25 mai 2013

Bates Motel [1x 10]

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Midnight (Season Finale) // 2 700 000 tlsp.

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Par Ronan.


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   Ce qui devait arriver arriva... Tous les micro-évènements mis en place, depuis deux ou trois épisodes (avec plus ou moins de bonheur, surtout moins que plus) ont porté leur fruit. Ils ont permis d'amorcer la bombe cérébrale de Norman et de la faire exploser. Bon, ok, c'est plutôt une bombe à retardement car, une fois de plus, tout se joue dans les dernières minutes de ce final. Mais c'était bon ! Et surtout, on a hâte de voir la saison 2.

   Revenons dans un premier temps au cas "Abernathy" : j'avais prévu que ce monsieur patibulaire finirait avec une balle entre les deux yeux et je vous laisse donc la surprise du sort qui lui est réservé. Sa storyline nous a permis d'en apprendre un peu plus sur le sherif Romero, mais les scénaristes ont bien pris soin de nous embrouiller toujours et encore concernant ce personnage. Bon ou méchant ? On ne le sait toujours pas. En tout cas, il n'est pas totalement clean et ses méthodes sont un chouilla expéditives ! Ce fut l'occasion également de faire connaissance avec la sœur de ce cher Keith Summers : une pauvre femme, sans le sou, que j'espère revoir durant la saison 2 car sa détresse était très touchante. Elle a surement beaucoup de choses à nous apprendre.

   Norma, évidemment, durant tout l'épisode, a fait caca dans sa culotte tant elle avait la trouille de son maitre chanteur. Pour décompresser, elle a senti le besoin de se confier à son psy (avec un taux de réussite assez faible), à Dylan (le rapprochement entre les deux est de plus en plus perceptible) et à Norman. Si, avec son fils chéri, elle parvient à se lâcher et à se soulager, elle n'a visiblement pas penser une seule seconde que Norman n'avait pas les épaules assez solides pour recevoir ses confidences. De fait, si Norma s'extirpe de son marasme psychologique, Norman, lui, s'enfonce inexorablement dans le sien. Un seul point m'a gêné dans tout cela : les scénaristes nous laissent penser que Norman est dérangé parce que sa mère est dérangée parce qu'elle-même avait un frère dérangé etc etc etc. Cet aspect "déséquilibre familial en cascade" me gave sensiblement car il signifie que, obligatoirement, un traumatisme est le résultat d'un traumatisme plus ancien : c'est un schéma un peu trop simpliste à mon goût.. Il n'en reste pas moins que le frère de Norma est attendue avec impatience en saison 2. Les scénaristes n'ont pas dévoilé son passé pour du beurre, non ?

   Avant d'entamer la partie "Norman" de cette review, il faut tout de même signaler une fois de plus que la qualité première de Bates Motel résulte des relations "intimes" entre les personnages, de l'attachement qu'on leur porte, de l'émotion qu'ils suscitent chez nous. Qu'ils soient schizo, déséquilibré, malade, petit truand de pacotille, tous parviennent à nous toucher. Et les acteurs n'y sont pas pour rien. Tous, sans exception (sauf Nicola Peltz - alias Bradley - éventuellement), sont excellents. Mention spéciale à Vera Farmiga que le cinéma n'a pas su exploiter correctement (je conseille cependant aux lecteurs de ce blog de mater le film Esther dans lequel elle a un des rôles principaux). A l'avenir, espérons que les différentes storylines seront se tendre plus encore entre les différents protagonistes de la série : il y a là-dedans assez de matière, de tension, de mensonges pour ne pas trop utiliser de grosses intrigues secondaires.

   Bref, parlons maintenant de Norman. Depuis quelques épisodes, il se prend quelques perturbations en pleine tronche. Son chien meurt. Paf, ça le perturbe. Il devient fana de taxidermie. Paf, ça joue pas en faveur de son équilibre précaire. Son enseignante s'attache à lui. Bzzzz, un neurone grille. Il réalise que Bradley et Dylan se rapprochent. Biiiiiiiippp, son cerveau chauffe. Sa mère le surprotège et lui confie des horreurs. Pimpon pimpon, ça brûle. Rajoutez à cela un accrochage avec Emma (personnage hyper attendrissant, actrice au top !) et une bagarre avec le petit ami de Bradley et là, vous obtenez une belle bouffée schizophrénique de la part de Norman. Et quand il pète un cable, Norman tue...

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// Bilan // Bates Motel conclue sa première saison avec brio, sans pour autant égaler la qualité de l'épisode 6. Mais des bases prometteuses sont jetées pour la saison 2 : les scénaristes ont avancés de nouveaux pions, cités de nouveaux personnages (le frère de Norma, le petit ami de l'enseignante), mis en place une situation dramatique forte. Tout semble réuni pour que Bates Motel poursuive sa jolie trajectoire. Même si on est jamais à l'abri d'une sortie de route, vivement la saison 2 ! A l'année prochaine...

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20 mai 2013

Bates Motel [1x 09]

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Underwater // 2 480 000 tlsp.

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Par Ronan.


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   Les épisodes se suivent et se ressemblent. Malheureusement. Il n'y a quasiment rien à retenir - ou presque - de ce 1x 09, ce qui est particulièrement inquiétant puisque nous sommes à une semaine du final ! Mais pourquoi diable les scénaristes n'ont pas mieux gérer leurs intrigues et ont préféré précipiter l'essentiel, sans le délayer une seule seconde, lors des six premiers épisodes ? Si, sur le moment, c'était surprenant et franchement bien foutu, on se dit maintenant qu'il y avait de quoi rendre le tout plus complexe et plus tordu.

