08 juillet 2012

Skins [Saisons 5 & 6]

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Saison 5 // 780 000 tlsp. en moyenne

Franky 44030377 // Rich 44030377 // Mini 44030376_bis // Liv 44030376 // Nick 44030376 // Alo 44030376_bis // Grace 44030376_bis // Everyone 44030376

_____________ 

Saison 6 // 650 000 tlsp. en moyenne

Everyone 44030376_bis // Rich 44030376 // Alex 44030376 // Franky 44030376 // Mini 61039229_bis // Alo 44030376 // Liv 44030377 // Mini and Franky 44030376_bis // Finale 44030376_bis

 


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   Le plus gros défaut de cette troisième génération de Skins est de passer derrière les deux premières, d'autant qu'absolument rien ne la rattache à Tony, Cassie, Maxxie, Cook, Effy, Freddy et les autres. Les producteurs ont décidé de repartir à zéro et, pour mettre toutes les chances de leur coté, ils ont créé un nouveau personnage fascinant, différent, unique même : Franky. C'est autour d'elle que les saisons 5 et 6 s'articulent. Elle est à remercier pour la qualité de la première des deux saisons, la tirant systématiquement vers le haut; mais elle est à blâmer, en partie, pour la déception qu'est la deuxième, la quête identitaire du personnage prenant une tournure invraisemblable. Très touchante au départ, bouleversante même, elle est devenue peu à peu nombriliste et ses hésitations interminables l'ont rendu irritante, tête à claque. La placer au centre d'un triangle amoureux improbable en saison 6 n'a clairement rien arrangé : la rivalité entre les deux frères était suffisamment intéressante en l'état, y mêler Franky n'avait aucun intérêt, un simple cliché de séries pour ados dont Skins pouvait largement se passer. Ses supposés sentiments pour Nick n'ont jamais été crédibles et sa romance avec Matty n'a été intriguante qu'à ses balbutiements, notamment grâce à la mise en scène et au fait que Matty était mystérieux, au moins aussi fascinant que Franky. Dès qu'on a appris à le découvrir, il a vraiment perdu de son aura. Et le jeu de Sebastien de Souza a été globalement médiocre. Surtout face à celui de Dakota Blue Richards, qui est promise à un bel avenir. Pas seulement grâce à sa beauté atypique mais avant tout grâce à son jeu, fait de multiples nuances. J'espère qu'on la reverra. Si certains acteurs de la première génération se sont particulièrement bien débrouillés par la suite, ceux de la deuxième se sont faits plus discrets. Et il n'étaient pourtant pas moins bons. Cette troisième génération a aussi été soutenue par de bons acteurs, dans l'ensemble; ce sont les personnages qui étaient moins intéressants, en gros.

   La palme du plus mauvais personnage aurait pu revenir à Mini, la Gossip Girl de la bande, mais c'était avant qu'Alex n'arrive en saison 6. Intégrer un petit nouveau en cours de route n'était pas chose aisée, surtout quand il se trouve qu'il est gay : ça donne inévitablement l'impression qu'il a été ajouté pour remplir un quota, plus particulièrement pour satisfaire les fans qui se plaignaient d'un manque de représentation homosexuelle dans cette génération. Mais, franchement, quand on voit le résultat, on se dit qu'il aurait mieux fallu s'abstenir parce que l'image qu'il renvoit de cette communauté est déplorable. Il est antipathique au possible et n'apporte absolument rien, pas même à Liv, le seul autre personnage auquel il est vraiment associé. Mais le remplissage de quota est double avec lui figurez-vous : il est mignon, il a un joli petit corps, il le montre à plusieurs reprises. Soyons réalistes : si cette génération a moins attiré en terme d'audiences, précipitant la fin de la série, c'est aussi parce que les mecs ne faisaient pas rêver les jeunes filles en fleur. Et c'est important, quoiqu'on en dise. Mais revenons-en à Mini, il y a nettement plus de choses à dire la concernant. Son hostilité envers Franky dans la saison 5 était si forte qu'elle en devenait ridicule. Si bien que les scénaristes ont voulu rectifier le tir en les transformant en BFF dans la saison 6. Leur amitié a fini par devenir touchante, à force de nous l'imposer, mais elle n'a jamais paru réel. Mini, elle-même, n'est pas réelle. Elle est une sorte d'hybride entre les héroïnes des séries américaines pour ados du moment et les héroïnes classiques de Skins. Cela donne un monstre qui ne sait jamais sur quel pied danser, et nous non plus en suivant ses aventures. Malgré tous les efforts qui ont été faits pour la rendre plus vraie en deuxième année, malgré son intrigue grossesse inédite dans la série, jusqu'au bout je ne suis pas parvenu à m'attacher à elle. Son histoire avec Alo n'était qu'une très pâle copie des romances précédentes de Skins, emblèmatiques. Le mec idiot et/ou geek qui sort avec la plus belle fille du lycée : un fantasme qui n'arrive quasiment jamais dans la vie et que la série a essayé tant bien que mal de raconter à nouveau. En dehors de Mini, essentiellement en saison 5 donc, Alo n'était pas un personnage inintéressant. Deux ans plus tard, je me souviens encore assez bien de son centric, qui était d'ailleurs particulièrement bien réalisé. Et puis il m'a souvent fait rire, même s'il arrivait toujours un moment où il allait trop loin et devenait lourd. Cette génération avait de toute façon besoin d'un personnage comme lui, les autres étant trop graves. Il a apporté un peu d'unité à un groupe, qui en manquait terriblement en saison 1 à cause de la reine mère Mini qui divisait tout le monde pour mieux régner. Il n'y avait plus d'unité en saison 2, en tout cas du coté des filles de la bande, mais pour une raison bien précise et contre cela, Alo ne pouvait rien faire, pas même détendre l'atmopshère... 

