14 avril 2014

Exposed [Pilot Script]

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EXPOSED

Drama // 42 minutes

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Ecrit par Charles Randolph (La vie de David Gale, Love et autres drogues). Remake de la série suédoise Annika Bengtzon: Crime Reporter de Lisa Marklund. Réalisé par Patty Jenkins (Monster, The Killing, Betrayal). Pour ABC, Universal Television, TBD Entertainment & Yellow Bird Entertainment. 59 pages.

Anna Loach, journaliste d'investigation pour Rolling Stone Magazine, ne recule devant rien pour découvrir la vérité concernant des affaires controversées sur lesquelles ses confrères n'osent même pas enquêter, quitte à mettre sa vie en grand danger, contre l'avis de son patron, ses collègues et ses proches. Alors qu'elle est sur le point de faire la lumière sur des pratiques douteuses de la police locale, elle reçoit l'aide inattendue et mystérieuse d'un dénommé "Stoya", qui lui révèle les détails d'une conspiration gouvernementale touchant tous les citoyens américains...

Avec Mary Elizabeth Winstead (Die Hard 4, The Spectacular Now, The Thing), Brian F. O'Byrne (FlashForward,  Mildred Pierce), Pedro Pascal (Game Of Thrones, The Good Wife), Fran Kranz (Dollhouse, La Cabane dans les bois), Sandrine Holt (24, House Of Cards, Resident Evil), Ben Barnes (Le Monde de Narnia), Peter de Jersey (Broadchurch)...

 

    Je n'attendais pas grand chose d'Exposed, si ce n'est un show procédural, énième variation de série policière se cachant cette fois derrière un personnage de journaliste têtue pour accomplir ses basses besognes. Il n'en est rien, ou presque. Si l'aspect procédural est inévitable dans les premiers temps, avec une affaire par semaine, la part de feuilletonnant est très très importante et chaque petite affaire, comme dans ce pilote, est en réalité liée à une bien plus grand affaire, une conspiration gouvernementale. Rien que ça. A plusieurs reprises, cette partie de l'histoire m'a fait rouler les yeux. Pas d'incrédulité, mais de surprise. Le scénariste va très loin, quitte à nous entraîner quasiment dans de la science-fiction, sauf que tout cela semble finalement très réel, crédible. Et c'est franchement super flippant.  

   La série s'inscrit dans une paranoïa très actuelle, très post-11 septembre, très Homelandienne, où, au nom de la sécurité du pays, chaque citoyen est surveillé (et pas seulement aux Etats-Unis) par tous les biais possibles et imaginables : nos mails personnels sont lus et stockés sur des serveurs géants pendant des mois, des années; la moindre de nos recherches sur internet est retraçable; nos conversations téléphoniques peuvent être écoutées à tout moment; et, cerise sur le thriller, des drones postés au-dessus des plus grandes villes sont capables de suivre le moindre de nos faits et gestes, la moindre de nos rencontres, du matin au soir, 24/24, 7j/7. C'est ce qui arrive à Anna Loach, nous offrant au passage des points de vue intéressants niveau réalisation, depuis ces fameux outils postés dans le ciel. Toute son enquête du jour, assez passionnante par ailleurs mais très sombre -il s'agit de la disparition d'une jeune fille, liée à des dealers de drogues, des gangs...- est suivie à la trace par une mystérieuse entité gouvernementale qui n'a clairement pas pour unique but de protéger les citoyens, mais aussi de leur cacher de terribles vérités. Le pilote se termine par des menaces violentes proférées à son encontre. Un certain Quigg, à la tête de ce groupe, devient ainsi l'ennemi numéro un de l'héroïne, tandis que son allié, surnommé "Stoya", est un fugitif dont elle ne sait rien, mais pour qui elle a déjà développé des sentiments qui vont bien au-delà du respect, de la gratitude ou d'une certaine forme d'amitié malsaine. Elle est amoureuse quoi... alors qu'elle a déjà un boyfriend de longue date, Oscar, qui se trouve aussi être son patron aux bureaux de la côte Ouest de Rolling Stone, et qui la presse depuis plusieurs mois pour qu'elle vienne vivre chez lui, une idée qu'elle rejette en bloc, soi-disant parce que sa fille de huit ans la déteste. Bref, si Exposed est indéniablement un thriller qui se veut intelligent, rythmé, inquiétant et ultra-moderne, elle n'oublie pas une composante essentielle, particulièrement sur ABC : la romance. Ici trouble et dangereuse. Donc excitante. Scandalienne ?

    L'héroïne n'est pas instantanément attachante. Dans les premières scènes, elle est très bavarde, très désagréable avec ses collègues, trop rentre-dedans, on la soupçonne même d'être un peu prétentieuse. Puis plus le pilote avance et plus sa témérité force le respect et plus on comprend que le rempart qu'elle a construit autour d'elle est absolument indispensable pour qu'elle puisse exercer son métier avec le plus de liberté possible. Elle devient finalement admirable, mais pas héroïque. Elle reste ambitieuse, carriériste et si ses intentions sont louables et son empathie pour les victimes et leurs proches sincère, ses méthodes n'en sont pas moins discutables. Anna Loach est atypique. Elle m'a un peu fait penser à Ellen Parsons de Damages, quelque part. Elle aussi semble avoir un passé familial compliqué. Elle a clairement un problème avec son père, tandis qu'elle reste muette sur sa mère. Elle a en revanche une jolie relation avec son frère, mais cela ne va pas durer vraisemblablement : il n'est rien de moins que le grand chef d'une entreprise qui fabrique des systémes de sécurité de haute technologie... comme justement les drones utilisés par le Gouvernement ! Il y a conflit d'intérêt... Il ne sort jamais sans gardes du corps, sa vie est constamment menacée. La plupart des collaborateurs d'Anna ne sont qu'accessoires dans ce pilote, à l'exception d'un certain Elvis Giroux, pour qui on a rapidement de la sympathie. Il a beaucoup d'humour et on sent une véritable complicité entre eux, qui permet de temps à autres de détendre l'atmosphère. Et c'est vraiment nécessaire !

   Exposed est un pilote extrêmement intéressant, indéniablement réussi, qui impose un ton et une ambiance thrilleresques que l'on attend davantage sur le câble, en tout cas sur le fond, et certainement pas sur ABC, même si la forme est soignée dans ce sens. Pour le moment, la série est facile d'accès, limpide, mais sur une saison entière (de 13 ou 22 épisodes), elle est amenée à devenir beaucoup plus complexe. J'ai le sentiment que la chaîne a de fortes chances de passer son tour. En tout cas, elle ne peut pas se permettre de commander et Exposed et American Crime, qui sont très différentes mais qui jouent quand même dans la même cour et représentent un risque...

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07 avril 2014

#Selfie [Pilot Script]

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 #SELFIE

Comédie (Single-Camera) // 22 minutes

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Ecrit et produit par Emily Kapnek (Suburgatory). Réalisé par Julie Anne Robinson (Grey's Anatomy, Recherche bad boy désespérement, Suburgatory). Pour ABC, Warner Bros. Television & A Piece Of Pie Productions. 38 pages.

A la suite d'une rupture humiliante qui a été filmée et qui a fait le buzz sur les réseaux sociaux, Eliza, une jeune femme dans la vingtaine totalement obsédée par son image, devient la risée de ses collègues et de tout internet. Elle a tout à coup plus de "followers" qu'elle ne l'aurait jamais imaginé, mais toujours aucun véritable ami pour la réconforter. Néanmoins pleine de ressources, elle demande de l'aide à l'expert en marketing de sa boîte pour redorer son image et transformer cette soudaine popularité en quelque chose de positif. Mais l'opération s'annonce délicate : Eliza vit littéralement dans un monde parallèle...

