17 mars 2014

How I Met Your Dad [Pilot Script]

20443690 (1)

BTS Group Cast Photo_FULL

HOW I MET YOUR DAD

Comédie (hybride) // 22 minutes

44030376-bis

Ecrit par Craig Thomas & Carter Bays (How I Met Your Mother, The Goodwin Games) & Emily Spivey (Up All Night, Saturday Night Live). Réalisé par Pamela Fryman (How I Met Your Mother, Frasier). Pour CBS, 20th Century FOX Television, Bays-Thomas Productions. 48 pages.

Sally se remémore ses jeunes années, lorsqu'elle était déjà une divorcée, de nouveau célibataire. Elle raconte à ses enfants avec nostalgie et un sens extrême de la précision ses moments d'égarements et de troubles, ses rencontres et sa recherche effrénée du Grand Amour, ainsi que les facéties de sa bande d'amis...

Avec Greta Gerwig (Frances Ha, Greenberg, Sex Friends), Drew Tarver, Krysta Rodriguez (Smash), Nick d'Agosto (Masters Of Sex, Heroes), Andrew Santino (Mixology)...

 

MAJ !

   "And that Kid is the story of How I met your Uncle Frank" ! Ils l'ont fait ! Alors que le tournage du pilote de How I Met Your Dad à New York est imminent, CBS, la production et les scénaristes ont finalement décidé de ne pas faire de Frank le père des enfants de Sally. Très modestement, je pense qu'ils ont lu mon cri de désespoir. Ce n'est plus lui le "dad", mais l'oncle, comme Robin était annoncée comme la tante des enfants de Ted dès le pilote de How I Met Your Mother. Et c'est mille fois mieux comme ça, même si l'on aurait préféré qu'ils trouvent un twist plus novateur. Du coup, je change le nombre d'étoiles : elles passent de 2 à 2,5.

   Le casting est désormais au complet. Je suis déçu par le choix de Krysta Rodriguez pour le rôle de Juliet, étant donné que je détestais son personnage dans Smash, mais on va lui donner le bénéfice du doute. Andrew Santino n'est vraiment pas le meilleur élement de Mixology, mais dans un rôle totalement opposé ici, pourquoi pas ? Et j'ai par contre un gros faible pour Nick d'Agosto, charmant et excellent dans Masters Of Sex (dont il ne sera plus que récurrent en saison 2 malheureusement). Je me trompe peut-être mais j'ai l'impression que ce spin-off est sur la bonne voie, qu'il verra le jour. Et je suis vraiment curieux de le découvrir. Il est possible qu'il soit réussi. Oui oui !

-----------

   Le voilà, le spin-off de How I Met Your Mother. Inévitable après le succès de la série mère, toujours au top dans les audiences au bout de neuf ans. On a souvent reproché à CBS de trop tirer sur la corde, et il est indéniable que les dernières saisons de la sitcom étaient bien moins bonnes que les premières. Elle s'est d'ailleurs transformée peu à peu en dramédie, ses moments d'émotion devenant plus forts que ses moments de délire. Mais force est de constater qu'on est resté jusqu'au bout malgré ses hauts et ses nombreux bas. On quittera la petite bande le 31 mars prochain avec soulagement mais tristesse et nostalgie aussi. Elle a su en partie combler l'absence de Friends. Rien que pour ça, elle a bien du mérite. L'idée même de nous relancer dans une aventure qui pourrait éventuellement durer à nouveau une petite dizaine d'années nous effraie forcément. On est même assez nombreux à la rejeter totalement. Mais on sait aussi très bien que l'on répondra présent à la rentrée pour découvrir How I Met Your Dad si elle est bel et bien commandée. Ne serait-ce que par curiosité. Bref, CBS aurait bien tort de s'en priver...

   Point de lien quelconque avec How I Met Your Mother dans How I Met Your Dad. Non, les enfants de Ted n'apparaissent pas, pas de clin d'oeil non plus à la petite bande. Et même le MacLaren ne semble pas au rendez-vous. Parmi les principaux décors, il y a bien un bar. Mais il ne porte pas de nom dans le script. Peut-être que ça changera. C'est presque à se demander pourquoi ça se passe aussi à New York. Tant qu'à faire, ils auraient pu choisir une autre ville. Au bout du compte, parler de spin-off est presque une erreur. Le même concept est en tout cas décliné. Et encore. Pas tout à fait. Mais j'y reviendrai plus tard, kids. Comme on pouvait s'y attendre, le pilote commence donc sur un plan de New York la nuit puis la voix de la narratrice annonce : "Kids, this is the story of how I met your dad. The story starts in 2014, when I was 27 years old (...)". On découvre au passage qu'elle est devenue une cuisinière surbookée, respectée, renommée, médaillée, même consacrée "Woman of the year". Tout l'inverse de ce qu'elle est à 27 ans : une fille perdue, bordélique, excentrique. On se prend assez rapidement de sympathie pour elle. Peut-être parce que j'ai eu le sentiment que cette héroïne se rapprochait un peu de Robin Scherbatzky quelque part. Plutôt malin de la part des créateurs, ils doivent bien savoir que c'est elle la chouchoute du public. C'est elle qui nous manquera le plus. Ah... Cobie Smulders... Cela dit, en courtisant et en réussisant à avoir Greta Gerwig pour le rôle de Sally, ils ont au moins réussi leur pari de miser sur une actrice peu connue par le grand public mais au potentiel énorme. Tous ceux qui l'ont vue dans un de ses films le savent : cette fille vaut de l'or ! Bref, mes réserves concernant la sitcom ne viennent pas tellement de son héroïne.

   On prend plaisir à suivre ses premières tribulations qui consistent en grande partie à réaliser que son mariage est un gros raté, que son mari, lui-même, sans être un gros raté n'est vraiment pas fait pour elle. Au sujet de celui-ci, prénommé Gavin, on ne comprend pas bien s'il fait partie du casting régulier de la série ou s'il reviendra juste de temps en temps. Je penche pour la deuxième solution. L'épisode fonctionne comme du HIMYM classique : de courts flashbacks dans tous les sens, sur l'enfance, sur l'adolescence ou le très récent passé de Sally; une ribambelle de photos dévoilant une soirée mémorable de Sally et sa meilleure amie, Juliet... Tout ces petits trucs auxquels on est habitués maintenant. Rien de nouveau à l'horizon du point de vue de la narration et de la structure. Personne ne s'attendait à une quelconque révolution de toute façon. Mais là où, pour moi, une grosse grosse erreur est commise, et elle a certainement dû soulever beaucoup de débats chez les scénaristes, chez CBS aussi je suppose : l'identité du fameux "Dad" nous est révélée en guise de cliffhanger. Oui, vous avez bien lu. En fait, dans ce premier épisode, Juliet tient absolument à ce que Sally couche avec un homme le justifiant ainsi : "Breakups are like kidnappings: The first forty eight hours are crucial. You gotta blow up the bridge behind you! And the only way to do it is by doing it...with a dude. Fast. Nail it and bail it". Elle lui présente donc un informaticien super geek qu'elle vient de relooker -parce que sa passion, c'est la mode- et ils ne couchent évidemment pas ensemble parce que ça ne se passe pas très bien; elle lui demande qu'ils restent amis et il intègre ainsi la bande... et la narratrice nous annonce au final en 2044 que le père de ses enfants, en fait, c'est lui ! Voilà, voilà. Donc la réponse à "How I Met Your Dad" est donnée dans le pilote ! A quoi bon en faire toute une série alors ? Je ne comprends pas le pourquoi du comment de ce choix. J'ai même relu plusieurs fois pour être bien sûr que j'avais tout compris. Mais oui, je vous le confirme. C'est très clair ! D'autant qu'il est précisé que les enfants ressemblent vaguement à Frank, le fameux "Dad". Hum. Seule explication possible : ils voulaient prendre le contrepied de la fin du pilote de HIMYM où l'on apprend que Robin n'est PAS la mère des enfants de Ted. Mouais.

