31 mai 2012

2 Broke Girls [Saison 1]

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Saison 1, 24 épisodes // 11 280 000 tlsp. en moyenne

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   Vulgaire ? Oui, 2 Broke Girls est vulgaire ! Et vous savez quoi ? C'est là sa qualité numéro un ! C'est précisément pour cela que je l'adore : elle repousse les limites habituelles de la sitcom de network en osant les blagues -parfois lourdes, je le reconnais- sur le sexe, le sexe et encore le sexe ! Les auteurs parviennent ainsi avec brio mais sans finesse aucune à contourner certaines difficultés.  Ils ne peuvent par exemple pas se permettre de mettre dans la bouche de leurs héroïnes des "dicks" ou des "cocks", ni même leur faire prononcer  le mot "fuck", pourtant, d'une manière ou d'une autre, c'est toujours de ça dont elles parlent abondamment. Enfin surtout Max. Et quelque part, c'est fidèle à une réalité rarement montrée en télévision dans ce format-là : les jeunes parlent de sexe à longueur de journée, c'est l'une de leurs principales préoccupations et, contrairement aux idées reçues, ça ne concerne pas que les garçons, loin de là. 2 Broke Girls offre la possibilité de retrouver à l'écran des femmes libérées, provocatrices parfois, bien des années après Carrie et sa bande dans Sex & The City. Rien que ça, c'est jubilatoire (et je pense notamment à chaque ouverture d'épisode dans le dinner avec une Max toujours gonflée à bloc -et je ne parle pas que des seins énormes de l'actrice- qui en est un bel exemple) ! Cependant, il ne s'agit pas là de réaliser une étude des moeurs sexuelles modernes, même si le cynisme ambiant dans la série pointe souvent du doigt une certaine forme d'hypocrisie sur "la chose" et bien d'autres choses encores, mais simplement de faire rire de bon coeur et de divertir autrement. Autrement que How I Met Your Mother et son romantisme indécrottable, autrement que The Big Bang Theory, Mike & Molly et toutes les autres. Même si ça me fait mal de le dire, la comédie actuelle qui se rapproche le plus de 2 Broke Girls est Two And A Half Men (Mon Oncle Charlie). Mais ce qui fait toute la différence, c'est que l'une est machiste et l'autre, quelque part, féministe. Oui, le mot est lâché et le débat ouvert !

   Comme beaucoup de nouvelles comédies lancées cette annnée et qui avaient bien commencé (qualitativement en tout cas), 2 Broke Girls a perdu peu à peu de sa saveur et de sa force de frappe. Est-ce une lassitude liée au propos même de la série, finalement assez restreint ? Probable. Car s'il y a une chose qui est restée intacte du début à la fin de cette première saison, c'est l'efficacité du duo Kat Dennings/Beth Behrs. La complémentarité des deux personnages ainsi que le talent et la complicité des deux actrices ont énormément joué dans mon appréciation de la série. Je suis à peu près sûr que le public présent lors des enregistrements s'éclate vraiment. Un peu comme à l'époque de Friends. On sent que les rires ne sont pas automatiques mais mérités. Le débit assez impressionnant des dialogues permet, quand une blague tombe à plat -ce qui arrive de temps en temps- de passer très vite à autre chose. Par contre, les auteurs ont tendance à abuser des comiques de répétition, ce qui peut rendre parfois certaines blagues efficaces la première fois nettement moins marrantes la deuxième puis le troisième voire, en cas de manque flagrant d'inspiration, la quatrième fois. Mais la lassitude ressentie doit aussi provenir des personnages secondaires. Dès le pilote, ma crainte était qu'ils tournent vite en rond de ce coté-là et ça n'a pas raté. Han, le boss des filles, est peut-être celui qui s'en sort encore le mieux car il est du genre surprenant, comme lorsque dans le final, il dévoile ses talents de jockey. Il y a matière à faire encore plein de choses autour de lui, si toutefois les scénaristes acceptent de se pencher plus franchement sur son cas. En revanche, Oleg est d'une lourdeur extrême. C'était très problèmatique dans les premiers épisodes et puis disons que l'on s'y habitue. L'arrivée de la nouvelle voisine, jouée par l'excellente Jennifer Coolidge, a permis de bousculer la dynamique en cours de saison mais une nouvelle routine entre elle et lui s'est finalement installée. Elle possède un peu plus d'enjeux mais elle est néanmoins blasante. Sophie, elle-même, n'est pas à la hauteur de ses camarades féminines de jeu. Je déteste son accent d'ailleurs. Il est exaspérant et me gâche la plupart des répliques. Et puis il y a Earl, sinon. Il faut s'accrocher parfois pour comprendre ce qu'il raconte (surtout quand on regarde la série sans sous-titres) mais il a tendance à faire monter un peu le niveau des blagues en général. Après, s'il disparait du jour au lendemain, je ne suis pas certain qu'il nous manque longtemps. Ou qu'il nous manque tout court en fait !

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   Pour le moment, il y a assez peu de personnages récurrents dans 2 Broke Girls, en dehors de Sophie qui doit être contractuellement considérée comme tel mais qui est présente dans tous les épisodes depuis son arrivée. On notera toutefois que la maman des enfants que Max garde et qui apparait de temps en temps est très amusante dans son genre. C'est très bien de ne pas en abuser justement. On s'en lasserait très vite. Et puis il y a Johnny, le coup de coeur de Max, un mec dont l'attitude est franchement détestable et dépasse l'entendement -surtout dans le dernier épisode- mais qui est tellement craquant -merci Nick Zano, le sosie officiel de Brad Pitt dans ses jeunes années- que l'on serait prêt, comme Max, à tout lui pardonner sur le champ ! Oui, c'est aussi honteux que ça en a l'air. Mais que voulez-vous... la chair est faible. J'espère que le personnage reviendra la saison prochaine, malgré le "goodbye" dans le final. Ce serait trop bête de se priver de l'alchimie entre les acteurs. A moins de trouver un duo qui fonctionne encore mieux... La vie amoureuse de Caroline a été beaucoup plus calme, mais elle a su nous amuser autrement. Avec Chestnut, son cheval, notamment. Ses problèmes d'argent ont évidemment été au centre de l'attention et on ne peut qu'admirer son optimisme à toute épreuve, qui contrebalance bien le cynisme de Max. Ce qu'il y a de plus fun dans 2 Broke Girls et qui est aussi son seul fil rouge quelque part, c'est les tentatives désespérées et très variées des héroïnes pour se faire un peu d'argent ou d'en économiser. L'épisode des coupons de réduction m'a bien fait rire par exemple, d'autant que malheureusement, la folie des coupons existe vraiment aux Etats-Unis (un peu moins en France) ! Et c'est flippant. Ce qui est regrettable en revanche, c'est de ne pas utiliser mieux le système de la tirelire qui apparait à la fin de chaque épisode. Souvent, on ne comprend pas bien pourquoi la cagnotte augmente ou baisse. Ce devrait être un enjeu phare pourtant. Ce devrait être... la cerise sur le cupcake

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// Bilan // 2 Broke Girls est l'une des meilleures nouvelles comédies de la saison passée, une de celles qui apportent vraiment quelque chose de nouveau, de frais et qui n'est pas consensuelle ! Elle est tout ce que New Girl n'est pas : efficace, osée, irrévérencieuse même, ce qui ne peut définitivement pas plaire à tout le monde. Tant qu'elle ne laisse pas indifférent, on peut dire que le pari est relevé ! Il va maintenant lui falloir entrer vraiment dans la cour des grands en adoptant un format un peu plus feuilletonnant où notre attachement pour les héroïnes sera récompensé. Ces filles fauchées-là, elles sont terribles !


