23 août 2008

Les Experts [CSI]

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Oriane est toujours à la pointe de l`actualité, qu`elle soit musicale ou cinématographique ! Le rayon de soleil du forum Des News En Séries a décidé de nous parler des Experts, vous connaissez ? Une petite série qui truste les prime de la 1ère chaîne de France ... Rien de plus normal pour la meilleure informatrice du net ! Direction Las Vegas, ses casinos, ses paillettes et ses meurtres !

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Les Experts Las Vegas a commencé à percer à jour le mystère des crimes gratuits (ou pas, puisque rappelons-le nous sommes à Las Vegas, ville des casinos) en 2000 sous l’impulsion d’un homme, le roi des blockbusters, Jerry Bruckenheimer. Cette série puis cette franchise, plus qu’une énième glorification policière, engage la réflexion et la participation active des téléspectateurs plus que leur soif d’action et de courses-poursuites (éléments plus que présents dans les habituels shows du genre). En effet, chez les CSI, on mise d’abord sur un cerveau en perpétuelle ébullition au lieu d’une gâchette en éternelle démonstration. Pour résoudre une affaire, on met à profit la science et les outils les plus perfectionnés pour démontrer la culpabilité des uns ou l’innocence des autres. Et donc pour cela, toute une équipe de techniciens de la police scientifique est mobilisée dans cette même quête, en plein Las Vegas et de nuit, essentiellement.

CSI : Crime Scene Investigation ne ressemble en rien à Mannix ou Starsky et Hutch. Normal, elle fonde ses enquêtes sur des preuves et des indices (cheveux, fibres, empreintes, etc.) et pas uniquement sur des interrogatoires. Et c’est ce qui m’a sensiblement attiré dès le pilote, cet esprit de recherche de la petite bête et ce sens de l’analyse et de la réflexion (suivre des raisonnements hypothético-déductifs, le pied !). Où comment créer l’une des séries d’investigation les plus innovantes, les plus intellectuelles et les plus sophistiquées de son temps en balayant du revers toutes les autres pré -existantes à sa création. Bien sûr, quitte à fouiller, fouillons dans les endroits et les situations les plus glauques possibles. La scène de crime crapuleuse est Reine. D’où le côté évidemment voyeur de la série auquel j’adhère, comme presque tout le monde (ce à quoi j’ajoute que la vie est une grande voyeuse elle-même. CSI ne fait qu’imiter la vie qui imite CSI).

La série démontre également qu’il existe un nouveau type de criminel, à savoir quelque un d’ordinaire et d’imprévisible, dont on n’aurait jamais soupçonné le machiavélisme. Du coup, à chaque épisode, pour moi, l’élément de surprise est toujours là, il ne faut jamais se fier aux apparences. Les victimes peuvent vite devenir des suspects. Le nombre de fois, où l’on nous présente des enquêtes inspirés de faits réels dans lesquelles même des enfants peuvent élaborer des crimes, est tout simplement hallucinant !

Ensuite, au-delà des thématiques de la série, c’est son style visuel et sa construction (les reconstitutions des enquêteurs par des retours en arrière) qui ont toujours eu un impact positif sur moi. Je suis persuadée que c’est davantage la forme que le fond, qui est appréciable. Chaque épisode est un mini -film avec quasiment tous les cadrages possibles et inimaginables, typiques du grand écran (panoramique, plan-séquence, zooms…). La beauté de la photographie et les décors urbains ou désertiques entre autres me surprendront toujours. On ne peut pas y être insensibles, quand on aime, comme moi, le décor américain (qui plus est, en semi- pénombre).

Passée la géographie, j’avoue que les contemplations post-mortem dans la salle d’autopsie ont de quoi déstabiliser (ceci dit, ce n’est pas filmé comme du SAW, quoique j’en sais rien en fait) mais, il faut voir cela comme l’aspect didactique de la série. Mine de rien, on apprend beaucoup de choses à chaque épisode et à force, on se surprend à connaître par coeur les principales dénominations techniques. C’est quand même un pari fort ambitieux d’impliquer (intellectuellement) le téléspectateur à ce point.

Enfin, plus que tout, ce qui a un pouvoir indéniablement fédérateur autour de la série, ce sont les enquêteurs multiples et cette bande, la Nerd Squad, à laquelle je me suis profondément attachée depuis toutes ses années. Je ne pourrais évidemment pas faire d’éloges sur tout le monde autrement, je monopoliserais facilement dix pages de ce blog, mais cependant je consens à vous présenter mes favoris.

0000002475_20060919155520Gil Grissom (évidemment !)

La tête de meutes, le bien-pensant, la figure paternelle voire le grand patriarche du show. C’est celui que j’affectionne le plus. Fils unique, solitaire, très introverti, il met une distance entre lui et les personnes qu’il côtoie comme s’il se suffisait à lui-même. La plupart du temps, il ne s’engage pas émotionnellement face aux victimes et reste impassible et circonspect. Ce qui ne veut pas dire qu’il est insensible, mais Grissom, c’est l’art du faux-fuyant. Alors bien sûr, il évolue au fil des saisons, sous l’impulsion de sa relation avec Sara Sidle mais il n’en demeure pas moins l’ovni de l’équipe. C’est aussi un personnage autonome et indépendant, que l’on a volontairement rendu omniscient et je-sais-tout afin qu’il ait un haut pouvoir de séduction. Sans lui, l’équipe n’a pas d’unité et autant de chances de résoudre une affaire, parce que c’est un véritable puits de science (il n’y a qu‘à se rendre compte de ses connaissances en entomologie par exemple). C’est aussi un Oscar Wilde en puissance parce que doué pour les aphorismes ou les bons mots. Rien ne lui échappe non plus. Par contre, lui, il nous échappe tout le long. Son mystère reste entier aux yeux du spectateur et aux yeux de ses collègues.

