28 août 2013

The Vatican [Pilot Script]

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THE VATICAN

Drama // 52 minutes

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Ecrit par Paul Attanasio (Dr House, Homicide). Produit et réalisé par Ridley Scott (Alien, Gladiator, La chute du faucon noir Prometheus...). Pour Sony Pictures Television, Scott Free Productions & Showtime Networks. 69 pages.

Une exploration du monde très fermé de l’Église catholique à travers le prisme du pouvoir, de la spiritualité et de la politique. Cet univers mystérieux renferme de nombreux secrets, mais aussi des rivalités, des trahisons et des miracles. 

Le quotidien très chargé du Pape Sixtus VI est bouleversé lorsque l'archevêque de New York, le Cardinal Thomas Duffy, ordonne une femme. Le scandale ne tarde pas à faire la une des médias.  Tiraillé entre le besoin de faire évoluer l'Eglise tout en respectant les traditions, son désir de marquer son règne d'un symbole fort et les pressions qui l'assaillent de toutes parts, le souverain pontife doit pourtant se prononcer : les catholiques du monde entier attendent sa déclaration...

Avec Matthew Goode (A Single Man, Stoker, Match Point), Kyle Chandler (Friday Night Lights, Demain à la Une, Super 8), Anna Friel (Pushing Daisies, Neverland), Bruno Ganz (La Chute, Les ailes du désir), Sebastian Koch (La vie des autres), Rebecca Ferguson (The White Queen), Ewen Bremner (Trainspotting, Snatch), Cosimo Fusco (Rome, Anges et démons)...

 

    J'aurais aimé vous dire que The Vatican était le Homeland de l'église ou le Dexter du cathocilisme, ou pourquoi pas le Californication du Pape, mais je suis dans l'obligation de vous le présenter comme un The Borgias moderne. Tout simplement. C'est en tout cas, sur Showtime, ce qui s'en rapproche le plus. J'aurais pu citer The Tudors aussi. Enfin vous voyez. Moins de costumes, quelques références à la pop culture, mais des ambiances pas si différentes. Pourtant, moi qui suis allergique aux deux séries historiques suscitées, je me suis laissé prendre au jeu de The Vatican. Peut-être parce que je sais que Ridley Scott est aux commandes, que Kyle Chandler, Anna Friel et Matthew Goode forment un sacré trio d'acteurs que l'on a envie de découvrir ensemble et (re)découvrir individuellement, et parce que ce premier script est raffiné, intelligent, prenant, cruel et intrigant. Avec le produit fini, qui sera très certainement léché et classieux, je ne suis pourtant pas encore certain de me laisser séduire et emporter sur le long terme. 

   D'abord parce que c'est lent. Cette lenteur qui vous fait bayer aux corneilles jusqu'à ce que vous succombiez au petit somme réparateur. Oh, pas tout le temps. Mais il y a des scènes longuettes, dont on aurait pu se passer. Et puis parce que c'est complexe. Quand on ne connait rien comme moi à l'Eglise, des véritables fonctions de chacun à certains termes très spécifiques ou certains rites, il faut un un petit temps d'adaptation. Et je crains qu'un pilote ne suffise pas. Heureusement c'est plutôt bien expliqué, sans être trop didactique. Les citations de la Bible pleuvent. Si bien qu'il y a d'un côté ceux qui parlent normalement, comme vous et moi, qui sont intelligibles par tous. Et d'un autre côté, les mystiques, ceux pour qui la religion est tout, dont les interventions semblent impénétrables. A l'écrit, on a le temps de relire plusieurs fois afin de comprendre de quoi il retourne. A l'écran, à moins de faire pause, on passe vite à autre chose. Et puis tout ça ne fait pas très naturel. Dans ces moments-là, j'ai tristement penser à Ainsi soient-ils. Cocorico. Ou pas. L'autre souci, c'est qu'il y a tellement de personnages... avec des noms parfois si proches... c'est gênant à l'écrit mais sans doute à l'écran aussi, au moins dans les premiers temps ! Avec leurs robes et leurs chapeaux, tous ces petits messieurs vont tous se ressembler. Il y a justement un duo à la Dupont et Dupont assez comique. Deux cardinaux Italiens, Bozzi et Prezzi, qui se chamaillent comme un petit couple et qui ne pensent qu'à bouffer. De vraies petites commères en plus ! Ils permettent de détendre l'atmsophère même si on ne comprend pas bien à quoi ils servent à part ça. Tous les autres personnages semblent être des pions sur un vaste échiquier mondial. Ils ont tous un rôle à jouer et surtout tous un hidden agenda. Bah oui. The Vatican, en fait, c'est un soap. On y revient toujours !