30 mai 2012

New Girl [Saison 1]

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Saison 1, 24 épisodes // 6 500 000 tlsp.

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   La New Girl m'en aura fait baver cette année : elle ne m'avait pas tellement convaincu lors de la diffusion de son pilote mou du genou (Lire la critique) mais, vu le succès qui semblait l'attendre, je me sentais le devoir de poursuivre l'aventure pour au moins deux ou trois épisodes supplémentaires avant de me prononcer définitivement sur son sort dans ma "To Watch List". Ceux-ci ne m'ont pas vraiment plu non plus, mais la FOX s'est mise à annoncer quelques noms de guest-stars alléchantes comme la sublime Katie Cassidy, la symathique Lake Bell ou encore la rigolote Lizzy Caplan. La curiosité était trop forte : j'ai persévéré... et j'ai souffert. Et visiblement, je n'étais pas le seul puisque le public a déserté peu à peu l'appartement de Jess et de ses coloc' déjantés. Des 10,3 millions de curieux devant le premier épisode, il n'en restait plus que 5,6 lors du final (et la série est régulièrement passée sous la barre des 5 millions). Alors, malgré ce que peuvent en dire les réseaux sociaux -beaucoup de bien dans l'ensemble- je me vois dans l'obligation de dire beaucoup de mal de New Girl de mon coté. Vous ne pourrez pas me rétorquer le classique : "Non mais ça s'améliore après, tu verras..." Car j'ai vu. Tout vu. Et je ne peux plus encadrer Zooey Deschanel, ni la voir en peinture maintenant, alors que je l'adorais...

   Jess Day est sans conteste l'un des personnages les plus atypiques de la télévision. Sa supposée naïveté, son sens inné de l'étrangeté et son optimisme quasi-surréaliste la rendent unique en son genre. J'aurais vraiment aimé l'aimer, d'autant qu'à la base, je la trouvais fraîche et amusante. Elle me plaisait. Pourtant, petit à petit, j'ai commencé à trouver ses réactions démuserées ou incohérentes de moins en moins mignonnes et de moins en moins drôles. De temps en temps, j'ai même eu envie de lui donner une bonne petite claque, histoire de lui remettre les idées en place. Puis je suis passé par le stade de l'irritation extrême en milieu de saison jusqu'au désintérêt le plus total sur les derniers épisodes. Elle ne m'énerve plus aujourd'hui. Elle ne m'amuse plus non plus, ou rarement. En gros, si je devais continuer la série -ce qui me pose un véritable cas de conscience je vous l'avoue- ce ne serait certainement pas pour elle ! Mais sachez quand même que dans les choses que j'ai bien aimé la concernant, il y a eu son histoire avec Paul. Zooey Deschanel et Justin Long vont si bien ensemble qu'on ne pouvait que craquer. En faire le pendant masculin de Jess était une excellente idée, car l'acteur maîtrise à merveille lui aussi le "quirky" et le "awkward". Ils faisaient une belle paire. Si belle d'ailleurs que les scénaristes ont dû commencer à paniquer : mince, leur héroïne avait déjà trouvé sa parfaite moitié après six épisodes ! Alors il a fallu leur inventer des complications ridicules, les amenant jusqu'à la rupture. Puis Jess a passé la saison à enchaîner les conquètes, toutes plus inintéressantes les unes que les autres. A la limite, l'idiot qu'elle s'est coltinée lors de la St Valentin et joué par un Ryan Kwanten tout droit sorti de True Blood m'a fait rire un peu. Le pire à mon sens a été Russell, incarné par Dermort Mulroney. Je ne voudrais pas remettre en cause les talents de l'acteur en matière de comédie, mais avouons tout de même qu'ils sont limités (pour ne pas dire inexistants). Jess et Russell, c'était d'un ennui mortel et je crois que c'est quand elle était à ses cotés que j'ai le plus détesté Jess de toute la saison. Elle était lourde, nulle, encombrante. Seule la venue de Jeanne Tripplehorn (que j'adore) a permis d'apporter un semblant d'intérêt à l'intrigue. Mais le fond du problème, de toute façon, c'est qu'il est trop évident depuis le tout premier épisode que l'on veut nous faire espérer un couple Jess/Nick, dans l'optique de les faire devenir les nouveaux Ross et Rachel. Ce chemin-là, on l'a trop emprunté. Et puis de toute façon, je ne trouve pas d'alchimie incroyable entre Zooey et Jack M. Johnson. Eux aussi, quand ils se tournent autour, ils m'ennuient. Et quand ils s'engueulent -ce qui arrive au moins une fois par épisode- j'ai juste envie d'appuyer sur avance-rapide. Il est essentiel, pour pouvoir pleinement apprécier New Girl, de croire en ce couple, je crois...

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   Vous avez remarqué vous aussi que la Jess "timide" et pas très femme des débuts s'est transformée au fur et à mesure en une petite bombe sexy ? Cela m'a beaucoup dérangé, je dois dire. Comme si on nous avait un peu trop vite trahis (car on savait pertinemment que c'est ce vers quoi on se dirigeait à terme). Puisque Zooey est toute jolie, puisque n'importe quelle frippe lui va à ravir, les stylistes, coiffeurs et maquilleurs de la série se sont faits une joie de s'amuser avec leur nouvelle poupée. C'était un peu trop flagrant parfois, renforçant l'aspect vraiment pas naturel de la série, de ses personnages à ses histoires. Winston reste pour moi un mystère après 23 épisodes de présence : qui est-il ? A quel moment faut-il rire quand il intervient ? Il me faut d'urgence un mode d'emploi, un "Petit Winston illustré". Sa relation avec Shelby ne m'a pas passionné non plus. A croire que tous les couples de la série sont maudits. Elle est aussi peu drôle que lui. En cela, ils s'accordent bien. Je pense que les scénaristes s'en sont bien rendus compte remarque, ils leur ont tellement peu souvent donner l'occasion de briller d'une manière ou d'une autre... Je ne sais pas si Coach, le colocataire incarné par Damon Wayans Jr. dans le pilote , aurait été plus drôle sur la longueur, mas je l'ai souvent regretté. Nick, je l'ai déjà un peu évoqué, mais je peux en reparler encore : il m'insupporte, je ne le trouve pas attachant une seule seconde, il passe son temps à se plaindre, à grogner, à végéter. Il ne m'intéresse pas et je ne vois pas ce que Jess, inconsicememnt, peut lui trouver. Son histoire avec son ex a permis parfois quelques passages réussis mais, dans l'ensemble, rien de positif ne me vient à son sujet... Ah si, j'aime bien quand il danse !

   Schmidt est sans doute le plus grand mystère de la série pour moi : je l'avais détesté dans le pilote, mais vraiment vraiment, et au bout du compte, c'est le personnage que je préfère, et de loin ! Son coté loser me fait énormément rire, parce que son originalité à lui c'est qu'il est le seul à ne pas se rendre compte qu'il est un loser ! Il vit constamment dans le déni ! Il se croit attirant, voire même irrésistible, alors que la plupart de ses postures et de ses tentatives de drague sont affligeantes. La pitié qu'il pouvait inspirer au départ s'est transformée en force. Son acharnement pour obtenir les faveurs de Cece, la meilleure amie mannequin de Jess, est devenu le fil rouge le plus attrayant de la série, si bien que j'ai applaudi quand il a enfin atteint son but. Lorsqu'ils sont devenus un couple -enfin plus ou moins- ils auraient pu devenir ennuyeux comme leurs compagnons mais c'est tout le contraire qui est arrivé : ils sont devenus encore plus drôles ! Et, au passage, le personnage de Cece s'est trouvé une raison d'exister car, jusqu'alors, elle était de trop et les auteurs galéraient comme pas permis pour l'intégrer au scénario. Schmidt est la meilleure chose qui pouvait lui arriver ! Du coup, si je devais regarder la saison 2, ce serait entièrement pour eux ! Et je ne sais pas si c'est bien raisonnable...

