28 juin 2012

Girls [Saison 1]

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Saison 1 // 860 000 tlsp. en moyenne

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   En l’espace de dix –vraiment trop petites- semaines de diffusion, ce que vient d’accomplir Girls est rare, très rare. Sans faire l’unanimité, car c’est tout simplement impossible, elle est devenue LA série qu’il ne faut rater sous aucun prétexte, en tout cas quand on est un jeune branché, connecté, curieux et sériephile, car j’imagine qu’en dehors de cette sphère, Girls n’existe pas encore. Il lui faudra un peu de temps avant d’atteindre un public plus large, comme Sex & The City en son temps. Peut-être aussi qu’elle ne le touchera jamais et restera à l’état de bijou brut et confidentiel. Qu’importe ! Cela faisait très longtemps qu’on l’attendait, cette série qui nous raconte nous, les jeunes de 20 à 30 ans, coincés entre deux âges, qui ne sommes plus vraiment des ados –fini les maux de Hartley, Angela 15 ans, Freaks And Geeks, Dawson, Skins- mais qui auraient aimé le rester un peu plus longtemps tant la « vraie » vie fait peur. Les études qui ne débouchent sur rien, aussi longues et difficiles soient-elles. Les parents qui pèsent lourds et qui souffrent eux-mêmes de leurs propres névroses. Les amours qui vont, qui viennent, qui durent, ou pas. Le sexe. Cette chose si simple, si naturelle et pourtant si dure à apprivoiser. Ces amis sur qui l’on peut compter mais avec qui il n’est pas toujours aisé de cohabiter. Et puis tous ces rêves étouffés…

   Je mets au défi n’importe quelle personne appartenant à cette génération ou à la suivante de ne pas se reconnaître dans au moins une situation ou une réflexion de l’héroïne au cours de cette première saison. Il me semble que c’est impossible. Tant de choses sont dites et si bien dites, avec humour, sincérité, tendresse ET intelligence. La démarche de Lena Dunham était peut-être autocentrée à la base mais c’est en mettant un peu d’elle dans tous les personnages et un peu de nous tous aussi qu’elle a su créer cet espace de dialogue et de réflexion, de liberté aussi, vers lequel on converge tous, une fois par semaine pendant 26 minutes avec joie, excitation et un peu d’appréhension aussi. Si je devais citer un épisode qui m’a touché plus particulièrement, ce serait celui du retour d’Hannah chez ses parents, le temps d’un week-end. Il n’était pas seulement bien écrit et bien réalisé –c’est le cas de tous- il était aussi rempli de nostalgie. So 90s. Une bande son Dawsonienne –la série de Kevin Williamson a clairement été importante pour la créatrice, on sait se reconnaitre entre fans- a bien aidé. Il m’a transporté dans le petit village où j’ai grandi, ses rues que je connais par cœur, son ruisseau presque asséché, ses bars qui n’ont jamais existé… et puis ma chambre d’ado, ses posters, ses photos, ses secrets… ce sentiment de confort et de chaleur quand j’y reviens, de douceur aussi. Je me souviens que je rêvais alors d’habiter Paris, de vivre « la grande vie ». Aujourd’hui, ce souhait s’est réalisé, en partie. Je vis à Paris, je ne sais pas si je vis « la grande vie » mais je vis, même si c’est douloureux parfois, même si j’ai peur (car j'ai tout le temps peur... tiens, comme Hannah aussi). Paris, ce n’est pas New York mais lorsqu’Hannah se demande pourquoi la ville qu'elle a toujours convoitée et fantasmée semble ne pas vraiment vouloir d’elle, tant il est dur d’y rester, dur d’y survivre même, je ne peux que m’identifier et m’incliner devant Miss Dunham. Et à de maintes reprises, j’ai ressenti cette proximité. J’ai à la fois tout et rien en commun avec Hannah, Jessa, Adam et les autres. Je ne suis pas l’un, ou l’autre. Je suis un peu de tous à la fois. C’est ce qui fait la force de Girls, indéniablement. C’est une série qui se ressent et qui se vit, au-delà de l'écran.

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  Je n’ai pas nécessairement envie de rentrer dans le détail de chaque intrigue ni de décrire chacun des personnages.  Mais ce que je peux dire, c’est que chaque nouvel épisode est meilleur que le précédent, à part peut-être le 9ème, que j’ai trouvé un peu faible, et le final, qui ne m’a pas totalement séduit malgré d’excellents passages, et qu'une véritable addiction se crée au fil des épisodes; que la bande-son est merveilleuse et décomplexée, entre vieilleries qu’il fait bon de réentendre, nouveautés bobos branchouilles et classiques populaires récents (grâce à Girls, on entend du Britney Spears et du Beyoncé sur HBO !); qu’Adam est le garçon le plus fascinant de la télévision actuellement, tant il réussit à devenir attachant tout en se comportant comme un putain de asshole 80% du temps; que « la dynamique de l’échec », tout particulièrement chez Hannah, pourrait être déprimante si elle n’était pas traitée avec autant d’esprit et d’humour; que jamais le sexe n’aura été montré de manière aussi crue et organique dans une série à l’exception de Tell me you love me, déjà sur HBO; que Lena Dunham a les couilles de se montrer plus qu'à son désavantage; que Soshanna est l’excentrique la plus amusante du moment; que Jessa est une énigme qu’il nous tarde de percer; que ça fait plaisir de croiser des acteurs confirmés tels que Peter Scolari, Chris O’Dowd, James Legros, ou encore Kathryn Hahn dans une série encore toute jeune; qu’Andrew Rannells, dans le rôle de l’ex petit-ami gay d’Hannah, est absolument génial (et ça augmente mon excitation à l'idée de découvrir la comédie The New Normal à la rentrée, dont il fait partie); que cette saison 2, on l’attend déjà comme le messie et que savoir qu’elle est déjà presque tournée entièrement mais qu’elle ne sera diffusée que dans plusieurs mois est juste super rageant, sans compter que dix épisodes seulement c'est vraiment trop peu. 

