15 juillet 2012

The Good Wife [Saison 3]

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Saison 3 // 10 220 000 tlsp.

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   The Good Wife nous a fait le rarissime grand chelem : trois saisons consécutives excellentissimes ! Rien que de l'écrire, ça me fiche quelques frissons. Il y a plein de séries que j'aime regarder et qui me procurent toutes sortes d'émotion mais avec elle, c'est toujours différent car ça va bien au-delà du plaisir simple. Je me sens intelligent quand je la regarde et, quand un épisode se termine, j'ai l'impression d'avoir appris quelque chose, en particulier sur le fonctionnemment de la justice américaine. S'il y a bien une qualité que je souhaite mettre en avant dans cette critique de la saison 3, c'est la capacité des scénaristes à ne pas se cantonner à "l'affaire du jour", avec une histoire complexe, un client à défendre, de grandes diatribes devant la Cour et un verdict, mais des configurations juridiques toujours inédites, que j'ai rarement voire jamais vu traitées dans d'autres séries judiciaires (mais je n'en regarde pas des tonnes hormis celles de David E. Kelley) et qui nous plongent au plus près du pouvoir. Je pense par exemple à cet épisode où Alicia se voit dans l'obligation de trahir le secret professionnel face au Trésor Public. On se rend alors compte de l'absurdité de la justice parfois. Je pense aussi bien sûr au panel de juges au coeur duquel Alicia se retrouve propulsée, à ses risques et ses périls. C'était un des temps forts de la saison, à la fois par la qualité de l'intrigue mais aussi par la présence de Matthew Perry, que l'on a pris un pied fou à découvrir dans un autre registre que celui de la comédie. Face à sa prestation sans fausse note, flippante même par moment, on se demande  pourquoi il s'obstine à vouloir revenir sur le devant de la scène dans des comédies. Le seul problème de son passage, c'est qu'il laisse comme un goût d'inachevé, une piste est même lancée sur ses ambitions de devenir le principal concurrent de Peter dans un futur proche aux élections, or l'acteur ne sera peut-être pas disponible avant longtemps si sa nouvelle série, pour NBC, fonctionne (ce qui est peu probable, certes).

   C'est là où l'on se rend compte qu'avoir recours à plein de guests prestigieux est une des grandes forces de la série mais aussi une de ses faiblesses car elle est tributaire de leur disponibilité : il se passe la même chose avec Martha Plimpton qui n'apparait que dans le final car elle ne pouvait pas avant "à cause" de Raising Hope. C'est un personnage que l'on aimerait tellement revoir plus souvent... Il y a aussi "le cas" Kelli Giddish, présente dans le Season Premiere pour boucler son histoire avec Kalinda mais dans l'incapacité de revenir plus tard puisqu'elle a intégré le casting régulier de New York Unité Spéciale. Du coup, en fin de saison, un nouveau personnage débarque, Lana Delaney (incarnée par Jill Flint), qui ressemble fortement dans l'attitude à Sophia Russo, qui vient elle aussi du FBI et qui, comme par hasard, possède un passif équivalent avec Kalinda, donnant vraiment l'impression que la jeune femme les fait toute tomber, de préfèrence quand elles travaillent dans la célèbre agence gouvernementale. On a l'habitude de se rendre compte qu'elle connait absolument tout le monde, et souvent à des fins bien plus qu'amicales, mais quand même... On sent bien que Lana Delaney a été créée pour prendre la place de Sophia Russo et ça sonne faux, aussi bonne soit sa remplaçante. On notera que cette saison, assez peu de nouveaux personnages forts ont été introduits. Les auteurs ont surtout pioché dans ceux des saisons d'avant qu'ils ont fait revenir une, deux ou trois fois selon les cas, la plupart du temps pour notre plus grand plaisir. La croisade de Wendy Scott-Carr pour faire tomber Will Gardner était passionnante. On peut d'ailleurs dire que c'était un peu sa saison à lui, là où la première était surtout celle d'Alicia, héroïne oblige, et la seconde plus largement consacrée à Kalinda. C'était vraiment intéressant de le voir dans cette position où il ne peut pas travailler mais cherche toujours à le faire en contournant la loi. Celeste Serrano a pimenté bien comme il fallait le début de saison. Un des rares nouveaux personnages qui m'a vraiment fait très forte impression et que j'aurais aimé revoir régulièrement. Malheureusement, elle a disparu sans que l'on comprenne vraiment pourquoi. Je suppose qu'il faudrait se tourner vers Lisa Edelstein pour en savoir plus. Elle commence à se bâtir une réputation de diva... Trop chère ? Dommage en tout cas. Elle était différente des personnages habituels, très provocante. J'ai aimé ça. Le retour de Carrie Preston dans le rôle d'Elsbeth Tascioni était une excellente surprise. Elle a été utilisée à bon escient. La voir plus souvent casserait de toute façon le personnage, dont les ressorts comiques font mouche mais sont répétitifs. Bien entendu, les producteurs ne pouvaient pas passer à coté de Louis Canning, si impressionnant en saison 2. Il a encore été génial, en particulier dans cet excellent épisode où Alicia avait perdu sa fille, où il l'a épaulé pendant cette difficile journée avant de la poignarder dans le dos. Du grand art ! Le duo "dream team" Martha Plimpton/Michael J. Fox dans le final était assez jouissif aussi. Par contre, je reviens deux secondes sur Matthew Perry : j'ai l'impression qu'il s'est vachement inspiré du jeu de Michael J. Fox pour son personnage, quitte à verser dans le mimétisme. Lorsque je m'en suis rendu compte, je n'ai plus vu que ça. Personne dans la salle n'a eu cette même impression ?

