06 mai 2014

Weird Loners [Pilot Script]

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WEIRD LONERS

Comédie (Single-Camera) // 22 minutes

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Ecrit par Michael J. Weithorn (Sacrée famille, Un Gars du Queen, The Goldbergs). Produit par Jake Kasdan (Bad Teacher, Freaks & Geeks, New Girl, Ben & Kate). 6 épisodes commandés. Pour FOX & 20th Century FOX Television. 37 pages.

Caryn, Sotch, Zara et Eric ne le savent pas encore, mais ils vont devenir les meilleurs amis du monde. Un lien improbable mais très fort va se créer entre eux lorsque le destin, par d'heureux hasards, va décider de les réunir. Ces phobiques de l'engagement, incapables de mener une vie sociale équilibrée, vont alors découvrir qu'ils sont bien plus épanouis quand ils sont ensemble. Le moment est venu de se serrer les coudes et de vivre enfin vraiment...

Avec Becki Newton (Ugly Betty, How I Met Your Mother), Zachary Knighton (FlashForward, Happy Endings, Parenthood), Nate Torrence (Studio 60, Mr Sunshine, Hello Ladies, Super Fun Night), Meera Rohit Kumbhani...

 

   J'ai ri, mais vraiment ri, au moins trois fois en lisant ce script. C'est rare (particulièrement cette saison). J'ai lu une première fois les lignes en question, qui m'ont fait sourire, et en y repensant deux lignes plus loin, j'ai ri. J'espère que devant le véritable pilote je ne rirais pas en décalé. Ce serait dommage. Pourtant, je n'irai pas jusqu'à dire que Weird Loners est un gros coup de coeur. Je blâme pour cela le fait que c'est l'énième comédie sur une bande de potes plus ou moins losers, qui risque d'avoir du mal à se distinguer des autres passé le premier épisode. La structure de celui-ci fait qu'on se laisse prendre au jeu avec beaucoup de plaisir. Ce qui m'inquiète, c'est l'après. Ce sera quoi un épisode "classique" de Weird Loners ? Je n'en sais rien, donc je suis méfiant. Et c'est peut-être aussi ce qu'ont ressenti les dirigeants de la FOX, emballés par le script mais soucieux pour la suite. Ce qui donne une commande bâtarde de six épisodes. Si par hasard les autres n'étaient pas réussis, elle aura vite fait d'en faire son nouveau Goodwin Games (décalée à l'été malgré un très bon pilote) ou son Us And Them (un pilote suffisamment bon pour commander la série, mais des épisodes suivants apparemment trop mauvais pour ne serait-ce que tenter le coup... du coup les 7 tournés ne seront jamais diffusés !). Et ce serait moche pour Becki Newton, maudite depuis Love Bites

   Je note d'abord deux choses importantes : 1/ les personnages du script sont un peu plus âgés que les acteurs et actrices qui ont été choisis, ce qui change mine de rien un tout petit peu le concept de départ : s'intéresser à des personnages ayant tout juste atteint la quarantaine qui se retrouvent seuls du jour au lendemain et qui se réunissent pour vaincre l'adversité ! FOX n'a pas pu s'empêcher de rajeunir les héros afin de coller davantage au public recherché. 2/ Weird Loners a clairement été écrit dans l'idée de le vendre à une chaîne câblée (FX ?) : les "fuck" et les grossieretés sont nombreuses et impossibles à garder pour FOX -et parfois, elles sont essentielles à la drôlerie de la chose- et certaines situations à caractère sexuelle très explicites ne passeront pas non plus. Bref, la version édulcorée par le network sera sans doute un peu moins bonne que ce qui était prévu à l'origine. Et c'est un mal qui vaut très souvent pour les autres chaînes. On s'étonne souvent de la nullité de certaines séries, on se demande comment elles ont pu être commandées... une partie de la réponse est là : elles ont été nazifiées par le network

