11 mai 2014

Grille CBS [Prédiction Finale]

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CBS a fait ses choix pour la saison 2014/2015 en commandant les dramas MADAM SECRETARY, SCORPION, STALKER, NCIS: NEW ORLEANS et CSI: CYBER. Bien plus que prévu en somme. Et les comédies THE ODD COUPLE et THE MCCARTHYS

 

Grille octobre

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- The MentalistEn choisissant de la renouveler pour une dernière saison de 13 épisodes, à la surprise générale (sans doute un sombre deal passé avec Warner Bros.), je vois mal CBS la changer à nouveau de case, ou la repousser à la mi-saison voire à l'été. Non, elle va s'en servir pour assurer le minimum syndical à l'automne avant de prendre un peu plus de risques par la suite. 

- Pendant que le Thursday Night Football tentera de faire de beaux scores -ce qui n'est pas une certitude- CBS pourra en profiter pour utiliser The Big Bang Theory à bon escient : faire remonter le carré sitcoms du lundi en perdition depuis deux ans, et encore plus depuis la fin de How I Met Your Mother. Lancer une nouveauté juste derrière semble essentiel, avant d'espérer un effet domino sur le reste des audiences de la soirée. Puisque How I Met Your Dad n'a pas été choisie, tentons The Odd Couple !

- Madam Secretary : même si The Good Wife a certainement encore au moins deux belles années devant elle, il n'est pas trop tôt pour préparer la relève et cette série pourrait en être le digne successeur. Etant donné que la lancer le dimanche est une opération très risquée, CBS va peut-être en tenter une autre qui l'est un peu moins mais qui reste compliquée. Oui, face à The Blacklist (puis State Of Affairs) et Castle, Madam Secretary va avoir fort à faire. On peut même dire que c'est une mission suicide. Mais honnêtement, aucune case ne lui sied véritablement alors... 

- NCIS: New Orleans : à la suite de la série mère, le programme ne peut pas être mieux placé. Si CBS veut vraiment en faire quelque chose, c'est là qu'elle doit la tenter et nulle part ailleurs. NCIS: Los Angeles est censée être assez solide pour aller ailleurs, en l'occurrence le mercredi soir où elle aurait pour mission de rebooster une soirée qui roupille depuis trop longtemps.

- Criminal Minds / Stalker : dans un premier temps, la série produite par ABC Studios a tout intérêt à n'être décalée que d'une heure et de profiter du boost potentiel de NCIS: Los Angeles, lui redonner des forces avant de partir pour un autre voyage... au dimanche ! Etant donné que la série est proche de sa fin (dernière saison ?) et qu'elle rapporte peu à CBS, la caser dans sa soirée "poubelle" semble être logique. Stalker, la nouvelle série de Kevin Williamson qui traire de sujets pas si éloignés de ceux de Criminal Minds, pourrait prendre sa suite dignement à partir de la mi-saison. Et Warner Bros. qui la produit sera contente. Elle aura été présente sur la chaîne toute la saison via Stalker et Mentalist

- CSI : retour à la case départ pour la série policière autrefois révolutionnaire qui pourrait prolonger sa durée de vie d'une ou deux années grâce à un positionnement le vendredi où la concurrence est moindre et les attentes aussi, notamment sur les 18/49 ans où elle ne cesse de faiblir. 

 

Grille à partir de novembre

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- Two and a half men : pour sa dernière saison, la sitcom pourrait retourner dans sa case historique, histoire de passer le relais à Mom. Ce serait alors une soirée entièrement dédiée aux comédies avec des duos improbables. 

- Scorpion : potentiel aspirateur à 18/49 ans, ce Big Bang Theory du drama pourra profiter pendant six semaines du Thursday Night Football comme plateforme de promotion avant d'être lancée et ne pas être diffusée trop loin de son modèle comique. Et puisqu'il faut bien mettre une autre sitcom entre les deux, autant laisser The Millers qui n'a pas une rétention extraordinaire sur Big Bang mais qui fait le job décemment. 

- Elementary : Oui, la série aux scores bien pâles pourrait quand même rester dans sa case, en espérant que Scorpion lui donne un boost. Le fait est que tout porte à croire qu'elle risque de s'effondrer dans une autre case. Elle est très fragile... 

 

Grille printemps

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- Battle Creek :  Une fois la première saison de Madam Secretary terminée -je l'imagine courte, mais il se peut qu'elle soit surtout annulée- la série de Vince Gilligan pourra commencer. Il aurait sans doute été préférable de la lancer dès l'automne, mais le manque de place ne le permettait pas. Un lancement après le match de footbal américain précédant le Superbowl pourrait lui mettre un pied à l'étrier. A moins que CBS ne réserve cet honneur à Stalker

- Mike & Molly / The McCarthys : Une fois Two and a half men achevée (si elle obtient bien une dernière saison de 13 épisodes et pas plus), CBS pourra faire appel à sa valeur sûre Mike & Molly et la mettre en duo avec sa nouveauté familiale potentiellement compatible The McCarthys

- CSI: Cyber : Une fois la saison d'Elementary terminée (légèrement raccourcie ?), CBS pourrait offrir une dizaine d'épisodes au spin-off des Experts pour se faire la main après Scorpion. Elles partagent quelques ressemblances dans le thème. 

 

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09 mai 2014

CBS Pilotes 2014/2015 [Bilan & Prédictions]

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TOP DRAMAS

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 1. MADAM SECRETARY

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2. SCORPION

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3. RED ZONE

4. STALKERS UNIT

5. UNTITLED WALL STREET DRAMA

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6. ONLY HUMAN

Déjà commandée en série : BATTLE CREEK 44030377

 

Non lues/vues : NCIS: NEW ORLEANS / CSI: CYBER

 

   Depuis deux saisons, CBS repose entièrement sur ses acquis, ne parvenant pas à imposer ses nouveaux dramas. La saison passée, la chaîne a voulu prendre des risques avec Hostages, série hyper feuilletonnante, mais n'a pas été récompensée pour cette audace. Sans doute parce que le programme n'était pas à la hauteur. Intelligence, beaucoup plus dans l'esprit CBS, n'a pas convaincu non plus. Là encore, c'est la qualité qui laissait clairement à désirer. Quant à Reckless, elle ne débutera que cet été mais on ne peut pas dire que la chaîne donne l'impression d'y croire. A la surprise générale, NCIS: Red et surtout Beverly Hills Cop avaient été boudées, et elle a dû un peu le regretter... 

   Du coup, pour la saison prochaine, CBS a voulu assurer ses arrières avec la commande de deux nouveaux spin-offs : NCIS: New Orleans et CSI:Cyber. L'un et/ou l'autre pourraient être validés, le second ayant apparemment l'avantage selon les dernières rumeurs. Honnêtement, hormis pour l'intérêt financier évident qu'il représente, notamment à l'international (ce qu'on ne peut pas balayer d'un revers de main), le spin-off de NCIS ne me semble pas pertinent aujourd'hui. Il y a deux ou trois ans peut-être. Personne ne peut ignorer que cette saison, les deux séries de la franchise ont un peu baissé. Avec plus de 17 millions de fans pour l'une et plus de 14 millions pour l'autre, on ne peut pas dire qu'elles soient en danger et elles sont a priori là encore pour longtemps, mais le public ne va-t-il pas automatiquement rejeter la troisième ? Cela va dépendre de sa case, forcément. Programmée derrière NCIS le mardi, elle a moyen de faire à peu près les mêmes audiences que NCIS: Los Angeles. Mais ailleurs, je ne donne pas cher de sa peau. Et déplacer NCIS: Los Angeles est un peu risqué. Cela pourrait grandement réduire sa durée de vie. Bref, je pense que ça ne vaut pas le coup. 

