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RED BAND SOCIETY

Drama // 42 minutes

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Ecrit par Margaret Nagle (Boardwalk Empire). Adapté de la série espagnole Polseres Vermeless (Les Bracelets Rouges) créé par Albert Espinosa.  Produit par Steven Spielberg, Darryl Frank & Justin Falvey (United States Of Tara, Under The Dome, Smash). Pour FOX, ABC Studios, Amblin Television & Filmax International. 60 pages.

Des enfants et des adolescents se lient d'amitié dans un hôpital où ils sont tous patients. Ensemble, ils tentent de fuir la triste réalité pour se créer leur propre monde avec leurs propres codes, tandis que le personnel soignant fait de son mieux pour leur apporter un peu de bonheur au quotidien. Charlie, dans le coma depuis plusieurs mois, assiste quant à lui, impuissant, à l'agitation qui l'entoure. Il ne voit rien, mais il entend tout...

Avec Octavia Spencer (La couleur des sentiments, Mom, Ugy Betty), Griffin Gluck (Private Practice, Back In The Game), Dave Annable (Brothers & Sisters, 666 Park Avenue), Charlie Rowe (Neverland, Good Morning England), Zoe Levin (Trust), Rebecca Rittenhouse... (casting en cours)

 

   Deuxième gros coup de cœur cette saison après Madam Secretary : le pilote de Red Band Society. Certes, c’est un remake, tout le mérite ne revient donc pas à la scénariste qui a adapté la série espagnole à succès pour la marché américain ni à la FOX qui s’est laissée séduire par ce projet assez différent de ce qu’elle a l’habitude de proposer, mais ce n’en est pas moins une belle idée parfaitement exécutée. Non, si je devais pointer du doigt quelqu’un, c’est le président d’ABC, Paul Lee, qui a jugé que ce programme développé en interne l’an passé ne convenait pas à sa chaîne et l’a donc proposé à d’autres. En lead-in de Grey’s Anatomy par exemple, elle aurait été à sa place. Je ne dis pas que ça aurait marché mais ça méritait d’être tenté ! J’ai bien conscience que le pitch ne fait pas forcément envie, en grande partie parce qu’on s’imagine tous en lisant ces quelques lignes une série médicale larmoyante et sans grand avenir, mais c’est une erreur. Une très grosse erreur !

   D’abord, peut-on vraiment parler de série médicale ? Pas tout à fait, pas au sens qu’on l’entend habituellement. L’action se déroule dans un hôpital et s’intéresse aux jeunes patients, puis au corps médical dans une moindre mesure, mais il ne s’agit pas de nous montrer des opérations qui tournent mal, de nous balancer des mots très compliqués que l’on ne comprend pas, de faire coucher les médecins et les infirmières les uns avec les autres, et tous les classiques du genre qui ont fait leur temps après les emblématiques et inépuisables Urgences et Grey’s Anatomy. L’aspect purement médical est secondaire. On nous explique évidemment ce qui a amené ces enfants dans cet hôpital (cancers, anorexie, accident grave…), mais en se concentrant avant tout sur tout ce qui n’est pas lié à leurs traitements. Tous les à-côtés. Tous les moments d’évasion. Tous les rires. Tous les premiers émois amoureux. Toutes les petites contrariétés du quotidien, les angoisses, les disputes, les espoirs, les rêves. La série ne sombre jamais dans le pathos –sauf peut-être quand des musiques tristounettes prennent place (souvent)- mais les dialogues et les situations privilégient toujours l’humour et la légèreté. Red Band Society ne passe pas pour autant à côté de l’émotion, bien au contraire. Le fait que les héros soient des enfants apporte automatiquement une tendresse particulière et la voix-off du petit garçon dans le coma –en plus incarner par l’excellent Mason de Private Practice (ceux qui savent comprennent)- permet de lier l’ensemble avec agilité et pertinence. On s’attache à eux avec une incroyable facilité, sans jamais forcer les forces, subtilement. Et ce ne sont pas des enfants qui se comportent comme des adultes, même si la maladie les a souvent forcés à grandir plus vite que les autres et ainsi faire preuve d’un peu plus de maturité.

  On aurait pu craindre une série claustrophobique, se déroulant entre quatre murs blancs, mais là encore, il n’en est rien. Bien sûr, l’essentiel se passe dans les chambres des patients et dans leurs lieux de vie communs, mais la scène d’intro par exemple a lieu dans le désert, une autre sur le toit de l’hôpital, face aux lumières scintillantes de la ville, et encore une autre dans le grand hall principal plein de vie où tous les âges, toutes les couches sociales, toutes les origines, se mélangent. On y fait d’ailleurs la rencontre d’un personnage de vieillard très émouvant qui offre un contrepoids intéressant à la fougue des petits jeunes. Du côté du personnel, trois héros sont principalement mis en avant : un jeune médecin au grand cœur, brillant, un peu cliché sans doute ; une infirmière mal embouchée mais très drôle, qui devrait offrir de grands moments –elle est surnommée « la nazi » par les enfants, comme une certaine Miranda Bailey que les fans de Grey’s Anatomy connaissent bien- en plus incarnée par la génialissime Octavia Spencer ;  et une infirmière débutante, fragile, potentiellement émouvante, que l’on a envie de connaître davantage. Je ne vais pas décrire les enfants un par un, mais sachez qu’il y a une petite bitch à la répartie extraordinaire; un ado qui a les hormones en ébullition ; un petit mexicain sur le point de se faire amputer ; une anorexique toute mignonne qui fait battre le cœur de plusieurs jeunes mâles… et il y a encore beaucoup à apprendre sur chacun d’entre eux une fois le pilote passé.

  Il n’est pas facile de renouveler le genre de la série médicale, comme l’ont prouvé les quelques échecs successifs récents, mais Red Band Society met tout en œuvre pour offrir un spectacle aussi amusant que touchant dans un univers propice à raconter de très jolies histoires. C’est une série qui donne le sourire, qui met la larme à l’œil, c’est feel-good, simple, authentique, et c’est une proposition finalement assez rare à la télévision de nos jours dans le format drama. Un petit bijou duquel FOX, j'espère, saura prendre soin.