   Le post-générique du pilote nous présente chacun des 4 héros un à un, dans leurs environnement naturel. Caryn d'abord, le personnage central, le ciment de la future bande, qui largue un homme qu'elle a rencontré quelques jours plus tôt sur une croisière pour célibataires car, une fois de plus, elle a le sentiment que ce n'est pas le bon. Dans sa tête, le bon, c'est Ryan Gosling. C'est son idéal et elle ne veut personne qui ne s'en approche pas au moins un peu. Et comme elle n'est elle-même pas Scarlet Johansonn, c'est compliqué... Les dialogues au téléphone avec sa mère juive, désemparée de n'avoir toujours pas marié sa fille, sont très drôles. Puis il y a Sotch, qui se fait virer du resto où il travaille parce qu'il a... couché avec la femme du patron ! Il ne peut pas s'en empêcher. Il les fait toutes craquer avec son charme ravageur mais il commence à en avoir un peu marre de ne pas réussir à se poser... plus de deux jours avec la même fille ! Ensuite, nous avons Zara, une artiste torturée mais très libre d'esprit, qui n'a aucune intention de se ranger. Elle est un peu bitch et jette les hommes comme des kleenex. Bisexuelle, elle a en plus l'embarras du choix. Et comme elle est absolument magnifique... bah Ryan Gosling elle l'a eu dans son lit... et elle l'a trompé avec un autre ! Caryn est ahurie d'apprendre une telle chose. Enfin, voici Eric, censé être le plus jeune du groupe, qui n'a pas de vie sociale depuis que sa mère est morte et qu'il s'occupe H-24 de son vieux père. Mais ce dernier meurt alors qu'ils regardent un match de foot. Une nouvelle vie s'ouvre tout à coup à lui.

   Eric est le cousin de Sotch. Et Caryn est la voisine d'Eric. Et Eric rencontre au hasard de ses déambulations dans New York Zara. Et il la présente à Caryn, qui vient tout juste de virer sa junkie de coloc'. Donc Zara prend sa place. Et voilà, notre bande est réunie à la fin du pilote. Si tout cet enchaînement se déroule sous nos yeux avec une certaine prévisibilité, tous les rebondissements sont vraiment amusants et nous permettent de ne jamais décrocher, bien au contraire. Ils nous font rire et on s'attache à eux sans même s'en rendre compte. A la fin, on a vraiment très envie de les retrouver au plus vite. Et ça, c'est magique ! Quand un pilote a réussi ça, alors c'est l'essentiel. 

   Weird Loners a le potentiel de devenir une comédie de potes très drôle et attachante, et elle déjà très en phase avec son temps. Mais quand on voit ce qu'était et ce qu'est devenu New Girl sur FOX, on ne peut que calmer ses ardeurs... et attendre de voir ! 

   

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05 mai 2014

Hieroglyph [Pilot Script]

 

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HIEROGLYPH

Drama // 42 minutes

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"The Book Of Thresholds" Pilote écrit par Travis Beacham (Le choc des titans, Pacific Rim). Réalisé par Miguel Sapochnik (Repo Men, Dr House, Mind Games). Produit par Anna Fricke (Dawson, Everwood, Being Human US), Katherine Pope & Peter Chernin (Terra Nova, Touch). 13 épisodes commandés. Pour FOX, 20th Century FOX Television & Chernin Entertainment. 72 pages.

Au coeur de l'Egypte Ancienne, Ambrose, voleur notoire, est libéré de prison afin de servir le Pharaon. L'attendent alors intrigues de palais, séduisantes concubines, bas-fonds criminels et sorciers divins...

 Avec Reece Ritchie, Condola Rashad (Smash), John Rhys-Davies (Sliders, Indiana Jones, Le seigneur des anneaux), Caroline Ford, Kelsey Chow (Les Frères Scott), Max Brown (Les Tudors, Beauty And The Beast), Antony Bunsee (Hollyoaks)...

