaires (un scientifique fou, sa femme dévouée mais tout aussi folle...), avec une valse de guest-stars à la clé parmi lesquelles Eric Close (FBI: Portés Disparus) et Matt Ross (Big Love). La prestation de Frances Conroy dans cet épisode était particulièrement impressionnante et son duo avec Jessica Lange est extraordinaire.

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// Bilan // Avec ses épisodes 2 et 3, American Horror Story calme le jeu, abandonne la fureur des premiers instants, accrocheurs ou répulsifs selon les téléspectateurs, pour raconter une véritable histoire, mystérieuse, complexe et passionnante, aux protagonistes tous plus fascinants les uns que les autres, sans mettre de coté pour autant son ambiance si singulière. Quelques premières réponses nous parviennent mais nous en font poser des milliers d'autres. L'addiction est en marche !

13 octobre 2011

American Horror Story [Contre Critique - Pilot]

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American Horror Story est typiquement le genre de série que l'on adore ou que l'on déteste. J'ai adoré (la preuve ICI) mais UglyFrenchBoy, lui, a détesté. A son tour d'exprimer sa version des (mé)faits...

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-  “You think I'm crazy?”

-  “No. I think you're creative.”

   Cette simple réplique résume à elle seule l’état d’esprit de Ryan Murphy et Brad Falchuk en proposant le grand n’importe quoi qu’est le pilote d’American Horror Story, sous couvert d’une prétendue créativité artistique. Son seul mérite est celui de diviser son public, au point d’assister à un clivage. Une (agaçante) tendance s’élève cependant, celle de justifier les qualités de la série en condamnant ceux qui ne « peuvent pas aimer », comme si le fait de ne pas adhérer à ce fourre-tout visuel faisait des détracteurs des êtres « pudiques »  et « cartésiens ». Je dirais, au contraire, et uniquement pour contrebalancer, qu’il s’agit d’une différence d’exigence.

   Le problème n'est pas tant que certaines scènes soient dérangeantes ou angoissantes. Après tout, c'est ce que l'on attendait du projet et ce que l’on a peu eu dans ce format à ce jour. Ce qui est contestable, en revanche, c'est sa mise en scène, l’exercice de style que représente ce pilote, sans compter une trame narrative bancale.  Sous prétexte de s’affranchir d’un quelconque format, ce qui, soit prête à sourire venant des deux papas de Glee, soit traduit une grande frustration chez Ryan Murphy, on nous propose une œuvre dénuée de sens. Il n’en faut pas plus pour certains pour crier au génie. Reste à comprendre où est le génie. American Horror Story semble ne rien dénoncer, fait dans la surenchère (fétichisme, masturbation, adultère, automutilation et fausse couche), feint de jouer sur des références au genre qui se résument à une succession de clichés et effraie en réalité uniquement par le sadisme des scénaristes vis-à-vis des personnages. En ressortiront-ils indemnes ? Probablement pas, mais la série ne prendra sans doute pas la peine de s’intéresser à ses héros, seulement à leurs névroses. 

   Ben Harmon (Dylan McDermott) craint de céder à ses pulsions (la masturbation suivie par ses pleurs peut être une bonne idée sur le papier mais s’avère totalement ridicule à l’écran), et la maison en joue en transformant, à ses yeux uniquement, la housekeeper  (d’ailleurs qui rémunère cette bonne vieille femme incarnée par Frances Conroy ?) en fantasme de la soubrette, ô combien répandu. Il en est de même pour sa femme, Vivien Harmon (Connie Britton) qui, au final, voit son mari à la place de la combinaison en latex qui la pénètre. S’agit-il du jeune Tate ou d’un fantôme ? Difficile d’obtenir du concret face à une scène de viol dérangeante (uniquement pour sa représentation). La demeure explore donc  les peurs les plus intimes de chacun et la caméra les retranscrit de façon peu subtile. De même qu’en grandissant dans un tel environnement, Violet (Taissa Farmiga) va inévitablement s’engouffrer dans une folie que l’on peut attendre d’une adolescente dont la scarification n’a pour but que d’attirer l’attention sur elle (« Si tu veux te tuer, coupe verticalement. Si tu veux te tuer, ferme aussi la porte »). Voilà une galerie de personnages unidimensionnels peu réjouissante et prétexte à de l’exhibitionnisme de bas étage comme les chaînes du câble ont eu trop tendance à proposer il y a quelques années. Du côté des secondaires, on peut apprécier Jessica Lange, qui en fait tout de même trop, pour mieux se désoler de voir Denis O’Hare réduit à une effrayante apparence. Après sa participation dans True Blood ou encore son rôle de médecin dans L’Échange,  l’acteur a prouvé que son charisme et son seul jeu suffisaient à le rendre effrayant et crédible en psychopathe. Un artifice de plus dans un pilote qui n’en manque pourtant  pas. Ses traces de brûlures justifient ici une tendance à la pyromanie qui semble habiter les patriarches, comme si tous les cas précédents ne suffisaient pas…

   Si l’on fait abstraction du questionnement légitime sur la santé mentale des créateurs, c’est surtout sur le talent de réalisateur de Murphy et de ses équipes techniques que l’on peut s’interroger.  Les changements brusques de focales, totalement désuets, appuyaient l’effroi dans les films d’Hitchcock, ils soulignent simplement une utilisation hasardeuse ici. Quant aux effets maîtrisés, généralement déconseillés aux épileptiques, ils ont été maintes fois utilisés dans le cinéma d’épouvante ces dernières années, tels les flashs dans la cave pour servir un montage stroboscopique. Pour couronner tous les poncifs du genre, American Horror Story ne se prive pas de plans sur des membres du corps humain conservés dans du formol. Reste un tout totalement disparate, une tentative désespérée d’instaurer une ambiance glauque puisque le scénario ne suffit visiblement pas... On échappe heureusement au sanguinaire, mais au profit du glauque et de l’exhibitionnisme, le tout dans un exercice de style proche du brouillon. Les choix esthétiques, intrigants dans les trailers, se révèlent n'être que des cache-misère. Un beau gâchis au vu du casting.  

