19 janvier 2013

Underemployed [Saison 1]

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 Saison 1, 12 épisodes // 390 000 tlsp. en moyenne

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   Underemployed, c'est mon petit coup de coeur de la fin de l'année 2012. J'avais beaucoup aimé le pilote (La preuve) et la suite de la saison ne m'a pas du tout déçu. Il y a eu quelques épisodes plus faibles, mais dans l'ensemble, j'ai passé un excellent moment avec cette bande d'amis on ne peut plus attachante. Et ce qui est génial avec eux, c'est que l'on pourrait les détester pour tout un tas de raisons, mais non. Sophia, comme tout écrivain, est très autocentrée. Miles manque de maturité et se révèle souvent égoïste, même si son charme naturel lui permet toujours de se rattraper. Lou est un peu benêt parfois. Daphne ne sait pas faire des choix. Et Raviva... elle a beaucoup de défauts qui la rendent très irritante ! Mais "judgemental" est un adjectif qui lui convient bien. Je sais que de nombreux téléspectateurs l'ont trouvé insupportable. Pas moi. J'ai trouvé ça courageux de ne pas avoir cherché à l'adoucir au fil du temps. Elle reste fidèle à elle-même, contre vents et marées. Elle est chainte et elle le restera. Ses sautes d'humeur n'ont jamais entamé la mienne. Les gens comme elle, dans la vie, je ne veux pas en entendre parler, mais à la télé c'est l'occasion de les analyser à distance et de peut-être percer leur mystère. Je n'ai pas percé celui de Raviva, mais il y a clairement une insécurité chronique et un manque de confiance en elle qui la précipite vers ces réactions excessives. Le développement de sa relation avec Lou n'est pas ce que j'ai préféré suivre chaque semaine, mais j'ai trouvé qu'il s'en dégageait de vraies questions. Peut-on être heureux dans sa vie de couple quand un enfant débarque et que l'on n'a pas encore la maturité nécessaire pour l'accueillir malgré tout l'amour qu'on lui porte ? Peut-on encore avoir de l'ambition professionnelle et artistique dans ces conditions ? Doit-on rester ensemble pour le bébé même quand tout semble vouloir nous séparer ? Je me suis laissé prendre au jeu, surtout lors de ces épisodes où ils ont des tentations chacun de leur côté et qu'ils ne parviennent plus à y résister. L'histoire entre Raviva et Jamal n'était pas tout à fait touchante, car lui n'a pas réussi à sortir de son rôle de dragueur qui n'en a rien à faire que sa proie soit prise et maman. L'affaire entre Lou et Bekah était plus légère et amusante, excitante aussi avec tout le côté "relation au bureau". Par contre, le grossier collègue de Lou nous en a gâché des scènes... 

   Comme on pouvait s'y attendre et comme on l'espérait tous un peu au fond, plus les intrigues amicales et amoureuses ont pris de l'importance, moins l'aspect "génération chômage et petits boulots" a été développée, mais les auteurs ont toujours su y revenir à un moment donné et retomber sur leurs pattes avec panache. Le moment où Sophia quitte enfin son job où il se faisait traiter comme une merde par les clients et sa boss était très libérateur. Mais, curieusement, j'ai moins aimé ce qu'ils ont fait du personnage à partir de là. D'abord, elle est largement passé au second plan après avoir été plus ou moins présentée comme l'héroïne. Ses voix-off ont d'ailleurs rapidement disparu et je trouve ça toujours dommage d'arrêter en cours de route, surtout que ce n'était pas du tout raté ici. Sa vie amoureuse n'a pas été autant traitée que celle des autres. On pourrait rétorquer qu'elle était trop prise par l'écriture de son livre et qu'après tout, une célibataire au sein d'un groupe, ce n'est pas choquant. Manque de pot, c'est tombé sur la lesbienne. Cela dit, le vent qu'elle s'est mangée auprès d'une hétéro était un passage assez marquant et révélateur de la complexité d'être une femme lesbienne dans notre société où elles sont encore trop invisibles, contrairement à leurs comparses masculins homosexuels. Toute l'histoire autour de la publication de son livre à la fin de la saison ne m'a pas totalement convaincu. J'ai trouvé ça déjà vu. Mais ça m'a quand même touché, surtout vis à vis de Daphne, alors je ne la renie pas non plus. J'aurais voulu que ce soit traité différemment, et sans faire passer Sophia pour une idiote qui ne s'attendait pas à ce genre de réaction !