marg_helgenberger_catherine_willows_csi_photoCatherine Willows

Fille de ses oeuvres, autodidacte accomplie, la figure maternelle de la série. A la différence des autres experts, elle n’a pas suivi le même parcours pour devenir une experte. Ce qui est tout à son honneur. Par conséquent, c’est elle qui selon moi a le plus de mérite au sein de l’équipe et je dois dire que son fort tempérament n’est pas pour me déplaire. Au fil des saisons, elle va évoluer et gravir les « échelons » en débutant d’abord sous la tutelle de Grissom puis en accédant au rang de co-superviseur de l’équipe de nuit. Elle a des conflits plus ou moins houleux avec les hommes de sa vie, notamment son ex-mari Eddie et avec son père, Sam, escroc notoire. Le charme de Catherine est bien sûr maintes et maintes fois mis en avant dans la série puisque nous avons droit à des scènes de flirt effleurés (avec Warrick), poussés voire poussifs avec des hommes rencontrés par hasard (par exemple, avec le personnage de Chris incarné par Nicholas Lea)

0000002481_20060919155538Nick Stokes

Fils de juristes, athlétique, Nick est un personnage présenté, au fil des saisons, comme le plus ouvert de tous, que ce soit au niveau de ses relations avec ses partenaires que vis-à-vis des victimes. C’est lui qui est le plus susceptible d’avoir davantage d’empathie pour elles, compte tenu du traumatisme qu’il a subi, enfant. Au cours des premières saisons, il ne faisait pas partie intégrante de l’équipe de Grissom, c’est sa rencontre avec ce dernier qui va sceller en quelque sorte son destin. Nick voit Grissom comme une source de savoir, c’est la raison pour laquelle, au début, il va constamment se battre pour gagner son approbation, étant donné que le superviseur émet des doutes sur ses qualités d’expert. Au final, Nick Stokes est un personnage profondément attachant, facile à cerner et indispensable à l’équipe. Il va constamment s’affirmer et démontrer davantage son courage au fur et à mesure des saisons et au vue du nombre de fois où il lui arrive de sales coups (je pense au fameux épisode dirigé par Tarantino).

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Les Experts [Suite]

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Warrick Brown

Abandonné par son père, enfant, il perd également sa mère et est élevée par sa grand-mère et sa tante. C’est aussi un personnage fort de l’équipe et un personnage qui me tient à coeur parce que de lui, se dégage toujours une ambivalence entre une certaine fougue séduisante et une certaine douceur (il est vraiment doué pour parler aux enfants sans condescendance). Plusieurs fois au cours des saisons, cependant, il accumulera quelques erreurs professionnelles et quelques fautes morales (c’est un joueur invétéré) qui le mettront en péril. Parce que, Warrick, c’est aussi l’ incarnation de la rébellion, le côté moins lisse des experts. Au cours des trois premières saisons, il a des problèmes disciplinaires avec les figures de l’autorité (il aura des relations plus que tendues avec Jim Brass au début). Sa grande amitié avec Nick est la vraie cerise sur le gâteau. Ce qui nous donne droit à de magnifiques démonstrations de solidarité (je pense au nombre de fois que Nick prend parti lorsque Warrick est en difficulté) mais aussi de complicité lors de « compétitions » amicales.

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Parce qu’elle ne s’entend pas du tout avec Sara Sildle, Sofia est un des personnages féminins de la série qui me plaît le plus et ce, même s’il a été introduit tardivement, en saison 5. L’actrice britannique, Louise Lombard, qui l’incarne est, je trouve, la plus charismatique et la plus ravissante après Marg Hengelberger. Au début, rien ne la prédestinait à devenir une CSI, elle le devient juste par un concours de circonstances. Prise sous la coupe de Grissom, elle suscitera les foudres de Sara Sidle, bien évidemment. Tout comme Greg, Sofia troquera sa blouse de laborantine contre sa tenue d’officier de police bien plus tard. Et dès la saison 7, son personnage fera partie des principaux. Pas pour longtemps (elle sera remplacée en saison 8 par le personnage de Hodges). Elle n’en reste pas moins remarquable par le fait qu’elle n’est, au départ, pas très sûre d’elle et qu’elle va gagner en aplomb et en assurance, grâce à Grissom. Et j’ai aimé cette évolution chez elle.

0000002476_20060919155523Greg Sanders

Elevé par des parents trop protecteurs, il est le spécialiste ADN extraverti et eccentrique, aux coupes de cheveux extravagantes (dans les premières saisons) qui travaille au labo, le geek quoi. Voire même le savant fou. C’est le plus jeune de l’équipe, le plus joueur aussi, ou du moins celui qui au début, a du mal à garder son sérieux, même dans le cadre professionnel. Il est en quelque sorte le comic relief de la situation. Quand les choses sont trop sérieuses, il répond présent et apporte une bonne dose d’humour et d’autodérision. Sa facette la plus sérieuse et plus mature va émerger une fois qu’il va décider de travailler sur le terrain avec Grissom comme professeur (lors de la saison 6), il ne sera alors plus dépeint comme le trublion de la bande. Ce qui est une bonne chose, autrement, je pense que son personnage aurait fini par (me) lasser. 