Avec Karen Gillan (Doctor Who), John Cho (FlashForward, Harold & Kumar, Star Trek, Sleepy Hollow), David Harewood (Homeland), Samm Levine (Do No Harm, Sex Academy), Tim Peper (Carpoolers), Gillian Vigman (Suburgatory, New Girl), Da'Vine Joy Randolph...

 

    Depuis que les fans de Doctor Who ont appris que Karen Gillan, l'interprète d'Amy Pond, avait obtenu le rôle principal de cette comédie, ils l'attendent comme le messie. Même si je ne suis pas la série anglaise mythique, je dois avouer que des quelques images que j'ai pu en voir au détour d'une bande-annonce ou deux, la petite rousse semble crever l'écran. Et c'est une excellente nouvelle pour #Selfie, qui repose presque entièrement sur le charisme de son héroïne et sur son alchimie avec son coach. C'est John Cho qui a été choisi pour assurer ce rôle (donc un acteur plus jeune que prévu dans le script) et ça aussi c'est réjouissant ! Le monsieur excelle dans la comédie et ajoute toujours son truc aux personnages qu'il interprète. Il ne reste plus qu'à espérer que la combinaison des deux fasse mouche ! Parce que, je ne l'ai pas encore dit, mais #Selfie c'est vachement drôle !

   Je suppose qu'au premier abord, vous vous méfiez d'un projet qui utilise un terme super à la mode pour titre. Moi aussi. Mais #Selfie assume totalement sa modernité et son inscription dans un présent très présent, qui pourrait bien être daté dans quelques mois, le temps qu'elle arrive à l'antenne, et c'est pourtant une de ses indéniables forces. Facebook, Twitter, Instagram et autres réseaux sociaux et applications sont cités dans les premiers instants du pilote. La scénariste ne tourne pas autour du pot et elle a parfaitement raison. Vous qui lisez ce blog avez de très fortes chances de vous reconnaître, non pas en Eliza, qui est un cas extrême de chez extrême, mais dans cette tendance. Il n'est pas question de juger, mais d'en rire et, au passage, de mettre en lumière un paradoxe bien réel entre la vie virtuelle des "petites stars du web" et leur vie quotidienne, bien plus triste, souvent faite de solitude. Je crois qu'à différents degrés, chaque jeune "branché" dans la vingtaine-trentaine peut s'y retrouver. Pas question toutefois de s'apitoyer, ce pilote est positif, énergique, très amusant et finalement plutôt feel-good

   Il est vrai que dans un premier temps, on ressent surtout de la pitié pour Eliza. Elle se ridiculise sous nos yeux, nonchalamment. On sent qu'elle fonce droit dans le mur mais on ne peut pas l'arrêter et personne n'est là, dans la série, pour le faire non plud. Viens donc LA scène humiliante, qui n'est pas sans rappeler d'une certaine manière les prémices d'Awkward. Pour vous la faire courte : Eliza se fait larguer comme une merde lors d'un voyage professionnel et, supportant mal les turbulences qui secouent l'avion à ce moment précis, elle remplit deux sacs de vomi... qui lui éclatent dessus... devant son nouvel ex, certes, mais surtout devant tous ses collègues ! Ceux-ci, qui la détestent tant elle renvoie une image de fille superficielle qui ne s'intéresse pas aux autres -ce qui est totalement vrai !- s'empressent de filmer l'humiliation, ainsi que la partie où l'hôtesse de l'air lui demande expressément de sortir des toilettes pour retourner s'asseoir sur son siège et attacher sa ceinture, ce qui résulte en un "walk of shame" où Eliza est uniquement vêtue d'une petite couverture, laissant entrevoir à peu près toute son intimité ! Bref, une fois qu'elle reprend pied, on commence à ressentir une réelle sympathie pour elle. Elle est comme une extra-terrestre qui doit apprendre les codes sociaux les plus basiques afin de se faire apprécier des uns et des autres. La transformation n'en est qu'à ses balbutiements mais elle nous réserve déjà quelques excellentes scènes et de très bonnes répliques. Les personnages secondaires sont assez anecdotiques, mais ce sont de bons faire-valoir qui pourront éventuellement se distinguer par la suite.

   #Selfie n'est certainement pas la comédie du siècle mais elle s'en sort admirablement sur ce seul pilote, rappelant à la fois le ton d'Awkward, la comédie de MTV, et Suburgatory, de la même créatrice, qui ont su séduire instantanément grâce à leur fraicheur et leur modernité. Toutefois, je doute qu'elle puisse rencontrer un vaste succès sur ABC. Le public le plus âgé ne s'y retrouvera certainement pas -Instagram, Twitter, Lady Gaga, Tegan & Sara, Candy Crush, le divorce de Jennie Garth ne sont pas leurs sujets de prédilection- ce qui risque de conduire à un nouvel échec non mérité à la Happy Endings/Don'tTrustTheB/SuperFunNight/Mixology. Et c'est vraiment rageant !

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04 avril 2014

How To Get Away With Murder [Pilot Script]

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HOW TO GET AWAY WITH MURDER

Drama // 42 minutes

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Ecrit par Peter Nowalk (Grey's Anatomy). Produit par Shonda Rhimes & Betsy Beers (Grey's Anatomy, Scandal, Private Practice). Pour ABC, ABC Studios, Shondaland Productions. 64 pages.

Une nuit d'hiver, alors que la fête bat son plein sur le campus de la prestigieuse université de Philadelphie, à quelques kilomètres de là, dans les bois, quatre brillants étudiants en droit terrorisés s'apprêtent à brûler un cadavre. Leur vie en sera à jamais bouleversée... Quatre mois plus tôt, Michaela, Wes, Laurel, Patrick et une soixantaine de leurs camarades font la rencontre de leur charismatique et intransigeante professeure spécialisée en criminologie : Annalise DeWitt. Une poignée d'entre eux seulement aura la chance d'intégrer sa firme d'avocats. Mais pour travailler à ses côtés, il faut être prêt à tout. Absolument tout...

Avec Viola Davis (La couleur des sentiments, Prisoners, Doute, United States Of Tata), Alfred Enoch (Harry Potter), Jack Falahee (Twisted), Aja Nomi King (Black Box, Emily Owens), Karla SouzaCharlie Weber (Buffy, Underemployed)Liza Weil (Gilmore Girls, Scandal), Matt McGorry (Orange is the new black), Katie Findlay (The Killing US, The Carrie Diaries), Tom Verica (Mes plus belles années, The Nine), Billy Brown (Dexter, Sons Of Anarchy, The Following), Michael Gaston (Damages, Unforgettable, Jericho)...

 

   American Crime, Madame Secretary, Red Band Society et désormais How To Get Away With Murder. La saison 2014/2015 comprend au moins quatre scripts de dramas de haut vol. Et je dois dire que j'appréhendais beaucoup la lecture de ce dernier car j'en attendais énormément. C'est souvent ce qui arrive lors de la saison des pilotes. On s'attache à des projets à cause d'un nom de créateur, de producteur, de réalisateur, d'acteur ou d'actrice, à cause d'un pitch... Dans le cas de HTGAWM (autant tout de suite nous habituer au hashtag dont nous allons abuser dans quelques mois), c'est à peu près pour toutes ces raisons à la fois. Vous me connaissez, je suis dingue du travail de Shonda Rhimes et ses collaborateurs (Haters gonna hate), j'adore Viola Davis (et Matt McGorry, Charlie Weber, Liza Weil et Tom Verica me plaisent) et le synopsis du pilote m'attirait énormément. Après le premier acte, je me suis dit "Bon, ça va, ça a l'air bien". A la fin du deuxième "voire vraiment bien". A la fin du troisième "voire vraiment très bien". Et à la fin du pilote, j'étais conquis et convaincu que non seulement ABC ne pouvait pas passer à côté mais qu'en plus on allait être nombreux à adorer. J'aimerais ne pas trop m'emballer pour ne pas créer chez vous des attentes démesurées, mais je ne vous promets rien... A vous de savoir raison garder !

