20 septembre 2011

Harry's Law [Saison 1]

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Saison 1 // 9 380 000 tlsp. en moyenne

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    Le fan de David E. Kelley que je suis ne pouvait pas passer à coté de sa nouvelle création, Harry's Law, lancée à la mi-saison par NBC et qui, à la surprise générale dont celle du network en premier lieu, a très bien débuté et a continué de fonctionner convenablement tout au long de sa courte saison 1 (composée de 12 épisodes). De la même manière que Body Of Proof sur ABC pour les séries policières, cette dramédie judiciaire ne révolutionne en rien le genre et n'est certainement pas l'oeuvre la plus réussie de Kelley, mais elle est tout à fait sympathique et m'a fait passer de bons moments, à quelques rares exceptions près. Ma critique de la saison sera ainsi très proche de celle du pilote (ICI), mais je pensais sincèrement que le créateur rectifierait le tir plus rapidement. Les défauts du premier épisode sont les mêmes dans les pièces suivantes, mais ils passent de moins en moins bien au fur et à mesure. On sent quand même une évolution positive sur les deux derniers épisodes.

   Ainsi, je ne supporte pas les thèmes musicaux qui sont plus ringards que ringards. Ils donnent un aspect hyper vieillot à la série et elle n'avait vraiment pas besoin de ça ! Ils sont bien trop grandiloquents et exaltés, et ce en toutes circonstances. Je n'aime pas non plus les séquences de transition avec des plans de Cincinatti tournés façon générique de Melrose Place, si vous voyez ce que je veux dire. Ma théorie ? NBC voulait que la série soit le moins chère possible et a donc racheté de vieux thèmes musicaux et d'anciennes images d'ambiance pour emballer grossièrement son produit. Si ces problèmes ne sont pas une entrave réelle à l'appréciation d'Harry's Law pour moi, elles ont dû en rebuter plus d'un, surtout parmi les jeunes. C'était déjà un risque en soit de faire d'une femme dans la soixantaine une héroïne. Certes, Boston Justice avait un peu défriché le terrain en la matière, ainsi que Blue Bloods cette même saison, mais ça reste culotté et, jusqu'ici, ça a plutôt payé ! Il faut dire que le rôle est parfaitement taillé pour Kathy Bates : elle excelle et ce sont, de loin, ses scènes les meilleures. Petit à petit, le personnage dévoile un peu de son passé et montre ses émotions, en dehors des cas qu'elle traite. Ces instants sont précieux et la rendent d'autant plus attachante. Je regrette en revanche que l'aspect cartoonesque d'Harriet, très accentué dans le pilote, ait disparu par la suite. Mais il me semble que c'était un des plus grands reproches faits à la série. Les affaires traitées par le cabinet ne sont pas toutes bonnes, d'autant que l'aspect ghetto, bien qu'original, a tendance à vite ennuyer et tomber dans les clichés. Les gangs, les réglements de compte... ça va deux bien deux ou trois épisodes, puis ça gave. On n'est pas dans The Wire !

   Très curieusement, les meilleurs personnages d'Harry's Law, outre l'héroïne, ne sont pas les réguliers mais les récurrents. La standardiste d'Harry, Jenna, montre très vite ses limites. Une vraie déception pour Brittany Snow qui méritait amplement mieux. Elle est associée systématiquement au personnage de Malcolm, tandis qu'une romance se noue entre eux. Pas particulièrement enthousiasmante dans l'idée, elle ne l'était pas non plus dans les faits. Plus Jenna devenait agaçante, plus Malcolm devenait insipide. La sauce n'a vraiment pas pris et David E. Kelley a pris la décision, en saison 2, de se débarrasser de ces deux personnages pour les remplacer par deux nouveaux, on l'espère plus dans l'esprit des héros qu'il a l'habitude de créer. Car Harry's Law manque cruellement d'excentricité et ça ne peut définitivement pas passer dans une de ses séries, justement célèbres et aimées pour cela (même si The Practice n'en avait pas besoin pour être excellente). Si Adam est le régulier le plus intéressant malgré des histoires d'amour pas toujours passionnantes (mais sa rupture avec Chunhua était par exemple très bien écrite et émouvante), c'est clairement du coté de Tommy Jefferson -le grand Tommy Jefferson- qu'il faut se tourner pour se marrer ! Dans l'univers de Kelley, il ne détonne pas. Il est parfaitement à sa place. Il aurait fait de sacrées étincelles dans Ally McBeal et Boston Justice ! Ici, il tire le niveau par le haut et ne se contente pas d'être le pitre de service. Il m'a vraiment ému par moment. Mais n'était-ce pas un peu une forme de pitié d'ailleurs ? Peu importe. Il sera régulier dans la deuxième saison et c'est une super nouvelle. Paul McCrane, dans le rôle d'un avocat souvent opposé à Harry, est tout aussi bon. Il a d'ailleurs été récompensé aux Emmys pour ses prestations. Avec lui et quelques autres, il n'y a pas de doutes : on est bien dans une série de E. Kelley !