   Au cours de la saison, quelques épisodes ont quand même retenu mon attention comme The Landlord, lorsque Jess fait la rencontre du propriétaire de l'appartement. Celui-ci m'a vraiment fait rire. Ou bien Kids, ou le bras de fer entre Jess et la fille -en chaleur- de Russell. Bad In Bed, dans lequel Jess demande des conseils sexuels aux garçons avant de passer à l'acte avec Paul. Naked, dans le même genre, était pas mal non plus : Jess voit accidentellement le pénis de Nick, ce qui la traumatise au plus haut point tandis que Schmidt est jaloux comme un pou de ne pas avoir eu ce privilège après tant d'années d'amitié. Je dois reconnaître aussi que la réalisation de la série est efficace. On y voit un Los Angeles un peu différent comparé aux comédies habituelles. Beaucoup de décors naturels sont utilisés, notamment dans le dernier épisode avec une virée dans le désert. C'est un atout indéniable même si ce n'est pas ça qui fait rester. Les scènes d'émotion ont souvent peiné à me convaincre, sans doute à cause de la distance énorme qui me sépare des héros. Toutefois, j'apprécie ces moments où New Girl devient plus tendre et favorise une certaine vision fantasmée de l'amitié. C'est quelque chose que beaucoup de sitcoms classiques n'arrivent jamais à faire entre deux bonnes vannes. Comme New Girl n'en pas beaucoup, de bonnes vannes, la transition vers les moments émotion est facilitée ! Je peux bien lui reconnaître ça...

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 // Bilan // Quand j'entends parler de New Girl, les mots "frais", "moderne", "décalé" et "charmant" reviennent toujours dans la conversation, à tort ou à raison, mais jamais les termes "hilarant" ou "original" et pour cause : la comédie de la FOX n'a rien inventé et elle attendrit bien plus qu'elle ne fait rire. Je ne parviens pas à m'en contenter, malgré toute ma bonne volonté. Dans ce format-là, ce que j'attends, c'est de la vivacité, de l'humour, de l'irrévérencieux, un peu de fond aussi si possible et tout cela, à mon sens, lui fait défaut. Et puis franchement, New Girl, sans Zooey Deschanel, ça ne vaudrait pas un clou !

29 mai 2012

Clash [1x 03 > 1x 06]

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Hugo: le mérite d'être clair 44030375_p// Dylan: Le Funambule 44030377 // Cassius: l'école des hommes 44030376_bis // Emilie: La valse aux baisers 44030376_bis

1 800 000 téléspectateurs en moyenne.


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   Quatre épisodes de Clash plus tard, je peux le dire : les audiences réalisées par la série sur France 2 sont inacceptables ! Face à une concurrence qui n'était pourtant pas si différente de d'habitude, les ados et leurs parents n'ont pas su attirer le public et encore moins le convaincre puisqu'ils étaient de moins en moins nombreux semaine après semaine à les suivre. La faute à qui ? Oh, je crois qu'il est inutile de ne chercher qu'un seul coupable. Mais le manque de curiosité des Français est un premier problème majeur. Pas de flic dans Clash. Déjà, ça rebute. Pas de Mimie Mathy ou d'Ingrid Chauvin, non plus. Aïe ! Cela dit, l'ancienne star de Dolmen aurait pu aisément se glisser dans la peau de la mère d'Emilie dans le dernier épisode. Au lieu de ça, on a eu Mathilda May : au niveau de l'érotisme latent, elles se valent. Au niveau du jeu, avantage à Mathilda. Mais au niveau de la popularité, c'est une autre histoire. Un format inédit dans Clash, qui n'est pourtant pas d'une incroyable originalité : chaque épisode se concentre sur une famille différente. Ce n'est pas feuilletonnant, ou très peu (en tout cas pas assez de mon point de vue) et c'est du coup déstabilisant pour les téléspectateurs qui ne comprennent pas ce qu'ils regardent. Pardon, je ne voudrais pas non plus les faire passer pour des demeurés mais enfin, on en est quand même pas loin à lire certaines réactions... Du coup, malgré la bonne volonté des producteurs et des auteurs, et malgré l'envie de la chaîne de proposer quelque chose de différent mais en imposant forcément certaines limites, on se retrouve avec un énième échec sur les bras qui fera tout sauf faire avancer la fiction française dans le bon sens. Cependant, Clash n'était pas parfaite non plus, loin de là. Et ça, clairement, ça n'a pas aidé !

   Comme je le signalais dans ma critique des deux premiers épisodes, le langage des ados, parodié sans le vouloir, est un frein majeur à l'appréciation des dialogues, pourtant pas si idiots dans l'ensemble. Le jeu des jeunes acteurs, parfois très limité, ne permet pas non plus de donner beaucoup de relief aux personnages, ce qui est particulièrement gênant, par exemple, lorsque l'on nous dit qu'Emilie est super douée en théâtre alors qu'elle ne vaut franchement pas grand chose quand on la voit à l'oeuvre. Bah oui, demander à une actrice débutante moyenne de jouer l'excellente actrice débutante, ça ne tient pas la route ! Tout reposait donc sur la qualité de l'écriture, qui était elle-même inégale. Il y a eu plein de bonnes idées, notamment dans l'épisode consacré à Dylan, mais elles n'étaient pas toujours abouties, parfois aussi, je suppose, afin d'anticiper des développements futurs dans une possible saison 2. C'est sans doute pour cela que les véritables origines du trouble de la soeur de Dylan ne sont pas révélées. Il y avait pourtant beaucoup de choses à dire et il était nécessaire de les dire. Il faudra se contenter, pour l'heure, de se lancer dans des hypothèses qui resteront probablement irrésolues. Pour ma part, je pense qu'elle a été abusée par l'ancien compagnon de sa mère, parti depuis, peut-être suite à un chantage exercé par la jeune fille. Cela expliquerait très bien les reproches qu'elle fait à sa mère ainsi que son attitude provocante. Vous voyez, Clash peut prêter à interprétations et discussions. Il n'y a pas tant de séries françaises qui le permettent. Cela dit, l'épisode de Dylan était vraiment le meilleur du lot. D'autres ne pouvaient pas engendrer grand chose, tout particulièrement celui d'Hugo, le plus faible a contrario, en partie à cause de son héros irritant et d'un focus trop large accordé à son père, un personnage pas tellement intéressant dans le fond.

