24 avril 2014

Saint Francis [Pilot Script]

 

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SAINT FRANCIS 

Comédie (Multi-camera) // 22 minutes

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Ecrit et produit par Christopher Moynihan (Man Up!, 100 questions). Réalisé par James Burrows (Friends, Will & Grace, Cheers, Frasier, 2 Broke Girls). Pour ABC, ABC Studios & Tagline Television. 55 pages.

Francis Quinlan, flic et père de famille à Long Island, est aussi vieux jeu que sa soeur de 29 ans, Heather, est moderne. Ils passent leur temps à se chamailler et lorsqu'elle annonce qu'elle est enceinte alors qu'elle n'est pas mariée, Francis voit rouge, rien ne va plus ! Et ce n'est pas leur frère, Tommy, un fainéant invétéré, ni leur mère, Janice, une bigote autoritaire, qui risquent d'arranger les choses...

Avec Michael Imperioli (Les Soprano, Les Affranchis, Detroit 1-8-7), Paget Brewster (Esprits Criminels), Spencer Grammer (Greek), Henry Simmons (Man Up!, New York Police Blues, Ravenswood), Sharon Gless (Queer As Folk US, Cagney & Lacey, Burn Notice), Mary Mouser (Body Of Proof), Jeremy Luke (Mob City)...

 

   Après avoir abandonné un peu n'importe comment Malibu Country et après avoir associé l'excellente The Neighbors à la ringarde mais glorieuse Last Man Standing, ABC est à la recherche de la sitcom multi-camera parfaite pour accompagner Tim Allen le vendredi soir. Je vous ai déjà parlé de The Winklers, une sérieuse concurrente bien sympathique, et voici une autre option -il y en a trois- imaginée par un monsieur qui a déjà deux flops successifs à son actif. Comme dans l'un d'entre eux, Man Up!, il est en partie question de virilité en danger, de l'homme d'hier, rustre, versus non pas l'homme d'aujourd'hui, mais la femme d'aujourd'hui, indépendante et fière de l'être. Un frère et une soeur très différents qui doivent composer, bon gré mal gré, avec leurs sautes d'humeur respectives et leurs deux conceptions opposées de la vie. Ma foi, tout ça n'est ni très excitant, ni très moderne.

   Même si l'idée est clairement de faire évoluer le héros vers une plus grande ouverture d'esprit, il passe la quasi-totalité du pilote à grogner sur tout le monde et distiller ses idées conservatrices bien déprimantes. Cela dit, c'est aussi ce qui se passe dans Last Man Standing. Saint Francis a parfaitement ses chances de plaire à ces téléspectateurs-là et c'est le but. Moi ça me fait toujours un pincement au coeur, surtout venant de la part d'ABC qui est très ouverte et qui fait évoluer à sa manière les mentalités avec des séries aux castings diversifiés et contenant des personnages homosexuels de premier plan et pas clichés (la plupart du temps). Ce que j'aurais adoré par exemple, c'est que la soeur soit lesbienne (comme son autre frère le soupçonne et le répète à longueur de temps, comme si ça ne pouvait qu'être une bonne blague et surtout pas la réalité). Mais non. Et bien qu'elle prétende être célibataire et avoir été inséminée artificiellement -ce qui aurait été un peu osé- la vérité dévoilée en guise de cliffhanger est tout autre : elle est en fait secrètement en couple avec le meilleur ami de son frère et c'est apparemment un problème. Bon, certes, il est noir, mais je ne crois pas qu'ils iront jusqu'à expliquer que le souci vient de là. Quoique tout est possible après tout... Bref, Saint Francis véhicule, qu'elle le veuille ou non, des idées d'un autre âge qui ne mériteraient pas d'être mise en avant de la sorte. Et je m'en fiche un peu qu'au bout de 5 saisons, le héros évolue enfin et ne soit plus si conservateur que ça... 

    En s'éloignant de cet aspect très repoussant -et je ne vous ai même pas parlé du tâcle envoyé discrétos à Obama- il faut  reconnaître que les vannes fonctionnent bien, que Francis fait preuve de beaucoup d'humour, que Sharon Gless, dans le rôle de la mère/grand-mère, a tout ce qu'il faut pour être hilarante, être LE personnage dont on attend chacune des répliques, que Heather est forcément attachante puisqu'elle est un peu la seule représentante de la modernité, que la femme de Francis, Stephanie, est amusante même si elle a le cul entre deux chaises, coincée entre son désir de défendre les positions de sa belle-soeur et rester la gentille femme de son mari qui ne le contredit jamais trop longtemps et qui n'oublie pas de lui préparer de bons petits plats quand il rentre du boulot... oui, je n'arrive jamais à être totalement positif même sur ce qui devrait l'être car le fond de ce pilote me dérange. 

   Saint Francis plaira forcément à une frange très conservatrice de la population américaine si elle est commandée, ce qui en fait de facto la parfaite compagne pour Last Man Standing le vendredi soir. Et ça me fait un peu mal de le dire. Et ça me fera mal qu'elle soit commandée aussi. Mais on va dire qu'il y a pire. Qu'il ne faut pas trop prendre au sérieux une sitcom de ce genre. Que tout ça n'est pas bien grave... Mais quand même !!!

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23 avril 2014

Dangerous Liaisons [Pilot Script]

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DANGEROUS LIAISONS

Drama // 42 minutes

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Ecrit et produit par Richard LaGravenese (P.S.: I love You, Sur la route de Madison, L'homme qui murmurait à l'oreille des chevaux, Ma vie avec Liberace). Réalisé par Taylor Hackford (L'échange, Ray, L'associé du Diable, Dolores Claiborne). Librement adapté des Liaisons Dangereuses de Choderlos de Laclos. Pour ABC Studios. 59 pages.

Philip Fitzgerald Julien et Margot Worth Cole, deux inséparables amis, anciens amants, obsédés par le pouvoir, la luxure et l'argent, maîtrisent l'art de la manipulation à la perfection. Après l'avoir exercé l'un sans l'autre pendant de trop longues années, ces deux figures de l'élite new-yorkaise unissent leurs forces à nouveau afin de séduire puis détruire ceux qui ne trouvent pas ou plus grâce à leurs yeux, pour la beauté du geste et l'amour du jeu...

Avec Rufus Sewell (Eleventh Hour, Les Piliers de la Terre), Melissa George (Alias, En Analyse, The Slap US, Hunted, Mullholland Drive), Katie Holmes (Dawson, Les Kennedy, Phone Game, Batman Begins), Oded Fehr (La Momie, Resident Evil, Sleeper Cell), Britne Olford (Skins US, Ravenswood, American Horror Story), Elliott Knight (Sinbad), Daphne Rubin Vega (Smash), Kelly Bishop (Gilmore Girls, Bunheads), Michael Gill (House Of Cards)...

 

   Entre John Ridley (American Crime), Charles Randolph (Exposed) et Richard LaGravanese (Dangerous Liaisons), ABC a fait confiance cette année à des grands noms du cinéma pour renaître de ses cendres. Sans vouloir être oiseau de mauvais augure, je ne suis pas certain que ce soit la meilleure solution. Il faut avouer qu'ils ont tous fait des propositions intéressantes, exigeantes et ambitieuses, mais qui ne seront pas forcément couronnées de succès. Là où How To Get Away With Murder, Sea Of Fire ou Forever parviennent à être de qualité tout en restant très accessibles, Dangerous Liaisons, comme American Crime et Exposed, a été pensée comme une série du câble, mais découpée comme une série de network. Ce qui donne un résultat... bâtard, ni adapté à l'un ni adapté à l'autre.