 

   Le script de Hieroglyph, l'une des nouvelles séries de FOX commandée sans passer par la case pilote, me faisait un peu peur. L'Egypte Ancienne ne m'attire pas le moins du monde, ni les séries de ce type, mélant intrigues amoureuses et aventures. Il faut dire que dans le genre, on a surtout vu des co-productions bas de gamme jusqu'ici. Je pense à Sinbad par exemple, ou toutes ces séries que M6 diffusait à une période (Sydney Fox...). Hieroglyph a l'avantage d'être plus soignée que celles-ci, avec des dialogues efficaces, plein d'humour, et des scènes d'action prometteuses. Parce que c'est la FOX à une heure de grande écoute, il ne faut pas s'attendre à beaucoup de sexe, mais il y en a suffisamment pour que la série ne passe pas à côté de son sujet. Le sexe fait partie intégrante de cet univers, et surtout les manipulations et les chantages qu'il engendre. Et, bonne surprise, les personnages féminins sont peut-être encore plus intrigants et puissants que le hommes. Je n'irai pas jusqu'à dire que Hieroglyph est féministe, mais ce n'est pas votre bon vieux film d'aventure façon années 80 où les femmes ne sont là que pour servir le héros... 

   La réussite du projet va dépendre d'un facteur essentiel : le budget qui lui sera alloué ! Même si ce pilote ne demande pas une débauche d'effets-spéciaux en dehors de nuages menaçants prenant des formes inquiétantes, il nécessite une grandiloquence dans les décors et les costumes. Et si FOX a l'intention d'user et d'abuser de fonds verts, elle a plutôt intérêt à le faire mieux que Once Upon A Time chez sa concurrente ABC. On est dans le même type de problèmatique : on peut très vite basculer dans le kitsch et le cheap ! La série perdrait alors en intérêt. Ce type de programme doit émerveiller. Le palace du Pharaon doit être impressionnant. Les vues de la mer et de la ville doivent être grandioses. Les hommes doivent être beaux, charmants, et les femmes superbes. Leurs bijoux et leurs armes doivent briller. Leurs quelques vêtements doivent être élégants. Attention de pas tomber dans le bling bling... Bref, l'équipe de production a du pain sur la planche. Et le réalisateur aussi.

   Tant que leur boulot portera ses fruits, celui des scénaristes sera plus tranquille. Car, au fond, on ne demande pas à Hieroglyph de faire du Lost. Ce premier épisode laisse penser qu'il y aura une "enquête" à chaque fois, pouvant prendre plusieurs formes différentes (recherche d'objet volé, de personne disparue...), et une petite mythologie, chacun des protagonistes cachant quelque chose. Hieroglyph prend souvent les traits d'un soap, multipliant les partenaires potentiels et les possibilités. Le héros a déjà au moins deux femmes à ses pieds, dont la soeur du Pharaon. L'autre est une dangereuse sorcière dont il est amoureux depuis fort longtemps. La fin de l'épisode promet, sous forme de cliffhanger, la chute du Pharaon, sous les flammes du Palais. Quelques autres images -des flashs du héros alors sous l'emprise d'une force invisible- nous laissent quelques indices sur la suite des événements et sur la trajectoire que va prendre la saison. 

   Hieroglyph s'annonce comme un divertissement familial de bonne facture, suffisamment imprévisible dans son déroulement pour accrocher le public au-delà du pilote. On ne peut pas dire que ce soit un projet original en soi, mais il faut bien avouer qu'il n'y a actuellement rien de comparable à la télévision. C'est assez ambitieux. On pourrait éventuellement rapprocher la série de Sleepy Hollow, également sur FOX. Elles formeraient d'ailleurs un duo intéressant...

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04 mai 2014

Cristela [Pilot Script]

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CRISTELA

Comédie (Multi-Camera) // 22 minutes

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Ecrit et produit par Cristela Alonzo & Kevin Hench (Last Man Standing). Co-produit par Shawn Levy (La Nuit au musée, Les Stagiaires, Real Steel, Crazy Night...), Marty Adelstein (Last Man Standing, Prison Break, Teen Wolf) & Becky Clements (Last Man Standing). Pour ABC, 20th Century FOX Television & 21 Laps-Adelstein Productions. 45 pages.

Les tribulations d'une jeune latino-américaine qui vit avec sa mère, sa soeur, le petit-ami de celle-ci et leurs deux enfants, tout en suivant des études de droit. Elle vient de décrocher un stage dans une firme réputée grâce à une bourse scolaire et découvre ainsi un tout nouvel univers..

