23 août 2013

Tyrant [Pilot Script]

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TYRANT

Drama // 52 minutes

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Ecrit par Gideon Raff (Hatufim, Homeland). Produit par Howard Gordon (Homeland, 24, X-Files, Buffy...) & Craig Wright (Six Feet Under, Brothers & Sisters, Dirty Sexy Money, Lost, Underemployed). Réalisé par David Yates (Harry Potter). Pour FX Networks, Fox 21 & Teakwood Lane Productions. 69 pages.

Au coeur d'un pays du Moyen-Orient où le temps des révoltes est à l'accalmie, son président, le tyran Khalid Al-Fayed, est sur le point de mourir. Son fils Jamal, craint par le peuple pour ses actes de barbarie, est son successeur naturel mais le vieil homme préfère confier cette tâche à son autre fils, Bassam, qui a choisi il y a longtemps de fuir les horreurs de la guerre pour refaire sa vie aux Etats-Unis. Devenu Barry, il est désormais médecin, marié et a deux enfants adolescents. A l'occasion du mariage de son neveu, il retourne avec sa petite famille au pays sans se douter qu'on va les forcer à y rester...

Avec Adam Rayner (Hunted, Mistresses UK), Anne Winters (The Fosters), Ashraf Barhom (Le Choc des Titans), Justin Kirk (Weeds), Jordana Spiro (Harry's Law, The Mob Doctor), Moran Atias (Crash), Sammy Sheik (United States Of Tara, Homeland), Fares Fares (Zero Dark Thirty), Mehdi Dehbi... (casting en cours)

 

     On ne le dira jamais assez : FX est en train de devenir LA chaîne aux projets les plus intéressants ! Le remake du Fargo des Frères Coen en mini-série pourrait faire des merveilles; la grande saga vampirique de Guillermo Del Toro The Strain sera selon moi le nouveau The Walking Dead en terme de popularité, un futur phénomène; et Tyrant, signé par l'équipe de Homeland, titillait ma curiosité jusqu'à ce que je lise le script et que je sois... totalement convaincu que ce sera l'une des futures grandes séries qu'il ne faudra rater sous aucun prétexte et qui fera un carnage aux Emmys ! The Americans et The Bridge, c'est bien, mais Tyrant, c'est un cran au-dessus. Il est toutefois fort regrettable qu'Ang Lee (The Life of Pi, Brokeback Mountain), engagé pour réaliser le pilote, ait été obligé de se retirer du projet pour des raisons d'emploi du temps. Il aurait sûrement rendu cette histoire très dense encore plus forte qu'elle ne l'est déjà. Je ne suis pas certain que David Yates soit l'homme de la situation. J'aurais bien imaginé Ben Affleck à sa place. Par certains aspects, Tyrant fait penser parfois à Argo, son petit chef d'oeuvre de l'an passé. On a présenté à l'origine la série comme un Homeland à l'envers. Si je comprends l'idée (qui a forcément dû achever de convaincre les potentiels diffuseurs lors de sa présentation), c'est quand même très restrictif...

   La première chose à bien se mettre en tête, c'est que Tyrant est avant tout une histoire de famille, comme Homeland est avant tout une histoire d'amour (dixit Howard Gordon). On peut même dire qu'elle emprunte un certain nombre de codes classiques du soap familial dans un contexte -le Moyen-Orient- qui n'a pas encore exploré la question jusqu'ici à la télévision, en tout cas de manière hebdomadaire. C'est sans doute là qu'intervient le savoir-faire du producteur exécutif Craig Wright, qui a bossé entre autres sur Six Feet Under et Brothers & Sisters. Cette petite famille américaine typique est attachante, peut-être même dès la première scène, lorsque le héros, le patriarche, déambule dans son appartement une nuit d'insomnie et observe avec tendresse sa femme et ses enfants, paisiblement en train de dormir, bien loin d'imaginer ce qu'ils sont sur le point de vivre. La complicité entre Emma et Sammy, le frère et la soeur, est irrésistible avec quelques bonnes répliques à la clé. Une des choses qui les lient est le secret qu'ils partagent : Emma est la seule à savoir que son frère est gay. Et c'est un élément qui va être développé avec beaucoup d'attention dans tout le pilote, la question d'être homosexuel dans un pays où c'est interdit et puni purement et simplement par la pendaison étant très intéressante. Emma n'a pas de secret, mais elle va assister à une scène pour le moins choquante, surtout pour une fille de son âge, lors du mariage de son cousin : son oncle, Jamal, va vérifier si sa future belle fille est bel et bien vierge. Là aussi, la question du traitement de la femme dans cette société est lancée. Et ce fameux Jamal, qui est juste une ordure de la pire espèce, a à son actif au moins trois autres passages violents dès ce premier épisode, dont le viol d'une villageoise. Sans tomber dans la caricature de la dictature, Tyrant ne recule devant rien pour montrer ce que vivre dans un tel pays signifie à la fois pour les habitants lambdas mais aussi pour les puissants, qui n'ont pas tous choisis d'être là. C'est tout particulièrement le cas de notre héros, Barry, encore profondément meurtri par son enfance là-bas. Quelques flashbacks de cette période viennent émailler l'épisode et éclairent ses relations conflictuelles avec son père et son frère mais aussi son combat intérieur contre lui-même, ses racines, ses désirs, ses pulsions... Je ne connais pas Adam Rayner, son interprète, mais il a de l'or sous les doigts. J'espère qu'il saura en faire bon usage. N'est pas Damian Lewis qui veut... Beaucoup de personnages secondaires gravitent autour de la famille : un couple d'attachés diplomatiques américains, dont on devine qu'ils ont des intentions secrètes et qu'il ne faut surtout pas leur faire confiance; un garde du corps qui ne laisse pas indifférent Sammy, ce qui semble être réciproque; l'amour de jeunesse du héros, qui ne va pas tarder à semer le trouble dans les coeurs du couple star... et bien d'autres encore. Quand je vous dis que ce pilote est dense !

   Tyrant aurait presque pu être envisagé comme un spin-off de Homeland, comme un prolongement des flashbacks réguliers impliquant le fameux Abu Nazir mais centré sur sa dynastie. Il n'est cependant pas question d'Al-Quaïda pour le moment, et peut-être même que le sujet ne sera jamais évoqué. Si cette nouvelle série possède le même ADN que Homeland, et fait preuve d'autant d'efficacité dans le déroulement des événements et de subtilité dans son approche de nombreuses questions brûlantes, elle parvient sans mal à s'en distinguer pour offrir un autre divertissement intelligent, qui devrait ravir aussi bien les amateurs de sagas familiales que les accros à l'adrénaline. Du grand art !

 

A VENIR : THE LEFTOVERS, THE VATICAN, WAYWARD PINES, HIGH MOON, HAPPYLAND...


29 janvier 2013

American Horror Story [2x 12 & 2x 13]

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Continuum // Madness Ends (Season Finale)

 2 300 000 tlsp. // 2 290 000 tlsp.