   Le vrai héros de la série, en tout cas dans le pilote -c'est amené à changer après quelques rebondissements inattendus- ce n'est pas le Pape, ni le Cardinal Duffy (désolé pour les fans de Kyle Chandler), mais Bernd Koch, un trentenaire "spectacularly handsome and well built" (une description assez curieuse dans ce type de série), incarné par l'excellent Matthew Goode. Il est le bras droit du Pape, son secrétaire personnel. Le duo fonctionne à merveille. Il y a du respect entre eux mais aussi une franche camaraderie malgré les 40 ans qui les séparent ! Et le plus moderne des deux n'est pas forcément celui que l'on croit. Leurs dialogues sur la réforme de l'Eglise sont passionnants. La place de la femme dans l'institution est évidememnt largement évoquée, et on remarquera qu'il n'y a que deux héroïnes dans la série (en dehors de quelques nonnes anonymes et de la fameuse femme ordonnée qui a peut-être un visage via les flash infos mais qui n'apparaît pas en tant que véritable personnage dans ce pilote) : l'une est une "putain" et l'autre une garce machiavélique. Mais il ne faut voir aucun sexisme dans ce choix. Il permet justement de mettre en évidence certains paradoxes qui restent à creuser. La "putain", c'est la soeur cachée du Cardinal, incarnée par Anna Friel. Oubliez donc tout de suite vos envies de la voir en couple avec Kyle Chandler ! Quoiqu'une inceste détonnerait. Mais je ne crois pas que ce soit prévu ! La jeune femme n'apparaît qu'une fois dans le pilote, lors d'une courte scène, mais ses répliques sont délicieuses. Elle est drôle et provocante. On devrait beaucoup l'aimer ! Sa place dans la suite de l'histoire reste toutefois à définir. Et puis l'autre femme, c'est la Comtesse Olivia Borghese, la descendante de la riche famille italienne, une manipulatrice hors-pair qui a un pied dans le pouvoir grâce à son compagnon officieux, Malerba, le sécrétaire d'état au Vatican. Ce dernier n'est pas du tout en odeur de sainteté auprès Pape, ce qui va avoir des conséquences dramatiques... Je termine par le personnage du Monseigneur Iemma, décrit comme le "Sam Spade" du Vatican, à savoir le détective chargé d'enquêter sur les "Miracles". Rien que ça. Et justement, un miracle va se produire au cours du pilote, ce qui ajoute une dimension mystérieuse voire fantastique à la série ! C'est étonnant et risqué. Mais pourquoi pas après tout ? Dans le même genre, il y a une scène rêvée par le Pape assez étrange. Cela implique une grosse femme nue.

   The Vatican n'est pas une série qui plaira au vrai Vatican, c'est certain. En plus de désacraliser le Pape d'une certaine manière -lequel est néanmoins particulièrement attachant ici- elle explore avec provocation ce dont l'Eglise ne parle jamais, ses zones d'ombres, et elle présente ses principaux protagonistes comme des gens assoiffés de pouvoir et de reconnaissance (pour caricaturer). Est-ce une réalité ? Si Showtime venait à la commander, elle s'assurerait une petite polémique lors du lancement, ce qui ne fait jamais de mal. The Vatican est clairement le genre de série qui s'apprivoise avec le temps, car son aspect divertissant est très limité et son récit complexe. Sans compter que l'on y parle toutes les langues ! L'anglais bien sûr, mais aussi l'italien, l'allemand... Le casting est justement représentatif de cette diversité, ce que je considère plutôt comme un atout d'ailleurs. Honnêtement, ce serait dommage qu'elle ne voit pas le jour, surtout qu'elle est assez unique en son genre à la télévision américaine, mais je ne la regretterais pas personnellement. Ce n'est pas vraiment mon truc. Et vous, vous pensez que ce sera le vôtre ?

 

A VENIR : THE LEFTOVERS, WAYWARD PINES, HIGH MOON, HAPPYLAND...


23 août 2013

Tyrant [Pilot Script]

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TYRANT

Drama // 52 minutes

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Ecrit par Gideon Raff (Hatufim, Homeland). Produit par Howard Gordon (Homeland, 24, X-Files, Buffy...) & Craig Wright (Six Feet Under, Brothers & Sisters, Dirty Sexy Money, Lost, Underemployed). Réalisé par David Yates (Harry Potter). Pour FX Networks, Fox 21 & Teakwood Lane Productions. 69 pages.