   France 2 n'est pas du genre à oser grand chose que ce soit en prime time ou ailleurs. De temps en temps pourtant, elle se laisse aller à quelques scènes coquines çà et là. Depuis Clara Sheller, qui montrait explicitement des hommes nus en train de faire l'amour, il fallait s'accrocher pour voir quelque chose qui allait "aussi loin". Clash a fait peut-être encore plus fort en montrant un ado et un homme d'une quarantaine d'années en situation polissone. Vous noterez toutefois que c'est l'ado qui prend les rênes de l'opération et pas l'adulte, mais ne chipotons pas. Cela n'a évidemment pas engendré de polémiques, car il faudrait pour cela qu'un peu plus de téléspectateurs aient été devant leur écran à ce moment-là mais, pour sûr, ceux qui sont tombés dessus par hasard n'ont pas manqué d'envoyer des lettres d'insultes à la direction de la chaîne (il se murmure que s'il n'y a pas eu de saison 3 de Clara Sheller, ce n'est pas tant à cause des audiences décevantes que des réactions indignées des ménagères). Moi, j'ai trouvé ça vraiment bien d'avoir accordé cette liberté-là aux auteurs, surtout que cela avait un sens dans l'épisode, ce n'était absolument pas gratuit. Tout comme, dans un registre plus léger, j'ai beaucoup apprécié voir Mathilda May coincée dans une partie à trois, même si elle n'a finalement pas accepté la proposition. Cela n'a pas dû plaire à tout le monde non plus et c'est d'une hypocrisie sans nom que de s'en indigner... Bref, Clash s'est aussi démarquée de cette manière-là, en sortant comme elle a pu et de manière maladroite parfois, c'est vrai, des sentiers battus et rebattus. Mais ne sous-estimons pas non plus son capital émotionnel : j'ai bien failli verser quelques larmes à la fin de l'épisode 5, lorsque Cassius perd sa mère. Les circonstances de son accident étaient ridicules mais les conséquences n'en étaient pas moins poignantes. Le parcours de Dylan, de sa mère et de sa soeur avait de quoi toucher aussi, d'autant qu'on avait enfin affaire à une famille moins aisée, plus proche d'une réalité pas suffisament montrée en télé en dehors des reportages raccoleurs sur la France d'en bas de TF1. La confrontation d'Emilie avec sa mère était elle aussi émouvante par moment. Un petit bémol concernant les musiques utilisées tout au long de la saison : ce sont sans cesse les mêmes qui reviennent, sans doute pour une question de budget, ce qui finit inexorablement par ne plus produire l'effet escompté, aussi bons soient les morceaux.

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// Bilan //  Clash est une série pêtrie de bonnes intentions et écrite avec beaucoup de coeur par des gens qui avaient clairement envie de proposer une alternative à ce que l'on connait déjà trop bien sur les écrans de l'hexagone. Ils ont échoué dans leur tentative de séduire largement le public mais ils n'ont pas raté leur bébé. Imparfait, boursouflé, pas toujours subtil, il était quand même attachant et il aurait mérité de grandir. En devenant plus feuilletonante, en liant davantage ses personnages les uns aux autres, ce que l'espèce de cliffhanger de fin de saison laissait présager pour la suite, la série y aurait sûrement gagné beaucoup. Je parle déjà au passé, alors que l'on ne connait pas encore son sort, mais il ne faut malheureusement pas se faire d'illusions... 

Posté par LullabyBoy à 12:02 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
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28 mai 2012

How I Met Your Mother [7x 19 > 7x 24]

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The Broath // 8 150 000 tlsp.

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Trilogy Time // 8 000 000 tlsp.

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Now We're Even // 7 240 000 tlsp.

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Good Crazy // 7 990 000 tlsp.

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The Magician's Code (Part 1 & Part 2 - Season Finale) // 8 600 000 tlsp.

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   Jusqu'au bout, cette saison 7 d'How I Met Your Mother aura su nous tenir en haleine, renouveler notre intérêt pour la sitcom et nous redonner foi en elle. Toutefois, j'ai trouvé cette dernière salve d'épisodes un peu moins réussie que les précédentes. Les idées de départ étaient un peu moins bonnes et elles tenaient moins souvent la route sur la longueur. C'est le cas par exemple de l'épisode Now We're Even dans lequel Barney tient absolument à entraîner Ted dans des soirées toujours plus "legendaries". Même si voir notre héros en robe (verte de surcroit) pour draguer amuse, c'est un peu léger. Et les incessants "My girlfriend is a stripper" de Barney n'arrangent rien. C'est le genre de running gag supra lourd qui rend parfois certains épisodes indigestes. En plus, le message en filigrane sur les inquiétudes de Barney manquait terriblement de subtilité. How I Met est plus intelligente que ça (quand elle veut). Dans le même épisode, le rêve coquin de Lily était bien plus drôle, et c'était en plus super de retrouver Ranjit, de même que les frasques de Robin en hélicoptère qui font d'elle une star ! Bon ok, c'était too much mais on aime ça de temps en temps, non ? La petite virée de Barney et Marshall à Atlantic City manquait justement de folie dans Good Crazy. Le titre promettait pourtant quelque chose de mieux. De même, les différents dates de Ted qui se transforment en introspection au sujet de Robin n'étaient guère amusants. Mais cet épisode placé juste avant le final en deux parties servait clairement à placer les pions avant d'entamer la dernière ligne droite. Ni plus ni moins.

   S'il y a bien une chose que la série a réussi à faire cette saison alors qu'elle n'y était jamais vraiment parvenue par le passé malgré de nombreuses tentatives, et cette fois en très peu d'épisodes en plus, c'est d'imposer un nouveau personnage au sein du groupe, en l'occurrence Quinn. Un peu plus tôt, Kevin ne s'était pas si mal débrouillé mais rien à voir avec la présence naturelle de la nouvelle conquète de Barney. Le talent de Becki Newton y est pour beaucoup, d'autant qu'on lui a offert une partition pile dans ce qu'elle sert faire de mieux et pile dans ce que l'on attend d'elle ! Sa profession prend un peu trop de place dans les intrigues et c'est probablement ce qui précipitera sa chute mais, au-delà de ça, elle est drôle et attachante, et semble parfaite pour Barney ! Presque plus que Robin d'ailleurs, alors que je suis un grand défenseur de leur couple. On savait pourtant que les engagements de l'actrice sur la nouvelle série des créateurs de How I Met sonnaient comme une mise en garde : ne vous habituez pas trop à elle, elle ne restera pas. Il se trouve que The Goodwin Games a bel et bien été commandée par la FOX (et on s'en réjouit). Même si son arrivée n'est prévue qu'à la mi-saison (et là, on est un peu triste), il ne fait aucun doute que Quinn ne va plus rester très longtemps dans les parages. Le cliffhanger de fin de saison ne fait que confirmer ce dont on se doutait fortement depuis la fin de la saison précédente : c'est avec Robin que Barney se marie ! Maintenant que nous avons les principaux éléments entre les mains, espérons que les auteurs ne fassent pas trop tarder l'événement... Ou alors qu'ils assurent comme jamais pour combler car, saison 7 bonne ou pas, on se languit d'atteindre le dénouement.

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  De bonnes idées bien sympathiques, il y en a quand même eu dernièrement et je ferai figurer en premier lieu l'accouchement de Lily, pas pour ce qu'il était en lui-même, puisque c'était un accouchement classique de comédie, tout en hystérie, mais pour les distractions de Robin et Ted. Leurs petites histoires étaient drôles, surprenantes, pleine de suspense et surtout de nostalgie. Cette naissance va à tout jamais modifier la façon dont le groupe fonctionne. Ils ne vont plus s'arrêter de rire et de faire n'importe quoi du jour au lendemain mais le bébé va prendre une place importante dans la dynamique et rien ne sera plus jamais pareil. C'est un peu triste mais c'est l'évolution logique et il devenait urgent que How I Met en arrive là, que ses héros grandissent. J'ai hâte de découvrir ce que les auteurs nous réservent avec le petit Marvin Wait For It Ericksen (ridicule mais cute). J'espère qu'ils ne tomberont pas dans le classique vu et revu mais ça va être dur. Comme toujours, c'est la narration propre à la série qui pourrait tout sauver... Dans le reste de la liste des trucs cools de cette fin de saison, on pourrait citer l'épisode The Broath dans son ensemble, bien barré comme il faut avec un délire de Barney digne de ses plus grandes inventions ! Neal Patrick Harris et toute la bande ont encore pu se faire plaisir. Même chose pour Trilogy Time, qui permettait surtout à Alyson Hannigan et Cobie Smulders de casser la routine en se déguisant, chose qu'elles n'ont pas si souvent l'occasion de faire comparé à leurs collègues masculins. Tout le concept de l'épisode était super pour un résultat assez poignant et amer : on a beau s'imaginer nos vies dans 1 an, dans 5 ans, dans 10 ans, la réalité est toujours loin de ce qu'on espérait. C'est parfois positif, mais pas toujours. Et sûrement pas pour notre Ted...