   Je ne voudrais oublier personne, mais ça va forcément arriver tant les guests étaient nombreux. Je me souviens avoir été déçu de l'épisode de Mamie Gummer. Nancy Crozier, son personnage, n'a pas été aussi brillante que les fois précédentes. L'actrice ayant sa propre série sur la CW la saison prochaine, on ne la reverra peut-être pas avant un moment. C'est mieux comme ça, sans doute. Sinon, j'ai beaucoup aimé Caitlin, jouée par Anna Camp (que j'adore, j'avoue), même si son ascension rapide au sein de la firme était prévisible dès son arrivée. En revanche, personne ne s'attendait à cette conclusion la concernant. Son départ était très émouvant. Elle est sortie par la grande porte, paradoxalement. Et le jeu de miroir avec Alicia, qui avait fait la même chose bien des années plus tôt, était vraiment intéressant. Je termine sur Colin Sweeney : wouah ! Je ne pensais pas que les scénaristes réussiraient à proposer quelque chose d'aussi réussi pour son retour. Plutôt que de jouer sur l'angoisse que le personnage est capable de procurer, ils se sont plutôt concentrés sur l'humour. Un excellent choix. Parce que cette drôlerie, au bout du compte, fiche la trouille. C'est vraiment l'un des meilleurs personnages créés toutes séries confondues depuis des années... Et Dylan Baker est à chaque fois énorme !

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   J'aurais pu parler d'elle dans les guests, puisque c'est ce qu'elle est devenue dans le fond : mais que font les scénaristes de cette "pauvre" Jackie Florrick ? C'était un vrai déchirement de la voir si peu au cours de la saison 3. Certes, ça rendait ses apparitions événementielles mais, moi, ça m'a surtout rendu nostalgique de la saison 1, quand elle était là tout le temps, à fouiner partout. Elle nous a quand même offert un grand moment de drôlerie de ce genre lorsqu'elle a trifouillé l'ordinateur portable d'Alicia et s'est fait filmée à son insu par la webcam. Mais c'est quand même un peu maigre. J'ai toujours peur qu'elle meurt et les auteurs sont très forts pour l'insinuer avant de se raviser. Jackie, c'est la Tatie Danielle de The Good Wife finalement : vilaine, indigne mais increvable ! Son coup par rapport à l'ancienne maison des Florrick était assez énorme. J'ai d'ailleurs beaucoup aimé cette intrigue, offrant à Julianna Margulies la chance de sortir de son rôle d'avocate pour redevenir la mère courage des débuts. Elle a beaucoup évolué depuis la saison 1, elle a gagné en force et en assurance mais, dès qu'il s'agit de ses enfants, elle redevient une femme fragile et infiniment touchante. Dans le même ordre idée, c'était un plaisir immense de la voir céder peu à peu du terrain à Kalinda, resserrant leur lien abîmé mais pas définitivement rompu. Bizarrement, je n'ai pas grand chose à dire sur sa relation avec Will. Et pour cause : si cela était au centre de l'attention dans les premiers épisodes, à partir du moment où ils ont rompu, c'est comme si leur histoire n'avait jamais existé, au-delà de quelques regards de temps en temps, et quelques sous-entendus. Je ne comprends pas vraiment ce choix mais je l'approuve : j'ai préféré Alicia sans lui qu'avec lui. Et puis honnêtement, on ne regarde pas vraiment The Good Wife pour ça. Alicia pourrait rester célibataire jusqu'à la fin que ce ne serait pas dérangeant. Ca vaut d'ailleurs un peu pour tous les personnages. La sphère amoureuse peut venir se greffer comme une cerise sur le gâteau, mais ils n'ont pas besoin de ça pour être fascinants.