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   "If You Look In The Face Of Evil, Evil's Going To Look Right Back At You" C'est assurément LA phrase que l'on retiendra de cette deuxième saison d'American Horror Story absolument formidable. Elle aura mis en lumière, entre deux délires scénaristiques, les parcours de deux femmes abusées par la vie, dont l'une aura fini par totalement sombrer malgré des éclairs miraculeux de lucidité et dont l'autre sera sortie plus forte mais plus ambitieuse et impitoyable que jamais. Je n'irai pas jusqu'à dire que tous les autres personnages étaient accessoires, mais disons que si l'on devait résumer la saison, ce serait à Sister Jude et à Lana Winters que reviendrait, logiquement, toute la gloire. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si ce sont précisement les deux personnages sur lesquels s'achève le dernier épisode et si tout y est raconté du point de vue de la journaliste, qui revient au cours d'une interview pour un magazine de télévision sur son parcours depuis sa sortie de Briarcliff, de son combat pour dénoncer les conditions de vie inhumaines dans les asiles psychiatriques jusqu'à sa grossesse indésirée, ses mensonges, son mea culpa et sa libération, en tuant son fils. Celui qu'elle n'a jamais aimé, qu'elle n'aurait jamais pu aimer de toute façon, et dont la disparation l'éloigne définitivement des démons de son passé, de Bloody Face, de l'enfer. C'est une manière tout à fait adaptée de conclure le chapitre Asylum. Ces deux derniers épisodes étaient bons, ils m'ont touché, mais ils n'étaient pas remarquables, ni inouabliables. C'est là leur seul crime. Ah oui, avec celui de ne pas avoir expliqué ce que les petits bonhommes verts venaient faire là-dedans !

   Pourtant, dans Madness Ends, ce que j'ai préféré, c'est la mise en scène de la spirale vertueuse dans laquelle Jude se glisse lorsque Kit la récupère à Briarcliff et la ramène chez lui. Sans l'intervention des enfants divins, elle n'aurait sans doute jamais trouvé la paix. Mais qu'avaient ces gamins de si spécial ? Peut-être rien. Ou peut-être simplement l'amour que quelqu'un comme Johnny n'a jamais eu, celui d'une mère, de deux même, et d'un père. Leur innocence l'a guérie, elle qui n'en avait plus le moindre soupçon après son calvaire. J'ai trouvé ça superbe, et j'en ai même pleuré. Au fond, peu importe que les aliens soient venus tout compliquer. C'est la symbolique qui compte. C'est le moment de redire que Jessica Lange est une très grande actrice. A mon sens, elle a même été encore meilleure en saison 2 qu'en saison 1 car elle a pu déployer une palette encore plus large d'émotions, dont la folie évidemment, mais des tas d'autres aussi. Elle a été grandiose. Sarah Paulson nous a elle aussi gâté. Sa prestation en sosie de Catherine Deneuve dans le final était particulièrement poignante. Et Joseph Fiennes a très bien joué le mort dans la baignoire. Très très bien même. Sa meilleure composition depuis bien longtemps ! On parle moins d'Evan Peters en général, parce qu'il n'est pas nommé dans les cérémonies de récompense et qu'il est plus jeune, mais il mérite aussi que la qualité de son jeu soit soulignée. Il a encore été fordmidable cette année et dans un registre très différent. Et puisqu'on en est à faire des compliments à la distribution, permettez-moi de féliciter Frances Conroy, fascinante en ange de la mort, mais aussi en terrible et vulgaire compagne de cellule de JudeJ'aurais aimé entrer plus dans les détails des intrigues, mais je me rends compte qu'ils m'importent finalement assez peu. Les scénaristes ont réussi à rejoindre progressivement le passé et le présent avec brio. J'ai trouvé les procédés narratifs très maîtrisés et pertinents, que ce soit dans Continuum ou Madness Ends. La réalisation, comme toujours, était à tomber. Et "Dominique" nous a dignement raccompagné vers la sortie. 

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// Bilan // American Horror Story ne déçoit pas avec sa saison 2. C'est même tout le contraire : plus consistante, moins fouillie et toujours aussi bien interprétée, elle n'a rien à envier à sa prédécesseuse, qui était pourtant bonne aussi. L'hôpital psychiatrique est un lieu qui méritait d'être exploré à la télévsion et il l'a été ici "Ryan Murphy Style", avec tout ce que cela suppose de qualités comme de défauts. Bref, ce serait une folie de passer à côté, ne serait-ce que pour l'expérience. 

25 novembre 2012

American Horror Story [2x 05 & 2x 06]

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I Am Anne Frank (Part 2) // The Origin Of Monstrosity 

2 870 000 tlsp. // 1 800 000 tlsp.

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    Ces deux nouveaux épisodes d'American Horror Story marquent assurément un tournant dans cette saison 2 car, en plus de littéralement nous scotcher, comme les précédents, ils nous offrent les premières grandes réponses à nos questions et lèvent le voile sur le passé de plusieurs de nos héros. Dans un premier temps, il faut boucler l'histoire d'Anne Frank et nous ne boudons pas notre plaisir en découvrant qu'elle s'est imaginée cette vie d'ancienne martyre des camps de concentration pour mieux fuir celle de femme au foyer désespérée qui la rendait profondément malheureuse. Chacun a sa propre vision de l'enfer après tout ! Mais la comparaison est osée. Les petites vidéos flashbacks pour retracer son histoire façon films des années 50 étaient du plus bel effet, tout comme l'ensemble de la réalisation du premier et du deuxième épisode. Devenir mère, c'est ce qui a définitivement fait plonger Charlotte -c'est son vrai prénom- dans les abysses de la folie. Mais ce qu'il faut retenir, et c'est franchement dérangeant, c'est que c'est une lobotomie qui l'a sauvée. On pourrait s'offusquer et se dire qu'il n'y a rien de crédible là-dedans, mais le fait est que pour traiter la schizophrénie, par exemple, des études ont montré que cette méthode pour le moins barbare fonctionnait en partie pour 5 patients sur 18 ! Le résultat n'est pas assez probant pour préférer cela aux traitements médicamenteux et la plupart des pays du monde ont d'ailleurs interdit cette pratique depuis de nombreuses années. Il fallait que le thème de la lobotomie soit abordé cette saison, c'était un passage obligé, et les auteurs l'ont fait avec beaucoup d'imagination -déterrer Anne Frank, quand même !- et de pertinence. Franka Potente a habité ce rôle complexe avec conviction. 