   Concernant CSI: Cyber je suis encore plus persuadé que CBS s'expose à un flop. La franchise des Experts est quasiment morte et vouloir la réanimer maintenant n'a pas tellement de sens. Le backdoor pilot a été bricolé à la va-vite au dernier moment, ce qui donne un épisode qui introduit l'héroïne de la potentielle série, incarnée par Patricia Arquette -dont il ne faut à mon avis pas surestimer le pouvoir d'attraction- mais pas du tout le reste de son équipe. Bref, on ne sait pas vraiment à quoi CSI: Cyber ressemblera au final. De plus, on parle quand même du spin-off d'une série qui ne séduit plus qu'entre 9 et 10 millions de téléspectateurs, ce qui est faible pour CBS. Le taux sur les 18/49 ans est sous les 2 points (1.7 pour le backdoor). Que peut en attendre CBS franchement ? J'attendrais la mi-saison déjà, si vraiment elle tient à la commander...

   Le pire dans tout ça, c'est que CBS n'en avait pas besoin ! Elle a commandé de bons pilotes dans l'ensemble. J'espère que les plus méritants décrocheront, comme il se doit, leur billet pour la grille 2014/2015. Madam Secretary est une évidence. Le script est excellent, la chaîne ne peut PAS passer à côté ! Il paraît que c'est aussi le favori de la présidente de la chaîne. La difficulté va être de la programmer au mieux. Le dimanche avec The Good Wife paraît logique, mais lancer une nouveauté un soir où, à cause des prolongations du football, il y a presque toutes les semaines des décalages, avec parfois un début à 22h30 voire 22h45 au lieu de 22h pour la dernière série de la soirée... c'est une manoeuvre délicate ! Face à Scandal le jeudi soir ? Impossible. Le lundi à 22h ? Dur dur... Bref, ça va être compliqué. Scorpion est une évidence dans un autre style. C'est le procedural hyper efficace, tourné vers l'action, l'humour et les personnages, qui peut marcher fort sur les 18/49 ans. Son côté "The Big Bang Theory du drama" est un argument marketing imparable. A la place de CBS, je me servirais de la Thursday Night Football pour la promouvoir à fond pendant six semaines avant de la proposer à partir de novembre. Cependant, aux dernières nouvelles, sa commande n'est vraisemblablement pas assurée...

   Stalkers Unit, la nouvelle série de Kevin Williamson, doit atterrir sur la grille de CBS pour plusieurs raisons. D'abord parce qu'elle est produite par Warner Bros. et non CBS Television Studios, et c'est la seule du lot. Avec l'arrêt plus que probable de The Mentalist, ce serait une bonne contrepartie. Et puis elle a la capacité de prendre la place d'Esprits Criminels à terme, laquelle n'est pas éternelle, chaque nouvelle saison accouchant après des négociations dans la douleur. Il semblerait que CBS soit plus encline à la proposer à partir de la mi-saison avec une quinzaine d'épisodes. Pourquoi pas... Elles pourraient se partager une case avec Battle Creek, la série de Vince Gilligan et David Shore avec Josh Duhamel, qui n'ira à mon avis pas au-delà des 13-15 épisodes par saison. Le script de la très feuilletonnante et presque soapy Red Zone m'avait beaucoup plu, mais de toute évidence, elle n'est pas très adaptée à la chaîne. Puis les projets autour du terrorisme ont explosé cette année, c'est un peu celui de trop. Peut-être pour l'été, et encore... C'est dommage. Le Untitled Wall Street Drama n'est pas mauvais non plus, mais trop câblé. Et Only Human est une série médico-familiale moyenne et pas du tout CBS dans l'esprit. 

   Pour récapituler, je prédis les commandes de : MADAM SECRETARY, SCORPION, STALKERS UNIT et CSI: CYBER.

 

TOP COMEDIES

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1. THE MCCARTHYS

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2. HOW I MET YOUR DAD

3. SAVE THE DATE

4. THE ODD COUPLE

5. GAFFIGAN

6. GOOD SESSION

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7. CUZ-BROS

8. MORE TIME WITH FAMILY

 

 Avec les renouvellements de The Big Bang Theory, Two and a half men, 2 Broke Girls, Mike & Molly et les nouveautés Mom, The Millers et possiblement Friends With Better Lives in extremis, on ne peut pas dire que CBS ait besoin de nombreuses nouvelles comédies. Cela tend cependant à prouver que le carré du jeudi nouvellement installé va rester en place au moins une saison supplémentaire. The Crazy Ones, Bad Teacher et We Are Men n'ayant pas pris côté single-camera, j'aurais tendance à éléminer d'office le seul projet du genre en course cette année : Good Session. Il est pourtant sympathique, mais ce n'est pas ce que le public de CBS attend. 

   Le reste des projets en lice fonctionne par paire. En gros, CBS a commandé trois paires de projets qui se ressemblent. How I Met Your Dad, spin-off de How I Met Your Mother comme son nom l'indique, et Save The Date sont deux propositions de comédies de potes/romantiques et les deux se valent sur le papier. Ce qui fait la différence, c'est la notoriété de facto de la première et sa distribution plus solide. Même si le final de la série mère a fait enrager beaucoup de fans de la première heure, ils seront tous là pour découvrir au moins le premier épisode de HIMYD. C'est sûr. Probablement aidée par The Big Bang Theory au démarrage, elle peut fonctionner. CBS a besoin d'elle. Elle sera commandée. La chaîne ne peut pas ne pas le tenter ! Et Warner pourrait alors la proposer à une autre chaîne, qui sauterait évidemment sur l'occasion ! Dans la bataille The Odd Couple Vs. Cuz-Bros, deux comédies sur des duos mal assortis, la première l'emporte à la fois pour son script plus réussi, mais aussi pour son casting : Matthew Perry Vs. Geoff Stultz quoi. Alors on sait que l'ancien Friends essuie les échecs, mais cette fois, ce pourrait être la bonne !

   Enfin, nous avions le trio sitcoms familiales The McCarthys, Gaffigan et More Time With Family. Les deux premières sont des redeveloppements. Elles étaient déjà en compétition l'an dernier sous forme de single-camera et ont été rentranscrites en multi-camera. Pour la première, c'était même une évidence. Je le disais lors de ma critique du premier script : pourquoi en avoir fait une single ? Je n'ai pas eu accès à la seconde version mais si peu de choses ont été changées -en dehors du casting- alors nous avons là un winner ! Oui mais pas de stars dedans... Pour Gaffigan, je n'ai lu que la deuxième version, celle en compétition aujourd'hui, et je l'ai trouvé assez réussie. Jim Gaffigan est un comédien de stand-up populaire, c'est un argument indéniable. More Time With Family a beau avoir Alyson Hannigan dans sa distribution, son pilote n'a pas grand intérêt. C'est de la sitcom familiale classique de chez classique qui aura sans doute du mal à s'imposer sur CBS. 

 Pour récapituler, je prédis les commandes de : HOW I MET YOUR DAD, THE ODD COUPLE et GAFFIGAN.

 

 Et voici une grille imaginaire, qui vaut ce qu'elle vaut (j'attends vos commentaires) :

GRILLECBS

NB: Stalkers Unit pourrait prendre la place de Battle Creek à compter de la mi-saison (deux saisons de 13-15 épisodes chacune). CSI:Cyber pourrait débarquer en fin de saison dans la case précédemment occupée par Scorpion. Gaffigan pourrait prendre la place de Two and a half-men si la dernière saison ne compte que 13 épisodes, ce qui n'a toujours pas été confirmé.

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29 avril 2014

Gaffigan [Pilot Script]

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GAFFIGAN (2014) 

Comédie (Multi-Camera) // 22 minutes

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Ecrit et produit par par Jim Gaffigan (My Boys) & Peter Tolan (Rescue Me, Rake, Papa Bricole). Réalisé par Seth Gordon (The Goldbergs, Comment tuer son boss ?). Pour CBS, Sony Pictures Television, Fedora Entertainment & Brillstein Entertainment Partners. 42 pages.