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   Le premier épisode de la saison 6 a offert un changement de décor bienvenu. Pour la première fois dans Skins, on a quitté Bristol pour... le Maroc ! Pas la peine de se poser des questions sur le pourquoi du comment du financement de ce voyage, rien ne sera expliqué. Visuellement, c'est l'occasion pour le réalisateur de se lâcher face à de beaux paysages très éloignés de ce que la campagne anglaise peut offrir habituellement. Si sur la forme l'épisode est réussi, sur le fond c'est un peu n'importe quoi. Franky s'amourache d'une sacrée ordure, que l'on aura le malheur de revoir plus tard dans la saison au cours d'un épisode particulièrement violent mais un peu raté, justement consacré à notre héroïne. Il y est même question d'un viol, ou en tout cas de quelque chose qui s'en rapproche. Un élément assez dérangeant qui aurait mérité d'être davantage développé. Evidemment, l'alcool coule à flot au Maroc, la drogue est partout, du Skins pur jus dont on s'est lassé au fil des années et sur lequel les scénaristes insistent vraiment trop dans les premiers épisodes. Cette représentation de la jeunesse anglaise me laisse toujours très circonspect et songeur. D'ailleurs, la saison 6 aura battu des records au niveau des litres de vomi dégorgés par nos ados. C'est un flot continu, presqu'un gimmick d'un épisode à l'autre. Il faut avoir le coeur bien accroché pour regarder Skins... L'accident à la fin du premier épisode change le cours des choses puisque Grace, le personnage le plus mignon, le plus attendrissant, finit par mourir à l'épisode suivant. C'est devenu une coutume : chaque génération subit une perte. Mais les deux premières fois, c'était vers la fin, voire à la toute fin. Ici, c'est au milieu et ça change forcément toutes les dynamiques. C'est pour cette raison bien précise que l'idée était bonne, même si, du coup, la danseuse à l'éternel sourire aux lèvres nous a drôlement manqué et a fait passer son amoureux, Rich, au second plan. Leur histoire était trop belle et trop simple pour Skins. Il fallait que la fatalité vienne tout casser. L'attitude très digne de Rich dans son deuil était exemplaire. Son regard en direction du ciel et donc de Gracie à la fin du dernier épisode riche de sens. Elle veillera pour toujours sur lui, et sur eux. L'annonce de la mort de la jeune fille est le passage le plus émouvant de la saison, et probablement de cette génération. Ses diverses apparitions fantômatiques étaient toujours poignantes même si trop faciles, comme toujours avec ce procédé quelle que soit la série.

