04 janvier 2012

Enlightened [Saison 1]

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 Saison 1 // 170 000 tlsp. en moyenne

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   Un jour comme aujourd'hui, je me dis que les enseignements d'Amy, l'héroïne d'Enlightened, me feraient le plus grand bien si je réussissais à les appliquer. Des touristes qui se traînent dans le métro, une petite vieille à qui l'on cède sa place et qui trouve quand même le moyen de se plaindre parce qu'on ne l'a pas fait dans la seconde où elle est entrée dans la rame ("Ah, enfin !"), une caissière mal baisée, des collègues mal embouchés, des voisins qui se sont crus seuls dans l'immeuble... il y a des jours où l'humanité entière semble avoir décidé de vous emmerder, des jours où on resterait bien sous sa couette... longtemps. Ces jours-là, il faut puiser au fond de soi pour trouver l'énergie nécessaire afin de garder le sourire, avancer sans se retourner et oser. Au cours des dix épisodes de la première saison d'Enlightened, c'est ce qu'Amy fait. Elle échoue souvent et alors ? Elle ne baisse jamais les bras, elle y croit toujours. Pendant combien de temps encore ? Je crois que je n'aurai jamais sa patience. My bad. Alors Enlightened c'est quoi au final ? C'est la lutte quotidienne d'une femme dans le monde moderne, de désillusions en rayons de soleil, de solitude en petit bout d'espoir.

   A chaque épisode d'Enlightened, son lot d'humiliations pour Amy. On pense parfois un peu à Valerie Cherish de The Comeback tant ses multiples déboires provoquent en nous embarras et pitié. La petite différence ici, c'est que la série ne se résume pas à ça et le but n'est pas vraiment de se moquer du personnage, ou alors juste un peu parce que parfois, il faut reconnaître qu'elle abuse pas mal. Laura Dern donne l'impression que ce rôle a été écrit pour elle (c'est peut-être le cas d'ailleurs, étant donné qu'elle en est aussi productice). Qu'elle ait son air de ravie de la crêche avec un sourire jusqu'aux oreilles ou une mine maussade voire un rictus de honte ou de colère qui gronde, elle est d'une justesse à tomber par terre et rend Amy infiniment touchante dans sa quête utopique de l'harmonie parfaite et du bonheur. Elle est si lumineuse parfois et si drôle malgré elle qu'elle en devient belle. Pas que Laura Dern soit un laideron à la base mais son drôle de nez et sa grande taille ne correspondent pas vraiment aux canons de beauté actuels, sans compter qu'elle n'est plus toute jeune. Merci encore à la télévision d'offrir à des actrices comme elle (ou Laura Liney, ou Edie Falco, ou Jessica Lange, ou Betty White...) de briller un peu plus fort. Je crois que ce que Laura Dern maîtrise encore mieux que son jeu, c'est sa voix (ce qui fait partie du jeu aussi me direz-vous) ! Les passages en voix-off sont de toute beauté. Je repense encore à ces mots lors d'un des épisodes les plus marquants intitulé "The Weekend" : "My First Love. My husband. My Heartbreak. My Pain. (...)" ou encore toute sa tirade sur les mères, dont elle rappelle qu'elles ont elles aussi été des enfants un jour et qu'elles le resteront toujours un peu. "Not Enough Good Mothers" était aussi un bel épisode. Une pièce entière a d'ailleurs été consacrée à la mère d'Amy, jouée par Diane Ladd, la vraie mère de Laura Dern dans la vie. Il répond à la question : "Mais que fait Helen de ses journées lorsque sa fille galère au travail ?". C'était un bouleversant discours sur le temps qui passe, la vieillesse, qui se résume parfois un peu à l'attente interminable de la mort... Helen n'est pas un personnage facilement attachant, on peut même dire qu'elle agit très souvent de manière détestable mais on comprend tout grâce à cet épidode et je crois même qu'on lui pardonne tout, aussi. L'amie d'Amy, venue tout droit de son camp de remise en forme hawaïen, n'était pas franchement agréable non plus dans son genre mais quel plaisir de retrouver Laura Dern et Robin Wright face à face à cette occasion ! Tiens, elle aussi mériterait sa petite dramédie. Elle était géniale !