Avec Cristela Alonso, Roxana Ortega, Carlos Ponce (7 à la maison Lipstick Jungle), Terri Hoyos (Cold Case), Andrew Leeds (Bones, NCIS Los Angeles), Sarah Halford...

 

   Ceux qui suivent assidûment le "Primetime Pilot Panic" du site Deadline le savent : Cristela ferait figure de favori parmi les pilotes d'ABC en course du côté des comédies. Une surprise car, à l'origine, la chaîne ne l'avait même pas commandé ! Elle avait acheté le projet avec "penalty" (donc en acceptant de verser une somme d'argent aux producteurs en cas de non-commande en pilote) mais avait décidé de ne pas poursuivre l'aventure au moment des décisions. Qu'à cela ne tienne, 20th Century FOX Television qui y croyait à fond s'est servi de l'amende payée (aux alentours de 500 000$) pour tourner un pilote sur le plateau de Last Man Standing (qu'ils produisent aussi pour ABC). Face au résultat très convaincant, elle a même testé l'épisode sur un panel avec un résultat au-delà même de leurs espérances : l'héroïne aurait encore plus séduit que Zooey Deschanel dans le pilote de New Girl ou Robin Williams dans celui de The Crazy Ones, autres productions maison récentes. Même s'il faut toujours se méfier de ce genre d'annonces, il n'en reste pas moins que Cristela est devenue tout à un coup une potentielle nouvelle comédie pour ABC. L'histoire est belle, encourageante, surtout pour une scénariste et comédienne de stand-up débutante comme Cristela Alonso. Rien que pour ça, j'aurais voulu adorer le script mais...

   ... mais il est un peu juste. On sent bien que c'est un premier essai, avec les défauts que cela suppose. Un premier essai réussi, ou plutôt prometteur, mais pas tout à fait abouti. Ce qui lui manque à mon sens, c'est la création d'un univers, d'un monde bien à lui. Il y a l'héroïne, il y a sa famille, il y a ses collègues, il y a de bonnes répliques, mais il n'y a pas d'histoire ! Je veux dire par là que ça ne raconte pas grand chose. A ce stade en tout cas. C'est semi-autobiographique apparemment. Et ça se sent. C'est très communautaire en plus. La culture hispanique est hyper présente, je suis du coup passé à côté de pas mal de références. Il y avait déjà de ça dans Ugly Betty, mais de façon plus modérée. C'était un peu plus universel. D'ailleurs, la preuve, c'est qu'il y a quelques phrases en espagnol même pas traduites (je doute qu'elles le soient à l'écran) et même si j'ai compris parce que je le parle un peu, je trouve ça limite pour une série sur un network, censée s'adresser à tous. Franchement, même sans ça, je trouve qu'elle ne serait pas à sa place sur ABC. Sur ABC Family, à la limite oui ! Du coup, la chaîne aurait enfin une sitcom sympa, pas trop idiote, mais sur sa grande soeur, casée entre The Middle et Modern Family ? Nope. Je n'y crois pas. Et puis on sent que c'est cheap, qu'il n'y a deux décors. On ne peut pas trop les blâmer là-dessus. En cas de commande, elle bénéficiera certainement d'un budget plus conséquent. Mais ça n'aide certainement pas à donner de l'envergure à la série. Alors oui, Cristela est un petit bout de femme potentiellement attachant et sa famille est amusante, quoiqu'on nage d'un cliché à l'autre, des hommes machos à la maman qui préférerait que sa fille soit femme de ménage ou caissière plutôt qu'étudiante, parce qu'elle a besoin d'argent tout de suite maintenant. J'aime davantage la partie "bureau" avec ses collègues stagiaires, une blonde fille du patron totalement décérébrée et un gentil garçon avec beaucoup d'humour potentiel amoureux de l'héroïne.

   Cristela est une sitcom low-cost qui a du chien et du charme, mais sans doute pas suffisamment pour devenir un succès populaire. Elle est trop segmentante. Il y a sûrement quelque chose à faire avec Cristela Alonso, mais pas ça. 