   Dans The Origins Of Monstrosity, la nouvelle patiente du jour, qui n'en est d'ailleurs pas vraiment une puisque Sister Jude refuse de l'accueillir entre ses murs à cause de son jeune âge -c'est une enfant- vient contrebalancer efficacement le portrait qui nous est fait de plusieurs des personnages en insistant sur ce qui les a conduits à devenir si mauvais. Ils ont tous de "bonnes" excuses. Pas la petite Jenny. Elle est née diabolique et elle le restera. Sa petite scène avec Sister Mary Eunice, dont la mission en ce bas monde reste d'ailleurs très floue, était très réussie, à la fois dérangée et émouvante. La Diablesse explique que ce sont les moqueries constantes, les humiliations, qui l'ont poussée vers Dieu. Mais elle s'est rendue compte que ce Dieu n'existait pas puis Satan s'est emparé d'elle. Apparemment, il aurait d'ailleurs de plus grandes ambitions dans la vie que de diriger un hôpital psychatrique. Voilà qui est rassurant et intrigant. Une nouvelle ère s'ouvre selon ses dires. Une excellent manière de donner de l'ampleur à tout ce qui se déroule dans cet endroit. Et s'il s'agissait du début de l'Apocalypse, rien que ça ? Les flash forwards viennent toutefois nous rappeler brutalement et sauvagement qu'il y a eu une vie après Sister Mary Eunice et Briarcliff. Peut-être que le Diable a quitté à un moment donné le corps de la Soeur perverse pour habiter celui du déjà très monstrueux tueur en séries, lequel a survécu jusqu'à aujourd'hui... Cela resterait étonnant compte tenu de l'âge qu'il serait censé avoir. 

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   En attendant d'en savoir plus sur ce qui relie ce passé effrayant à un présent pas plus glorieux, certainement dans les dernières heures de la saison, l'identité de Bloody Face nous est révélée aux deux tiers de I Am Anne Frank, plutôt qu'en guise de cliffhanger. Et c'est assez malin à vrai dire. A partir du moment où le Dr. Thredson parvient réellement à faire sortir Lana de Briarcliff, on se doute bien qu'il s'agit de lui. Dès lors, le but est de nous dévoiler petit à petit son vrai visage en nous plongeant dans une angoisse encore plus grande que celle de Lana car, contrairement à nous, elle ne se doute pas encore de ce qui va lui arriver ! A partir du moment où elle entre dans l'appartement de son "sauveur", la pression monte d'un cran  et le stress ne nous quitte plus. Zachary Quinto reprend alors les traits de Sylar (Heroes) en y ajoutant une dose de sadisme qui lui va, il faut bien le dire, à ravir. Le coup de la trappe dans son atelier des horreurs, c'était complètement dingue ! Dans The Origins Of Monstrosity, comme le titre l'indique, on nous raconte comment il en est arrivé là et l'explication principale, la seule d'ailleurs -l'abandon de sa mère- se révèle un peu décevante tant elle est classique. Heureusement, Quinto et Sarah Paulson sont parfaits et donnent du poids à chaque scène, chaque mot. Les scénaristes se rattrapent en se concentrant plus particulièrement sur le besoin viscéral de Thredson de sentir la chaleur si rassurante d'une mère au contact de sa peau. Cela débouche sur la vision éprouvante d'une Lana qui se fait têter les seins par son assaillant à la recherche d'un lait maternel qui n'existe pas. Fascinant, n'est-ce pas ? 

   Si Kit et Grace sont un peu en retraits dans ces épisodes, c'est pour laisser une place plus grande au Monseigneur Timothy, dont on regrettait jusqu'ici la timidité. De la part de Joseph Fiennes, il ne fallait pas s'attendre à des miracles. Son jeu est ici assez inégal. Quand il doit se mettre en colère, on n'y croit pas tellement. L'acteur ne sait pas faire. Quand il doit chuchoter et montrer sa vulnérabilité, ses faiblesses, c'est déjà plus probant. En tout cas, le personnage n'est pas aussi mauvais que le laissait présager les épisodes précédents. Il a péché par innocence, il n'a pas saisi la démesure de l'oeuvre d'Arden, ni la monstruosité de l'homme, mais il n'a jamais rien voulu de tout ça. Il est bon au fond. Il fait partie des victimes du Nazi, sauf que lui n'a pas encore été réduit en un bout de chair difforme, sanguinolent et purulent... contrairement à Shelley, dont on guette chacune des apparitions avec un certain plaisir malsain. Je comprends vraiment que Chloë Sevigny ait accepté le rôle. On connait son goût pour les personnages extrêmes. Après avoir interprété une mormone manipulatrice et une transsexuelle tueuse à gage, la perspective d'incarner cette "chose" devait être on ne peut plus réjouissante ! J'espère toutefois que l'on n'en restera pas là et que, d'une manière ou d'une autre, le personnage survivra. On en a encore beaucoup appris sur Arden, et je pense qu'il n'y a pour le coup plus grand chose à dire. Ses expériences prennent tout leur sens, si je puis dire. Il sous-entend que Timothy conserve un secret. J'ai hâte de le découvrir et je ne vois vraiment pas ce que ça peut être. A ce stade, tout semble avoir été fait ! Remarque, c'est peut-être un extra-terreste !

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// Bilan // Après les questions, American Horror Story se lance dans les réponses. Cette transition délicate est globalement réussie à travers ces deux épisodes. Alors que plusieurs personnages se retrouvent désormais en dehors de Briarcliff, c'est une nouvelle phase de la saison 2 qui commence, un nouveau chapitre qui s'ouvre, plein de possibles, mais dont on ne peut imaginer une issue heureuse. 

14 novembre 2012

American Horror Story [2x 03 & 2x 04]

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Nor'Easter // I Am Anne Frank (Part 1)

2 470 000 tlsp. // 2 650 000 tlsp.

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   Après deux premiers épisodes très efficaces, qui exposaient parfaitement l'univers de l"Asylum" de cette deuxième saison et qui présentaient avec force et conviction ses héros torturés, American Horror Story offre un troisième volet un peu moins satisfaisant, qui a tendance à virer dans l'excès malgré quelques moments de grâce. Je pense par exemple à un Dr Arden en larmes, agenouillé et écrasé par le poids d'une Vierge Marie statufiée, provocante, puis brisée... à l'image de l'idée que l'homme se fait de la femme. Symboliquement et visuellement, la série est capable de grands chocs émotionnels. Plus encore que Sister Jude -qui était dans la redite autour de l'accident qui l'a mené vers Dieu et cette institution, mais dont on a quand même découvert un penchant pour l'alcool destructeur- cet homme est fascinant et offre jusqu'ici à cette saison ses minutes les plus sombres et les plus violentes. Tout en faisant preuve d'une paranoïa extraordinaire partagée par la tenancière des lieux -l'alternance de leurs deux intrigues, qui se croisent parfois, est totalement pertinente- l'homme continue de torturer Kit, doit se frotter à une Sister Eunice offerte, qui a littéralement le Diable au corps, et viole puis ampute une Shelley terrifiée et terrifiante, qui nous permet d'ailleurs de comprendre que le trouble de son bourreau est à mettre au crédit, entre autres, d'un pénis monstrueux ou petitement dimensionné. Cela reste à l'appréciation et l'imagination de chacun. On pense alors forcément à une probable obsession de Ryan Murphy sur le sujet puisque le Découpeur de Nip/Tuck avait lui-même un problème "de taille" sous la ceinture.