Et vous, de quel coté vous rangez-vous ?

08 octobre 2011

American Horror Story [Pilot]

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Pilot // 3 200 000 tlsp.

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 What About ?

La famille Harmon, composée d'un psychiatre pervers, de sa femme meurtrie et de leur fille satanique, s'installe dans un manoir... hanté, après l'adultère du père et la fausse couche de la mère. Les esprits rôdent et sont bien décidés à les torturer, afin de les confronter à leurs plus grandes peurs...

Who's Who ?

Créée par Ryan Murphy (Popular, Nip/Tuck, Glee) et Brad Falchuck (Glee, Nip/Tuck). Avec Dylan McDermott (The Practice, Big Shots, Dark Blue), Connie Britton (Friday Night Lights), Jessica Lange (King Kong, Frances, Tootsie), Denis O'Hare (True Blood, The Good Wife), Frances Conroy (Six Feet Under), Alexandra Breckenridge (Dirt), Evan Peters (Kick-Ass), Taissa Farmiga...

So What ?

    Le sucre acidulé ne dégouline plus de la bouche de Ryan Murphy, le créateur de Glee. Quelle est donc cette substance sombre et rance mais familière qui suinte de son esprit malade ? American Horror Story vous pénétre par tous les pores, vous met tout les sens en éveil, vous fascine et ne vous lâche plus. La question n'est finalement pas de savoir s'il s'agit d'une bonne série, car c'est indéniablement le cas -elle est originale, dérangeante, marquante et bouleversante à sa manière, ce que la quasi-totalité des dramas d'aujourd'hui ne sont pas- mais plutôt pendant combien de temps et jusqu'à quel degré êtes-vous capable de résister à son ambiance foutraque et angoissante, coincé entre son manoir glauque et ses héros cafardeux, parfois sinistres. Il y a les téléspectateurs qui aiment se faire bousculer, pousser dans leurs retranchements, qui acceptent de faire sonder leur noirceur et leur part de perversion -je fais partie de ceux-là- et qui apprécieront donc la série à sa juste valeur, uniquement pour ce qu'elle est, jusque dans ses maladresses, et puis les autres, plus fragiles, plus cartésiens, plus prudes, qui ne verront dans cette tentative qu'un vain besoin d'effrayer et de choquer. 

   A moins d'être terrorisé à la vue de la moindre goutte de sang, du premier squelette venu ou du trisomique du coin, il ne me semble pas que l'on puisse être horrifié une seule seconde par cette Story qui suggère bien plus qu'elle ne montre. Décrite comme un thriller psychosexuel, une définition qui lui sied effectivement bien, la série privilégie toujours l'ambiance, quitte à user d'effets de style peu convaincants. Le style vieux film avec la bande qui saute, par exemple, n'est pas une grande réussite. La réalisation de Ryan Murphy est proche de celle de Nip/Tuck lors de ses heures les plus glorieuses (j'ai pensé inévitablement au Découpeur en voyant arriver cette silhouette toute de latex vêtue) et un excellent travail a été fait au niveau de la bande-son tant dans les morceaux choisis que dans les compositions originales. Les sons étranges et sourds, mettalliques, se confondent aux chuchottements et aux gémissements qui bruissent de toutes parts dans la maison des fantasmes et des phobies.

   La distribution est absolument impeccable, du plus petit au plus grand rôle. Dylan McDermott, après des années de perdition, retrouve enfin un personnage d'envergure, dont les consultations, proches de celles de Troy et McNamara, risquent de nous réserver parmi les scènes les plus profondes et introspectives de la série. Le patient du premier épisode, dangereux et amené à rester dans les parages, est ahurissant. Sa vision de la vie, qui consiste à la réduire à la mort, témoigne d'une réalité d'aujourd'hui qui rappelle la tuerie de Colombine, entre autres. Passera-t-il à l'acte ? C'est d'ailleurs dingue comme les passages se déroulant au lycée sont à l'opposé, au moins dans la forme, de Glee. On est dans un tout autre monde, alors que les problèmes rencontrés par ce garçon ou par la fille du héros, sont les mêmes que ceux de la chorale de McKinley. De toute façon, tous les personnages d'American Horror Story, sans exception, de la voisine psychotique (exceptionnelle Jessica Lange) à la gouvernante provocante (étonnantes Frances Conroy et Alexandra Breckenridge) en passant par le serial-killer brûlé vif (toujours parfait Denis O'Hare), sont d'une force incroyable. Vivien Harmon, la mère de famille, obtient probablement la palme du personnage le plus habité grâce à la performance sans fausse note de Connie Britton. La scène de dispute est un des moments les plus intenses à la télévision cette année.

   American Horror Story, comme Nip/Tuck en son temps, repousse les limites de ce qu'il est possible de faire à la télévision américaine en osant le malsain, en déjouant le Malin. Ultra-référencée, elle est une poupée vaudou désarticulée qu'il faudra apprendre à apprivoiser avec le temps, pour qui se sent d'attaque.

How ?