0000002479_20060919155532Jim Brass

Comme Grissom, Brass est un « loner », un solitaire. Et les deux hommes sont plutôt proches de ce fait. C’est aussi un petit homme grincheux, un brin teigneux et narquois qui apporte une bonne dose de sarcasmes lors des interrogatoires et je dois dire que s’il n’était pas là, ça m’ennuierait gravement. C’est quelque un de déterminé dans sa quête de voir justice rendue. Seulement, il n’est pas qu’une figure inébranlable et dure, il a su démontrer des facettes plus aimables de sa personne. Je pense aux relations et aux discussions très tendues avec sa fille (qui se prostitue) et au moment où il réconforte la femme d’un policier qu’il a accidentellement abattu. Touchant. De plus, sur le terrain, face aux crimes les plus atroces, il est le plus détaché et le plus circonspect de tous. Ce qui renforce cette distance respectueuse qu’il y a entre lui et les forensics.

On suit ces personnages sur un plan professionnel plus que personnel et j’aime ce parti pris de ne pas glisser vers le soap (d’ailleurs la romance Grissom/Sara est merveilleusement discrète). De plus, tous ont un trait de caractère auquel je m’identifie. Tous ont une fêlure passé ou présent, un talon d’Achille (par exemple, Catherine et Sara sont souvent touchées émotionnellement par leurs enquêtes) qui les humanise au lieu de les rendre sur- humains. L’atout supplémentaire du groupe ce sont les tandems mixtes ou pas, qui se forment au gré des épisodes et qui font le succès des enquêtes. Alors, certes, CSI n’est pas une série familiale, mais l’équipe est une vraie famille à l’écran.

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Si je devais conclure, je dirais que CSI suit toujours une logique implacable avec une mise en scène presque immuable. J’ai même toujours l’impression d’être à chaque fois plongé dans une tragédie, au sens théâtral du terme, avec son unité de lieu, de temps et d’action. Les scènes de crime se suivent mais ne se ressemblent jamais, cependant. Par contre, il y a de bons et de moins bons épisodes, mais jamais d’épisodes complètement ratés.Jamais une série policière n’avait autant abordé le manichéisme social. CSI est une représentation effrayante et moderne des conflits et attaques envers l’ordre social et des affrontements entre des personnages antithétiques. C’est le passage du mensonge à la vérité (ou l’inverse parfois) mais aussi le fait que les épisodes soient des sources de réponses potentielles sur une Amérique violente, qui me passionne dans cette série. En espérant que l’arrivée de Laurence Fishburne ne vienne pas tout gâcher …

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27 juillet 2008

The Tudors

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Zig' (Zigounette pour les intimes) est un membre essentiel du forum Des News En Séries. Coincé-catho, irritant mais attachant, il a plus d'un tour dans son sac pour faire parler de lui ! Passionné d'histoire, il a décidé de nous parler de The Tudors, il ne pouvait en être autrement !

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Coproduction irlandaise, américaine et canadienne, la série The Tudors relate le règne d'Henri VIII, roi d'Angleterre de 1509 à 1547. Lorsqu'il devient roi (il n'a alors que 18 ans), il épouse Catherine d'Aragon, qui lui donne une petite fille. Son mariage est un fiasco, d'autant plus qu'Henri n'a qu'une obsession : maintenir sa lignée avec un héritier mâle. Après de nombreux échecs (mort-né, fausses couches), il décide alors de trouver une autre épouse et tombe amoureux d'Anne Boleyn. Dès lors, il entre en conflit avec l'Eglise catholique qui interdit le divorce. Surtout, cette relation va précipiter l'Angleterre et l'Europe toute entière dans un chaos politique, religieux et militaire : manipulations, trahisons, alliances et complots seront au cœur de toutes les tractations...

The Tudors est une série historique captivante, très ambitieuse qui traite d'un personnage de l'Histoire tout particulier, Henri VIII d'Angleterre. Sa vie, dans la première moitié du XVIe siècle, fut particulièrement tumultueuse et mouvementée. Henri VIII n’a pas été un monarque comme les autres : il a bouleversé à jamais la société anglaise. C'est sans conteste une des plus riches et des plus étonnantes périodes pour l'Angleterre, qui passa alors d'une société médiévale à une société moderne, d'une nation catholique à une nation protestante. Les scénaristes ont donc bien choisi le cadre historique et l'intrigue principale !

0000038756_20070327162213C'est l'acteur Jonathan Rhys-Meyers qui joue le rôle du roi : son interprétation est absolument parfaite. Jonathan Rhys-Meyers, qui avait déjà fait ses preuves au cinéma (cf Match point, de Woody Allen), crève littéralement l'écran ici ! On a rarement vu un acteur de série autant habité par son personnage. Le vrai Henri VIII fut un roi passionné, excessif, énergique, arrogant, joueur, fougueux, grand séducteur. L'acteur lui redonne véritablement vie et retranscrit avec brio chaque aspect de sa personnalité ambigüe.

En outre, l'ensemble des personnages importants de l'époque sont bien sur présents : la manipulatrice Anne Boleyn, le fidèle Cardinal Wolsey, le grand humaniste Thomas More, le conseiller Cromwell, l'ami Charles Brandon, etc. Tous sont remarquables, tous jouent très bien et tous ont des intrigues secondaires de qualité. Et évidemment, il est question de personnalités qui de se croisent, s'aiment, se détestent, se déchirent et, finalement, se livrent une lutte acharnée pour leur survie. Pactes, violence, sexe et mort sont au rendez-vous, sans aucun artifice.

Il faut également souligner l’excellent travail réalisé sur les décors et les costumes. Esthétiquement, c’est réussi. Tout est léché et formidablement bien reconstitué ! L'ensemble est très stylisé et épuré. Enfin, à l’instar de Rome, The Tudors appartient à ce genre de série qui tend à démocratiser l’Histoire, à la rendre plus grand public, moins élitiste, moins « barbante », quitte à prendre quelques libertés avec la réalité de l'époque. Car des libertés historiques, il y en a quelques-unes ; si les scénaristes focalisent trop sur la reconstitution historique pure, cela devient rigide et le public est aux abonnés absents... Cela ne gêne donc en rien la vision de la série, d'autant qu'elle respecte les grandes lignes de la réalité historique.