   Beaucoup plus équilibrée, plus profonde et plus calme aussi, la première partie de l'épisode I Am Anne Frank enfonce le clou en nous dévoilant ce qui est censé être le passé d'Arden. Des flashbacks narrés par Anne Frank en personne (ou une femme qui se prend pour elle) viennent alors nous plonger au coeur de l'Horreur Nazie, sur le camp d'Auschwitz, là où le docteur a perpétué ses premières atrocités. Ryan Murphy et son équipe ne reculent visiblement devant rien pour donner plus de poids et plus de résonance à leur récit en s'appuyant sur des faits et des personnages réels, connus de tous, et ils réussissent étonnamment bien leur coup. Jusqu'à quand ? Notons que le Monsignor Timothy Howard, peu présent jusqu'ici mais qui devrait rapidement obtenir plus de temps d'antenne, est le complice d'Arden. Et rappelons également que la piste des extraterrestres n'est pas encore totalement écartée : Sister Jude en croise un lors de sa nuit d'ivresse ! Une simple hallucination, sans doute... à moins que ? 

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   Pendant que les deux figures d'autorité emblématiques de Briarcliff se soupçonnent et se disputent, les patients qui tiennent encore debout malgré les sévices subis continuent de s'abrutir au son de Dominique-nique-nique. Les ventes de la chanson n'ont pas explosé sur iTunes et on comprend aisément pourquoi : la douce rengaine est à l'origine de nombreux cauchemars chez les téléspectateurs. Deux visages se distinguent che les "fous": ceux de Kit et de Grace. Ils nous invitent à sonder les profondeurs de leurs âmes en se racontant leurs histoires, leurs vérités, quitte à trahir la réalité. On touche ainsi aux mécanismes typiques de la folie. Grace s'est inconsciemment servie -ou pas- de morceaux réels de son histoire pour former un nouveau récit où elle n'est plus la meurtrière de ses parents, mais la victime. Il n'en faut pas plus à Kit pour s'interroger sur la validité de son innocence, dont il était jusqu'ici persuadé. Et si "Bloody Face", c'était vraiment lui ? La folie rend fou ! Anne Frank elle-même, incarnée par la convaincante Franka Potente, a peut-être du mal à faire la différence entre la réalité et la fiction. Elle ne fait peut-être que se prendre pour elle, tout en ayant vécu des atrocités similaires. Comme pour se donner le courage d'avancer, fuir ses douleurs en s'accaparant celles d'une autre... N'est-ce pas passionnant ? Les troubles des personnages ne font que les rendre encore plus inquiétants et paradoxalement attachants. 

   Si la folie ne l'avait pas encore gagnée, Lana est peu à peu en train de sombrer. Pour le moment, elle se réfugie dans le rêve, en s'imaginant au dehors, telle une héroïne acclamée par la foule pour son courage, et elle s'accroche à l'espoir que représente le Dr. Thredson, qui lui promet de ne pas quitter l'asile sans elle, mais dont les plans restent flous et suspicieux. Au premier abord, on a l'impression qu'il lui suggère de faire semblant d'être en bonne voie de guérison, convaincu qu'elle est tout à fait saine d'esprit. Dans un deuxième temps, vu ce qu'il lui fait subir -la thérapie de l'aversion est absolument atroce tant dans l'idée que dans les faits- on se dit qu'il la croit véritablement malade et qu'il veut à tout prix la soigner. On s'étonne quand même qu'il s'attende à un résultat aussi rapide, quasi instantanné ! Le jeu de Zachary Quinto est très approprié : la douceur dans sa voix, son calme apparent, laisse supposer que l'on a affaire à quelqu'un de profondément bon, mais dans American Horror Story, a priori, cela n'existe pas ! On a donc toutes les raisons de se méfier de lui... 

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// Bilan // Plus la saison 2 de American Horror Story avance, moins les héros sont traités comme des machines à faire peur et à choquer, mais plus comme de véritables personnages à la psychologie complexe. Passionnante et fascinante, elle est en train de réaliser un vrai tour de force !

28 octobre 2012

American Horror Story [2x 01 & 2x 02]

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Welcome To Briarcliff (Season Premiere) // Tricks and Treats

3 850 000 tlsp. // 3 060 000 tlsp.

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   On a dit beaucoup de choses sur la première saison d'American Horror Story. Qu'elle était bordélique, inconsistante, vaine...  Plein de sériephiles, plus ou moins modérés, se sont attaqués à son univers, son écriture, sa réalisation... Ryan Murphy, comme toujours, en a pris pour son grade. Le diable en personne l'aurait, parait-il, copieusement insulté ! Bref, on en a dit beaucoup de mal et elle n'a pas laissé indifférent. Sur ce blog, on a crié au génie devant certains épisodes. On a été moins enthousiaste devant d'autres, en particulier face au final raté. Mais, au bout du compte, on l'a aimée. Pour son originalité, son audace, ses références, sa profondeur, ses acteurs. Cette saison 2 est l'occasion de remettre tous les compteurs à zéro. Ceux qui ont violemment détesté la première, du moins ce qu'ils en ont vu, peuvent lui redonner une chance. Le manoir hanté de Los Angeles n'est plus qu'un lointain souvenir. Direction la côte Est cette fois, aux alentours de Boston. Bienvenue à l'asile de Briarcliff !

   Sister Jude, incarnée par la toujours flamboyante Jessica Lange, tient d'une main de fer cet établissement dans lequel se déroulent, comme on s'y attendait tous, des actes de barbarie insoutenables, des expérimentations étranges et mystérieuses, des abus sexuels et des phénomènes inexpliqués. L'avantage par rapport à la saison 1, c'est que tout cela n'est a priori pas commis par des fantômes. Ce sont des êtres à qui il ne reste plus d'humanité qui détruisent leurs semblables à qui l'on a retiré toute dignité. Il ne s'agit pas d'un combat entre les vivants et les morts, mais d'une bataille entre la science et la religion, la raison et la croyance... et la folie, bien sûr, n'est jamais loin. Il y a des prisonniers et il y a des bourreaux. Mais, au fond, les bourreaux sont eux même des prisonniers et les prisonniers peuvent se transformer en bourreaux. C'est aussi complexe que cela, et plus encore. Le plus troublant finalement, c'est que tout cela a existé. On ne parle pas des fantasmes de l'auteur ici, ni de ses frustrations. On s'appuie sur une époque -les années 60- et sur des faits. La journaliste que l'on enferme de force et que l'on veut soigner parce qu'elle est lesbienne en ayant recours aux électrochocs, c'est aussi terrible que ça en a l'air et ce n'est pas une invention. Ce réalisme-là me terrifie bien plus que n'importe quel monstre ! On va au-delà de la peur pour traiter de la douleur. On explore des idées qui avaient été seulement effleurées en saison 1. Sauf qu'à Briarcliff, la psychanalyse -de comptoir ou pas- n'aura visiblement pas le droit de citer. Ce n'est pas de cette manière que Sister Jude souhaite régler le sort de ses patients ! Ses méthodes sont autrement plus radicales. Efficaces, en revanche... 