Le quotidien mouvementé de Jim Gaffigan, comédien de stand-up passé de mode et père de famille, de sa femme et de leurs cinq enfants, qui partagent un petit deux-pièces new-yorkais...

Avec Jim Gaffigan, Ashley Williams (How I Met Your Mother), Adam Goldberg (NYC 22, The Unusuals, Two Days In Paris)...

 

   "Penis"… "Vagina" Oui, ce pilote contient les mots-clés nécessaires à tout pilote de CBS qui se respecte. Casée entre 2 Broke Girls et Two and a half men, Gaffigan serait parfaitement à son aise. Contrairement à More time with family qui se présente finalement comme une comédie familiale assez classique, très 90s, comme on en a déjà vu beaucoup, celle-ci tente le pari fou d’être un Louie grand public. Et c’est en partie réussi...

   Jim Gaffigan, tout comme Louis C.K., est un grand homme roux avec de l’embonpoint qui exerce le métier de comédien de stand-up, quand il n’est pas un père de famille disons… méga boulet. Dans ce premier épisode, il est pour la première fois depuis longtemps à la maison un jour de vacances et sa femme devant à tout prix boucler un projet, elle lui demande de faire à sa place plusieurs courses dans New York. Il doit présenter un dossier d’inscription à une école, déposer des cupcakes dans une autre, passer par l’église du coin, ce qui semble relativement simple et faisable pour le commun des mortels. Sauf qu’il va faire quelques bêtises en cours de route. Il croise des personnages hauts en couleur dont son meilleur ami, un travesti que l’on prend pour sa femme, un prêtre noir tout juste débarqué aux Etats-Unis et très heureux d’être là ou encore un garde qui bien des années plus tôt était présent à un de ses spectacles au cours duquel sa femme s’est faite insulter de "fat whore" ! Bref, entre sa poisse légendaire, son étourderie chronique et son manque de jugeote, il n’en rate pas une ! Le pilote est rythmé, amusant, un peu vulgaire mais pas trop, pathétique aussi d’une certaine manière. Ce n’est évidemment pas aussi brillant que Louie, ça manque de fond, mais c’est une proposition intéressante que CBS nous fait là.

   Gaffigan, comme son titre l’indique, est un exercice de style entièrement dévoué à son créateur, scénariste, producteur et acteur principal, dont la réussite reposera donc uniquement sur ses épaules. Ne connaissant pas le monsieur, j’ignore si le pilote peut être aussi sympa qu’il en a l’air sur le papier, mais CBS a peut-être trouvé là une sitcom familiale qui sort des sentiers battus, sans révolutionner quoi que ce soit pour autant…

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25 avril 2014

Wall Street [Pilot Script]

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UNTITLED WALL STREET DRAMA

Drama // 42 minutes

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Ecrit par Benjamin Cavell (Justified) & Taylor Elmore (Justified, Cold Case). Réalisé par Niels Arden Oplev (Millénium, Under The Dome). Produit par John Cusack. Pour CBS, CBS Television Studios & Timberman-Beverly Productions. 

Jackson Holliday, trader, et Jamie Meadows, avocate, travaillent au sein de la firme Capital Management, au coeur de Wall Street. Alors qu'ils entament une relation amoureuse dangereuse, ils sont l'un comme l'autre sur le point d'être promus et se retrouvent malgré eux embarqués dans une affaire de coruption qui va faire grand bruit...  

Avec Charlie Cox (Boardwalk Empire, Stardust), Maggie Grace (Lost, Taken, Californication), David Morse (La ligne verte, Treme, John Adams), Sophie Okonedo (The Slap, Hotel Rwanda, After Earth), Jodi Lynn O'Keefe (Prison Break, Nash Bridges), A.J. Buckey (Les Experts: Manhattan, Justified), Joseph Lyle Taylor (Justified) et la participation de John Cusack.

 

   "Une exploration du monde de la finance à Wall Street, du pouvoir et de l'argent..." Voici le pitch officiel de CBS quant à ce pilote sans titre. Je déteste qu'un pilote n'ait pas de titre. Comme si les scénaristes n'étaient pas allés jusqu'au bout de leur travail. Je trouve ça quand même assez révélateur de ne pas trouver de titre ET de proposer un pitch simplifié à l'extrême tant il est compliqué de résumer l'histoire en trois lignes. Pourtant j'ai réussi à vous en proposer un un peu plus détaillé, sans me casser la tête pendant des heures. Bref, ce que je veux dire c'est que Wall Street -on va l'appeler comme ça pour simplifier- est un projet complexe, aride, très très CSP+ par essence, qui n'a pas tellement sa place sur CBS. En cas de commande, je ne vois pas bien ce que la chaîne peut en faire. Clairement, sans le succès du Loup de Wall Street et le nom de John Cusack à la production (et au casting dans un "petit" rôle par son temps d'antenne mais "grand" par son importance), jamais CBS n'aurait commandé un pilote ! D'un autre côté, ce n'est pas assez bon pour être du Showtime. Je m'attendais à quelque chose de bien plus solide. Au final, je me suis un peu ennuyé une fois les deux premiers actes passés.

   Le premier acte est vraiment bon car il présente très efficacement la plupart des personnages principaux, au cours d'une soirée sur le toit du building de la firme. C'est classe, fluide, amusant grâce à des dialogues piquants, on ne sent pas mis de côté même quand les traders parlent de choses pour nous relativement opaques. Mais ça ne va malheureusement pas durer. Nos deux héros, Jackson et Jamie, nous offrent en plus une romance sur un plateau. Leur rapprochement manque sans doute de naturel, d'autant qu'ils sont déjà censés se connaître un peu, mais il fonctionne bien. Et là, surprise, une grosse détonation retentit, les lumières s'éteignent, les réseaux Wifi ne marchent plus, les lignes téléphoniques sont coupées... Une attaque terroriste ? Un nouveau 9/11 ? La panique s'empare de la foule et nos deux héros en profitent pour s'enfuir... et finalement baiser chez monsieur. Oh, ils sont inquiets bien sûr, mais visiblement New York n'est pas en train de disparaître de la carte donc autant s'amuser tant il est encore temps... Moi, j'étais quand même un peu plus inquiet qu'eux, et excité aussi. Que s'est-il passé ? La réponse arrive très rapidement dans le deuxième acte : une explosion dans les profondeurs de la ville a conduit à l'effrondrement de tunnels d'eau. En gros. La réparation va être longue et les habitants n'ont plus d'eau courante jusqu'à nouvel ordre, mais à part ça : tout va bien dans le meilleur monde. Arf. C'est tout de suite moins excitant. Mais il s'avère que si tout cela n'est pas d'origine terroriste, ça a tout de même un lien avec nos amis traders et surtout leur grand patron, le big bad pourri jusqu'à l'os malgré ses airs sympathiques. Et à partir de là... ben on comprend plus grand chose.

    Dans les trois actes suivants, les protagonistes se multiplient, ils sont de moins en moins bien présentés, mais par choix. Ils sont tous un peu louches, ils ont des hidden agenda, et leur rôle dans toute cette affaire est très floue. De quels côtés sont-ils ? Quels sont leurs intérêts ? C'est bien, il n'y a pas les méchants d'un côté et les gentils de l'autre, surtout qu'il s'avère que Jackson est depuis le début sous couverture à Capital Management ! Mais plus on avance, plus ça se complique, plus on est largué, plus on s'ennuie et moins on a envie de comprendre ! Ce n'est pas totalement opaque, il reste des éléments auxquels se raccrocher et les héros restent intéressants, intrigants même, mais il manque un souffle épique disons. Pour qu'on ait envie de se laisser embarquer au-delà du pilote, il faudrait pouvoir s'impliquer émotionnellement. Or, tout est très froid, implacable, et ça ne rigole plus beaucoup. Là, asurrément, quelques connaissances sur Wall Street et son fonctionnement sont nécessaires. Moi qui n'ai même pas les bases -jamais rien compris à la Bourse pour la faire courte- je me suis senti mis de côté. On n'essaye pas de m'expliquer. Ca manque de pédagogie. Il en faut un minimum, surtout sur un pilote. Il y a un mort vers la fin. Forcément. Pour bien nous montrer que tout ça c'est pas de la rigolade ! Et ça fait indéniablement son petit effet.