Au coeur d'un pays du Moyen-Orient où le temps des révoltes est à l'accalmie, son président, le tyran Khalid Al-Fayed, est sur le point de mourir. Son fils Jamal, craint par le peuple pour ses actes de barbarie, est son successeur naturel mais le vieil homme préfère confier cette tâche à son autre fils, Bassam, qui a choisi il y a longtemps de fuir les horreurs de la guerre pour refaire sa vie aux Etats-Unis. Devenu Barry, il est désormais médecin, marié et a deux enfants adolescents. A l'occasion du mariage de son neveu, il retourne avec sa petite famille au pays sans se douter qu'on va les forcer à y rester...

Avec Adam Rayner (Hunted, Mistresses UK), Anne Winters (The Fosters), Ashraf Barhom (Le Choc des Titans), Justin Kirk (Weeds), Jordana Spiro (Harry's Law, The Mob Doctor), Moran Atias (Crash), Sammy Sheik (United States Of Tara, Homeland), Fares Fares (Zero Dark Thirty), Mehdi Dehbi... (casting en cours)

 

     On ne le dira jamais assez : FX est en train de devenir LA chaîne aux projets les plus intéressants ! Le remake du Fargo des Frères Coen en mini-série pourrait faire des merveilles; la grande saga vampirique de Guillermo Del Toro The Strain sera selon moi le nouveau The Walking Dead en terme de popularité, un futur phénomène; et Tyrant, signé par l'équipe de Homeland, titillait ma curiosité jusqu'à ce que je lise le script et que je sois... totalement convaincu que ce sera l'une des futures grandes séries qu'il ne faudra rater sous aucun prétexte et qui fera un carnage aux Emmys ! The Americans et The Bridge, c'est bien, mais Tyrant, c'est un cran au-dessus. Il est toutefois fort regrettable qu'Ang Lee (The Life of Pi, Brokeback Mountain), engagé pour réaliser le pilote, ait été obligé de se retirer du projet pour des raisons d'emploi du temps. Il aurait sûrement rendu cette histoire très dense encore plus forte qu'elle ne l'est déjà. Je ne suis pas certain que David Yates soit l'homme de la situation. J'aurais bien imaginé Ben Affleck à sa place. Par certains aspects, Tyrant fait penser parfois à Argo, son petit chef d'oeuvre de l'an passé. On a présenté à l'origine la série comme un Homeland à l'envers. Si je comprends l'idée (qui a forcément dû achever de convaincre les potentiels diffuseurs lors de sa présentation), c'est quand même très restrictif...

   La première chose à bien se mettre en tête, c'est que Tyrant est avant tout une histoire de famille, comme Homeland est avant tout une histoire d'amour (dixit Howard Gordon). On peut même dire qu'elle emprunte un certain nombre de codes classiques du soap familial dans un contexte -le Moyen-Orient- qui n'a pas encore exploré la question jusqu'ici à la télévision, en tout cas de manière hebdomadaire. C'est sans doute là qu'intervient le savoir-faire du producteur exécutif Craig Wright, qui a bossé entre autres sur Six Feet Under et Brothers & Sisters. Cette petite famille américaine typique est attachante, peut-être même dès la première scène, lorsque le héros, le patriarche, déambule dans son appartement une nuit d'insomnie et observe avec tendresse sa femme et ses enfants, paisiblement en train de dormir, bien loin d'imaginer ce qu'ils sont sur le point de vivre. La complicité entre Emma et Sammy, le frère et la soeur, est irrésistible avec quelques bonnes répliques à la clé. Une des choses qui les lient est le secret qu'ils partagent : Emma est la seule à savoir que son frère est gay. Et c'est un élément qui va être développé avec beaucoup d'attention dans tout le pilote, la question d'être homosexuel dans un pays où c'est interdit et puni purement et simplement par la pendaison étant très intéressante. Emma n'a pas de secret, mais elle va assister à une scène pour le moins choquante, surtout pour une fille de son âge, lors du mariage de son cousin : son oncle, Jamal, va vérifier si sa future belle fille est bel et bien vierge. Là aussi, la question du traitement de la femme dans cette société est lancée. Et ce fameux Jamal, qui est juste une ordure de la pire espèce, a à son actif au moins trois autres passages violents dès ce premier épisode, dont le viol d'une villageoise. Sans tomber dans la caricature de la dictature, Tyrant ne recule devant rien pour montrer ce que vivre dans un tel pays signifie à la fois pour les habitants lambdas mais aussi pour les puissants, qui n'ont pas tous choisis d'être là. C'est tout particulièrement le cas de notre héros, Barry, encore profondément meurtri par son enfance là-bas. Quelques flashbacks de cette période viennent émailler l'épisode et éclairent ses relations conflictuelles avec son père et son frère mais aussi son combat intérieur contre lui-même, ses racines, ses désirs, ses pulsions... Je ne connais pas Adam Rayner, son interprète, mais il a de l'or sous les doigts. J'espère qu'il saura en faire bon usage. N'est pas Damian Lewis qui veut... Beaucoup de personnages secondaires gravitent autour de la famille : un couple d'attachés diplomatiques américains, dont on devine qu'ils ont des intentions secrètes et qu'il ne faut surtout pas leur faire confiance; un garde du corps qui ne laisse pas indifférent Sammy, ce qui semble être réciproque; l'amour de jeunesse du héros, qui ne va pas tarder à semer le trouble dans les coeurs du couple star... et bien d'autres encore. Quand je vous dis que ce pilote est dense !