   Pour décrire HTGAWM, il me faudrait des heures. C'est un drama intéressant pour plein de raisons mais en premier lieu parce qu'il est hybride, à la croisée de différents genres, et il parvient, en tout cas dans ce pilote, a être efficace et pertinent partout. C'est d'abord une série judiciaire. Pas dans le style de David E. Kelley, parce qu'il n'y a pas de fantaisie particulière. Pas tout à fait dans le style de The Good Wife, parce qu'elle est intouchable, imbattable, au firmament. Dans son propre style en fait. Elle réinvente le genre à sa façon et là je vais faire une comparaison qui risque d'en faire fuir quelques uns mais tant pis : elle est à la série d'avocats ce que Scandal est à la série politique. Elle n'a pas l'ambition ni la prétention de nous instruire sur le système judiciaire américain. Elle n'a pas l'intention de nous éblouir avec de grandes plaidoiries et une certaine forme d'idéalisme. Ce qu'elle veut c'est nous divertir sans tomber dans la facilité, c'est utiliser le judiciaire pour nous raconter autre chose. Il ya dans ce premier épisode un "cas", le premier que les étudiants sont invités à résoudre en compagnie d'Annalise DeWitt afin de s'attirer ses faveurs. Il y en aura sûrement dans chaque épisode, apportant donc un élément procédural à la série, mais peut-être pas pour très longtemps. A la manière de Scandal justement qui a tendance à n'être plus que 100% feuilletonnante, au plus grand bonheur de la plupart de ses téléspectateurs. Mais j'ai quand même une pensée pour les autres, qui existent. Elle est policière également, d'une certaine manière. Elle en prend parfois l'allure en tout cas.

   Mais HTGAWM c'est aussi une dramédie sur de jeunes adultes en quête d'aventure et d'identité. Pour l'aventure, je pense qu'ils vont être servis. Rien que dans ce pilote, ils sont amenés à voir et faire beaucoup de choses, et pas toujours de leur plein gré. Ils sont d'ores et déjà tous soumis à divers conflits moraux et doivent prendre des décisions difficiles, souvent graves, qui auront une incidence irrémédiable sur la suite de leur carrière et le reste de leur vie. Et c'est là que l'on retrouve un peu de Grey's Anatomy. L'atmosphère est clairement plus tendue qu'au Seattle Grace, et Annalise DeWitt est un nazi d'un autre genre que Miranda Bailey, mais ils ont la même fraîcheur que Meredith, Cristina et les autres à leurs débuts. Et je crois que la production a réuni un casting de quasi inconnus dont on n'a pas fini de parler (et qui est comme toujours chez Shondaland : diversifié !). Il y aussi une compétition entre eux qui ne fait que commencer, où tous les coups sont permis ! Là aussi, d'une certaine manière, ils ont le pouvoir de sauver des vies. Mais surtout d'en détruire. Beaucoup de pression repose sur leurs épaules de toutes parts, et dans ces cas-là vous savez ce qu'on fait dans les séries de Shonda Rhimes pour décompresser : on baise et on tombe amoureux. Plusieurs histoires se dessinent voire commencent dans ce pilote, même si ce n'est pas le propos premier. Entre élèves, entre profs et élèves. Parfois au vu et su de tous. Parfois en secret. C'est très excitant et les possibilités sont multiples étant donné qu'il y a beaucoup de personnages. Mais étonnamment pas trop. C'était une de mes craintes initiales. Ils n'ont pas tous le même temps d'antenne mais ils sont tous bien introduits.

   Vous faire un listing complet des protagonistes n'aurait pas grand intérêt, alors je vais faire un focus sur ceux qui m'ont le plus marqué. Wes, l'outsider un peu rebelle et mystérieux dont on ne comprend presque pas comment il a atterri là. Intriguant et séduisant. Patrick, prétentieux, gosse de riche sans doute, a les dents qui rayent le parquet et sait user de ses charmes pour parvenir à ses fins. Gay, ou bi. En tout cas très ouvert sexuellement. Son petit jeu n'en sera que plus passionnant à suivre. Michaela, la fille qui a des principes, un peu coincée mais pleine de ressources. Le genre de personnage qui paye pas de mine au début mais qui impressionne de plus en plus. Laurel, dont j'aurais un peu de mal à définir la personnalité à ce stade. Curieuse, passionnée, à 200% tout le temps. Un peu plus légère que la moyenne aussi. "Douchebag" alias Asher est peu présent mais ses quelques apparitions laissent entendre qu'il y a beaucoup à dire sur lui en temps voulu. Frank et Bonnie, les deux principaux collaborateurs d'Annalise qui, comme elle, semblent avoir une dizaine de squelettes dans leurs placards... Bref. Et donc Annalise elle-même. Viola Davis a tout ce qu'il faut dans ce script pour faire des merveilles. Et elle en fera puisque son talent est immense. Ce personnage est fascinant, bien plus qu'un Joe Carroll de The Following par exemple. Je ne sous-entends pas que c'est une serial killeuse, hein ! Elle a l'énergie et la conviction d'Olivia Pope, les faiblesses d'Addison Montgomery et la dangerosité que l'on n'a connu dans aucune autre des héroïnes de Shondaland jusqu'à aujourd'hui. A la fin du pilote, elle reste un mystère pour tout le monde. Et ça, ça rend très très impatient de voir un deuxième épisode, toute une saison même. 

   Je terminerais par l'aspect slasher movie à la "Souviens-toi l'été dernier", qui n'est pas aussi ridicule qu'il en a l'air. Le groupe de personnages qui enterre un corps, on a déjà vu ça mille fois au ciné et à la télé. Est-ce que HTGAWM réussira à en faire quelque chose de neuf ? Seul le temps le dira. Pour l'heure, on nous égrenne tout au long du pilote des bouts de flashforwards  savamment dosés, qui ne sont qu'une infime partie d'un récit bien plus large. Ils créent autant d'envie que de frustration. Combien d'épisodes, ou de saisons, vont représenter les 4 mois qui se déroulent entre le présent et ces passages ? Impossible à dire. Mais il y a de la matière pour multiplier les rebondissements. Je pense instinctivement au mystère de la première saison de Desperate Housewives (et pas aux autres !). Sachez en tout cas que l'identité de la victime est connue à la toute fin du pilote. Vous pouvez essayer de deviner, vous tomberez peut-être juste avec un peu de chance, mais la réponse reste assez surprenante. Et tout reste à découvrir...

    ABC tient avec How To Get Away With Murder un hit en puissance ! Il faudrait que la case qu'elle lui choisisse soit très inadaptée, la promotion pas du tout efficace et les astres bien mal alignés pour qu'elle ne fasse pas un carton lors du/des premier(s) épisode(s) (avec les standarts d'aujourd'hui bien entendu !). Sur la longueur, en revanche, tout dépendra de sa capacité à tenir la route, d'autant qu'il lui faudra redoubler d'effort pour rester à la hauteur après avoir mis la barre haut dès le départ... Elle décroche le titre de MA série la plus attendue de la saison prochaine. Voilà, c'est dit.