   Le pilote de Dangerous Liaisons m'a fait le même effet que les 40 premières minutes d'un film trop long. Il avance lentement, très peu bavard dans un premier temps mais contemplatif. Ce qui ne me dérange nullement au cinéma, ou avec une série de HBO. Un peu plus quand il s'agit d'ABC. Parce que la chaîne ne peut tout simplement pas se le permettre. Les gens s'ennuient vite et zappent plus vite que leur ombre. C'est triste mais c'est ainsi. Richard LaGravanese installe les deux héros dans un univers luxueux, glacé, glaçant... sexy. Oui mais dans les limites offertes par ABC. Forcément. Et quand on s'attaque aux Liaisons Dangereuses, on a envie que ça transpire, que ça suinte et que ça saigne... tout en subtilité bien sûr. Mais ici, faute de pouvoir aller plus loin, on reste aux sous-entendus, aux regards appuyés, aux joues qui rougissent. On est dans la retenue, ce qui renforce l'aspect très froid que le pilote dégage. Ca changera peut-être par la suite. Disons que ce pilote se place avant même les préléminaires. Tout commence avec Philip Julien, dans une suite de l'hôtel qui lui appartient. Il parle à une jeune femme, allongée sur le lit. On ne distingue pas son visage. Jusqu'à ce que l'on découvre... qu'elle est morte. Mais Philip ne l'a pas tuée. C'eut été plus fun. De son côté, Margot Cole s'ennuie à mourir dans un dîner mondain qu'elle a organisé. Elle rêve que les convives s'entretuent, dans un fantasme graphique où ils s'attaquent avec leurs coûteaux et leurs fourchettes. Ca c'est fun. Puis elle décide de tromper l'ennui en invitant le jeune et beau serveur dans la cave, pour qu'il goûte son nectar. C'est encore plus fun. Et maintenant que les présentations sont faites, les choses sérieuses peuvent commencer. Enfin pas tout à fait. 

   Les rebondissements de ce pilote arrivent tardivement, ils ne précédent pas chaque page publicitaire. Ce qui, là encore, est tout de même problèmatique si l'on fait fi de toute considération artistique. Ne vous méprenez pas : je suis content que ce pilote ose sortir des sentiers battus pour proposer un autre rythme, une autre vision du premier épisode de série, mais il ressemble à s'y méprendre à une longue introduction qui ne décolle jamais vraiment. Se contenter de présenter les personnages, certes avec soin, et d'annoncer la problèmatique ne suffit pas. Il y a par exemple un dialogue délectable entre Philip et Margot qui s'étend sur quatre pages. Une anomalie sur un network ! Je ne doute pas que Rufus Sewell et Melissa George sauront lui rendre justice, mais le public sera-t-il en mesure de le recevoir comme il mérite de l'être ? J'en suis moins sûr. De même, il faut attendre la 37ème page du script, la 37ème bon sang, pour que le personnage interprété par Katie Holmes, Ann Walker, entre en jeu. On a à peine le temps de mesurer son importance qu'il a déjà disparu. Ceux qui, comme moi, attendent avec impatience le retour de l'actrice à la télévision risquent d'être déçus. Bien sûr, tout porte à croire qu'elle aura un rôle capital à jouer dans les épisodes suivants, mais en attendant et encore une fois, c'est la frustration qui domine. Les deux derniers actes sont toutefois plus riches et enthousiasmants que les précédents car nos nouveaux Valmont et Merteuil ne se contentent plus de théoriser sur leur pacte et d'étudier leurs futures victimes, ils mettent en place les premières étapes de leur plan, lequel est, comme espéré : tordu, immonde et obscène. On retrouve alors tout ce que l'on connaît des Liaisons Dangereuses, le roman épistolaire mythique, à commencer par la séduction de la vierge effarouchée. 

   Cette libre adaptation des Liaisons Dangereuses de Choderlos de Laclos est fidèle à l'oeuvre originelle, respectant son esprit malgré la transposition à notre époque. Bien plus en tout cas qu'un Revenge et le Comte de Monte Cristo. Elle m'a plu sans m'éblouir, elle m'a frustré plus qu'elle n'aurait dû, elle m'a rendu impatient de découvrir sa mise en image et la prestation des acteurs dans ces rôles exigeants, elle m'a questionné sur sa place sur ABC mais a fini par me séduire, indéniablement. J'espère que la chaîne se laissera tenter par Dangerous Liaisons car, au fond, il n'y a pas meilleur point de départ pour un soap que celui-ci...

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22 avril 2014

Cuz-Bros [Pilot Script]

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 CUZ-BROS

Comédie (multi-camera) // 22 minutes 

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Ecrit et produit par Erik Sommers (Community, American Dad!) & David Caspe (Happy Endings, Marry Me). Réalisé par Pamela Fryman (How I Met Your Mother, Frasier). Pour CBS, CBS Television Studios, Sony Pictures Television & FanFare Productions. 49 pages.

Nick, la trentaine, animateur sportif populaire d'une chaîne locale de Los Angeles, collectionne les conquêtes et trouve sa vie parfaite comme elle est. Lorsque son cousin Barry, un simple d'esprit au coeur tendre, débarque de sa Floride natale, il n'a pas d'autre choix que de l'accueillir chez lui. La cohabitation devient très rapidement compliquée et tout porte à croire que Barry n'est pas près de partir...

Avec Geoff Stults (7 à la maison, October Road, The Finder, Enlisted), Parker Young (Suburgatory, Enlisted), Andrea Anders (Joey, The Class, Better Off Ted), Debra Jo Rupp (That '70s Show, Friends, Better With You), Ian Gomez (Cougar Town, Felicity)...

 

   Rien qu'en lisant le pitch de Cuz-Bros, on s'ennuie. Parce qu'on a l'impression d'avoir déjà vu ça un million de fois. Ce n'est d'ailleurs pas une impression. Clairement, les créateurs de cette sitcom ne se sont pas foulés pour trouver une idée. L'un d'entre eux n'est autre que David Caspe, le créateur d'Happy Endings, également à la tête du pilote Marry Me pour NBC (qui ne fait pas non plus preuve d'une grande originalité). Mais à bien y regarder, l'histoire de départ de Happy Endings n'était pas non plus très neuve. Cela a quand même donné une super série, partie trop vite. Et puis de toute façon, on le sait, les pitchs les plus originaux ne font pas forcément les meilleures séries, et c'est particulièrement vrai pour les sitcoms. On donne souvent l'exemple de Friends. C'est le meilleur qui puisse exister. Malgré tout, c'est le principal problème que j'ai rencontré à la lecture du pilote de Cuz-Bros. Ce sentiment que tout est extrêmement prévisible du début à la fin. Et c'est dommage, parce que c'est plutôt marrant.

   Nick, incarné par le beau gosse Geoff Stults, n'est pas le genre de personnage que j'aime en général. Les mecs super beaux et méga prétentieux, évidemment homme à femmes, ça me gonfle. Sauf quand c'est Barney Stinson, parce qu'avec son excentricité il a justement su réinventer ce stéréotype cher à la comédie. Ou Joey Tribiani, parce qu'il n'était pas si beau que ça mais il y croyait tellement fort que ça le rendait somewhat charmant. Et en plus il était stupide, donc amusant à ses dépens. Je grossis les traits, hein. Bref, Nick EST le stéréotype et rien ne parvient à le sauver, pas même sa prise de conscience en fin de pilote. Barry est disons... moins agaçant parce qu'il a de facto le bon rôle. Il fait n'importe quoi, mais ses actions, même les plus stupides, partent toujours d'un bon sentiment. Quand il fait une bêtise, on a envie de le cajoler. Et encore plus quand on sait qu'il est joué par Parker Young. Qui a vu Suburgatory ou Enlisted sait de quoi je parle. D'ailleurs, de reformer une partie du trio d'Enlisted (même pas encore officiellement morte) dans ce pilote est une excellente idée ! La FOX a bien merdé sur ce coup et CBS a bien raison d'en profiter ! Tout ça pour dire que le duo va marcher parce qu'il y aura suffisamment de complicité entre les acteurs pour que l'on y croit.