   Lors du 1x 08, seules les dernières minutes nous donnaient véritablement envie de connaître la suite. C'est le même schéma qui se présente ici et c'est exactement pour la même storyline. Tout le reste est sans grand intérêt, quand ce n'est pas complétement inutile. Emma bouffe un spacecake et fait un mini bad trip. On s'en fout. Au mieux, elle a peut-être tapé dans l'oeil de son cuisinier... Norman a écrit une nouvelle (ah bon ?) et sa professeur veut qu'il retravaille le tout afin de la publier. On s'en fout. On peut juste imaginer que l'enseignante en question éprouve quelques sentiments (ne serait-ce que "maternels") pour le petit Norman. Mais à quoi bon ... Norman rêve qu'il veut tuer Bradley. Sincèrement, qui n'a pas déjà rêvé qu'il faisait du mal à quelqu'un ? Si on veut nous montrer ici que Norman a tout d'un psychopathe, c'est franchement un pétard mouillé. Bref, on s'en fout également ! Dylan tape de plus en plus dans l'oeil de Bradley et réciproquement. C'était couru d'avance et, donc, on s'en fout un peu. Mais ce petit amourachement pourrait amener des problèmes à Dylan. Cela n'est pas follement passionnant mais ça nous fera un petit quelque chose à nous mettre sous la dent. En résumé, en conclusion, il semblerait qu'il n'y ait plus rien de tentaculaire dans toutes ces historiettes, que ce sont juste des ficelles mises bout à bout pour faire en sorte que l'épisode atteigne ses 40 minutes. Cependant, ces petites intrigues pourraient avoir comme point commun de frapper Norman en plein cœur, par touches successives. Si tel est le cas, ce sera évidement intéressant mais le manque de tension autour de ces micro-événements ne nous donne pas suffisamment envie de nous planter devant la suite de la série.

   Mais, soyons indulgents, il y a quelques moments sympathiques dans cet épisode (et ils sont le résultat de séquences familiales ! Il n'y a vraiment que cela qui fonctionne véritablement). Norma a de nouveau la bougeotte. Et on la comprend ! Avec toutes les problèmes qu'elle rencontre depuis son arrivée à White Pine Bay, beaucoup prendraient leurs jambes à leur cou et se sauveraient ! Seul hic : Norman ne souhaite pas déménager car, entre Bradley, Emma et l'influence de Dylan, le jeune homme prend de l'assurance et semble trouver que sa vie devient véritablement intéressante. Le ton monte alors entre les Bates et Norman finit par traiter sa mère de folle. Jusqu'ici tout va bien. Là où nait le véritable malaise, c'est quand la réconciliation entre la mère et le fils se fait... sur l'oreiller. Rien de sexuel, je vous rassure, mais une gentille odeur de soufre qui nous rappelle ce que la série a de meilleur ! Dommage qu'elle n'exploite pas ce coté poisseux plus régulièrement.

   Revenons maintenant au final de ce 1X09 dont je vous parlais dans les premières lignes de cette review. Nous apprenons simplement que le vilain monsieur de la chambre 9 se montre menaçant pour une grosse somme d'argent. Waouh, que c'est original !! Mais cela nous offre une scène très tendue et surtout l'occasion d'applaudir une fois de plus le jeu de Vera Farmiga. Matez la scène sans le son et observez le visage de l'actrice : il vous raconte l'histoire de Norma Bates ! Son abattement, sa lassitude, sa peur, son épuisement... Tout s'exprime à travers ses yeux, le moindre mouvement de ses lèvres, la plus imperceptible contraction musculaire... Elle parvient à nous faire une peine folle. Rien que pour elle - et pour Freddie Highmore - Bates Motel mérite qu'on lui laisse une chance !

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// Bilan // Et voilà : encore un épisode creux qui s'achève. Sans enjeu suffisant pour faire de Bates Motel une série passionnante. Il nous reste juste à souhaiter que le second grand méchant loup de cette saison ne terminera pas simplement avec une balle entre les deux yeux et basta, emballé, c'est pesé, l'histoire est terminée. Si c'est le cas, on pourra conclure que les scénaristes ont fait le choix de nous faire suivre l'évolution psychiatrique des Bates par l'intermédiaire d'intrigues additionnées les unes aux autres et sans envergure. Ce serait un beau gachis.

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14 mai 2013

Bates Motel [1x 08]

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A Boy And His Dog // 2 710 000 tlsp.

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Par Ronan.


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   Bates Motel la joue pépère pour ce 8ème épisode. Mais de petits indices disséminés laissent penser que les scénaristes font doucement monter la pression et ajoutent des pièces au puzzle pour nous offrir un final sur-le-cultant. Enfin, espérons-le. Car, si ce n'est pas le cas, la série perd de sa superbe depuis le 1x 06. En résumé : c'est moins pire que l'épisode précédent, mais c'est moins plus meilleur que tout le début de saison !

   Norman s'est découvert une nouvelle passion : la taxidermie. Cette passion est une conséquence de son échec sentimental avec Bradley, un moyen de se réfugier un peu plus dans un monde bien à lui. Et c'est le papa d'Emma qui s'y colle pour lui apprendre l'art de l'empaillage. C'est certainement aussi pour Norman l'occasion de trouver une figure paternelle de substitution ou, plus simplement, un peu de testostérone dans une vie dominée par sa mère. Mais jusqu'où cette passion conduira-t-elle Norman ? Est-ce qu'elle interviendra macabrement dans l'épisode final ? Allez savoir ... En tout cas, Norma ne voit pas vraiment d'un bon œil ce passe-temps. Elle ne voit pas non plus d'un très bon oeil le fait que l'une des enseignantes de Norman conseille à ce dernier d'aller chez un psychiatre. Aussi décide-t-elle de prendre les choses en main et d'accompagner son fiston chez le dit psychiatre. C'est l'occasion d'une scène drolatique mais révélatrice de la relation castratrice existante entre la mère et le fils. Le tout est plutôt bien amené mais parions que cet essai psychanalytique sera unique ! Les acteurs, eux, jouent leur partition avec une folie qui fait plaisir à voir. Mais attention de ne pas leur écrire des situations trop convenues et peu fines car leur jeu pourrait paraître parodique (c'est la sensation que j'ai eu lors d'une scène avec Vera Farmiga que je trouve pourtant grandiose).

   Norma a également d'autres chats à fouetter durant cet épisode, mais son caractère "je-sais-tout-je-maitrise-tout" l'amène à commettre de nombreux impairs : le premier auprès du Shérif qui, pour la première fois, va montrer un visage menaçant (deviendra-t-il le grand méchant de l'histoire d'ici la fin de la saison ? Allez savoir ...), le second auprès de M. Abernathy. En effet, après avoir bêtement cru qu'elle n'avait rien à craindre de ce mec à l'allure pourtant franchement patibulaire, elle comprend à ses dépends que ce dernier la conduit droit dans le mur. La tension entre les deux personnages va crescendo, entre menaces, laissant supposer que nous ne connaissons qu'une partie de l'affaire Keith Summers, jeux de cache-cache ridicules et scène finale croquignolette !! Jere Burns (qui incarne le fameux Abernathy) n'a pas beaucoup d'effort à produire pour paraître inquiétant. Le montage, la musique et les lumières sont là pour parfaire son expression monolithique.