   Tyrant aurait presque pu être envisagé comme un spin-off de Homeland, comme un prolongement des flashbacks réguliers impliquant le fameux Abu Nazir mais centré sur sa dynastie. Il n'est cependant pas question d'Al-Quaïda pour le moment, et peut-être même que le sujet ne sera jamais évoqué. Si cette nouvelle série possède le même ADN que Homeland, et fait preuve d'autant d'efficacité dans le déroulement des événements et de subtilité dans son approche de nombreuses questions brûlantes, elle parvient sans mal à s'en distinguer pour offrir un autre divertissement intelligent, qui devrait ravir aussi bien les amateurs de sagas familiales que les accros à l'adrénaline. Du grand art !

 

A VENIR : THE LEFTOVERS, THE VATICAN, WAYWARD PINES, HIGH MOON, HAPPYLAND...

11 août 2013

Extant [Pilot Script]

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EXTANT

 Drama // 42 Minutes.

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Ecrit par Mickey Fisher. Produit par Steven Spielberg, Darryl Frank & Justin Falvey (Under The Dome, Falling Skies, The Americans, Terra Nova, United States Of Tara...). Pour Amblin Television & CBS Television Studios. 59 pages.

Après avoir passé un an dans l'espace, où elle a mené et vécu d'étranges expériences, l'astronaute Molly Watts tente de reprendre une vie normale auprès de sa famille composée de son mari, John, un scientifique surdoué, et Ethan, leur fils, un perit garçon pas comme les autres. En effet, il n'est pas le fruit naturel de leur union puisque Molly est stérile : il a été conçu par son père comme le premier prototype d'une future lignée de "Humanichs", des "robots humains". Mais le retour de Molly va justement avoir des conséquences dramatiques sur la planète entière et le destin de l'humanité...

Avec Halle Berry...

 

   Si vous n'avez pas suivi "l'affaire Extant", laissez-moi vous la résumer en quelques lignes : c'est tout simplement l'histoire rare d'un jeune scénariste, Mickey Fisher, qui a participé à un concours de scénarios, qui a remporté le premier prix et qui a ainsi été remarqué par un certain... Steven Spielberg ! Après avoir hésité entre faire du script d'Extant un film ou une série, c'est la deuxième solution qui a été privilégiée par la société de production du cinéaste, Amblin Television, qui en a acquis les droits. Présenté il y a quelques jours à tous les networks et les principales chaînes câblées, le projet s'est littéralement arraché et c'est CBS qui a remporté la mise. Elle a offert de se lancer dans une première saison de 13 épisodes sans passer par la case pilote et de la diffuser l'été prochain aux côtés de son succès estival Under The Dome, déjà produit par Spielberg et Amblin. Autrement dit, les chaînes concurrentes n'avaient aucune chance et il était préférable qu'Extant, qui a une portée grand public grâce à son aspect familial, ne voit pas le jour sur le câble afin de lui assurer une visibilité maximale. Cela dit, les similitudes avec Under The Dome sont peu nombreuses. Si l'on devait faire une analogie avec une autre série, ce serait forcément Fringe...