    Mais le pilote avance inexorablement comme on pouvait s'y attendre, avec quelques bonnes répliques, quelques situations amusantes, le tout dans un format multi-cam écrit comme si c'était une single-cam, ce qui est étrange. Les personnages secondaires ne brillent pas particulièrement : je m'attendais à ce que la maman de Nick soit hilarante, surtout quand on choisit Debra Jo Rupp pour l'interpréter, mais non, elle n'a rien de spécial. L'actrice saura la rendre spéciale, c'est ce qui est rassurant. Puis les collègues de Nick sont... oh ils ont un peu d'humour, ils sont cyniques, mais rien de formidable à se mettre sous la dent. Stacey, la co-animatrice de Nick, est aussi son intérêt amoureux. Celle qu'il va passer toute la saison à essayer d'avoir parce que c'est en fait la seule qui lui résiste. C'est aussi super classique ça. Boring. Alors il est vrai que la fin est plutôt sweet, lorsque les deux cousins se remémorent leurs souvenirs de jeunesse et se découvrent au moins un point commun : l'un a perdu son père, l'autre sa mère. C'est mignon. 

   Cuz-Bros est un pilote moyen, partiellement amusant mais vraiment trop simpliste et classique pour mériter une commande. De plus, son concurrent direct est le The Odd Couple de Matthew Perry puisque les deux thèmes sont similaires. Et ce dernier a l'avantage, en plus de sa star, d'être plus efficace et d'avoir des personnages féminins qui existent vraiment. 

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21 avril 2014

iZombie [Pilot Script]

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iZOMBIE

Drama // 42 minutes

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Ecrit, produit et réalisé par Rob Thomas (Veronica Mars, Party Down, 90210). Co-écrit par Diane Ruggiero (Veronica Mars, Bates Motel). D'après les comics de Michael Allred & Chris Robertson. Pour The CW, Warner Bros. Television, DC Comics & Rob Thomas Productions. 62 pages.

Olivia Moore, surnommée Liv, une étudiante transformée en zombie lors d'une soirée qui a très mal tourné, travaille en tant que médecin légiste afin de pouvoir profiter du festin que représentent pour elle les cervelles des défunts. A chaque bouchée, elle hérite des souvenirs de la personne. Cherchant désespérément un sens à sa vie, elle se rend compte qu'avec l'aide du détective Clive Babinaux, elle peut résoudre les affaires de meurtres et calmer ainsi les voix qui la tourmentent dans sa tête...

Avec Rose McIver (Once Upon A Time, Masters Of Sex, Power Rangers RPM), Malcolm Goodwin (Breakout Kings), Rahul Kohli, Robert Buckley (Les Frères Scott, 666 Park Avenue, Lipstick Jungle), David Anders (Alias, Heroes, Vampire Diaries, Once Upon A Time), Alexandra Krosney (Last Man Standing), Nora Dunn (Saturday Night Live, Entourage)...

 

   En 2011, la CW, sous son ancienne présidence, avait tourné un pilote intitulé Awakening, centré sur deux soeurs dont l'une était un zombie, à l'aube d'une révolte des morts-vivants. Lucy Griffiths et Titus Welliver figuraient au casting. Malgré le succès balbutiant de The Walking Dead, la chaîne n'avait pas commandé la série, lui préférant The Secret Circle et Hart Of Dixie. Trois ans plus tard, elle retente le coup avec une adaptation de iZombie, une franchise DC Comics, signée Rob Thomas, le papa de Veronica Mars, tout juste revenu en odeur de sainteté grâce à la résurrection "cinématographique" de sa série culte. En associant les ingrédients qui ont fait son succès avec la mode des zombies, le monsieur s'assure d'avoir un nouveau show à l'antenne à la rentrée. iZombie n'a pas soulevé en moi un enthousiasme énorme, mais je dois lui reconnaître une sacrée efficacité et du potentiel !

   Autant le dire tout de suite : ce qui m'a posé problème dans ce pilote, c'est son aspect procédural très très fort, qui était certes présent dans Veronica Mars, surtout au début -et cela me dérangeait déjà à l'époque- mais qui avait le mérite d'être souvent très léger, caustique, et qui ne concernait pas que des meurtres mais toutes sortes d'affaires de moeurs. Et tout cela se déroulait dans un univers ado, dans le microcosme que représentait la petite ville de Neptune, son lycée, ses riches habitants. Les enquêtes étaient du bricolage de détective en herbe. C'était fun à tous les niveaux ! Et puis le vernis craquait et plusieurs personnages très superficiels au premier abord se révélaient, apportant plus de profondeur et de drama. iZombie est d'emblée plus sombre et moins légère, placée dans un univers qui n'est pas du tout atypique : la ville pluvieuse de Seattle. Ses héros sont plein d'humour et ça c'est l'élément qui m'a le plus convaincu, mais elle n'en reste pas moins plus classique dans la forme ET dans le fond. Veronica Mars possédait qui plus est un fil rouge, plusieurs même si l'on élargit aux saisons suivantes, qui permettait de maintenir l'intérêt même quand les cas du jour nous passionnaient un peu moins. Ici, il y a un fil rouge qui se dessine à la toute fin d'épisode, en guise de cliffhanger, mais il n'est pas particulièrement excitant. En gros, l'héroïne découvre qu'elle n'est pas la seule zombie de Seattle. Ce dont on se serait évidemment tous douté ! Il y en a au moins un autre, décrit comme le big bad de la série, incarné par celui qui joue toujours les big bad dans les séries fantastiques : David Anders. Personnellement, ça ne me suffit pas à ce stade. Il va falloir grandement développer cette partie-là pour me faire rester plus de deux ou trois épisodes...

   Mais iZombie marque des points dès qu'il s'agit de son héroïne, attachante et cynique à souhait, des dynamiques entre tous les personnages, principaux ou secondaires, et ses dialogues très rythmiques, succulents, dont on ne peut que se délecter. On retrouve là sans conteste la plume affûtée de Rob Thomas, qui adore balancer à tout bout de champ des références à la pop culture, je pense notamment à Lady Gaga, puisque son vrai nom -Stefani Germanotta- est utilisé pour identifier la victime principale du pilote; ou Grey's Anatomy, dans ce passage que j'ai adoré : "Four years of pre-med. Four years of med school. Ten seasons of Grey’s Anatomy -- and yet I don’t know the answer to the most pressing biological question of my life. What’s safe sex for a zombie?". Il s'agit d'ailleurs d'une des nombreux phrases en voix-off prononcées par l'héroïne, un procédé que certains détestent, que moi j'adore la plupart du temps, et qui trouve ici tout son sens et apporte énormément au ton général de la série. Liv est hyper cynique, comme je le disais, sur son état, sur son futur, sur les gens qui l'entourent et qui ne la comprennent plus... et cela m'a fait irrémédiablement penser à la fascinante George de Dead Like Me. La phrase suivante, elle aurait pu tout à fait la prononcer : "When you die, life goes on without you. If you’re among the living dead, you get to watch.". De toute façon, Rob Thomas et Bryan Fuller ont le même type d'écriture, sauf que ce dernier est obsédé par la mort et l'horreur, alors que le créateur de iZombie est d'habitude plus "pop". Il faudrait qu'ils s'associent pour faire un truc un jour. Ce serait génial ! 