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Finalement, en adoptant un regard original, inattendu et assez viscéral sur les coulisses de la monarchie moderne anglaise, The Tudors est devenue une série incontournable du moment, très bien accueillie d'ailleurs par le public et la critique. Retenons surtout sa distribution parfaite, son atmosphère envoutante, sa mise en scène soignée et sa qualité esthétique indéniable.

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22 juillet 2008

X-Files

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Revelator, membre du forum Des News En Séries, est un fan de Madonna devant l'éternel. Mais pas que ! Il est aussi un grand admirateur des X-Files. La sortie du second film le 30 Juillet est l'occasion pour lui de nous replonger dans nos souvenirs aux frontières du réel ...

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Le 30 juillet prochain, c'est la sortie du second film tiré des X-Files.  Je crois que je serais comme un gosse, comme à chaque début de nouvelles saisons de la série. J'ai grandi avec elle, c'est donc tout naturel pour moi d'en parler ici.

La série a été lancée en 1993 sur la chaîne Fox et a vécu pendant 9 saisons. Le tout premier épisode « Nous ne sommes pas seuls » pose l’ambiance si particulière propre à la série : glauque, sombre, mystérieuse et se basant sur la frustration du spectateur, en montrant beaucoup de faits surnaturels mais pour au final, ne les expliquer que très peu. Elle met en scène les enquêtes de deux agents du FBI, désormais cultes, l’agent spécial Fox Mulder et l’agent spécial Dana Scully. Ils enquêtent au sein d’une section particulière du FBI : les « X Files » ou les affaires non-classées. Ces affaires sont, pour la majorité, non résolues ou se basant sur des faits paranormaux inexpliqués. Dès le début, on remarque le paradoxe entre ces 2 personnages, très opposés sur bons nombres de points.

foxx13_1119005965_fox_et_scullyMulder (joué par David Duchovny), surnommé le petit homme vert par ses collègues, est guidé par une croyance quasiment aveugle dans les faits paranormaux. Et pour cause : quand il était encore adolescent, sa sœur Samantha s’est faite enlever par une force extraterrestre sous ses yeux. Sa quête de la vérité, celle de déjouer des complots, sera principalement guidée par le besoin de retrouver sa sœur. Son personnage évoluera au fil des saisons, sa croyance également (qui passera de la croyance aveugle à bons nombres de désillusions). Mais sa quête reste la même. En fin de saison 7, son personnage ne sera quasiment plus présent dans la série (Duchovny en ayant assez de la série et voulant se consacrer à d’autres projets) et son personnage finira par être enlevé avant de devenir un fugitif.

Quand à Scully, c’est la rationnelle de la série. Ancien médecin, élevée dans une famille croyante et mise aux X Files en premier lieu pour surveiller les activités de Mulder, elle est tiraillée entre sa croyance envers Dieu, la science et les nombreux faits paranormaux qu’elle va vivre pendant 9 années, ce qui rend son personnage intéressant. Au fil des saisons, c’est elle qui subira la plus grosse évolution (et d’ailleurs, la pauvre va pas mal morfler : un enlèvement, un cancer, plus de possibilités d’avoir des enfants jusqu’à ce qu’elle tombe miraculeusement enceinte). Au début, elle refusera pleinement de croire à des faits paranormaux, cherchant à vouloir expliquer chaque fait par un raisonnement scientifique. Puis au final, elle récupérera peu à peu les croyances de Mulder, suite aux nombreuses expériences auxquelles elle a dû faire face.

La relation des 2 personnages est complexe : tout les oppose mais c'est ce qui fait la force de leur duo qui petit à petit se rapprochera de plus en plus …

La série est également remplie de personnages mystérieux et dont les intentions restent toujours floues : Walter Skinner (leur directeur) que l’on croit mauvais dans les premiers temps mais qui se révélera un allié efficace pour l’équipe. Les fameux « Men in Black », instigateurs du complot collaborant avec les extraterrestres, les informateurs de Mulder, etc... Autant de personnages complexes mais essentiels pour la vie de la série et ses intrigues.

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Chaque saison de X Files est caractérisée par 2 types d’épisodes. Les épisodes parlant du complot extraterrestres ne prennent au final que 4-5 épisodes par saisons (dont l’intrigue prend son ampleur dans le premier film : Combattre le Futur), les autres épisodes étant des « loners », des épisodes avec une intrigue indépendante de la mythologie X Files, et mettant en scène des enquêtes sur des crimes sordides, inspirés de satanisme, magie noir, vampirisme et autres bizarreries en tout genre. Demandez à un fan d’ X Files quels sont ses épisodes cultes. Il vous répondra : Tooms (un meurtrier traversant les âges et ayant la capacité d’accroître ses membres), L’Hôte (un homme-ver semant la panique dans les égouts de la ville), La Meute (une famille physiquement difforme, accusée de cannibalisme et d’infanticide), Quand vient la Nuit (des lucioles meurtrières n’apparaissant que la nuit ...). Même un épisode aura droit à un scénario signé … par Stephen King lui-même. Certains épisodes ont même droit à des petites prouesses humoristiques : Faux Frères Siamois (un épisode dans le milieu du cirque), Le Shériff a les dents longues (une petite ville peuplée de vampires, où Scully pratique même une autopsie … au goût de pizza peperonni ! ), La Queue du Diable (des femmes accouchent des enfants du Diable) , Les Amants Maudits (Mulder et Scully sont enfermés dans un manoir hanté par un vieux couple qui a décidé de leur mener la vie dure), Bienvenue en Arcadie (Mulder et Scully jouent le petit couple modèle afin d’enquêter dans un quartier résidentiel avec des principes plutôt … meurtriers).