    Wall Street n'est pas une série que j'ai envie de regarder. L'univers qu'elle décrit ne m'intéresse pas et sa façon de m'y introduire ne m'a pas convaincu. J'ai parfaitement conscience que c'est très personnel comme sentiment et que certains d'entre vous y trouveront certainement leur compte. Mais je ne vois pas cette série être un succès, ni tenir sur le long terme. CBS a bien des pilotes plus efficaces et grand public pour s'encombrer avec celui-ci, à moins d'en faire une mini-série...

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22 avril 2014

Cuz-Bros [Pilot Script]

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 CUZ-BROS

Comédie (multi-camera) // 22 minutes 

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Ecrit et produit par Erik Sommers (Community, American Dad!) & David Caspe (Happy Endings, Marry Me). Réalisé par Pamela Fryman (How I Met Your Mother, Frasier). Pour CBS, CBS Television Studios, Sony Pictures Television & FanFare Productions. 49 pages.

Nick, la trentaine, animateur sportif populaire d'une chaîne locale de Los Angeles, collectionne les conquêtes et trouve sa vie parfaite comme elle est. Lorsque son cousin Barry, un simple d'esprit au coeur tendre, débarque de sa Floride natale, il n'a pas d'autre choix que de l'accueillir chez lui. La cohabitation devient très rapidement compliquée et tout porte à croire que Barry n'est pas près de partir...

Avec Geoff Stults (7 à la maison, October Road, The Finder, Enlisted), Parker Young (Suburgatory, Enlisted), Andrea Anders (Joey, The Class, Better Off Ted), Debra Jo Rupp (That '70s Show, Friends, Better With You), Ian Gomez (Cougar Town, Felicity)...

 

   Rien qu'en lisant le pitch de Cuz-Bros, on s'ennuie. Parce qu'on a l'impression d'avoir déjà vu ça un million de fois. Ce n'est d'ailleurs pas une impression. Clairement, les créateurs de cette sitcom ne se sont pas foulés pour trouver une idée. L'un d'entre eux n'est autre que David Caspe, le créateur d'Happy Endings, également à la tête du pilote Marry Me pour NBC (qui ne fait pas non plus preuve d'une grande originalité). Mais à bien y regarder, l'histoire de départ de Happy Endings n'était pas non plus très neuve. Cela a quand même donné une super série, partie trop vite. Et puis de toute façon, on le sait, les pitchs les plus originaux ne font pas forcément les meilleures séries, et c'est particulièrement vrai pour les sitcoms. On donne souvent l'exemple de Friends. C'est le meilleur qui puisse exister. Malgré tout, c'est le principal problème que j'ai rencontré à la lecture du pilote de Cuz-Bros. Ce sentiment que tout est extrêmement prévisible du début à la fin. Et c'est dommage, parce que c'est plutôt marrant.

   Nick, incarné par le beau gosse Geoff Stults, n'est pas le genre de personnage que j'aime en général. Les mecs super beaux et méga prétentieux, évidemment homme à femmes, ça me gonfle. Sauf quand c'est Barney Stinson, parce qu'avec son excentricité il a justement su réinventer ce stéréotype cher à la comédie. Ou Joey Tribiani, parce qu'il n'était pas si beau que ça mais il y croyait tellement fort que ça le rendait somewhat charmant. Et en plus il était stupide, donc amusant à ses dépens. Je grossis les traits, hein. Bref, Nick EST le stéréotype et rien ne parvient à le sauver, pas même sa prise de conscience en fin de pilote. Barry est disons... moins agaçant parce qu'il a de facto le bon rôle. Il fait n'importe quoi, mais ses actions, même les plus stupides, partent toujours d'un bon sentiment. Quand il fait une bêtise, on a envie de le cajoler. Et encore plus quand on sait qu'il est joué par Parker Young. Qui a vu Suburgatory ou Enlisted sait de quoi je parle. D'ailleurs, de reformer une partie du trio d'Enlisted (même pas encore officiellement morte) dans ce pilote est une excellente idée ! La FOX a bien merdé sur ce coup et CBS a bien raison d'en profiter ! Tout ça pour dire que le duo va marcher parce qu'il y aura suffisamment de complicité entre les acteurs pour que l'on y croit.

    Mais le pilote avance inexorablement comme on pouvait s'y attendre, avec quelques bonnes répliques, quelques situations amusantes, le tout dans un format multi-cam écrit comme si c'était une single-cam, ce qui est étrange. Les personnages secondaires ne brillent pas particulièrement : je m'attendais à ce que la maman de Nick soit hilarante, surtout quand on choisit Debra Jo Rupp pour l'interpréter, mais non, elle n'a rien de spécial. L'actrice saura la rendre spéciale, c'est ce qui est rassurant. Puis les collègues de Nick sont... oh ils ont un peu d'humour, ils sont cyniques, mais rien de formidable à se mettre sous la dent. Stacey, la co-animatrice de Nick, est aussi son intérêt amoureux. Celle qu'il va passer toute la saison à essayer d'avoir parce que c'est en fait la seule qui lui résiste. C'est aussi super classique ça. Boring. Alors il est vrai que la fin est plutôt sweet, lorsque les deux cousins se remémorent leurs souvenirs de jeunesse et se découvrent au moins un point commun : l'un a perdu son père, l'autre sa mère. C'est mignon. 

   Cuz-Bros est un pilote moyen, partiellement amusant mais vraiment trop simpliste et classique pour mériter une commande. De plus, son concurrent direct est le The Odd Couple de Matthew Perry puisque les deux thèmes sont similaires. Et ce dernier a l'avantage, en plus de sa star, d'être plus efficace et d'avoir des personnages féminins qui existent vraiment. 

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19 avril 2014

Scorpion [Pilot Script]

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SCORPION 

Drama // 42 minutes

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Ecrit par Nick Santora (Prison Break, Breakout Kings, Vegas). Produit par Alex Kurtzman & Roberto Orci (Alias, Fringe, Hawaii 5-0, Star Trek, Sleepy Hollow, Transformers). Réalisé et co-produit par Justin Lin (Fast & Furious). Pour CBS, CBS Television Studios, K.O. Paper Products, Perfect Storm Entertainment & SB Films. 65 pages.

Walter O'Brien, surnommé "Scorpion", un homme possédant le 4ème Q.I. le plus élevé du monde, a recruté quelques-uns des plus grands génies de la planète pour fonder une société chargée de résoudre des crises urgentes et d'ampleur considérable, de celles que même la CIA ne parvient pas à régler seule. Inadaptés socialement, ils apprennent ensemble à vivre en communauté, à dépasser leurs peurs, leurs phobies et à vaincre leur solitude...

Avec Elyes Gabel (Body Of Proof, Game Of Thrones), Katharine McPhee (Smash), Robert Patrick (X-Files, The Unit, Terminator 2, True Blood), Eddie Kaye Thomas (American Pie, How To Make It In America), Jadyn Wong (Cosmopolis, Erica Strange), Ari Stidham (Huge), Ernie Hudson (Oz, SOS Fantômes, The Crow)...