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31 mars 2014

Fresh Off The Boat [Pilot Script]

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FRESH OFF THE BOAT (aka FAR EAST ORLANDO)

Comédie (Single-camera) // 22 minutes

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Ecrit par Nahnatchka Khan (Don't Trust The Bitch in Apartment 23, Fatrick). D'après le livre d'Eddie Huang. Produit par Jack Kasdan (New Girl, Ben & Kate, Bad Teacher). Pour ABC & 20th Century FOX Television. 

Le quotidien d'une famille chinoise issue de la première génération d'immigrants Taïwanais aux Etats-Unis dans les années 90, lorsqu'ils quittent le Chinatown de Washington D.C. pour Orlando en Floride. Tandis qu'Eddie, un ado dopé au hip-hop et à la culture américaine, tente de trouver sa place dans son collège où il est le seul asiatique, son père a bien du mal à attirer des clients dans son restaurant et sa mère à s'habituer à ses nouvelles voisines...

Avec Hudson Yang, Constance Wu, Randall Park (Veep), Paul Scheer (The League), Forrest WheelerRachel Cannon (Underemployed), Ian Chen...

 

   L'an dernier à la même époque, je ne tarissais pas d'éloges sur le script du pilote de The Goldbergs (à l'époque intitulé How The Hell Am I Normal?), à la fois tendre, amusant et authentique. Et le résultat final a été à peu près à la hauteur de mes attentes, tout comme les quelques épisodes suivants que j'ai vus. D'ailleurs, il s'agit à ce jour de la seule nouvelle comédie lancée par ABC qui ait réussi à s'installer et trouver son (petit) lot de fidèles. Je suis sûr qu'elle a un bel avenir devant elle, à la manière de la discrète mais vaillante The Middle. Trophy Wife a eu moins de chance, mais qualitativement, elle est pourtant loin d'avoir démérité (tandis que Super Fun Night s'est transformée en déception assez rapidement et que Mixology méritait mieux). Fresh Off The Boat s'inscrit dans la lignée de The Goldbergs (et The Middle), en troquant les années 80 contre les années 90.

   Tout comme Fatrick, l'autre pilote de la créatrice de Don't Trust The B**** en compétition cette année (mais chez FOX), la seule véritable déception qu'a pu me procurer Fresh Off The Boat c'est un relatif manque d'audace. J'aurais aimé que certaines blagues soient un peu plus osées. Il y a quand même deux-trois insinuations grivoises qui m'ont plu, mais on va dire que tout cela reste très familial, très gentil, très Disney. Et ce n'est pas vraiment un reproche en fait. Je crois qu'ABC est ici dans son rôle, dans ce que le public attend d'elle, et on ne peut pas lui reprocher de commander ce type de pilotes/séries. Quand elle ose des choses un peu plus en marges, du type The Neighbors ou justement Don't Trust The B****, elle se vautre. Finalemement, celle qui s'en sort le mieux en étant pas trop consensuelle c'est Suburgatory. Et encore. Elle a perdu de son mordant au fil du temps et elle n'est plus très loin de l'annulation ! Bref, avec tout ça je ne parle toujours pas précisément de Fresh Off The Boat.

    Au-delà du fait que ce pilote est rythmé, très souvent drôle et évite toujours de tomber dans la niaiserie de justesse, il met tout de même en avant un clash culturel extrêmement intéressant et rarement montré à la télévision. La population américaine originaire d'Asie est silencieuse. On la voit peu, on l'entend peu, elle est pourtant bien là. A bien moindre échelle, c'est comme à Paris où tous ces chinois/japonais vivent mais "n'existent pas" car on ne leur donne jamais la parole et, à vrai dire, ils n'ont pas l'air de la demander non plus. Dans un sens, ça veut certainement dire que leur intégration se passe bien et c'est tant mieux. Celle de la famille Huang n'en est qu'à ses balbutiements dans ce pilote, elle se fait très en douceur et il ne fait aucun doute qu'elle finira par réussir, mais pour l'heure elle est très amusante à suivre, aussi bien du côté des enfants, où c'est finalement assez banal -le weirdo habituel- que de celui des parents, qui l'est déjà un peu moins. Il faut dire qu'avoir choisi la Floride pour situer la série ajoute une dimension un peu surréaliste à l'histoire. Parce que les habitants de la Floride sont eux-mêmes hors-normes, "bigger than life". Je pense surtout aux nouvelles amies de la mère, des Real Housewives avant l'heure, obsédées par faire du roller toute la journée pour garder la forme, tout en commentant le dernier épisode de Melrose Place ! On devrait vraiment se marrer avec elles... La maman elle-même est le personnage le plus drôle -tiens tiens, comme dans The Goldbergs- tandis que le papa, un peu mou du genou, met plus de temps à convaincre. La grand-mère, malgré son silence, est très prometteuse. 

   Fresh Off The Boat a toutes les cartes en main pour devenir le The Goldbergs de la saison prochaine : la petite comédie fort sympathique et attachante qui ne mobilise pas les foules mais qui a de l'amour et de l'humour à revendre. Et il en faut des comme elle !

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25 mars 2014

Warriors [Pilot Script]

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WARRIORS

Drama // 42 minutes

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Ecrit par Chris Keyser (La vie à Cinq, Les Soeurs Reed). Produit par Laurie Zaks (Castle) & Todd Lieberman (La Proposition, Fighter, Clones). Réalisé par Martin Campbell (GoldenEye, Casino Royale, Green Lantern). Pour ABC, ABC Studios & Mandeville Films. 62 pages.

Tory Sterling, psychiatre, revient aux Etats-Unis après avoir passé deux ans en Afghanistan auprès des soldats de l’armée américaine. Traumatisée mais combative, elle retrouve sa famille, ses enfants et son mari, qui ont appris à vivre sans elle, et reprend ses activités au sein de l’hôpital militaire de Washington où les médecins et les infirmières se battent au quotidien pour sauver ceux qui ont tout donné pour défendre leur patrie. Mais comment oublier les horreurs de la guerre quand on en soigne les douleurs physiques et psychiques jour après jour ?

Avec Morena Baccarin (V, Homeland, Firefly), Courtney B. Vance (FlashForward, New York Section Criminelle), Greg Grunberg (Felicity, Alias, Heroes, The Client List), Eloise Mumford (Lone Star, The River, Fifty Shades Of Grey), Justina Machado (Six Feet Under, Missing, Private Practice), Don Hany (East West 101, Serangoon Road), Linda Park (Star Trek Enterprise, Crash), Abbie Cobb (90210, Suburgatory), Toby Levins (Rogue), Steve Kazee...

 

   Alors qu’ABC peut toujours compter sur Grey’s Anatomy dix ans plus tard, la chaîne a parfaitement conscience que le Seattle Grace n’est pas éternel et que les lieux finiront bien par être désertés d’ici une à deux saisons. Il faut donc préparer sa succession. Peut-être que la meilleure solution est de ne pas lancer tout de suite de nouvelles séries médicales, attendre que le public soit en demande. Mais la tentation est forcément grande étant donné que le genre est sous-représenté en ce moment à la télé. Citez une autre série médicale actuellement à l’antenne ? Depuis l’arrêt de Private Practice, il n’y en a pas d’autres, malgré tous les essais  des uns et des autres (Off The Map, A Gifted Man, Emily Owens, Monday Mornings…). Ce n’est pas faute d’avoir tenté des approches différentes pourtant. Quant à Chicago Fire, elle n’en est pas une à proprement parlé. NBC va lancer bientôt The Night Shift, qui se situe, comme Warriors, dans un hôpital militaire. Son destin ne sera a priori pas glorieux. ABC tentera également en fin de saison la psychologique Black Box (Lire la critique) après Grey’s Anatomy, en lieu et place de Scandal. Tandis que CBS développe Only Human, avec une approche familiale, et FOX Red Band Society, du point de vue des (jeunes) patients, est-ce que la commande de Warriors fait sens ?

