19 juin 2012

Revenge [1x 16 > 1x 22]

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Scandal // Doubt // Justice // Absolution // Legacy // Grief // Reckoning

7 320 000 tlsp. en moyenne

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   Au risque de donner l'impression de détruire un peu trop vite ce que j'ai aimé et encensé il y a encore quelques mois, laissez-moi vous dire que les sept derniers épisodes de Revenge m'ont déçu. Je n'ai plus ressenti la même exaltation au début de chaque nouvel épisode. Je n'ai plus eu non plus une envie furieuse de dévorer la pièce suivante. J'ai ressenti à peu près la même chose que lorsqu'une deuxième saison n'est pas à la hauteur de la première, mais au cours d'une seule et même saison cette fois ! Souvent, si une première saison est meilleure que les suivantes, c'est parce qu'elle a eu le temps de mûrir dans l'esprit de son créateur avant même qu'elle ne commence. Parce que c'est l'aboutissement d'une réflexion de plusieurs mois voire de plusieurs années. La saison 2, elle, se fait davantage dans l'urgence, tout particulièrement sur les grands networks. Il est impossible de prendre le recul nécessaire puisqu'il faut foncer et vite écrire la suite. J'ai le sentiment, ici, que Mike Kelley, la tête pensante de Revenge, avait imaginé son bébé jusqu'à la mi-saison, se disant sans doute qu'il avait de toute façon peu de chance d'aller au-delà -comme nous tous- et se contentant d'envisager quelques pistes en cas de commande d'une saison complète. Ensuite, il a tout simplement fallu improviser et s'adapter face aux réactions du public. Ce qui fait partie de son métier de scénariste, soit dit en passant. Mais c'est quelque chose que son équipe et lui ont eu du mal à gérer, malheureusement...

   Certains épisodes -ceux consacrés au procès tout particulièrement- et certaines intrigues même, censées permettre d'approfondir les personnages, ont surtout donné l'impression de faire du remplissage, et je pense notamment aux flashbacks de Victoria lorsqu'elle fricotait avec son peintre. C'était un peu ennuyeux et pas très flatteur pour James Purefoy, qui méritait mieux. L'épisode 20, se déroulant à 100% dans le passé, n'a d'ailleurs pas été à la hauteur de mes attentes, même si c'était l'un des meilleurs du lot avec du recul et qu'il permettait de relancer les enjeux à l'approche du Season Finale. Mais c'est la galerie de personnages secondaires qui a vraiment tiré cette fin de saison vers le bas, surtout en l'absence de Tyler et d'Amanda, deux ajouts qui avaient permis à Revenge de transformer l'essai. Ce n'est certainement pas sur Ashley qu'il fallait compter, la pauvresse étant une espèce d'allumeuse scénaristique : elle nous fait discrètement des avances, sous-entendant qu'elle est prête à passer à la vitesse supérieure à tout moment, mais elle finit toujours par remettre sa culotte. Au bout d'un moment, cela ne provoque plus que de l'indifférence. Mais je ne désespère pas de la voir montrer enfin son vrai visage en saison 2. Qu'elle l'enlève pour de bon, cette culotte ! Et qu'elle la jette dans la foule en délire ! "Les Pauvres", frère Declan et frère Jack, ne sont pas non plus du genre à assurer le spectacle au fin fond de leur bar miteux. Au début, on appréciait ces intermèdes dans le "monde normal" mais on s'en est vite lassé. Dans un soap, les gentils n'ont d'intérêt que lorsqu'ils deviennent méchants. Et quelque chose me dit que jamais les Porter ne pactiseront avec le Diable. Madeleine Stowe aura beau raconter à qui veut l'entendre qu'ils sont la caution sociale de la série et que, grâce à eux, Revenge offre un discours sous-jacent sur les inégalités de notre société, nous, tout ce qu'on veut, c'est nous amuser et nous évader, justement, de ce monde si cruel qu'est le nôtre. On veut que "les riches" souffrent, pour une fois. Qu'ils saignent...