   Bon. Au-delà de ça, j'ai pris plutôt plaisir à lire ce script parce que le reste fonctionne. La mécanique est super bien huilée et les personnages sont immédiatement sympathiques et changent pas mal de nos chers Barney, Lily, Marshall... Laissez-moi vous les présenter plus en détails. Nous avons donc Frank, je ne reviendrais pas là-dessus. Je n'en suis pas très fan. Mais aussi Juliet. Dans la première scène où on la découvre, elle est déguisée en Crystal Carrington de Dynasty. Elle vient de signer un contrat pour un site internet qui va révolutionner le monde, selon la narratrice. On ne sait pas bien si elle est sérieuse quand elle dit ça. Et s'il fallait vraiment faire une comparaison, alors oui, Juliet est la Barney de HIMYD. Elle est délurée, elle ne pense qu'à faire la fête le jour et surtout la nuit, elle boit comme un trou, elle enchaîne les mecs... et elle a définitivement les meilleures répliques de ce pilote ! Côté casting, j'imagine très bien Becki Newton dans le rôle. Puisqu'elle a déjà bossé à deux reprises avec les créateurs, ce ne serait pas super étonnant ! C'est en tout cas comme ça que je me la suis représentée en lisant. Puis il y a deux autres personnages masculins... qui forment un couple ! Le premier, Danny, est le frère de Sally. Il est très sérieux, coincé même, il a 120 ans dans sa tête, il est obsédé par la propreté. Bref, il vit mal l'arrivée de sa soeur chez lui le temps qu'elle trouve un appartement. Et un job. Elle est tout son contraire ! L'objectif va donc être de le dévergonder. Son mari, Todd, est beaucoup plus chaleureux, vivant, facétieux et il était le meilleur pote de Sally à la fac. C'est elle qui les a fait se rencontrer et, curieusement, ça a marché. Ils sont sur le point d'accueillir un petit bébé dans leur foyer. SPOILER ALERT! La maman se rétracte au dernier moment et le garde pour elle. Moment d'émotion à la clé. Qui ne fonctionnera probablement pas trop puisque ça arrive trop tôt, avant que l'on soit vraiment attachés à eux. Ils auraient dû attendre quelques épisodes à mon avis. Les dynamiques des duos de personnages sont efficaces (Sally et Juliet / Sally et Todd / Sally et Danny / Danny et Todd), impossible en revanche de se prononcer sur la dynamique de groupe étant donné qu'ils ne sont tous ensemble qu'à la toute fin ! Et de toute façon, l'alchimie entre les acteurs y sera pour beaucoup dans la réussite ou non de l'entreprise, comme toujours avec les sitcoms. Reste à voir ce qu'ils vont faire de Frank. Rappelons que Robin, au début, était aussi une pièce rapportée.

   How I Met Your Dad débute avec un poids immense sur les épaules, un héritage lourd à porter à bien des égards, et s'en tire finalement plutôt pas mal sur ce seul pilote. Le groupe constitué est différent et prometteur. Trop tôt pour dire qu'il est attachant, mais on a franchement envie de les suivre. Sally est une héroïne de prime abord plus attirante que Ted, mais pas nécessairement plus intéressante en revanche. Définitivement, ce spin-off est plus girly, plus gay-friendly aussi, et j'ai comme le sentiment qu'une partie du public de HIMYM ne va pas s'y retrouver. Mais il fallait bien se démarquer de l'originale d'une manière ou d'une autre. Reste cet énorme problème de la quête du père, immédiatement ruinée. LA mauvaise idée qui risque bien de tout faire capoter...


16 mars 2014

Tin Man [Pilot Script]

20443688 (2)

TIN MAN

Drama // 42 minutes

44030376-bis

Ecrit par Ehren Krugen (Scream 3, The Ring 1 & 2, Transformers 2,3,4,5). Produit par John Glenn (L'oeil du mal). Réalisé par D.J. Caruso (Paranoïak, Numéro Quatre). Pour NBC, Universal Television & John Glenn Entertainment. 55 pages.

Dans un futur proche où les robots sont partout dans la société à différents postes, l'un d'entre eux, Adam Sentry, le premier prototype d'une génération plus vraie que nature, est accusé du meurtre de son créateur, Charles Vale. Une avocate commise d'office -humaine- se charge de sa défense à sa demande. Une conspiration semble être marche. Les robots seraient-ils en train de se révolter contre l'humanité ?

Avec Patrick Heusinger (Gossip Girl, Royal Pains), Kristen Connolly (La cabane dans les bois, House Of Cards), Vondie Curtis-Hall (Roméo+Juliette, Chicago Hope), Tim Chiou, Shaun Toub (Homeland), Kathleen York (Desperate Housewives, The Client List), Kara Killmer... 

 

    On a cru l'an passé la mode des robots enclenchée, mais aucun projet tournant autour du sujet n'est passé à la vitesse supérieure à l'exception d'Almost Human, un semi-échec (que j'avais plus ou moins prédis dans ma critique du pilote) qui a préféré privilégier le procédural à la mythologie, au grand dam de ceux, comme moi, qui espéraient un nouveau Fringe. Pendant ce temps-là, très bizarrement, aucune version US de la suédoise Real Humans n'est -officiellement- en développement. Pourtant, son petit côté Desperate Housewives aurait dû séduire les Américains ! Pour la saison 2014/2015, il n'y a à nouveau qu'un seul projet dans cet esprit -en dehors d'Extant, attendue sur CBS cet été (la review)- Tin Man pour NBC. Ses chances d'être commandée en série me paraissent assez fines. La série s'annonce coûteuse et pas hyper grand public. Mais elle a ce que Almost Human n'avait pas : une mythologie, la promesse de feuilletonnant et un aspect procédural très léger. Le grand luxe.

   L'univers dans lequel Tin Man nous plonge n'est pas si différent du nôtre, à l'exception de ces lignées de robots qui sont partout et qui jouent un véritable rôle dans la société, tel des esclaves non-humains. Il y a ceux, comme le héros, qui nous ressemblent à s'y méprendre, ce qui va provoquer quelques couacs en début de pilote. Les policiers ignorant qu'Adam est un robot, ils le traitent juridiquement comme un citoyen. Quand ils découvrent qu'il a une jauge de batterie clignotante sous sa chemise, les ennuies commencent pour tout le monde. A-t-il droit à un procès ? Si oui, en quel honneur ? La loi n'a évidemment rien prévu pour ça puisque jamais un robot n'aurait dû tuer qui que ce soit. Cela soulève de questions éthiques intéressantes, à mettre en parallèle avec le passé -quand les noirs n'avaient pas le droit de vote par exemple, ni aucun autre droit d'ailleurs- mais aussi le présent et un probable futur. Ce qui se déroule ici semble en effet crédible, même si on en est encore loin. Il y a d'autres types de robots : les "True Companions", des jeunes femmes qui n'ont aucun autre but que de donner du plaisir à leur employeur -des putes inépuisables quoi, tant que vous rechargez leur batterie- les "Ultra Legals", des mi-secrétaires mi-avocats qui gérent toute la paperasse des tribunaux grâce aux codes civils intégrés dans leur intelligence artificielle, les "Blue Collars", la première génération de robots qui a vieilli et qui sert maintenant de coursiers, routiers... ou encore les "Fridays", des cyborgs au visage humain dont la fonction n'est pas précisée, et les "Spiders", des serviteurs multi-tâches. Le scénariste a ainsi imaginé un univers riche qui ne demande qu'à être exploité.