   Chaque personnage a vécu ce deuil différemment. Mini avec froideur, mais forcément avec beaucoup de tristesse à l'intérieur. Liv avec rage et incompréhension. C'est cette différence qui a longtemps séparé les deux jeunes femmes. Liv a d'ailleurs été très absente de cette saison 6, du moins au début. On sentait bien que les auteurs ne savaient pas quoi raconter sur elle. Heureusement, ils n'ont pas cherché à lui coller une histoire d'amour, comme à tous les autres. C'est l'amitié qui était son thème à elle. Et c'était mieux comme ça. Au final, c'est elle qui a offert l'un des meilleurs épisodes de la saison. La grosse engueulade finale était glaçante, le point d'orgue de la saison. Il fallait en arriver là avant de tout reconstruire et de se diriger, étonnamment dans Skins, vers un happy-end total. Enfin le passage par la case prison de Matty ne peut pas être considéré comme tel mais disons que la bonne morale triomphe à la fin. Sur fond de ballade pop, la troisième génération de Skins fait donc ses adieux dans l'émotion, avec une touche de poésie qui a trop souvent manqué ces deux dernières années dans la série. Franky a pu faire la paix avec elle-même en "retrouvant" sa mère. Un peu facile, comme conclusion tout de même. Mais c'était poignant. Mini et Alo vont débuter une nouvele vie, sans doute chaotique, avec un enfant à élever. Rich est promis à un bel avenir scolaire. Il s'est battu pour que Grace puisse être fier de lui. Alex s'en va, et on s'en fout. Liv... elle a retrouvé sa meilleure amie. Et c'est tout ce que l'on peut en dire. 

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// Bilan //  Avec ses parents toujours aussi absents et incompétents, ses drames à répétition, ses personnages torturés plus que de raison, Skins n'a pas failli à sa réputation pour ses saisons 5 et 6. Mais on aurait aimé que cette troisième et dernière génération nous offre autre chose, qui reste dans l'esprit de la série bien sûr mais qui soit légèrement différent aussi. Quelque chose d'un peu moins glauque peut être et surtout, quelque chose de moins caricatural. La série donne maintenant trop souvent l'impression de se parodier elle-même. Elle a clairement atteint ses limites. Il était temps d'arrêter. La saison 7, la dernière, devrait revenir sur les trois générations pour leur offrir une (nouvelle) conclusion. Est-ce bien nécessaire ? Je dirais surtout que ça l'est pour la deuxième, qui a connu une fin abrupte, très décevante et frustrante. Pour les autres, ça reste à prouver... Quoiqu'il arrive, Skins restera l'un des plus beaux dramas jamais écrit sur l'adolescence.

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30 décembre 2011

Misfits [Saison 3]

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Ep.1 44030377 // Ep.2 44030377 // Ep.3 44030376_bis // Ep.4 44030376_bis // Ep.5 44030376 // Ep.6 44030376_bis // Ep.7 44030377 // Ep. 8 44030376


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    Mais que fait la police bon sang ? Nos Misfits tuent depuis trois saisons leurs probation workers successifs, sans compter de nombreuses autres victimes collatérales de leur so fucked-up life, et aucune enquête de police n'est ouverte ? Tous ces gens meurent (dont une bande de cheerleaders - "Kill The Cheerleaders, Save The World!") et personne ne s'en soucie ? Vous voyez, c'est le genre de questions qu'il ne faut pas se poser devant cette comédie fantastique toujours aussi divertissante et différente mais qui manque de crédibilité dès qu'il s'agit de parler du monde réel. Alors que le sujet des parents, de la famille et des amis avaient été évoqués lors de la première saison -et de manière plutôt pertinente d'ailleurs, à la Skins- et très furtivement en saison 2 via Nathan et son frère sorti de nulle part, les héros n'évoluent maintenant plus que dans leur bulle et toujours du coté du community center. Comme si rien d'autre n'existait. C'est perturbant mais je comprends ce désir de les mettre à part et surtout de les réunir ensemble. Ils ne peuvent plus que compter les uns sur les autres et le reste du monde ne semble pas pouvoir les comprendre. Alors quoi bon ? Autant explorer l'essentiel. Et puis avec si peu d'épisodes de toute façon, inutile de se perdre en digressions. Les auteurs s'en sont tout de même permis une de taille : l'épisode 4, dans lequel la bande voyage dans le temps afin de tuer Hitler ! Cet ambitieux projet a parfaitement tenu la route, même si on se demande bien au bout du compte quel était vraiment l'intérêt ? 