   En effet, j'ai le sentiment que les deux shows de science-fiction ont des ambitions similaires et traitent des mêmes thèmes dans un contexte différent (mais pas tant que ça). Il y est d'abord question de filiation et d'amour inconditionnel, ce qui fait que ce pilote est empreint d'émotion et qu'il nous conduit à être attaché aux trois personnages principaux presque instantanément. Une rareté ! Il n'y a pas meilleur moyen pour donner envie aux téléspectateurs de poursuivre. C'est plus fort encore qu'un bon cliffhanger (mais il se trouve que le cliffhanger est bon aussi !). C'est essentiel. Et puis de nombreuses questions très "Fringiennes" se dessinent peu à peu : jusqu'où va nous conduire l'évolution technologique ? Est-elle en train de détruire notre humanité ? Et justement, qu'est-ce qui définit notre humanité ? Je suppose qu'Extant ne répondra pas à tout cela de la même manière que Fringe. Déjà, il ne devrait pas y avoir ici de "monstres de la semaine", ni d'enquêtes quelconques. On est dans du feuilletonnant pur et dur. Et puis il y a l'espace, un sujet qui n'a pas du tout été traité dans Fringe. Son équivalent étant les mondes parallèles. J'ignore si l'on passera beaucoup de temps tout là haut dans les épisodes suivants, mais dans le pilote, plusieurs flashbacks nous dévoilent ce qui est vraiment arrivé à l'héroïne à un moment prècis de son voyage. Un passage troublant et émouvant, très important pour la suite... Et puis il y a un petit côté Alien (dans l'idée mais pas dans l'éxécution) qui pourrait plaire à certains comme déplaire à d'autres.

   Les scènes familiales sont vraiment réussies et nous rappellent indiscutablement les valeurs que Spielberg aiment distiller dans ses films. Pas étonnant qu'il s'y soit à ce point intéressé. Le quotidien des américains qui nous est présenté dans Extant est un peu différent du nôtre, mais il est parfaitement crédible et c'est ce qui rend la chose inquiétante. En gros, tous les foyers sont reliés à un système -parlant- qui sert à la fois de banque de données et d'outil pour cuisiner, regarder la télévision, écouter la radio, passer un coup de fil, dormir... Il y a des passages fascinants liés au grand patron d'une entreprise spécialisée dans les nouvelles technologies qui n'est pas sans rappeler Massive Dynamics. Mais il faut remplacer Lenoard Nimoy par un charismatique petit monsieur asiatique dont le corps est préservé dans une curieuse gelée lorsqu'il n'est pas en action. La plupart des personnages secondaires sont assez mystérieux, que ce soit la meilleure amie médecin de Molly, un collègue astronaute officiellement mort, une thérapeute louche ou le directeur d'une entité secrète qui épie 24/24 la petite famille (ça c'est pour le côté paranoïaque façon Homeland).

   Tous les éléments attendus dans un pilote sont réunis dans celui d'Extant pour faire de cette histoire originale et amibitieuse une belle et bonne série, capable de rassember un large public sans pour autant tomber dans la facilité. Le choix des acteurs principaux sera déterminant. Il y a là de très beaux rôles à pourvoir. J'imaginais bien Molly Parker ou Mireille Enos dans celui de l'astronaute, allez savoir pourquoi... Si ce n'est pas déjà fait, ayez hâte de découvrir Extant l'été prochain ! C'est un ordre. Vous ne voudriez pas rater cette mission unique en son genre.

 

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08 août 2013

Penny Dreadful [Pilot Script]

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PENNY DREADFUL

Drama // 52 minutes

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 Dans le Londres de l'époque Victorienne, Vanessa Ives, une jeune femme puissante aux pouvoirs hypnotiques, allie ses forces à celles d'Ethan, un garçon rebelle et violent aux allures de cowboy, et de Sir Malcolm, un vieil homme riche aux ressources inépuisables. Ensemble, ils combattent un ennemi inconnu, presque invisible, qui ne semble pas humain et qui massacre la population...

Ecrit par John Logan (Aviator, Gladiator, Skyfall). Réalisé et produit par Sam Mendes (Skyfall, American Beauty, Les Noces Rebelles). Pour Showtime Networks, Desert Wolf Productions & Neal Street Productions. 53 pages.

