04 septembre 2012

The New Normal [Pilot]

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Pilot // Diffusion le 11 septembre

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What About ?

 Bryan et David souhaitent fonder une famille et cherchent la parfaite mère-porteuse. Lorsqu'ils choisissent Goldie, ils ont la mauvaise surprise de découvrir que la grand-mère républicaine de celle-ci est plus que présente dans sa vie. Et quand elle déménage avec sa fille en Californie pour se rapprocher des deux hommes, la vieille femme les suit évidemment...

Who's Who ?

 Comédie single-camera créée par Ryan Murphy (Nip/Tuck, Glee, American Horror Story) et Allison Adler (Glee, Chuck). Avec Justin Bartha (Very Bad Trip), Andrew Rannells (Girls)Georgia KingEllen Barkin (Las Vegas Parano, Le Fan), NeNe Leakes (Glee, The Real Housewives of Atlanta), Bebe Wood...

What's More ?

Gwyneth Paltrow, grande amie de Ryan Murphy depuis sa participation à son premier film, Running With Scissors, et qui a participé à quelques épisodes de Glee, fait un caméo très drôle dans le pilote.

Leslie Grossman apparait elle aussi quelques instants dans le rôle d'une possible mère porteuse. Elle était l'une des actrices principales de Popular, la toute première série de Ryan Murphy (qu'il a beaucoup pompée pour Glee). 

So What ?

    Au lancement de chaque nouvelle série de Ryan Murphy, les débats sont les mêmes : créateur sincère et de talent ou marketeur/provocateur assoiffé de buzz et d'argent ? On y a eu droit à l'époque pour Nip/Tuck, mais Twitter n'était pas encore là pour faire monter la sauce. Glee, bien entendu, à engendrer beaucoup d'amour et de haine. American Horror Story l'an passé a divisé les sériephiles en deux clans. The New Normal ne déroge évidemment pas à la règle, d'autant que les mormons de l'Utah s'y sont mêlés. Mais ne nous attardons pas sur eux, ce serait leur donner trop d'importance (et puis à cause de Big Love, j'ai une certaine sympathie malsaine pour eux). Le créateur, scénariste, producteur et ici même réalisateur savait pertinemment que le sujet ne laisserait pas indifférent mais je pense aussi qu'il lui tenait à coeur d'en parler. C'est sans doute sa série la plus personnelle. Il n'est pas encore papa, mais il aimerait le devenir. Sa co-créatrice, elle, homosexuelle affirmée aussi, est mère. The New Normal, c'est l'alliance de leurs deux visions : celle d'un fantasme, d'un désir profond, et celle d'une réalité. Et dans le monde dans lequel nous vivons, dans l'Amérique qui s'apprête à élire un nouveau président, le fantasme, le désir profond peut devenir réalité.

   Si The New Normal est la première comédie, dans le format en tout cas, de Ryan Murphy, elle fonctionne pourtant de la même manière que ses précédentes oeuvres "lumineuses". On y retrouve le même type d'humour et le même type de héros. La grand-mère raciste et homophobe, qui est à mon avis le meilleur personnage et surtout celui qui apporte le plus de rires dans ce premier épisode, fait irrémédiablement penser à la Coach Sue Sylvester de Glee. Elle aurait pu prononcer les mêmes horreurs ! Ellen Barkin est extrêmement convaincante dans le rôle. J'applaudis et j'en redemande. NeNe leakes, l'une des dernières recrues de Glee toujours, joue plus ou moins le même personnage dans cette nouveauté : elle a une grande bouche et les auteurs s'éclatent à lui faire dire n'importe quoi. Là encore, j'applaudis et j'en redemande. Mais j'ai bien conscience aussi que l'on pourrait vite se lasser. Le troisième personnage qui m'a le plus amusé, c'est Bryan. Andrew Rannells interprète plus ou moins un Cam de Modern Family façon skinny. C'est typiquement le genre de caricature que l'on aime ou que l'on déteste, à la manière d'un Kurt Hummel (saleté de Glee qui s'insère partout dans cette critique !). La toute première scène suffit, à mon sens, à rendre ce jeune homme touchant et légitime dans son combat. Comme sa moitié, David, et leur mère-porteuse, Goldie, il est continuellement dans l'émotion au cours de ce pilote, au bord des larmes. Il est vrai que ce n'est pas vraiment ce que l'on attend d'une comédie à la base, mais n'oublions pas que les temps changent, que c'est l'évolution logique... La querelle entre les "anciens" téléspectateurs et les "modernes" ne fait que commencer ! Et je ne sais toujours pas de quel côté me ranger. Il n'est peut-être pas nécessaire de choisir. Aimons les séries -en particulier les comédies- comme elles viennent, dans toute leur diversité. 