 

   Le pilote de Scorpion m'a littéralement é-pui-sé ! Et ce pour une raison très simple : il est rempli d'action, de rebondissements, il est bavard, très bavard, presque schizophrénique tant il oscille entre plusieurs tons, et il parvient à installer chacun des sept personnages principaux avec une aisance incroyable. On ne peut pas respirer une seule seconde, pas de répit, jamais. C'est déstabilisant mais payant. Moi qui ne suis pas du tout client des procedurals de CBS, j'y ai trouvé mon compte. C'est hyper moderne, peut-être trop pour le public de la chaîne, et c'est bel et bien un "The Big Bang Theory" du drama, comme il avait été présenté lors de son achat. D'ailleurs, le héros est un peu Sheldonesque par moment. C'est ce qui le rend aussi drôle qu'attachant. J'ai l'impression d'avoir déjà tout dit en un paragraphe, mais je vais essayer de creuser...

   La scène d'ouverture, spectaculaire et d'une grande beauté, est un flashback se déroulant en Irlande dans les années 90, nous montrant comment une unité d'élite du Gouvernement Américain a débarqué dans une ferme isolée au milieu des vallées pour arrêter un petit garçon d'une dizaine d'années qui avait réussi à hacker le système informatique de la NASA ! Et ce petit garçon, 22 ans plus tard, est notre héros. Figurez-vous que ce génie existe, de même que la société qu'il a fondée et qui est au coeur de la série. Je ne sais pas s'il a vraiment été exposé à un cas comme celui de ce premier épisode -je n'espère pas, ce serait très inquiétant- mais la question de la crédibilité de ce que l'on nous montre est inévitable. A plusieurs reprises, je me suis dit qu'ils allaient un peu trop loin dans leur délire. Mais ce n'est pas si gênant que ça au fond tant que le divertissement est efficace. Et assurément, il l'est. Je vous explique : la team est approchée par la CIA, représentée par l'Agent Cabe Gallo, pour venir en aide à la tour de contrôle de l'aéroport international de Los Angeles (LAX) dont le système informatique vient de crasher, menaçant de faire se crasher une dizaine d'avions sur le territoire américain dans les trois heures. La course contre la montre commence donc et nous entraîne dans des aventures spectaculaires, ave tour à tour une scène incroyable -et peu crédible- sur une piste d'atterissage, ou une autre avec deux des membres de l'équipe coincés dans une pièce top-secrète dont le système de sécurité s'enclenche, lequel consiste à se remplir d'eau au fur et à mesure... Quand je vous dis qu'il y a de l'action, je ne vous mens pas ! Avec Justin Lin, réalisateur de plusieurs opus de Fast & Furious, tout porte à croire que ça aura de la gueule. 

   Mais si Scorpion se contentait de ça, ce ne serait pas suffisant. Il s'avère que la série a aussi pour vocation de faire du feuilletonnant avec ses héros. Ils ont tous leurs petits ou gros problèmes. Ils sont tous très différents, très spéciaux, dans leur rapport à l'autre, dans leurs angoisses. Ils sont tous atypiques et le scénariste a pris le parti d'en rire, d'en faire quelque chose d'assez léger. Résultat : on se retrouve avec un certain nombre de répliques tordantes et de situations improbables, et bon nombre de scènes qui privilégient l'humour. D'ailleurs, il faut attendre la 12ème page du script avant que le cas de la semaine ne soit présenté. C'est assez rare pour le souligner dans ce type de série ou ça se passe en général dans la première ou la deuxième scène. L'accent est vraiment mis sur les personnages. La séquence qui suit celle d'ouverture que je vous ai présentée plus tôt est Walter O'Brien au restaurant en train de larguer sa copine du moment de manière très inattendue et goujate à souhait ! La suivante nous présente l'équipe Scorpion sous l'angle de leur quotidien, au sein de l'entrepôt high-tech dans lequel ils vivent. L'un d'entre eux a oublié de payer la facture d'électricité et cela entraîne des dialogues savoureux. Puis l'on se retrouve dans le bar QG du héros, où une grande partie de l'action du pilote va se dérouler, aux côtés d'une serveuse au caractère bien trempé (Katharine McPhee) et son jeune fils, un petit génie en devenir, coupé du monde, avec qui Walter va se lier d'amitié et aider à avancer. Evidemment, il tombe un peu amoureux de la maman. La demoiselle ne se contente pas de faire d'être jolie, elle participe plus tard à l'action et rejoint plus ou moins officiellemment la bande au terme du pilote.

   Je me dois de terminer cette critique dithyrambique sur l'aspect négatif de la série : les personnages qui savent tout sur tout, qui vous sortent des tirades mathématiques de trois mètres de long que vous ne comprenez pas... c'est lourd à la longue. Ca vous donne presque l'impression que l'on fait exprès de vous donner trop d'informations pour que vous ne puissiez pas vous rendre compte par vous même si ce qui se passe est possible, réaliste, logique. Et puis même si c'est assez original dans l'idée, l'agent de la CIA est totalement inutile. Il est spectateur de tout ce qui se passe, il n'intervient quasiment pas, sauf pour faire des remarques désobligeantes. Enfin, pas de cliffhanger en fin de pilote mais une scène un peu trop niaise à mon goût, vraiment pas percutante.

   Scorpion a selon moi toutes les capacités pour devenir un gros hit pour CBS, elle réussit là où Intelligence a complètement échoué par exemple. C'est une série blockbuster qui requiert un budget conséquent pour ne pas être ridicule à l'image, qui peut faire un carton chez les 18/49 ans tant elle est moderne et incarnée par des héros un peu plus jeunes que la moyenne des autres programmes de CBS en dehors des comédies. Elle a vraiment beaucoup d'atouts, même si je réserve mon jugement sur le casting. Vu les beaux projets de la chaîne cette saison, elle va devoir se battre pour obtenir sa place...

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15 avril 2014

Good Session [Pilot Script]

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GOOD SESSION

Comédie (Single-Camera) // 22 minutes

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Ecrit, produit et réalisé par John Hamburg (Mon beau-père et moi, Zoolander, I Love You Man). Co-écrit et co-produit par Matthew Miller (Chuck, Las Vegas, Forever). Pour CBS & Warner Bros. Television. 42 pages.

Lindsay et Joel forment un couple heureux depuis 12 ans. Afin de déterminer si oui ou non ils sont prêts à élever un enfant, ils se lancent dans une thérapie. Mais, en fouillant dans leurs souvenirs, ils découvrent rapidement qu'ils ont bien plus de problèmes à régler qu'ils ne l'avaient réalisé.

Avec James Roday (Psych), Mandy Moore (Le temps d'un automne, Raiponce, Grey's Anatomy), Rich Sommer (Mad Men), Tracey Ullman (How I Met Your Mother, Ally McBeal), Ana Noguiera (The Michael J. Fox Show), Danielle Nicolet (3ème Planète après le soleil)...

 

   Malgré le gros échec de We Are Men, annulée sans surprise au bout de deux semaines de diffusion, puis l'inexorable chute -absolument pas méritée- de The Crazy Ones (en attendant Bad Teacher), CBS n'a pas perdu espoir d'imposer une comédie single-camera sur son antenne même si, très honnêtement, je ne vois pas pourquoi elle se démène tant alors que son truc c'est les multi-camera et que ça lui réussit plutôt bien depuis des décennies et plutôt mieux qu'à toutes ses concurrentes surtout. Question de fierté peut-être. Excès de confiance. CBS veut montrer qu'elle peut tout réussir. Parmi les pilotes commandés, trois sont donc des single-camera : Gaffigan, qui était une multi l'an dernier et qui a été retravaillée pour 2014, Taxi-22, finalement repoussé faute de trouver le bon acteur pour le rôle principal, et Good Session, dont je vais vous parler maintenant. Aussi sympathique soit-elle, je ne crois pas qu'elle puisse être LE hit qui débloquera la situation de la single-cam sur CBS...