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03 mai 2014

Two To Go [Pilot Script]

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TWO TO GO

Comédie (Single-Camera) // 22 minutes

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Ecrit par Bryan Shukoff & Kevin Chesley (The Hard Times of RJ Berger). Réalisé par Craig Zisk (United States Of Tara, Nip/Tuck, Brooklyn Nine-Nine). Produit par Jason Bateman (Growing Up Fisher) & Steve Burgess (The Office US, Super Fun Night). Pour NBC, Universal Television, Aggregate Films & David Janollari Entertainment. 33 pages.

Amis de longue date, Kurt et Laura sont faits l'un pour l'autre. Du moins, c'est ce que pense leur entourage qui tente sans cesse de le leur prouver. Alors qu'ils sont les derniers célibataires de leur groupe d'amis, ils décident de coucher ensemble, juste pour voir, et ils ne vont pas tarder à la regretter...

Avec Christine Woods (Flash Forward, Hello Ladies, Go On), Michael Stahl-David (Cloverfield, My Generation, The Black Donnellys), Echo Kellum (Ben & Kate, Sean Saves The World), Angelique Cabral (Enlisted), Dana DeLorenzo, Kim Shaw (I Just Want My Pants Back)...

 

   Décidément, NBC a réussi à dégoter pour cette saison des pilotes de beaux projets côté comédies. Dans un tout autre style que A to Z ou Love Is Relative, Two To Go est une sorte de Happy Endings avec des personnages un peu plus adultes, déjà parents pour certains, sur le point de se marier pour d'autres, où le point de départ importe finalement peu, le but étant simplement d'enchaîner les scènes amusantes voire franchement drôles en compagnie d'une bande d'amis attachants. La base quoi. Et ça fonctionne franchement super bien sur le papier !

   On doit Two To Go à deux auteurs débutants qui n'ont quasiment rien fait précédemment mais qui ont clairement un ton, un style, qui leur est propre et qui, je le répéte, se rapproche de Happy Endings si une comparaison devait être faite. Le pilote est rythmé, fluide et chaleureux. On sent très vite que ces six là pourraient très rapidement beaucoup nous plaire. Et même s'il y a un couple central, qui n'est d'ailleurs pas (encore) tout à fait un couple, les deux autres ne sont pas en reste, ils ne font pas office de faire-valoir. Commençons par eux d'ailleurs. Il y a donc Anne et Nick, mariés depuis quelques années, parents de deux enfants, et bien partis pour divorcer selon les prostonics de leurs très encourageants amis. Ils n'ont à peu près rien en commun et passent leur temps à se chamailler. Eux pensent que c'est leur force et on aurait tendance à leur donner raison. Ils vivent dans leur petit monde à eux que l'on prend plaisir à découvrir. Leur complicité est parfaite et leurs répliques de très bonne facture. Il y a un bon équilibre entre la vanne pour la vanne et la blague qui en dit long sur leur couple. Nous avons ensuite Darcy et Rachel, un couple de lesbiennes classique avec la butch et la beauté. Elles viennent de se fiancer et paniquent à l'idée de de se marier, notamment Darcy qui ne l'avait jamais vraiment souhaité ni envisagé étant donné que c'était encore impossible pour deux femmes de se marier quelques mois en arrière. Alors elles se prennent gentiment la tête, mais c'est mignon, adorable même et super moderne. On les aime d'emblée. Darcy a un humour ravageur, notamment quand elle se retrouve avec les mecs de la bande. Il y a quelques scènes avec les "garçons" d'un côté et les filles de l'autre qui fonctionnent à merveille.