   Si Bradley est toujours discrète - mais conne - durant cet épisode, Emma, elle, continue de gagner nos cœurs. Qu'elle gaffe, qu'elle soit maladroite, qu'elle défende bec et ongle Norman, elle nous touche de plus en plus à chaque scène. Mais les scénaristes - pour la première fois si mes souvenirs sont bons - nous rappellent que la petite Emma a une santé bien fragile et qu'elle est condamnée à court terme. Est-ce qu'il lui arrivera quelque chose dans l'épisode final ? Allez savoir...

   Pendant ce temps, poussé imperceptiblement par son abruti de collègue, Dylan prend de plus en plus au sérieux son rôle de chef des coupeurs de joints. Sa dernière mission est de ramener à White Pine Bay toute une bande de joyeux drilles embauchée pour cueillir les précieuses plantes qui font voir des éléphants roses. Et Dylan a l'excellente idée de demander à Norma d'héberger toutes ces gentilles personnes au motel. Notons au passage que Gil ne semble pas être le chef suprême de cette bande de malfaiteurs. Saurons-nous de qui il s'agit lors du final ? Allez savoir...

   Comme vous avez pu le lire, il y a donc eu de nombreux micro-évènements au cours de cet épisode. Cependant, il manquait le liant qui fait tout le sel de la série : les relations entre les différents personnages. Pour le moment, chacun vit sa storyline plus ou moins dans son coin, pataugeant solitairement dans son propre marasme. C'est pourquoi on a cette impression d'un épisode -faussement- tranquille. On sent bien qu'il se passe des choses mais elles semblent s'accumuler sans lien entre elles. C'est d'autant plus dommage que tous les protagonistes sont attachants ou antipathiques et que quasiment aucun ne laisse indifférent. Alors pourquoi se priver d'interactions entre eux ? A moins que ce ne soit pour organiser des retrouvailles pétaradantes lors du dernier épisode de la saison ? Allez savoir... On peut tout de même signaler que la série doit absolument parfaire ses intrigues secondaires afin qu'elles ne soient pas seulement des prétextes évidents pour faire se croiser les différents anti-héros de Bates Motel.

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// Bilan // Entre la passion macabre de Norman, ses pétages de plombs réguliers et les pétages de plomb réguliers de sa mère, les copains drogués de Dylan qui pieutent au motel, M Abernathy qui rode violemment dans les parages, le Shérif qui la joue beaucoup moins cool et Emma qui perd son souffle, tous les ingrédients semblent se réunir pour nous préparer, très doucement, un 1x 10 aux allures de cocktail molotov. Si tel n'est pas le but de cet épisode, alors il y a un gros souci !

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06 mai 2013

Bates Motel [1x 07]

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The Man In Number 9 // 2 980 000 tlsp.

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Par Ronan.


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    Ma review du précédent épisode commençait ainsi : "disons le tout de suite, cet épisode était excellent". Je vais donc vous faire la version 1 X 07 : disons le tout de suite, cet épisode était nullissime. Bon, ok, il pâtit surtout de la comparaison avec son prédécesseur et mon propos est sûrement exagéré. Mais tout de même ... Force est de constater que Bates Motel est un grand 8 et que, là, nous sommes au plus bas. Mais pourquoi suis-je si méchant ? 

   Parce que l'on tire un trait trop rapidement sur la trame principale des 6 premiers épisodes. En une intro éludée à souhait, l'histoire Summers - Shelby est balayée d'un revers de main. Et tout passe comme une lettre à la poste auprès du Shérif Alex Romero (dont le caractère n'a, pour le moment, toujours aucune épaisseur). Peut-on espérer que tout ceci n'est qu'un leurre et que cet arc narratif n'est pas achevé ? Malheureusement, je pense que les scénaristes vont juste broder d'autres histoires autour de Summers (jusqu'à l'overdose). D'ailleurs cela semble déjà le cas avec l'arrivée d'un nouveau personnage (the man in Number 9, comme l'indique le titre de cet épisode).

   Parce que les scénaristes se moquent de nous : Shelby a tiré un coup de feu sur son esclave sexuelle et, pourtant, son devenir n’intéresse personne. Ni Norma, ni quiconque ne cherche à savoir ce qu'elle est devenue, si elle a été blessée ou autre. La famille Bates est dorénavant préoccupée par l'ouverture du Motel (et, pour faire genre, on voit même des ouvriers s’affairaient sur le chantier). Bref, tout va bien dans le meilleur des mondes. On entend même des petits oiseaux chanter !

   Parce qu'on va un peu vite en besogne, qu'on nous offre des situations caricaturales : nous avions quitté Bradley ravagée par le décès de son père. Coucou la revoilou maquillée comme une voiture volée, jetant Norman comme un malpropre ou s'étirant au club de gym. D'ailleurs, lors de cette scène, Norma observe cette chère Bradley avec une discrétion digne d'une pièce de boulevard. Ah la la... Comment paraitre ridicule pour nous faire ressentir que Norma considère la jeune orpheline comme une ennemie puisqu'elle a couché avec son rejeton !! Toujours à propos de Norma, celle-ci accueille donc dans son motel un homme plus que bizarre, qui réserve toutes les chambres une semaine par mois et qui a des liens avec Summers. Pourtant, elle lui demande juste, sur un air rigolard "j’espère qu'il n'y a rien de louche là-dedans ?". Là, chers lecteur de ce blog, j'ai envie de céder à la mode Nabilla - déjà usée jusqu'à l'os - et vous dire "non mais allo quoi ? T'as été violée par un porc qui faisait un trafic d'esclaves sexuels et t'es pas dérangée plus que cela par la venue d'un de ses potes ? Allo ??". Je n'ose pas non plus évoquer les quelques minutes passées en voiture durant lesquelles Norma, copine comme cochonne avec Emma, passe plus de temps à scruter la jeune malade qu'à regarder sa route. Ceci est sans aucune importance mais c'était drôle à voir. En tout cas, dans ces diverses situations un peu too much, Vera Farmiga, pour la première fois, en fait des caisses et rendrait presque comique son personnage. C'est bien dommage. Dernier point : les scénaristes ont une version légèrement HULKienne de la maladie de Norman : si Bruce Banner devenait un gros monsieur tout vert dès qu'on le contrariait, Norman Bates, lui, devient totalement schizo dès qu'il a un pet de travers. C'est tout de même un peu simpliste.