   Dans le fond comme dans la forme, Harry's Law évolue peu au cours de sa première saison. Elle ne parvient pas à dépasser le stade du divertissement agréable mais dispensable. Elle a pourtant toutes les cartes en main pour devenir une grande. Je fais confiance à David E. Kelley pour transformer l'essai avec la saison 2 qui commence demain sur NBC !


The Big C [2x 11]

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Fight Or Flight // 540 000 tlsp.

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   Pour que cet épisode de The Big C soit considéré parmi les meilleurs de la saison, il aurait fallu que les intrigues d'Andrea et de Paul ne soient pas si ratées. C'était une super idée d'offrir une histoire d'amour à Andrea et, globalement, de lui donner plus d'importance au sein de la série -c'était primordial en fait, suite à la mort de Marlene- mais ça commence à tourner en eau de boudin. Pardonnez-moi l'expression. La demande en mariage de Myk était bien trop précipitée mais ça ne m'étonne qu'à moitié de la part du personnage, toujours très rapide et excessif. En revanche, je ne m'attendais pas du tout à ce qu'Andrea réagisse aussi positivement et sans tellement se poser de questions. Je pense qu'il n'y a pas de soucis à se faire : ils n'iront pas jusqu'au bout. Mais l'amour rend Andrea aveugle et ça me déçoit. Je pensais qu'elle était de celles -rares- qui ne se faisaient pas avoir. On a un peu tendance à oublier qu'elle n'est qu'une ado, cela dit. Elle-même parle souvent d'elle comme d'une "lady". Cathy, en bonne professionnelle, lui rappelle qu'elle a des cours à écouter et des devoirs à terminer. Ce qui ne me plait pas au sujet de la nouvelle intrigue de Paul ? Tout. Quelle idée est passée par la tête des scénaristes ? Le faire prendre de la coke pour maigrir ! A la base, son but était d'être en meilleure santé que sa femme malade, pas d'être maigre et shooté à mort. Là encore, je ne me fais pas beaucoup de soucis : cette histoire n'ira pas bien loin. Mais alors à quoi bon l'avoir imaginé ? Elle n'apportera rien, juste des complications inutiles pour Cathy.

   Tandis qu'Adam part à la recherche de son oncle et fait la rencontre de d'autres SDF pas particulièrement sympathiques, Cathy se retrouve contrainte et forcée de dîner avec son médecin et sa -plus jeune- femme, apparemment pas idiote mais qui préfère montrer ses gros atouts plutôt que de philosopher (un avant-goût de ce que Laura Benanti, son interpréte, nous offrira dans Playboy Club ?). Ses répliques n'étaient pas toujours de très bon goûts mais elles étaient drôles. Cette façon de désacraliser le Dr. Sherman en parlant de son "large penis" et de son goût prononcé pour le cunnilingus, preuve à l'appui sous forme de dégustation de cannoli, était particulièrement jouïssive. La leçon que Cathy en tire, au détour d'une conversation sur les Italiens, est intéressante et me parle beaucoup. "L'art de ne rien faire". Si seulement je pouvais me le permettre... Je crains que le noël en Italie se déroule hors-caméra. En même temps, s'il a lieu, ce sera la saison prochaine théoriquement puisque c'est encore censé être l'automne actuellement, malgré la neige. 

   L'épisode atteint son paroxysme avec la dernière scène réunissant Cathy et Lee, qui s'engueulent à nouveau mais de manière moins puérile et superficielle que la première fois à Thansgiving. Il s'agit là, ni plus ni moins, d'une question de vie ou de mort. Lee ne veut plus se faire soigner, estimant qu'il est prêt à partir s'il le faut, mais Cathy se refuse à le laisser suivre son choix. On ne peut que la comprendre. Ce n'est pas seulement la peur de perdre un ami qui l'anime, c'est aussi l'effet miroir sur son propre combat. Il est finalement tellement facile de laisser tomber, d'abandonner. Tout patient gravement atteint d'un cancer doit passer par cette phase. Mais si elle dure, là... Non, Lee ne passera pas l'hiver. 

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// Bilan // Malgré ses intrigues secondaires bancales, ce Fight Or Flight met amirablement en lumière le combat de Cathy, sa force, son obstination, alors qu'autour d'elle on fuit (Sean, Rebecca), on abandonne (Marlene, Lee), on choisit la fureur (Andrea). Comment survivre quand tout se meurt ?

19 septembre 2011

Free Agents [Pilot]

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Pilot // 6 120 000 tlsp.

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What About ?

Alex et Helen, très attirés l'un par l'autre, sont agents artistiques et travaillent dans la même société. Lui sort tout juste d'un divorce difficile, elle a perdu son fiancé il y a un an. Après avoir passé une première nuit ensemble, la confusion la plus totale règne dans leurs esprits. Doivent-ils reprendre une vie de célibataire ou s'engager dans cette nouvelle relation ?

Who's Who ?