La série perdra pourtant en qualité dans les dernières saisons, suite aux départs de son créateur Chris Carter et de David Duchovny. Les histoires avec le complot s’embourbent et deviennent terriblement ennuyeuses (à ce complot et aux extraterrestres s’ajoutent des super-soldats quasi invincibles. On se demande quel est l’intérêt d’avoir ajouté cela à l’histoire et à la mythologie de la série, ce qui l’alourdit plus qu’autre chose). Les « loners » perdent également en qualité, trop de thèmes déjà traités et ils perdent également en suspens. Le dernier épisode de la série nous laisse d’ailleurs un peu tous sur notre fin (on y apprend juste la date de l’invasion extraterrestre … 2012 ).

Néanmoins la série reste, dans l’esprit de beaucoup de gens, une référence et aujourd’hui. La sortie du 2ème film (qui sera cette fois-ci un « loner ») constitue un des événements cinématographiques de 2008.

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12 juillet 2008

Gilmore Girls

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Adri est un peu la touche de fraîcheur et de naïveté du forum Des News En Séries. Attachant et souvent drôle, il a choisi de nous faire partager sa passion pour les filles Gilmore ...

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Gilmore Girls, cette douce série, me tient à cœur. C’est comme un bonbon qui a chaque nouvel épisode à un goût différent. Les deux personnages principaux, Lorelai et Rory Gilmore sont respectivement mère et fille, n’ayant que 16 ans de différence. Durant sept ans, on suit la vie de deux filles hors du commun dans la petite ville de Stars Hollow.

Cette série créée par Amy Sherman-palladino est la série pour "Ados" la plus intelligente depuis la fin de Dawson, d’après moi. Chaque dialogue est rempli de référence à la culture aussi bien littéraire que cinématographique. Grâce à elle, j’ai pu combler bien des lacunes niveau lecture car c’est une vraie mine d’or. Ne croyez pas que cette série se prend pour ce qu’elle n’est pas, non, c’est une série qui glisse des références toujours avec subtilité. C’est ainsi que l'on entend parler de Godot au cours d’une dîner de famille avec les grands parents, ou même que j’apprends qui est Paul Anka grâce à leur chien. Cette série est loin d’être abrutissante, on en sort grandit. Comme quoi il ne suffit pas de citer du Shakespeare à la fin pour donner un côté intello comme peut le faire Lucas Scott. Mais au-delà de cette culture qui me tient à cœur, les dialogues sont un vrai régale. Je me surprends à glousser quand j’entends Lorelai monologuer sur n’importe quoi ou encore quand Emily Gilmore ou Paris Green lancent des piques à tous bouts de champ. La plus part des citations sont cultes !

gilmore_girls_image_diaporama_portraitGilmore Girls se passe dans le petit village de Stars Hollow. La bas, tout le monde se connaît, aucun secret ne peut être gardé bien longtemps et un rien devient spectaculaire. C’est donc dans cette ville que Lorelai habite avec sa fille Rory (dont son prénom est aussi Lorelai, mais surnommée Rory). Lorelai est une fille de bonne famille, alors imaginez la réaction de parents quand ils apprennent que leur fille de 16 ans est enceinte ! Christopher, le père de Rory, est encore trop immature pour aider en quoique ce soit (et le restera toujours… trop immature). Donc, Lorelai fuit de chez elle, et ne suit pas le schéma tout tracé que ses parents lui prédestinaient. Elle se réfugie dans une auberge : L’Auberge de L’indépendance. C’est près de 16 ans plus tard que l’on retrouve les deux Gilmore, maintenant Lorelai est presque le chef de l’auberge et Rory est prête à rentrer au Lycée. Rory est très douée, elle lit de tout, elle réussit à convaincre sa mère à aller à Chilton, une école privée et renommée. Malheureusement, l’école est chère. Lorelai doit alors reparler à ses parents pour qu’ils l’aident à payer l’inscription. Emily l’aiderait volontiers à condition qu'elles viennent souper tous les vendredi soirs chez les grands parents. L’accord est conclut et cela donnera les meilleures scènes de la série !

Cette série est surtout basée sur la relation entre Lorelai et Rory, mère et fille, mais surtout les meilleures amies du monde. Elles sont complémentaires. Entre Lorelai un peu trop vivante et extravertie, rêvant d’amour et de sa propre auberge et à ses cotés, Rory, studieuse, terre à terre et introvertie, rêvant de Harvard. Cependant, il y a bien d’autres personnages hauts-en-couleurs, comme Luke qui tient le café-restaurant où les filles passent le plus clair de leur temps vu qu’elles vouent un culte à la caféine. Luke est un peu austère, acariâtre, bref un personnage que l’on aime de suite avec ses manies d’interdire le GSM dans son restaurant, ou encore grâce à ses relations avec sa sœur ou son neveu. Mais c’est surtout sa relation avec Lorelai qui ressort le plus. Il a toujours été là pour elle et malgré ses airs d'ours mal léché, c’est un homme de cœur.

topIl y encore Emily Gilmore, mère de Lorelai. Elle se sent humiliée quand elle apprend que sa fille est tombée enceinte. Elle ne comprendra jamais sa fille et Lorelai ne l’a comprendra jamais non plus. Elles entretiennent une relation conflictuelle. Rares sont les conversations où il n’y a pas des piques envers Lorelai par rapport à ses choix ou même ses amours. Cette femme a des principes et espère bien qu’en payant les études de Rory, elle pourra avoir une seconde chance. Pour moi, c’est l’un des meilleurs personnages de la série. Elle est touchante, elle est drôle avec sa méchanceté à peine déguisée envers les personnages qu’elle n’aime pas. Mais elle peut aussi se révéler la pire des sal*pes envers sa fille, en ayant pour excuse que c’est pour son bien. Même si elle se sent humiliée par la grossesse de Lorelai, elle regrettera plus tard de n’avoir pas été présente durant ces 16 ans.