   Puis on en vient donc à nos deux héros : Kurt et Laura. Lui est du genre à enchaîner les conquêtes sans jamais s'attacher, ce que Laura trouve immonde car cela le conduit souvent à faire des coups vraiment pas cools à ses copines, et il la force à en être complice; elle sort tout juste d'une rupture difficile et essuie les échecs depuis plusieurs années, une poisse en amour qui ne semble pas vouloir s'arrêter. Leur alchimie est évidente, leurs amis la pointe du doigt depuis des années. Eux ont toujours refusé cette idée, estimant qu'ils se connaissent vraiment trop bien, dans le moindre des détails scabreux, un peu comme un couple qui a vécu ensemble pendant 40 ans. Sauf qu'ils n'ont jamais été un couple et n'ont jamais vécu ensemble. Après une soirée arrosée, ils se disent qu'après tout, foutu pour foutu, ils feraient bien d'essayer. La scène où ils se lancent est très drôle. Ils sont très embarrassés et disent et font un peu n'importe quoi. Le lendemain, l'alcool en moins, ils ont honte de leur comportement, ils ne sont pas du tout satisfaits de leur nuit passée ensemble, et se font la promesse de ne jamais en parler à leurs amis ! Là encore, passage très drôle lorsqu'ils se retrouvent à devoir parler de tout ça avec des mots codés car les enfants d'Anne et Nick sont avec eux en train de jouer ! 

   Two To Go est vraiment le genre de comédie ultra-efficace qui repose entièrement sur d'excellents dialogues et des personnages bien croqués, une bande de potes que l'on prend plaisir à retrouver semaine après semaine. Ce n'est pas d'une originalité folle mais ça marche à fond. Toutefois, si NBC ne doit en choisir qu'une dans ce style, A To Z a plus de chances, voire Marry Me si l'on s'en tient aux dernières tendances des pilotes les plus en vus...

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02 mai 2014

Keep It Together [Pilot Script]

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KEEP IT TOGETHER

Comédie (Multi-camera) // 22 minutes

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Ecrit et produit par Garrett Donovan, Neil Goldman (Les Griffin, Scrubs, Community) & Kevin Hart (Think Like A Man, About Last Night). Pour ABC & 20th Century FOX Television. 55 pages.

Est-ce qu'un homme et une femme peuvent vraiment être amis... après avoir divorcé ? C'est à cette question que se retrouvent confrontés Derek et Lorraine, rencontrés au lycée, parents de deux enfants et séparés depuis quelques mois pour le meilleur et surtout pour le pire. Même s'ils ont chacun trouvé une personne avec qui refaire leur vie, leurs scènes de ménage n'ont jamais cessé et maintenant qu'ils sont voisins il va leur falloir trouver enfin un terrain d'entente...

Avec Romany Malco (Weeds,  No Ordinary Family), Bresha Webb (Urgences, Grey's Anatomy), Jayson Blair (The New Normal), Jeffrey Ross, Corinne Massiah (Mistresses US) et la participation de Kevin Hart.

 

   Depuis la fin de Ma Famille d'abord (My Wife And Kids) en 2005, déjà sur ABC, les sitcoms centrées sur des afro-américains ont disparu des networks, à une ou deux tentatives ratées près (notamment Brothers qui a tenu deux semaines sur FOX). Certes, ce n'est pas comme s'il en a existé beaucoup en dehors du mythique Cosby Show. Ce constant est déplorable, à la fois de se dire que si le public black veut regarder une comédie qui lui ressemble il faut forcément qu'il se tourne vers une chaîne spécialisée, mais aussi qu'un public qui n'est pas black ne regardera pas une série qui l'est à 95%. Je ne pense pas que Ma Famille d'abord qui passe en boucle sur W9 depuis plusieurs années ne soit regardée que par un public black ! Bref, ABC a développé deux comédies pouvant prétendre à réparer cette injustice : Black-ish, une single-camera dont je n'ai pas tellement aimé le script (lire la critique), et Keep It Together, une multi-camera bien plus sympathique.