    Sans Modern Family, The New Normal n'aurait peut-être jamais existé. La comédie familiale numéro un du moment lui a ouvert la voie, mais il n'est pas question ici de l'imiter. A sa manière, plus provocante et moins subtile, du Ryan Murphy dans toute sa splendeur en somme, elle tente ainsi de faire évoluer les mentalités avec des personnages caricaturaux mais drôles et/ou touchants et des acteurs parfaitement sélectionnés. Murphy offre toujours des pilotes d'une redoutable efficacité. On n'est jamais sûr que la suite sera à la hauteur -elle l'est rarement- mais on a envie de le savoir en regardant les épisodes suivants.

What Chance ?

 Il est extrêmement difficile de prédire les audiences de The New Normal, tout comme celles de Go On qui lui servira de lead-in le mardi entre 21h et 21h30, puisque NBC ne programme pas de comédies dans cette case habituellement. Ce qui est sûr, c'est que les exigences de la chaîne ont été revues à la baisse depuis longtemps, surtout quand on voit les scores des sitcoms du jeudi soir. 6 millions, ce serait donc presque un succès. A mon avis, elles seront rapidement en dessous mais NBC devrait se montrer clémente...

How ?



28 juin 2012

Girls [Saison 1]

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Saison 1 // 860 000 tlsp. en moyenne

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   En l’espace de dix –vraiment trop petites- semaines de diffusion, ce que vient d’accomplir Girls est rare, très rare. Sans faire l’unanimité, car c’est tout simplement impossible, elle est devenue LA série qu’il ne faut rater sous aucun prétexte, en tout cas quand on est un jeune branché, connecté, curieux et sériephile, car j’imagine qu’en dehors de cette sphère, Girls n’existe pas encore. Il lui faudra un peu de temps avant d’atteindre un public plus large, comme Sex & The City en son temps. Peut-être aussi qu’elle ne le touchera jamais et restera à l’état de bijou brut et confidentiel. Qu’importe ! Cela faisait très longtemps qu’on l’attendait, cette série qui nous raconte nous, les jeunes de 20 à 30 ans, coincés entre deux âges, qui ne sommes plus vraiment des ados –fini les maux de Hartley, Angela 15 ans, Freaks And Geeks, Dawson, Skins- mais qui auraient aimé le rester un peu plus longtemps tant la « vraie » vie fait peur. Les études qui ne débouchent sur rien, aussi longues et difficiles soient-elles. Les parents qui pèsent lourds et qui souffrent eux-mêmes de leurs propres névroses. Les amours qui vont, qui viennent, qui durent, ou pas. Le sexe. Cette chose si simple, si naturelle et pourtant si dure à apprivoiser. Ces amis sur qui l’on peut compter mais avec qui il n’est pas toujours aisé de cohabiter. Et puis tous ces rêves étouffés…