0000002457_20060919155401Dans la vie de Rory, il y a Paris Geller. J’ai envie de dire que c’est mon personnage favori. Or, je crois que je peux le dire pour tous les personnages. Paris est une camarade de Rory, ne l’aimant pas du tout quand elle arrive à Chilton. Mais après cette rivalité naîtra une belle amitié avec des hauts et des bas. Elles feront l’université ensemble, mais une chose est sûre, c’est que Paris n’est pas toute blanche. Elle est un peu caractérielle, assez agressive sur les bords, et cherchant la victoire dans n’importe quel domaine, elle ira presque à se transformer en dictatrice dans le journal de l’université. Paris est une fille que l’on aime, elle est tellement bizarre qu’on s’attache automatiquement à elle. Elle n’a pas eu une vie facile. Sa vraie mère doit être la bonne car elle était bien plus souvent là que sa mère biologique. Puis ses bizarreries sont tellement drôles qu’on lui excusera tout. Elle sera toujours là pour Rory.

lane_lDans les amis de Rory, il y a aussi Lane Kim. Elles se connaissent depuis toujours, elles ont été dans la même école jusque Chilton. Lane adore la musique, elle m’a d’ailleurs fait découvrir des groupes magnifiques (comme quoi la série touche à tout). Mais pour sa mère, la musique c’est le mal. Elle est tres croyante et ne veut pas que sa fille se fourvoie à cause du diable qui se cacherait dans les CDs ou même dans Rory. Lane est donc obligée de cacher toute sa vraie vie à sa mère. La musique est tellement primordiale qu’elle créera un groupe de rock qui donne la possibilité de voir Seth Cohen dans la série, avant que The OC n'existe. Bien plus tard, Lane formera une famille avec Zach, un des membres du groupe. Ils auront un enfant même s’ils n’auront couché qu’une seule fois ensemble. Lane est un peu hystérique sur les bords, elle essaye toujours de vivre en dehors de l’emprise de Mme Kim.

milo20ventimigaLa ville de Stars Hollows est remplie de personnages tous plus différents les uns que les autres. On a Kirk, l’idiot du village, il fait tout et n’importe quoi. Il peut être marrant au début mais de par ses conneries, il devient vite énervant. Taylor, le maire de la ville, lui c’est le contraire. Un vrai tyran pour la ville, il devient drôle, tout en restant tyran. Il y aussi Sookie, la meilleure amie de Lorelai, avec qui elle va fonder sa propre auberge : L’auberge de la libellule. Elle est drôle, comme la plupart des personnages. En fait, on se rend vite compte qu’il n’y a pas de méchants dans cette série. Personne ne cherche la mort de quelqu’un, chacun essaye de vivre sa vie en s’occupant de celle de autres. Cette série est une bouffée d’oxygène, car on se rend compte que le vie peut être belle et qu’il n’y a pas nécessairement de vol de bébé ou de meurtre de son propre frère. Puis la série est encore plus réaliste pour les relations amoureuses de Rory. Je me souviens de ma réflexion quand elle va avoir 18 ans et qu'elle est toujours vierge. Je me suis dis que c’était osé et que ça changeait d’une Brooke ou autres. Puis Rory réussit tout une année sans amour, durant la saison 4. je crois, elle n’a personne, et ça passe comme une lettre à la poste vu qu’elle ne recherche pas ça du tout. On comprend grâce à elle qu'à l’université américaine on doit aussi étudier. On a tendance à croire que l’on passe facilement. Heureusement ou malheureusement, elle a eu des copains, heureusement pour ça, mais malheureusement ce fut Dean. Son premier copain et plus tard son premier amant fut un gros boulet. A côté de Jess, il ne faisait pas le poids. Puis quelque chose apparaissait entre Jess et Rory, alors que entre Dean et Rory, rien, c’était le néant. Si, une envie incroyable de foutre des claques. Puis après Dean, Jess, Dean, Jess, Dean, il y eu Logan. Une bonne idée au départ pour enfin se débarrasser de Dean mais il y eu la saison 6 ....

Cette saison 6, je pense qu’on peut l’appeler la saison des boulets. Il y eu des très bonnes idées comme celle de la dispute entre Rory et Lorelai, que Rory partent chez ses grands parents. Ce fut bien mené. Tout le monde devient boulet sauf quelques uns. Rory devient une pâle copie de sa grand-mère, Logan couche avec tout le monde, imbu de lui-même, mais Rory excuse, c’est Logan et elle est amoureuse. C’est les hormones qui parlent faut l’excuser ! Il y a Luke et son Jump The Shark qui m’a fait arrêter la série durant un bon gros mois. Sa boulet-attitude alors qu’il cache son secret à Lorelai avec qui il sort ... La question est de savoir pourquoi après 5 saisons magnifiques, on nous sert ça. On perd la magie de Stars Hollows. Christopher revient pour le meilleur et surtout pour le pire. On a plus la base de la série qui est la relation mère-fille. On pleure sur les débris de la série. Même la créatrice quitte le bateau. Pourtant, les actrices n’ont jamais été aussi douées, mais l’histoire ne suit pas. Puis enfin, après une longue fin de saison, on entr’aperçoit la lumière au bout du tunnel. Daniel Palladino reprend la direction et redresse le navire. Il le sauve et parvient à recoller les morceaux. Mais malheureusement la fin de saison arrive et la fin de série aussi. Il est presque tant de dire au revoir à sa sœur Rory et sa mère Lorelai, oui, durant quelques années, ce fut une famille avec qui on a ri ou pleuré. Daniel arrivera à bon port en redonnant l’esprit originel de la série. Gilmore Girls est un bonbon sucré et c’est avec « Bon Voyage » qu’on referme la boîte à confiserie.