   Regardez Diane : on a tenté de lui coller un nouvel intérêt amoureux, c'était amusant sur le coup, mais il n'en est rien ressorti de probant, si ce n'est un discours subtil et poignant sur la solitude d'une femme de 50 ans, qui a de l'argent, qui a du pouvoir mais désespérement pas d'amour. Will, c'est l'inverse : il couche et a couché avec toutes les belles femmes qu'il a croisées dans son métier mais il n'aspire plus vraiment à cela. Il aspire à Alicia. Mais c'est compliqué. Et cette complication amoureuse, il l'a toujours fuie. C'est finalement de couples solides, l'absence de plénitude amoureuse, qui est intéressante dans The Good Wife. Cela vaut aussi pour Kalinda et Cary, qui passent leur temps à se chercher et à se fuir. J'ai beaucoup aimé ce moment où l'enquêtrice a avoué qu'elle était bisexuelle. C'est presque plus osé finalement que si elle était lesbienne car des personnages bisexuels à la télévision, il n'y en a pas d'autre. C'est curieusement encore un tabou... A mon grand désarroi, Kalinda a été plus en retrait cette année, malgré le cas la concernant directement, mais le cliffhanger de la saison, saisissant, inquiètant, étonnant, laisse présager de grandes confrontations à venir en saison 4... Je terminerai par Eli Gold, ce sacré chenapan, qui nous aura encore bien fait rire, notamment dans ses oppositions avec David Lee. Parker Posey dans le rôle de son ex-femme, c'était une excellente idée, bien exploitée. Sinon, il y a les enfants d'Alicia, qui n'ont pas servi à grand chose, soyons francs. Ils ont dû mal à exister en dehors de leur relation avec leur mère. Les auteurs n'ont pas cherché à faire quoi que ce soit de Zach cette année. Les projecteurs étaient plus tournés vers Grace. Son parcours est assez touchant, mais assez classique aussi, un peu trop. Le frère d'Alicia n'est revenu qu'une fois, malheureusement. Par contre, on a fait la rencontre des soeurs de Will et c'était très drôle ! 

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// Bilan // Je le savais déjà mais, en écrivant cette critique de la saison 3, je me rends compte à quel point The Good Wife regorge de personnages complexes et fascinants, extrêmement attachants, incarnés par des acteurs excellents qu'ils soient réguliers, récurrents ou guests. Alors forcément, quand les intrigues de la semaine et les histoires au long cours sont à leur hauteur, que l'humour est toujours présent, que le système judiciaire américain est présenté sans complaisance et dans toute sa complexité, on ne peut qu'applaudir l'exploit ! The Good Wife n'a plus rien à prouver : elle est une série formidable, une GRANDE série. Pendant combien de temps encore le restera-t-elle ? La saison 4 s'annonce en tout cas sous les meilleurs auspices...

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03 novembre 2011

The Good Wife [Saison 2]

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Saison 2 // 11 770 000 tlsp.