   Quelque part, Good Session est une sorte de Rules Of Engagement plus moderne et plus soigné. Ou alors un sous-sous-sous In Treatment du couple. C'est en tout cas une énième comédie qui tente de nous apprendre comment fonctionne vraiment un couple, de l'intérieur, mais sans tous les clichés habituels. C'est du coup assez rafraîchissant dans un genre où tout a déjà été fait, et souvent assez mal ces dernières années. Du point de vue de la stricture, nous avons avant tout les séances chez la thérapeute, assez réussies dans l'ensemble, qui entraînent des flashbacks, ici sur leur première rencontre, sur la fois où elle et lui se sont rendus compte qu'ils étaient amoureux -et ce n'est pas la même- sur leur première fois également, totalement ratée. Disons que monsieur a été plus que précoce. Lors de ce passage puis quelques autres, le pilote navigue d'ailleurs dans des eaux troubles, pas très networkiennes, mais qui sont très à l'image de ce que le scénariste John Hamburg a pu faire par le passé au cinéma, notamment dans Mes beaux parents et moi. C'est vulgaire et osé, et ça marche à mort. Je pense que les fans de 2 Broke Girls, ou ceux de Mon Oncle Charlie ne devraient pas être trop choqués. Les autres... Il y a également quelques scènes au présent loin du divan, qui permettent de faire intervenir le couple d'amis le plus proche de Joel et Linsday, heureux mais pas tout à fait honnêtes l'un envers l'autre, ainsi que le père de monsieur, qui en est à son sixième mariage, et la soeur aînée de madame, pas du tout sérieuse, excentrique. L'idée est sans doute de nous montrer qu'ils se sont construits en essayant de s'éloigner le plus possible de ces trois modèles pour créer leur truc à eux. C'est vrai qu'au bout du compte ils sont mignons et attachants. Le vrai problème dans le fond, c'est que l'on ne peut pas s'empêcher de penser qu'ils n'ont absolument pas besoin de cette thérapie. Et accessoiremment que le système va vite nous gonfler et ne peut durer indéfiniment... sauf si c'était un drama. Là on pourrait explorer des intrigues plus sombres. 

   Good Session est une comédie qui se prétend plus intelligente qu'elle ne l'est vraiment, et qui n'est pas aussi drôle qu'elle devrait l'être. Mais elle n'en reste pas moins agréable à suivre, sympathique comme tout, amusante, mignonnette, un peu dacalée, osée... Elle n'est malheureusement pas à sa place sur CBS et je la vois difficilement tenir le coup à l'antenne, si toutefois elle parvenait à y accéder.  

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12 avril 2014

Only Human [Pilot Script]

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ONLY HUMAN

Drama // 42 minutes

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Ecrit par David Marshall Grant (Brothers & Sisters, Smash, Nashville). Adapté de la série israélienne Ran Quartet. Réalisé par Gavin O'Connor (The Americans). Produit par Carl Beverly & Sarah Timberman (Elementary, Unforgettable, Justified). Pour CBS Television Studios, & Timberman-Beverly Productions. 66 pages.

L'enfance, l'adolescence et les premiers pas dans la vie active des quadruplés Lang ont été filmés 24/24 pour une émission de télé-réalité. Puis les caméras se sont arrêtées de tourner et Gary, Diana, Michael et Jonathan ont enfin pu mener leur vie sans la pression médiatique. Après avoir vécu loin de sa famille de médecins pendant trois ans, Gary, le vilain petit canard, est de retour aux bercails où presque rien n'a rien changé. Les vieilles rancoeurs et rivalités sont ravivées, mais le lien qui les unit reste indéfectible...

Avec Jamie Lee Curtis (True Lies, Un poisson nommé Wanda, Halloween, New Girl), Ashton Holmes (Revenge, A History Of Violence, Nikita), Nick Jandl, Anna Brewster, Cameron Scoggins...

 

    Si Parenthood venait à nous quitter cette année, rendez-vous bien compte qu'il n'y aura plus aucun drama purement familial à l'antenne des networks. Plus un. Il restera Shameless sur le câble. Mais c'est tout. Comment en est-on arrivé là ? Les Walker me manquent encore. Les Bravermans me manquent déjà. Est-ce que les Lang de Only Human parviendront à combler ce grand vide ? Je n'en suis pas convaincu pour le moment, selon ce seul pilote. Et puis soyons francs : c'est de tous les projets commandés par CBS cette saison celui qui a le moins de chances de voir le jour. Autant ne pas s'attacher à eux...

    Mais d'abord, un petit cours d'histoire s'impose. En 2010, CBS commande un remake de la série israélienne Ran Quartet, un pilote intitulé The Quinn-Tuplets. C'est Mike Kelley qui est choisi pour l'écrire. Deux ans plus tôt, il se faisait remarquer en imaginant l'excellente série estivale de la chaîne, Swingtown. Depuis, il a créé Revenge, puis en est parti. Amber Tamblyn, Molly Parker, David Giuntoli, Anna Chlumsky et Sam Witwer incarnent les héros de cette série familiale centrée sur des quintuplés. Lorsque vient le moment de choisir ses nouveautés, CBS lui préfère Criminal Minds: Suspect Behavior, The Defenders et Chaos. Trois séries disparues au bout de quelques épisodes. Plusieurs journalistes qui ont vu le pilote sont dépités par la décision de la chaîne. The Quinn-Tuplets fait partie de ces quelques pilotes célèbres pour avoir été honteusement rejetés malgré leur excellence, souvent parce qu'ils ne correspondaient pas aux besoins du moment (mais alors pourquoi commander un pilote dans ce cas ??? Le script suffit à comprendre que ce n'est pas pour eux !). Pourquoi la chaîne décide de relancer le projet 4 ans plus tard ? Je l'ignore. Mais elle a cette fois l'intention de le CBS-iser. Elle fait les choses bien dans un premier temps en assignant la tâche d'écriture à David Marshall Grant, l'une des têtes pensantes de Brothers & Sisters, qui a donc faire ses preuves dans le genre. Mais ils lui demandent aussi une chose : faire que cette série soit familiale ET médicale. Et c'est à mon sens là qu'est tout le problème. Au passage, les quintuplés sont devenus des quadruplés. Admettons. 

   Le pilote commence par une scène qui se veut impressionnante, accrocheuse : l'un des héros est sur la Cordillère des Andes, au Pérou, et manque de se tuer en faisant une mauvaise chute. Cette expérience proche de la mort le pousse à quitter sa vie de bohème aventurier pour retourner auprès des siens, tout particuièrement sa mère, sa soeur et ses deux frères. Pourquoi pas. Bien réalisée, elle peut être du plus bel effet. Mais c'est quand même très très loin de l'ambiance du reste de l'épisode. Un peu hors-sujet quoi. Comme la fausse promesse d'un show tourné vers l'action. La majorité des séquences suivantes se déroulent à l'hôpital, enfin dans un hôpital, où travaille la matriarche, sa fille et l'un de ses fils, et une clinique, où travaille un autre des garçons, qui est gay par ailleurs. Tout cela manque de chaleur. Il n'y a que la dernière scène dans la maison familiale qui en apporte un peu plus, mais c'est déjà trop tard. Si les rapports entre les frères et les soeurs sont assez creusés, avec des ingrédients classiques de rivalités, de camps, de triangle amoureux, les rapports entre les enfants et leur mère sont en revanche très peu traités.

   Jamie Lee Curtis alias Caroline Lang apparaît finalement assez peu. C'est un personnage froid, distant, que l'on suppose évidemment aimant dans le fond, mais qui nécessite bien plus d'un épisode pour être apprivoisé. En soit, c'est plutôt courageux d'éviter le cliché de la mère très présente et même envahissante. Mais au bout du compte, on n'est pas sûr d'avoir envie de passer beaucoup de temps auprès de ces gens qui ne donnent pas l'impression de s'aimer beaucoup. Puis individuellement, ils ne suscitent pas non plus un intérêt fou (les acteurs débutants non plus). Il faut dire qu'ils passent la moitié de leurs temps avec leurs patients, dont on se fiche un peu. On est clairement pas venu pour ça. C'est quand même très ennuyeux qu'ils soient presque tous médecins, en plus d'être peu crédible. Le père mort l'était aussi, évidemment. Et il avait une maladie génétique, qu'il a posiblement transmis à l'un de ses enfants. On nous fait un petit suspense autour de ça. 