   A la base, j’aurais eu tendance à dire que oui. L’idée me plaisait bien et la distribution assemblée est relativement solide avec un bon équilibre entre têtes connues et débutants. Mais le script m’a laissé globalement de marbre, à mon grand désarroi. Il manque de souffle, de personnalité. Il commence mollement, là où il y avait moyen de faire quelque chose de percutant, de surprenant. Basiquement, c’est l’héroïne qui débarque à la fête d’école de sa fille après deux ans passés en Afghanistan. Les retrouvailles se font donc sous les applaudissements des parents en délire. C’est trop, mais ça met tout de suite dans le ton un peu niais et ultra patriotique de l’ensemble. De là à lâcher une larme face à des personnages qu’on ne connaît ni d’Eve ni d’Adam : non. Puis on retrouve madame avec son mari, au lit. Elle n’a pas envie. Lui n’attend que ça. C’est amusant quand on fait le parallèle entre le début de Homeland et celui de Warriors, d’autant que Morena Baccarin est impliquée dans les deux cas. On a d’un côté l’émotion sincère et la subtilité et de l’autre l’émotion forcée et la facilité. On ne devrait pas les comparer évidemment. C’est injuste. Mais ça saute tellement aux yeux ! De manière générale, l’héroïne ne m’a pas séduit… jusqu’à ce qu’on apprenne qu’elle a trompé son mari sur le front, avec celui qui est désormais son patron. Elle devient tout à coup moins lisse. Mais il faudra plus que ça pour nous la faire aimer. En plus, elle s’appelle Tory Sterling. Du coup, pendant toute la lecture, j’avais le visage de… Tori Spelling en tête ! Et c’est un visage que l’on n’aime pas avoir en tête aussi longtemps, croyez-moi.

   On ne peut pas dire que la galerie de personnages secondaires soit tellement plus réjouissante. Le point fort : tout ce petit monde habite sur la base militaire et se connaît donc très bien depuis des années. On sent cette proximité qui donne un sentiment de convivialité, de chaleur. Le point faible : ils sont tous fondus dans le même moule, ils sont brillants, courageux, ils ont un grand cœur… Ils sont méga ennuyeux quoi ! Greg Grunberg joue un handicapé qui ne peut plus exercer son métier de chirurgien comme avant depuis qu’il est en fauteuil roulant. Eloise Mumford interprète une interne amoureuse de son patron, le même qui a un passé amoureux avec Tory. Une infirmière en chef entretient une relation secrète avec une de ses collègues, qui refuse catégoriquement de faire son coming-out… tout ça ne sonne pas très neuf. C’est un sous-Grey’s Anatomy, sans l’humour et l’efficacité. Et le fait que toutes les intrigues soient liées à des soldats ou des vétérans, ce qui fait donc l’originalité du projet, risque très vite de se retourner contre lui : les cas vont tourner en rond. Ceux exposés dans le pilote ne sont pas particulièrement marquants. On les a déjà traités dans des sous-intrigues de d’autres séries, médicales ou non, Grey’s en tête avec le personnage d’Owen, ou Brothers & Sisters avec Justin après son retour d’Irak. Le seul avantage dans tout ça : les patients peuvent revenir de manière récurrente puisqu’ils habitent tous à 10 kilomètres à la ronde. Ça permet de faire du feuilletonnant  avec eux aussi bien qu’avec les médecins. Je ne vous ai pas parlé des dialogues encore. Ils sont lourds, clichés. On les a déjà entendus des milliers de fois.

   J’espère sincèrement me tromper sur Warriors, mais je suis persuadé d’au moins une chose : elle ne révolutionnera pas le genre de la série médicale ! Son sujet et sa vision très américano-américaine peut cependant séduire aux Etats-Unis. Elle fait le job. Sans étincelles et sans ambition, certes, mais elle le fait. Parfois, la simplicité paye…


24 mars 2014

The Winklers [Pilot Script]

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THE WINKLERS

Comédie (Multi-camera) // 22 minutes

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Ecrit, produit et réalisé par Phil Rosenthal (Tout le monde aime Raymond), co-écrit par Max Winkler (New Girl, The New Normal) & Rob Reinis. Pour ABC, 20th Century Fox Television & The Walcott Company. 54 pages.

Jack Conner, un ouvrier en bâtiment un peu rustre, tombe amoureux de la fille d'Henry Winkler, l'acteur mythique héros de "Happy Days", et se voit dans l'obligation d'emménager avec elle dans la grande demeure familiale à Beverly Hills. Au contact de ces gens excentriques et aimants, il va découvrir la tendresse et les petites joies du quotidien...

Avec Domenick Lombardozzi (The Wire, Boardwalk Empire, Breakout Kings), Henry Winkler (Happy Days, Arrested Development, Royal Pains), Judith Light (Madame est servie, Ugly Betty, Dallas 2012), Eve Amurri Martino (Californication), Josh Sussman (Glee, Les sorciers de Waverly Place)...

 

    The Winklers est une sitcom à l'ancienne, que TV Land -foyer de Hot In Cleveland et Happily Divorced entre autres- n'aurait probablement pas refusé si on lui avait proposé. Si ABC s'est battue pour récupérer le projet développé par 20th Century FOX Television autour de Henry Winkler, c'est probablement parce que c'est sur la chaîne que l'acteur est devenu une star de la sitcom US grâce à Happy Days diffusée pendant dix ans. Il était logique qu'il retourne à la maison. L'idée est probablement de réitérer la même opération qu'avec Tim Allen, star de Papa Bricole sur ABC durant huit saisons, désormais à la tête de Last Man Standing depuis désormais trois ans, avec un succès modéré mais suffisant. L'objectif est très clairement de lui trouver la parfaite compagne pour le vendredi soir. The Winklers est la candidate parfaite. 

   Honnêtement, je ne suis pas très client de ce que j'ai lu. Je sais reconnaître les qualités de ce script, plutôt amusant dans l'ensemble, mais il est tellement mais tellement classique et oserais-je dire ringard, que je ne m'imagine pas une seule seconde en regarder plus de deux épisodes. En revanche, il renoue avec une tradition perdue depuis la fin des années 90 qui devrait convaincre un public âgé, présent devant son poste le vendredi soir, et qui a, lui aussi, le droit de rigoler un peu après tout ! Au fond, que les situations soient vues et revues et que les personnages soient des stéréotypes de sitcoms familiales n'est pas très important. Non, ce qui compte c'est que la distribution soit bonne et que leur complicité fonctionne. Et avec Henry Winkler et la géniale Judith Light, on peut au moins être assuré de cela ! Domenick Lombardozzi n'est pas connu pour ses talents comiques mais il a les épaules pour porter le projet. Quant à l'écriture, la réalisation et la production, elles ont été confiées à un vétéran qui a signé l'une des sitcoms les plus populaires EVER de la télévision américaine : Tout le monde aime Raymond. Il maîtrise son sujet et ça se sent. La configuration de The Winklers est à peu près la même puisqu'elle joue elle aussi énormément sur l'opposition entre un couple et les beaux-parents. A noter qu'un bébé est en route, ce qui devrait assurer plein d'intrigues pour l'avenir. Oui, des intrigues que l'on connaît par coeur.