   Parce que quelques histoires futures semblent extrêmement prévisibles : Dylan fait la connaissance de Bradley et vlatipa qu'on sent que le courant passe entre les deux personnages, sensation appuyée par le fait que le père de Bradley travaillait pour le patron de Dylan. Et le tout sous les yeux de ce pauvre Norman...

   Mais terminons par deux ou trois points positifs puisque l'épisode nous offre tout de même quelques minutes de tensions assez prenantes. Dans un premier temps lorsque Norma pense qu'un individu est entré dans sa maison et, dans un deuxième temps, lorsque Bradley plaque le jeune Bates. A cet instant, la folie, qui fait tout le sel de la série, revient habiter le jeune Bates. Et, c'est aussi l'occasion d'un immense clin d’œil à Psychose ! Dans un troisième temps, lors de la scène finale, quand un événement dramatique surgit (oui, dans mon cœur de midinette, c'était très triste), on retrouve l'osmose névrotique entre Norma et son fils. Mais voilà, c'est bien tout ce qu'il y a de bon dans cet épisode ! Maigre lot de consolation.

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// Bilan // Bates Motel perd de son éclat durant ce 1x 07. Mais soyons indulgent car nous ne pouvons pas croire que la série va se noyer dans un "tout prévisible", car nous ne pouvons pas croire que toute la trame de ce début de saison est définitivement classée, car il reste toujours les scènes familiales pour relever le niveau. Une chose se vérifie cependant : un épisode sur 2 est bon. A ce rythme, le final de la saison pourrait donc être excellent.

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28 avril 2013

Bates Motel [1x 06]

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The Truth // 2 930 000 tlsp.

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Par Ronan.


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   Disons le tout de suite : cet épisode était excellent. Il avait même l'allure d'un season finale. Et le résumer sans le déflorer va être délicat. En tout cas, il portait très bien son titre : il nous promettait la vérité et nous l'avons eue sur de nombreux points. Même sur des éléments pour lesquels nous n'imaginions pas avoir une réponse si rapidement. C'est d'ailleurs une des grandes forces de la série : en plus de jouer sur les faux semblants, de rajouter pirouettes sur pirouettes, de nous proposer de multiples twists, elle a cette qualité rare de nous surprendre, de mettre des grands coups d'accélérateurs sur certaines storylines de manière inattendue. A la fin de ce sixième épisode, nous pourrions quasiment nous dire "mais quels sujets les scénaristes vont-il traiter maintenant ?" tant il semble que certaines histoires sont plus ou moins bouclées. Heureusement, il y a encore de la matière. Ou peut-être même que certaines vérités crument annoncées durant cet épisode n'en sont pas...

   A moi maintenant de vous dire toute la vérité sur les différents protagonistes. Norma, comme à son habitude, oscille entre calme, volupté et colère noire. Elle a cette capacité déstabilisante de passer d'une émotion à une autre en un claquement de doigts. C'est ce qui la rend insaisissable et qui nous laisse toujours dans le doute sur ses intentions. En est-elle vraiment arrivée là pour protéger Norman d'un mal qu'elle n'identifie pas ? Est-elle tout simplement bien dingue elle aussi ? Je me pose la question depuis le début et il m'est impossible de distinguer le vrai du faux... Il n'en reste pas moins qu'elle livre à Dylan la vérité à propos de la mort du père de Norman . Mais est-ce LA vérité ou SA vérité ? Elle serait bien capable de mentir pour mieux manipuler ses deux fils. En parlant de Dylan, son personnage s'affine de plus en plus. Mi homme mi enfant, mi ange mi démon, mi humain mi salopard. Et il est celui pour lequel les prochains épisodes promettent de véritables ennuis. Il n'a pas gagné du galon dans son "métier" pour se la couler douce !! Concernant Emma, elle fait figuration mais on sent qu'elle s'amuse à vivre des aventures mouvementées (il suffit de voir son regard presque amusé quand Norman et Norma se disputent). Cette jeune fille veut du rocambolesque pour respirer et elle devrait en avoir !

   Et, pour terminer, voici la vérité sur l'ambiance de cet épisode. De grands moments de stress, de tensions, soulignés par une musique bien foutue. De grandes confrontations dont on n'imagine pas l'issue, que ce soit durant la discussion entre Dylan et son boss ou entre la famille Bates et Shelby. D'autres moments plus cradingues : quand il y a des morts, c'est pas fait avec le dos de la cuillère. A ce sujet, celui qui s'écroule sur le perron du motel Bates est bien amoché et c'est toujours sympa de voir que la série ose un traitement un peu sale de ses histoires. Idem pour les quelques scènes assez violentes qui émaillent l'épisode. Ici, pas de hors caméra. On fonce tête baissée dans une image brute : pas la peine de laisser le public s'imaginer l'horreur, il est déjà assez occupé à tenter de démêler le vrai du faux dans les cerveaux délabrés des personnages. Ce qui est visuel est ouvertement montré, ce qui est mental est laissé à l'appréciation de chacun. Nous sommes loin de Psychose mais ce n'est pas grave (à moins d'être un puriste de l'oeuvre de sir Alfred) car Bates Motel gagne une identité scénaristique et visuelle qui fait mouche.

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// Bilan //
 Cet épisode palpitant, franchement réussi, nous laisse sur le fessier ! Son seul inconvénient est qu'il place la barre très haute alors qu'il reste pourtant 4 épisodes avant la fin de cette première saison. Nous pouvons donc nous demander ce qui nous attend pour être maintenu en haleine, surpris encore et encore. Mais si la suite est de la qualité de ce 6ème épisode, nous allons nous régaler !

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22 avril 2013

Bates Motel [1x 05]

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Ocean View // 2 660 000 tlsp.

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Par Ronan.


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   Nous voilà arrivés à la mi-saison de Bates Motel. J'ai la sensation de me répéter mais, une fois de plus, dans cet épisode, les scénaristes associent le très bon et le moins bon et devraient poursuivre cet écueil jusqu'au final (il n'y a aucune raison qu'ils changent leur fusil d'épaule).

