05 juillet 2012

Longmire [Pilot]

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Pilot // 4 150 000 tlsp.

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What About ?

Walt Longmire, le charismatique et dévoué shérif du comté d'Absaroka dans le Wyoming, est veuf depuis une année. Accablé par le chagrin, il a laissé son équipe se débrouiller sans lui durant plusieurs mois. Avec l’aide de sa nouvelle adjointe, Vic, il trouve la force d’aller de l’avant, reprenant goût à son travail et reconstruisant sa vie, pas à pas. Il est même prêt à se représenter pour un nouveau mandat face à Branch Connally, un jeune adjoint très ambitieux mais sans grande expérience. Heureusement, Longmire peut compter sur le soutien indéfectible de son vieil ami, un indien répondant au nom d’Henry.

Who's Who ?

Drama créé et adapté par Hunt Baldwin et John Coveny (Trust Me, The Closer) d'après l'oeuvre de Craig Jonhson. Avec Robert Taylor (Matrix, Vertical Limit), Katee Sackhoff (Battlestar Galactica, 24), Bailey Chase (Damages, Saving Grace), Lou Diamond Phillips (Stargate Universe, La Bamba, A l'épreuve du feu), Cassidy Freeman (Smallville, The Vampire Diaries)...

So What ?

   A l'heure actuelle, la chaîne câblée américaine A&E n'a pas d'identité bien définie en matière de série, si ce n'est qu'elle a tendance à donner la parole à des héros et non des héroïnes : The Glades est un jolie réussite en terme d'audience, une version légère et plus artisanale des Experts: Miami, sympathique donc mais encore et toujours policière; Breakout Kings, assez fun et maline, n'aura pas duré plus de deux saisons, ce qui n'est pas si mal pour une série à la base rejetée par la FOX après un pilote qui avait pourtant beaucoup plu aux panels test; The Cleaner et The Beast étaient absolument infâmes et le public s'en est visiblement rendu compte; et puis il y a eu la mini-série Bag Of Bones adaptée de Stephen King, passée inaperçue l'année dernière. En attendant Bates Motel, l'ambitieux projet de Carlton Cuse (Lost) sur la jeunesse du célèbre serial killer de Psychose, A&E a lancé cet été et avec un certain succès Longmire Visuellement, c'est aussi soigné que du AMC, les décors du Wyoming aidant grandement. Dans le fond, en revanche...

   Sous ses faux airs de western moderne, Longmire est malheureusement une série policière, elle aussi. Mais pas comme les autres, et pas seulement. Le rythme est beaucoup plus lent que dans un cop show classique, le meurtre (celui du pilote en tout cas) est présenté avec simplicité et ne résulte pas d'une complexe affaire de moeurs pleine de rebondissements improbables. L'enquête se déroule "à l'ancienne", sans faire appel à la technologie d'aujourd'hui -le héros n'a même pas de téléphone portable pour tout dire- dans une ambiance "cool". Le duo formé par Walt Longmire et sa partenaire Victoria Moretti est assez conventionnel mais il n'est pas parisité par une éventuelle attirance. On pourrait même dire qu'ils fonctionnent plus comme un père et sa fille. En espérant que ça dure. Victoria ne manque pas d'humour et insuffle une énergie nécessaire, de même qu'une certaine forme de modernité. Je la revois encore être obligée de faire fondre de la neige à l'aide d'un sèche-cheveux. On fait avec les moyens du bord, là-bas au coeur de la campagne américaine. Ce premier épisode prend le temps de présenter son personnage principal, qui n'est pas facile à aimer au premier abord parce qu'il n'est pas particulièrement expressif, ni bavard. Il n'a pas tellement l'air d'aimer les autres non plus, voire le genre humain dans son ensemble, et la plupart des rapports qu'il entretient sont conflictuels, que ce soit avec sa fille ou avec ses collègues au sein de la police de sa petite bourgade, laissant supposer des querelles intestines et des jeux de pouvoir auxquels il n'a certainement pas envie de s'adonner mais qui seront au centre des préoccupations de la saison, apportant des éléments feuilletonnants à développer au-delà des investigations individuelles. La mort de sa femme l'a profondément meurtri, ce qui est explicité avec beaucoup de pudeur au cours d'une très belle scène où il doit annoncer lui-même la mort de la victime de l'épisode à l'un de ses proches. C'est à partir de ce moment-là que l'on commence à ressentir une véritable empathie à son égard et que l'on se dit que passer quelques temps à ses cotés ne nous ferait sans doute pas de mal. Sans être impressionnante, la distribution est convaincante.

   Avec ses grands espaces et son héros réel, détruit mais solide, Longmire offre une alternative profondément simple et humaine au paysage saturé des séries policières actuelles. Elle manque peut-être un peu d'ambition, mais elle intrigue et touche.

How ?