   En saison 3, les cartes sont redistribuées pour les Misfits : ils doivent désormais avancer sans Nathan (disparu au cours d'un webisode à Las Vegas assez pitoyable) et avec des pouvoirs différents. L'idée n'était pas mauvaise afin de casser la routine mais les nouveaux pouvoirs ont parfois peiné à se révéler pertinent. Je pense notamment à celui de Kelly, qui était un bon ressort comique au départ, qui a vraiment été utilisé une fois (dans l'épisode Hitler justement) puis qui n'a plus eu aucun intérêt. Le pouvoir du petit nouveau, Rudy, en est-il d'ailleurs vraiment un ? Se dédoubler, OK, ça peut servir (et ça a servi) mais c'est tout de même plus une malédiction qu'autre chose. En même temps, en regardant bien, c'est un peu le cas de tous les pouvoirs... Rudy donc. Le pire était à craindre : comment les scénaristes allaient-ils réussir à remplacer le bienaimé Nathan ? La réponse est finalement assez simple : en créant un personnage possédant le même humour gras et sans limite ! On ne peut pas dire que Rudy et Nathan soient des clônes pour autant mais cela ne se joue pas à grand chose. C'est là que le pouvoir du nouveau revient sur le tapis : à travers son alter-ego, il dévoile une autre partie de lui, plus tendre et touchante, qui contrebalance bien avec les airs de débile-obsédé qu'il se donne à longueur de temps. On peut donc dire que le pari est réussi ! Joe Gilgun est d'ailleurs très convaincant. 

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   Deux autres "nouveaux" personnages ont permi à cette 3ème saison de changer la donne, à commencer par la version fémine de Curtis puisque son pouvoir, tel Ranma 1/2 pour les connaisseurs, est de se changer en femme ! L'idée a été super bien exploitée au départ et, d'ailleurs, Melanie est devenue bien plus intéressante que Curtis, qui a toujours été le maillon faible des Misfits. Chapeau aux casteurs pour avoir trouvé cette excellente actrice qui ressemble énormément Nathan Stewart-Jarrett. Mais la tournure des événements a été telle que le personnage a été tué dans l'oeuf, de même que sa grossesse. Ca ne m'aurait pas particulièrement dérangé que Curtis disparaisse advitam eternam personnellement ! Et puis après tout, il aurait très bien pu réapparaitre une fois le bébé né ! Je pensais que les scénaristes iraient au bout de leur idée mais c'était sans doute trop de chamboulements et ça voulait dire aussi qu'il fallait aussi prévoir une intrigue sur le long terme. On sait que ce n'est pas leur fort ! Du coté du dealer de pouvoirs, Seth, il a fallu être très patient puisque c'était en quelque sorte un fil rouge tendu sur toute la saison -il y en avait au moins un !- mais qui se résumait plus à l'évolution de sa relation avec Kelly qu'à autre chose. Notre patience n'a même pas été récompensée puisque l'histoire sur son ex était tout à fait prévisible (même si elle a donné lieu à un épisode zombie de qualité et qui renouait un peu avec le gore de la première saison) et on a finalement rien appris de plus sur ce qui l'a poussé à dealer les pouvoirs en premier lieu. Certes, son ex est en partie la réponse, mais je ne pensais pas qu'il allait falloir se contenter de ça ! J'imaginais quelque chose de plus grand derrière, une organisation secréte... quelque chose d'un peu plus ambitieux quoi ! 

   Et puis il y a le couple maudit, Simon-Alisha, qui n'a vraiment pas été épargné ! La colère des fans de la série gronde depuis la diffusion du final et la mort des deux personnages (enfin je résume hein...). Il fallait oser tuer les deux favoris du public, surtout après avoir perdu la saison précédente LE préféré de tous les préférés. Je ne comprends pas ce qui leur est passé par la tête. Si c'est l'envie d'éviter à tous prix le happy-end, je les pardonne. Encore que. Je crains que ce ne soit que momentané et que dans la saison 4, ou plus tard, une issue heureuse pour le couple vienne tout effacer car, basiquement, tout est possible dans Misfits grâce aux pouvoirs des uns et des autres. Si le but était de renouveler le casting de manière moins brutale que ne peut le faire Skins par exemple, je leur en veux car il ne me semble pas que ce soit nécessaire ici. Et surtout pas en gardant les personnages les plus faibles qui plus est ! J'aime bien Kelly, mais elle n'apporte pas grand chose. De même que Curtis. Alors Rudy a beau être sympathique, ça ne va pas me suffir ! Et puis Simon quoi... Autant je peux me faire à l'idée de perdre mini-Rihanna, même si je l'aimais beaucoup, autant perdre Simon, c'est beaucoup plus grave. En clair, ils ont merdé ! Ils sont capables, je pense, de s'en sortir quand même mais je doute que les meilleures années de Misfits soient à venir...