   Le défaut du pilote, c'est qu'il ne donne vraiment pas d'idée sur ce à quoi vont ressembler les épisodes suivants. Pire que cela, il ne donne pas le sentiment que la série a possiblement 4 ou 5 saisons sous le capot. En dehors des deux personnages principaux, on dirait que tous les autres ne sont que de passage. Sur le long terme, si les scénaristes doivent se débrouiller avec eux, ça va être compliqué. Les deux flics n'ont pas grand chose à faire ici, quoique l'un des deux est au centre de la scène d'ouverture et au centre de la scène de fermeture, un pseudo cliffhanger qui rate ses effets. Pourquoi ? On a un peu de mal à le comprendre à ce stade. L'ennemi étant invisible dans ce pilote, il y a au moins l'envie de connaître son identité qui pourrait pousser le téléspectateur à revenir mais le scénariste ménage un peu trop ses effets à mon goût. Il donne trop peu. Au final, on sent vaguement qu'un truc énorme se prépare. On aurait préféré en avoir le coeur net.

   Tin Man coûterait sans doute trop cher pour une chaîne comme SyFy, mais c'est pourtant là-bas qu'elle semble davantage avoir sa place. Ce pilote est intriguant, intelligent, relativement efficace en tant qu'unité, mais il donne pas l'impression d'être la première pièce d'une grande oeuvre. Tout au plus le bon premier épisode d'une mini-série qui en compterait six.

Posté par LullabyBoy à 14:20 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

14 mars 2014

Lifesaver [Pilot Script]

20443688 (2)

LIFESAVER

Comédie (multi-caméra) // 22 minutes

44030375_p

Ecrit par Wil Calhoun (Ce que j'aime chez toi, Whitney). Produit par Peter Traugott (Samantha Who?, Do No Harm). Pour NBC, TBD Entertainment & Universal Television. Pour 55 pages. 

 Un médecin malade se fait sauver la vie par un cousin lointain, qu'il n'avait jamais rencontré auparavant. Celui-ci accepte généreusement de lui donner un rein. Il ne lui demande rien en contrepartie, mais il va très vite se révéler envahissant et embarrassant. Et il est désormais impossible de le mettre à la porte...

Avec Christian Borle (Smash), Jonathan Ryland (The Syndicate), Linsday Price (Beverly Hills, Lipstick Jungle), Harriet Sansom Harris (Desperate Housewives), Chris Butler (The Good Wife)...

 

   Je suis confus. Je ne comprends pas. Ai-je perdu tout sens de l’humour ? Comment se fait-il que ce script qui ne m’a strictement pas fait rire une seule fois et vaguement fait sourire deux ou trois fois ait pu obtenir une commande de pilote de la part de NBC ? On sait la chaîne désespérée coté comédie mais de là à prendre tout et n'importe quoi... Le scénariste et le producteur les ont menacés, le couteau sous la gorge ? Je ne vois que ça.

   Rien qu'en lisant le pitch, on comprend que l'on n'a pas affaire à un chef d'oeuvre. Le point de départ est extrêmement limité et n'est qu'un prétexte à réunir un "Odd Couple" (expression consacrée, liée à la sitcom culte du même nom dont Matthew Perry prépare un remake pour CBS) soit deux personnages totalement opposés que le destin a mis sur le même chemin. Un bon exemple récent, c'est 2 Broke Girls. Et ça marche du tonnerre ! Je ne vois pas comment Lifesaver pourrait fonctionner. Et vu la pauvreté de la distribution assemblée par NBC, rien ne semble pouvoir la sauver. J'ai rien contre Christian Borle. C'est un bon acteur. Mais il ne transpire pas le génie comique, il n'a pas un charisme de dingue, il ne peut même pas se rattraper sur le physique et pardon de dire ça : il est gay et ça se voit ! Alors peut-être qu'il exagérait le trait dans Smash. Mais là, je le vois mal se faire passer pour un hétéro en restant crédible. Avec Linsday Price en plus ? Elle va ressembler à une BFF, c'est tout. Il est encore tant de faire des modifs dans le scénario remarque ! Le seul truc cool, c'est Harriet Sansom Harris dans le rôle de la mère du héros. Vous la connaissez, c'est l'inénarrable et machiavélique Felicia Tilman de Desperate ! Elle peut amplement faire le job et relever le niveau. De là à faire des miracles, non. Impossible. Je n'ai pas d'avis sur Jonathan Ryland, l'autre moitié du "couple étrange", mais son personnage est INSUPPORTABLE. Il dit de la merde, il fait de la merde, il est lourd de chez lourd et pas amusant un seul instant ! Attachant ? Même pas ! Et comme il a en face de lui un mec hyper coincé tout aussi agaçant mais dans un autre style, il y a comme un choc de la lourdeur qui rend le pilote totalement indigeste. Il y a tout un gag autour d'une voiture qu'il leur faut chercher à la fourrière parce qu'une montre de très grande valeur sentimentale y est cachée. Sérieusement ? Ca c'est l'intrigue d'un mauvais épisode perdu quelque part au cours d'une saison moyenne. C'est pas l'intrigue d'un pilote ! Enfin bref, tout ou presque est à jeter.

   Lifesaver ? Sauve qui peut ! Je ne veux plus jamais entendre parler de ce pilote. 

Posté par LullabyBoy à 23:12 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
Tags : , ,

13 mars 2014

Empire [Pilot Script]

20443694 (1)

EMPIRE

Drama // 42 minutes

44030377

Ecrit, produit et réalisé par Lee Daniels (Precious, Paperboy, Le Majordome). Co-créé et co-produit par Danny Strong (Game Change, Le Majordome, Hunger Games : la révolte). Co-produit par Timbaland. Pour FOX, 20th Century FOX Television & Imagine Television. 64 pages.

Lucious Lyon, ancienne star du hip-hop, est devenu en l'espace d'une vingtaine d'années l'un des plus riches producteurs de disques Américains. Atteint d'une grave maladie, ses jours sont comptés. Il ne lui reste donc plus beaucoup de temps pour désigner son successeur parmi ses trois fils. Deux sont des artistes débutants, très différents mais soudés, tandis que le troisième est un homme d'affaire prêt à tout pour obtenir la position qu'il croit lui revenir de droit. Alors que la famille est sur le point de se déchirer, Cookie, la matriarche, en prison depuis 20 ans, retourne parmi les siens et sème encore un peu plus le touble. Elle a des comptes à régler et une vengeance à assouvir...

Avec Terrence Howard (Iron Man, Prisoners, Los Angeles Police Judiciaire), Taraji P. Henson (Person Of Interest, Boston Justice), Jussie Smollett, Bryshere Y. Gray, Trai Byer (90210), Malik Yoba (Rasta Rockett, Alphas), Kaitlin Doubleday (Cavemen), Grace Gealey et la participation de Gabourey Sidibé (Precious, The Big C).