   Le moins bon, ce sont indéniablement les intrigues connexes à celle de Norma et Norman. Dès que nous sortons des relations pourries jusqu'à l'os de nos deux "héros" et que nous nous aventurons sur le terrain de "la ville et ses travers", nous avons l'impression que le sujet est traité avec peu de finesse. Heureusement, deux scènes fortes viennent dynamiter ces histoires et réveiller le téléspectateur. Et, à ce sujet, Dylan se met dans de beaux draps et tisse une storyline de plus en plus complexe. En tout cas, même si ce personnage est de plus en plus attachant, il n'en reste pas moins qu'il est sacrément impulsif et dangereux. En revanche, en ce qui concerne les poupées asiatiques shootées et abusées sexuellement, on s'ennuie sévère. Perso, pour le moment, je me contrefous de ces jeunes filles. Peut-être est-ce parce que la pseudo-enquête menée par Emma et Norman autour de cette histoire est franchement tirée par les cheveux ? En deux ou trois clics sur google, Emma a trouvé où Shelby pouvait cacher sa petite esclave. Ça parait tellement simple qu'on ne ressent quasiment aucun enjeu dramatique (hormis pour les conséquences que cela provoque sur le binôme Norman - Norma). C'est d'autant plus dommage que ces esclaves sont le prétexte pour réunir Norman et Emma, dont la relation est bien plus intéressante et développée que celle de Norman et Bradley (car, oui, on s'demande vraiment à quoi sert cette love-storyette, si ce n'est à alimenter le personnage d'Emma, ses réactions et sa détermination).

   Le meilleur de cet épisode reste encore et toujours les scènes familiales (plus ou moins mêlées aux grands arcs narratifs de la série). Ainsi Norma est bien plus embêtée - et je reste poli - d'apprendre que Norman a couché avec une jeune fille que d'être en prison pour meurtre. Elle ne comprend absolument pas que son jeune toutou de fils ne soit pas là pour elle 24h sur 24. Et elle le lui fait payer par une gueulante pas piquée des hannetons. Ces rapports absolument néfastes, vicieux, dévorants, manipulateurs sont la clé de voute de la série, ce qui fait son charme vénéneux et son intérêt majeur. Dans la séquence finale, on peut facilement imaginer qu'elle aurait été la colère de Norma si elle avait découvert Norman et Emma seuls. Concernant son arrestation, on finirait presque par croire que Norma s'est convaincue qu'elle n'est pas coupable. Elle apparait comme un monstre de froideur, détachée de tout, mais concentrée sur elle-même : elle ne comprend pas l'attitude de Norman mais elle ne comprend pas non plus celle de Shelby (qui n'a fait que son boulot en l'incarcérant momentanément). Il faudrait que tout le monde soit à ses pieds, aux petits soins pour elle. Il y a du narcissisme et de l'hystérie chez Norma Bates ! Et elle parvient à faire en sorte que ses deux chevaliers servants la sortent de la mouise dans laquelle elle a pourtant sauté les deux pieds joints !

   Une autre relation s'étoffe et devient de plus en plus touchante au fil des épisodes : celle des frères Bates. Ces deux-là se toisent et s'apprivoisent peu à peu. Mais on sait cependant que Norman ne cautionne pas complétement le comportement de Dylan face à leur mère, et que Dylan a quelques doutes sur la santé mentale de Norman. Leur relation ne peut donc qu'être tumultueuse. Mais, pour le moment, le but de Dylan est d'éloigner le plus rapidement possible Norman de sa mère. Et une grosse ficelle scénaristique lui en donne les moyens financiers. Reste à savoir si Norman va suivre.

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// Bilan // Bates Motel allie toujours facilités scénaristiques et belles études psychologiques - et psychiatriques - de ces personnages. Mais les intrigues, même les plus secondaires, se nouent de plus en plus les unes avec les autres et créent un climat délétère, une tension palpable attisant notre curiosité. On ne peut se poser qu'une question: comment ça va finir mal ? Et on a toujours hâte de connaitre la suite pour savoir qui explosera en plein vol dans ce petit jeu de massacre

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14 avril 2013

Bates Motel [1x 04]

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Trust Me // 2 300 000 tlsp.

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Par Ronan. 


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   Puisque nous sommes face à une série célébrant la folie, n'hésitons pas à faire référence à une timbrée mémorable du septième art (et de la littérature), en l'occurrence l'immonde Annie Wilkes de l'excellentissime film Misery. Au cours d'une envolée tétanisante, celle-ci décrit son dégout pour les feuilletons terminant leurs épisodes sur une scène extrêmement dramatique puis rejouant cette fameuse scène dramatique de manière différente dans l'épisode suivant ! Et bien, au regard des premières minutes de ce quatrième épisode de Bates Motel, je me sens l'âme d'une Annie Wilkes et je ne comprends pas comment les scénaristes ont osé rejouer le final de l'épisode précédent - certes pour y associer le regard d'un nouveau protagoniste - en modifiant légèrement sa chronologie. C'est le genre de procédé que je trouve absolument incorrect. Heureusement, hormis ce faux pas, l'épisode est dense, très dense, non pas en histoires parallèles rocambolesques, mais en relations humaines riches, complexes, touchantes même, dévoilant nos anti-héros sous des jours nouveaux. Tous les masques ne tombent pas pour autant car, au jeu du "Trust me", qui croire ?

   Norma est-elle responsable de la folie de son fils ou le surprotège-t-elle parce qu'elle a constaté qu'il avait des petits problèmes de connexions neuronales ? Cette surprotection alimente-t-elle la folie de Norman et leur relation salement fusionnelle ? Que croire ? Sans répondre à la question, leurs scènes de jalousie respective se renvoient la balle avec un bel écho. Il en est de même pour les deux scènes où ils "s'accusent", soit d'être "malade" pour l'un, soit d'être responsable de tout le bourbier dans lequel ils se trouvent pour l'autre. Mais, comme dans les poupées russes, une question en cache une autre : Norma est-elle la propre source de ses ennuis ou est-elle un malheureux paratonnerre à emmerdes ? Notons que Vera Farmiga nous montre l'étendue de son talent tout au long de l'épisode, entre larmes, colère, panique et sang froid. Elle est définitivement une Norma Bates déstabilisante ! Shelby est-il bienveillant avec Norman ou cherche-t-il à le piéger ? Ce n'est pas le ton doucereux du gentil flic qui permet de distinguer la vérité, puisque le "doucereux" peut être la signature d'un acte attentionné comme d'un acte piégeant ! Que croire ? En revanche, il y a un point que l'on croit sans hésitation : Mike Vogel a une très belle gueule mais le charisme d'une moule au fond d'une cassolette ! L'esclave sexuelle enfermée dans la cave existe-telle ou est-elle le fruit du cerveau malade de Norman ? Que croire ? Tout - dans la mise en scène, dans les regards, dans les intentions des personnages - laisse le spectateur spéculer. Et c'est ça qui est bon. La relation entre Shelby et Norma renforce cette notion de malaise car, selon le point de vue auquel on se rattache, on a la sensation que Shelby se comporte soit comme un dangereux prédateur, soit comme un fou de la choupinette (soit comme un flic cherchant à piéger la coupable d'un meurtre) ! 

