02 octobre 2010

The Big C [1x 06]

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Taking Lumps //

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   A mesure que l'héroïne de The Big C s'ouvre au monde, le charme de la série disparaît. J'aimais bien sa solitude, il ne lui reste plus que le poids du mensonge. Enfin je ne vais pas non plus dire que je suis terriblement déçu et que j'ai passé un mauvais moment devant cet épisode. C'est juste qu'il manque le petit plus qui faisait jusqu'ici toute la différence. Il y avait sans doute trop d'intrigues dans cet épisode pour commencer. Les scénaristes n'ont pas pris le temps de les approfondir et de les sublimer. La liaison entre Cathy et le peintre au gros outil aurait mérité un peu plus que ça. Il y a un court dialogue qui a retenu mon attention (celui où elle dit qu'elle ne peut pas faire ça à Paul, qui est un homme bien qui ne l'aurait jamais trompée - et elle se trompe sans doute) mais c'est tout. En revanche, cette histoire ne va visiblement pas s'arrêter là et ça, ça me plaît. Je préfère mille fois voir Cathy avec n'importe quel autre homme que Paul. Je n'ai foncièrement rien contre lui mais il me dégoûte quand même un peu. Puis il n'est pas si drôle. Puis Cathy a besoin d'explorer une vie sans lui avant de mourir. Comptait-elle lui avouer son infidélité ou son cancer au moment où il lui avoue de son coté le handjob -qui n'en est pas un techniquement (c'était drôle ça) ? L'infidélité très certainement, ce qui rend sa réaction encore plus absurde mais tellement humaine...

  Cette histoire de course de baignoire m'a un peu saoulé. Disons que pour réunir tous les protagonistes, si c'était le but, ils auraient pu trouver mieux, plus significatif, plus fin. Comme dans les épisodes précédents quoi. Non, ce qui était amusant, c'est le comportement de Marlene. Elle passe son temps à râler mais elle est super heureuse d'être là, et le prouve quand elle applaudit à tout rompre la victoire des Jamison. Plus intéressant encore, ce court instant à la fin de l'épisode où son âge la rattrape. Elle a oublié de venir chercher Cathy à l'hôpital et elle constate qu'elle a laissé une pantoufle dans son frigo. Le désastre de la vieillesse. C'était super émouvant en quelques secondes seulement. Un moment de grâce dans cet épisode moyen. Par contre, je suis assez "content" que le cancer commence tout doucement à envahir la vie de Cathy autrement que dans l'idée, la menace abstraite. C'est plus crédible. On avait presque tendance à oublier depuis deux-trois épisodes que The Big C, c'est ça aussi.

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// Bilan // C'est un peu triste de constater que The Big C se complait dans une certaine facilité dans cet épisode. Elle vaut bien mieux que ça et l'a déjà prouvé.


23 septembre 2010

The Big C [1x 05]

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Blue-Eyed Iris // 71o ooo tlsp.

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   Je suis au regret de vous annoncer que The Big C ne réussira pas l'exploit d'avoir obtenu cinq épisodes à quatre étoiles consécutifs. Mais quatre épisodes à quatre étoiles consécutifs, c'est déjà énorme ! A vrai dire, j'ai pris autant de plaisir à suivre cet épisode que les précédents mais il lui manquait deux choses primordiales pour être parfait : de l'émotion (il y en avait à peine) et de la subtilité (il n'y en avait... pas). La première scène, lorsque Cathy découvre que son fils mate des films pornographiques, était digne de Desperate Housewives, si ce n'est que dans Desperate, on n'aurait pas eu le droit au son de la vidéo et les douces paroles qui allaient avec, et on n'aurait pas eu Laura Linney mais Teri Hatcher. L'effet est tout de suite très différent. Ca manquait d'originalité même si bien-sûr, c'était amusant. Je commence à avoir un peu de pitié pour Adam. Ca doit pas être facile tous les jours d'avoir une telle mère quand on a 15 ans... Après, il serait moins benêt aussi ! Dans le même genre, les scènes avec Paul n'étaient pas de grandes réussites. Le personnage n'arrive pas vraiment à provoquer de l'intérêt chez moi, juste quelques sourires. Il ne fait pas le poids à coté du médecin ou à coté du petit nouveau...