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    Le Season Premiere nous introduit très efficacement à nos nombreux nouveaux héros. On a d'abord ceux qui, au présent, se baladent dans la vieille bâtisse abandonnée en quête de sensations fortes. Cela rappelle les enfants dans la scène introductive de la saison 1, mais dans une version drôlement plus sexy dans un premier temps -Adam Levine se donne corps et âme pour son premier rôle à la télévision- et vachement plus flippante dans un deuxième avec arrachage de membre et masque ensanglanté fait maison avec de la peau humaine. "Bloody Face" devient ainsi officiellement le nouveau "Rubber Man". Sa véritable identité sera donc l'une des questions centrales de la saison. Inutile de commencer les paris dès à présent. Il nous faudra un peu plus d'élements. Les passages au présent s'insérent assez bien au récit en tout cas et j'ai hâte de voir de quelle manière ils seront reliés aux événements passés. Et s'ils ne le sont pas alors je n'en vois pas tellement l'intérêt... En 1964, outre Sister Jude, dont on apprend déjà le passé avec ravissement dès le deuxième épisode, c'est le Dr Arden qui fait la plus forte impression. On pourrait le décrire comme un savant fou mais on pense tout de suite à Emmett Brown de Retour vers le futur ou à Walter Bishop de Fringe dans ces cas-là. On a de la tendresse pour les savants fous en général. Ce n'est pas du tout le cas ici. C'est un monstre de la pire espèce ! En plus d'être littéralement cinglé, il est machiavélique et pervers. Quant à Sister Eunice, elle est bête mais pas méchante. Cela dit, elle ne va pas rester douce bien longtemps. Le Diable s'est en effet emparé de son corps après s'être échappé de celui d'un patient dépeceur d'animaux et dévoreur de coeur. L'hommage très fortement appuyé à l'Exorciste au cours du deuxième épisode ne m'a pas totalement convaincu. On touche là au défaut principal de la série : elle déborde d'intrigues, de personnages et de bizarreries. C'est un style, un parti pris et ça ne peut pas plaire à tout le monde. Monseigneur Timothy Howard n'existe pas réellement pour le moment en tant que personnage. Il représente simplement une autorité religieuse et un fantasme pour Sister Jude. Joseph Fiennes n'a pas encore eu le temps d'être mauvais. Le Dr Thredson, incarné par Zachary Quinto, débarque à Briarcliff à la manière d'un Dale Cooper à Twin Peaks. Il enquête et laisse ses impressions et ses diagnostics sur un enregistreur. On l'aime déjà, donc.

   Du coté des patients, outre l'attachante -et attachée- Lana, la fameuse journaliste lesbienne, on se laisse attendrir par l'affreuse histoire de Kit, accusé vraisemblablement à tort d'avoir tué sa petite amie et une poignée d'autres femmes. Lui, il est persuadé que c'est un coup des extra-terrestes ! Je ne m'attendais pas à ce que les petits bonhommes verts se fassent une place dans cette saison 2 et je n'arrive pas à savoir si les scénaristes se jouent simplement de nous, pour scruter nos réactions, nous voir crier au scandale et y prendre du plaisir, ou s'ils ont bel et bien l'intention d'explorer cette piste. Quand on y réfléchit bien, l'affaire Roswell, après tout, c'était une quinzaine d'années plus tôt, elle était encore vive dans l'esprit des Américains dans les années 60 et, ma foi, la série s'appellant American Horror Story et ayant pour ambition d'explorer les peurs les plus profondes de l'Amérique, cela ne me semble pas du tout hors-sujet que de l'évoquer. La petite française Lizzie Brocheré est l'atout charme de la clinique psychiatrique. Grace se montre coquine et espiègle mais rien n'indique vraiment qu'elle soit folle. Au contraire, Shelley, interprétée par l'incroyablement talentueuse et exigeante Chloë Sevigny, est totalement au bout du rouleau. Elle fait rire parce que sa nymphomanie la pousse à dire et faire des choses totalement indécentes, mais elle représente aussi -maladroitement je vous l'accorde- les balbutiements du mouvement féministe. Une femme peut avoir autant envie qu'un homme de faire l'amour sans être pour autant une détraquée sexuelle, une abomination. On connait Ryan Murphy, il se contentera sûrement d'une analyse assez superficielle du sujet car ce qui l'intéresse n'est pas vraiment d'approfondir les choses mais simplement de divertir intelligemment et en faisant passer des messages, de manière plus ou moins subtile. Moi, ça me va. 

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// Bilan // American Horror Story débute sa deuxième saison sur les chapeaux de roue avec deux épisodes d'une efficacité redoutable ! Asylum s'annonce plus complexe, plus torturée et plus dérangeante encore que la première. Réjouissons-nous : le cauchemar continue !

 


03 juillet 2012

Anger Management [Pilot & 1x 02]

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Charlie Goes Back To Therapy (Series Premiere) // Charlie And The Slumpbuster

5 470 000 tlsp. // 5 740 000 tlsp.

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What About ?

Charlie est un thérapeute pas vraiment orthodoxe, spécialisé dans la gestion de la colère. Fort du succès de son cabinet privé, il organise chaque semaine des sessions de groupe et part également faire des consultations bénévoles aux détenus d'une prison d'Etat. Côté vie privée, il doit jongler entre sa propre thérapeute (qui est un peu plus que ça), son ex-femme et sa fille de 13 ans atteinte de troubles obsessionnels compulsifs...

Who's Who ?

Créé et développé par Bruce Helford (The Drew Carey Show, George Lopez). Adapté du film Anger Management (Self Control). Avec Charlie Sheen (Mon Oncle Charlie, Hot Shots), Selma Blair (Sexe Intentions, Allumeuses !Hellboy, Kath & Kim), Shawnee Smith (Saw, Becker), Daniela Bobadilla (Awake), Noureen DeWulf (Hawthorne), Barry Corbin (Les Frères Scott, The Closer),  Derek Richardson (Men In Trees), Brett Butler (Une maman formidable), Michael Arden...

So What ?

    J'ai beau retourner la question dans tous les sens, je ne trouverai pas meilleure entrée en matière : oui, je n'ai pas trouvé Anger Management, la nouvelle sitcom de Charlie Sheen, totalement nulle et je le vis bien. J'irai même plus loin : avant de regarder le pilote, j'étais persuadé que je m'arrêterai là et, après l'avoir vu, non seulement j'ai eu envie de regarder le deuxième -et je suis passé à l'acte- mais en plus je me demande si je ne vais pas terminer la saison (qui ne compte que dix épisodes heureusement). Ce qui me dérange le plus là-dedans, ce n'est pas tant d'avoir souri et ri par moment devant ces deux épisodes mais surtout de donner l'impression que j'ai de la sympathie pour la terreur d'Hollywood alors que j'en ai pas la moindre. Peut-on apprécier une série dont on déteste l'acteur principal ? Apparemment oui, tant que les autres membres de la distribution valent le coup et que l'écriture suit à peu près, et c'est le cas ici.

