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Saison 2 // 11 770 000 tlsp.

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   Mais comment fait cette Good Wife pour être aussi bonne ? Alors que la saison 2 est lancée ce soir sur M6 -notons l'effort de la chaîne, qui tient ainsi sa promesse de continuer à proposer la série en prime time malgré ses résultats très décevants lors de la diffusion de la saison 1 en début d'année- je me retrouve devant une impasse, un mystère même : comment ai-je pu ne pas écrire la moindre ligne sur le blog à propos de cette saison 2, pourtant incroyablement riche, captivante voire obsédante ? A vrai dire, elle me fait le même effet que les derniers épisodes de Big Love, dont certains de mes lecteurs attendent encore la critique (et sans doute pour longtemps, désolé) : je me sens petit, tout petit, à coté de son immensité et je me retrouve ainsi incapable d'exprimer ce que je ressens pour elle. J'ai peur de ne pas être à la hauteur, de ne pas trouver les mots justes. Alors j'espère que vous faire part de mes doutes et de mon complexe d'infériorité suffiront à vous faire comprendre combien The Good Wife est grande. Et puis j'ai eu le malheur de relire ma critique de la saison 1 : j'ai le sentiment d'avoir tout dit. Ne vous méprenez pas ! La série a évolué, les personnages aussi et il se passe des tas de choses incroyablement passionnantes dans cette saison 2 mais l'essentiel, je l'avais déjà dit. Je vous invite donc au préalable à lire ou relire ces quatre paragraphes dont je suis assez fier, et je le dis en toute humilité (c'est suffisamment rare pour que je me le permette). Cela se passe ICI

   Ca y est, c'est fait ? Alors allons-y. Parlons de la saison 2 maintenant. Alors que la première annnée de The Good Wife servait, entre autres, à solidement installer l'héroïne au sein du cabinet Lockhart & Gardner, tout en montrant ses difficultés mais sa persévérance sans failles à rester une bonne épouse et une bonne mère, la deuxième s'amuse méticuleusement à détruire l'équilibre qu'elle était parvenue à trouver. Ses sentiments pour Will la rongent -leur rendez-vous manqué est dans tous les esprits- à mesure que sa relation avec son mari ne cesse de se détériorer. Y'a-t-il un lien de cause à effet ? La route finit finalement par tourner et Alicia décide de s'abandonner avec tous les risques que cela comporte dans une scène finale étonnante et libératrice. La lente mais subtile transformation du personnage a été divinement bien composée par les auteurs et j'ai hâte de découvrir à quel point elle a évolué dans la saison 3 (non, je ne l'ai pas encore commencée). Le sentiment que Kalinda procure est très différent car son crédo à elle, c'est de fasciner et de continuellement nous étonner. Elle est imprévisible. Qui aurait imaginé qu'elle allait littéralement réduire en miettes la voiture de son rival, Blake Calamar, à coups de batte de baseball ? Cette scène est probablement la plus marquante de la saison pour moi. Elle représente admirablement bien Kalinda, dans toute sa précision, sa classe et sa violence. Le sujet de sa sexualité a été abordé de manière plus frontale, ne laissant plus seulement l'imagination (et les fantasmes ?) vagabonder. La tension sexuelle constante avec Calamar était terriblement excitante. Hommes, femmes ? Peu importe. Kalinda cède à ses pulsions, ses désirs et aime à sa façon. On en apprend un peu plus sur sa vie passée, qu'elle a été mariée notamment, mais la plus grande révélation -que je ne préciserai pas pour ceux qui se seraient aventurés dans cet article sans avoir vu la saison 2- est scotchante et façonne la fin de la saison. Bref, Kalinda a peut-être tout perdu en saison 2 du point de vue des intrigues mais elle a tout gagné auprès des téléspectateurs. Quelle femme ! Des fortes figures féminines de la série, Diane est celle qui a bénéficié de l'exposition la moins satisfaisante. Elle a trop souvent été cantonnée aux conflits internes au cabinet, qui étaient certes passionnantes mais pas uniquement de son point de vue à elle. J'espère que la saison 3 lui permettra de revenir sur le devant de la scène massivement.

   Comme en saison 1, ce ne sont pas les hommes de la série qui héritent des meilleures intrigues mais ils s'en sortent tout de même très bien puisqu'il n'y a pas de mauvaises intrigues, juste à la limite des affaires moins passionnantes que d'autres (et une seul ratée : celle parodique d'Hugo Chavez, légèrement embarrassante même). Will, tout comme Diane, a surtout brillé au sein des conflits internes au cabinet mais sa relation avec Alicia, un long moment contrariée par la présence de sa nouvelle petite amie, n'est évidemment pas en reste. Peter a eu plus de mal à s'imposer malgré le grand arc sur sa campagne politique et, notamment, ses rivalités avec Wendy Scott-Carr et Glenn Childs. C'était pourtant passionnant mais le problème semble plutôt venir de l'acteur, Chris Noth, un peu capricieux sur les bords et donc pas aussi présent qu'il aurait fallu. Il n'apparaît même pas le soir de son élection. Une aberration, à moins que cela relève du parti pris artistique douteux. Les scènes du quotidien, lorsqu'il était forcé de rester chez lui, auprès de sa femme, de sa mère et de ses enfants, m'ont un peu manqué cette année, d'autant que les intrigues de Zach et Grace ne se sont pas toujours révélées pertinentes. Au-delà de ça, ses confrontations avec Alicia étaient extrêmement puissantes et c'est déjà énorme. Les scénaristes ont bien compris qu'Eli Gold méritait plus que de rester dans l'ombre de Peter Florrick et lui ont donc concocté des histoires rien qu'à lui absolument prodigieuses, fines mais aussi très amusantes. J'ai particulièrement apprécié la venue d'America Ferrara en guest et je regrette même qu'elle ne soit pas restée plus longtemps. Sans doute une sage décision mais c'est dur de quitter un aussi bon personnage. Cela dit, les scénaristes ne savent pas toujours dire au revoir à leurs personnages et cela conduit à quelques ratés : le retour de Colin Sweeney semblait inévitable mais n'a pourtant pas eu lieu. En revanche, Louis Canning, incarné à la perfection par Michael J. Fox, est revenu un peu trop souvent à mon goût. C'est un excellent personnage dont il ne faut surtout pas abuser même si la tentation est, je le comprends, très grande. J'ai beaucoup apprécié le frère d'Alicia et j'espère qu'il sera plus présent à l'inverse. Sa présence apporte indéniablement quelque chose à Alicia. Et puis je n'ai pas encore évoqué Cary Agos mais je l'aime toujours autant, si ce n'est plus. Il s'est épanoui au sein du bureau du procureur et ses affrontements systématiques mais nécessaires avec Alicia étaient jouissifs. Sa relation ambigüe avec Kalinda aussi... Sinon, j'ai évidemment adoré les brefs retours de Martha Plimpton et Mamie Gummer. 

   La saison 2 de The Good Wife n'a absolument rien à envier à la première. Je n'arrive pas vraiment à les départager cela dit. Pour moi, elles sont aussi bonnes l'une que l'autre. Elles sont une synthèse de tout ce que la télévision est capable de faire de mieux, passant d'un registre à l'autre (politique, juridique, romantique...) avec une aisance incroyable, en compagnie de héros forts et infiniment attachants malgré et peut-être même grâce à leurs failles. Définitivement, s'il fallait n'en garder qu'une aujourd'hui, ce serait elle. Ce serait The Good Wife.