 

   La télévision ne sait plus comment réinventer le soap. Et ça se comprend : le meilleur a déjà été fait, de Dynastie à Dallas en passant par Côte Ouest et Melrose Place. L'an dernier, NBC misait sur le classique mais prometteur Hatfields & McCoys, qui n'a pas été commandé en série. ABC tentait Venice, un sous Newport Beach déjà vu all over again. Pas de commande en série non plus. Pendant ce temps-là, Revenge essaye d'être un bon soap depuis trois ans mais n'y parvient pas, Nashville se soapise toujours un peu plus avec une relative aisance et Dallas, la nouvelle version, est bien loin devant ses concurrentes, éternelle. Les networks n'abandonnent pas l'idée de trouver LE bon projet. On a déjà parlé de Sea Of Fire chez ABC, de Salvation chez NBC, deux belles propositions, et voici Empire, qui se débrouille très bien et avec encore plus d'originalité que les deux autres. Si les trois venaient à être validés, on pourrait parler d'une tentative de renaissance du genre et ça ferait du bien...

   La première originalité évidente d'Empire, c'est qu'elle s'attaque à un univers peu visité à la télévision : celui du hip-hop. Starz va tenter le coup avec Power, produit par 50 Cent, mais il ne s'agit pas d'un soap à proprement parlé. Là, on est en plein dedans, avec les ingrédients habituels : des coups bas, des trahisons, des vengeances, du chantage, du sexe, du meurtre, le tout en famille, parce que c'est toujours plus rigolo comme ça. Et le monde de la musique n'est pas qu'un prétexte, une toile de fond. Il fait partie intégrante de la série. Des numéros musicaux sont d'ailleurs prévus (trois environ dans ce pilote), assurés côté production par l'équipe de Timbaland (un peu has-been mais néanmoins experte). Différentes problématiques sont abordées, comme la difficulté d'être riche ET noir dans ce pays où ce n'est pas la norme, d'être rappeur ET gay dans un milieu encore plus homophobe que n'importe quel autre, d'être une ancienne gloire qui tente de rester dans le coup, d'être un débutant avec un nom célèbre mais qui doit quand même faire ses preuves comme n'importe quel autre, de faire partie d'une famille d'artiste sans en être un soi-même... Ce pilote fourmille de pistes intéressantes pour la suite et va au-delà du simple guilty-pleasure qui consiste à empiler les rebondissements. Empire aurait pu naître sur FX au fond, elle y aurait eu sa place. Elle dégage une grosse énergie masculine -hip hop oblige- elle s'appuie sur peu de personnages féminins mais celles qui sont là sont bien là : elles sont fortes et elles savent exactement comment se faire entendre, sans forcément utiliser leurs charmes pour cela. Et puis il y a quand même du sexe pas très network-friendly, l'un des frères ayant recours aux services d'une prostituée aux seins énormes, avec qui il converse tout en lui suçant les têtons. Pendant ce temps, elle lui carresse la tête en lui demandant : "Tell me I’m your mama!". C'est weird.

    Le personnage du père est absolument détestable, et de plus en plus au fur et à mesure. Il manipule tout le monde sans scrupules, c'est lui qui a fait envoyer sa femme en prison par exemple. Mais c'est aussi un meurtrier : il a tué par le passé et il tue dans ce pilote à nouveau. La mère est absolument géniale. Chacune de ses scènes est jouissive. Elle a un humour décapant. Elle a aussi quelques séquences très émouvantes. Les trois frères sont quant à eux suffisamment différents pour qu'on ne les confonde pas  mais c'est Jamal, le plus jeune, qui sort indéniablement du lot et qui a le plus de temps d'antenne. C'est lui qui est gay, en couple, et c'est un petit génie de la musique. Le seul frein pour que sa carrière décolle, c'est son père. Lui préfère miser sur son autre frère, Hakeem, qui est hétéro, pas aussi talentueux mais qui se débrouille bien. Papa Lucious est homophobe de chez homophobe et interdit à son fils de faire un coming-out public. Il y a deux scènes de flashback lorsque Jamal était enfant qui sont absolument bouleversantes et tout à fait horribles à la fois. Le troisième frère est à peu près aussi mauvais que son père mais il est en cours d'apprentissage. Sa femme, une pimbêche aux dents très longues, promet d'être LA bitch que l'on va adorer détester. Je suis déçu par le rôle réservé à Gabourey Sidibé. Elle joue l'assistante de Lucious. Elle est certes amusante mais elle a quatre lignes de dialogue dans deux scènes de 20 secondes... Au bout du compte, le seul truc qui m'a posé problème dans ce pilote, c'est le "language afro-américain" qui sonne toujours un peu faux, en tout cas à l'écrit, à coup de "yo", "nigga", "brotha", "bro", "bitch" à chaque fin de phrase. C'est cliché mais c'est en même temps une réalité. Un faux problème donc je suppose. 

   Empire promet d'être un beau soap, efficace ET intelligent. Un Nashville du hip-hop en quelques sortes avec un point de départ un peu plus fort. Trop segmentant pour devenir un hit, sans doute, mais de trop bonne facture pour être ignoré, surtout vu les forces en puissance : deux des scénaristes/réalisateurs les plus en vus du moment !

Posté par LullabyBoy à 22:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

11 mars 2014

Galavant [Pilot Script]

 

20443686

 

GALAVANT

Comédie (single-camera) // 22 minutes

44030376-bis

Ecrit et produit par Dan Fogelman (The Neighbors, Cars, Raiponce, Crazy, Stupid, Love) & Alan Menken ( La petite sirène, Aladdin, La Belle et la bête, Il était une fois…). Pour ABC, ABC Studios & Rhode Island Avenue Productions. 28 pages.

Le Prince Galavant, héros des contes de fées toujours prêt à défendre la veuve et l’orphelin, est en guerre contre l'affreux Roi Richard qui lui a volé l'amour de sa vie, la belle Madalena. Pour la retrouver et réconquérir son coeur, il doit traverser les royaumes, les montagnes et les forêts, combattre des dragons, déjouer les pièges de son ennemi juré.. et chanter !

Avec Joshua Sasse (Rogue), Timothy Omundson (Psych, Amy), Vinnie Jones (Snatch, X-Men l’affrontement final), Mallory Jansen, Karen David, Luke Youngblood (Community), Ben Presley

 

   "Think “The Princess Bride” meets “Monty Python” meets classic Disney". Voilà comment le talentueux et facétieux scénariste Dan Folgelman, déjà heureux papa des excellents Neighbors d'ABC, présente en début de script son Galavant. Un projet unique en son genre, tellement unique qu'il est impossible d'être assuré que tout ce qui semble si prometteur sur la papier ne va pas tourner à la catastrophe à l'écran. Ce n'est pas la première fois qu'une oeuvre tente de parodier les contes de fées et ce ne serait pas la première fois que ça se transformerait en plantade totale. Mais la difficulté principale ne réside même pas là. Non, c'est que ce soit sous le format d'une série et qui plus est musicale qui est culotté ! Seul ABC, qui appartient à Disney rappelons-le, pouvait se le permettre. Mais c'est en même temps curieux d'avoir à l'antenne à la fois Once Upon A Time, qui joue sur les codes et qui mélange les oeuvres, et Galavant qui les tourne à la dérision. C'est comme si la deuxième se moquait de la première en fait ! 