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   Mais comment fait cette Good Wife pour être aussi bonne ? Alors que la saison 2 est lancée ce soir sur M6 -notons l'effort de la chaîne, qui tient ainsi sa promesse de continuer à proposer la série en prime time malgré ses résultats très décevants lors de la diffusion de la saison 1 en début d'année- je me retrouve devant une impasse, un mystère même : comment ai-je pu ne pas écrire la moindre ligne sur le blog à propos de cette saison 2, pourtant incroyablement riche, captivante voire obsédante ? A vrai dire, elle me fait le même effet que les derniers épisodes de Big Love, dont certains de mes lecteurs attendent encore la critique (et sans doute pour longtemps, désolé) : je me sens petit, tout petit, à coté de son immensité et je me retrouve ainsi incapable d'exprimer ce que je ressens pour elle. J'ai peur de ne pas être à la hauteur, de ne pas trouver les mots justes. Alors j'espère que vous faire part de mes doutes et de mon complexe d'infériorité suffiront à vous faire comprendre combien The Good Wife est grande. Et puis j'ai eu le malheur de relire ma critique de la saison 1 : j'ai le sentiment d'avoir tout dit. Ne vous méprenez pas ! La série a évolué, les personnages aussi et il se passe des tas de choses incroyablement passionnantes dans cette saison 2 mais l'essentiel, je l'avais déjà dit. Je vous invite donc au préalable à lire ou relire ces quatre paragraphes dont je suis assez fier, et je le dis en toute humilité (c'est suffisamment rare pour que je me le permette). Cela se passe ICI

   Ca y est, c'est fait ? Alors allons-y. Parlons de la saison 2 maintenant. Alors que la première annnée de The Good Wife servait, entre autres, à solidement installer l'héroïne au sein du cabinet Lockhart & Gardner, tout en montrant ses difficultés mais sa persévérance sans failles à rester une bonne épouse et une bonne mère, la deuxième s'amuse méticuleusement à détruire l'équilibre qu'elle était parvenue à trouver. Ses sentiments pour Will la rongent -leur rendez-vous manqué est dans tous les esprits- à mesure que sa relation avec son mari ne cesse de se détériorer. Y'a-t-il un lien de cause à effet ? La route finit finalement par tourner et Alicia décide de s'abandonner avec tous les risques que cela comporte dans une scène finale étonnante et libératrice. La lente mais subtile transformation du personnage a été divinement bien composée par les auteurs et j'ai hâte de découvrir à quel point elle a évolué dans la saison 3 (non, je ne l'ai pas encore commencée). Le sentiment que Kalinda procure est très différent car son crédo à elle, c'est de fasciner et de continuellement nous étonner. Elle est imprévisible. Qui aurait imaginé qu'elle allait littéralement réduire en miettes la voiture de son rival, Blake Calamar, à coups de batte de baseball ? Cette scène est probablement la plus marquante de la saison pour moi. Elle représente admirablement bien Kalinda, dans toute sa précision, sa classe et sa violence. Le sujet de sa sexualité a été abordé de manière plus frontale, ne laissant plus seulement l'imagination (et les fantasmes ?) vagabonder. La tension sexuelle constante avec Calamar était terriblement excitante. Hommes, femmes ? Peu importe. Kalinda cède à ses pulsions, ses désirs et aime à sa façon. On en apprend un peu plus sur sa vie passée, qu'elle a été mariée notamment, mais la plus grande révélation -que je ne préciserai pas pour ceux qui se seraient aventurés dans cet article sans avoir vu la saison 2- est scotchante et façonne la fin de la saison. Bref, Kalinda a peut-être tout perdu en saison 2 du point de vue des intrigues mais elle a tout gagné auprès des téléspectateurs. Quelle femme ! Des fortes figures féminines de la série, Diane est celle qui a bénéficié de l'exposition la moins satisfaisante. Elle a trop souvent été cantonnée aux conflits internes au cabinet, qui étaient certes passionnantes mais pas uniquement de son point de vue à elle. J'espère que la saison 3 lui permettra de revenir sur le devant de la scène massivement.