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// Bilan // Mes précédentes reviews le laissaient présager sans trop y croire mais je peux désormais le dire avec une certitude totale : cette saison 7 d'How I Met Your Mother a été un ravissement ! Les scénaristes ont enfin retrouvé l'inspiration pour nous offrir constamment des gags inventifs et drôles et faire évoluer les personnages avec naturel et émotion. Tout n'a pas été réussi bien sûr et le final n'a pas été très surprenant dans son ensemble mais la suite et fin de la série s'annoncent sous les meilleurs auspices !

27 mai 2012

Glee [3x 22]

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Goodbye (Season Finale) // 7 460 000 tlsp.

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   J'ai quelques réserves sur ce final de Glee, que je ne manquerai pas de vous exposer dans quelques instants, mais je dois dire que, contre toutes attentes, j'ai été séduit par cette série d'au-revoirs, souvent émouvants, et comme à l'épisode précédent, j'ai été surpris d'être touché. Je croyais que la plupart de ces personnages ne m'intéressaient plus et ne me manqueraient pas si j'arrêtais la série -une tentation constante tout au long de cette saison 3- et puis je me suis laissé embarquer finalement et je me suis fait avoir aussi : je ne me sens pas capable de snober la saison 4. J'ai envie de savoir ce qui va se passer, mais ce n'est pas tant le destin des héros qui m'encourage à poursuivre que la curiosité de voir comment les scénaristes vont réussir à gérer tous ces personnages, dans des lieux différents parfois, tout en continuant à se concentrer sur le Glee Club au sein de McKinley avec ceux qui restent. Clairement, un spin-off centré sur Rachel, Kurt et Finn à New York (et éventuellement deux ou trois autres) aurait eu la gueule. Pour diverses raisons, ça ne se fera pas. On aura donc droit à un spin-off à l'intérieur de la série-mère en quelques sortes et je vois difficilement comment les auteurs vont pouvoir rester cohérents dans ces conditions, à moins d'alterner les épisodes à Big Apple et les épisodes dans l'Ohio (une solution qui ne sera certainement pas adoptée). C'est très casse-gueule et quand on voit comment la série a été gérée jusqu'ici, le pire est à craindre ! Si l'on ajoute à cela les performances d'audiences de plus en plus décevantes et une nouvelle case horaire à la rentrée loin d'être évidente, je ne donne plus très cher de la peau de Glee. Si elle tient encore deux saisons, ce sera un petit miracle (auquel je ne suis pas sûr de vouloir assister). Mais stop aux spéculations, place à la review de cet épisode !

   Alors que l'épisode précédent, lors des Nationals, était très pauvre en dialogues, misant tout sur les prestations et la réalisation, celui-ci est beaucoup plus équilibré, alternant à merveille les chansons et les scènes dialoguées poignantes. Mon petit coeur a littéralement fondu sur la scène partagée par Quinn et Sue, qui ont toujours eu une relation privilégiée, sur laquelle peu de mots étaient posés en général mais dont il se dégageait toujours quelque chose de fort. Je ne suis rarement fan des moments où Coach Sylvester se montre tendre, surtout qu'ils se sont multipliés cette saison, trahissant un peu le personnage, mais là, c'était justifié et c'était beau. Ca n'aurait sans doute pas marché avec n'importe quel autre personnage. Concernant Quinn, je suis toujours dubitatif sur son évolution, et je suis halluciné qu'elle soit passée d'handicapée à gazelle en deux épisodes seulement, mais la remettre avec Puck m'a paru assez naturel et pas si bête. La réussite de ce dernier à son examen n'avait rien de réaliste mais on était quand même content pour lui, surtout après tant d'années d'échecs successifs ! L'avenir du couple dans la série est flou. Mais ça ne m'étonnerait qu'à moitié qu'une fois stabilisés, ils se lancent dans la conception d'un nouveau bébé, qu'ils éléveront ensemble cette fois. On aurait aimé voir Quinn embrasser des rêves plus grands, mais tout le monde n'est pas Rachel... Autre scène majeure de l'épisode et sans doute même de la saison : le Single Ladies du père de Burt, en hommage à la prestation de Kurt en première saison. Mike O'Malley a carrément assuré (même si la réalisation aide bien à cacher les imperfections). En revanche, je ne suis pas du tout satisfait par le destin de Kurt ! Comment a-t-il pu ne pas être pris à NYADA ? Je suppose que le but des auteurs était de nous surprendre et que la situation s'arrangera peut-être en début de saison 4, mais, clairement, à ce stade, ce n'est pas logique. Voir Rachel faire ses premiers pas dans cette école seule, sans Kurt à ses cotés, me botte beaucoup moins, sans compter que ça rend le statut de privilégiée de Lea Michele au sein du casting encore plus évident... Tout ça pour ne pas séparer le couple Kurt/Blaine ?

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   Honnêtement, on se moque un peu du sort des autres (celui de Mike Chang en premier lieu) mais je fonde beaucoup d'espoir en Santana, dont les scènes avec sa mère jouée par Gloria Estefan étaient mignonnes. Brittany qui rate ses examens : on ne voit pas comment le contraire serait plausible ! Mercedes n'a droit qu'à quelques mots. Ils ne s'attardent jamais plus sur elle, c'est bien dommage. Et puis il y a Finn, un personnage que je n'aime pas beaucoup mais qui m'a touché cette fois-ci. Sa décision de rompre avec Rachel pour la "libérer" et la scène qui en a découlé était très réussie ! C'est surtout Lea Michele qui excellait niveau jeu mais peu importe. C'était fort. Je suis moins convaincu par l'intrigue armée qui se profile, mais c'est sans doute une lubie qui va durer trois épisodes et basta. La petite scène de Finn avec son professeur préféré était pas mal non plus. Amusant de revenir sur les circonstances de son recrutement dans la chorale afin de boucler la boucle. Au niveau des chansons, Forever Young par Matthew Morrison était pas mal, de même que I'll Remember de Chris Colfer, repris de Madonna (chanson que j'avais totalement oublié d'ailleurs). Clairement, le choix s'est fait en fonction des paroles et de leurs résonances par rapport aux personnages et non en fonction de leur popularité. C'est courageux (au moins une fois dans la saison). You've got the music in you était un super moment. J'avais oublié que j'adorais cette chanson à l'époque de sa sortie. Le titre final de Rachel, Roots Before Branches, était superbe. Excellent choix, super interprétation.

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// Bilan // La saison 3 de Glee se sera terminée sur de bons épisodes, en particulier ce dernier, après nous avoir offert du mauvais voire du médiocre semaine après semaine. La saison 4 s'annonce différente et risquée, surtout qu'elle parait presque inutile après cette série d'au revoirs poignants...


26 mai 2012

Glee [3x 20 & 3x 21]

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Props // Nationals 

6 090 000 tlsp. // 6 030 000 tlsp.

