08 avril 2013

The McCarthys [Pilot Script]

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THE McCARTHYS

Comédie (Single-Camera) // 22 minutes

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Ecrit par Brian Gallivan (Happy Endings). Produit par Will Gluck (Easy Girl, Sexe entre amis). Pour Sony Pictures Television, Olive Bridge Entertainment & CBS. 37 pages. 

Dans la grande famille McCarthy, catholique et originaire d'Irlande, on adore le basketball de génération en génération. Tous les enfants pratiquent ce sport, comme un hobby ou de façon professionnelle, sauf le fils gay, Ronny, dont le plus grand pêché n'est pas sa sexualité mais son envie de passer le moins de temps possible avec ses parents, ses frères et sa soeur. Le jour où il annonce qu'il quitte le domicile familial pour se consacrer enfin à sa vie amoureuse, son père lui propose de devenir le nouveau coach assistant de son équipe, à la surprise générale... 

Avec Jake Lacy (The Office, Better With You), Jacki Weaver (Happiness Therapy, Animal Kingdom), Jack McGee (New York Police Blues, Rescue Me), Joey McIntyre (Boston Public), Jessica Chaffin, Jimmy Dunn...

 

   Je le sentais pas, ce The McCarthys. Je me disais même que ça y est, je tenais peut-être LE pilote que j'allais avoir en horreur (non parce que je l'attends toujours à ce jour celui-là... même Friends With Better Lives, qui n'est pas bon, n'est pas "horrible"). Je vais finir par croire que les scripts que j'ai réussi à me procurer côté comédies ne sont en fait que les meilleurs ! Car, dans le genre de la bonne petite comédie familiale qui fonctionne principalement grâce aux vannes qui fusent entre les personnages, The McCarthys s'en sort à merveille !

   Rien que la scène inaugurale est à se plisser dessus. Elle remplit parfaitement son rôle, qui consiste à planter le décor et à présenter les protagonistes le plus naturellement possible. En l'espace de 9 courtes pages, on est ainsi déjà fixé sur l'ambiance, le ton, la qualité des dialogues et, je suppose, l'alchimie entre les acteurs une fois que l'épisode sera tourné. Toutes les comédies reposent énormément sur leur casting, mais plus encore celles qui sont familiales et qui doivent donc laisser transparaître une complicité instantanée à l'écran, nous donner l'illusion que les personnages se connaissent bel et bien depuis toujours, sans jamais nous exclure, et nous procurer même rapidement un sentiment d'appartenance au groupe. The McCarthys passe ces épreuves avec succès. On entre donc directement dans l'intimité de cette famille un peu dingue, dont tous les membres résident encore à la même adresse alors que les enfants ont tous dépassé les 25 ans. Un premier running-gag s'installe autour de l'obsession télévisuelle du moment de la mère de Ronny : The Solver, avec Maura Tierney dans le rôle principal (et qui devrait donc logiquement faire un cameo). Il s'agit en fait du show qui remplace The Closer après son arrêt et qu'elle regarde en désespoir de cause bien qu'elle le trouve mauvais. Et il y a plein de références de ce genre, à Mary Poppins, à Annette Bening, à Glee, à Grey's Anatomy... Il y a plein de blagues liées au sport aussi et quand on ne connaît pas bien -ou pas du tout comme moi- le basket et les équipes de Boston, on s'y perd un peu. Mais cette alliance sport/culture gay est intéressante et originale.

   On assiste ensuite au premier flashback d'une longue liste -pas le meilleur d'ailleurs- sur le coming-out du héros, qui a eu lieu deux ans plus tôt. C'est très bref mais suffisant pour faire rire. Le reste de l'épisode nous entraîne notamment sur un terrain de basket, évidemment, à un enterrement et à une soirée speed-dating organisée par les parents eux-mêmes pour prouver leur ouverture d'esprit quant à la sexualité de leur fils adoré. Ils ont ainsi demandé à chaque membre de la famille d'amener un autre homo, en espérant que la perle rare soit dans le lot. Un des frères amène d'ailleurs... une lesbienne ! Ca donne encore lieu à des passages très amusants, notamment à un dîner qui tourne en pugilat après quelques révélations croustillantes. Le seul truc qui m'a dérangé en fait, c'est que les deux frères et la soeur interviennent constamment ensemble, en rafale, comme s'ils n'étaient qu'un seul un même personnage, qu'ils formaient une espèce d'entité à part. L'un réagit, puis l'autre quasi en même temps et le dernier fait pareil. C'est déjà un peu agaçant à l'écrit, alors à l'écran je ne suis pas sûr que ça rende bien. Mais il y a des trucs très marrants dans leurs réflexions... 

   The McCarthys est drôlissime et tendre et, si elle est commandée, elle pourrait permettre de révéler Jake Lacy qui tient le rôle principal et qui gagne à être connu. Mais je ne comprends pas pourquoi c'est une single-camera et non une multi, sachant qu'elle repose essentiellement sur les répliques. Des décors en carton ne l'auraient pas abîmée. Cela réduit grandement ses chances d'être choisie, quand on sait l'allergie du CBS pour le genre. Je ne mise donc pas beaucoup dessus, mais elle mériterait de voir le jour rien que pour la bonne humeur qu'elle dégage.

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Bates Motel [1x 03]

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What's Wrong With Norman? // 2 820 000 tlsp.

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Par Ronan.