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   Face à des personnages féminins forts, qui tiennent la série à bout de bras, les auteurs ont essayé de donner un peu plus de poids aux hommes, en particulier aux Grayson père et fils. Sans grand succès. Sur la toute fin, Conrad commençait à se muer en un adversaire crédible face à Victoria, et cela devenait urgent. Mais Daniel, lui, a eu beaucoup plus de mal à convaincre. Peut-être que la prestation de Joshua Bowman y est pour quelque chose. Il n'est quand même pas incroyablement charismatique. Mais, plus vraisemblablement, cela vient de sa tranformation un peu trop rapide de pion à joueur dans le grand échiquier des querelles familiales. A coté, Charlotte n'est bonne à rien. Son espèce de spin-off façon Gossip Girl complètement raté n'avait aucun intérêt. Cela me fait inéluctablement penser à feu Ringer et au personnage de Juliet Martin, assez sembable à Charlotte à la base mais qui est devenu petit à petit plus profond et gage d'excellents rebondissements. Le fait que la jeune femme soit la soeur biologique d'Emilie n'a absolument rien changé à l'affaire. Cette intrigue n'a pas (encore) été exploitée. Parmi les personnages réccurents, je suis assez fan de Mason Tradewell, incarné par Roger Bart. Il me fait penser à Elton John d'ailleurs, mais ça n'a rien à voir avec la choucroute. Fallait juste que je vous le signale ! J'ai bien aimé aussi le mystérieux "homme aux cheveux blancs", qui a permis de secouer un peu les deux derniers épisodes. La mise en scène autour de l'accident d'avion était, au passage, absolument parfaite ! Mais est-ce pour autant un bon cliffhanger ? Non. On sait très bien que Lydia va mourir -et on s'en fout complètement- et que Victoria va survivre, parce que c'est Victoria Grayson, quoi ! On ne la lui fait pas ! Elle a dû descendre de l'avion à la dernière minute, tout simplement, sentant le coup fourré. C'est excitant à l'écran, sur le moment, mais c'est finalement bien vide, quand on y repense.

   L'entrée de la mère d'Emily dans l'équation est bien plus intéressante même si, avec leurs gros sabots, les scénaristes ont gâché l'effet de surprise. Grosse pression maintenant pour trouver l'actrice qui aura une bonne alchimie avec Emily VanCamp, qui sera à la hauteur du talent de Madeleine Stowe et qui donnera envie à de nouveaux téléspectateurs de rejoindre l'aventure. Revenge change de case l'an prochain, et prend la place de Desperate Housewives. Il faut faire parler... J'aurais bien proposé Heather Locklear mais bon... je sais qu'il faut que je me rende à l'évidence : sa carrière est finie et elle n'intéresse plus personne. Sharon Stone ? Ok, ne rêvons pas (m'enfin après avoir fait Largo Winch II)... Mon fantasme absolu, ce serait Michelle Pfeiffer. Mais si elle accepte enfin d'apparaître un jour à la télé, j'aimerais autant que ce soit dans une série d'une plus grande envergure que Revenge. Marcia Cross ? Elle refuserait et il faut la laisser se reposer... Elizabeth Mitchell ? Tiens... Ce serait pas une super bonne idée, ça ? Et puisque j'en suis à extrapôler sur la saison 2 -car, à l'évidence, cette fin de saison 1 ne m'a guère passionné et ne m'inspire pas grand chose- j'aimerais vraiment qu'Emily devienne MAUVAISE. J'ai encore beaucoup de mal à digérer le sort qu'elle n'a PAS réservé à "l'homme aux cheveux blancs". Elle aurait pu le tuer, elle l'a laissé filer. Et le montage avec les images de son père et cette histoire de bonne conscience, ça m'a vraiment gonflé. Je ne demande pas qu'elle se transforme en Dexter non plus, je sais bien que la marge de manoeuvre sur ABC est limitée -encore plus à la suite de Once Upon A Time- mais sa vengeance va vite tourner en rond si elle ne met pas un peu la main à la pâte... 

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// Bilan // Avec Revenge, il semblerait que la vengeance soit un plat qui se mange... tiède !  Après un début de saison très convaincant et rafraîchissant, le soap moderne qui a créé la surprise a perdu de sa superbe, diluant ses meilleures idées dans un océan bien trop calme. Gare à la noyade lors de la deuxième vague...