   Car petit nouveau il y a dans la vie de Cathy ! Idris Elba incarne donc celui qui va rappeler à l'héroïne qu'elle peut être sexy. Ce qui va l'amener où ? Chez l'esthéticienne ! Et là, rebelotte, on nous sert le passage classique de l'épilation du pubis avec des "Aïe", des "Ouille", des "Fuck" quand même, et, petite originalité : un fou rire ! Cathy quand elle est stressée, elle rit. Tout ça l'aménera finalement à jouir dans  sa salle de classe avec le bel Apollon. Son petit coup, elle l'a bien cherché et l'a bien mérité. Reste à savoir ce qui va advenir de cette histoire. Coup d'un jour ou pour toujours ? Je crois que la réponse est évidente mais c'est sans doute tout l'intérêt de la chose. Pendant ce temps-là, Andrea a fait des siennes et c'était encore à se pisser dessus; et le frère de Cathy nous a fait son show en compagnie d'une Marlene toujours aussi accueillante ! C'était super sympa. Est-il bien nécessaire de reléver la métaphore de la fleur qui embellit à mesure que Cathy s'épanouit ? Non hein. On va pas en parler. 

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// Bilan // Un Big "B" cette semaine, avec un "+" en plus.

16 septembre 2010

The Big C [1x 04]

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Playing The Cancer Car // 87o ooo tlsp.

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   The Big C est en passe de devenir la meilleure nouveauté de l'année 2010 à mes yeux. Réussir à faire quelque chose d'aussi fun et léger avec un sujet si grave et si triste, ça relève déjà de l'exploit. Beaucoup se sont cassées les dents avant elle. Mais le faire en plus avec autant de subilité dans l'écriture et dans le jeu, c'est juste brillant ! Showtime avait mis la barre haute avec United States Of Tara mais là, elle dépasse toutes les espérances. Ce quatrième épisode était peut-être le plus réussi de tous, le plus enthousiasmant. Ce que j'adore d'abord, c'est l'imprévisibilité totale dont fait preuve Cathy, et donc plus généralement la série. Ses heures passées aux cotés de son médecin, que je commence d'ailleurs à vraiment apprécier, étaient amusantes et pas seulement. C'était aussi très émouvant par moment. Je pense à ce plan dans la piscine, où le temps s'arrête pour Cathy comme elle en a toujours rêvé. Où le cancer disparaît aussi, ou plutôt se noie. C'est en tous cas ainsi que j'interpréte la présence du homard au fond de l'eau. Mais on peut le voir de d'autres manières, et c'est ce qui est intéressant. Un peu comme toutes ces oeuvres littéraires que l'on peut disséquer de mille façons.

   Même derrière l'achat impulsif de ce cabriolet rouge se cache une grande profondeur. On représente souvent dans la fiction la crise de la quarantaine ainsi, par l'achat d'une belle voiture. Mais ici, c'est plus que ça. C'est plus que la liberté. C'est une sorte de délivrance, même éphémère. Je ne sais pas, je trouve ça super beau. Ca me touche beaucoup. Le homard que l'on libère de son aquarium, c'était moins subtile mais c'était plus drôle. Tout comme ce chantage à l'argent. La scène d'ouverture m'a d'ailleurs frappé : effectivement, à quoi bon conserver tout cet argent dans les banques ? Et si l'on meurt demain, quand est-ce qu'on en profite ? C'est une autre philosophie de la vie. Plus épicurienne, déraisonnable. Mais qui a un charme fou. C'est aussi pour ça que The Big C excelle : elle parle à tout le monde, que l'on soit atteint ou non d'un cancer.