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    Ce troisième épisode de Bates Motel s'intitule "What's Wrong With Norman?" mais "Norman", dans cette phrase, aurait pu être remplacé par de nombreux autres protagonistes de l'histoire ! Car, soyons clairs, ce ne sont pas les ficelles énormes du scénario qui donnent envie de connaître la suite de la série mais plutôt la folie des personnages ! Et de ce coté-là, Bates Motel est particulièrement gratiné ! Attention, quand je parle des "ficelles énormes du scénario", je ne veux pas dire que tout est prévisible. Au contraire, quelques situations sont totalement imprévisibles. Mais imprévisibilité et invraisemblances ne sont pas loin de faire bon ménage parfois : trop de twists tue le twist ! De même, quand j'évoque la folie des personnages, je ne parle pas nécessairement de la finesse de leur psychologie. En voici deux exemples frappants : Norma a été violée par un double-goret en rut et elle semble n'en avoir aucune séquelle. Bradley a un père brulé vif et accessoirement mourant et elle n'a rien d'autre à faire que de discuter "vieux films" avec Norman. Pour une série qui souhaite évoquer la lente descente aux enfers d'un jeune homme, il serait peut-être intéressant de se montrer un tantinet plus attentif à ce genre de détails. Je ne parlerai pas des histoires parallèles qui sont également traitées sans finesse : comment un champ de cannabis peut-il passer à ce point inaperçu (à moins que la police laisse tranquillement pourrir la situation) ? Comment une gamine de 16 ans, en l'occurence Emma, peut à ce point se transformer en héroïne de la bibliothèque rose (Fantomette par exemple) sans que le spectateur en sourit ?

   What's wrong with Norman? L'attrait principal de cet épisode est de nous montrer que Norman est bien plus perturbé qu'on le croyait. Perturbation sexuelle : en plein milieu d'un cours, son esprit mélange les dessins sexuelles de son cahier secret avec des images érotiques et violentes de son enseignante ou de sa mère. Tout ça lui grille tellement les neurones qu'il en tombe dans pommes. D'autre part, quand sa mère s'égare avec un autre homme, il l'attend tranquillement dans son lit. En revanche, quand elle le serre dans ses bras, un sourire satisfait s'affiche sur son visage. Allo, œdipe ? Perturbation mémorielle : Norman ne se souvient pas toujours de ce qu'il fait. Ainsi, il a oublié avoir voulu hacher menu son grand demi-frère. Perturbation psychique : Norman voit sa mère, entend sa mère, écoute sa mère alors même que cette dernière n'est pas présente. Avouons que ça peut être gênant ! Perturbation comportementale : Norman s'emporte, se montre agressif... puis passe l'éponge. La pauvre Emma en prendra pour son grade. Et, point clé de l'épisode, Norman collectionne... Tout et n'importe quoi. Les bonnes et les mauvaises choses. Et, en l'occurence, il a eu la mauvaise idée de garder comme souvenir la jolie ceinture du violeur de sa mère... C'est d'autant plus une mauvaise idée que la police va surgir de nulle part pour fouiller la maison Bates.

   What's wrong with Norma? Ok, ce n'est pas une nouveauté, Norma est plus frappée qu'une téquila. Mais au jeu de la manipulation mentale, elle passe l'étape supérieure et excelle. Apprenant que la police a mis la main sur la ceinture-souvenir de Norman, elle court draguer le jeune flic Shelby pour mieux lui demander de l'aide. Elle apprend très rapidement que c'est lui qui a récupéré aux yeux et à la barbe de ses collègues la fameuse ceinture. Prête à tout, elle sous-entend auprès de ce dernier que son fils pourrait avoir tué Keith-double-goret. Par la suite, auprès de son fils, elle laissera sous-entendre que Shelby lui a proposé des petits jeux sexuels en échange de son silence. Ambiance! Mais au jeu du "qui manipule qui", le twist s'invite !! Pour ceux qui ne veulent pas en savoir plus, je leur conseille de fermer cette page web tout de suite. Ou de consulter d'autres articles de ce magnifique blog.

   What's wrong with Shelby? Qui aurait cru que derrière l'angelot blondinet falot Shelby se cachait un joli petit porcelet ? C'est pourtant ce que nous laisse croire le trop gros twist final : Norman, poussé par ses délires, prend la décision de pénétrer chez Shelby pour reprendre sa ceinture souvenir. Le scénario faisant bien les choses, le supposé gentil flic n'est pas chez lui. Et vlatipa que Norman découvre que Shelby a une esclave sexuelle dans les profondeurs de sa cave. Délire de psychopathe ? Réalité ? Le prochain épisode nous le dira. Mais, rétrospectivement, on peut penser que la visite impromptue de la police au motel, lors du premier épisode, n'était peut-être pas aussi impromptue que cela : et si les flics avaient souhaité vérifier qu'aucune trace de leur jeu sexuel n'avait été laissé dans le motel ? Et si Shelby était en train de manipuler Norma pour sauver sa propre peau ou pour en faire son nouveau joujou ?

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// Bilan // Ce troisième épisode Bates Motel condense déjà les forces et les faiblesses de la série. Des personnages torturés, malades, malsains, borderline se mêlent et s'emmêlent à des intrigues parallèles tirées par les cheveux ou encore mal exploitées ainsi qu'à des coups de théâtre et des facilités scénaristiques à la pelle. Mais ce sont justement ces fameux personnages déséquilibrés qui nous donnent envie, malgré tout, de connaître rapidement la suite. La fascination du mal, en somme. Mais jusqu'à quand ?

Posté par LullabyBoy à 00:05 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
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