   Bradley est-elle définitivement une blonde insipide ou les scénaristes lui réservent-ils un lourd pathos pour la fin de saison ? Que croire ? La scène d'amour entre "BIP" et "BIP" (vous avez vu, j'évite le spoiler) est-elle affreusement kitsch ou ce kitsch se veut-il le reflet de l'innocence et de la touchante maladresse des personnages ? Que croire ? Si c'est la réponse une, bonjour la faute de goût saveur guimauve. Le père d'Emma met-il Norman en garde afin de protéger sa fille ou pour l'éloigner volontairement de celle-ci ? Que croire ? Terminons sur la scène démonstrative par excellence : Norman dévoile absolument tout des derniers évènements à Dylan. C'est un peu laborieux comme une longue explication de texte pour tous les neuneus qui n'auraient rien compris, mais cela débouche sur une connivence, une tendresse salutaire entre les deux frères. Un peu de douceur dans un monde trop brutal. Dylan serait-il le personnage le plus (ou plutôt le moins mal) équilibré de la famille ? Aime-t-il vraiment son frère ou cherche-t-il à se faire aimer de sa mère ?

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// Bilan // Malgré quelques supposées maladresses et un début indigne, Bates Motel joue la carte de la proximité et de l'intimité dans ce quatrième épisode pour mieux le pervertir sous une épaisse couche de faux-semblants. Si je ne me modérais pas, j'oserais dire que c'est assez propre aux univers Lynchiens ! Mais ne nous emballons pas et savourons cet épisode quantitativement positif. Trust me !

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08 avril 2013

Bates Motel [1x 03]

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What's Wrong With Norman? // 2 820 000 tlsp.

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Par Ronan.


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    Ce troisième épisode de Bates Motel s'intitule "What's Wrong With Norman?" mais "Norman", dans cette phrase, aurait pu être remplacé par de nombreux autres protagonistes de l'histoire ! Car, soyons clairs, ce ne sont pas les ficelles énormes du scénario qui donnent envie de connaître la suite de la série mais plutôt la folie des personnages ! Et de ce coté-là, Bates Motel est particulièrement gratiné ! Attention, quand je parle des "ficelles énormes du scénario", je ne veux pas dire que tout est prévisible. Au contraire, quelques situations sont totalement imprévisibles. Mais imprévisibilité et invraisemblances ne sont pas loin de faire bon ménage parfois : trop de twists tue le twist ! De même, quand j'évoque la folie des personnages, je ne parle pas nécessairement de la finesse de leur psychologie. En voici deux exemples frappants : Norma a été violée par un double-goret en rut et elle semble n'en avoir aucune séquelle. Bradley a un père brulé vif et accessoirement mourant et elle n'a rien d'autre à faire que de discuter "vieux films" avec Norman. Pour une série qui souhaite évoquer la lente descente aux enfers d'un jeune homme, il serait peut-être intéressant de se montrer un tantinet plus attentif à ce genre de détails. Je ne parlerai pas des histoires parallèles qui sont également traitées sans finesse : comment un champ de cannabis peut-il passer à ce point inaperçu (à moins que la police laisse tranquillement pourrir la situation) ? Comment une gamine de 16 ans, en l'occurence Emma, peut à ce point se transformer en héroïne de la bibliothèque rose (Fantomette par exemple) sans que le spectateur en sourit ?

   What's wrong with Norman? L'attrait principal de cet épisode est de nous montrer que Norman est bien plus perturbé qu'on le croyait. Perturbation sexuelle : en plein milieu d'un cours, son esprit mélange les dessins sexuelles de son cahier secret avec des images érotiques et violentes de son enseignante ou de sa mère. Tout ça lui grille tellement les neurones qu'il en tombe dans pommes. D'autre part, quand sa mère s'égare avec un autre homme, il l'attend tranquillement dans son lit. En revanche, quand elle le serre dans ses bras, un sourire satisfait s'affiche sur son visage. Allo, œdipe ? Perturbation mémorielle : Norman ne se souvient pas toujours de ce qu'il fait. Ainsi, il a oublié avoir voulu hacher menu son grand demi-frère. Perturbation psychique : Norman voit sa mère, entend sa mère, écoute sa mère alors même que cette dernière n'est pas présente. Avouons que ça peut être gênant ! Perturbation comportementale : Norman s'emporte, se montre agressif... puis passe l'éponge. La pauvre Emma en prendra pour son grade. Et, point clé de l'épisode, Norman collectionne... Tout et n'importe quoi. Les bonnes et les mauvaises choses. Et, en l'occurence, il a eu la mauvaise idée de garder comme souvenir la jolie ceinture du violeur de sa mère... C'est d'autant plus une mauvaise idée que la police va surgir de nulle part pour fouiller la maison Bates.

   What's wrong with Norma? Ok, ce n'est pas une nouveauté, Norma est plus frappée qu'une téquila. Mais au jeu de la manipulation mentale, elle passe l'étape supérieure et excelle. Apprenant que la police a mis la main sur la ceinture-souvenir de Norman, elle court draguer le jeune flic Shelby pour mieux lui demander de l'aide. Elle apprend très rapidement que c'est lui qui a récupéré aux yeux et à la barbe de ses collègues la fameuse ceinture. Prête à tout, elle sous-entend auprès de ce dernier que son fils pourrait avoir tué Keith-double-goret. Par la suite, auprès de son fils, elle laissera sous-entendre que Shelby lui a proposé des petits jeux sexuels en échange de son silence. Ambiance! Mais au jeu du "qui manipule qui", le twist s'invite !! Pour ceux qui ne veulent pas en savoir plus, je leur conseille de fermer cette page web tout de suite. Ou de consulter d'autres articles de ce magnifique blog.