    Et la télé-réalité dans tout ça ? Eh bien ça relève de l'anecdotique (ce qui n'était pas le cas dans la première version).  Hormis le fait qu'ils sont parfois reconnus par des patients, une hôtesse de l'air, un passant, ils ont l'air d'être normaux. La célébrité ne semble pas les avoir changés. On dirait qu'ils l'ont bien vécu. Puis ce ne sont pas des Loana ou des Nabilla. Leur real-tv relèvait plus du documentaire que de Big Brother vous voyez. C'est quand même moins amusant. Le sujet sera peut-être creusé plus tard, mais il aurait fallu en parler davantage dès le départ ! C'était la seule originalité de ce pitch quoi ! Alors oui, dans la dernière scène, toujours elle, ils regardent de vieux enregistrements de leur émission. Et ça les émeut. Et peut-être même que ça nous touchera nous aussi. Ce sont des images d'un jour où ils ont tous sauté dans une rivière, du haut d'un rocher. Non sans appréhension pour certains. Le symbole est joli, mais il n'est pas très bien amené. Si ce pilote est le signe d'un plongeon vers l'inconnu pour les héros, je ne vois pas en quoi. Hormis pour Gary, les intrigues développées ici n'aboutissent pas sur une prise de conscience, vers un changement de cap. Bref, c'est un peu brouillon.

  Sur le principe, Only Human avait toutes les cartes en main pour déboucher sur un drama familial un tant soit peu original, mais CBS a apporté bien trop de contraintes à l'auteur pour que l'idée puisse s'épanouir naturellement. Forcer du médical et du procédural là où ce n'était absolument pas nécessaire fait perdre au projet toute sa saveur. C'est triste. Mais de toute façon la chaîne n'aurait pas su quoi en faire. Elle aurait mieux fait de produire le projet pour un concurrent. ABC ou NBC auraient pu en faire quelque chose de bien et à leur image... 

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04 avril 2014

The Odd Couple [Pilot Script]

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THE ODD COUPLE

Comédie (Multi-camera) // 22 minutes

44030376-bis

Ecrit et produit par Matthew Perry & Joe Keenan (Frasier, Desperate Housewives, Hot In Cleveland). Co-produit par Eric & Kim Tannenbaum (Mon Oncle Charlie), Carl Beverly & Sarah Timberman (Elementary, Unforgettable, Justified). Remake de la sitcom des années 70 The Odd Couple. Pour CBS, Tannenbaum Company & Timberman-Beverly Productions. 49 pages.

Oscar et Felix ont passé la quarantaine mais vivent pourtant en colocation. Il sont divorcés depuis peu de temps et ne s'en sont pas encore vraiment remis. En attendant de trouver les nouvelles femmes de leurs vies, ils se chamaillent à longueur de journée tant ils sont différents. Comme un vrai petit couple !

Avec Matthew Perry (Friends, Studio 60, Mr Sunshine, Go On), Thomas Lennon (Sean Saves The World, Reno 911!, La nuit au musée), Georgia King (The New Normal), Lindsay Sloane (Sabrina, Grosse Pointe, Weeds), Sarah Baker (Go On), Wendell Pierce (The Wire, The Michael J. Fox Show, Treme)...

 

   Bonne nouvelle : après les échecs successifs de Mr Sunshine et Go On (et ce n'était pas vraiment mérité pour cette dernière), Matthew Perry a enfin compris que le genre dans lequel il excelle et dans lequel on l'attend surtout c'est la multi-camera, face à un public, et non la single-camera où sa gestuelle et ses mimiques sont noyées dans les décors, sous les effets. A titre personnel, j'aurais préféré qu'il revienne plus souvent dans The Good Wife ou qu'on lui offre le rôle principal d'un nouveau drama, mais s'il tient tant que ça à faire plutôt de la comédie je n'y vois pas d'inconvénient. La difficulté était de trouver le bon projet et The Odd Couple pourrait bien être celui-là !

   J'ai eu très peur au début. La première scène se déroule sur son lieu de travail, une chaîne de télévision, où il est... journaliste sportif. Ca ne vous rappelle pas quelque chose ? Franchement, cette obsession de l'acteur pour le sport devient gênante. Ok, il était passionné de tennis quand il était ado et a même été classé 17ème junior au niveau national, puis a dû tout arrêter à cause de ses problèmes de drogue, mais il serait temps de passer à autre chose. En plus, ça n'apporte absolument rien à cette série. Au pire, ça la tirera vers le bas puisque les scénaristes seront obligés d'intégrer des intrigues professionnelles parfaitement inutiles. En attendant, cette ouverture totalement déconnectée du reste ne vaut que pour la secrétaire d'Oscar, potentiel réservoir à bonnes répliques. D'ailleurs, tous les personnages ou presque donnent ce sentiment qu'ils peuvent offrir beaucoup à plein régime, lorsque les acteurs et les scénaristes seront bien rôdés. Et de manière générale, je n'ai pas trouvé ce pilote extraordinaire mais prometteur. Il m'a fait le même effet que celui de Mom en fait. C'est pas époustouflant à la lecture mais ça prend de l'ampleur une fois "vivant", surtout quand ce sont Anna Faris et Allison Janney qui régalent ! Et je pense que le duo Matthew Perry / Thomas Lennon peut faire tout autant d'étincelles...

    Je n'ai pas vu un seul épisode de la série originale dont c'est adapté, mais Matthew Perry en étant un gros fan, je suppose qu'il a fait en sorte de la respecter un maximum. Et c'est dans son intérêt puisque The Odd Couple est une véritable institution outre-Atlantique, un classique parmi les classiques, aussi bien à la télévision qu'au théâtre où l'histoire est née. Par contre, ils auraient quand même pu changer les noms des personnages... Oscar et Felix, ça rend le truc super vieillot d'emblée. Cela dit, on ne peut pas dire que la série soit au top de la modernité. Elle l'était dans les années 70 -deux hommes divorcés qui font de la collocation- mais plus tellement aujourd'hui. Qu'importe, ce n'est pas là le plus important. Ce qu'il faut, c'est que le duo fonctionne et s'envoie de belles vannes. C'est ce qu'ils font et ça marche plutôt pas mal dans l'ensemble. On est en plein dans le cabotinage, ça n'est même que ça, donc la difficulté pour les acteurs sera de ne pas verser dans le too much. Ils ont face à eux deux personnages féminins -leurs voisines- qui tiennent la route et surtout leur tiennent tête, permettant au pilote de vraiment décoller dès lors qu'elles entrent en scène. Et vu que l'une des deux est incarnée par la géniale mais sous-exploitée Lindsay Sloane, il y a de quoi se réjouir ! 

   Le pilote de The Odd Couple est imparfait et inégal, mais plus on avance, plus on se laisse prendre au jeu. Les clichés s'effacent peu à peu pour laisser place à une comédie classique mais sympathique. Aux côtés de 2 Broke Girls, Mom et Two and half men, qui fonctionnent sur le même type de duos mal assortis, elle devrait être parfaitement à sa place. Je la vois déjà dans la grille, le jeudi, derrière The Big Bang Theory. Je serais très étonné que CBS ne lui donne pas sa chance...