   Bref, iZombie fonctionne en grande partie grâce à son humour à toute épreuve. Le trio formé par Liv, son collègue Ravi et le détective Clive Babinaux marche du feu de Dieu car ils ont beaucoup de répondant et se renvoient la balle à la perfection. Mais la coloc' de Liv est amusante aussi; sa mère est odieuse mais drôle dans sa méchanceté; Major Lilywhite, son ex, est rigolo malgré lui tant il est le stéréotype du beau gosse qui n'a rien, mais absolument rien à dire. Quant au petit frère de Liv, Evan, il est peu présent mais on sent tout de suite qu'on pourrait s'attacher à lui facilement. Il a l'air profondément gentil et aimant. En début de pilote, Liv doit faire face à une "intervention" de la part de sa famille et de ses amis et c'est vraiment très amusant, en plus d'être un excellent moyen de tous les introduire en une seule et même scène. L'autre truc assez réussi mais du côté des enquêtes cette fois c'est les effets lorsque Liv se met, malgré elle, dans la peau des victimes. Si Rob Thomas, qui est aussi le réalisateur du pilote, parvient à aller au bout de ce qu'il a imaginé sur le papier, ça devrait rendre super bien. Après, le système de "visions" à la Medium et compagnie, je ne suis pas fan sur le principe... Enfin, vous devez tous vous demander comment sont traitées les scènes où Liv mange de la cervelle. Eh bien c'est très simple : étant donné qu'elle n'est pas fan du goût, elle la coupe en morceaux et plonge ceux-ci dans un bol de pâtes chinoises, avec beaucoup de tabasco. Yep, c'est ridicule... 

    iZombie n'aura pas de mal à trouver des amateurs, notamment une partie des anciens fans de Veronica Mars qui y verront un palliatif honnête, mais je ne parierais pas nécessairement sur un grand succès, même à l'échelle de la CW. Elle a beau fonctionner, amuser, il lui manque quelque chose, en tout cas au stade du pilote, pour totalement vous emporter...

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20 avril 2014

A To Z [Pilot Script]

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A TO Z

Comédie (Single-Camera) // 22 minutes

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Ecrit par Ben Queen (Cars 2). Produit par Rashida Jones & Will McCormack. Pour NBC, Warner Bros. Television & Le Train Train Productions. 38 pages.

Andrew et Zelda vont sortir ensemble pendant huit mois, trois semaines, cinq jours et une heure. Ce programme de télévision, diffusé sur NBC, est le récit détaillé de leur histoire... de A à Z !

Avec Cristin Milioti (Once, How I Met Your Mother, Le Loup de Wall Street), Ben Feldman (Drop Dead Diva, Mad Men), Lenora Crichlow (Being Human UK, Back In The Game), Henry Zibrowski (Your pretty face is going to Hell), Christina Kirk (Girls) et la voix de Katey Sagal (Mariés, deux enfants, Touche pas à mes filles, Sons Of Anarchy)...

 

   Le pitch que vous venez de lire peut vous paraître étrange. Il s’agit en fait de l’exacte traduction de la phrase clé prononcée par la narratrice (la formidable Katey Sagal) par deux fois au cours du pilote, au début et à la toute fin. Et je suppose qu’en cas de commande, il fera aussi office de générique. Il est malicieux et méta. A to Z est un des scripts de comédies les plus originaux que j’ai lus jusqu’ici cette saison (et il m’en reste peu) et je vois très exactement pourquoi NBC ne pouvait pas ne pas en commander au moins un pilote. Et comme j’aime prendre des risques, je dirais même que je vois très exactement pourquoi NBC doit et va la commander en série.

   Tandis que CBS a elle-même sélectionné quelques projets qui ont pour but de prendre la succession de son hit de la décennie How I Met Your Mother, à commencer par le spin-off bien entendu, NBC débarque avec son projet à elle qui y ressemble par certains aspects tout en offrant une autre vision de la comédie romantique. Je pensais l’année dernière que le Mixology d’ABC avait le potentiel de devenir cette nouvelle comédie ultra-générationnelle. Vu les audiences, c’est cuit. Alors peut-être que je me trompe aussi avec A to Z, mais elle se donne du mal pour renouveler le genre. On pourra au moins lui reconnaître ça si les choses tournent mal. Je vous en remercie par avance. La ressemblance avec HIMYM est de toute façon surlignée au feutre fluo depuis que Cristin Milioti, l’interprète de la « mother », a été choisie pour incarner le Z de A to Z, la fameuse Zelda. Sans entrer dans la polémique autour du final de la série culte, un reproche que l’on pourrait faire à la dernière saison c’est de ne pas avoir utilisé au maximum l’actrice et le capital sympathie de son personnage. A to Z pourrait réparer cela, car Zelda n’est pas très différente d’elle.

   Andrew, le A, peut également faire penser à notre ami Ted. Carrément même. Il est ultra-romantique, sans doute un peu trop pour son bien, et désespère de trouver l’âme sœur. Son exemple, c’est ses parents, longtemps mariés et heureux jusqu’à ce que madame décède. Puis son père s’est marié, remarié et reremarié –là, il est instance de divorce avec… Roseanne Barr- cherchant encore et encore « the one ». Andrew écoute donc du Céline Dion dans sa voiture et travaille pour une société spécialisée dans les rencontres amoureuses, "Crush", concurrente directe d'"OkCupid". Au passage, le scénariste en fait une critique assez cynique mais très juste. Lors d’une réunion de travail, les patrons d’Andrew annoncent clairement que leurs résultats sont trop bons : trop de couples se sont formés grâce à eux, ils ont de moins en moins de clients et doivent donc s’arranger pour échouer davantage dans leurs matchings ! Je pensais que l'aspect comédie de bureau prendrait le pas sur tout le reste, mais ce n'est finalement pas le cas.  Il y a un petit côté Better Off Ted bienvenue dans cet aspect-là de la série. Les personnages secondaires en sont les employés et/ou les colocataires des héros : Stu, le pote pas très délicat potentiellement lourd, qui bosse avec Andrew dans la compagnie; Stephie, la mangeuse d'hommes qui a toujours de très mauvais conseils à donner à Zelda; et Lydia, la patronne de Crush, une blonde ambitieuse et terrifiante.

  Avec une narration à la Pushing Daisies, une ambiance à mi-chemin entre How I Met Your Mother et Better Off Ted et des personnages potentiellement attachants soutenus par une distribution solide, A to Z est une comédie romantique atypique et amusante dont on pourrait facilement tomber amoureux. Son point faible, c'est qu'elle est plus mignonne et touchante qu'hilarante. Un peu plus de comédie serait nécessaire en cas de commande. J'aimerais que NBC lui donne sa chance...


19 avril 2014

Scorpion [Pilot Script]

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SCORPION 

Drama // 42 minutes

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Ecrit par Nick Santora (Prison Break, Breakout Kings, Vegas). Produit par Alex Kurtzman & Roberto Orci (Alias, Fringe, Hawaii 5-0, Star Trek, Sleepy Hollow, Transformers). Réalisé et co-produit par Justin Lin (Fast & Furious). Pour CBS, CBS Television Studios, K.O. Paper Products, Perfect Storm Entertainment & SB Films. 65 pages.

Walter O'Brien, surnommé "Scorpion", un homme possédant le 4ème Q.I. le plus élevé du monde, a recruté quelques-uns des plus grands génies de la planète pour fonder une société chargée de résoudre des crises urgentes et d'ampleur considérable, de celles que même la CIA ne parvient pas à régler seule. Inadaptés socialement, ils apprennent ensemble à vivre en communauté, à dépasser leurs peurs, leurs phobies et à vaincre leur solitude...