    The Winklers n'est pas faite pour vous, chers lecteurs, mais elle saura sans aucun doute trouver preneur si elle venait à être commandée. Pour Judith Light, on regardera quand même quelques épisodes et qui sait, on se laissera peut-être prendre au jeu... Y'a pas d'âge pour se marrer, non ?

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18 mars 2014

Forever [Pilot Script]

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FOREVER

Drama // 42 minutes 

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Ecrit et produit par Matthew Miller (Chuck, Las Vegas, 666 Park Avenue). Co-produit par Dan Lin (Lego 1 & 2, Sherlock Holmes 1,2,3). Pour ABC, Warner Bros. Television & Lin Pictures. 59 pages.

Le Dr Henry Morgan, un médecin légiste discret mais brillant, étudie la mort pour une raison bien précise : il est immortel. Depuis deux siècles, il parcourt le monde et cherche un remède à sa condition qu'il considère comme une malédiction, aidé par un son meilleur ami, un vieux chauffeur de taxi roublard. Après un accident de métro au cours duquel il a (encore) perdu la vie, il fait la rencontre de la détective Jo Martinez, une veuve au caractère bien trempé avec qui il ne va pas tarder à faire équipe pour résoudre d'épineuses affaires criminelles...

Avec Ioan Gruffudd (Les 4 Fantastiques, Titanic, Ringer), Alana de la Garza (New York Police Judiciaire, Los Angeles Police Judiciaire), Judd Hirsch (Damages, Taxi, Numb3rs, Independance Day), Joel David Moore (Avatar, Bones, Médium), Barbara Eve Harris (Prison Break, Les Experts), Donnie Keschawarz (Damages, 24, Les Soprano, Homeland)...

 

    Il y avait -et il y a toujours- Castle et Beckett, il y aura peut-être bientôt Morgan et Martinez. Avec Forever, ABC semble avoir trouvé le successeur de Castle, même si cette dernière a certainement encore quelques années supplémentaires à vivre. La série est en tout cas exactement dans le même esprit, avec cet équilibre parfait entre polar, comédie et romance, qui a également fait le succès de Bones. On a d'ailleurs droit ici aussi à des scènes de dissection bien dégueulasses que Brennan n'aurait pas reniées ! Et puis il y a cette dimension fantastique supplémentaire, suffisamment bien amenée pour paraître presque naturelle. A travers une voix-off, le héros explique sa malédiction et ce qui l'a amené jusqu'à New York. Les textes ont tendance à se répéter à la longue, martelant toujours les mêmes idées comme si le téléspectateur était stupide mais c'est ainsi que les pilotes de network fonctionnent, afin que celui qui arrive en cours de route puisse comprendre bien tout comme il faut ce qu'il découvre, et reste. Et quand on propose un programme de ce type, très grand public, c'est un mal nécessaire. Mais c'est dit avec suffisamment d'humour et de second degré pour faire sourire et se laisser porter.

   Le pilote est émaillé de quelques flashbacks plus ou moins longs, se déroulant à différentes époques -et plus particulièrement les années 50- qui nous dévoilent une petite partie du mystère qui entoure Henry Morgan. Ca m'a fait un peu penser à ceux de Vampire Diaries. Ou ceux du pilote d'Arrow. Prenez-le comme vous voulez, mais sous ma plume, c'est plutôt positif. Un peu plus et il s'appellait Harry Morgan notre héros dites, comme le papa de Dexter. Je viens juste de m'en rendre compte. Bref. La scène d'ouverture -un accident de métro- est plutôt marquante. Avec Warner Bros. aux commandes, on devrait avoir quelque chose de léché en plus et non des fonds verts de piétre qualité. Une bonne raison de se réjouir. Il y a ensuite un passage se déroulant à la fin du 19ème siècle, sur un navire en train de couler et notre héros se noyant au plus profond des eaux. Qu'est-ce qu'il l'a amené jusque là ? La réponse viendra certainement dans un futur épisode. Le pilote pose des bases et lance plein de boués, qui seront attrapées en temps et en heure. Bien entendu, Harry a perdu son grand amour, Abigail, il y a bien longtemps. Et il y a peu de chance que ce soit de mort naturelle. Une réponse nous est toutefois gracieusement donnée dans ce premier épisode, quant à la véritable identité de son meilleur ami, Abe. Et je dois dire que ça m'a beaucoup plu, d'autant que je ne l'avais pas du tout vu venir. C'est touchant. Au fil des pages, une petite mythologie se dessine et sur deux siècles, il y a des tas de choses à imaginer. Les scénaristes auront de quoi se renouveler. C'est une belle perspective. 

   Et puis il y a l'enquête du jour et tous les tics habituels des séries policières classiques qui vont avec. Je déteste ça donc j'ai soupiré lors de ces passages, fort heureusement peu nombreux. Je n'ai pas du tout aimé le dénouement d'ailleurs. Plus précisément les motivations du meurtrier. J'ai trouvé ça con, vraiment très con. Mais je me fais la même réflexion à chaque fois que je tombe sur un Esprits Criminels ou autres alors ce n'est pas vraiment un indice sur ce que Forever a dans le ventre de ce point de vue. On va dire qu'il n'y a rien de nouveau. On retrouve un peu de Sherlock Holmes / Elementary chez Henry Morgan dans le sens où il fait des déductions incroyables avec rien, sous prétexte que sa longue expérience de vie fait qu'il sait repérer les signes. Vous pouvez être sûr que si je vivais deux siècles, je serai toujours aussi nul au jeu de devinettes ! Le concept a ses limites. C'est un peu ridicule. Mais bon Casle qui comprend tout parce qu'il a écrit trois romans policiers dans sa vie, c'est pas tellement plus crédible. Pourquoi je cherche à défendre Forever au bout du compte ? Parce que je pense qu'elle a vraiment le potentiel de fonctionner, de plaire et de vivre longtemps, très longtemps. Mais peut-être pas éternellement quand même ! Je ne vous ai pas encore touché un mot sur la complicité entre Henry et Jo, mais elle est évidente, attendue, tout ce qu'il y a de vu et revu. Mais ça plaît toujours, non ? Le parallèle intéressant -sans être d'une incroyable finesse on en conviendra tous- c'est d'opposer un immortel à une veuve. Ils ont deux expériences très différentes de la mort et, au fond, il n'y a que lui qui peut la soigner de son infinie tristesse : il ne mourra jamais. Enfin, sachez que si Jo ignore tout de son "don", il y a quelqu'un quelque part qui sait tout et qui le harcèle anonymement pour le lui faire savoir. Quelqu'un qui clame aussi être immortel mais qui reconnaît être mauvais. On l'a notre fil rouge !

   Forever possède les défauts et les qualités du genre auquel elle appartient, la série policière. Mais grâce à son héros immortel qui a vécu mille et une vies, elle a le potentiel de raconter beaucoup d'histoires dans des ambiances très différentes, d'être plusieurs séries dans la même série. On peut déjà s'imaginer des épisodes spéciaux, d'autres chargés en réponses mythologiques (du côté des fins de saisons), même si l'ensemble sera certainement assez classique, répondant à une formule bien rodée. Le nouveau Castle, c'est lui !

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11 mars 2014

Galavant [Pilot Script]

 

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GALAVANT

Comédie (single-camera) // 22 minutes

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Ecrit et produit par Dan Fogelman (The Neighbors, Cars, Raiponce, Crazy, Stupid, Love) & Alan Menken ( La petite sirène, Aladdin, La Belle et la bête, Il était une fois…). Pour ABC, ABC Studios & Rhode Island Avenue Productions. 28 pages.