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 // Bilan // Après cette première saison on ne peut plus enthousiasmante et marquante de Girls, Lena Dunham peut désormais l’affirmer haut et fort : elle est LA voix de notre génération. Merci à elle d’exister. Merci à HBO et à Judd Apatow de l’avoir repérée et de lui avoir fait confiance. On avait dramatiquement besoin d'une comédie comme elle par les temps qui courent. Et ces Girls-là sont là pour longtemps !


28 avril 2012

Girls [Pilot]

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Pilot // 872 000 tlsp.

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What About ?

L'entrée dans la vie active de quatre jeunes filles d'une vingtaine d'années, de leurs humiliations à leurs rares triomphes. Hannah, l'éternelle stagiaire, rêve de devenir écrivain ; Marnie, sexy et un peu garce sur les bords, ne manque pas d'ambition; et Jessa, hippie dans l'âme, aimerait gagner sa vie de son art...

Who's Who ?

Créé, réalisé et produit par Lena Dunham. Produit par Judd Apatow (Freaks & Geeks, Undeclared, En cloque mode d'emploi, 40 ans toujours puceau...). Avec Lena Dunham (Mildred Pierce), Jemina Kirke, Allison Williams (Will & Kate), Zocia Mamet (United States Of Tara, Parenthood, Mad Men)...

So What ?

   Prétentieuse, Lena Dunham ? Je ne crois pas... Mais sincère en tout cas. Alors, lorsque l'héroïne de SA série -qu'elle a créée et produite, et dont elle a réalisé le pilote aussi tant qu'à faire- annonce à ses parents qu'elle a le sentiment d'être "la voix de [sa] génération" avant de se raviser se rendant compte de son soudain trop plein de confiance et de parler plutôt d'"une voix d'une génération", on se dit qu'on a vraiment affaire à une série atypique qui réussit l'exploit en quelques minutes seulement à nous lier d'amitié avec son personnage principal. J'aimerais en dire autant des jeunes femmes qui l'entourent mais il faudra certainement plusieurs épisodes avant d'apprendre à toutes les connaître puisqu'elles n'offrent dans ce pilote que des bribes de ce qu'elles sont, sans paraître caricaturales pour autant mais bien réelles. Elles existent. Elles font partie de ma génération, de la vôtre peut-être aussi. Si vous avez plus de 30 ans, elles vous rappellent certainement ce que vous étiez ou ce que d'autres qui vous entouraient étaient. Si vous avez moins de 20 ans, préparez-vous à devenir comme elles en moins de temps qu'il ne faut pour le dire ! La crise, les stages mal ou pas payés qui s'éternisent, les parents qui ne comprennent pas tout et qui ont leurs propres problèmes à régler, les petits et grands tracas de l'amour et du sexe... le constat n'est pas réjouissant. Girls n'essaye pas de vendre du rêve. Elle a même tendance à faire l'inverse et n'hésite pas à nous mettre mal à l'aise, comme lorsqu'Hannah va chercher un peu de réconfort sexuel auprès d'un bourrin, et qu'elle a l'air de drôlement bien s'en accomoder ! C'est là que la différence avec Sex & The City est la plus flagrante : on rit aussi, mais jaune. Alors qu'avec Carrie et Samantha, c'était vraiment de bon coeur. Excellente idée d'ailleurs que de citer la célèbre série de HBO et ses héroïnes pour mettre en perspective la vie de ces filles et celle dont elles rêvent. La différence entre la réalité et la fiction, au sein d'une fiction. 

   Ce pilote de Girls m'a considérablement mis en appétit mais c'est probablement sur la longueur que la série deviendra remarquarble (ou pas). Un peu comme lorsque l'on fait connaissance avec quelqu'un, que l'on passe un moment agréable et que l'on se dit que cette personne pourrait bien devenir un bon ami. Le temps me dira si mon intuition était bonne avec ces filles-là...

    PS: Après avoir vu le deuxième épisode, absolument tordant, décomplexé à mort, cru et touchant, je suis plus que jamais confiant et conquis !

How ?

Posté par LullabyBoy à 13:41 - - Commentaires [5] - Permalien [#]
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