Avec Elyes Gabel (Body Of Proof, Game Of Thrones), Katharine McPhee (Smash), Robert Patrick (X-Files, The Unit, Terminator 2, True Blood), Eddie Kaye Thomas (American Pie, How To Make It In America), Jadyn Wong (Cosmopolis, Erica Strange), Ari Stidham (Huge), Ernie Hudson (Oz, SOS Fantômes, The Crow)...

 

   Le pilote de Scorpion m'a littéralement é-pui-sé ! Et ce pour une raison très simple : il est rempli d'action, de rebondissements, il est bavard, très bavard, presque schizophrénique tant il oscille entre plusieurs tons, et il parvient à installer chacun des sept personnages principaux avec une aisance incroyable. On ne peut pas respirer une seule seconde, pas de répit, jamais. C'est déstabilisant mais payant. Moi qui ne suis pas du tout client des procedurals de CBS, j'y ai trouvé mon compte. C'est hyper moderne, peut-être trop pour le public de la chaîne, et c'est bel et bien un "The Big Bang Theory" du drama, comme il avait été présenté lors de son achat. D'ailleurs, le héros est un peu Sheldonesque par moment. C'est ce qui le rend aussi drôle qu'attachant. J'ai l'impression d'avoir déjà tout dit en un paragraphe, mais je vais essayer de creuser...

   La scène d'ouverture, spectaculaire et d'une grande beauté, est un flashback se déroulant en Irlande dans les années 90, nous montrant comment une unité d'élite du Gouvernement Américain a débarqué dans une ferme isolée au milieu des vallées pour arrêter un petit garçon d'une dizaine d'années qui avait réussi à hacker le système informatique de la NASA ! Et ce petit garçon, 22 ans plus tard, est notre héros. Figurez-vous que ce génie existe, de même que la société qu'il a fondée et qui est au coeur de la série. Je ne sais pas s'il a vraiment été exposé à un cas comme celui de ce premier épisode -je n'espère pas, ce serait très inquiétant- mais la question de la crédibilité de ce que l'on nous montre est inévitable. A plusieurs reprises, je me suis dit qu'ils allaient un peu trop loin dans leur délire. Mais ce n'est pas si gênant que ça au fond tant que le divertissement est efficace. Et assurément, il l'est. Je vous explique : la team est approchée par la CIA, représentée par l'Agent Cabe Gallo, pour venir en aide à la tour de contrôle de l'aéroport international de Los Angeles (LAX) dont le système informatique vient de crasher, menaçant de faire se crasher une dizaine d'avions sur le territoire américain dans les trois heures. La course contre la montre commence donc et nous entraîne dans des aventures spectaculaires, ave tour à tour une scène incroyable -et peu crédible- sur une piste d'atterissage, ou une autre avec deux des membres de l'équipe coincés dans une pièce top-secrète dont le système de sécurité s'enclenche, lequel consiste à se remplir d'eau au fur et à mesure... Quand je vous dis qu'il y a de l'action, je ne vous mens pas ! Avec Justin Lin, réalisateur de plusieurs opus de Fast & Furious, tout porte à croire que ça aura de la gueule. 

   Mais si Scorpion se contentait de ça, ce ne serait pas suffisant. Il s'avère que la série a aussi pour vocation de faire du feuilletonnant avec ses héros. Ils ont tous leurs petits ou gros problèmes. Ils sont tous très différents, très spéciaux, dans leur rapport à l'autre, dans leurs angoisses. Ils sont tous atypiques et le scénariste a pris le parti d'en rire, d'en faire quelque chose d'assez léger. Résultat : on se retrouve avec un certain nombre de répliques tordantes et de situations improbables, et bon nombre de scènes qui privilégient l'humour. D'ailleurs, il faut attendre la 12ème page du script avant que le cas de la semaine ne soit présenté. C'est assez rare pour le souligner dans ce type de série ou ça se passe en général dans la première ou la deuxième scène. L'accent est vraiment mis sur les personnages. La séquence qui suit celle d'ouverture que je vous ai présentée plus tôt est Walter O'Brien au restaurant en train de larguer sa copine du moment de manière très inattendue et goujate à souhait ! La suivante nous présente l'équipe Scorpion sous l'angle de leur quotidien, au sein de l'entrepôt high-tech dans lequel ils vivent. L'un d'entre eux a oublié de payer la facture d'électricité et cela entraîne des dialogues savoureux. Puis l'on se retrouve dans le bar QG du héros, où une grande partie de l'action du pilote va se dérouler, aux côtés d'une serveuse au caractère bien trempé (Katharine McPhee) et son jeune fils, un petit génie en devenir, coupé du monde, avec qui Walter va se lier d'amitié et aider à avancer. Evidemment, il tombe un peu amoureux de la maman. La demoiselle ne se contente pas de faire d'être jolie, elle participe plus tard à l'action et rejoint plus ou moins officiellemment la bande au terme du pilote.

   Je me dois de terminer cette critique dithyrambique sur l'aspect négatif de la série : les personnages qui savent tout sur tout, qui vous sortent des tirades mathématiques de trois mètres de long que vous ne comprenez pas... c'est lourd à la longue. Ca vous donne presque l'impression que l'on fait exprès de vous donner trop d'informations pour que vous ne puissiez pas vous rendre compte par vous même si ce qui se passe est possible, réaliste, logique. Et puis même si c'est assez original dans l'idée, l'agent de la CIA est totalement inutile. Il est spectateur de tout ce qui se passe, il n'intervient quasiment pas, sauf pour faire des remarques désobligeantes. Enfin, pas de cliffhanger en fin de pilote mais une scène un peu trop niaise à mon goût, vraiment pas percutante.

   Scorpion a selon moi toutes les capacités pour devenir un gros hit pour CBS, elle réussit là où Intelligence a complètement échoué par exemple. C'est une série blockbuster qui requiert un budget conséquent pour ne pas être ridicule à l'image, qui peut faire un carton chez les 18/49 ans tant elle est moderne et incarnée par des héros un peu plus jeunes que la moyenne des autres programmes de CBS en dehors des comédies. Elle a vraiment beaucoup d'atouts, même si je réserve mon jugement sur le casting. Vu les beaux projets de la chaîne cette saison, elle va devoir se battre pour obtenir sa place...

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17 avril 2014

Bambi Cottages [Pilot Script]

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BAMBI COTTAGES 

Comédie (Single-Camera) // 22 minutes 

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Ecrit par Brian Gallivan (The McCarthys, Happy Endings). Produit par Will Gluck (Easy Girl, Sexe entre amis, The Michael J. Fox Show). Pour ABC, ABC Studios, Sony Pictures Television & Olive Bridge Entertainment. 36 pages.

A l'été 1972 , Teddy Burke, un père de famille surmené, décide qu'il est grand temps de réaliser son rêve : quitter la ville pour gérer un camp de vacances du bord de mer dans le New Hampshire. Sa femme, très réticente à cette idée, finit par accepter par amour, tandis que leurs six enfants âgés de 7 à 17 ans n'ont pas d'autre choix que de les suivre et découvrent qu'ils vont devoir mettre la main à la pâte, que ça leur plaise ou non...

Avec Molly Shannon (Saturday Night Live, Kath & Kim, Enlightened), Paul F. Tompkins (The LA Complex), Connor Kalopsis, Cole Sand, Charlie Kilgore, Shiloh Nelson, Ty Parker, Tessa Albertsonin...