   Keep It Together a déjà l'avantage de ne pas se contenter d'être une sitcom familiale classique avec le papa, la maman et les enfants réunis sous le même toit (on connaît ça par coeur, c'est très bien mais on a tout fait et tout vu), elle est une sitcom familiale basée un schéma moderne de famille recomposée. Le père d'un côté, avec sa nouvelle petite amie, ancienne mannequin qui aimerait qu'on l'aime pour autre chose que ses belles courbes, et ses deux potes toujours fourrés chez lui, l'un étant le meilleur ami éternel célibataire aux curieux conseils et l'autre un queutard un peu débile (incarné par Kevin Hart, le co-créateur de la série, inspirée de sa propre vie, et accessoirement roi du box-office américain en ce moment); la mère de l'autre côté de la rue, avec son nouveau petit ami, un grand gamin blanc (il faut bien le préciser) de 25 ans mais qui fait encore plus jeune que son âge et différents voisins que l'on ne voit pas mais que l'on entend tout commenter comme un running-gag. Leurs deux enfants, un petit garçon et une jeune fille, passent d'une maison à l'autre d'une semaine à l'autre. Un joyeux bordel assez enthousiasmant qui vaut avant tout pour les joutes verbales de l'ancien couple, qui s'en envoient plein la tronche mais qui restent en même temps très complices, se connaissant l'un et l'autre par coeur. J'adore quand Lorraine parle d'elle à la troisième personne. Hilarant ! Je suis plus mitigé sur les interventions des personnages secondaires, plus faibles mais pas honteuses dans l'ensemble. Disons qu'un seul pote de Derek aurait suffit, et en même temps, on sent bien que le deuxième a été ajouté à la dernière minute afin que Kevin Hart puisse participer à la série dans une capacité moindre. Il ne sera sans doute pas régulier en cas de commande. Je regrette un peu que les enfants n'aient pas grand chose à jouer à ce stade, c'est toujours bien d'avoir des enfants qui ne sont pas des accessoires dans une comédie. Ca viendra certainement ensuite. 

   Keep It Together est une sitcom qui fonctionne parce qu'elle joue la carte de la simplicité, en utilisant les bonnes vieilles recettes qui ont fait le succès du genre, sans chercher à s'inventer un fond contrairement à sa concurrente Black-ish. Comme toujours, la clé de sa réussite tiendra à la distribution et à l'alchimie entre ses deux stars, et ça, le script ne peut jamais le garantir...

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01 mai 2014

Secrets & Lies US [Pilot Script]

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SECRETS & LIES (US) 

Drama // 42 minutes

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Ecrit par Barbie Kligman (Vampire Diaries, Private Practice). Adapté de la série australienne Secrets & Lies créée par Stephen M. Irwin. Réalisé par Charles McDougall (Desperate Housewives, Resurrection, Sex & The City, The Good Wife). Produit par Aaron Kaplan (Terra Nova, GCB, The Neighbors). Pour ABC, ABC Studios, Kapital Entertainment & Hoodlum. 51 page.

Au petit matin, Ben Garner, un père de famille ordinaire en train de faire son footing dans la forêt, tombe sur le corps mort d'un petit garçon qui n'est autre que le fils de sa voisine. La police le suspecte immédiatemment d'être le meurtrier, d'autant qu'une preuve l'accable, tandis que les médias s'en mêlent, le rendant coupable aux yeux des habitants de son quartier. Il n'a alors pas d'autre choix que d'enquêter lui-même afin de retrouver le vrai tueur et de prouver ainsi son innocence...

Avec Ryan Phillippe (Sexe Intentions, Souviens-toi... l'été dernier, L'Affaire Lincoln, Damages), KaDee Strickland (Private Practice), Juliette Lewis (Un été à Osage County, Tueurs nés, Une nuit en enfer), Charles S. Dutton (Gothika, Longmire), Clifton Collins Jr. (The Event, Star Trek, Pacific Rim), Natalie Martinez (Under The Dome), Indiana Evans (H2O), Steven Brand... 

 

   On déplore souvent le fait que les américains tiennent absolument à faire des remakes de séries anglaises plutôt que de diffuser telle quelle l'originale alors qu'il n'y a même pas la barrière de la langue. On avance souvent l'argument de... la barrière de l'accent, ou bien l'incapacité des américains à se projeter dans une histoire se déroulant ailleurs que dans leur pays. C'est la même chose avec les séries australiennes, même si elles sont moins souvent copiées. En attendant la version US de The Slap sur NBC en 2015, voici Secrets & Lies, le remake américain de la série australienne du même nom diffusée tout récemment, après qu'ABC en ait elle-même commandé sa version ! J'ai tenté une expérience : lire le script et regarder en parallèle l'épisode. Eh bien il n'y a quasiment aucune différence entre les deux !

