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Saison 1 // 7 700 000 tlsp.

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   Mon arrivée dans la banlieue huppée et acidulée de Chatswin m'avait vraiment emballé en septembre dernier (la preuve), plus encore que ma rencontre avec le couple phare de Up All Night ou celle de la cynique et de la blonde de 2 Broke Girls. Dans les trois cas, neuf mois plus tard, la déception se fait ressentir parmi ces nouvelles comédies prometteuses de la saison mais, heureusement, elle ne domine pas. J'ai passé franchement de très bons moments avec Tessa, Dallas, Dalia, Sheila et tous les autres personnages hauts-en-couleurs de Suburgatory. Mais disons que la deuxième partie de la saison n'a pas été à la hauteur de la première. La série a perdu de son piquant et de son mordant au fil du temps, allégeant la caricature quitte à devenir plus commune, et les auteurs ont fait quelques mauvais choix sur lesquels je reviendrai. Le bilan est tout de même positif au bout du compte et je suis très content que le public ait suffisamment accroché pour que la série obtienne une seconde saison. En revanche, il va falloir se remettre un peu en question et proposer d'aussi bons épisodes en saison 2 qu'au début de la saison 1, sinon le public finira par s'en détourner définitivement...

   De la même manière qu'une Grosse Pointe ou qu'une Clueless par le passé, Suburgatory joue énormément sur les clichés pour mieux les détourner, et n'hésite pas y aller fort si besoin est sans devenir cruelle pour autant. Le piège de ce type de série, dans lequel est d'ailleurs un peu tombée GCB cette année dans un registre très proche, c'est d'y aller trop fort tout le temps, ne pas laisser de respirations et finalement rapidement lasser et/ou agacer le public. Suburgatory n'a pas vraiment eu ce problème puisqu'elle s'est assagie avec le temps. Mais c'est un problème aussi. Difficile de trouver un juste milieu. De toute façon, quand on crée de toute pièce un univers aussi riche et codifié, en particulier dans une comédie, on s'expose à ce type de désagréments. Il faut faire avec et avancer, et tout miser sur l'évolution des personnages. Ce que la série a fait. Tessa, dont la complicité avec sa pote Lisa manquait un peu d'efficacité, s'est fait un autre nouvel ami : Malik. Et à trois, ils nous ont offert de bons moments. On a aussi cherché à caser Tessa, c'est bien normal. Le résultat n'a été probant qu'un seul épisode avec le premier prétendant. Je ne me souviens plus de son prénom mais ce garçon pas bête du tout mais qui aimait beaucoup trop parler de lui n'était vraiment pas fait pour elle. Il y a eu une mini-tentative avec Malik, mais les scénaristes se sont rendus compte que c'était bien plus sympa de le mettre avec Lisa, justement. Ensemble, ils ont occasionné de bons petits sourires (j'ai notamment souvenir d'une fondue... ragoûtante). Puis il y a eu Tessa et Ryan Shay, le frère de Lisa. Le couple totalement improbable tant le garçon est ridicule mais que l'on a quand même envie de voir à l'oeuvre pour le fun. Dans ces moments-là tout particulèrement, Suburgatory s'est beaucoup rapprochée de son alter-ego de MTV Awkward. En l'occurence, Matty est quand même plus intelligent que Ryan mais il y a un peu de ça quand même. La voix-off de Tessa peine à être toujours aussi efficace qu'au tout début, mais elle livre encore de temps en temps des réflexions qui valent le détour. La "rivalité" entre Tessa et Dalia a évidemment été exploitée tout au long de la saison mais les scénaristes se sont vite rendus compte que Dalia pouvait aussi être hilarante en dehors de ça. Ils s'en sont donc donnés à coeur joie et c'est probablement ses répliques à elle, totalement improbables, qui m'ont le plus fait rire. 

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   Si Sheila (et son mari de temps à autres) s'est également très bien débrouillée, prenant de plus en plus d'importance à ma grande joie, je suis plus mitigé sur Dallas. Elle m'avait vraiment fait très forte impression dans le pilote et dans les quelques épisodes suivants puis je ne sais pas bien ce qui s'est passé, mais elle m'a moins emballé par la suite. Notamment à partir du moment où elle a eu son magasin. Je trouvais que la plupart des blagues tombaient alors à plat et le seul intérêt était de la voir se rapprocher de Tessa et devenir peu à peu sa mère de substitution, comme on s'y attendait depuis le début. Il faut dire aussi que dès lors qu'elle a officiellement divorcé, Dallas a gravement été réduite à son rôle de prétendante pour George. L'alchimie entre les personnages -et les acteurs- est indéniable et il fallait bien jouer là-dessus mais ça a déjà commencé à tourner en rond dès la première saison. On a vu ça tellement de fois... c'est dur de faire original, même à Chatswin ! En fin de saison, l'arrivée momentanée d'Eden, jouée par Alicia Silverstone, a quelque peu cassé cette dynamique pour nous offrir autre chose qui n'était pas meilleur. J'ai du mal avec le personnage d'Eden. Elle ne m'inspire guère. Les délires des Werner autour de sa grossesse étaient même un peu lourds. Et j'ai aussi beaucoup de difficultés à accrocher avec Noah. Il est lourd. Alan Tudyk en fait des tonnes. Il lui est arrivé de m'amuser mais c'est rare. A l'inverse, j'ai mis du temps à m'attacher à George, que je trouvais au début un peu trop mou et pas fun, mais j'ai vraiment de la sympathie pour lui désormais. Et puis Jeremy Sisto est chou. Je trouve sa relation avec sa fille vraiment intéressante, assez inédite et plutôt réaliste même, ce qui n'était pas évident à créer dans une telle configuration où RIEN n'est réaliste justement ! Suburgatory n'est pas vraiment le genre de comédie qui procure beaucoup d'émotion puisque pas grand chose n'est pris au sérieux, mais j'ai été surpris d'être touché à plusieurs reprises et tout particulièrement dans le Season Finale, à la fois par rapport à Lisa, qui découvre qu'elle est bien la fille de ses parents (oui... je sais... c'est curieux dit comme ça), mais surtout grâce à Tessa, qui ose enfin s'avouer que sa mère lui manque. La saison ne se finit par sur son retour, comme je l'avais pensé dès le pilote, mais par celui de sa grand-mère, un bon moyen de faire durer le suspense et peut-être d'apporter un peu de sang neuf si elle restait dans les parages. Mais le jour où la mère arrivera, il ne faudra pas se tromper d'actrice... Décidemment, entre How I Met Your Mother, Revenge et maintenant Surburgarory, les mamans font bien des mystères et causent de sacrés casse-têtes aux producteurs...

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// Bilan // L'enfer, ce n'est pas Suburgatory. C'est les autres. La petite comédie d'ABC a beau avoir perdu un peu de sa superbe au cours de sa saison inaugurale, elle n'en reste pas moins divertissante, inventive et colorée. On la voudrait parfois un peu plus méchante, un peu moins "familiale" mais on l'aime comme elle est, avec ses nombreuses qualités et ses quelques défauts.