   J'adore Selma Blair et je dois dire que son personnage dans Anger Management est assez amusant, même si on la voit peu. En même temps, rien que pour elle -et un peu pour Molly Shannon aussi- j'ai suivi l'intégrale Kath & Kim il y a quelques années. Ce n'est donc pas une bonne excuse. Shawnee Smith ? Dans le rôle de l'ex-femme du héros, elle est convaincante et possède une bonne alchimie avec Sheen. D'ailleurs, à peu près toutes les combinaisons (avec sa thérapeute, avec sa fille, avec ses patients) fonctionnent. Preuve qu'il n'est pas si mauvais, le bougre. Il est dans son élément. Sa prestation est assez paresseuse, tout comme la plupart de ses répliques, mais il a de la présence et un timing comique resté intact depuis ses mésaventures. Le problème, c'est que le personnage est navrant. C'est un beauf, qui a visiblement obtenu son diplome en psychologie dans une pochette surprise. C'est un double du Charlie de Mon Oncle Charlie en somme, et je crois que c'est totalement assumé en plus. Il est tout autant porté sur la chose et le fait que la série soit diffusée sur FX permet un peu plus de liberté de ce point de vue-là. On le voit dans les deux épisodes : une blague sur les préservatifs dans le premier qui ne serait sans doute pas passée sur CBS et une femme à demi-nue (enfin complètement dans l'histoire mais pas pour nous à l'écran) dans le deuxième. Heureusement, tout ne tourne pas autour du sexe et je note à ce jour qu'il n'y a eu aucune référence à un quelconque rot ou à un quelconque pet. Le niveau est donc légèrement plus élevé, même si c'était facile !

   Dès le pilote, on sent que la production veut bien nous faire comprendre que l'univers de la série ne se limite pas au salon où Charlie organise ses thérapies et à sa cuisine. Les décors sont nombreux et sont autant de directions vers lesquelles aller par la suite :  il y a aussi la chambre de sa fille, la maison de son ex-femme, le bar du coin, le cabinet de sa thérapeute et meilleure amie et plan cul régulier, la prison où il exerce de temps en temps... De plus, il a pas mal de patients réguliers, qui offrent à ce jour les passages les plus marrants avec des one-liners efficaces. Il suffit aux scénaristes de piocher parmi eux pour maintenir l'intérêt au fil du temps et même en ajouter.  En cas de succès -et c'est bien partie pour- ils vont avoir besoin de toute cette matière car FX a l'intention d'en commander... 90 épisodes supplémentaires ! Coté réalisation, on est dans de la sitcom multi-camera tout ce qu'il y a de plus classique. On aurait pu espérer de la part de FX une petite prise de risque en utilisant plutôt le format single-camera mais je suppose que c'est beaucoup plus confortable pour Mr Sheen de n'avoir que quelques heures de tournage par semaine... 

   A coté de Louie ou même de Wilfred -que je n'aime pourtant pas du tout- Anger Management passe vraiment pour une ringarde sur FX mais, dans sa ringardise, elle sait être efficace et nous refaire Mon Oncle Charlie -le but de l'entreprise finalement- avec un peu plus de dignité. Pour la crise de rire, il faudra repasser. Mais pour passer un moment thérapeutiquement agréable, vous avez sonné au bon cabinet.

How ?

13 octobre 2011

American Horror Story [Contre Critique - Pilot]

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American Horror Story est typiquement le genre de série que l'on adore ou que l'on déteste. J'ai adoré (la preuve ICI) mais UglyFrenchBoy, lui, a détesté. A son tour d'exprimer sa version des (mé)faits...

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-  “You think I'm crazy?”

-  “No. I think you're creative.”

   Cette simple réplique résume à elle seule l’état d’esprit de Ryan Murphy et Brad Falchuk en proposant le grand n’importe quoi qu’est le pilote d’American Horror Story, sous couvert d’une prétendue créativité artistique. Son seul mérite est celui de diviser son public, au point d’assister à un clivage. Une (agaçante) tendance s’élève cependant, celle de justifier les qualités de la série en condamnant ceux qui ne « peuvent pas aimer », comme si le fait de ne pas adhérer à ce fourre-tout visuel faisait des détracteurs des êtres « pudiques »  et « cartésiens ». Je dirais, au contraire, et uniquement pour contrebalancer, qu’il s’agit d’une différence d’exigence.

   Le problème n'est pas tant que certaines scènes soient dérangeantes ou angoissantes. Après tout, c'est ce que l'on attendait du projet et ce que l’on a peu eu dans ce format à ce jour. Ce qui est contestable, en revanche, c'est sa mise en scène, l’exercice de style que représente ce pilote, sans compter une trame narrative bancale.  Sous prétexte de s’affranchir d’un quelconque format, ce qui, soit prête à sourire venant des deux papas de Glee, soit traduit une grande frustration chez Ryan Murphy, on nous propose une œuvre dénuée de sens. Il n’en faut pas plus pour certains pour crier au génie. Reste à comprendre où est le génie. American Horror Story semble ne rien dénoncer, fait dans la surenchère (fétichisme, masturbation, adultère, automutilation et fausse couche), feint de jouer sur des références au genre qui se résument à une succession de clichés et effraie en réalité uniquement par le sadisme des scénaristes vis-à-vis des personnages. En ressortiront-ils indemnes ? Probablement pas, mais la série ne prendra sans doute pas la peine de s’intéresser à ses héros, seulement à leurs névroses. 

   Ben Harmon (Dylan McDermott) craint de céder à ses pulsions (la masturbation suivie par ses pleurs peut être une bonne idée sur le papier mais s’avère totalement ridicule à l’écran), et la maison en joue en transformant, à ses yeux uniquement, la housekeeper  (d’ailleurs qui rémunère cette bonne vieille femme incarnée par Frances Conroy ?) en fantasme de la soubrette, ô combien répandu. Il en est de même pour sa femme, Vivien Harmon (Connie Britton) qui, au final, voit son mari à la place de la combinaison en latex qui la pénètre. S’agit-il du jeune Tate ou d’un fantôme ? Difficile d’obtenir du concret face à une scène de viol dérangeante (uniquement pour sa représentation). La demeure explore donc  les peurs les plus intimes de chacun et la caméra les retranscrit de façon peu subtile. De même qu’en grandissant dans un tel environnement, Violet (Taissa Farmiga) va inévitablement s’engouffrer dans une folie que l’on peut attendre d’une adolescente dont la scarification n’a pour but que d’attirer l’attention sur elle (« Si tu veux te tuer, coupe verticalement. Si tu veux te tuer, ferme aussi la porte »). Voilà une galerie de personnages unidimensionnels peu réjouissante et prétexte à de l’exhibitionnisme de bas étage comme les chaînes du câble ont eu trop tendance à proposer il y a quelques années. Du côté des secondaires, on peut apprécier Jessica Lange, qui en fait tout de même trop, pour mieux se désoler de voir Denis O’Hare réduit à une effrayante apparence. Après sa participation dans True Blood ou encore son rôle de médecin dans L’Échange,  l’acteur a prouvé que son charisme et son seul jeu suffisaient à le rendre effrayant et crédible en psychopathe. Un artifice de plus dans un pilote qui n’en manque pourtant  pas. Ses traces de brûlures justifient ici une tendance à la pyromanie qui semble habiter les patriarches, comme si tous les cas précédents ne suffisaient pas…