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// Bilan // Tout portait à croire que cette 3ème saison de Misfits allait avoir beaucoup plus de mal à convaincre que les précédentes entre le retrait du créateur de la série -qui a quand même signé 6 des 8 épisodes !- et le départ de Robert Sheehan/Nathan. Pourtant, la casse a été plus que limitée et on peut dire que ces nouvelles aventures ont été à peine moins bonnes. L'humour continue d'être l'atout principal de la série, de même que certains de ses personnages; l'aspect un peu trop "formula" de la saison 2 s'est estompé pour laisser place à plus d'éléments feuilletonnants; mais Misfits a pourtant perdu en ambition, paradoxalement, et a aussi clairement perdu beaucoup de points lors de son final, osé mais décevant, révoltant et même bancal. La saison 4 part avec une énorme balle de pied. Bon courage pour l'extirper !

22 septembre 2011

Beaver Falls [Saison 1]

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Saison 1 // 440 000 tlsp. en moyenne

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What About ?

Flynn, A-Rab et Barry, trois amis d'enfance anglais, décident de passer l'été dans un camp pour jeunes américains fortunés après avoir obtenu leur diplôme. Ils doivent alors encadrer ces fêtards invétérés bien décidés à leur mener la vie dure...

Who's Who ?

 Créée par Iain Hollands. Avec Sam Robertson (Coronation Street, Push), John Dagleish (Lark Rise To Candleford), Arsher Ali (Affaires non classées), Kristen Gutoskie (Being Erica), Jon Cor (Being Erica), Natasha Loring, Todd Boyce (Coronation Street), Alison Doody...

So What ?

    Après Skins et Misfits (et Shameless et The Inbetweeners que je n'ai pas vu), la chaîne anglaise des d'jeuns E4 lançait cet été Beaver Falls, au thème rappelant vaguement un mélange entre Young Americans (chère à mon coeur), Huge et les séries suscitées. Je m'attendais à ce que la légéreté côtoie la profondeur et que les héros se révélent au fur et à mesure des six épisodes de la saison comme des êtres très imparfaits mais rudement attachants. J'en espérais clairement trop ! Le premier épisode, qui posait efficacement les bases, avait une sérieuse tendance à enfoncer les portes ouvertes, notamment dans les comparaisons entre les riches et les pauvres, et les anglais et les américains. Il fallait bien poser les bases et, ma foi, l'entreprise n'était pas désagréable à suivre. Puis le second épisode est arrivé et il a fallu se rendre à l'évidence : la série a préféré se complaire dans la facilité et dans le déjà vu, cher aux comédies potaches américaines de ce type, sans pour autant forcer les traits de la caricature. Si le camp, comme dans tous les institutions scolaires américaines, est divisé entre les populaires, les plus forts, et les geeks et obèses, les plus faibles, ce n'est pas vraiment le propos de la série. A vrai dire, elle n'a pas vraiment de propos et se contente finalement de suivre les aventures romantico-ridiculo-burlesques des trois personnages principaux, entre dragues lourdes, petites tromperies et obsessions sexuelles. Malgré le nombre restreint d'épisodes, les situations ont tendance à stagner et on baille souvent aux corneilles en attendant un peu d'action, en vain. 

   Beaver Falls a tout de même des qualités indéniables, qui se résument à sa plastique de rêve ! Tournée en Afrique du Sud (alors qu'elle est censée se dérouler en Californie), la série nous offre des paysages absolument magnifiques avec de superbes couleurs. Certains plans sont absolument divins, notamment dans le dernier épisode, même si la réalisation à proprement parlé reste assez classique. On pourrait d'ailleurs aisément se croire dans une série américaine. Il n'y aucune différence, contrairement à Skins ou Misfits qui ont un cachet qui rappelle d'où elles viennent, plus souvent pour le meilleur que pour le pire. Du coté du casting, on ne peut pas dire que les prestations soient bluffantes mais le scénario ne le permet de toute façon pas. Sam Robertson n'est pas profondément mauvais mais son jeu est très limité. Les autres se débrouillent. Alison Doody, par contre, interpréte à la perfection la cougar ! Son personnage est d'ailleurs l'un des mieux écrits. Il est plus complexe qu'il n'y parait et se dévoile petit à petit, alors que les autres ne changent pas vraiment du premier au dernier épisode. 