   What's wrong with Shelby? Qui aurait cru que derrière l'angelot blondinet falot Shelby se cachait un joli petit porcelet ? C'est pourtant ce que nous laisse croire le trop gros twist final : Norman, poussé par ses délires, prend la décision de pénétrer chez Shelby pour reprendre sa ceinture souvenir. Le scénario faisant bien les choses, le supposé gentil flic n'est pas chez lui. Et vlatipa que Norman découvre que Shelby a une esclave sexuelle dans les profondeurs de sa cave. Délire de psychopathe ? Réalité ? Le prochain épisode nous le dira. Mais, rétrospectivement, on peut penser que la visite impromptue de la police au motel, lors du premier épisode, n'était peut-être pas aussi impromptue que cela : et si les flics avaient souhaité vérifier qu'aucune trace de leur jeu sexuel n'avait été laissé dans le motel ? Et si Shelby était en train de manipuler Norma pour sauver sa propre peau ou pour en faire son nouveau joujou ?

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// Bilan // Ce troisième épisode Bates Motel condense déjà les forces et les faiblesses de la série. Des personnages torturés, malades, malsains, borderline se mêlent et s'emmêlent à des intrigues parallèles tirées par les cheveux ou encore mal exploitées ainsi qu'à des coups de théâtre et des facilités scénaristiques à la pelle. Mais ce sont justement ces fameux personnages déséquilibrés qui nous donnent envie, malgré tout, de connaître rapidement la suite. La fascination du mal, en somme. Mais jusqu'à quand ?

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01 avril 2013

Bates Motel [1x 02]

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Nice Town You Picked, Norma... // 2 840 000 tlsp.

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Par Ronan.


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   Norma Bates est une araignée et elle a pris dans sa toile son Norman de fils, pauvre petit moucheron, qu'elle manipule et détruit à feu doux. Norma Bates est une mante religieuse. Elle croque les hommes. Et visiblement elle est prête à leur couper la tête très facilement quand ceux-ci sont plein au as ou qu'elle les a sucés jusqu'à l'os. Norma Bates est une nymphomane. Le moindre petit et anodin effet de garde-robe devant son fils sent le soufre. Norma Bates rabaisse, casse, humilie : ne demande-t'elle pas à Emma-Grégory-Lemarchal "quelle est ton espérance de vie" ? Mais, pour le coup, Emma s'en fout et croque le peu de vie qui lui reste à pleine dent. Grâce à elle, le téléspectateur devrait "s'amuser" mais aussi s'angoisser car la demoiselle a l'air particulièrement intrépide. Norma Bates est une pute. Et c'est pas moi qui le dit mais son premier fiston, le fils-pas-prodige-du-tout. Celui-ci, elle ne l'aime pas. Elle l'a rejeté, lui et son géniteur. Sûrement parce qu'ils ne lui étaient pas utiles. Et le fiston en question - Dylan de son prénom et acteur assez mimi pour attirer la jeune fille en fleur - lui en tient vaillamment rigueur. Ces deux là vont jouer au chat et à la souris un long moment, à n'en pas douter... Ils se haïssent mais il a cerné sa "pute" de mère. Suffisamment en tout cas pour la faire chanter. Reste à savoir comment Norma finira par le cuisiner...

   Puisqu'on parle cuisine, cet épisode sentait le brulé ! Et pour cause : le papa de la gentille petite blonde qui dragouille Norman a été pris au piège d'un incendie criminel. Et il semble que, dans la petite ville qui accueille la famille Bates, ce genre d'incident soit courant puisque les habitants sont partisans du "Oeil pour Oeil". C'est pas moi qui le dit mais le gentil flic Shelby. Et le tableau qu'il dresse à Norma de la ville est bien sombre : économie parallèle, loi du talion... La scène finale, agréablement glauque, en est la preuve ! Bref, si Norma Bates est timbrée, elle a trouvé LE lieu où elle pourra passer inaperçu tant elle risque de se fondre dans la masse. En plus, sa beauté, son charisme, son apparence innocente et sa perversité seront des atouts indéniables en sa faveur ! N'a-telle pas - plus ou moins habilement - mis le grappin sur le plus faiblard et le moins couillu des deux flics dès lors que ceux- ci se sont intéressés à la disparition de son violeur ? N'a-telle pas usé de son charme auprès du jeune flic pour l'amadouer, faire pleurer dans les chaumières et ainsi le mettre dans sa poche ? Norma voit loin et prépare l'avenir. Et dans le meurtre de son agresseur, elle compte bien sur Shelby pour faire en sorte que les soupçons s'éloignent d'elle... On peut le dire : Norma Bates est, pour l'instant, assez grossièrement dessinée par les scénaristes. En revanche, il n'en est pas véritablement de même pour son futur schizophrène de fils. On ne devine pas vraiment où ses pulsions vont l'entrainer, il est encore faible. Il batifole entre violence (quel visage glaçant de la part de Freddie Highmore durant la scène de la cuisine !!!) et amourette(s). Son demi-frère n'a pas le même traitement et paraît un peu plus manichéen : il sera le jeune chien fou, accumulant conneries sur conneries et tenant tête à sa famille déliquescente.

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// Bilan // Tout cela est-il trop caricatural et prévisible? Oui !! Les ficelles sont grosses et digne d'un soap. Mais un très bon soap ! Transformer Psychose en soap, fallait oser tout de même. Heureusement, les ingrédients "ambiance poisseuse", "grand-guignol", "relations malsaines" sont là et Norma Bates a toutes les chances de devenir celle qu'on aime détester, la reine des salopes. Et, de surcroit, les auteurs en ont largement sous le pied pour nous permettre de prendre le nôtre ! Entre intrigues tentaculaires, manipulations mentales, violences saupoudrées, ville intriguante, oui, Psychose a de quoi devenir une belle série, se détachant de son illustre modèle pour mieux le nourrir.

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27 mars 2013

Bates Motel [Pilot]

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First You Dream, Then You Die (Pilot) // 3 040 000 tlsp.

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What About ?

Après la mort mystérieuse de son mari, Norma Bates décide de refaire sa vie loin de l'Arizona, dans la petite ville de White Pine Bay dans l'Oregon, et emmène avec elle son fils Norman, âgé de 17 ans. Elle rachète là-bas un vieux motel abandonné depuis de nombreuses années, ainsi que le manoir qui trône majestueusement quelques mètres plus loin. La mère et le fils partagent depuis toujours une relation complexe, presque incestueuse. Des événements tragiques vont les pousser à se rapprocher encore davantage. Ils partagent désormais ensemble un lourd secret... 

Who's Who ?