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   Props. Inconstestablement, la bonne idée de cet épisode est d'offrir ENFIN la parole à cette pauvre Tina qui, comme l'ouverture l'indique, n'a vraiment pas eu son mot à dire -ou à chanter- cette saison (même si c'était plus ou moins la même chose dans les deux premières). Ce n'est pas un personnage auquel je tiens particulièrement, le contraire serait étonnant puisqu'on ne nous a de toute façon rien donné pour que ce soit possible, mais je pense à l'actrice, Jenna Uschkowitz, qui ne méritait pas un tel traitement. Bizarrement, ce réveil soudain des scénaristes est suivi d'une deuxième bonne idée : la mauvaise chute dans la fontaine qui conduit Tina à halluciner quelques minutes. Elle se retrouve alors dans un monde où les rôles sont quelque peu inversés : Tina est Rachel et Rachel est Tina, tandis que les autres personnages ont également échangé leurs rôles. Cela donne lieu à des scènes très marrantes, où l'on prend plaisir à découvrir qui interprète qui. C'est souvent assez mal joué, au point où les costumes et éventuellement les coiffures sont les seuls indices à notre disposition pour jouer aux devinettes, mais bref. Ma préfèrence va sans doute à Puck en Blaine et aux inversions Will/Sue. Dans les gros ratés, on peut dire que Chris Colfer ne s'est pas donné beaucoup de mal pour imiter Cory Monteith ! 

   En dehors de ce gimmick amusant, le but était surtout de nous amener jusqu'au départ pour les Nationals en faisant légèrement monter la pression. La petite bataille de Kurt qui refuse de se déguiser en femme pour sa prestation était sans grand intérêt et sans subtilité aucune. On s'en serait volontiers passé. Le retour de l'intrigue "femme battue" du Coach Beist m'a moyennement plu mais je finis toujours par être touché à un moment ou à un autre donc je valide. J'avoue que l'effondrement de Puck dans ses bras, et réciproquement, était un moment émouvant. Dommage que la storyline de Puck avec ce vilain roux sorti de nulle part soit aussi nulle et redondante. Beist relève le niveau grâce à ses interventions. A part ça, la seconde apparition de Whoopi Goldberg était un peu moins décevante que la première. Mais n'importe qui d'autre aurait pu le jouer ce rôle pour l'instant. Donc je ne vois pas tellement l'intérêt de faire appel à elle si c'est pour ne pas se servir de ses talents humoristiques...

   Musicalement, on va dire que ce n'était pas la panacée. I won't Give Up par Rachel était une bonne entrée en matière, le Mean repris de Taylor Swift me m'a pas déplu, j'ai déjà oublié les deux autres prestations sur des titres que je ne connaissais de toute façon pas du tout, et le What A Feeling m'a carrérement plu essentiellement parce que j'adore la chanson et qu'elle me rappelle quelques souvenirs de mon enfance (et on ne se moque pas !). 

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   Nationals. On se doutait bien qu'après l'échec cuisant des New Directions l'an passé, ils gagneraient cette fois-ci. De ça, je ne me plaindrais pas. En revanche, ils auraient quand même pu se donner un peu plus de mal du coté des prestations car, sans conteste, les Vocal Adrenaline étaient bien plus convaincants, et pas seulement grâce à Unique. Notre Glee Club s'est contenté du stricte minimum, avec une mise en scène des plus classiques, sur un choix de chansons pas particulièrement inspiré -surtout le dernier numéro- et où tout reposait, comme d'habitude, sur Rachel Berry. Les autres se contentaient de faire les choeurs, en gros. Même Blaine ! Cela fait deux saisons que l'on nous bassine sans arrêt avec lui et il ne fait absolument rien sur la scène des Nationals ! Allez comprendre... Je retiendrais en tout cas It's All Coming Back To Me Now, qui est une sacrée chanson. Qu'on l'aime ou pas, il faut bien admettre que Lea Michele n'a pas fait honte à Céline Dion. Le retour de Jesse St. James, devenu gentil comme s'il fallait absolument qu'on ne reste pas sur une mauvaise impression le concernant, m'a moyennement convaincu mais j'ai trouvé Jonathan Groff, allez savoir pourquoi, plus charismatique que d'habitude. Comme souvent, le meilleur moment de la compétition est la délibération des jurés avec cette année Lindsay Lohan, Perez Hilton et Rex Lee qui ont assuré le show en coulisses. C'était trop court mais efficace ! La fin de l'épisode, superbement réalisée, avec une certaine classe et une simplicité qui fait trop souvent défaut à la série, m'a touché : les remerciements à Will de Finn et surtout de Rachel m'ont fait un petit pincement au coeur, que je n'attendais pas (ou plus). Le We Are The Champions qui a suivi était sans surprise mais réussi. 

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// Bilan // Dans ses derniers instants, je me sentirais presque capable de pardonner à Glee ses nombreuses errances en saison 3 et me réconcilier avec elle... mais j'attends d'abord de voir ce que nous réserve le final !

Tueurs En Séries [Spéciale Dr. House]

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Au sommaire : l'annulation de Sanctuary, le teaser très spoiler de la dernière saison de Damages, les turbulences du coté de Community et Cougar Town, la nouvelle série de science-fiction canadienne Continuum et notre hommage à ce cher Dr. House !

 

25 mai 2012

Glee [3x 19]

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Prom-Asaurus // 6 670 000 tlsp.

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   Oui, je sais, j'ai pris beacoup de retard sur Glee mais il se trouve que la série n'est plus du tout ma priorité pour des raisons évidentes. Toutefois, je dois reconnaître que cet épisode consacré au bal de fin d'année de nos héros était plutôt réussi, bien qu'extrêmement classique dans le genre (puisque toutes les séries pour ados en ont eu au moins un). Hormis les extravagances de Brittany au regard du thème de la soirée qu'elle a choisi elle-même -les dinosaures- on peut dire que c'était un bal tout à fait banal. L'équipe est allée piocher dans les tubes du moment pour soigner la bande-son, ce qui était somme toute assez logique. On a donc eu du Love You Like A Love Song de Selena Gomez -rien à dire sur la prestation ni bonne ni mauvaise, juste inintéressante au possible-du What Makes You Beautiful du groupe One Direction -même sanction, le coté 2be3 du pauvre en plus- et du Big Girls Don't Cry de Fergie, qui date un peu maintenant (pas Fergie hein, la chanson... quoique, les deux en fait) mais qui était un joli moment. Le seul titre à véritablement se détacher était Take My Breath Away -j'aurais juré sur le coup qu'ils l'avaient déjà reprise !- non pas pour son interprétation qui était très fidèle à l'originale mais pour la chanson en elle-même qui intervenait à un moment stratégique où l'émotion devait absolument ressortir, et ça fonctionné correctement, sans provoquer un torrent de larmes chez moi je vous rassure. 

   Le fun n'était pas en reste avec les petits délires sur la coupe de cheveux de Blaine "Jamais son mon gel" Anderson -je n'ai pu que m'identifier à la problèmatique ô combien cruciale à laquelle il était confronté- et avec le retour de la voix intérieure de Becky, toujours une belle trouvaille même en deuxième utilisation. Sue n'était pas très présente, mais elle m'a fait sourire à l'occasion. L'idée du "contre-bal" était aussi vieille que les bals eux-mêmes, mais ça a partiellement marché même si la morale de l'histoire se voyait venir de très très loin. Les passages consacrés à Quinn étaient touchants, en grande partie grâce à la prestation sans fausse note et toute en émotion de Dianna Agron. Finn a eu tendance à la tirer vers le bas à certains moments mais ça vient peut-être du fait que je ne peux plus encadrer ce personnage... Il peut faire ce qu'il veut maintenant, ça n'y changera rien ! Il y a encore un peu d'espoir pour Rachel en revanche et cet épisode ne m'a pas donné envie de lui coller deux claques. Y'a du progrès, pourvu que ça dure !

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// Bilan // Glee a raté cette saison à peu près tous ses épisodes spéciaux mais celui dédié au fameux bal de promotion, sans être une grande réussite, tenait bien la route. 

24 mai 2012

Fringe [4x 20, 21 & 22]

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Worlds Apart // Brave New World (Part 1 & 2 - Season Finale)

3 090 000 tlsp. // 2 730 000 tlsp. // 3 110 000 tlsp.