   Beaver Falls est une véritable déception tant il y avait matière à faire une vraie bonne série. Elle est totalement passée à coté de son sujet et de ses héros, restant systématiquement en surface; elle n'est pas vraiment parvenue à faire rire; et a toujours priviligé la paresse sur tout le reste: paresse dans l'écriture (les dialogues sont dramatiquement pauvres), dans le jeu des acteurs, dans la réalisation... Premier échec pour E4 !

How ?

 Le teaser, très réussi (bien plus que la série elle-même) :

29 août 2011

Misfits [Saison 2]

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Saison 2 // 1 410 000 tlsp. en moyenne

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    La saison 1 de Misfits m'avait emballé (Lire la critique), la saison 2 m'a fait le même effet... enfin presque ! La série anglaise n'a perdu aucune de ses qualités premières : elle est toujours un mélange savamment dosé de Skins rencontre Heroes; elle possède toujours une identité visuelle très marquée, salie, sombre mais belle, et une bande-son moderne et éclectique; elle est toujours animée par une galerie de personnages drôles et attachants au répliques crues, vulgaires mais réalistes; et elle offre toujours beaucoup avec peu de moyens. Mais elle a cependant évolué de manière assez surprenante malgré son succès : sans abandonner, bien heureusement, ses nombreux éléments feuilletonnants, elle a adopté un format plus classique avec, en l'occurence, une nemesis par épisode. On se retrouve donc tour à tour face à une attardée mentale shapeshifter tombée folle -et le terme n'est pas assez fort- amoureuse de Simon, qui veut tuer tous ceux qui l'entoure; un geek ultime qui se comporte comme s'il était dans l'un de ses jeux-vidéos ultra-violents, qui veut évidemment tuer tous ceux qui sont sur son passage; un crazy tatoueur qui se prend pour Cupidon, et qui veut tous les tuer quand ils découvrent ses manigances; un Jesus Christ du pauvre qui veut absorber tous les pouvoirs des autres Misfits; ou encore le plus mal loti des Misfits, avide de célébrité, qui veut tuer tous les autres juste parce qu'ils sont plus forts que lui ! Bref, tout cela n'a pas pas empêché la série de garder toute son originalité, bien que son goût pour le gore se soit estompé. 

   Contrairement à la saison 1 où, en gros, chaque épisode était plus largement consacré à l'un des héros, cette fois chaque épisode était dédié à tout le monde avec une dominante globale axée sur Nathan, Simon et Alisha, qui doivent d'ailleurs être les personnages préférés du public (il n'y a pas de hasard). Ce sont en tous cas les miens. Curtis et Kelly étaient moins présents. Les personnages passant encore plus de temps ensemble qu'en saison 1, j'ai eu le sentiment que les portraits de chacun étaient moins approfondis. On n'a pas revu leurs vies en dehors du Community Center. Cela manquait un peu. Par conséquent, ils sont peu à avoir véritablement évolué à l'exception de Simon, divisé entre celui du passé et celui du futur, et Alisha, avec qui il forme désormais un couple. Le scénariste (oui, il est tout seul) n'a pas lésiné pour rendre leur relation crédible -puisqu'elle était à la base très improbable- à coups de lentes scènes clipées, souvent sensuelles et toujours poignantes. Il y a eu de très belles trouvailles visuelles à cette occasion. Malgré sa fin tragique, le couple formé par Curtis et la petite nouvelle Nikki n'a pas su offrir la même émotion. Du coté de Nathan, pas de véritables évolutions mais toujours des problèmes familiaux avec l'apparition, le temps d'un épisode, d'un frère caché. Le reste du temps, il a simplement fait son Nathan et c'est déjà beaucoup : des jurons au kilomètre ("Twats", "Fuckers", "Wankers"...), des réflexions très en dessous de la ceinture à base de vagins larges et mouillés, de pénis turgescents, de testicules remplies à ras bord et de masturbations trop fréquentes... bref, des petites douceurs qui pourraient être infiniment lourdes mais qui passent pourtant étonnamment bien. On peut remercier pour cela Robert Sheehan, la plus grande révélation du casting ! 

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// Bilan // Misfits a su préserver au cours de sa deuxième saison son charme originel, tout en accentuant sa dimension fantastique et en ajoutant une formule un peu routinière mais pleine de surprises. Toujours plus ambitieuse et aboutie, la "petite" série anglaise est entrée dans la cour des grandes. Le pire est cependant à craindre pour la saison 3, attendue dans quelques semaines : Robert Sheehan (Nathan) a décidé de quitter la série et sera remplacé par un petit nouveau qui aura toutes les peines du monde à faire aussi bien que son prédécesseur...