   Si l’on fait abstraction du questionnement légitime sur la santé mentale des créateurs, c’est surtout sur le talent de réalisateur de Murphy et de ses équipes techniques que l’on peut s’interroger.  Les changements brusques de focales, totalement désuets, appuyaient l’effroi dans les films d’Hitchcock, ils soulignent simplement une utilisation hasardeuse ici. Quant aux effets maîtrisés, généralement déconseillés aux épileptiques, ils ont été maintes fois utilisés dans le cinéma d’épouvante ces dernières années, tels les flashs dans la cave pour servir un montage stroboscopique. Pour couronner tous les poncifs du genre, American Horror Story ne se prive pas de plans sur des membres du corps humain conservés dans du formol. Reste un tout totalement disparate, une tentative désespérée d’instaurer une ambiance glauque puisque le scénario ne suffit visiblement pas... On échappe heureusement au sanguinaire, mais au profit du glauque et de l’exhibitionnisme, le tout dans un exercice de style proche du brouillon. Les choix esthétiques, intrigants dans les trailers, se révèlent n'être que des cache-misère. Un beau gâchis au vu du casting.  

Et vous, de quel coté vous rangez-vous ?

08 octobre 2011

American Horror Story [Pilot]

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Pilot // 3 200 000 tlsp.

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 What About ?

La famille Harmon, composée d'un psychiatre pervers, de sa femme meurtrie et de leur fille satanique, s'installe dans un manoir... hanté, après l'adultère du père et la fausse couche de la mère. Les esprits rôdent et sont bien décidés à les torturer, afin de les confronter à leurs plus grandes peurs...

Who's Who ?

Créée par Ryan Murphy (Popular, Nip/Tuck, Glee) et Brad Falchuck (Glee, Nip/Tuck). Avec Dylan McDermott (The Practice, Big Shots, Dark Blue), Connie Britton (Friday Night Lights), Jessica Lange (King Kong, Frances, Tootsie), Denis O'Hare (True Blood, The Good Wife), Frances Conroy (Six Feet Under), Alexandra Breckenridge (Dirt), Evan Peters (Kick-Ass), Taissa Farmiga...

So What ?

    Le sucre acidulé ne dégouline plus de la bouche de Ryan Murphy, le créateur de Glee. Quelle est donc cette substance sombre et rance mais familière qui suinte de son esprit malade ? American Horror Story vous pénétre par tous les pores, vous met tout les sens en éveil, vous fascine et ne vous lâche plus. La question n'est finalement pas de savoir s'il s'agit d'une bonne série, car c'est indéniablement le cas -elle est originale, dérangeante, marquante et bouleversante à sa manière, ce que la quasi-totalité des dramas d'aujourd'hui ne sont pas- mais plutôt pendant combien de temps et jusqu'à quel degré êtes-vous capable de résister à son ambiance foutraque et angoissante, coincé entre son manoir glauque et ses héros cafardeux, parfois sinistres. Il y a les téléspectateurs qui aiment se faire bousculer, pousser dans leurs retranchements, qui acceptent de faire sonder leur noirceur et leur part de perversion -je fais partie de ceux-là- et qui apprécieront donc la série à sa juste valeur, uniquement pour ce qu'elle est, jusque dans ses maladresses, et puis les autres, plus fragiles, plus cartésiens, plus prudes, qui ne verront dans cette tentative qu'un vain besoin d'effrayer et de choquer. 

   A moins d'être terrorisé à la vue de la moindre goutte de sang, du premier squelette venu ou du trisomique du coin, il ne me semble pas que l'on puisse être horrifié une seule seconde par cette Story qui suggère bien plus qu'elle ne montre. Décrite comme un thriller psychosexuel, une définition qui lui sied effectivement bien, la série privilégie toujours l'ambiance, quitte à user d'effets de style peu convaincants. Le style vieux film avec la bande qui saute, par exemple, n'est pas une grande réussite. La réalisation de Ryan Murphy est proche de celle de Nip/Tuck lors de ses heures les plus glorieuses (j'ai pensé inévitablement au Découpeur en voyant arriver cette silhouette toute de latex vêtue) et un excellent travail a été fait au niveau de la bande-son tant dans les morceaux choisis que dans les compositions originales. Les sons étranges et sourds, mettalliques, se confondent aux chuchottements et aux gémissements qui bruissent de toutes parts dans la maison des fantasmes et des phobies.

   La distribution est absolument impeccable, du plus petit au plus grand rôle. Dylan McDermott, après des années de perdition, retrouve enfin un personnage d'envergure, dont les consultations, proches de celles de Troy et McNamara, risquent de nous réserver parmi les scènes les plus profondes et introspectives de la série. Le patient du premier épisode, dangereux et amené à rester dans les parages, est ahurissant. Sa vision de la vie, qui consiste à la réduire à la mort, témoigne d'une réalité d'aujourd'hui qui rappelle la tuerie de Colombine, entre autres. Passera-t-il à l'acte ? C'est d'ailleurs dingue comme les passages se déroulant au lycée sont à l'opposé, au moins dans la forme, de Glee. On est dans un tout autre monde, alors que les problèmes rencontrés par ce garçon ou par la fille du héros, sont les mêmes que ceux de la chorale de McKinley. De toute façon, tous les personnages d'American Horror Story, sans exception, de la voisine psychotique (exceptionnelle Jessica Lange) à la gouvernante provocante (étonnantes Frances Conroy et Alexandra Breckenridge) en passant par le serial-killer brûlé vif (toujours parfait Denis O'Hare), sont d'une force incroyable. Vivien Harmon, la mère de famille, obtient probablement la palme du personnage le plus habité grâce à la performance sans fausse note de Connie Britton. La scène de dispute est un des moments les plus intenses à la télévision cette année.

   American Horror Story, comme Nip/Tuck en son temps, repousse les limites de ce qu'il est possible de faire à la télévision américaine en osant le malsain, en déjouant le Malin. Ultra-référencée, elle est une poupée vaudou désarticulée qu'il faudra apprendre à apprivoiser avec le temps, pour qui se sent d'attaque.

How ?