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01 avril 2014

Battle Creek [Pilot Script]

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BATTLE

BATTLE CREEK

Drama // 42 minutes 

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Ecrit et produit par Vince Gilligan (Breaking Bad, X-Files) & David Shore (Dr House). Réalisé par Bryan Singer (Usual Suspects, X-Men, Dr House). 13 épisodes commandés. Pour CBS, Sony Pictures Television, CBS Television Studios, Shore Z Productions, Bad Hat Harry Productions, Gran Via Productions. 61 pages.

Dans le commissariat sous-équipé de Battle Creek dans le Michigan, le détective Russ Agnew n'a pas bonne réputation. On dit qu'il est méchant, insensible. Personne ne veut faire équipe avec lui. Personne jusqu'à ce que Milton Chamberlain, un agent du FBI qui vient tout juste de débarquer pour prêter main forte à l'équipe de bras cassés, le choisisse, lui, comme partenaire. Leurs visions très différentes de la vie ne vont pas faciliter leur entente, mais leur complémentarité ne peut qu'être un atout pour nettoyer efficacement les rues de la petite ville...

Avec Josh Duhamel (Las Vegas, Transformers), Dean Winters (Oz, Rescue Me, 30 Rock), Kal Penn (Dr House, How I Met Your Mother, 24), Janet McTeer (Damages, The White Queen), Aubrey Dollar (Dawson, Point Pleasant, 666 Park Avenue), Damon Herriman (Justified), Edward Fordham Jr....

 

    Cet automne -normalement- CBS va créer l'événement avec une de ses nouvelles séries policières, Battle Creek. Pas parce qu'elle s'annonce hyper originale, jamais vu, avec une distribution de fou, mais parce qu'il s'agit de la première création post-Breaking Bad de Vince Gilligan. Et accessoirement la première série post-Dr House de David Shore. La plupart du temps, à moins de s'appeler J.J. Abrams, un nom ne suffit pas à rameuter les foules à la télévision. Ni même deux. Mais là, un an après la fin de Breaking Bad, devenue quasiment un phénomène de société au cours de sa dernière saison, et quelques semaines avant le lancement du spin-off Better Call Saul sur AMC, le monsieur est celui que toutes les chaînes s'arrachent. Il est bien évidemment attendu au tournant. Mais il va falloir d'ores et déjà remettre les pendules à l'heure...

   Vince Gilligan est bien le créateur de ce show. En vérité, il l'a écrit il y a 10 ans, déjà pour CBS. Un pilote avait été commandé mais la distribution parfaite n'avait pas été trouvée à temps donc la commande avait été annulée et la série abandonnée. Mais Nina Tassler, alors directrice du département drama de la chaîne et aujourd'hui directrice de la chaîne tout court, s'en est souvenue lorsque Sony Pictures, qui a un contrat exclusif avec Gilligan, l'a démarchée pour développer d'éventuels nouveaux projets avec lui. Elle a donc proposé qu'il remette au goût du jour son script de Battle Creek qui lui avait fait forte impression à l'époque et que David Shore vienne lui prêter main forte et joue le rôle de showrunner en cas de commande en série. Entre temps, Sony s'est dit qu'elle avait de quoi faire monter les enchères puisque AMC, Netflix et d'autres pouvaient être potentiellement intéressés. D'où la commande par CBS de 13 épisodes sans passer par la case pilote ! Tout ça pour vous dire que si l'histoire du projet est compliquée et passionnante, elle est surtout importante quand vient le moment de juger ce que le script de ce pilote vaut.

   Même si des modifications ont été apportées, Battle Creek n'en reste pas moins une série de Vince Gilligan pré-Breaking Bad, qui ne bénéficie donc pas vraiment de sa plus récente expérience, extrêmement riche. Certes, quand il bossait sur X-Files, c'était déjà loin d'être un manche... J'ai trouvé ce premier épisode réussi, efficace, promettant une série policière à la fois classique et différente. Classique car elle est clairement pensée pour CBS. Le CBS des Experts, de FBI: Portés Disparus ou d'Esprits Criminels. Et il est vrai que si elle avait aboutie à ce moment-là, elle aurait été différente. Mais dans un paysage en cours de renouvellement, peuplé de The Good Wife ou de Person Of Interest, elle dénote par son manque d'ambition apparent. Rien ne laisse présager que le feuilletonnant prendra le pas sur le procédural en cours de route. Les héros et le probable développement de leur amitié nourrie de jalousie peut constituer un fil rouge, de même que des pans de leurs vies personnelles peuvent tout à fait être dévoilés au fur et à mesure, mais en l'état, c'est une série policière dont la seule véritable originalité pour CBS est le fait qu'elle se déroule dans une petite ville et non à Los Angeles ou New York, qui plus est pauvre, remplie de dealers et de drogués, donc pas charmante du tout. En revanche, si le commissariat est délabré à la base, l'agent du FBI vient très vite apporter grâce à son équipe des touches de high-tech chères aux Experts et ses consoeurs. Le téléspectateur moyen de CBS n'est au final que très peu bousculé. Le seul truc qui peut éventuellement le déstabiliser c'est l'humour. Battle Creek se veut sombre dans ses décors et les cas qu'elle traite, mais légère dans ses dialogues et son jeu d'opposition good cop/bad cop, qui mériterait d'ailleurs d'être nuancé mais un indice en début d'épisode laisse penser que ce sera le cas. Comprendre par là que Milton Chamberlain n'est peut-être pas si "good" que ça...

   Vince Gilligan est quand même malin, y'a pas à dire. Il sait très à qui il s'adresse et a donc écrit en conséquence, rien que pour les ménagères, un personnage de héros très loin de Walter White et son air de monsieur tout le monde. Jugez plutôt. Milton est présenté de la sorte : "Milt is Brad Pitt, only taller. He's George Clooney, only more aw-shucks charming." Josh Duhamel a clairement le physique de l'emploi ! A-t-il en revanche un jeu suffisamment solide pour nuancer, un jour peut-être ? Pas certain. Mais on ne le lui demande pas pour l'heure. Le détective Russ Agnew est donc évidemment beaucoup plus rugueux, rustre même. On imagine parfaitement Dean Winters l'incarner. C'est un peu sa spécialité ! Et que les fanas de triangles amoureux soient rassurés : il y en a bien un qui se dessine ! Une certaine Holly, que Russ aime beaucoup depuis longtemps, est toute bouleversée par l'arrivée de Milton -les premiers mots qu'elle lui adresse d'ailleurs en bafouillant étant "Hello. You... you're very handsome"- et réciproquement. Sinon, le chef du commissariat est une femme, ce qui n'était visiblement pas le cas dans la première version, et ça c'est plutôt cool. Surtout qu'elle est jouée par la géniale Janet McTeer. Le rôle de Kal Penn est plus anecdotique. Un sidekick plus ou moins amusant, qui fait surtout pitié. Ca devrait bien lui aller. Je ne dis pas qu'il fait pitié, hein ! Juste qu'il a l'habitude d'être plus ou moins amusant. Et souvent plus que moins. Bref. En dehors de ces considérations, sachez simplement que l'enquête de ce premier épisode est rythmée mais un peu facile et qu'elle n'inaugure rien de très excitant de ce coté-là... En même temps, je me dis qu'après avoir attrapé sept ou huit bad guys, si cette ville est si petite qu'on le dit, il va bien falloir feuilletonner avec ceux qu'il restera...

    Il ne faut surtout pas attendre de Battle Creek qu'elle soit du niveau de Breaking Bad. Sur ce front-là, autant être clair tout de suite : même en faisant tous les efforts possibles, elle ne le sera jamais ! Ce qu'elle peut devenir en revanche, en faisant preuve d'un peu plus d'ambition par la suite que sur ce pilote, c'est une série policière énergique avec des héros attachants, façon buddy movie, des enquêtes bouclées efficaces et des éléments feuilletonnants intéressants. Battle Creek pourrait réconcilier les allergiques aux séries policières avec le genre. Elle aura 13 épisodes pour convaincre et elle n'a pas intérêt à se rater !

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