   S'apparentant parfois à une comédie de bureau, Enlightened n'excelle pas autant dans ce domaine (dommage d'ailleurs que le final soit surtout centré là-dessus même si ça a un sens). Elle ennuie même un peu par moment, soyons francs, mais ce qu'elle dit sur le monde de l'entreprise est on ne peut plus vrai, avec tout le cynisme que cela comporte. Mais rien que de guetter les expressions du visage du collègue le plus proche d'Amy -un certain Tyler incarné par le créateur de la série lui-même, Mike White- vaut son pesant de cacachuètes ! C'est d'ailleurs un personnage qui mériterait d'être exploré plus en profondeur, sachant que la seule fois où les auteurs l'ont tenté, ils s'en sont sortis avec les honneurs ! C'est aussi, il faut bien le dire, un des rares proches de l'héroïne un tant soit peu sympa avec elle, qui semble réellement l'apprécier. Du moins au départ. Après... disons que ça se gâte ! L'ex-mari d'Amy n'est pas désagréable non plus au demeurant mais son comportement laisse vraiment à désirer. Dans quel état va-t-il revenir de sa cure (s'il va jusqu'au bout du moins) ? Impossible à dire. Et ce qui est cool, c'est qu'on aura la réponse car la série a été sauvée in extremis de l'annulation !

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// Bilan // Enlightened n'a rien de la dramédie typique à la mode ces dernières années : tour à tour sombre et désabusée, lumineuse et optimiste, reposante ET stressante, elle ne va jamais vraiment là où l'attend, s'autorisant souvent à prendre des risques, quitte à déplaire. Exactement comme son héroïne en somme. Elle n'est pas hilarante, mais pas déprimante non plus. Souriante souvent, un peu triste parfois aussi. Elle est hybride, différente, intelligente, juste. Elle est beaucoup de choses, si bien qu'une saison de dix épisodes ne suffit définitivement pas pour l'apprivoiser.

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21 octobre 2011

Enlightened [1x 02]

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Now Or Never // 190 000 tlsp.

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   A ceux qui se demandaient ce à quoi Enligtened pouvait bien ressembler passé son pilote, la réponse est simple : à une étrange comédie de bureau ! C’est en tous cas sur le retour au travail d’Amy que le second épisode de la série est centré et la voilà qui se retrouve à la cave, avec des gens bizarres pour faire un travail bizarre et ça tombe plutôt bien au fond puisqu’elle-même est bizarre aux yeux de tous sauf peut-être aux nôtres. Sa mère la prend pour une demeurée, son ex-mari pour une folle et l’ensemble de ses collègues pour une excentrique doublée d’un passé d’hystérique prêt à ressurgir à tout moment. Et cet épisode ne cesse d’ailleurs de souffler le chaud et le froid en mettant l’héroïne dans des positions censées la rendre furieuse mais elle parvient malgré tout à garder son calme en public. Elle a une technique imparable pour cela : fermer les yeux et rêver à une vie plus sereine, plus calme où tout le monde s’aime… une utopie qui paraitra stupide pour certains, poétique pour d’autres. Inutile de préciser que je me range dans la seconde catégorie même si je comprends que cela ne puisse pas plaire.

    Il y a un truc qui m’a frappé pendant l’épisode mais je sens que je vais me sentir bien seul : je trouve que Valérie Lemercier ferait une parfaite Amy si la série venait à être adaptée un jour en France (donc jamais). L’artiste française – que j’adore- partage beaucoup de mimiques avec Laura Dern et il y a même dans leurs visages des traits communs : le regard, le nez… Bref, ça n’a pas grand intérêt que je vous dise ça mais il fallait que je le partage. Pour rester sur Laura Dern, je trouve vraiment qu’elle est parfaite dans ce rôle. Un peu logique d’un autre coté, il a été écrit par et pour elle. Parfois elle me fait vraiment penser à une Sarah Jessica Parker dans la cinquantaine. Là encore, je prends le risque de me sentir bien seul… et j’espère que Carrie ne deviendra pas aussi perturbée soit dit en passant ! Ce qui serait pas mal maintenant, c’est qu’Amy se lâche et dise vraiment ce qu’elle pense de tout ce petit monde qui l’entoure mais sans se mettre en colère. A partir de là, on pourrait se retrouver face à de grands moments d’émotion !