Avec Eva Green (Camelot, Casino Royale, Dark Shadows), Josh Hartnett (The Faculty, Pearl Harbor), Timothy Dalton (Permis de tuer, Tuer n'est pas jouer)... (casting en cours

 

   Je crois pouvoir dire en toute humilité que j'ai fait du bon boulot pour résumer l'histoire très floue à la lecture du script de ce fameux Penny Dreadful. Ce n'est pas pour rien que tous les sites américains se contentent de parler du projet comme d'un "thriller horrifique psychosexuel reprenant des figures mythiques de la littérature". C'est beaucoup plus simple -et un peu mensonger d'ailleurs- que d'essayer d'expliquer de quoi il retourne vraiment. A vrai dire, je ne suis même pas sûr que la dernière phrase de mon synopsis soit tout à fait valable, tant les indices sur la suite de l'aventure sont peu nombreux. C'est en tout cas ce que j'ai cru comprendre. Deux choses à savoir quand même : 1/ Oui, les âmes sensibles vont peut-être rendre leur quatre heures. La première scène est sanglante, répugnante, Hannibal style. Il y en a deux-trois autres qui ne sont pas plus ragoutantes. 2/ Le "psychosexuel" de la promesse de départ je le cherche encore. Il y a certes une évidente tension érotique entre les deux protagonistes principaux, mais pas une scène de sexe dans ce pilote. Pas même un baiser. Une paire de fesses ? Un torse ? Non. Les pervers seront très déçus. Mais ils finiront bien par se dessaper j'imagine. 

   Clairement, ce qui a attiré Showtime avant tout et qui l'a décidée à commander une saison complète de Penny Dreadful sans passer par la case pilote, c'est l'équipe prestigieuse derrière. Sam Mendes + John Logan, c'est forcément super enthousiasmant, d'autant que l'achat s'est fait dans la foulée du succès public et critique de Skyfall. On peut-être à peu près sûr que, visuellement, la série sera irréprochable. Ce sont des noms qui peuvent attirer un beau casting qui plus est, et ça aussi c'est important. Bon, pour le moment, Eva Green et Josh Hartnett, c'est pas non plus le nirvana, surtout que la première joue encore une fois le même rôle et que le second est à la limite du has-never-been. Mais ils ne sont pas mauvais. Ce qui cloche quand même, pardon de le dire, mais c'est ce script en lui-même. Je m'attendais à quelque chose de beaucoup plus puissant. C'est très bien écrit. C'est très littéraire, très soigné. Mais c'est vide de substance. Les scènes s'enchaînent et manquent de liant. On ne sait pas où on va. On ne sait pas qui sont les personnages. Ce qu'ils veulent. Il n'y a aucune progression dans les révélations. On sait aussi peu de choses sur eux au début du pilote qu'à la fin. Comme si John Logan avait écrit un film dont il manquait la deuxième heure, l'essentiel en somme.

   Je ne suis personne pour critiquer le travail de John Logan, on est bien d'accord, mais je le soupçonne de ne pas avoir abordé ce projet comme une série mais comme un film de 8 heures. L'erreur à ne pas faire. Mais c'est sa première création pour la télévision après tout. Accordons-lui le bénéfice du doute. Je ne vous cache pas que je me suis du coup fortement ennuyé par moment. Je n'ose imaginer ce que ça va donner une fois porté à l'écran. Alors je ne suis pas la cible puisque je ne suis pas client des shows en costumes, mais genre pas du tout du tout. Je suis certain que nombreux d'entre vous y trouveront toutefois leur compte. Si vous aimez des séries comme Ripper Street, par exemple, ou Copper. Ou Hannibal. Il y a un peu de tout ça, avec un soupçon de fantastique. Ah et oui, on croise bel et bien un certain Dorian Gray ou même Frankenstein. Mais on nous demande de faire semblant de ne pas avoir compris qui ils étaient avant que l'on veuille bien nous l'annoncer en grande pompe. C'est un peu ridicule. Ca tomble à plat. Le cliffhanger, c'est quand même que "le jeune médecin" fait des expériences douteuses et dangereuses sur des corps d'humains morts. Wouah. On ne s'en serait pas douté ! Vous voyez, ABC a développé et tourné un pilote dans le même esprit, Gothica (la critique est disponible ICI), la saison passée. Eh bien Penny Dreadful m'a fait encore plus regretter sa non commande ! L'équipe était moins prestigieuse et évocatrice mais il y avait de vrais rebondissements dans le pilote et on ne nous prenait pas pour des cons. C'était plus facile d'accès, plus "populaire" mais ce n'est pas forcément un gros mot ! 