 

   ABC, passée reine dans la production de comédies familiales single-camera amusantes et feel-good, poursuit sur sa lancée avec Bambi Cottages, qui fournit exactement ce que l'on attend d'elle, quitte à ne pas surprendre et ne pas apporter grand chose de nouveau à ce qui existe déjà sur l'antenne de la chaîne Disney, à savoir The Middle, Modern Family, The Goldbergs et Trophy Wife (enfin cette dernière peut-être plus très longtemps, malheureusement). Je mets Suburgatory et The Neighbors à part, parce qu'elles ont su faire preuve d'un peu plus d'originalité, laquelle n'a pas été vraiment récompensée par ailleurs. Mais dans l'esprit, on est dans la même tendance. Et on ne peut pas leur en vouloir d'assurer leurs arrières après tout. Quand ils font autre chose (Happy Endings, Don't Trust The Bitch, Mixology...), ils se plantent en beauté, malgré des séries de bonne voire excellente facture. 

   Bambi Cottages, c'est plus ou moins The Middle dans les années 70, sans les problèmes d'argent, troqués contre l'insouciance. Ou alors c'est le The Goldbergs des seventies, sans les tracacs du quotidien et l'univers ultra-référencé. Pour tout dire, les 2/3 du pilote seraient parfaitement transposables à notre époque. On va juste dire que se lancer dans une telle aventure -ouvrir un camp de vacances- est beaucoup plus risqué aujourd'hui qu'à cette période et ne paraîtrait pas très crédible, crise économique oblige. Mais la bonne nouvelle, c'est qu'il n'est pas nécessaire d'avoir grandi dans 70s pour apprécier les blagues. Un peu comme avec That '70s Show en fait. L'humour y est universel et efficace. Il se dégage de ce pilote un grand vent de liberté, accompagné d'un brin de nostalgie. C'est idéaliste, sans doute. Mais par les temps qui courent, ça fait du bien.

   Teddy est un peu agaçant au départ, avec cette façon d'imposer à tous SON rêve, mais la tendresse qu'il a pour sa femme et ses enfants est suffisamment explicite pour qu'on ne lui en veuille pas. Il ne fait pas ça égoïstement mais pour offrir une meilleure vie à l'ensemble de sa famille. Comme c'est mignon. Sa femme, jouée par l'excellente Molly Shannon, n'est pas hystérique -personne ne l'est d'ailleurs, ça c'est rafraîchissant- mais très sarcastique. Petit à petit, elle se laisse prendre au jeu malgré tout. Et la complicité qu'elle a avec son mari est aussi classique que sympathique. Un couple de télévision comme on les aime. Quant aux enfants, comme dans les autres comédies de la chaîne, ils ont plutôt intérêt à être bons car ils ont beaucoup à faire. Mais je ne me fais pas trop de soucis pour ça. Les casteurs font toujours du bon boulot dans ce département. Avec six enfants, on a forcément un petit sentiment de déjà vu concernant la personnalité de chacun d'entre eux, mais le créateur a quand même réussi à ajouter des choses intéressantes. Nous avons l'aînée, Veronica, qui ne peut pas s'empêcher de se comporter comme une deuxième maman au grand dam de ses frères et soeurs; Russell, décrit comme un Darlene au masculin (référence à Roseanne); Elliott, le petit garçon de 9 ans qui ne sait pas encore qu'il est gay, ses parents non plus; Phyllis, muette pour des raisons obscures; ou encore Nathan et Wally, un peu moins présents. Il y a de quoi faire ! La majeure partie du pilote consiste à mettre en place, pas toujours très naturellement et subtilement, les dynamiques et installer la famille dans son nouvel univers, face à quelques premiers clients mécontents des prestations offertes, pas conformes à leurs attentes.

   Comme son nom l'indique, Bambi Cottages est une comédie douce, mignonne, positive, qui manque peut-être un peu de mordant mais qui a parfaitement sa place sur ABC, casée entre The Middle et Modern Family par exemple. Fresh Off The Boat, sa concurrente la plus sérieuse, est plus originale et mérite davantage la place, si toutefois il n'y en a qu'une seule à prendre. Mais il y aussi Black-ish, que je n'ai pas trop aimé personnellement mais qui pourrait surprendre... Bref, la chaîne a l'embarras du choix et j'espère qu'elle fera le bon. A noter que le créateur, Brian Gallivan, est également à l'origine de The McCarthys, petit coup de coeur de la saison passée retravaillé chez CBS pour 2014 (voir la critique). 

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16 avril 2014

Babylon Fields [Pilot Script]

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BABYLON FIELDS (2014)

Drama // 42 minutes 

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Ecrit et produit par Michael Atkinson & Gerald Cuesta. Co-écrit, co-produit et réalisé par Michael Cuesta (Six Feet Under, Dexter, Homeland). Pour NBC & 20th Century FOX Television. 53 pages.

Du jour au lendemain, dans la petite ville de Babylon, les morts sortent de leur tombe. Devenus des zombies, ces ex-vivants en pleine putréfaction tentent de reprendre une "existence" normale, au milieu de leurs familles et de leurs amis, naturellement déboussolés. Ils peuvent parler et se souviennent de tout, ou presque. Janine Beltran, neurochirurgienne, et Thomas Wunch, scientifique, unissent leur force pour expliquer l'inexplicable, alors qu'eux-mêmes sont touchés par le retour de leurs proches. C'est alors que des secrets bien enfouis sont déterrés dans le chaos...

Avec  Skeet Ulrich (Scream, Jericho, Los Ageles Police Judiciaire), Virginia Madsen (Candyman Sideways, Hot Spot), Meagan Good (Cousin Skeeter, Deception, Californication), S. Epatha Merkerson (New York Police Judiciaire), Kyle Schmid (Copper, Being Human US), Ritchie Coster (Luck), Yul Vasquez (Treme, Magic City)...

 

   Faulkner -- “The past is never dead. It’s not even past.” J'avais envie de commencer cette review par cette jolie citation, prononcée par l'héroïne au cours du pilote de Babylon Fields. Vous n'êtes peut-être pas sans ignorer que ce projet sur des morts-vivants est, comble de l'ironie, lui-même un revenant. Il a été développé une première fois pour CBS en 2007, ce qui a abouti à une commande de pilote. Amber Tamblyn, Kathy Baker (l'excellente...), Ray Stevenson ou encore Jamey Sheridan faisaient partie de la distribution. Sans surprise, la chaîne a choisi de ne pas aller plus loin, même s'il lui est arrivé de commander de temps en temps des séries très différentes de ce qu'elle avait l'habitude de proposer. Je pense à Viva Laughlin notamment, la plus étonnante de toutes, et on pourrait aussi citer Harper's Island ou Vegas. Mais Babylon Fields allait sans doute trop loin dans le gore et l'étrange, d'autant plus dans une télévision pré-The Walking Dead. Le pilote, toutefois très apprécié par les professionnels de la profession et les critiques, s'est retrouvé disponible sur internet, fait rarissime. Et vous pouvez le (re)voir en bas de cette page. Ce que j'ai consciencieusement fait avant de vous écrire cette bafouille.

    Une fois que l'on a replacé Babylon Fields dans son contexte d'origine, contextualisons cette nouvelle version qui débarque 7 ans plus tard. The Walking Dead est passée par là, ainsi que In The Flesh, Les Revenants et tout récemment Resurrection, traitant toutes plus ou moins du même sujet mais chacune à leur manière, avec leurs spécificités locales. NBC, et plus précisément Jennifer Salke, sa responsable des dramas, ancienne de 20th Century FOX qui a participé au développement du premier pilote, a vu l'opportunité de surfer sur la tendance avec un projet clé en mains. Surtout qu'entre temps, Michael Cuesta, son réalisateur et producteur exécutif, a fait ses preuves sur Dexter et Homeland, rien que ça (et a réalisé les pilotes d'Elementary et Blue Bloods). A l'époque c'était un jeunot et quasi "no one". Mais alors est-ce que Babylon Fields apporte quelque chose à ce que l'on a déjà vu sur les zombies ? La réponse est non. On est à mi-chemin entre The Walking Dead et Resurrection, tandis que l'on retrouve peu de nos Revenants. C'est dommage, c'était la meilleure référence des trois, sans chauvinisme aucun. 