   Afin de mettre toutes les chances de son côté, le créateur s'est adjoint les services du mythique Alan Menken, huit fois oscarisé pour son travail sur les bandes originales de nombreux dessins-animés, pour la direction musicale du show. Autant dire que les morceaux créés pour l'occasion ne devraient pas être dégueulasses. Le script ne contient pas les paroles, mais simplement les notes d'intention de l'auteur en quelques rimes. ABC a elle-même choisi de mettre les petits plats dans les grands en tournant le pilote dans des studios londoniens, profitant d'une taxe offerte par la ville. On ne devrait malheureusement pas échappé aux fonds verts chers à ABC Studios, mais de nombreuses scènes seront tout de même tournées en extérieur.  Bref, je tourne autour du pot car au fond je n'ai pas grand chose à dire. Est-ce que c'est drôle ? Oui. Globalement. Il y a un peu trop de flashbacks et de flashfowards à mon goût, une manière de compliquer artificiellement une histoire que l'on connaît déjà par coeur. Le plaisir ne réside de toute façon pas dans les intrigues, clichées à mort pour la bonne cause, mais dans les dialogues, les chansons et, je suppose, les performances des acteurs qui se doivent d'être excellents en tout. On leur demande beaucoup. Et puis ce script est super séduisant aussi grâce aux descriptions que le scénariste fait au lecteur, tous les petits à côté, les traits d'humour, qui n'auront malheureusement pas de retranscription à l'écran. Du type : pour présenter le personnage d'Isabella, il écrit "Think Jennifer Lawrence. Sure we can get her!" ou concernant l'arrivée fracassante du héros "And not only can Galavant defeat half an army by himself... he can SING while doing it! Here goes our opening song".

   Galavant pourrait tout aussi bien être une daube infâme qu'un petit chef d'oeuvre de comédie. C'est du 50/50. Mais vu les forces en action, l'optimisme est de mise. Reste à savoir si ABC voudra prendre le risque de la commander et surtout trouvera quoi en faire, où la placer dans sa grille... 

Posté par LullabyBoy à 12:39 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , , ,


10 mars 2014

Odyssey [Pilot Script]

20443688 (2)

ODYSSEY

Drama // 42 minutes

44030377

Ecrit par Peter Horton (Grey's Anatomy, Thirtysomething), Nora Kay Foster & Adam Armus (Xena, Heroes, The Following). Pour NBC, Universal Television, Fabrik Entertainment & Red Arrow Entertainment. 75 pages.

Une femme soldat poursuivie par un groupe terroriste au beau milieu de l'Afrique, un ancien procureur devenu l'avocat désenchanté d'une grande compagnie qui baigne dans des affaires louches et un jeune activiste politique en pleine rébellion contre le sytème et ses propres origines, ainsi que leurs familles, sont victimes d'une conspiration militaire internationale sans précédent...

Avec Peter Facinelli (Nurse Jackie, Damages, Six Feet Under, Twilight), Anna Friel (Pushing Daisies, Neverland, Limitless), Treat Williams (Everwood, Brothers & Sisters, Chicago Fire), Adewale Akinnuoye-Agbaje (Oz, Lost, Hunted), Daniela Pineda (The Originals), Jake Robinson (The Carrie Diaries), Nate Mooney (The Riches, Philadephia), Elena Kampouris... 

 

   American Crime, Coercion... et maintenant Odyssey : les networks ont visiblement l'intention de marcher sur les plates-bandes des chaînes câblées la saison prochaine. Si toutefois ces pilotes deviennent des séries. C'est une bonne nouvelle, assurément. Mais c'est aussi très inquiétant. Les dernières séries de networks qui avaient l'allure de séries du câble ont tout simplement obtenu des audiences du câble ! On peut remonter à il y a quelques années avec Lone Star sur FOX, mais on peut aussi penser à Hannibal, plus proche de nous, toujours vivante, mais en sursis pendant combien de temps encore ? C'est une impasse dont il semble très difficile de se sortir. Peut-être qu'Odyssey réussira là où les autres ont échoué. Elle le mériterait, c'est certain. Mais en l'état, c'est une série de Showtime (et le script contenant 75 pages au lieu des 60 habituelles et aucun découpage en actes tend à prouver qu'il a été écrit pour le câble). Instinctivement, on va la comparer à Homeland... Elle partage en effet avec elle bien des points communs, dans la narration mais aussi dans l'ambition. Elle prend en revanche moins de temps pour brosser le portrait de ses héros. Ils sont instantanément plongés dans l'action, quelle qu'elle soit, et ils arrêtent de respirer comme nous devant eux. C'est à mon sens le gros défaut de ce pilote, le seule peut-être. Beaucoup de mouvements et peu de repos. Pas d'introspection. Pas le temps. Cela ne nous empêche cependant pas de nous attacher petit à petit aux personnages et nous passionner pour leurs combats respectifs. Ce qui est essentiel vu la complexité à laquelle l'ensemble de ces intrigues nous expose.

   Au début du pilote, c'est le parcours de la soldate Odette Ballard qui nous est tracé et de manière extrêmement efficace. Je ne suis pas fan de tout ce qui touche à la guerre de près ou de loin en fiction, mais je me suis surpris à me laisser prendre au jeu ici. Pour le coup, plus on avance, plus on se retrouve dans une atmosphère qui rappelle les voyages en Afghanistan de Carrie Mathison. Sauf qu'elle a l'air saine d'esprit. Je pense qu'Anna Friel va étonner dans ce rôle. Elle est très loin de Pushing Daisies évidemment, mais aussi d'à peu près tout ce qu'elle a fait d'autre. C'est vraiment un très beau rôle. Par contre, il arrive un moment où elle doit se couper les cheveux très court pour se faire passer pour un garçon. Ca m'a rendu un peu triste, j'avoue. En même temps, je ne sais pas comment elle pouvait avoir des cheveux longs au départ en étant militaire. Un détail. Si par moment le pilote devenait trop chargé à mon goût, quitte à me faire décrocher un peu, ce sont toujours ses scènes qui m'ont remis dans le bain. Elle passe du Mali à la Tunisie, elle manque de se faire exploser la tête, puis elle se fait emprisonner, elle parvient à s'enfuir, elle se retrouve dans le désert, puis sur l'océan... C'est un sacré périple qui nous attend ! Et ça ne fait que commencer... J'en profite pour dire à ce propos que le pilote devrait être impressionnant puisque tout est tourné en décors naturels, et pas seulement aux Etats-Unis. Au Maroc aussi. Il va coûter cher. Ce qui veut dire deux choses : 1/ Une commande en série est encore plus probable vu l'argent investi dans le pilote 2/ Il sera financièrement impossible de tenir sur ce rythme si la saison contient plus de 13 épisodes. 

   Les deux autres principaux personnages ne sont pas moins intéressants mais disons que leurs univers sont un peu moins dépaysants. Encore que. Peter Drucker, l'avocat (qui n'a aucun lien de parenté avec Michel à ma connaissance - Mouarf mouarf), est davantage celui qui pourrait faire penser à Carrie Mathison dans le caractère tant sa détermination à découvrir la vérité le rend dingue, quitte à mettre sa chère famille qu'il aime tant au second plan. Si les scénaristes ont besoin d'intrigues pour combler certains épisodes, ils puiseront certainement de ce coté-là. Il a une fille adolescente qui a tout à fait le potentiel pour devenir la nouvelle Dana. Ce personnage qui cristallise toutes les détestations. Mais on n'en est pas là. Elle est plutôt discrète dans ce pilote, pendant que sa mère est très passive. "L'enquête", si on peut appeler ça comme ça, de Peter est en tout cas pleine de rebondissements. Certains sont inattendus, d'autres très classiques (la camionnette qui écrase LE témoin clé et que l'on voit arriver à des kilomètres), mais ça fonctionne très bien. Les protagonistes se multiplient dans cette partie de l'histoire, ce qui ne facilite pas toujours la compréhension. Il faut s'accrocher mais on en sera certainement récompensé. Du côté du troisième héros, le plus jeune, un certain Harrison Wolcott, c'est là que les choses se gâtent un peu. Juste un peu. Je n'ai pas ressenti beaucoup d'empathie pour ce personnage. On ne comprend pas son combat en réalité. Du moins, on comprend qu'il n'est pas fondé sur des bases très solides. On ne questionne pas sa sincérité pour autant, mais sa naïveté pourrait devenir handicapante. Pour le moment, c'est un post-ado en rébellion, un chien fou qui a certes mis le doigt sur quelque chose d'énorme mais qui n'a pas les outils et les contacts nécessaires pour changer le monde comme il le voudrait. Son combat semble un peu perdu d'avance... 