   Il est vrai que les australiens ont un accent fort. Mais de là à être incompréhensibles, non. Le quartier dans lequel le héros de la série australienne et sa famille vivent ressemble à s'y méprendre à une banlieue américaine moyenne, moins enchanteresque que Wisteria Lane, certes, disons plus sauvage, mais tout à fait équivalente. Non, à la limite, ABC a peut-être eu la prétention de se dire qu'avec la même base ils allaient pouvoir faire quelque chose de mieux. Parce que pour tout dire, le pilote made in Australia n'est pas très réussi (et il paraît que la suite est mauvaise). La réalisation est assez banale pour commencer. ABC a engagé de son côté l'un des meilleurs, Charles MacDougall, au CV impressionnant, qui a tout récemment fait des merveilles visuelles sur le pilote de Resurrection. On peut donc s'attendre à une image plus léchée et, peut-être, un pilote qui dégagera un peu plus d'émotion. Et cela est indiscutablement lié à la distribution. Celle de la version australienne n'est pas extraordinaire. Et je ne les juge pas sur leur filmographie, je ne les connais pas, en dehors du héros, Martin Henderson, parce qu'il a joué dans Off The Map il y a quelques années. C'est juste que je ne les ai pas trouvés bons, ou pas bien dirigés. ABC nous propose pour sa part le magnifique Ryan Phillippe, l'excellente KaDee Strickland, la toujours étonnante Juliette Lewis (ici à conre-emploi dans le rôle de la flic) ou encore Charles S. Dutton et Clifton Collins Jr. C'est tout de suite plus prometteur ! 

   Les quelques différences dans l'intrigue à ce stade ne relèvent que de l'anecdotique. L'enquêteur principal est ici une femme, pas un homme. Bon. Quelques courts flashbacks de moments passés joyeux avec la famille de Ben et l'enfant ont été insérés, histoire de soulever une plus grande émotion dans nos petits coeurs. C'est peut-être facile mais ça fonctionne indéniablement mieux. Et puis il y a deux-trois scène qui ont changé d'ordre mais ça n'aucune importance. Le cliffhanger -assez réussi mais sûrement très trompeur- est le même. Si bien que le résultat final sera peut-être meilleur que le pilote original pour toutes les raisons énoncées au paragraphe précédent, mais les faiblesses des intrigues sont toujours les mêmes. Pour les énoncer rapidement : le cliché de la presse qui condamne Ben avant d'avoir une quelconque preuve et qui l'assaille de questions idiotes du style "Did you kill the boy?" (Euuuuuhhhh ? Comme si il allait répondre oui !), ça ne passe vraiment pas, c'est ridicule; les voisins qui, de la même manière, le considèrent directement comme le coupable, peignent en rouge un "Killer" sur les jolies barrières blanches de son jardin et lui jettent limite des pierres sur son passage, ça me gave, c'est d'une subtilité proche de zéro et ça va beaucoup trop vite; l'enquêtrice super intelligente mais aimable comme une porte de prison; la femme du héros qui questionne déjà la culpabilité de son mari... tout ça n'est vraiment pas écrit avec grand talent. L'affaire manque d'ampleur, de mystères... Oh et puis on va le dire parce qu'on le pensera tous : Secrets & Lies passe encore plus mal après la brillante Broadchurch et son histoire pas si lointaine. Pour peu que le Secrets & Lies US soit diffusé après Gracepoint (le Broadchurch US)... 

   Secrets & Lies US va très certainement voir le jour, ne serait-ce que parce qu'ABC devra payer une "amende" si elle ne commande pas la saison -c'est ce que la signature du projet stipulait- mais il va falloir que ses scénaristes redoublent d'effort pour rendre la série bien meilleure par la suite, plus riche, plus mystérieuse, plus touchante... En l'état, elle n'a rien de spécial, rien qui soit inédit, rien qui puisse nous bouleverser. Pas grand chose à offrir en somme.

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