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   Worlds Apart. Plutôt que de se concentrer sur la traque de Jones, qui aurait certainement été plus palpitante, cet épisode pré-final soigne les adieux de nos héros avec le monde alternatif et leurs doubles. Ca y est, c'est fini.  Plus de Faux-Livia, de Walternate et autres nicknames. Un nouveau chapitre de la mythologie de Fringe se termine, non sans remords. A mon sens, les auteurs n'ont pas su saisir toutes les opportunités qui s'offraient à eux dans cette saison 4. Ce n'est que très tardivement et pour deux ou trois enquêtes seulement que les deux mondes ont pu véritablement collaborer. Là, c'était intéressant. Là on entrait dans le vif du sujet, alors que l'on a fait que tourner autour du pot pendant des semaines avec des "cas du jour" plus ou moins inspirés et rarement subtils dans les parallèles qu'ils traçaient, sans compter qu'ils étaient redondants par rapport aux saisons précédentes en prétextant de les traiter sous un prisme différent. Mais le résultat était le même. En moins bien. Le retour ici de quelques "compagnons de Cortexiphan" d'Olivia se place précisément dans cette catégorie. C'était sans surprise et pas tellement émouvant. 

   L'émotion, on la trouvait en abondance chez Lincoln, quand il a pris la décision de quitter son monde pour rejoindre celui de Faux-Livia, laquelle se transforme en une sorte de lot de consolation. Lincoln lui-même fait plus l'effet d'un placebo à Faux-Livia qu'autre chose. C'est triste mais c'est bizarrement romantique. Ce qui est triste aussi, c'est de ne peut-être plus jamais revoir Lincoln dans la série. C'est un personnage auquel je m'étais vraiment attaché. En espérant revoir Seth Gabel ailleurs très vite. Les adieux entre les deux Walter étaient aussi touchants, d'autant qu'on a très peu vu ces deux-là ensemble. Mais la séparation définitive entre les deux Astrid, aussi anodine soit-elle dans l'épisode, est celle qui m'a le plus attristé. Elles partageaient vraiment quelque chose de fort en quelques rencontres seulement. Elles se sont vraiment beaucoup apportées. Worlds Apart laisse comme un goût amer...

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   Brave New World. J'ai longuement cherché le mot qui conviendrait le mieux pour décrire ce double épisode final de la saison 4 de Fringe et je me suis finalement fixé sur : sage. Trop sage. Est-ce parce que les scénaristes avaient trop peur que la série s'arrête là qu'ils ont préféré ne pas lancer de nouvelles pistes, simplement clôturer convenablement toutes les intrigues en cours et offrir à chaque personnage -ou presque- un "happy-end" ? Ils ont été renouvelés depuis pour une saison supplémentaire donc ils auront l'occasion de se rattraper mais ça ne me rassure pas trop. Si la saison 5 ne reprend pas dans le futur, comme l'épisode Letters Of Transit le laissait supposer (et fantasmer), je ne vois pas bien où ils peuvent nous amener... Olivia et Peter ont eu leur scène d'amour pleine de promesse d'amour éternel, certainement pas la plus émouvante de leur tumultueuse relation mais jolie quand même. On a tellement pas l'habitude de les voir heureux sans nuages à l'horizon ! C'est un soulagement. Ils méritaient bien ça et nous aussi. Une telle patience devait être récompensée ! Lorsque les Bishop ont sauvé Olivia, c'est un des leurs plus beaux moments de complicité et d'émotion que le père et le fils nous ont fait vivre. J'en aurais bien versé une larme si tout n'avait pas été si rapide. La nouvelle  de la montée en grade de ce cher Broyles a inscrit un sourire sur son visage, timide certes, que l'on était peu habitué à voir. Nina a eu sa petite blagounette histoire de dire "On pense à toi hein, vieille rousse". Et puis Astrid était la grande absente. Je ne pensais pas dire ça un jour mais j'aurais presque aimé qu'elle succombe à ses blessures à la fin de la première partie. Il se serait passé quelque chose de fort et d'inattendu. En quelques secondes, John Noble a encore pu nous épater. Et c'est déjà pas mal. 

  La vraie star de ce final, ce n'était pas David Robert Jones, comme on s'y attendait depuis quelques temps, mais... William Bell ! Jones n'était qu'un pion. Ce qui est à la fois rassurant et agaçant. Tout ça pour ça... Le personnage valait mieux que cette mort abrupte, ni impressionnante ni choquante. Pour Bell, on sentait venir la révélation pour la fin de l'épisode mais parce que je n'avais pas du tout entendu parler du retour de Leonard Nimoy dans la série -qui a déjà dit deux fois qu'il prenait sa retraite hein...- je me disais qu'une surprise nous attendait. Soit qu'il n'allait pas apparaitre dans sa forme disons habituelle, soit qu'il n'allait pas apparaitre du tout et qu'une astuce serait trouvée. Il est finalement bien là, en chair, en os et surtout en machoire ! Le pauvre a de plus en plus de mal à jouer, il faut dire ce qui est. Mais le personnage, lui, ne perd pas de son charisme. C'est tout de même regrettable qu'il se transforme en un scientifique exceptionnel qui se prend carrément pour Dieu. C'est d'un classique ! Et c'est même pas étonnant venant de sa part. Il a toujours été plus ou moins comme ça après tout. Il a juste poussé son délire jusqu'au bout ! Et c'est là que le terme "sage" prend tout son sens : visuellement, on a quasiment droit à rien. On reste dans le bureau du monsieur. On attend qu'il se passe un truc fort et rien. Je ne m'attendais à ce que Nimoy se transforme en ninja ou je ne sais quoi -à la Astrid dans la première partie- mais bon. Un peu d'action, c'était trop demander ? L'idée de l'Arche de Noé elle-même n'a pas vraiment été exploitée. Sinon, j'étais content de retrouver Rebecca Mader de Lost -qui multiplie les guests partout mais jamais dans des série que je regarde- d'autant que le délire avec son visage dans le labo de Walter était vraiment très amusant ! Le retour des pouvoirs d'Olivia, c'était un peu facile mais toujours aussi fascinant, surtout maintenant qu'elle le maîtrise davantage.

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// Bilan // S'il y a bien une chose devant laquelle Fringe n'a jamais reculé depuis les premiers épisodes de la saison 1, c'est l'ambition. Elle n'a pas cessé d'oser et de surprendre. Pourtant, le final de la saison 4 s'est contenté, lui, d'offrir un épilogue un peu facile à toute cette grande mythologie qui nous a passionnés tout ce temps. En fait, l'épisode 19 a pour ainsi dire "tuer le suspense". Il aurait presque fallu le proposer en guise de final, en fait. L'équipe de Fringe a cependant la chance de pouvoir conclure de meilleure manière la série avec une 5ème et ultime saison de 13 épisodes, un véritable luxe quand on réalise des audiences aussi abyssales. J'espère que l'opportunité sera pleinement saisie. Fringe est quand même une grande série fantastique, quoiqu'on en dise ! La meilleure depuis son modèle, X-Files ?