Drama créé et produit par Anthony Ciprinano (12 And Holding, Terre Neuve), Kerry Ehrin (Friday Night Lights) et Carlton Cuse (Lost). D'après le roman et les personnages de Robert Bloch. Avec Vera Farmiga (Les Infiltrés, In The Air, Esther), Freddie Highmore (Arthur et les Minimoys), Nestor Carbonell (Lost, Ringer, Susan!), Mike Vogel (Pan Am, Miami Medical), Max Thieriot (Jumper, Chloë), Keegan Connor Tracy (Once Upon A Time), Olivia Cooke, Nicola Peltz...

What's More ?

 Officiellement, Bates Motel est présentée comme un prequel au film Psychose de Hitchcock, bien que l'action se situe à notre époque et non dans les années 50.

La série n'est pas tournée aux Etats-Unis mais au Canada, dans la ville d'Aldergrove, à l'Est de Vancouver. 

So What ?

    Bates Motel devrait ravir les détracteurs -nombreux et vocaux- d'American Horror Story, car j'ai le sentiment qu'elle en est un peu l'antithèse. Lorsqu'on enlève toutes les boursouflures, les effets de style et les bêtes de foire de la première saison du freak show de Ryan Murphy, que reste-t-il ? Les lambeaux d'une famille déchirée, soumise à d'atroces souffrances, qui finit par se dissoudre dans l'éternité pour trouver enfin le repos. Un voyage au bout de l'enfer, terriblement humain. Bates Motel ne souffre, en tout cas dans ce pilote, d'aucunes de ces digressions "grotestico-fascinantes" qui ont tant fait parler et qui ont détourné l'attention du propos véritable de la série, avec la complicité perverse de son créateur qui aime par dessus tout déstabiliser et choquer. Les auteurs de ce qui est présenté pour des raisons marketing essentiellement comme le prequel de Psychose ont fait le choix de la sobriété. Et on les en remercie. Ainsi, l'oeuvre d'origine est dépoussiérée tout en évitant les salissements, les écorchures. Bien sûr, cette sagesse, il va falloir réussir à la garder le temps que la série durera. Et ce sera difficile. Peut-être devrait-on dès à présent se distancer de Psychose, comme les scénaristes le font brillamment, et laisser cette autre histoire vivre, grandir. 

   Comme seule une série du câble peut se le permettre -malheureusement- ce premier épisode prend le temps d'installer une ambiance particulière, à la fois inquiétante et familière, presque chaleureuse grâce à l'amour qui se dégage des deux protagonistes principaux, Norma et Norman. Le message est clair : il s'agit avant tout de raconter l'histoire forte et singulière d'une intimité quasi-incestueuse entre une mère et son fils. Il est donc inutile, dans un premier temps, de s'attacher à décrire les personnages secondaires, qui ne font que passer. Ils existent, mais ils nous importent peu pour le moment. On sait simplement qu'ils auront un rôle à jouer le moment venu et c'est là l'essentiel. Vera Fermiga incarne à la perfection cette femme énigmatique, dont on attend beaucoup des prochains coups de sang. J'ai adoré le fait qu'elle vive dans un univers rétro, comme si le monde d'aujourd'hui la dépassait complètement et qu'elle préférait se réfugier dans ses souvenirs (ses robes à fleurs d'antan, ses vieux disques, sa voiture mythique) pour oublier la cruauté du temps présent. C'est en plus une belle manière de justifier que la série évolue dans une ambiance 50s, donc comme dans le film, bien qu'elle se déroule en réalité à notre époque. Je n'ai pas pu m'empêcher de me dire qu'une Felicity Huffman ou qu'une Gillian Anderson auraient habité le personnage avant autant de force et peut-être même plus que Farmiga, mais c'est une pensée inutile, je le concède, et qui me passera sans doute très vite. Elle a cet avantage d'être moins connue, pas vraiment idenitifiable pour un rôle précis, donc à nos yeux, elle se glisse facilement dans la peau de l'héroîne. Norma Bates, maintenant, c'est elle. Freddie Highmore m'a aussi fait très bonne impression, si ce n'est qu'il fait plus jeune que son âge. Je lui donnerai plus 14 ans que 17. En même temps, l'acteur en a 20... Contrairement à sa mère, Norman ne vit pas tout à fait dans le passé, mais pas tout à fait dans le présent non plus par sa faute. Il a un iPod, par exemple. Il n'est pas un adolescent comme les autres, mais pas (encore) parce qu'il a l'air d'un psychopathe. Ce n'est pas du tout le cas. Juste parce qu'il est timide, gauche, innocent, d'un calme Olympien. C'est d'ailleurs intéressant de constater que pour une fois dans une fiction, ces traits de caractère semblent attirer certaines jeunes filles. Deux en l'occurence, très différentes l'une de l'autre en plus. Bref, ce Norman est touchant. On a envie de le cajoler, mais on sait qu'un jour ou l'autre, il risquerait de nous planter un coûteau dans le dos, littéralement.

    Si la psychologie des héros est le fil conducteur du pilote de Bates Motel, avec ce sentiment que le trouble s'insinue de plus en plus clairement dans leurs rapports, il ne se passe pas rien. Bien au contraire. Les événements s'enchaînent tranquillement mais sûrement : de la scène d'ouverture troublante, qui pose question, aux différents obstacles que les Bates trouvent sur leur chemin. Le moins subtile dans son portrait, c'est l'héritier du manoir. C'est le campagnard typique qui, en plus d'être idiot, ne trouve rien de mieux à faire que de violer Norma ! Mais si c'est too much sur le principe, c'est quand même intéressant. On aurait par exemple pu s'imaginer que Norman allait arriver à temps pour éviter l'irréparable. Eh bien non. Il débarque après pénétration ! Et ce n'est pas un détail. C'est un message fort lancé par les auteurs. Ici, on ne rigole pas. Ici, on repoussera certaines limites. L'obstacle représenté par les flics du village est un peu plus classique, surtout dans son déroulement. Ca fonctionne, mais on sait très bien qu'ils ne vont rien découvrir. Pas si tôt. Quoiqu'après tout, en étant un peu tordu, on peut se dire que le shérif a vu le corps dans la baignoire mais n'a rien dit pour mieux observer les agissements des Bates... 

   Bates Motel est un thriller intimiste prometteur, qui se démarque des shows de serial killers tant à la mode en ce moment grâce à la sobriété de son écriture, la subtilité de ses interprétes et l'héritage de son passé, lequel ne semble finalement pas si lourd à porter. 

How ?