   Là où le premier pilote était très dans l'intime, dans le silence, dans la froideur, dans l'émotion, dans l'irrationnel qui ne cherchait pas être expliqué (en tout cas dans le pilote, qui sait ce qu'aurait donné la suite... ), celui-ci s'annonce plus frontal, plus grandiloquent, plus dans la démonstration, dans le gore, dans le mystère. Il laisse peu de place à l'émotion malheureusement et préfére privilégier l'action et les rebondissements. C'est sans doute plus proche de notre temps, à tort ou à raison. Le premier sonnait très câble. Celui-ci sonne plus network, la violence et le gore mis à part. Et ce n'est pas un détail. Si l'oeuvre originelle est dénaturée, c'est en pleine conscience : l'équipe est exactelent la même. On ne peut pas reprocher à NBC d'avoir voulu le rendre plus grand public et, de fait, plus attrayant... plus vivant ! Peu de choses ont été gardées de l'histoire d'origine. Quelques fragments de scènes, quelques morceaux de personnages.

   L'intrigue adopte d'emblée une position plus scientifique et explicative, ne serait-ce que de par le métier de ses héros principaux. Ils essayent de comprendre, ils cherchent des réponses, et leur quête fait écho à leurs démons personnels. Tout cela est assez bien géré, avec quelques séquences marquantes, inquiétantes, je n'irai pas jusqu'à dire terrifiantes mais elles sont en tout cas indéniablement inconfortables pour le téléspectateur. J'ose espérer que c'est le but recherché, de le bousculer. Ni trop, ni pas assez... Il y a un gros twist, que je n'avais personnellement pas vu venir, et une révélation, prévisible à des kilomètres, qui donnent envie de revenir. Mais je ne suis pas certain que cette série puisse tenir le coup sur le long terme. Cette version a plus d'ampleur que la première, mais peut-être pas encore assez pour nous tenir haleine bien longtemps. Et puis, inévitablement, il y a la religion. Elle est quasiment absente des Revenants, si ce n'est par touche, de façon très sinueuse. Elle est très présente dans Resurrection, du moins de ce que j'en ai vu. Elle a un rôle à jouer dans The Walking Dead, mais sans être trop appuyée, sans insistance. Tout cela est très révélateur. Dans Babylon Fields, en bonne série américaine, elle est représentée par le personnage interprété par Skeet Ulrich, un prêtre qui a la mauvaise surprise de découvrir son frère jumeau, mort, sur le pas de la porte de son église. Double peine pour ceux qui comme moi n'aiment pas du tout cet acteur... Cette partie-là, de mon petit point de vue de français athée, est ennuyeuse. Pourtant, parfois, la croyance peut me fasciner dans la fiction. Mais pas là. Vraiment pas.

   Malgré l'opportunisme évident de sa résurrection, Babylon Fields n'a pas à rougir de son intrigant pilote. Si l'on n'avait pas vu toutes ces séries de zombies naître ces dernières années, elle aurait même été très singulière dans le paysage télévisuel. Mais on les a vues, parfois aimées, parfois détestées, et on n'en a plus envie, surtout pas d'une nouvelle, qui plus est avec un casting si peu alléchant. Associée à Grimm le vendredi soir, elle pourrait cependant s'en sortir honorablement en terme d'audiences. Je ne la vois en tout cas pas faire pire que Dracula et Hannibal... Si NBC ne lui donne pas la vie, je ne la pleurerais.

 

 Découvrez le pilote de Babylon Fields, version 2007 :

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15 avril 2014

Good Session [Pilot Script]

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GOOD SESSION

Comédie (Single-Camera) // 22 minutes

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Ecrit, produit et réalisé par John Hamburg (Mon beau-père et moi, Zoolander, I Love You Man). Co-écrit et co-produit par Matthew Miller (Chuck, Las Vegas, Forever). Pour CBS & Warner Bros. Television. 42 pages.

Lindsay et Joel forment un couple heureux depuis 12 ans. Afin de déterminer si oui ou non ils sont prêts à élever un enfant, ils se lancent dans une thérapie. Mais, en fouillant dans leurs souvenirs, ils découvrent rapidement qu'ils ont bien plus de problèmes à régler qu'ils ne l'avaient réalisé.

Avec James Roday (Psych), Mandy Moore (Le temps d'un automne, Raiponce, Grey's Anatomy), Rich Sommer (Mad Men), Tracey Ullman (How I Met Your Mother, Ally McBeal), Ana Noguiera (The Michael J. Fox Show), Danielle Nicolet (3ème Planète après le soleil)...

 

   Malgré le gros échec de We Are Men, annulée sans surprise au bout de deux semaines de diffusion, puis l'inexorable chute -absolument pas méritée- de The Crazy Ones (en attendant Bad Teacher), CBS n'a pas perdu espoir d'imposer une comédie single-camera sur son antenne même si, très honnêtement, je ne vois pas pourquoi elle se démène tant alors que son truc c'est les multi-camera et que ça lui réussit plutôt bien depuis des décennies et plutôt mieux qu'à toutes ses concurrentes surtout. Question de fierté peut-être. Excès de confiance. CBS veut montrer qu'elle peut tout réussir. Parmi les pilotes commandés, trois sont donc des single-camera : Gaffigan, qui était une multi l'an dernier et qui a été retravaillée pour 2014, Taxi-22, finalement repoussé faute de trouver le bon acteur pour le rôle principal, et Good Session, dont je vais vous parler maintenant. Aussi sympathique soit-elle, je ne crois pas qu'elle puisse être LE hit qui débloquera la situation de la single-cam sur CBS...

   Quelque part, Good Session est une sorte de Rules Of Engagement plus moderne et plus soigné. Ou alors un sous-sous-sous In Treatment du couple. C'est en tout cas une énième comédie qui tente de nous apprendre comment fonctionne vraiment un couple, de l'intérieur, mais sans tous les clichés habituels. C'est du coup assez rafraîchissant dans un genre où tout a déjà été fait, et souvent assez mal ces dernières années. Du point de vue de la stricture, nous avons avant tout les séances chez la thérapeute, assez réussies dans l'ensemble, qui entraînent des flashbacks, ici sur leur première rencontre, sur la fois où elle et lui se sont rendus compte qu'ils étaient amoureux -et ce n'est pas la même- sur leur première fois également, totalement ratée. Disons que monsieur a été plus que précoce. Lors de ce passage puis quelques autres, le pilote navigue d'ailleurs dans des eaux troubles, pas très networkiennes, mais qui sont très à l'image de ce que le scénariste John Hamburg a pu faire par le passé au cinéma, notamment dans Mes beaux parents et moi. C'est vulgaire et osé, et ça marche à mort. Je pense que les fans de 2 Broke Girls, ou ceux de Mon Oncle Charlie ne devraient pas être trop choqués. Les autres... Il y a également quelques scènes au présent loin du divan, qui permettent de faire intervenir le couple d'amis le plus proche de Joel et Linsday, heureux mais pas tout à fait honnêtes l'un envers l'autre, ainsi que le père de monsieur, qui en est à son sixième mariage, et la soeur aînée de madame, pas du tout sérieuse, excentrique. L'idée est sans doute de nous montrer qu'ils se sont construits en essayant de s'éloigner le plus possible de ces trois modèles pour créer leur truc à eux. C'est vrai qu'au bout du compte ils sont mignons et attachants. Le vrai problème dans le fond, c'est que l'on ne peut pas s'empêcher de penser qu'ils n'ont absolument pas besoin de cette thérapie. Et accessoiremment que le système va vite nous gonfler et ne peut durer indéfiniment... sauf si c'était un drama. Là on pourrait explorer des intrigues plus sombres. 