   Si le duo Cathy/Dr. Todd a fonctionné à merveille, nous laissant sur l'espoir qu'un jour prochain ils forment un couple (et le regard de Laura Linney lorsqu'il s'en va ne trompe pas sur ses doutes), les autres personnages s'en sortent plutôt bien à l'exception de Paul. Sa crise à lui, forcée, ne me touche pas du tout. Heureusement que sa groupie était marrante. Je comprends le besoin de développer le personnage un minimum alors patience, ça débouchera peut-être sur quelque chose de bien. En revanche, le frère est toujours au top ! Il me fait un peu penser à Andy de Weeds, le trip écolo en plus. Adam est assez discret dans cet épisode mais je regrette un peu qu'il soit aussi con. Ca entraîne des situations comiques, ici avec Marlene, mais je crains qu'il atteigne ses limites à un moment donné. Et je ne suis pas certain que l'acteur soit capable d'aller dans un registre plus grave. Mais tôt ou tard, il faudra bien... Un dernier mot sur Marlene justement : le plan où elle nourrit ses poissons était magnifique ! Vous n'avez pas eu l'impression qu'elle avait rajeuni de 15 ans l'espace d'un instant ? C'est peut-être moi qui divague mais j'ai eu cette impression là et c'était joli.

   Mais la pluie...   

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// Bilan // Vous qui lisez cette review de The Big C sans regarder la série : vous devriez avoir honte ! Vous ratez quelque chose de grand.

07 septembre 2010

The Big C [1x 03]

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There's No "C" In Team // 88o ooo tlsp.

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   De mémoire, il me semble que The Big C vient de réaliser un record sur DNES : celui de la nouvelle série qui réussit à enchaîner trois épisodes à quatre étoiles dès son lancement ! Beau record donc qui, peut-être, se poursuivra la semaine prochaine avec l'épisode 4. En attendant, j'ai décidé de ne pas parler du jeu de Laura Linney, toujours parfait, dans cette review, parce qu'elle doit avoir les oreilles qui sifflent et les chevilles qui enflent. Je préfère évoquer la prestation de Gabourey Sidibé, qui m'éclate. Pour le moment, elle n'est utilisée que comme ressort comique mais elle fait ça si bien qu'il serait incensé de s'en plaindre ! Elle a un potentiel émotionnel fort, comme elle l'a prouvé dans Precious, et il sera certainement exploité en temps et en heure. Le passage relativement dégoûtant sur la fabrication des mini-saucisses (dont je rafolle par ailleurs - et je dirais même qu'un apéritif sans mini-saucisses, c'est comme la terre sans eau, ou un corps humain sans un coeur... ce n'est pas viable) était très amusant. C'était aussi l'occasion de creuser un peu plus le personnage du frère, assez intéressant au demeurant, et de sa copine, drôle à son insu. Ils vont bien ensemble même si le premier baiser est un peu choquant. On n'a pas tellement l'habitude de voir un clochard s'acoquiner avec une demoiselle. C'est presque aussi sale qu'un père qui embrasse sa fille sur la bouche vous voyez. Mais The Big C réussit à le faire passer comme une lettre à la Poste.

     Le thème de la solitude, finalement assez banal, a été traité avec une grande justesse et amené avec subtilité. L'image du tandem avait quelque chose de très poétique et de très émouvant. Cathy faisait peine à voir pendant son repas avec un verre de vin pour seul compagnon. On pourrait lui reprocher d'avoir presque choisi cette solitude en ne révélant pas son secret à ses proches mais on ne va pas revenir là-dessus : l'angle choisi est infiniment plus original et risqué. Et jusqu'ici, ça paie. Le vernis craque malgré tout puisque la voisine acariâtre est la première à découvrir, grâce à son chien Thomas (je me rappelle du nom de son chien mais pas du sien... ah oui, Marlene !) que Cathy a un cancer. Voilà qui devrait cimenter leur amitié quoiqu'elles en disent. C'était tout de même nécessaire que l'héroïne puisse s'épancher au moins auprès d'une personne. Et le groupe de paroles, c'est clairement pas son truc. Il faut dire que quand on voit comment celui où elle se rend présente le cancer, l'envie de fuir est plus forte que tout quand il nous reste encore un minimum de lucidité. Je ne suis pas certain que ce soit très intelligent de tourner en dérision ce système qui, dans la vraie vie, est important pour un malade mais bon... A part ça, je suis toujours très fan des scènes entre Cathy et son mari. La déclaration d'amour de ce dernier était drôlement maladroite mais poignante. Alors que l'on adopte continuellement le point de vue de Cathy, on décroche forcément à ce moment-là en se disant que, peut-être, Cathy n'est pas aussi bonne qu'on le voudrait. 