   Je mets au défi n’importe quelle personne appartenant à cette génération ou à la suivante de ne pas se reconnaître dans au moins une situation ou une réflexion de l’héroïne au cours de cette première saison. Il me semble que c’est impossible. Tant de choses sont dites et si bien dites, avec humour, sincérité, tendresse ET intelligence. La démarche de Lena Dunham était peut-être autocentrée à la base mais c’est en mettant un peu d’elle dans tous les personnages et un peu de nous tous aussi qu’elle a su créer cet espace de dialogue et de réflexion, de liberté aussi, vers lequel on converge tous, une fois par semaine pendant 26 minutes avec joie, excitation et un peu d’appréhension aussi. Si je devais citer un épisode qui m’a touché plus particulièrement, ce serait celui du retour d’Hannah chez ses parents, le temps d’un week-end. Il n’était pas seulement bien écrit et bien réalisé –c’est le cas de tous- il était aussi rempli de nostalgie. So 90s. Une bande son Dawsonienne –la série de Kevin Williamson a clairement été importante pour la créatrice, on sait se reconnaitre entre fans- a bien aidé. Il m’a transporté dans le petit village où j’ai grandi, ses rues que je connais par cœur, son ruisseau presque asséché, ses bars qui n’ont jamais existé… et puis ma chambre d’ado, ses posters, ses photos, ses secrets… ce sentiment de confort et de chaleur quand j’y reviens, de douceur aussi. Je me souviens que je rêvais alors d’habiter Paris, de vivre « la grande vie ». Aujourd’hui, ce souhait s’est réalisé, en partie. Je vis à Paris, je ne sais pas si je vis « la grande vie » mais je vis, même si c’est douloureux parfois, même si j’ai peur (car j'ai tout le temps peur... tiens, comme Hannah aussi). Paris, ce n’est pas New York mais lorsqu’Hannah se demande pourquoi la ville qu'elle a toujours convoitée et fantasmée semble ne pas vraiment vouloir d’elle, tant il est dur d’y rester, dur d’y survivre même, je ne peux que m’identifier et m’incliner devant Miss Dunham. Et à de maintes reprises, j’ai ressenti cette proximité. J’ai à la fois tout et rien en commun avec Hannah, Jessa, Adam et les autres. Je ne suis pas l’un, ou l’autre. Je suis un peu de tous à la fois. C’est ce qui fait la force de Girls, indéniablement. C’est une série qui se ressent et qui se vit, au-delà de l'écran.

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  Je n’ai pas nécessairement envie de rentrer dans le détail de chaque intrigue ni de décrire chacun des personnages.  Mais ce que je peux dire, c’est que chaque nouvel épisode est meilleur que le précédent, à part peut-être le 9ème, que j’ai trouvé un peu faible, et le final, qui ne m’a pas totalement séduit malgré d’excellents passages, et qu'une véritable addiction se crée au fil des épisodes; que la bande-son est merveilleuse et décomplexée, entre vieilleries qu’il fait bon de réentendre, nouveautés bobos branchouilles et classiques populaires récents (grâce à Girls, on entend du Britney Spears et du Beyoncé sur HBO !); qu’Adam est le garçon le plus fascinant de la télévision actuellement, tant il réussit à devenir attachant tout en se comportant comme un putain de asshole 80% du temps; que « la dynamique de l’échec », tout particulièrement chez Hannah, pourrait être déprimante si elle n’était pas traitée avec autant d’esprit et d’humour; que jamais le sexe n’aura été montré de manière aussi crue et organique dans une série à l’exception de Tell me you love me, déjà sur HBO; que Lena Dunham a les couilles de se montrer plus qu'à son désavantage; que Soshanna est l’excentrique la plus amusante du moment; que Jessa est une énigme qu’il nous tarde de percer; que ça fait plaisir de croiser des acteurs confirmés tels que Peter Scolari, Chris O’Dowd, James Legros, ou encore Kathryn Hahn dans une série encore toute jeune; qu’Andrew Rannells, dans le rôle de l’ex petit-ami gay d’Hannah, est absolument génial (et ça augmente mon excitation à l'idée de découvrir la comédie The New Normal à la rentrée, dont il fait partie); que cette saison 2, on l’attend déjà comme le messie et que savoir qu’elle est déjà presque tournée entièrement mais qu’elle ne sera diffusée que dans plusieurs mois est juste super rageant, sans compter que dix épisodes seulement c'est vraiment trop peu. 

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 // Bilan // Après cette première saison on ne peut plus enthousiasmante et marquante de Girls, Lena Dunham peut désormais l’affirmer haut et fort : elle est LA voix de notre génération. Merci à elle d’exister. Merci à HBO et à Judd Apatow de l’avoir repérée et de lui avoir fait confiance. On avait dramatiquement besoin d'une comédie comme elle par les temps qui courent. Et ces Girls-là sont là pour longtemps !