   Good Session est une comédie qui se prétend plus intelligente qu'elle ne l'est vraiment, et qui n'est pas aussi drôle qu'elle devrait l'être. Mais elle n'en reste pas moins agréable à suivre, sympathique comme tout, amusante, mignonnette, un peu dacalée, osée... Elle n'est malheureusement pas à sa place sur CBS et je la vois difficilement tenir le coup à l'antenne, si toutefois elle parvenait à y accéder.  

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14 avril 2014

Exposed [Pilot Script]

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EXPOSED

Drama // 42 minutes

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Ecrit par Charles Randolph (La vie de David Gale, Love et autres drogues). Remake de la série suédoise Annika Bengtzon: Crime Reporter de Lisa Marklund. Réalisé par Patty Jenkins (Monster, The Killing, Betrayal). Pour ABC, Universal Television, TBD Entertainment & Yellow Bird Entertainment. 59 pages.

Anna Loach, journaliste d'investigation pour Rolling Stone Magazine, ne recule devant rien pour découvrir la vérité concernant des affaires controversées sur lesquelles ses confrères n'osent même pas enquêter, quitte à mettre sa vie en grand danger, contre l'avis de son patron, ses collègues et ses proches. Alors qu'elle est sur le point de faire la lumière sur des pratiques douteuses de la police locale, elle reçoit l'aide inattendue et mystérieuse d'un dénommé "Stoya", qui lui révèle les détails d'une conspiration gouvernementale touchant tous les citoyens américains...

Avec Mary Elizabeth Winstead (Die Hard 4, The Spectacular Now, The Thing), Brian F. O'Byrne (FlashForward,  Mildred Pierce), Pedro Pascal (Game Of Thrones, The Good Wife), Fran Kranz (Dollhouse, La Cabane dans les bois), Sandrine Holt (24, House Of Cards, Resident Evil), Ben Barnes (Le Monde de Narnia), Peter de Jersey (Broadchurch)...

 

    Je n'attendais pas grand chose d'Exposed, si ce n'est un show procédural, énième variation de série policière se cachant cette fois derrière un personnage de journaliste têtue pour accomplir ses basses besognes. Il n'en est rien, ou presque. Si l'aspect procédural est inévitable dans les premiers temps, avec une affaire par semaine, la part de feuilletonnant est très très importante et chaque petite affaire, comme dans ce pilote, est en réalité liée à une bien plus grand affaire, une conspiration gouvernementale. Rien que ça. A plusieurs reprises, cette partie de l'histoire m'a fait rouler les yeux. Pas d'incrédulité, mais de surprise. Le scénariste va très loin, quitte à nous entraîner quasiment dans de la science-fiction, sauf que tout cela semble finalement très réel, crédible. Et c'est franchement super flippant.  

   La série s'inscrit dans une paranoïa très actuelle, très post-11 septembre, très Homelandienne, où, au nom de la sécurité du pays, chaque citoyen est surveillé (et pas seulement aux Etats-Unis) par tous les biais possibles et imaginables : nos mails personnels sont lus et stockés sur des serveurs géants pendant des mois, des années; la moindre de nos recherches sur internet est retraçable; nos conversations téléphoniques peuvent être écoutées à tout moment; et, cerise sur le thriller, des drones postés au-dessus des plus grandes villes sont capables de suivre le moindre de nos faits et gestes, la moindre de nos rencontres, du matin au soir, 24/24, 7j/7. C'est ce qui arrive à Anna Loach, nous offrant au passage des points de vue intéressants niveau réalisation, depuis ces fameux outils postés dans le ciel. Toute son enquête du jour, assez passionnante par ailleurs mais très sombre -il s'agit de la disparition d'une jeune fille, liée à des dealers de drogues, des gangs...- est suivie à la trace par une mystérieuse entité gouvernementale qui n'a clairement pas pour unique but de protéger les citoyens, mais aussi de leur cacher de terribles vérités. Le pilote se termine par des menaces violentes proférées à son encontre. Un certain Quigg, à la tête de ce groupe, devient ainsi l'ennemi numéro un de l'héroïne, tandis que son allié, surnommé "Stoya", est un fugitif dont elle ne sait rien, mais pour qui elle a déjà développé des sentiments qui vont bien au-delà du respect, de la gratitude ou d'une certaine forme d'amitié malsaine. Elle est amoureuse quoi... alors qu'elle a déjà un boyfriend de longue date, Oscar, qui se trouve aussi être son patron aux bureaux de la côte Ouest de Rolling Stone, et qui la presse depuis plusieurs mois pour qu'elle vienne vivre chez lui, une idée qu'elle rejette en bloc, soi-disant parce que sa fille de huit ans la déteste. Bref, si Exposed est indéniablement un thriller qui se veut intelligent, rythmé, inquiétant et ultra-moderne, elle n'oublie pas une composante essentielle, particulièrement sur ABC : la romance. Ici trouble et dangereuse. Donc excitante. Scandalienne ?

    L'héroïne n'est pas instantanément attachante. Dans les premières scènes, elle est très bavarde, très désagréable avec ses collègues, trop rentre-dedans, on la soupçonne même d'être un peu prétentieuse. Puis plus le pilote avance et plus sa témérité force le respect et plus on comprend que le rempart qu'elle a construit autour d'elle est absolument indispensable pour qu'elle puisse exercer son métier avec le plus de liberté possible. Elle devient finalement admirable, mais pas héroïque. Elle reste ambitieuse, carriériste et si ses intentions sont louables et son empathie pour les victimes et leurs proches sincère, ses méthodes n'en sont pas moins discutables. Anna Loach est atypique. Elle m'a un peu fait penser à Ellen Parsons de Damages, quelque part. Elle aussi semble avoir un passé familial compliqué. Elle a clairement un problème avec son père, tandis qu'elle reste muette sur sa mère. Elle a en revanche une jolie relation avec son frère, mais cela ne va pas durer vraisemblablement : il n'est rien de moins que le grand chef d'une entreprise qui fabrique des systémes de sécurité de haute technologie... comme justement les drones utilisés par le Gouvernement ! Il y a conflit d'intérêt... Il ne sort jamais sans gardes du corps, sa vie est constamment menacée. La plupart des collaborateurs d'Anna ne sont qu'accessoires dans ce pilote, à l'exception d'un certain Elvis Giroux, pour qui on a rapidement de la sympathie. Il a beaucoup d'humour et on sent une véritable complicité entre eux, qui permet de temps à autres de détendre l'atmosphère. Et c'est vraiment nécessaire !

   Exposed est un pilote extrêmement intéressant, indéniablement réussi, qui impose un ton et une ambiance thrilleresques que l'on attend davantage sur le câble, en tout cas sur le fond, et certainement pas sur ABC, même si la forme est soignée dans ce sens. Pour le moment, la série est facile d'accès, limpide, mais sur une saison entière (de 13 ou 22 épisodes), elle est amenée à devenir beaucoup plus complexe. J'ai le sentiment que la chaîne a de fortes chances de passer son tour. En tout cas, elle ne peut pas se permettre de commander et Exposed et American Crime, qui sont très différentes mais qui jouent quand même dans la même cour et représentent un risque...

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