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// Bilan // The Big C est la perfection faite série.

30 août 2010

The Big C [1x 02]

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Summer Time // 1 o7o ooo tlsp.

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   Lorsqu'un pilote nous souffle, on a toujours peur que le deuxième épisode ne soit pas à la hauteur. Et dans 90% des cas, il ne l'est effectivement pas. Pas avec The Big C. J'ai été traversé à nouveau par le même enthousiasme et la même émotion. Je risque de me répéter énormément dans les prochaines reviews mais je tiens à le dire : Laura Linney est époustouflante. Il se passe un milliard de choses dans le plus simple de ses sourires. Et ils ne se ressemblent jamais. Madame sait s'adapter à la situation. Normal, madame est une grande actrice et il est temps que le monde entier s'en rende compte. Ce rôle lui colle à la peau. Il l'inspire. Et puis on ressent son bonheur de jouer. C'est communicatif. The Big C ne m'offre pas ce que j'attendais. Je me doutais qu'il ne s'agirait pas d'une série déprimante comme beaucoup ont pu le craindre, mais je ne pensais pas qu'elle me donnerait à ce point le sourire...

   J'avais quelques réserves quant au fait que Cathy choisisse de ne pas révéler tout de suite son cancer à ses proches. Je n'en ai plus. J'ai saisi la nuance et tout l'intérêt : ce qu'elle veut par dessus tout c'est profiter de la vie, la vie de tous les jours, la vie simple, la vie qu'elle aurait dû avoir si elle ne s'était pas laissée aller, si elle l'avait prise à bras-le-corps; et à partir du moment où elle annoncera sa maladie, on ne la traitera plus comme une femme normale mais bien comme une malade. Et alors, elle ne profitera plus de rien car elle ne lira que de la tristesse et de la pitié dans les yeux de ceux qui l'entourent. Elle a donc encore plus de mérite et de courage. Notamment quand elle bataille avec son fils pour qu'il reste près d'elle car elle sait que cet été-là est peut-être son dernier sur cette Terre. Elle s'expose à sa rage et à sa haine mais comme elle le dit : elle sait qu'il l'aime et qu'il l'aimera quoi qu'il arrive au bout du compte. Le message final peut paraître facile mais il est présenté au sein de la série de manière subtile. C'est moins qui suis facile. Et Dieu que cette série est subtile !

   Si sa copine de Showtime Tara a de multiples personnalités, Cathy n'est pas en reste. Elle est multi-facettes et chacun des protagonistes qui gravitent autour d'elle en représente une. Elle est la mère, je l'ai déjà évoqué; mais elle est aussi la femme, et son duo atypique avec son mari fonctionne à merveille, plus encore dans cet épisode que dans le pilote. Elle est la soeur, "judgmental" mais bienveillante car ce n'est pas incompatible. Là encore, le duo est plus que convaincant. Individuellement, lui ne serait peut-être pas très intéressant mais avec elle, c'est l'alchimie parfaite. Je note que c'est le premier clodo que je trouve désirable. Sans doute parce qu'on nous épargne l'odeur, de fait. Cathy est aussi une éducatrice et c'est peut-être là que ça coince si l'on veut être tâtillon. Elle adopte plus ou moins les mêmes méthodes avec Andrea qu'avec son fils. Où est la valeur ajoutée ? Quoiqu'il en soit, Gabourey Sidibe m'éclate ! C'était très marrant de la voir débarquer à chaque fois avec sa boisson fluo ou son paquet de chips. La course-poursuite façon Paintball était pas mal non plus. C'était délirant mais pas au point d'être ridicule. Enfin, Cathy est une voisine future-amie en devenir. Ses rapports avec Marlene restent difficiles mais la mégère finira par se laisser apprivoiser à coup sûr ! Mais une vraie amie de Cathy manque quand même un peu au tableau. J'attends Cynhtia Nixon de pied ferme.   