   Comme en saison 1, ce ne sont pas les hommes de la série qui héritent des meilleures intrigues mais ils s'en sortent tout de même très bien puisqu'il n'y a pas de mauvaises intrigues, juste à la limite des affaires moins passionnantes que d'autres (et une seul ratée : celle parodique d'Hugo Chavez, légèrement embarrassante même). Will, tout comme Diane, a surtout brillé au sein des conflits internes au cabinet mais sa relation avec Alicia, un long moment contrariée par la présence de sa nouvelle petite amie, n'est évidemment pas en reste. Peter a eu plus de mal à s'imposer malgré le grand arc sur sa campagne politique et, notamment, ses rivalités avec Wendy Scott-Carr et Glenn Childs. C'était pourtant passionnant mais le problème semble plutôt venir de l'acteur, Chris Noth, un peu capricieux sur les bords et donc pas aussi présent qu'il aurait fallu. Il n'apparaît même pas le soir de son élection. Une aberration, à moins que cela relève du parti pris artistique douteux. Les scènes du quotidien, lorsqu'il était forcé de rester chez lui, auprès de sa femme, de sa mère et de ses enfants, m'ont un peu manqué cette année, d'autant que les intrigues de Zach et Grace ne se sont pas toujours révélées pertinentes. Au-delà de ça, ses confrontations avec Alicia étaient extrêmement puissantes et c'est déjà énorme. Les scénaristes ont bien compris qu'Eli Gold méritait plus que de rester dans l'ombre de Peter Florrick et lui ont donc concocté des histoires rien qu'à lui absolument prodigieuses, fines mais aussi très amusantes. J'ai particulièrement apprécié la venue d'America Ferrara en guest et je regrette même qu'elle ne soit pas restée plus longtemps. Sans doute une sage décision mais c'est dur de quitter un aussi bon personnage. Cela dit, les scénaristes ne savent pas toujours dire au revoir à leurs personnages et cela conduit à quelques ratés : le retour de Colin Sweeney semblait inévitable mais n'a pourtant pas eu lieu. En revanche, Louis Canning, incarné à la perfection par Michael J. Fox, est revenu un peu trop souvent à mon goût. C'est un excellent personnage dont il ne faut surtout pas abuser même si la tentation est, je le comprends, très grande. J'ai beaucoup apprécié le frère d'Alicia et j'espère qu'il sera plus présent à l'inverse. Sa présence apporte indéniablement quelque chose à Alicia. Et puis je n'ai pas encore évoqué Cary Agos mais je l'aime toujours autant, si ce n'est plus. Il s'est épanoui au sein du bureau du procureur et ses affrontements systématiques mais nécessaires avec Alicia étaient jouissifs. Sa relation ambigüe avec Kalinda aussi... Sinon, j'ai évidemment adoré les brefs retours de Martha Plimpton et Mamie Gummer. 

   La saison 2 de The Good Wife n'a absolument rien à envier à la première. Je n'arrive pas vraiment à les départager cela dit. Pour moi, elles sont aussi bonnes l'une que l'autre. Elles sont une synthèse de tout ce que la télévision est capable de faire de mieux, passant d'un registre à l'autre (politique, juridique, romantique...) avec une aisance incroyable, en compagnie de héros forts et infiniment attachants malgré et peut-être même grâce à leurs failles. Définitivement, s'il fallait n'en garder qu'une aujourd'hui, ce serait elle. Ce serait The Good Wife.

29 juillet 2010

The Good Wife [Saison 1]

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Saison 1 // 13 1oo ooo tlsp. en moyenne

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   A force de conseiller à tort à travers des séries-à-ne-surtout-pas-rater aux uns et aux autres, j'avais oublié que les conseils des autres pouvaient être bons à suivre aussi. En Septembre dernier, lorsque je m'étais penché sur le pilote de The Good Wife, je l'avais trouvé plutôt bon, tout en finesse et en sobriété, mais je n'avais pas eu l'envie d'en découvrir plus. Certainement à cause de mon allergie à CBS. Et puis on m'a tellement dit que la série était excellente, sans compter cette nomination que je n'attendais pas aux Emmy Awards dans la catégorie "Meilleur Drama", qu'il me fallait comprendre une bonne fois pour toutes cette fascination pour la série autour de moi. Peut-être parce que j'étais dans de bonnes dispositions, j'ai tout de suite compris, dès le second épisode, que The Good Wife était bonne et grande.

