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Saison 5 // 780 000 tlsp. en moyenne

Franky 44030377 // Rich 44030377 // Mini 44030376_bis // Liv 44030376 // Nick 44030376 // Alo 44030376_bis // Grace 44030376_bis // Everyone 44030376

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Saison 6 // 650 000 tlsp. en moyenne

Everyone 44030376_bis // Rich 44030376 // Alex 44030376 // Franky 44030376 // Mini 61039229_bis // Alo 44030376 // Liv 44030377 // Mini and Franky 44030376_bis // Finale 44030376_bis

 


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   Le plus gros défaut de cette troisième génération de Skins est de passer derrière les deux premières, d'autant qu'absolument rien ne la rattache à Tony, Cassie, Maxxie, Cook, Effy, Freddy et les autres. Les producteurs ont décidé de repartir à zéro et, pour mettre toutes les chances de leur coté, ils ont créé un nouveau personnage fascinant, différent, unique même : Franky. C'est autour d'elle que les saisons 5 et 6 s'articulent. Elle est à remercier pour la qualité de la première des deux saisons, la tirant systématiquement vers le haut; mais elle est à blâmer, en partie, pour la déception qu'est la deuxième, la quête identitaire du personnage prenant une tournure invraisemblable. Très touchante au départ, bouleversante même, elle est devenue peu à peu nombriliste et ses hésitations interminables l'ont rendu irritante, tête à claque. La placer au centre d'un triangle amoureux improbable en saison 6 n'a clairement rien arrangé : la rivalité entre les deux frères était suffisamment intéressante en l'état, y mêler Franky n'avait aucun intérêt, un simple cliché de séries pour ados dont Skins pouvait largement se passer. Ses supposés sentiments pour Nick n'ont jamais été crédibles et sa romance avec Matty n'a été intriguante qu'à ses balbutiements, notamment grâce à la mise en scène et au fait que Matty était mystérieux, au moins aussi fascinant que Franky. Dès qu'on a appris à le découvrir, il a vraiment perdu de son aura. Et le jeu de Sebastien de Souza a été globalement médiocre. Surtout face à celui de Dakota Blue Richards, qui est promise à un bel avenir. Pas seulement grâce à sa beauté atypique mais avant tout grâce à son jeu, fait de multiples nuances. J'espère qu'on la reverra. Si certains acteurs de la première génération se sont particulièrement bien débrouillés par la suite, ceux de la deuxième se sont faits plus discrets. Et il n'étaient pourtant pas moins bons. Cette troisième génération a aussi été soutenue par de bons acteurs, dans l'ensemble; ce sont les personnages qui étaient moins intéressants, en gros.

   La palme du plus mauvais personnage aurait pu revenir à Mini, la Gossip Girl de la bande, mais c'était avant qu'Alex n'arrive en saison 6. Intégrer un petit nouveau en cours de route n'était pas chose aisée, surtout quand il se trouve qu'il est gay : ça donne inévitablement l'impression qu'il a été ajouté pour remplir un quota, plus particulièrement pour satisfaire les fans qui se plaignaient d'un manque de représentation homosexuelle dans cette génération. Mais, franchement, quand on voit le résultat, on se dit qu'il aurait mieux fallu s'abstenir parce que l'image qu'il renvoit de cette communauté est déplorable. Il est antipathique au possible et n'apporte absolument rien, pas même à Liv, le seul autre personnage auquel il est vraiment associé. Mais le remplissage de quota est double avec lui figurez-vous : il est mignon, il a un joli petit corps, il le montre à plusieurs reprises. Soyons réalistes : si cette génération a moins attiré en terme d'audiences, précipitant la fin de la série, c'est aussi parce que les mecs ne faisaient pas rêver les jeunes filles en fleur. Et c'est important, quoiqu'on en dise. Mais revenons-en à Mini, il y a nettement plus de choses à dire la concernant. Son hostilité envers Franky dans la saison 5 était si forte qu'elle en devenait ridicule. Si bien que les scénaristes ont voulu rectifier le tir en les transformant en BFF dans la saison 6. Leur amitié a fini par devenir touchante, à force de nous l'imposer, mais elle n'a jamais paru réel. Mini, elle-même, n'est pas réelle. Elle est une sorte d'hybride entre les héroïnes des séries américaines pour ados du moment et les héroïnes classiques de Skins. Cela donne un monstre qui ne sait jamais sur quel pied danser, et nous non plus en suivant ses aventures. Malgré tous les efforts qui ont été faits pour la rendre plus vraie en deuxième année, malgré son intrigue grossesse inédite dans la série, jusqu'au bout je ne suis pas parvenu à m'attacher à elle. Son histoire avec Alo n'était qu'une très pâle copie des romances précédentes de Skins, emblèmatiques. Le mec idiot et/ou geek qui sort avec la plus belle fille du lycée : un fantasme qui n'arrive quasiment jamais dans la vie et que la série a essayé tant bien que mal de raconter à nouveau. En dehors de Mini, essentiellement en saison 5 donc, Alo n'était pas un personnage inintéressant. Deux ans plus tard, je me souviens encore assez bien de son centric, qui était d'ailleurs particulièrement bien réalisé. Et puis il m'a souvent fait rire, même s'il arrivait toujours un moment où il allait trop loin et devenait lourd. Cette génération avait de toute façon besoin d'un personnage comme lui, les autres étant trop graves. Il a apporté un peu d'unité à un groupe, qui en manquait terriblement en saison 1 à cause de la reine mère Mini qui divisait tout le monde pour mieux régner. Il n'y avait plus d'unité en saison 2, en tout cas du coté des filles de la bande, mais pour une raison bien précise et contre cela, Alo ne pouvait rien faire, pas même détendre l'atmopshère... 