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On est heureux d’avoir connu cette série, car on en sort grandit, on est triste de les quitter. Malgré une saison moins bonne, le reste est mené de façon exemplaire par Amy, joué magistralement par Lauren Graham qui aurait dû avoir un prix pour son rôle de Lorelai. Parfois, j’ai envie de re-regarder la série, de revoir tous ces personnages familiers ... Pour ceux qui ne connaissent pas encore la série, commencez, vous ne serez pas déçus, mais allez doucement, ça part vite ces choses là.

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06 juillet 2008

The L Word

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Nouvelle Rubrique estivale sur le blog afin de mettre en avant un membre du forum Des News En Séries et lui donner l'occasion de nous présenter une série qu'il ou elle affectionne tout particulièrement (et que je ne regarde pas ... ou pas encore !). Tristana a accepté d'essuyer les plâtres et elle a choisi la série The L Word, parfaitement à son image : sensuelle, torride, intelligente et sensible ! 

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The L Word est une série américaine, apparue sur les écrans de Showtime en 2004, qui raconte le quotidien d’un groupe d’amies lesbiennes à Los Angeles. Le point de départ est simple : Jenny, jouée par Mia Kirshner (qu’on a pu voir dans le Black Dahlia de Brian de Palma) vient de finir ses études de littérature et elle débarque chez son petit ami Tim (Eric Mabius) pour vivre avec lui à LA. Elle va alors découvrir que les voisines de Tim, Bette et Tina (respectivement Jennifer Beals - l’héroïne de Flashdance - et Laurel Holloman) sont lesbiennes. On va donc suivre, pas à pas, la découverte par Jenny du milieu lesbien, elle qui se croyait hétérosexuelle et presque mariée (elle va d’ailleurs l’être à la fin de la saison 1 mais ça ne durera pas longtemps), mais qui va voir son cœur chavirer quand elle va rencontrer Marina (Karina Lombard, vue dans Légendes d’automne), qui tient le café lesbien où les filles se retrouvent, le Planet.

Comme le nom de la série l’indique (L pour Love, ou Lesbian, ou encore Lust : la luxure…), il s’agit de raconter les amours lesbiennes des différents personnages. Et The L Word le fait avec sensibilité, mais aussi et surtout sans tabou : les scènes de sexe sont nombreuses et assez longues, surtout dans la première saison. C’est d’ailleurs alors que Jenny est en plein coït avec Marina que Tim va découvrir qu’elle le trompe : on a droit à un moment de télévision assez singulier, où ce qui, en général, relève du fantasme masculin (deux magnifiques femmes ensemble) devient réalité : il ne s’agit plus de fantasme, ni même de sexe, mais d’amour. D’un acte d’amour aussi bouleversant que terrifiant pour le personnage masculin qui voit son monde s’écrouler sous ses yeux. Et c’est ça que j’apprécie dans The L Word : on s’écarte des clichés pour montrer une autre réalité. Evidemment, le terme de réalité est biaisé, puisqu’il s’agit de personnages riches, qui ont des positions sociales élevées, et dont le physique est plus qu’avantageux. Mais au risque de paraître mièvre, je dirais que les sentiments évoqués sont eux bien réels, et tout le strass mis en avant par les scénaristes pour séduire le public (car qui s’intéresserait à des lesbiennes moches et sans le sou ?!) s’efface lorsqu’ils évoquent l’intimité de leurs personnages. Et parlons-en, des personnages. Je pense que pour évoquer la série, il faut surtout évoquer ses personnages (pour ma part je parlerai des héroïnes que j’affectionne le plus). Ce sont leurs singularités qui font le sel de cette série.

13_tiphaineTout d’abord il y a Bette Porter. Jouée par l’ancienne héroïne de Flashdance, Jennifer Beals (qui a super bien vieilli, au demeurant), c’est la femme d’affaires, toujours très classe, et qui bosse dans le milieu culturel. Elle se bat dans la saison 1 pour que le musée d’art contemporain dont elle s’occupe reçoive l’exposition « Provocations », une série d’œuvres assez osées, ce qui provoque alors la colère des associations conservatrices. Et c’est là qu’on comprend mieux ce personnage : Bette, c’est la femme moderne, qui sait concilier son travail et ses valeurs. Elle est au départ en couple avec Tina, avec qui elle veut avoir un bébé : bébé qui arrivera malheureusement quand les deux femmes seront séparées. Mais entre Bette et Tina, rien n’est jamais vraiment fini… Je crois que Bette est définitivement mon personnage préféré, parce qu’elle a ce côté masculin, qui sait prendre des initiatives, qui sait imposer sa loi, tout en étant une femme belle, intelligente, fragile aussi parfois. A noter que dans la saison 4, elle forme un très beau couple avec Jodi, une artiste de l’université où est engagée Bette, parce qu’alors elle se retrouve enfin dans une relation d’égal à égal : Jodi n’est pas comme Tina, docile et dévouée, mais au contraire aussi forte et têtue que Bette…