   Cette série a une classe folle, à l'image de ses personnages, tous plus charismatiques et passionnants les uns que les autres. Bien-sûr, la prestation de Julianna Margulies tout en subtilité est à saluer. Elle habite son rôle à la perfection. L'évolution d'Alicia Florrick se fait tout en douceur. Tout à tour mère aimante et dévouée, épouse digne et forte, avocate bienveillante et obstinée, elle est multiple et profondément attachante. Elle manque sans doute un peu d'humour, on aimerait qu'elle se lâche plus souvent, mais elle est terriblement humaine et vraie. Elle représente assez bien la femme moderne. En tous cas l'image que l'on s'en fait. Si je devais faire une comparaison qui ne rime à rien, elle est le pendant réaliste d'une Ally McBeal. Elle n'est pas la seule femme qui en impose. A vrai dire, elles en imposent toutes à leur façon. Mais celle qui tire sans doute le plus son épingle du jeu, c'est Kalinda ! Ah, Kalinda... Elle a des couilles, une bonne grosse paire de couilles, et elle a le goût du mystère, ce qui la rend encore plus fascinante. Qui est-elle vraiment ? Nul ne le sait. Elle est indispensable en tous cas. Quand on regarde bien, c'est quasiment toujours elle, grâce à son flair et ses connexions, qui démêle le vrai du faux. La question de sa sexualité se pose régulièrement, par petites touches, et elle est traitée de manière plus frontale dans les deux derniers épisodes de la saison sans qu'une réponse claire et nette soit donnée. Kalinda est certainement de tous les bords, et de préfèrence de ceux qui l'arrangent. Son baiser avec l'agent du FBI, j'aurais aimé le voir directement, sans toute cette pudeur. Elle sied à la série mais n'est-elle pas un moyen de détourner la frilosité de CBS et de ses téléspectateurs "de base" ? L'autre femme qui en impose, c'est Diane Lockhart. Christine Baranski a beau ne plus ressembler à grand chose -d'humain en tous cas- cela ne l'empêche pas de faire passer beaucoup d'émotion à travers les expressions de son visage, en particulier de l'espièglerie. Elle est joueuse. Et son rire ! Divin ! Son duo avec Gary Cole dans quelques épisodes était très convaincant. D'autres femmes de la série sont excellentes, notamment Jackie Florrick, qui aura j'en suis sûr un plus grand rôle à jouer la prochaine saison. On l'a finalement peu vue avec son fils. Je suis sûr que leur relation nous cache quelques surprises. En bon fan de Dawson que je suis et que je resterais, c'est un bonheur de chaque instant de constater que de constater que la grand-mère de Jen est encore vivante et pimpante !

   Face à ces femmes incroyables, les hommes auraient pu ne pas payer de mine. C'était sans compter un directeur/une directrice de casting qui a fait un boulot admirable pour caster les hommes de la vie d'Alicia. Son mari ne pouvait qu'être interpréter par Chris Noth. C'est comme une évidence. Quant à Josh Charles/Gardner, que je ne connaissais pas, il est excellent dans un autre style, très proche de celui d'Alicia d'ailleurs. Pas étonnant qu'ils s'apprécient, et plus car affinités. J'aime la façon dont est décrite leur attirance réciproque. C'est infiniment subtile, à l'image du cliffhanger de fin de saison. Leur baiser furtif m'a beaucoup marqué. Il était particulier, il avait un véritable poids. On sentait son importance. Quand on est habitué à des séries comme Grey's Anatomy où tout les personnages s'embrassent dès que l'occasion se présente, et même quand elle ne se présente pas d'ailleurs, ça fait un choc ! C'est autre chose. Pour poursuivre sur les grands hommes de la série, malgré son jeune âge, Cary/Matt Czuchry tient la route. Sa rivalité cordiale avec Alicia était très amusante dans un premier temps et risque de devenir passionnante en saison 2 compte-tenu de l'évolution de la situation. De beaux face à face en perspective... Impossible de ne pas citer Glenn Childs incarné par un Titus Welliver (l'homme en noir de Lost) tout simplement génial. Et c'est quand on croit tenir le meilleur personnage masculin de la série qui débarque cet Eli Gold/Alan Cumming qui déborde de charisme et qui apporte une touche d'humour voire d'excentricité indispensable. D'ailleurs, au fil des épisodes, on sent qu'un vrai travail a été fait pour apporter plus de légéreté à l'ensemble et ainsi détendre l'atmosphère. Ca passe par exemple par des personnages secondaires marquants, qui n'ont parfois participé qu'à un seul épisode, mais dont on se souvient pourtant ! C'est le cas de Mamie Gummer (bientôt dans Off The Map) qui était géniale dans le rôle d'une avocate faisant semblant d'être inexpérimentée pour s'attirer les faveurs du juge. Je pense aussi à la géniale Martha Plimpton apparue dans deux épisodes qui a tout intérêt à revenir parce qu'elle était juste super marrante. Et puis en fin de saison, j'ai beaucoup aimé la venue de Carrie Preston pour quelques épisodes. Là encore, j'espère la revoir. Les juges aussi sont souvent très amusants dans leurs réactions. Et je ne peux pas terminer cette galerie sans évoquer Dylan Baker dans le rôle controversé de Colin Sweeney, certainement responsable de la meilleure affaire de la saison. Son aveu face à Alicia était d'ailleurs glaçant.      