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   Le premier épisode de la saison 6 a offert un changement de décor bienvenu. Pour la première fois dans Skins, on a quitté Bristol pour... le Maroc ! Pas la peine de se poser des questions sur le pourquoi du comment du financement de ce voyage, rien ne sera expliqué. Visuellement, c'est l'occasion pour le réalisateur de se lâcher face à de beaux paysages très éloignés de ce que la campagne anglaise peut offrir habituellement. Si sur la forme l'épisode est réussi, sur le fond c'est un peu n'importe quoi. Franky s'amourache d'une sacrée ordure, que l'on aura le malheur de revoir plus tard dans la saison au cours d'un épisode particulièrement violent mais un peu raté, justement consacré à notre héroïne. Il y est même question d'un viol, ou en tout cas de quelque chose qui s'en rapproche. Un élément assez dérangeant qui aurait mérité d'être davantage développé. Evidemment, l'alcool coule à flot au Maroc, la drogue est partout, du Skins pur jus dont on s'est lassé au fil des années et sur lequel les scénaristes insistent vraiment trop dans les premiers épisodes. Cette représentation de la jeunesse anglaise me laisse toujours très circonspect et songeur. D'ailleurs, la saison 6 aura battu des records au niveau des litres de vomi dégorgés par nos ados. C'est un flot continu, presqu'un gimmick d'un épisode à l'autre. Il faut avoir le coeur bien accroché pour regarder Skins... L'accident à la fin du premier épisode change le cours des choses puisque Grace, le personnage le plus mignon, le plus attendrissant, finit par mourir à l'épisode suivant. C'est devenu une coutume : chaque génération subit une perte. Mais les deux premières fois, c'était vers la fin, voire à la toute fin. Ici, c'est au milieu et ça change forcément toutes les dynamiques. C'est pour cette raison bien précise que l'idée était bonne, même si, du coup, la danseuse à l'éternel sourire aux lèvres nous a drôlement manqué et a fait passer son amoureux, Rich, au second plan. Leur histoire était trop belle et trop simple pour Skins. Il fallait que la fatalité vienne tout casser. L'attitude très digne de Rich dans son deuil était exemplaire. Son regard en direction du ciel et donc de Gracie à la fin du dernier épisode riche de sens. Elle veillera pour toujours sur lui, et sur eux. L'annonce de la mort de la jeune fille est le passage le plus émouvant de la saison, et probablement de cette génération. Ses diverses apparitions fantômatiques étaient toujours poignantes même si trop faciles, comme toujours avec ce procédé quelle que soit la série.

   Chaque personnage a vécu ce deuil différemment. Mini avec froideur, mais forcément avec beaucoup de tristesse à l'intérieur. Liv avec rage et incompréhension. C'est cette différence qui a longtemps séparé les deux jeunes femmes. Liv a d'ailleurs été très absente de cette saison 6, du moins au début. On sentait bien que les auteurs ne savaient pas quoi raconter sur elle. Heureusement, ils n'ont pas cherché à lui coller une histoire d'amour, comme à tous les autres. C'est l'amitié qui était son thème à elle. Et c'était mieux comme ça. Au final, c'est elle qui a offert l'un des meilleurs épisodes de la saison. La grosse engueulade finale était glaçante, le point d'orgue de la saison. Il fallait en arriver là avant de tout reconstruire et de se diriger, étonnamment dans Skins, vers un happy-end total. Enfin le passage par la case prison de Matty ne peut pas être considéré comme tel mais disons que la bonne morale triomphe à la fin. Sur fond de ballade pop, la troisième génération de Skins fait donc ses adieux dans l'émotion, avec une touche de poésie qui a trop souvent manqué ces deux dernières années dans la série. Franky a pu faire la paix avec elle-même en "retrouvant" sa mère. Un peu facile, comme conclusion tout de même. Mais c'était poignant. Mini et Alo vont débuter une nouvele vie, sans doute chaotique, avec un enfant à élever. Rich est promis à un bel avenir scolaire. Il s'est battu pour que Grace puisse être fier de lui. Alex s'en va, et on s'en fout. Liv... elle a retrouvé sa meilleure amie. Et c'est tout ce que l'on peut en dire. 

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// Bilan //  Avec ses parents toujours aussi absents et incompétents, ses drames à répétition, ses personnages torturés plus que de raison, Skins n'a pas failli à sa réputation pour ses saisons 5 et 6. Mais on aurait aimé que cette troisième et dernière génération nous offre autre chose, qui reste dans l'esprit de la série bien sûr mais qui soit légèrement différent aussi. Quelque chose d'un peu moins glauque peut être et surtout, quelque chose de moins caricatural. La série donne maintenant trop souvent l'impression de se parodier elle-même. Elle a clairement atteint ses limites. Il était temps d'arrêter. La saison 7, la dernière, devrait revenir sur les trois générations pour leur offrir une (nouvelle) conclusion. Est-ce bien nécessaire ? Je dirais surtout que ça l'est pour la deuxième, qui a connu une fin abrupte, très décevante et frustrante. Pour les autres, ça reste à prouver... Quoiqu'il arrive, Skins restera l'un des plus beaux dramas jamais écrit sur l'adolescence.