Le Prince Galavant, héros des contes de fées toujours prêt à défendre la veuve et l’orphelin, est en guerre contre l'affreux Roi Richard qui lui a volé l'amour de sa vie, la belle Madalena. Pour la retrouver et réconquérir son coeur, il doit traverser les royaumes, les montagnes et les forêts, combattre des dragons, déjouer les pièges de son ennemi juré.. et chanter !

Avec Joshua Sasse (Rogue), Timothy Omundson (Psych, Amy), Vinnie Jones (Snatch, X-Men l’affrontement final), Mallory Jansen, Karen David, Luke Youngblood (Community), Ben Presley

 

   "Think “The Princess Bride” meets “Monty Python” meets classic Disney". Voilà comment le talentueux et facétieux scénariste Dan Folgelman, déjà heureux papa des excellents Neighbors d'ABC, présente en début de script son Galavant. Un projet unique en son genre, tellement unique qu'il est impossible d'être assuré que tout ce qui semble si prometteur sur la papier ne va pas tourner à la catastrophe à l'écran. Ce n'est pas la première fois qu'une oeuvre tente de parodier les contes de fées et ce ne serait pas la première fois que ça se transformerait en plantade totale. Mais la difficulté principale ne réside même pas là. Non, c'est que ce soit sous le format d'une série et qui plus est musicale qui est culotté ! Seul ABC, qui appartient à Disney rappelons-le, pouvait se le permettre. Mais c'est en même temps curieux d'avoir à l'antenne à la fois Once Upon A Time, qui joue sur les codes et qui mélange les oeuvres, et Galavant qui les tourne à la dérision. C'est comme si la deuxième se moquait de la première en fait ! 

   Afin de mettre toutes les chances de son côté, le créateur s'est adjoint les services du mythique Alan Menken, huit fois oscarisé pour son travail sur les bandes originales de nombreux dessins-animés, pour la direction musicale du show. Autant dire que les morceaux créés pour l'occasion ne devraient pas être dégueulasses. Le script ne contient pas les paroles, mais simplement les notes d'intention de l'auteur en quelques rimes. ABC a elle-même choisi de mettre les petits plats dans les grands en tournant le pilote dans des studios londoniens, profitant d'une taxe offerte par la ville. On ne devrait malheureusement pas échappé aux fonds verts chers à ABC Studios, mais de nombreuses scènes seront tout de même tournées en extérieur.  Bref, je tourne autour du pot car au fond je n'ai pas grand chose à dire. Est-ce que c'est drôle ? Oui. Globalement. Il y a un peu trop de flashbacks et de flashfowards à mon goût, une manière de compliquer artificiellement une histoire que l'on connaît déjà par coeur. Le plaisir ne réside de toute façon pas dans les intrigues, clichées à mort pour la bonne cause, mais dans les dialogues, les chansons et, je suppose, les performances des acteurs qui se doivent d'être excellents en tout. On leur demande beaucoup. Et puis ce script est super séduisant aussi grâce aux descriptions que le scénariste fait au lecteur, tous les petits à côté, les traits d'humour, qui n'auront malheureusement pas de retranscription à l'écran. Du type : pour présenter le personnage d'Isabella, il écrit "Think Jennifer Lawrence. Sure we can get her!" ou concernant l'arrivée fracassante du héros "And not only can Galavant defeat half an army by himself... he can SING while doing it! Here goes our opening song".

   Galavant pourrait tout aussi bien être une daube infâme qu'un petit chef d'oeuvre de comédie. C'est du 50/50. Mais vu les forces en action, l'optimisme est de mise. Reste à savoir si ABC voudra prendre le risque de la commander et surtout trouvera quoi en faire, où la placer dans sa grille... 

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08 mars 2014

American Crime [Pilot Script]

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AMERICAN CRIME

Drama // 42 minutes

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Ecrit, produit et réalisé par John Ridley (12 Years A Slave, Les Rois du désert, New York 911). Pour ABC, ABC Studios & Stearns Castle. 60 pages.

L'étude d'un crime odieux, soupçonné d'être raciste, de l'enquête et du procès qui en découlent, aussi bien du point de vue des familles des victimes que de celui des accusés...

Avec Timothy Hutton (Leverage, Kidnapped, The Ghost Writer), Felicity Huffman (Desperate Housewives, Sports Night), Benito Martinez (The Shield, Sons Of Anarchy, Million Dollar Baby), Richard Cabral (SouthLAnd), Elvis Noslasco (Old Boy), Penelope Ann Miller (Mistresses, The Artist), Johnny Ortiz (Ali), Caitlin Gerard (Zach Stone is gonna be famous), W. Earl Brown (Mary à tout prix, Scream, Vanilla Sky), Brent Anderson... 

 

   Avec un titre très générique qui fait irrémédiablement penser à "American Horror Story", il me paraît évident qu'ABC aimerait faire de cette nouvelle série une franchise anthologique qui aurait pour ambition d'explorer en une douzaine d'épisodes maximum chaque année des crimes "exemplaires", renvoyant aux différents mythes américains et aux problèmatiques sociales modernes de ce vaste pays. C'est un projet ambitieux, risqué, très câblé dans l'esprit, qu'il sera très compliqué d'imposer sur un network, qui plus est un network qui n'est pas connu pour ses séries policières (hormis Castle) ou même judiciaires (The Practice et Boston Justice commencent à dater). Mais c'est tout à l'honneur de la chaîne de vouloir se diversifier et avec John Ridley à la tête de cette première saison, le monsieur qui vient d'obtenir un Oscar pour l'excellent 12 Years A Slave, elle devrait au moins être assurée d'un accueil critique élogieux. A noter qu'il a développé cette série de son côté, depuis quatre ans, avant de la présenter aux différentes chaînes. Inutile de préciser qu'il s'agit d'un programme fait pour une case tardive de 22h, du moins si ABC laisse le pilote tel qu'il est écrit : sombre, violent, désespéré.

   Au début du script, lorsque le scénariste présente deux des personnages principaux, il insiste beaucoup sur le fait que ce sont des hommes "normaux". Un homme blanc normal de la classe moyenne qui mène une existence simple comme des millions d'Américains. Jusqu'à ce qu'il apprenne le meurtre de son fils. Un jeune homme normal aussi. Du moins en apparence. On découvre ainsi au fur et à mesure son histoire, celle de sa famille, de son divorce, de son ex-femme (incarnée par Felicity Huffman), de ses deux enfants. Mais tout a basculé. Plus rien n'est normal. Tout devient colère et souffrance. On sent sur ses épaules tout le poids de la culpabilité, ce que Barb, son ex donc, encourage vivement à coup de remarques acerbes. Ces deux héros amers sont complexes, éloignés des personnages un peu lisses que la télévision a tendance à nous servir à coup de stéréotypes et ils ont le potentiel de transmettre énormément d'émotions, ce à quoi les deux acteurs choisis devraient parvenir sans mal. A l'opposé d'eux, derrière un miroir inversé, on suit l'existence d'un autre homme "normal", mais dans une autre normalité. Celle d'un latino américain, veuf, qui habite dans un quartier difficile, qui n'a pas beaucoup d'argent mais suffisamment pour vivre dignement et assurer à ses deux enfants une éducation, tout en leur transmettant des valeurs en lesquels il croit, celles qui lui ont permis de réussir son intégration aux Etats-Unis. Mais tout va basculer pour lui aussi lorsque son fils, qu'il pensait éloigné de toute forme de délinquance, est soupçonné du fameux meurtre. Le parallèle entre ces destins est d'une grande richesse et devrait continuer à être pertinent dans la suite des événements, au cours du procès notamment. Le plus intéressant dans tout cela c'est que le crime raciste n'a pas été perpétué par un homme blanc sur un homme de couleur mais par un homme de couleur sur un homme blanc. C'est presque un contre pied à ce à quoi on pouvait s'attendre, par habitude. 