25_tiphaineEnsuite il y a Jenny Schecter, ancienne hétérosexuelle qui va découvrir l’amour entre femmes grâce aux voisines de son ancien fiancé. Jenny est écrivain, et publie quelques romans, dont un - Lez Girls - que des producteurs d’Hollywood veulent adapter au cinéma (ce qui n’est pas du goût de ses amies, qui se sont toutes retrouvées caricaturées dans ce roman - Bette en tête). Jenny est celle qui guide le regard du spectateur, au début de la série. Par la suite, elle s’inclut totalement au petit groupe, et devient une « lesbienne à part entière ». Malheureusement son personnage évolue au fil des saisons, et l’évolution n’est pas toujours à mon goût (elle devient sacrément imbuvable dans la saison 4) ; mais ce personnage réussit à incarner toutes les questions que l’on se pose lorsqu’on découvre une nouvelle orientation sexuelle. Elle interprète aussi bien les délices provoqués par ces nouvelles amours saphiques que l’impossibilité de comprendre ce qui nous arrive. C’est une jeune fille perdue (en témoignent les démons qu’elle est obligée de combattre…), affectée par un traumatisme datant de l’enfance, et qui recherche avant tout l’approbation des autres (notamment sa prof d’écriture). Elle est touchante parce qu’elle n’a pas grandi, et a du mal à s’adapter à ce monde où il faut être adulte pour avancer (Jenny décide d’épouser Tim alors qu’elle est folle amoureuse de Marina, incapable d’analyser ses propres sentiments, et de prendre une décision réfléchie)…

15_tiphaineContinuons avec la star de la série : Shane McCutcheon, jouée par Katherine Moenning, qui l’androgyne mais aussi et surtout la femme fatale du groupe. Shane a les cheveux courts, un physique de jeune garçon, et ça plaît aux femmes : Shane est une briseuse de cœurs, amatrice d’aventures sans lendemain, qui refuse de s’engager. Du moins au début… car dans la saison 2, elle rencontre Carmen, une superbe fille latino, qu’elle demandera en mariage à la fin de la saison 3. Malheureusement, l’engagement et Shane faisant deux, elle s’enfuira le jour-même de leur mariage, son petit frère sur les bras. Ce qui est intéressant chez elle, c’est cette dualité permanente : cette confiance qu’elle a en son sex-appeal, en même temps qu’elle n’a aucune confiance en elle. Shane refuse de s’engager car elle a peur de blesser les autres, et c’est ce qu’elle explique à Carmen au début de leur relation (elle la pousse même dans les bras de Jenny…) En tout cas, Shane est devenue un vrai phénomène de mode, elle s’exhibe même sur des tee-shirts (« My heart belongs to Shane », mon cœur appartient à Shane…) et est en passe de devenir l’icône lesbienne du 21è siècle.

19_tiphaineLa bisexuelle du groupe, c’est Alice Pieszecki (jouée par Leisha Hailey). Alice est journaliste à la radio, et apporte sa touche d’humour, son côté fantasque à la série. C’est elle qui a mis au point « The chart », un tableau qui lie chaque fille à ses amantes (et comme Shane a couché avec toutes les lesbiennes de LA, tous les liens finissent par converger vers elle !). Mais Alice, c’est aussi et surtout l’histoire d’amour avec Dana Fairbanks, joueuse de tennis professionnelle (et qui a bien du mal à faire son coming out dans la saison 1), qui se solde par un échec. On découvre alors dans la saison 3 une Alice déprimée, droguée aux antidépresseurs, et qui garde chez elle une photo grandeur nature de Dana. Derrière le côté évidemment comique de la chose, ce que j’ai apprécié dans cette histoire, c’est la fragilité d’Alice, fragilité qu’on ne distingue jamais, car elle est habituellement toujours dans son rôle de fille excentrique, un peu à l’écart des autres puisque bisexuelle et pas homo. Et c’est encore Alice qui m’a arraché le cœur lors de la mort de Dana, puisque malgré la fin de leur histoire d’amour, c’est Alice qui sera à ses côtés dans ses derniers instants de lutte contre son cancer…

5_chrisss37Pour finir, je ne pouvais pas ne pas évoquer Kit Porter, la sœur de Bette, jouée par la magnifique Pam Grier (la Jackie Brown de Tarantino). Kit est une ancienne alcoolique, également ancienne vedette de la chanson, qui évolue en parallèle du groupe d’amies de sa sœur. Elle est hétérosexuelle (comme le prouvera son aventure platonique avec Papi dans la saison 4) et permet de ne pas cloisonner la série aux seuls homosexuels. Elle reprend le Planet après la tentative de suicide de Marina, et en fait un bar où se produisent de nombreux artistes. Une fois de plus, les scénaristes ont créé un personnage touchant, émouvant, qui malgré ses 50 ans passés continue à avancer, à chercher l’amour (presque trouvé avec Angus, la nounou de l’enfant de Bette et Tina, mais vite perdu), et doit aussi se battre contre les préjugés : son père et son fils la rejettent, parce qu’elle était alcoolique, et elle se bat au même titre que Bette pour se faire accepter comme elle est.

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Pour conclure, je dirais que cette série est sans doute l’une des plus inventives des années 2000, grâce à ses personnages subtilement écrits, et aussi l’une des plus osées : The L Word parle non seulement d’amours homosexuelles, mais également de politique (les commandos anti-avortement auxquels Kit doit faire face, les ligues conservatrices qui veulent empêcher une exposition trop osée dans le musée que gère Bette, etc.), et n’hésite jamais à remettre en cause une vision générale du monde étriquée et hétérocentrée.

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