   Odyssey pourrait bien devenir le drama le plus ambitieux et exigeant qu'un network n'ait jamais produit ! Il pourrait faire date ! Ce qui ne veut pas dire que ce pilote est parfait, mais il donne beaucoup, il passionne. Est-ce que NBC osera aller jusqu'au bout ? Telle est la question. Mais cette potentielle série mérite d'ores et déjà toute notre attention. 

Posté par LullabyBoy à 20:03 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,

09 mars 2014

More Time With Family [Pilot Script]

20443690 (1)

MORE TIME WITH FAMILY

Comédie (Multi-camera) // 22 minutes

44030376

Ecrit par Josh Goldsmith (Un gars du Queen, 'til Death, Last Man Standing), Cathy Yuspa (Un gars du Queen, 'til Death, Ce que veulent les femmes) & Tom Papa. Produit par Ben Affleck & Matt Damon. Réalisé par James Burrows (Will & Grace, Cheers, The Millers, Mike & Molly...). Pour CBS, 20th Century FOX Television, 3 Arts & Pearl Street Films. 50 pages.

Un père de famille qui passe son temps sur les routes décide de quitter son boulot et reprendre en main le restaurant de ses parents afin de passer plus de temps auprès de sa femme et de ses trois enfants...

Avec Tom Papa, Alyson Hannigan (Buffy, How I Met Your Mother), Joe Pantoliano (Les Soprano, Memento)... (casting en cours)

 

   L'obession de CBS avec les sitcoms se déroulant en partie dans des diners/restaurants commence à se voir. Après 2 Broke Girs, Mom et d'une certaine manière Mike & Molly -leur appartement est un festin géant- voici donc More Time With Family. Peut-on faire une comédie familiale plus basique et clichée que celle-ci ? Je ne crois pas. Elle n'est pas mauvaise pour autant, même si je n'ai pas beaucoup ri à la lecture de ce script puisqu'il faut attendre un petit moment avant que ça ne décolle enfin, mais ça me désole un peu que l'on en soit encore là. Je ne suis pas contre des sitcoms à l'ancienne -j'adore Hot In Cleveland par exemple- mais à condition qu'il y ait un petit quelque chose dans les dynamiques qui soit nouveau/original. Trois femmes d'âge mur très superficielles qui se retrouvent obligée de vivre avec une grabataire un peu méchante, c'est original ! Un père de famille qui se retrouve du jour au lendemain à devoir gérer sa femme, ses enfants et ses parents, c'est déjà vu 1000 fois. Il est vrai, en revanche, que CBS n'a pas beaucoup de sitcoms familiales à l'antenne. Mais The Millers et Mike & Molly suffisent amplement, non ? Et puis c'est pas comme si ABC en avait déjà 40 et NBC tentait d'avoir les siennes aussi, avec bien peu de succès, certes.

   Je ne connais pas le travail de Tom Papa, l'acteur de stand-up choisi pour incarner ce père de famille un peu dépassé, d'origine italienne, mais son personnage m'a fait penser à Raymond d'une certaine manière. Raymond de Tout le monde aime Raymond. Ray Romano. Ce fut un grand succès de CBS pendant longtemps. Peut-être que la chaîne aimerait renouer avec cela, d'autant qu'elle a fait appel à l'écriture aux créateurs d'Un gars du Queen, autre sitcom familiale un peu culte de la chaîne. C'était à l'époque pré-Mon Oncle Charlie. Si on peut reconnaître une qualité à cette dernière, c'est d'avoir ouvert la voie à des comédies un peu différentes. Mais alors pourquoi vouloir revenir en arrière de la sorte ? Toutes les situations, toutes les blagues, sont éculées. On les connait par coeur. Ce papa et cette maman (Alyson Hannigan va donc passer de jeune maman dans How I Met Your Mother à maman d'enfants de 5 à 14 ans ici) n'ont rien qui les distinguent de tous ceux que l'on connait déjà. La seule scène où je me suis dis qu'ils étaient mignons, c'est dans le "tag", lorsque le générique défile sur une dernière blagounette. Cela arrive quand même un peu tard. La relation du papa avec ses enfants est mignonnette aussi, oui. Tout est souvent mignon, tendre. C'est ce qui sauve le pilote. Parce que ce n'est pas super drôle, voire pas du tout à certains moments. Les seuls qui parviennent à remonter le niveau de drôlerie à chaque fois qu'ils interviennent, c'est les grands-parents ! C'est souvent le cas d'ailleurs. Je pense encore une fois à Tout le monde aime Raymond. Puis lé héros a un pote bien lourd. A croire que c'est obligatoire pour que le téléspectateur bien beauf s'y retrouve quoiqu'il arrive. 

   More Time With Family a beau être produite par Ben Affleck et Matt Damon -juste des noms posés sur un générique sans doute- elle n'apporte rien de neuf ou de moderne au monde de la sitcom familiale. Elle aurait pu voir le jour il y a 10 ou 20 ans, on n'aurait pas vu la différence. CBS nous a habitués à mieux dernièrement !

Posté par LullabyBoy à 19:04 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , ,

08 mars 2014

American Crime [Pilot Script]

20443686

19865485

AMERICAN CRIME

Drama // 42 minutes

61074943-bis

Ecrit, produit et réalisé par John Ridley (12 Years A Slave, Les Rois du désert, New York 911). Pour ABC, ABC Studios & Stearns Castle. 60 pages.

L'étude d'un crime odieux, soupçonné d'être raciste, de l'enquête et du procès qui en découlent, aussi bien du point de vue des familles des victimes que de celui des accusés...

Avec Timothy Hutton (Leverage, Kidnapped, The Ghost Writer), Felicity Huffman (Desperate Housewives, Sports Night), Benito Martinez (The Shield, Sons Of Anarchy, Million Dollar Baby), Richard Cabral (SouthLAnd), Elvis Noslasco (Old Boy), Penelope Ann Miller (Mistresses, The Artist), Johnny Ortiz (Ali), Caitlin Gerard (Zach Stone is gonna be famous), W. Earl Brown (Mary à tout prix, Scream, Vanilla Sky), Brent Anderson... 

 

   Avec un titre très générique qui fait irrémédiablement penser à "American Horror Story", il me paraît évident qu'ABC aimerait faire de cette nouvelle série une franchise anthologique qui aurait pour ambition d'explorer en une douzaine d'épisodes maximum chaque année des crimes "exemplaires", renvoyant aux différents mythes américains et aux problèmatiques sociales modernes de ce vaste pays. C'est un projet ambitieux, risqué, très câblé dans l'esprit, qu'il sera très compliqué d'imposer sur un network, qui plus est un network qui n'est pas connu pour ses séries policières (hormis Castle) ou même judiciaires (The Practice et Boston Justice commencent à dater). Mais c'est tout à l'honneur de la chaîne de vouloir se diversifier et avec John Ridley à la tête de cette première saison, le monsieur qui vient d'obtenir un Oscar pour l'excellent 12 Years A Slave, elle devrait au moins être assurée d'un accueil critique élogieux. A noter qu'il a développé cette série de son côté, depuis quatre ans, avant de la présenter aux différentes chaînes. Inutile de préciser qu'il s'agit d'un programme fait pour une case tardive de 22h, du moins si ABC laisse le pilote tel qu'il est écrit : sombre, violent, désespéré.