   Penny Dreadful me fait l'effet d'un projet hyper prétentieux, "trop" cinématographique, pas vraiment adapté aux exigences télévisuelles et déjà survendu des mois avant sa diffusion. Je ne suis pas certain que Showtime ait misé sur le bon cheval. Il aurait eu davantage sa place sur Starz. Mais puisque je ne suis pas dans la cible de ce type de série, c'est peut-être moi qui n'ai juste pas compris son attrait. On en reparlera l'hiver prochain !

 

A venir : THE LEFTOVERS, TYRANT, EXTANT, HIGH MOON, THE VATICAN, WAYWARD PINES...

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04 août 2013

Open [Pilot Script]

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OPEN

 Drama // 52 minutes

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Après avoir pris son pied à 10 000 mètres dans les airs avec une autre passagère lors d'un voyage en avion, Grace, une gynécologue trentenaire, doit affronter ses désirs les plus profonds, qu'elle a enfoui depuis des années pour mener une vie normale, banale. Lorsque son petit ami de longue date, Jonathan, la demande en mariage, elle n'a plus le choix : elle doit réagir et vite ! Elle lui avoue donc son infidélité et sa probable bisexualité. Mais lui aussi a des choses à lui révéler...

Ecrit et produit par Ryan Murphy (Nip/Tuck, Glee, American Horror Story) et Lauren Gussis (Dexter). Pour 20th Century FOX Television & Ryan Murphy Television. 62 pages.

Avec Scott Speedman (Felicity, Last Resort, Underworld), Anna Torv (Fringe, Mistresses UK), Wes Bentley (Hunger Games), Jennifer Jason Leigh (JF partagerait appartement, Weeds, Revenge)... (casting en cours)

 

   Open, c'est un peu comme si Ryan Murphy, après des années de séances de masturbation intensives, nous jetait toute la sauce à la gueule. Il est allé loin voire même très loin dans Nip/Tuck, en revenant sur à peu près toutes les perversions sexuelles répertoriées chez l'être humain, jusqu'au baiseur de canapés, il est toujours bon de le rappeler. Il s'est également fait bien plaisir avec American Horror Story mais en axant davantage le propos sur la violence, la torture et la mise à mort. Il y a bien sûr eu entre temps les pauses tendresse avec Glee et The New Normal. Et le revoilà avec Open, sa série la plus ouvertement sexuelle, mais peut-être aussi la plus intime et la moins racoleuse du lot. Enfin ça, ça reste encore à prouver. Il ne résistera sans doute pas longtemps à la tentation de tout faire partir en vrille. En attendant, ce pilote nous présente des personnages totalement en dehors des caricatures habituelles dont le créateur est friand. Ces gens ont l'air normaux. Oui, le mot est lâché.

   Le pilote s'ouvre sur deux scènes tout à fait saisissantes et vivifiantes qui nous présentent les deux personnages principaux, Grace et Jonathan, le couple phare, dans leurs explorations sexuelles individuelles. Elle s'envoie en l'air dans les toilettes d'un avion avec une inconnue rencontrée quelques minutes plus tôt, cunilingus à la clé. Lui se branle frénétiquement dans les WC de son entreprise en "sextant" avec une collègue qui lui fait de l'oeil -et pas que- depuis des mois. Pour intellectualiser la chose un minimum, parce qu'on est quand même sur HBO, la voix-off de Grace nous explique avec beaucoup de finesse j'ai trouvé ce désir, transformé avec les années en mal être, qui la ronge et qui aujourd'hui déborde d'elle au point de faire fi de ses principes et de trahir l'être aimé. Le propos de la série est moderne et il est explicité au cours des dialogues entre Jonathan et son meilleur ami, un coureur de jupons invétéré, prétentieux, marié et père d'un petit bébé. Il part d'un constat simple : aujourd'hui, 53% des mariages se terminent en divorce, l'espérance de vie dépasse les 80 ans et les réseaux sociaux occasionnent sans cesse de nouvelles rencontres et d'irrésistibles tentations. Peut-on vraiment être heureux et épanoui toute sa vie en restant auprès de la même personne ? L'homme et la femme sont-ils vraiment faits pour être monogames ? Les alternatives existantes (couple libre, plan à trois...) sont-elles sérieusement envisageables ? Et je crois que toutes ces questions, on est tous amenés à se les poser un jour. On dit souvent que Murphy a tendance à projeter ses fantasmes et ses frustrations à travers ses séries, mais dans Open, j'ai davantage le sentiment qu'il ouvre son coeur. On ressent d'ailleurs une touche féminine plus présente que dans ses oeuvres précédentes, sans doute apportée par sa co-scénariste sur ce projet.