09 août 2011

Wilfred [1x 01 & 1x 02]

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Happiness // Trust

2 550 000 tlsp. // 2 040 000 tlsp.

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What About ?

 Les gens voient Wilfred comme un chien. Ryan voit Wilfred comme un homme déguisé en chien. Wilfred est l'alter-ego de Ryan. Il lui permet de sortir de sa coquille, lui qui est si peu sûr de lui et si introverti...

Who's Who ?

Créée par Jason Gann, Adam Zwar, Tony Rogers. Produite par David Zucherman (Le Prince de Bel Air, Les Griffin, King Of The Hill, American Dad!). Avec Elijah Wood (The Faculty, Le Seigneur des anneaux, Eternal Sunshine...), Jason Gann (Wilfred AU), Fiona Gubelman, Dorian Brown (Roomates)...

So What ?

Alors là, il va sérieusement falloir que l'on m'explique en quoi Wilfred est une comédie drôle, qui mérite que l'on s'y intéresse au-delà des deux premiers épisodes (il me fut très pénible d'aller jusqu'au bout).  Ce qui est certain, c'est qu'il s'agit d'une drôle de comédie (notez la différence), parfaitement loufoque, à qui l'on peut tout reprocher sauf son originalité ! Adaptée de la série australienne du même nom, elle est, de ce que j'ai lu et entendu, légèrement différente dans le sens où les américains ont cherché à justifier le concept. On sous-entend que si Ryan voit ce chien, c'est parce qu'il est drogué de médicaments, ou parce qu'il a trop bu, ou les deux à la fois. En réalité, le deuxième épisode venu, on se rend compte qu'il a juste un grain et que ce chien, qui lui même fume et boit, est bien réel dans son esprit malade. J'ai compris le but de l'affaire : ouvrir Ryan au monde. Et c'est assez touchant quand on y pense, d'autant qu'Elijah Wood incarne parfaitement la petite bête fragile et paumée à qui l'on ne peut que vouloir du bien. Passé ce moment de tendresse, Wilfred m'a tout bonnement ennuyé et affligé. Je n'ai pas souri une seule fois (je vous jure !), en partie parce que les dialogues m'ont semblé plats, et les situations bien trop faciles, dignes du film français Didier avec Alain Chabat. Toutes les blagues que l'on pouvait faire sur les "chiens humains" ont été faites dans le pilote, des léchouilles sur le visage et sur les seins, au pipi et caca n'importe où jusqu'à la simulation vulgaire de l'acte sexuel doggy style. Pitié, pourquoi ? Au-delà de ça, Wilfred se comporte comme un chien quand les scénaristes en ont besoin, et comme un humain quand ça les arrange. On veut nous faire passer de la facilité pour de l'originalité. Je ne marche pas. Est-ce que je manque d'humour ? Visiblement. Beaucoup de gens ayant l'air de sincèrement apprécier ce truc... Si vous avez de vrais bons arguments qui pourraient me convaincre de laisser une troisième chance à Wilfred, exprimez-vous, je vous écoute attentivement. Si, comme moi, vous n'avez pas compris cette série du début à la fin et que vous n'avez pas ri, merci de me rassurez. 

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17 septembre 2010

Terriers [Pilot]

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Pilot // 1 61o ooo tlsp.

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What About ?

Hank, un ancien flic et ancien alcoolique, récemment divorcé, exerce désormais le métier de détective free-lance avec son partenaire Britt, un ami, éternel adolescent, dont le couple est en danger. Leurs méthodes sont pour le moins inhabituelles et parfois même illégales...

So What ?

FX file un mauvais coton. Terriers en est la preuve. Cette chaîne du câble destinée avant tout aux hommes a enfanté par le passé Nip/Tuck et Sons Of Anarchy. Sans compter quelques buddy comédies comme Philadephia, The League ou Louie plus récemment, que je vous conseille vivement. Avec Justified en début d'année, on sentait déjà que le vent commençait à tourner. Malgré toutes les qualités de cette série portée par Timothy Olyphant, l'ambition n'est pas son fort. La mécanique procédurale lourde a pris le pas sur le feuilletonnant. Et ce n'est pas ce que l'on attend d'une série du câble, encore moins d'une série de FX plus particulièrement. Terriers pousse le vice encore un peu plus loin avec un aspect procédural encore plus prononcé. Et ça, je n'aime pas du tout. Encore, ce serait vraiment bien fait...

... mais ce n'est pas le cas ! En premier lieu, je n'ai pas de reproches à faire aux interprétes principaux. Donal Logue (Parents à tout prix, Life) n'est pas mauvais dans le rôle du héros. Son jeu est naturel et décontracté. Quant à Michael-Raymond James (vu dans la saison 1 de True Blood), ma foi, il dégage un certain charme. L'alchimie entre les acteurs n'est pas encore évidente mais rien d'alarmant. Par contre, le duo de personnages n'est pas réussi. Je m'attendais à ce que l'humour soit omni-présent, quitte à être potache, et il est finalement très souvent absent. Au-delà de ça, je risque d'avoir du mal à les trouver attachants. Ils ne sont pas intéressants en fait, malgré leurs failles. Ni drôles, ni émouvants... ils sont presque trop communs et surtout trop mous. Je passe sur les personnages féminins qui gravitent autour d'eux. Elles manquent de charisme. Elles sont accessoires. Peut-être qu'elles prendront plus d'importance plus tard. C'est à souhaiter en tous cas. Concernant les enquêtes de la semaine, les scénaristes auraient pu frapper plus fort pour un pilote. Entre le vol du chien, cocasse mais qui tombe vite à plat, et cette disparition mal présentée, mal justifiée et mal menée, je me suis franchement ennuyé une bonne partie du temps. Par contre, j'ai apprécié la visite de San Diego ! La série étant entièrement tournée en décors naturels, on en prend plein les yeux. Et on ne se contente pas de nous montrer l'aspect luxueux de certains quartiers de la ville. On s'attarde aussi sur les coins paumés, crasseux, qui correspondent d'ailleurs davantage aux personnages qui ne respirent pas le fric et la classe, et c'est pas plus mal. C'est quand même léger comme atout. L'ambiance générale est mal définie. C'est beaucoup plus dramatique que comique, et en même temps quand c'est dramatique, ça ne l'est pas tant que ça, et quand c'est comique, ça ne l'est quasiment pas. Bref, en gros : c'est brouillon !

Moi qui ne suis pas du tout branché cop-shows, si je devais n'en regarder qu'un, ce serait peut-être celui-là. Les personnages sortent des sentiers battus et l'atmosphère est plus chaleureuse que dans les classiques du genre. Il y a un coté old school aussi pas déplaisant. Ca ne manque pas d'âme. Maintenant, le pilote reste tout de même faiblard pour une entrée en matière. Et comme, jusqu'à preuve du contraire, je n'ai pas à me forcer : je ne regarderai pas la suite. Sorry Guys.

Posté par LullabyBoy à 00:38 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
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