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Dark Cousin // Unholy Night // The Coat Hanger

2 270 000 tlsp. // 2 360 000 tlsp. // 2 210 000 tlsp.

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   Après avoir proposé six premiers épisodes extrêmement riches, délicieusement pervers et confus, la saison 2 d’American Horror Story a quelque peu dérivé de sa trajectoire dans les trois épisodes suivants pour nous offrir des intrigues plus à la marge, moins consistantes et dont les répercussions ont été moindres sur les patients de Briarcliff et leurs bourreaux. Ce qui ne veut pas dire que l’on s’est ennuyé. Dans Dark Cousin, ce qui est assez décevant, c’est  que tous les personnages qui ont quitté l’institut de gré ou de force reviennent finalement à leur point de départ, comme si le destin avait décidé de ne pas les lâcher jusqu’à ce qu’ils rendent définitivement les armes, vidés de tout espoir et de toute force, et même de la force du désespoir. La tentation d’en finir avec la vie, présentée comme un choix, est ainsi sublimée par l’ange de la mort, tout de noir vêtu, incarné par l’éblouissante et rassurante Frances Conroy. Lorsqu’elle déploie ses ailes, que la poésie s’invite dans la série, c’est absolument grandiose. J’ai particulièrement aimé sa douce confrontation avec Sister Jude, après que cette dernière ait envisagé de se trancher les veines dans les toilettes d’un diner chaleureux. Elle était bouleversante. Lana part quant à elle plusieurs fois à la rencontre de la dame sombre, lorsqu’elle se fait violer par Thredson notamment, mais elle refuse toujours de l’embrasser malgré l’épuisement. Les auteurs en ont-ils  trop fait en l’assommant à nouveau lorsqu’elle pensait s’en être enfin sortie, échappée des griffes de Bloody Face ? Certainement, mais l’on en attendait pas moins de leur part. Le cas échéant on aurait forcément été déçu et, accessoirement, le personnage n’aurait plus eu sa place dans la série. Or, il est devenu indispensable. C’est celui auquel on est le plus attaché. La seule qui choisit la mort plutôt que la vie, c’est Grace, dans un sale état après son hystérectomie. On a évidemment de la peine pour elle, et pour Kit qui se retrouve du coup seul face aux monstres, mais elle repose peut-être enfin en paix… Pendant ce temps, le Diable refuse de quitter le corps de Mary Eunice, mais la jeune Sœur refait surface l’espace de quelques secondes, juste le temps de crier de tout son corps pour qu’on la sauve. Encore une fois, l’émotion prend le dessus.

   Unholy Night part d’une contrainte très simple –comment fêter noël dans une série à mille lieux des réjouissances familiales ?- pour déboucher sur un épisode presque trop évident, trop facile, sur un père noël évidemment meurtrier. Le very bad Sanda est interprété par l’excellent et charismatique Ian McShane, qui habite son personnage avec sa conviction habituelle, sans jamais trop en faire malgré un script qui ne fait clairement pas dans la dentelle. Il impose naturellement par sa présence un climat inquiétant, et c’est là la plus grande réussite de ces festivités sanglantes. La plupart des personnages font du coup du surplace, même si l’intrigue de Lana prend un nouveau virage intéressant et que Mary Eunice s’éclate comme une petite folle maintenant qu’elle règne sans partage sur l’hôpital. Elle a largement pris l’ascendant sur Arden, de toute façon trop occupé à voir des petits hommes verts. Car oui, après avoir été suffisamment discrets pour qu’on les oublie, ils sont de retour et on ne comprend toujours pas où l’on veut en venir à ce sujet. Je mise beaucoup là-dessus pour secouer les derniers épisodes, même s’il ne faut surtout pas que ce délire fasse de l’ombre aux autres.

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   The Coat Hanger nous renvoie brutalement au présent et relie merveilleusement les événements des années 60 à ceux survenus plus récemment dans les ruines de Briarcliff. Première bonne surprise : Dylan McDermott est de retour. Il arbore un nouveau look de bad boy qui lui va à ravir. J’ai toujours considéré qu’il était le point faible du casting de la première saison, mais son nouveau rôle pourrait enfin lui permettre de se lâcher un peu sans être nécessairement à poil pour ce faire. Pas que l’on se plaigne quand il enlève le haut et le bas, hein, mais il mérite son heure de gloire. On sait depuis The Practice qu’il peut être brillant avec le bon matériel. Deuxième surprise : le nouveau Bloody Face n’est autre que le fils de l’ancien, le Dr. Thredson ! L’idée est bonne, d’autant qu’il serait aussi celui de Lana, ayant été conçu pendant le viol. Vu l’état psychologique dans lequel il est maintenant, je suppose que sa maman n’a pas survécu longtemps après sa naissance. Je me demande même si elle ne va pas finir vraiment folle à lier. Ce ne serait pas étonnant… Mais attention à ne pas écarter une possibilité : peut-être que le quarantenaire croit que son père était Kit ! Peut-être qu’il est le bébé alien de Grace… Troisième surprise : le père noël n’est pas mort ! Tout compte fait, le personnage n’était pas une simple distraction temporaire. Ma foi, cela me console un peu de la disparition totale de Shelley. Certes, elle avait atteint une sorte de stade maximal dans la déchéance, mais je pensais que les scénaristes avaient quand même des projets pour elle. J’ai eu cette même croyance quant au Monsignor Timothy, mais il s’est avéré être le personnage le plus insipide et décevant de la saison ! Son coup de sang face à Arden n’était qu’un leurre : celui qui se voyait Pape n’avait pas de couilles. J’ai beau avoir beaucoup aimé les circonstances de sa mort et l’imagerie du Christ sur sa croix, je reste sur ma faim… Remarque, est-ce que Joseph Fiennes méritait mieux ? Qautrième et dernière surprise : c’en est fini de « Dominique » : Sister Jude ne supportait plus Sœur Sourire et l’a réduite en miettes ! Une symbole fort pour montrer qu’en passant de l’autre côté de la barrière, elle a compris l’enfer qu’elle faisait vivre à ses patients. Son rapprochement avec Lana était aussi sympathique que le duo X-Filien Arden/Kit. Les ennemis d’hier sont les alliés d’aujourd’hui. Face au Diable et aux petits bonhommes verts, on doit bien se serrer les coudes, nous autres pauvres mortels. 

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// Bilan // Certaines séries douteuses sont constamment sur un fil, prêtes à basculer d’un épisode à l’autre dans le grand n’importe quoi. Tôt ou tard, elles  finissent toujours par toucher le fond. Depuis sa conception, American Horror Story n’a pas ce problème là : elle assume son goût des extrêmes, le too much fait partie intégrante de son ADN et elle n’a jamais peur de rien, ni de choquer, ni d’agacer, ni de surprendre. Dès lors, on l’aime pour ce qu’elle est, pas pour ce que l’on aimerait qu’elle soit. Et quand on aime, les défauts on ne les voit pas, ou on les accepte. Ces trois épisodes en avaient, mais je les ai acceptés, quand je les ai repérés.