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// Bilan // "I Want To Do It In The Grass" "What ? You Want Me To Do You In The Ass ?!" Brilliant !

18 août 2010

The Big C [Pilot]

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Pilot // 1 55o ooo tlsp.

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What About ?

Cathy Jamison, une mère de famille tout ce qu'il y a de plus normale, professeur dans un lycée, apprend qu'elle est atteinte d'un cancer en phase terminale. Il ne lui reste plus qu'un an à vivre et elle compte bien en profiter pour devenir celle qu'a toujours voulu être, ou celle qu'elle a été mais qu'elle a perdu sur son trajet...

So What ?

Après Weeds, United States Of Tara et Nurse Jackie, Showtime continue de creuser un sillon qui lui réussit : celui de la dramédie centrée sur un quarantenaire à qui il arrive des petites et grandes bricoles, entre préoccupations du quotidien et coups de folie passagers. The Big C aurait pu faire redite mais son pilote est trop bien écrit pour cela. Laura Linney ne s'y est pas trompée en acceptant ce rôle qui lui sied à ravir. Il faut dire que l'actrice a le nez creux, que ce soit au cinéma (The Truman Show, Peur Primale, La Famille Savage, Love Actually, Mystic River) ou à la télévision (Les Chroniques de San-Francisco, Frasier, John Adams). Cathy est un personnage attachant dès le premier instant, dès la première scène, et aucune autre scène tout au long des 28 minutes que dure pilote ne viendra perturber ce fait établi. La prestation de l'actrice, toute en finesse, en accord avec l'écriture ciselée des dialogues, ne peut qu'être récompensée par une pluie de nominations aux futures grandes cérémonies. Elle est parfaite. Il est même inutile d'en débattre tant il s'agit d'une évidence. Et elle est radieuse avec ses rides, ses hanches et ses beaux seins aux contours divins.

Quand on pense cancer, on pense à la mort. Forcément. Ne dit-on pas que c'est la maladie du siècle et qu'on en mourra tous, d'une façon ou d'une autre, un jour ? C'est sans doute pour cela et parce que des tas de cas similaires nous entourent que la série résonne comme une réalité qu'il nous faut accepter. C'est exactement ce que fait Cathy et son élan d'amour soudain pour la vie en est la parfaite illustration. On prend plaisir à la voir s'illuminer là où d'autres se seraient effondrés. La bonne idée des scénaristes -quoiqu'ils n'en ont pas eu qu'une- c'est d'éviter d'emblée la scène de l'annonce de la maladie. On y assiste mais de manière subtilement détournée dans les dernières minutes du pilote. A aucun moment on ne tombe dans le pathos. Même la dernière scène, qui s'annonçait pourtant belle mais plombante, réussit simplement à être touchante et amusante. Le juste équilibre entre rires et larmes ne nous lâche pas d'un passage à un autre, d'une rencontre à une autre, et il se dégage une grande simplicité de ce rythme effrené. Tous les personnages secondaires, du mari grossier et immature au fils qui l'est tout autant en passant par l'élève rebelle (géniale Gabourey "Precious" Sidibé) et le frère révolté, constituent une matière consistante et prometteuse pour la suite des événements. A la limite, il n'y a que le médecin qui ne m'inspire pas grand chose. Et je suis déjà fan de la voisine (incarnée par Phyllis Somerville) qui, par effet de miroir inversé, n'attend qu'une chose : quitter ce monde et rejoindre ceux qu'elle aime. Une belle amitié devrait naître entre les deux femmes. Encore une bonne raison, comme s'il en fallait une autre, pour poursuivre l'aventure avec Cathy.

En bref, le pilote de The Big C est un beau bijou d'humour noir, efficace, très accessible mais exigeant. Après cela, qui oserait dire qu'il n'a pas envie de passer l'été aux cotés de Cathy ? Et puis l'automne, l'hiver et le printemps, avant qu'elle ne nous quitte déjà. Heureusement que les saisons télévisuelles peuvent durer des années...