   Au début du script, lorsque le scénariste présente deux des personnages principaux, il insiste beaucoup sur le fait que ce sont des hommes "normaux". Un homme blanc normal de la classe moyenne qui mène une existence simple comme des millions d'Américains. Jusqu'à ce qu'il apprenne le meurtre de son fils. Un jeune homme normal aussi. Du moins en apparence. On découvre ainsi au fur et à mesure son histoire, celle de sa famille, de son divorce, de son ex-femme (incarnée par Felicity Huffman), de ses deux enfants. Mais tout a basculé. Plus rien n'est normal. Tout devient colère et souffrance. On sent sur ses épaules tout le poids de la culpabilité, ce que Barb, son ex donc, encourage vivement à coup de remarques acerbes. Ces deux héros amers sont complexes, éloignés des personnages un peu lisses que la télévision a tendance à nous servir à coup de stéréotypes et ils ont le potentiel de transmettre énormément d'émotions, ce à quoi les deux acteurs choisis devraient parvenir sans mal. A l'opposé d'eux, derrière un miroir inversé, on suit l'existence d'un autre homme "normal", mais dans une autre normalité. Celle d'un latino américain, veuf, qui habite dans un quartier difficile, qui n'a pas beaucoup d'argent mais suffisamment pour vivre dignement et assurer à ses deux enfants une éducation, tout en leur transmettant des valeurs en lesquels il croit, celles qui lui ont permis de réussir son intégration aux Etats-Unis. Mais tout va basculer pour lui aussi lorsque son fils, qu'il pensait éloigné de toute forme de délinquance, est soupçonné du fameux meurtre. Le parallèle entre ces destins est d'une grande richesse et devrait continuer à être pertinent dans la suite des événements, au cours du procès notamment. Le plus intéressant dans tout cela c'est que le crime raciste n'a pas été perpétué par un homme blanc sur un homme de couleur mais par un homme de couleur sur un homme blanc. C'est presque un contre pied à ce à quoi on pouvait s'attendre, par habitude. 

   Sous une forme qui n'est pas sans rappeler The Killing, le pilote nous entraîne ainsi d'un quartier à un autre, d'une maison à une autre, d'une ambiance à une autre, aux côtés de personnages qui ont tous une importance dans la mécanique de l'enquête mais qui ne sont jamais passifs. Le principal détective chargé de l'affaire montre à quelques reprises qu'il ne se contente pas seulement de faire son job. Il fait preuve d'empathie, il conseille la famille des victimes (car il y en a en réalité deux, mais je ne vais pas tout vous raconter afin de vous laisser quelques surprises). Je ne pense pas que l'on s'attachera pour autant à un moment donné à sa vie personnelle, mais ça ne manque pas. C'est même mieux ainsi. Il y a une récurrence dans la mise en scène, notamment via des plans de la ville pris depuis des fenêtres, submergés par des voix radiophoniques correspondant à des bulletins d'information ou à des débats sur le meurtre. Une manière d'inscrire le fait divers dans l'actualité, de préparer probablement les futurs retentissements médiatiques aussi. A plusieurs reprises, le pilote bascule dans le glauque à travers un couple interracial de drogués. La jeune fille se fait tabasser par un groupe de femmes blacks dans les toilettes d'un bar miteux. Elle est sur le point de se prostituer à un autre moment. Ce sont des personnages auxquels on a du mal à s'attacher jusqu'à une scène qui nous montre combien ils s'aiment, combien le garçon tient à elle. Combien c'est beaucoup plus compliqué entre eux qu'on ne l'imaginait. 

   American Crime pourrait bien se révéler être un petit chef d'oeuvre comme la télévision de network en offre rarement. Ce pilote annonce une série cinématographique, ambitieuse, riche, exigeante, peut-être même bouleversante, qui n'a pas nécessairement des choses à dire très nouvelles ni très originales, mais qui le fait efficacement et sans concession. ABC n'est certainement pas l'écrin qui la mettra le plus en valeur mais j'espère qu'elle saura au moins lui donner sa chance.

Posté par LullabyBoy à 12:45 - - Commentaires [9] - Permalien [#]
Tags : , , ,

06 mars 2014

Ellen More Or Less [Pilot Script]

94038492

ELLEN MORE OR LESS

Comédie (single-camera) // 22 minutes

68259554


Ecrit par J.J. Philbin (New Girl, Newport Beach). Produit par Jason Katims (Friday Night Lights, Parenthood, About A Boy). Réalisé par Peyton Reed (La Rupture, Yes Man, New Girl). Pour NBC, Universal Television & True Jack Productions. 39 pages.

Ellen, une ancienne obèse trentenaire qui vient tout juste de perdre ses kilos en trop, découvre enfin la "vraie" vie et les relations amoureuses. Pleine d’espoir, prête à mordre la vie à pleines dents, elle se rend rapidement compte qu’être mince ne résoudra pas tous ses problèmes…


Avec Stacey McGunnigle, Joshua Gomez (Chuck), Chris Diamantaopoulos (Episodes, Up All Night)... (casting en cours)

  Tiens. NBC n’a pas vu Super Fun Night apparemment, et n’est pas au courant que cette comédie n’a pas marché chez sa concurrente ABC. Non parce que pour commander un pilote d’Ellen More Or Less, il faut vraiment ignorer son existence. Sur plusieurs points les deux séries se distinguent –le simple fait qu’Ellen ne soit plus obèse là où Kimmie l’est encore et ne cherche d’ailleurs pas à ne plus l’être- mais le genre d’humour comme le fond sont très proches. Et si je ne doute pas que Stacey McGunnigle est une débutante avec  beaucoup de talent, il faut bien avouer qu’elle a peu de chances d’être aussi bonne que Rebel Wilson ! Bref, Ellen More Or Less part avec pas mal de handicaps  et son script ne m’a pas impressionné.


   J’ai ri au début. Un peu. J’ai ri au milieu. Vite fait. Et j’ai ri à la fin. Timidement. Une manière très schématique de vous dire que ce pilote n’est pas à jeter. Il y a de bons moments, quelques répliques qui font mouche et il s’en dégage, globalement quelque chose de sympathique. MAIS, il y a un grand MAIS. Les passages où je n’ai pas ri, qui sont donc quand même conséquents, sont d’un ennui considérable. Le scénariste part parfois dans des délires qu’il semble être le seul à comprendre. Des digressions qui gâchent tout, cassent le rythme et qui ont même tendance à rendre l’héroïne irritante car ils correspondent souvent à des quasi-monologues de la jeune femme face à des interlocuteurs aussi circonspects que nous.