   Sous une forme qui n'est pas sans rappeler The Killing, le pilote nous entraîne ainsi d'un quartier à un autre, d'une maison à une autre, d'une ambiance à une autre, aux côtés de personnages qui ont tous une importance dans la mécanique de l'enquête mais qui ne sont jamais passifs. Le principal détective chargé de l'affaire montre à quelques reprises qu'il ne se contente pas seulement de faire son job. Il fait preuve d'empathie, il conseille la famille des victimes (car il y en a en réalité deux, mais je ne vais pas tout vous raconter afin de vous laisser quelques surprises). Je ne pense pas que l'on s'attachera pour autant à un moment donné à sa vie personnelle, mais ça ne manque pas. C'est même mieux ainsi. Il y a une récurrence dans la mise en scène, notamment via des plans de la ville pris depuis des fenêtres, submergés par des voix radiophoniques correspondant à des bulletins d'information ou à des débats sur le meurtre. Une manière d'inscrire le fait divers dans l'actualité, de préparer probablement les futurs retentissements médiatiques aussi. A plusieurs reprises, le pilote bascule dans le glauque à travers un couple interracial de drogués. La jeune fille se fait tabasser par un groupe de femmes blacks dans les toilettes d'un bar miteux. Elle est sur le point de se prostituer à un autre moment. Ce sont des personnages auxquels on a du mal à s'attacher jusqu'à une scène qui nous montre combien ils s'aiment, combien le garçon tient à elle. Combien c'est beaucoup plus compliqué entre eux qu'on ne l'imaginait. 

   American Crime pourrait bien se révéler être un petit chef d'oeuvre comme la télévision de network en offre rarement. Ce pilote annonce une série cinématographique, ambitieuse, riche, exigeante, peut-être même bouleversante, qui n'a pas nécessairement des choses à dire très nouvelles ni très originales, mais qui le fait efficacement et sans concession. ABC n'est certainement pas l'écrin qui la mettra le plus en valeur mais j'espère qu'elle saura au moins lui donner sa chance.

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03 mars 2014

An American Education [Pilot Script]

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AN AMERICAN EDUCATION

Comédie (Single-camera) // 22 minutes

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Ecrit par Alex Gregory & Peter Huyck (Frasier, King Of The Hill). D'après une histoire de Jack Whitehall & Ben Cavey. Adapté de la série anglaise Bad Education. Pour ABC, ABC Studios & Tiger Aspect Productions. 33 pages.

Alfie Wickers, un jeune prof originaire d'Angleterre aux méthodes d'éducation peu conventionnelles et à l'humour très particulier, s'est fait une place de choix dans le coeur de ses élèves. Mais dans cette école publique de San Diego, sa hiérarchie n'est pas fan de ses excentricités, surtout quand il décide de mettre les bouchées doubles pour conquérir le coeur de la nouvelle prof de chimie...

Avec Jack Whitehall (Bad Education, Fresh Meat), Brittany Snow (American Dreams, Harry's Law, Hairspray, Pitch Perfect), Rosie Perez (Lipstick Jungle, Délire Express), Phil Morris (Smallville, Melrose Place), Devin Ratray (Maman, j'ai raté l'avion)...

 

   Paul Lee persiste et signe ! Le président d'ABC -qui n'a pas eu des résultats très probants depuis son arrivée, il faut bien le dire- s'entête chaque année à commander plusieurs adaptations américaines de comédies anglaises à succès. Ou pas à succès d'ailleurs. Parce qu'il est lui-même anglais. Mais pour un The Office, combien de remakes ratés depuis des décennies ? Beaucoup. Heureusement, la plupart de ses commandes de pilotes ne se transforment pas en commandes de séries. L'an dernier, le script de Spy US était une petite purge (Lire ICI). Celui de Only Fools And Horses US n'était pas meilleure. Et puis il y a eu Family Tools (adapté de White Van Man) qui a vu le jour et qui était extrêmement mauvais. J'avais regardé le pilote anglais pour comparer et je n'avais vraiment pas compris où il avait vu un quelconque potentiel pour une version US. J'ai fait la même chose cette saison avec Bad Education : j'ai eu du mal à aller jusqu'au bout du pilote. Une suite de gags/sketchs moyennement drôles, voire pas drôles du tout parfois, avec un héros insupportable. Pour An American Education, j'ai une bonne et une mauvaise nouvelle : le pilote est beaucoup plus structuré, mais le héros est toujours là, joué par le même acteur, et s'il est un peu moins agaçant sur le papier, je suis sûr qu'à l'image ce sera encore atroce.

   Ce pilote n'est pas un copier/coller de l'original même si les fondamentaux restent : personnages et enjeux. Les blagues ne sont donc pas les mêmes, certaines sont bonnes, d'autres moins, mais elles sont globalement moins graveuleuses. Sauf une, dans l'intro d'ailleurs, qui m'a fait sourire. C'est la principale adjointe qui s'adresse au héros : "Wickers, my dad used to have a saying about weak people like you: “All fart and no crap.” Well, when Rita Gomez -me- she follows through" / "You must spend a fortune on underwear". Voilà, c'est pas fin, je vous avais prévenu. Il y a beaucoup (trop) de comique de situation où Wickers fait le pitre pour impressionner ses élèves et l'élue de son coeur. Cela ne va pas assez loin pour être embarrassant, mais déjà trop pour que ce soit drôle. L'humour à l'anglaise dans un contexte américain, ça passe ou ça casse. Là, ça casse grave. En plus, l'intrigue du pilote m'a rappelé les pires heures de Glee -laquelle est d'ailleurs citée à plusieurs reprises- puisqu'en gros, Wickers s'est mis en tête de sauver les cours de musique, menacés de disparaître parce que la principale adjointe estime que l'argent de l'école doit être dépensé dans des activités plus utiles, sportives par exemple, pour gagner en notoriété dans l'état de Californie. Ca ne vous rappelle rien ? Si. Bah Wickers est forcément plus drôle que Mr Shue, et Rita Gomez est naturellement moins hilarante que Sue Sylvester. Quant aux élèves, ils interviennent finalement assez peu et n'apportent rien de particulier. En plus, il y a un autre prof lourdingue, dans un autre style. Ca fait vraiment beaucoup de boulets pour une si petite série. La prof de chimie, incarnée par Brittany Snow que j'adore, est mignonnette mais elle ne sert pas à grand chose. Et on a fait le tour de cette bande pas attachante, qui  ne donne même pas envie de lui laisser le temps de faire ses preuves. C'est vraiment le genre de pilote que les gens quittent au fur et à mesure, sans aller jusqu'au bout tant tout est prévisible. 

   Dès son pilote, An American Education passe à côté de son sujet. L'analyse des différences culturelles entre les américains et les anglais s'arrête à une blague sur Harry Potter. Sans caricaturer. Le reste est tout au plus amusant de temps à autres, mais guère passionnant. Et on flaire déjà que la série va suivre une formule hebdomadaire des plus lassantes. Alors même avec une bonne distribution, un bon réalisateur et un peu d'imagination, je ne vois aucun avenir à ce projet. En plus, ABC ne saurait pas vraiment quoi en faire ! J'espère que Paul Lee a déjà acheté son billet de retour à Jack Whitehall. 

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