   On retrouve toutefois son style, que les fans ne s'inquiétent pas pour cela ! Ses détracteurs auront également de la matière. On a droit à la séquence musicale façon Nip/Tuck, ici sur "You are the sunshine of my life" de Stevie Wonder; les traits d'humour ne manquent pas dans les dialogues; et l'homosexualité et la bisexualité sont des thèmes centraux, traités plus frontalement que dans Nip/Tuck, où il s'agissait souvent de sous-texte, et moins naïvement et idylliquement que dans Glee et The New Normal, cela va sans dire ! Car si l'héroïne a du mal à gérer ses désirs saphiques, il y a un autre personnage, un homme, qui prétend être hétéro depuis toujours alors qu'il adore se faire prendre régulièrement. Il y a ce couple de lesbiennes (Anna Torv et Jennifer Jason Leigh) qui est au bord de la rupture et ce couple d'hétéros qui pratique l'échangisme mais se cache bien de le crier sur tous les toits. On navigue clairement au milieu du petit monde de Hollywood, qui offre un peu de rêve aux pauvres gens que nous sommes, mais on ne manque pas de nous rappeler que l'argent ne fait pas le bonheur. Ces héros, au fond, ont les mêmes problèmes que nous. A travers le métier de Grace, Open introduit des éléments procéduraux : on assiste ainsi à quelques consultations de la gynécologue, dont une très Nip/Tuckienne où un homme se plaint des lèvres géantes de sa femme -et je parle bien des lèvres "du bas"- et souhaite ainsi les faire réduire. Vous voyez le genre.

   Une question brûle vos lèvres à vous, j'en suis sûr : jusqu'où va Open visuellement (sachant que je me base sur des descriptions, pas sur des images) ? Eh bien... très loin. A vrai dire, il y a peu de scènes où tous les personnages sont habillés. Il y en a au moins un/une qui est nu(e). Scott Speedman va particulièrement devoir donner de sa personne : dans le spa, dans la douche, dans les toilettes, au lit, dans une voiture... Bref ! Son pote Wes Bentley est assez gâté aussi. Un peu plus de pudeur semble entourer les femmes de la série, mais voir Anna Torv performer un cunnilingus et un orgasme me remplit par avance de joie. On est très loin de cette chère Olivia Dunham. Beaucoup de nudité donc, un langage extrêmement cru où une chatte est appelée une chatte et une bite une bite. Au final, je ne suis pas si étonné que ça que le projet se soit retrouvé sur HBO. C'est la seule, avec Showtime et Starz, qui peut se permettre d'en montrer autant. Abonnements oblige. Sur FX, par exemple, Murphy aurait eu moins de libertés, peut-être une frustration qui remonte à l'époque de Nip/Tuck d'ailleurs où il n'a quand même jamais cessé de repousser les limites qu'on lui avait fixé, mais là, il les exploserait allègrement ! Et puis Showtime avait déjà Masters Of Sex dans ses cartons. En terme d'écriture, HBO nous a évidemment toujours habitué à mieux. Open n'est pas un chef d'oeuvre de ce point de vue. Je trouve par exemple que tout va beaucoup trop vite, un défaut plutôt réservé aux séries de networks en général. Mais c'est la version plus grand public et moins déprimante de Tell Me You Love Me, tentative de HBO sur le même sujet qui n'avait pas intéressé grand monde malgré ses qualités indéniables.

   Je voulais faire court sur Open. Mais plus c'est long plus c'est bon, non ? Même si j'ai peur que le contenu de la série soit trop léger pour HBO, il faut qu'elle voit le jour, ne serait-ce que pour nous offrir, enfin, un programme digne de ce nom sur la sexualité ! Je l'imagine d'ailleurs assez bien fonctionner sous forme d'anthologie, comme American Horror Story. Changer de personnages, de lieu et de grands thèmes à chaque nouvelle saison. Car aussi intéressants et potentiellement attachants soient les héros, je ne suis pas persuadé que leurs "sexcapades" puissent nous tenir en haleine au-delà de 13 épisodes. Ryan Murphy n'a pas fini de faire parler de lui !

Posté par LullabyBoy à 12:30 - - Commentaires [5] - Permalien [#]
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