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   Les déboires professionnels et amoureux de Daphne m'ont passionné, pour le coup. Le moteur de la série, c'est indéniablement elle. Et la révélation du casting, c'est Sarah Habel ! Elle est excellente dans la comédie comme dans le drama. Elle est mignonne. Elle a tour pour elle ! J'ai été très fan de son histoire avec Todd, parce que je trouvais qu'il y avait une super alchimie entre eux deux. Mais lorsque Miles s'est découvert des sentiments pour elle, j'ai eu l'impression d'une évidence. On ne pouvait pas rêver meilleure configuration pour comprendre le trouble de la jeune femme, partagée entre deux hommes qui ont, a priori, les capacités de la rendre heureuse. A partir de là, comment choisir ? Suivre son instinct... C'est Miles qui finit par gagner son coeur, si l'on peut dire, mais le moment de la séparation avec Todd était encore plus fort. Daphne termine la saison plus sûre d'elle dans son métier, une évolution qui était d'ailleurs très intéressante à suivre en parallèle, et plus libre que jamais côté coeur, face à des tas de possibles. Tant que Miles sera loin en tout cas. Etant donné que l'on ne connaitra sans doute jamais la suite de ses aventures puisque MTV a sacrifié Underemployed en ne lui donnant pas vraiment sa chance, on peut considérer cette fin comme efficace. Ce n'est pas un happy-end, ni une fin triste. C'est doux-amer, avec une pointe d'optimisme. C'est donc tout à fait à l'image de la série. 

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// Bilan // Les héros attachants et tellement réels d'Underemployed vont me manquer, en espérant retrouver leurs interprètes rapidement. Malgré ses failles, ce show a fait preuve de beaucoup de coeur, à défaut de faire preuve de beaucoup d'imagination. Les séries générationnelles manquent cruellement aujourd'hui. Il y a Girls, et c'est à peu près tout. Underemployed ne deviendra pas la prochaine, mais elle s'est bien battue et méritait un plus joli destin. Tout comme The L.A. Complex... Il n'y a pas que le monde du travail qui est cruel avec es jeunes adultes, la télévision aussi.


06 novembre 2012

Underemployed [Pilot]

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Pilot // 650 000 tlsp.

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What About ?

Leurs diplômes en poche, Sophia, Daphne, Lou, Raviva et Miles s'attaquaient au monde du travail, avec des rêves plein la tête et des idées de grandeur. Un an plus tard, rattrapés par la froide réalité, les cinq amis doivent jongler entre des boulots peu gratifiants et des patrons épouvantables. Soudés, ils n'ont cependant pas l'intention d'abandonner leurs rêves...

Who's Who ?

Drama créé par Craig Wright (Six Feet Under, Brothers & Sisters, Lost, Dirty Sexy Money). Avec Diego Boneta (Rock Of Ages), Michelle Ang (Neighbours), Jared Kusnitz (Secret Life Of The American Teenager), Sarah Habel, Inbar Lavi, Tom Irwin (Angela 15 ans, Devious Maids)...

So What ?

    Underemployed, ou le plaisir des choses simples. Sans aller jusqu'à dire que le pilote de cette nouvelle série de MTV a été une révélation pour moi -parce qu'il n'est quand même pas très original ni dans la forme ni dans le propos- il m'a renvoyé illico presto à une époque où la mode était aux dramédies centrées sur des groupes d'amis dans la vingtaine qui tentaient de se faire une place au soleil au sein d'une société de plus en plus sombre et désespérée. Et j'aimais beaucoup cette période, à la fin des années 90, et toutes ces séries, dont la plupart ont d'ailleurs été des échecs cuisants car elles ne parvenaient pas à séduire au-delà de la tranche d'âge concernée. Parmi elles, je pense au Wasteland de Kevin Williamson, quelques mois après le lancement de sa première série, l'excellente et inoubliable Dawson; le Relativity de Jason Katims, bien des années avant Friday Night Lights et Parenthood; ou encore Significant Others dans laquelle Jennifer Garner, Michael Weatherly, Elizabeth Mitchell et Eion Bailey ont fait leurs premiers pas. Et je n'oublie évidemment pas Felicity et Time Of Your Life. Depuis, les sitcoms de potes ont pris le relais mais la sensation procurée n'est définitivement pas la même.