23 mai 2012

Scandal [Saison 1]

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Saison 1, 7 épisodes // 7 010 000 tlsp. en moyenne

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   Oubliez tout ce que vous connaissez des séries de Shonda Rhimes ! Scandal, dont j'avais fait l'éloge dès la diffusion du pilote (ICI), n'a pas grand chose à voir avec les précédentes productions de la créatrice -qui marque un sans faute jusqu'ici avec trois séries lancées et trois réussites à la clé : un gros succès, un petit succès et un succès d'estime- même si on y retrouve certains de ses tics, notamment le goût pour les dialogues débités à toute vitesse par des personnages rongés par l'angoisse et le stress, ou alors traversés par une hystérie passagère. On lui reproche souvent de verser dans la larme facile, d'utiliser à outrance la musique pop pour faire passer des émotions, de faire coucher tout le monde avec tout le monde, on lui reproche plein de choses en fait mais, en toute bonne foi, on ne peut pas nier l'efficacité de son écriture et son amour pour ses personnages, qu'elle bichonne et dont elle se soucie toujours de l'évolution. Après une première saison courte de 7 épisodes seulement, on est d'ores et déjà en mesure de dire que Scandal, contrairement aux apparences, n'est pas une série qui tient sur une formule usée façon cop-show mais sur ses héros. Je ne vais donc pas tellement parler ici des "enquêtes du jour" car il n'y a pas grand chose à en dire, à part souligner leur efficacité et éventuellement tiquer sur la rapidité et la facilité avec lesquelles elles sont dénouées. Et puis il n'y en a pas dans les épisodes 6 et 7 et elles ne manquent pas particulièrement. Au contraire. Elles sont cependant une excellente distraction entre deux scènes qui nous prennent aux tripes, centrées sur les vrais enjeux dramatiques de Scandal. Ce qui fait l'originalité de la série, c'est tout ce qui se passe dans le bureau oval... de la Maison Blanche !

   Nombreux sont les shows à s'être risqués à pousser les portes de ce lieu ô combien fantasmé, une poignée de comédies notamment, le modèle du genre coté drama, The West Wing, et quelques erzats comme Commander In Chief. Sans compter toutes celles comme 24, The Event et bien d'autres qui s'en sont servies au sein d'un récit mettant en lumière les thèmes de la conspiration, du combat contre le terrorisme et autres réjouissances de ce type. Scandal tente une approche différente et risquée où le président, l'homme le plus puissant du monde -chose qui est sans cesse rappelée de peur, peut-être, qu'on oublie ce détail- est aussi un homme à femmes, coincé dans un mariage de façade, amoureux fou de sa conseillère en communication -notre valeureuse héroïne Olivia Pope- et capable de coucher, en plus, avec une assistante -celle qui par le "Scandal" arrive ! Après l'affaire Bill Clinton, les facéties de notre ancien (que c'est bon de l'écrire!) président Nicolas Sarkozy ou encore l'ami DSK, ce portrait semble plus vrai que nature ! Fitzgerald Grand ne passe pas pour autant pour un porc, contrairement à d'autres, mais pour un homme bien, un homme de conviction, qui sait toutefois user de son charme et de son pouvoir quand son pénis le lui dicte. Il est attachant à sa façon et Tony Goldwyn est parfait dans ce rôle, totalement crédible. Toutes les scènes opposant ou rassemblant, selon les moments, le président et son conseiller Cyrus Beene sont d'une puissance incroyable. Les dialogues sont écrits à la perfection et sonnent juste. Il s'y dit des choses "importantes", pertinentes. Et de toute manière, dès que Cyrus est dans les parages, le niveau augmente considérablement (pas qu'il soit bas en temps normal hein...). Jeff Perry est très bon dans le rôle du père de Meredith Grey mais il est encore meilleur dans celui-là. Dans le même genre, Kate Burton en vice-présidente, c'est quelque chose ! En fait, la distribution dans son ensemble, des premiers aux seconds rôles, est juste parfaite. Je ne connaissais pas bien Kerry Washington mais elle me fait à chaque nouvel épisode de plus en plus d'effet. 

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   Plus la saison avance, plus Olivia Pope nous dévoile ses faiblesses et ses fêlures, mais aussi sa force et son courage, sa détermination sans failles, ce qui fait probablement d'elle une héroïne bien plus complexe qu'il n'y parait -à la Meredith Grey- et je fais entièrement confiance à Shonda Rhimes pour continuer à creuser tout cela en saison 2, et j'espère au-delà si elle en a la chance. Ce serait encore mieux si on arrêtait de nous bassiner avec les phrases toutes faites du type "Trust your guts", qui fatiguent à la longue. La série possède un rythme très rapide, qui a beaucoup d'avantages comme ceux d'éviter l'ennui et d'empêcher de trop réfléchir à des situations ou des ressorts scénaristiques peu crédibles, mais elle sait aussi ralentir et prendre son temps lorsqu'il s'agit d'offrir une scène poignante ou vibrante entre Olivia et le président. C'est notamment le cas quand, en flashback, les deux personnages se donnent une minute, rien qu'une petite minute, pour se regarder droit dans les yeux et profiter l'un de l'autre avant de retourner dans l'arêne. Le silence est d'or, alors. Puis le flot de paroles reprend de plus belle ! Lors du quatrième épisode de la saison, sans doute mon préféré d'ailleurs, les auteurs se penchent habilement sur tous les disciples d'Olivia dont on sait alors peu ou carrément rien. On en apprend alors beaucoup et peu à la fois. Des brêches sont ouvertes pour une future dissection plus complète. Stephen, Harrison et Abby servent donc plus d'outils à Olivia et aux scénaristes dans ces sept premiers épisodes mais je ne doute pas que leurs heures de gloire viendront. Et je les attends avec grande impatience ! En revanche, Huck, qui n'est pas nécéssairement celui dont on attendait quelque chose, en tout cas aussi rapidement, nous donne de nombreuses clés sur son passé. C'est en quelques sortes un serial killer, rien que ça, qu'Olivia a sauvé. Le passage où il torture une des pièces maitresses de l'affaire Amanda Tanner était très réussi, très Dexterien. Guillermo Diaz a trouvé LE rôle profond qu'il méritait depuis longtemps. Du coté de Quinn Perkins, c'est avant tout le mystère sur son identité qui est mis en avant et qui fait d'ailleurs l'objet du cliffhanger de la saison. On a toutefois assez peu de matière pour spéculer : a-t-elle un rapport direct avec le président ou un membre proche de son entourage professionnel ? La Mazarine Pingeot de Scandal ? Est-elle une criminelle recherchée par la police ? On a intérêt à nous donner la réponse dès le Season Premiere ! Pour créer un tel suspense autour de ça, Shonda Rhimes doit être sûre de son coup. On risque d'être surpris ! 

   La surprise fait d'ailleurs partie intégrante du code génétique de Scandal. Chaque fin d'épisode donne très envie de voir le suivant. On peut dire que la série est addictive. Parviendra-t-elle à le rester avec une saison plus longue et qui ne pourra pas être aussi travaillée que la première, pour une question de délai ? C'est tout ce que j'espère. The Good Wife y arrive bien, avec des univers assez proches. Pourquoi pas elle ? Ah oui. Peut-être parce que The Good Wife, c'est The Good Wife quoi. Qui s'attendait à ce qu'Amanda Tanner soit tuée ? L'enlèvement ne m'a pas partiiculièrement surpris -la réalisation était absolument formidable à ce moment-là soit dit en passant- mais je pensais qu'elle sera enlevée, torturée, possiblement exécutée au bout du compte mais pas si vite et pas comme ça. C'était choquant. Dès lors, les spéculations vont bon train sur la personne qui a commandité ce meurtre. La vice-présidente ? Cyrus ? Le président lui-même ? La femme du président, Mellie ? Je m'attendais vraiment à ce que ce soit cette dernière. Donc agréablement surpris de m'être trompé... 

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// Bilan // Je ne pensais vraiment pas dire ça en regardant les premières bandes-annonces ou meme en découvrant le premier épisode -très réussi mais pas particulièrement exaltant- mais Scandal est, pour moi, l'une des meilleures nouveautés de l'année, qui lorgne plus du coté de certaines excellentes séries du câble d'ailleurs. Un addictif soap-opera judiciaire et politique mâtiné de thriller: voilà qui la définit à la perfection ! Vivement la saison 2...