20443694 (1)

 

19810826

FATRICK

Comédie single-camera // 22 minutes

44030376-bis

Ecrit par Nahnatchka Khan & Corey Nickerson (Don't Trust The Bitch in Apartment 23). Réalisé par Jim Rash & Nat Faxon (The Descendants, The Way Way Back). Pour FOX & 20th Century FOX Television. 36 pages.

Lorsqu'il réalise qu'il ne mène pas la vie dont il a toujours rêvé, Patrick, un trentenaire athlétique et tombeur de ces dames, gros quand il était enfant et copieusement moqué par ses camarades qui le surnommaient "Fatrick", décide de reprendre sa vie en main : il ne se laissera plus jamais marcher sur les pieds par qui que ce soit, et surtout pas par sa mère envahissante, et laissera une bonne fois pour toutes son passé douloureux derrière lui...

Avec Zach Cregger (Friends With Benefits, Guys With Kids), Marcia Cross (Melrose Place, Desperate Housewives), Ray Ford (Don't Trust The Bitch in Apartment 23)... (casting en cours)

 

   Qu'on se le dise, cette saison 2014/2015, les gros sont tendance ! Enfin surtout si ce sont d'anciens gros ou des gros sur le point de ne plus l'être. En clair, le message de Super Fun Night et de son héroïne en surpoids mais la plupart du temps bien dans sa peau n'est pas passé. On pourrait le regretter, ou alors voir le bon côté des choses : il était temps de leur accorder une place à la télévision, en dehors du populaire jeu de télé-réalité The Biggest Loser qui en fait plus des bêtes de foire qu'autre chose. Ils seront donc peut-être représentés par la bande de Losin' it (projet pas encore commandé en pilote chez NBC), Ellen More Or Less (pilote commandé, toujours chez NBC) et ce cher Fatrick, l'objet de cet article -et de tous les désirs- donc laissons-lui maintenant la place.

   D'abord, je crois n'avoir jamais vu un pilote dans lequel le héros passe environ 18 minutes sur 22 torse nu ! J'exagère... à peine. En fait, quand il ne l'est pas, c'est parce que c'est le Patrick jeune qui est à l'écran et non la version adulte. Mon petit doigt me dit que le craquant Zach Cregger va passer des heures et des heures à la salle de muscu avant le tournage. Et c'est vrai qu'il a quelques progrès à faire (=> Not really NSFW). Il commence, passe et termine l'épisode shirtless. Au-delà de ça, le jeune homme a un timing comique parfait et ce rôle principal, il le mérite amplement. Il n'aura aucun mal à endosser ce costume, surtout que euh... il n'en porte pas. Il est touchant P(F)atrick. On a autant envie de lui faire un câlin -ou une tape dans le dos selon votre sensibilité- en flashback qu'au présent. Mais pas tout à fait pour les mêmes raisons. Même si la charge émotionnelle du pilote est amenée sans subtilité aucune en jouant sur des ressorts bien connus (humiliations en milieu scolaire, culpabilisations et punitions domestiques...), elle arrive à bon port. Le passage constant d'une ligne temporelle à une autre, notamment dans l'introduction très énergique mais aussi très agaçante à cause de ce procédé, ne se révèle pas toujours pertinent. Il a tendance à alourdir le propos inutilement bien qu'il offre aussi parmi les meilleures répliques. Je ne sais pas si ce système sera gardé tel quel par la suite, mais il serait de bon ton de calmer le jeu. Un flashback en intro suffirait amplement à mon avis.

   Fatrick est une comédie familiale avant tout, même si ce n'est pas exactement ce que le pitch nous vend. Les séquences présentes ou passées avec la mère du héros, son père ou ses deux soeurs sont nombreuses, pour ne pas dire majoritaires. Et même si tout ce petit monde est parfaitement dysfonctionnel, il se dégage de la chaleur de ce foyer. Un regret toutefois : que l'une des soeurs -qu'ils soupçonnent tous d'être lesbienne- n'apparaissent pas au présent. Je m'attendais à ce qu'elle débarque à la fin, mais pas du tout. Peut-être dès l'épisode 2, pour muscler la galerie de personnages secondaires même si elle n'en a pas vraiment besoin. En effet, Patrick peut aussi compter sur ses collègues déménageurs, des beaufs qu'il n'apprécie guère; sa voisine, future love interest qui pour le moment le déteste parce qu'il lui vole toujours sa place de parking; sa nemesis de l'école, son autre love interest d'aujourd'hui; et son meilleur ami black ET gay, qui s'assumait déjà quand il avait 10 ans. Evidemment, LE rôle qui va être au centre de toutes les attentions, c'est celui de la maman, Arlene. Pourquoi ? Parce qu'elle est interprétée par la Housewife Marcia Cross pardi ! Honnêtement, je ne comprends pas pourquoi elle a accepté de jouer dans cette comédie. Non pas qu'elle ne soit pas bonne -elle est très correcte- mais on pouvait s'attendre à ce qu'elle soit plus exigeante pour son premier rôle après celui de Bree Van de Kamp, d'autant plus que c'est peu ou prou le même personnage. C'est une nutrionniste névrosée, envahissante mais aimante, qui a passé sa vie à réprimander son fils et castrer son mari. D'un autre côté, l'actrice et la production sont sûrs de ne pas se tromper : elle sublimera ses répliques -par ailleurs plutôt bien écrites- et attirera la curiosité des téléspectateurs. Et puis elle sera plus peinarde que dans un drama où elle est l'une des héroïnes et je pense que c'est exactement ce qu'elle recherchait. Moment amusant mais gênant : quand Arlene déclare "Look at me now! Smooth as a baby seal!". Et là, on s'imagine bien la tête toute botoxée de madame (alors que le personnage vante les mérites du naturel, du bio...).

   Fatrick est une comédie amusante, positive, malheureusement pas aussi transgressive que Don't Trust The Bitch -de la même créatrice- mais certainement tout aussi attachante. Une fois qu'elle se sera modérée voire débarrassée de sa double temporalité, je ne vois pas ce qui pourrait l'empêcher de devenir un passage hebdomadaire obligatoire.

PS: Sur le même thème, Brenda Forever était évidemment mille fois plus réussie ! (Remember Brenda !)

 

A VENIR : HIEROGLYPH, TIN MAN, THE MIDDLE MAN, HERE'S MY DAMN FAMILY, CLEMENTINE, CONSTANTINE, HOW TO GET AWAY WITH MURDER, SENSE 8, SEA OF FIRE, BAD JUDGE, LIFESAVER, SECRETS AND LIES...