   Il y a un peu d'Awkward dans les premières minutes du pilote avec cette voix-off douce-amère et son "Yeah... right!", qui suit les promesses de nos héros encore innocents face à un nouveau monde qui s'ouvre à eux, rempli de possibles. Le retour à la réalité est brutal mais l'auteur, Craig Wright -un homme extrêmement talentueux si l'on se réfère à son CV- a choisi de miser sur l'humour dès les instants suivants afin de dédramatiser d'emblée la situation. Pas question ici de faire dans le déprimant. Les personnages ont beau être dans des situations peu enviables, ils ont parfaitement conscience qu'il y a pire dans la vie que de se faire insulter par des clients mécontents, ou goûter de la bouffe pour chien devant un parterre de décideurs dans une agence de pub (beurk quand même), ou encore de s'effeuiller face à des employées proches de la retraite. Ils possèdent au fond d'eux un optimisme à toute épreuve et ils savent parfaitement que tout peut encore s'arranger. Et puis les circonstances vont faire que leur avenir professionnel, aussi flou soit-il, ne va pas constituer leur seule et unique préoccupation. Il se dégage de cette atmosphère légère pas nécessairement un grand réalsime mais un charme fou. J'ai été surpris de la vitesse à laquelle je me suis attaché à chacun des personnages ! La dernière fois, c'était avec... The L.A. Complex ! Les deux séries partagent d'ailleurs de nombreux points communs et me font à peu près le même effet, mais il y a peut-être ici un sens de l'amitié encore plus prononcé qui fait indéniablement chaud au coeur, là où la série canadienne se base davantage sur des individualités et des solitudes. 

   Sophia, la narratrice, est certainement le personnage auquel je m'identifie le plus et mon petit doigt me dit que c'est aussi le cas du créateur. Elle voudrait écrire un roman mais ne parvient jamais vraiment à se lancer. Elle a besoin d'un déclic et ce déclic arrive au cours de l'épisode lorsqu'elle commence enfin à explorer sa sexualité... qui n'est pas la même que celle de la plupart des jeunes filles de son âge et de ses amies. Elle se découvre lesbienne ! Là, je dis bravo à MTV qui ose quelque chose d'inédit, mine de rien. Même si Sophia ne peut pas tout à fait être considérée comme l'héroïne de la série, elle a une place prépondérante dans le groupe d'amis, c'est sa voix qui nous raconte leur histoire et elle n'est pas la post-adolescente typique. Au-delà de sa sexualité, elle est plutôt timide, pudique et, pardon de devoir le préciser mais on en est là aujourd'hui, elle est asiatique ! Voilà qui est rafraîchissant. Miles, le beau gosse, avait tous les atouts pour être LE personnage agaçant mais il n'en est rien à ce stade. C'est le garçon le plus touchant  et si son rêve de devenir l'égérie des boxers Calvin Klein peut paraître stupide, elle n'en est pas moins originale. Et ça me fait penser qu'aucun héros de The L.A. Complex ne tente une carrière dans le mannequinat. Ce serait une nouvelle piste intéressante. Bref, j'aime bien Miles et ce n'était pas gagné d'avance. Daphne est une héroïne beaucoup plus classique que Sophia, dans le sens où c'est une fille hétérosexuelle très jolie, qui a du répondant et qui ne se laisse pas marcher sur les pieds, et qui attend bien entendu le grand amour. Pourtant, j'ai adoré chacune de ses scènes. L'actrice y est pour beaucoup. Elle est vraiment convaincante et n'en fait jamais trop. Ses scènes avec son patron étaient très réussies grâce à une alchimie évidente entre les deux protagonistes, des dialogues amusants et prononcés avec naturel et ce qu'il faut de sexyness pour nous émoustiller un peu. Lou et Raviva n'héritent clairement pas de l'intrigue la plus simple à gérer puisqu'ils sont sur le point de devenir parents à un très jeune âge. Pour le coup, l'aspect très léger de la série a peut-être un peu joué contre elle. Face à un contenu aussi sérieux, il aurait peut-être fallu accentuer l'aspect dramatique. D'un autre côté, cette histoire ne pourra gagner qu'en réalisme et au fur et à mesure de la saison si elle est bien gérée et je suis confiant. Je regrette quand même que l'accouchement soit arrivé aussi vite. Un ou deux épisodes plus tard, ça aurait été mieux. 

   Underemployed est en quelque sorte un Girls allégé à l'écriture moins subtile mais à l'enthousiasme communicatif. Cette petite bande-là mérite définitivement qu'on lui donne sa chance !

How ?