   Et en parlant d’eux, je ne suis pas fan globalement de la galerie de personnages secondaires, qui sont tous des collègues d’Ellen puisque –ah oui, j’ai oublié de le préciser et c’est pourtant un vrai problème- il s’agit essentiellement d’une comédie de bureau ! On ne suit pas Ellen jusque chez elle. Il y a quand même une scène qui se déroule chez sa désagréable mère. Le terrain de jeu du personnage gagnerait à être plus vaste. Sinon, le risque de tourner en rond est maximal ! Le petit début d’amourette entre Ellen et un supérieur hiérarchique fait irrémédiablement penser à celle que Kimmie entretient avec Richard dans Super Fun Night, d’autant qu’une jeune femme se met évidemment en travers de leur chemin. Et puis Ellen passe les ¾ du pilote à se ridiculiser bien malgré à elle face à tout le monde. Si ça marche parfois, ça laisse quand même un sentiment général de gêne. On n’a pas de la peine pour elle, mais de la pitié. A l’actrice d’éventuellement transformer ça en donnant vie à Ellen… La touche émotion de Jason Katims, ici en qualité de producteur, je ne l’ai pas du tout ressentie.


   Le pilote d’Ellen More Or Less est honorable, mais il montre déjà les limites de la potentielle série qu’elle pourrait devenir. Entre le goût de déjà vu, la faiblesse de la galerie de personnages secondaires et une héroïne en roue libre qui en fait des tonnes -à défaut de peser encore une tonne- tout semble indiquer que NBC a tout intérêt à passer son tour. Perso, sur le même thème, je choisis Fatrick, l'autre ancien gros de la saison des pilotes !

Posté par LullabyBoy à 18:22 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

05 mars 2014

Red Band Society [Pilot Script]

20443694 (1)

RED BAND SOCIETY

Drama // 42 minutes

61074943-bis

Ecrit par Margaret Nagle (Boardwalk Empire). Adapté de la série espagnole Polseres Vermeless (Les Bracelets Rouges) créé par Albert Espinosa.  Produit par Steven Spielberg, Darryl Frank & Justin Falvey (United States Of Tara, Under The Dome, Smash). Pour FOX, ABC Studios, Amblin Television & Filmax International. 60 pages.

Des enfants et des adolescents se lient d'amitié dans un hôpital où ils sont tous patients. Ensemble, ils tentent de fuir la triste réalité pour se créer leur propre monde avec leurs propres codes, tandis que le personnel soignant fait de son mieux pour leur apporter un peu de bonheur au quotidien. Charlie, dans le coma depuis plusieurs mois, assiste quant à lui, impuissant, à l'agitation qui l'entoure. Il ne voit rien, mais il entend tout...

Avec Octavia Spencer (La couleur des sentiments, Mom, Ugy Betty), Griffin Gluck (Private Practice, Back In The Game), Dave Annable (Brothers & Sisters, 666 Park Avenue), Charlie Rowe (Neverland, Good Morning England), Zoe Levin (Trust), Rebecca Rittenhouse... (casting en cours)

 

   Deuxième gros coup de cœur cette saison après Madam Secretary : le pilote de Red Band Society. Certes, c’est un remake, tout le mérite ne revient donc pas à la scénariste qui a adapté la série espagnole à succès pour la marché américain ni à la FOX qui s’est laissée séduire par ce projet assez différent de ce qu’elle a l’habitude de proposer, mais ce n’en est pas moins une belle idée parfaitement exécutée. Non, si je devais pointer du doigt quelqu’un, c’est le président d’ABC, Paul Lee, qui a jugé que ce programme développé en interne l’an passé ne convenait pas à sa chaîne et l’a donc proposé à d’autres. En lead-in de Grey’s Anatomy par exemple, elle aurait été à sa place. Je ne dis pas que ça aurait marché mais ça méritait d’être tenté ! J’ai bien conscience que le pitch ne fait pas forcément envie, en grande partie parce qu’on s’imagine tous en lisant ces quelques lignes une série médicale larmoyante et sans grand avenir, mais c’est une erreur. Une très grosse erreur !

   D’abord, peut-on vraiment parler de série médicale ? Pas tout à fait, pas au sens qu’on l’entend habituellement. L’action se déroule dans un hôpital et s’intéresse aux jeunes patients, puis au corps médical dans une moindre mesure, mais il ne s’agit pas de nous montrer des opérations qui tournent mal, de nous balancer des mots très compliqués que l’on ne comprend pas, de faire coucher les médecins et les infirmières les uns avec les autres, et tous les classiques du genre qui ont fait leur temps après les emblématiques et inépuisables Urgences et Grey’s Anatomy. L’aspect purement médical est secondaire. On nous explique évidemment ce qui a amené ces enfants dans cet hôpital (cancers, anorexie, accident grave…), mais en se concentrant avant tout sur tout ce qui n’est pas lié à leurs traitements. Tous les à-côtés. Tous les moments d’évasion. Tous les rires. Tous les premiers émois amoureux. Toutes les petites contrariétés du quotidien, les angoisses, les disputes, les espoirs, les rêves. La série ne sombre jamais dans le pathos –sauf peut-être quand des musiques tristounettes prennent place (souvent)- mais les dialogues et les situations privilégient toujours l’humour et la légèreté. Red Band Society ne passe pas pour autant à côté de l’émotion, bien au contraire. Le fait que les héros soient des enfants apporte automatiquement une tendresse particulière et la voix-off du petit garçon dans le coma –en plus incarner par l’excellent Mason de Private Practice (ceux qui savent comprennent)- permet de lier l’ensemble avec agilité et pertinence. On s’attache à eux avec une incroyable facilité, sans jamais forcer les forces, subtilement. Et ce ne sont pas des enfants qui se comportent comme des adultes, même si la maladie les a souvent forcés à grandir plus vite que les autres et ainsi faire preuve d’un peu plus de maturité.

  On aurait pu craindre une série claustrophobique, se déroulant entre quatre murs blancs, mais là encore, il n’en est rien. Bien sûr, l’essentiel se passe dans les chambres des patients et dans leurs lieux de vie communs, mais la scène d’intro par exemple a lieu dans le désert, une autre sur le toit de l’hôpital, face aux lumières scintillantes de la ville, et encore une autre dans le grand hall principal plein de vie où tous les âges, toutes les couches sociales, toutes les origines, se mélangent. On y fait d’ailleurs la rencontre d’un personnage de vieillard très émouvant qui offre un contrepoids intéressant à la fougue des petits jeunes. Du côté du personnel, trois héros sont principalement mis en avant : un jeune médecin au grand cœur, brillant, un peu cliché sans doute ; une infirmière mal embouchée mais très drôle, qui devrait offrir de grands moments –elle est surnommée « la nazi » par les enfants, comme une certaine Miranda Bailey que les fans de Grey’s Anatomy connaissent bien- en plus incarnée par la génialissime Octavia Spencer ;  et une infirmière débutante, fragile, potentiellement émouvante, que l’on a envie de connaître davantage. Je ne vais pas décrire les enfants un par un, mais sachez qu’il y a une petite bitch à la répartie extraordinaire; un ado qui a les hormones en ébullition ; un petit mexicain sur le point de se faire amputer ; une anorexique toute mignonne qui fait battre le cœur de plusieurs jeunes mâles… et il y a encore beaucoup à apprendre sur chacun d’entre eux une fois le pilote passé.

  Il n’est pas facile de renouveler le genre de la série médicale, comme l’ont prouvé les quelques échecs successifs récents, mais Red Band Society met tout en œuvre pour offrir un spectacle aussi amusant que touchant dans un univers propice à raconter de très jolies histoires. C’est une série qui donne le sourire, qui met la larme à l’œil, c’est feel-good, simple, authentique, et c’est une proposition finalement assez rare à la télévision de nos jours dans le format drama. Un petit bijou duquel FOX, j'espère, saura prendre soin.

Posté par LullabyBoy à 12:30 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
Tags : , , ,