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// Bilan // J’aimerais disserter davantage sur ce second épisode d’Enlightened mais il faut reconnaître qu’il ne donne pas matière à une analyse approfondie. Je crois qu’il faut prendre la série comme elle est actuellement : amusante, touchante et pleine de possibilités, à l’image de son héroïne. 

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17 octobre 2011

Enlightened [Pilot]

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Pilot // 210 000 tlsp.

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What About ?

 Auto-destructrice de nature et colérique, Amy a décidé de changer suite à une révélation d'ordre spirituel qui l'a conduite à passer quelques temps à Hawaii dans une thérapie de groupes. De retour dans sa vie d'avant, elle est bien décidée à faire le bien autour d'elle et à trouver un équilibre pour enfin vivre...

Who's Who ?

 Créée par Mike White (un des scénaristes de Dawson et Freaks & Geeks) et Laura Dern. Avec Laura Dern (Jurassik Park, Blue Velvet, Sailor & Lula, Un Monde Parfait...), Diane Ladd (Primary Colors, Chinatown, Kingdom Hospital), Luke Wilson (La Famille Tenenbaum, La Revanche d'une Blonde), Sarah BurnsMike White...

So What ?

    Beaucoup de séries commencent par la fuite du personnage principal vers un nouvel ailleurs, effrayant par principe mais aussi et surtout plein de promesses. Il change de boulot, de ville, d'amis, de moitié... J'aime beaucoup ces points de départ-là, en général. Ils m'inspirent, ils me donnent de l'espoir, ils me rappellent que l'on peut tout recommencer et c'est parfois nécessaire, primordial, vital ? Dans Enlightened, pas question pour l'héroïne d'abandonner sa vie. Bien au contraire. Si elle la délaisse momentanément pour vivre une expérience nouvelle, c'est pour revenir plus forte, plus sûre d'elle et tenter, enfin, d'être heureuse. Elle recommence tout mais avec l'espoir de retrouver le même boulot, les mêmes collègues, dans la même ville, avec les mêmes amis, avec la même moitié... ? Ou une autre... nouvelle... ou ancienne... le coeur a ses raisons que les reboots ne connaissent pas. Rien n'a changé dans la vie d'Amy, les paramêtres sont les mêmes mais le dénominateur commun, c'est elle et elle, elle n'est plus tout à fait la même.

   Illuminé par Laura Dern -qui méritait bien sa série- ce pilote est une invitation au voyage d'abord avec quelques scènes trop courtes se déroulant à Hawaii et ne nous dévoilant qu'une infime partie du parcours initiatique traversé par Amy, mais néanmoins magnifiques, qui vous emportent... Quelques conversations à la chaleur d'un feu de bois, les cheveux au vent, l'embrun marin dans l'air; quelques méditations, les yeux fermés, le coeur autrefois serré ouvert et rempli; quelques brasses au fond des mers, au milieu des plantes, des poissons et d'une grande tortue, symbole de l'immortalité (de l'âme ?) et de la sagesse; quelques sourires; quelques larmes; un au-revoir puis un retour à la réalité, dur, triste. Alors que l'on pensait désormais notre héroïne invincible, la voilà qui flanche déjà. Mais elle se reprend, retrouve ses (nouveaux) esprits et poursuit sa belle bataille contre le cynisme, la méchanceté, l'hypocrisie... tout ce qui fait la laideur de notre monde. Une Ange du Bonheur Amy ? Une béni-oui-oui ? Non. Une femme qui croit, qui a la foi en quelque chose mais ne sait pas elle-même en quoi. Une femme qui croit en elle ? Une femme que je suivrais au bout du monde en tous cas, qu'elle soit au bord de la crise de nerfs -excellente scène d'ouverture- au bord de la plage -j'y suis un peu resté dans ma tête- au bord des larmes -émouvante lorsque sa mère fuit l'évidence et ses responsabilités- au bord du gouffre... Et je veux vous parler de cette robe jaune, du fantôme de Carrie Bradshaw, de la côte Ouest, de Los Angeles, de la voix de Regina Spektor, et de son piano...

   Enlightened est une série lumineuse, qui possède la légéreté de sa profondeur et qui ne sait pas elle-même où elle nous emmène mais qui a des choses à nous dire, des histoires à nous raconter, des personnages à nous présenter, à nous faire apprendre à aimer... Je crois en Amy. Ayez foi en elle vous aussi.

How ?

Posté par LullabyBoy à 01:22 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
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