   The Good Wife réussit quelque chose de rare : allier intrigues bouclées et intrigues feuilletonnantes avec efficacité et subtilité. C'est particulièrement étonnant de la part de CBS, comme quoi tout est possible... Je ne pensais pas devenir à ce point enthousiaste au sujet de la série mais force est de constater qu'elle est addictive à sa façon et qu'elle a pris une place importante dans mon coeur en l'espace de quelques jours. Le casting atteint la perfection. Merci à ceux qui m'ont poussé à donner une deuxième chance à la série. 

25 septembre 2009

The Good Wife [Pilot]

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What About ?

Après treize années passées loin des tribunaux pour élever ses enfants, Alicia Florrick reprend sa carrière d'avocate en main, mais elle doit faire face à un scandale sexuel et financier qui touche son mari, un politicien véreux...

  Who's Who ?

Il y a deux ans, Julianna Margulies, l'inoubliable Carol Hathaway d'Urgences, était censée faire son grand retour à la télévision avec Canterbury's Law sur la FOX. Elle y interprétait le rôle d'une avocate prête à mettre sa vie personnelle en péril pour défendre les cas les plus épineux. La série a fait un bide retentissant et n'a duré que le temps de six épisodes. Revoilà l'actrice deux ans plus tard dans un rôle presque similaire sur le papier, heureusement les deux séries n'ont pour seuls points communs que d'être judiciaires et centrées sur une femme forte. Son mari est joué par Chris Noth, le Mr Big de Carrie dans Sex & The City, également habitué de l'univers Law & Order avec son personnage de Mike Logan dans New York District et New York Section Criminelle. Parmi les personnages secondaires, on retrouve avec bonheur Christine Baranski (Cybill, Ugly Betty) et Mary Beth Peil, la merveilleuse grand-mère de Jen dans Dawson. Les noms de Josh Charles, Archie Panjabi et Matt Czuchry parlent moins mais ils sont là. La série est produite par Tony et Ridley Scott.

So What ?

     The Good Wife fait partie des quelques séries de la rentrée dont on a peu entendu parler car elle n'a pas créé de buzz particulier. Il faut dire qu'elle joue la carte de la sobriété à toute épreuve, tant dans la narration que dans la réalisation. Elle est presque académique et c'est ce qui la rend à la fois terriblement classieuse et mortellement ennuyeuse. Dans un paysage audiovisuel peuplé de séries qui se veulent innovantes et différentes, elle se démarque donc par sa simplicité et cela pourrait s'avérer payant. Elle est un mélange équilibré de procédural pure, avec le cas judiciaire de la semaine, et le feuilletonnant, autour du drame familial qui touche l'héroïne. Sans surprise, Julianna Margulies habite son rôle à la perfection. Son apparence d'une extrême froideur se fissure à chaque instant pour laisser entrevoir des qualités humaines indéniables et une force émotionnelle impressionnante. Les personnages secondaires manquent un peu de saveur pour l'heure mais le pilote ne cherche pas vraiment à les développer ou même à nous les rendre sympathiques. Nous les décrouvrirons sans doute au fur et à mesure et en même temps qu'Alicia qui n'en connaît pas encore la plupart. Les scénaristes ont décidé de prendre leur temps, un choix plutôt audacieux lorsque beaucoup d'autres séries vont à mille à l'heure, quitte à oublier d'approfondir leurs intrigues. On sent dès les premières minutes que l'on est face à un show intelligent qui ne sera pas forcément très divertissant.

En bref, The Good Wife a une classe folle mais, comme toutes les beautés froides, elle manque de chaleur, elle ennuie un peu et elle se prend trop au sérieux. Il faut qu'elle se lâche et qu'elle dévoile ses imperfections, cela ne la rendra que plus attachante auprès de ses admirateurs.


        // Bonus // Une bande-annonce comprenant une interview des acteurs...