 Créée par John Enbom (Party Down, Veronica Mars) et Chris Niel. Adaptée de la série anglaise du même nom. Avec Hank Azaria (Les SimpsonFriends, Dingue de Toi), Kathryn Hahn (Preuve à l'appui, Hung), Mo Mandel (Love Bites), Anthony Head (Buffy, Merlin), Al Madrigal (La nouvelle vie de Gary), Natasha Leggero... 

So What ?

   La série anglaise Free Agents n'a duré que six épisodes. La question n'est pas de savoir si la version américaine va marcher, puisqu'il est déjà clair que non, mais plutôt si elle va tenir plus longtemps que sa cousine ! Mon petit doigt me dit que oui, le double même. Mais pas plus. Et ça tombe plutôt bien à vrai dire : l'idée de départ ne permettrait pas d'en faire 4 saisons de 22 épisodes. De toute façon, construire un drama ou une comédie autour d'un possible couple ne tient jamais la route. C'est très bien pour un film d'1h30. C'est trop peu pour une série.

   Ce pilote m'a effectivement donné l'impression de regarder les vingt premières minutes d'une romcom comme il y en a des tas, sauf que pour une fois, les personnages ont dépassé la vingtaine, et même la trentaine. Mais, au fond, ça ne change pas grand chose. Le passé de chacun, difficile, est évoqué rapidement mais sans véritable émotion. Je n'ai pas vu la série originale mais, venant des anglais, je suis à peu près sûr que la balance entre la comédie et le drama était plus équilibrée. C'est pile ce qu'il fallait pour que l'on s'attache davantage à eux. J'ai pris un certain plaisir à les suivre dans leurs premières péripéties mais, au bout du compte, je n'ai pas tellement envie d'assister aux suivantes. Au cinéma, les deux rôles principaux auraient été interprétés, au hasard, par... disons Jennifer Aniston et... Bradley Cooper. Ici, le choix des producteurs s'est porté sur Hank Azaria et Kathryn Hahn. Cela fait forcément moins rêver mais cela donne peut-être aussi une plus grande impression de réalisme. Ce ne sont pas des gravures de mode, comme la majorité des téléspectateurs quoi. Le duo fonctionne plutôt bien. L'alchimie n'est pas parfaite mais ils sont crédibles. Les répliques fusent, même un peu trop, si bien que l'on passe à coté de certaines blagues puisqu'il faut déjà se concentrer pour comprendre la suivante. Les réfèrences pop culturelles sont bien trouvées dans ce pilote, je pense notamment au dialogue sur Sarah Michelle Gellar et Freddie Prince Jr., assez surprenant.

   Mais Free Agents possède une plus grande ambition que d'être une simple comédie romantique : elle se veut aussi comédie de bureau ! Les personnages passent finalement plus de temps sur leur lieu de travail que chez eux. C'est à la fois son originalité et son plus gros défaut : leurs collègues sont insupportables ! Les hommes en font des tonnes et trop de beauferie tue clairement la beauferie. C'est un peu comme si Bigard avait écrit la version française de The Office, vous voyez. Anthony Head, en patron obsédé par le sexe, sort quand même du lot. Il est tout de suite à l'aise dans son rôle et pour cause : il tenait le même dans la version originale. Les femmes sont peu présentes dans cet univers de mec. Il y a juste une assistante, qui en fait un peu trop, mais qui est indispensable pour compenser. 

  Je m'excuse par avance pour les clichés mais Free Agents a la capacité de plaire autant aux hommes qu'aux femmes, en alternant les moments "romantiques" et les passages plus crus. Le mélange ne fait peut-être pas toujours bon ménage, mais le résultat reste séduisant. Ce ne sera pas la comédie de l'année, c'est certain, mais ce ne sera pas la plus mauvaise non plus. 

What Chance ?

 Sa première audence, très décevante, semble avoir scellé son destin : 13 épisodes et puis s'en va. 

How ?

18 septembre 2011

Ringer [Pilot - Les Références]

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 Parce que Ringer voit double, voici une deuxième analyse de la série après la mienne (ICI), signée UglyFrenchBoy, adepte de Sarah Michelle Gellar et de Buffy, qui se propose de nous éclairer sur les nombreuses réfèrences contenues dans ce pilote. Bonne lecture !


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« Ce qui est intéressant dans un miroir, c'est qu'il ne montre pas l'individu tel qu'il est, mais son opposé »

Douglas Sirk

 Miroirs

   Et si le pilote de Ringer était le plus audacieux depuis la courte existence de la CW ? À contre-courant du clinquant ambiant, la série marquant le retour de Sarah Michelle Gellar sur petit écran mise sur une réalisation sobre et sur l’influence « néo-film noir » alliée à celle d’un vieux cinéma européen. Mais est-il réellement question d’audace ou de naïveté de la part de Leslie Moonves, à la tête de CBS, d’avoir pu imaginer qu’un thriller feuilletonnant,  avec une héroïne âgée de plus de trente ans, pouvait avoir sa place sur un network dont le cœur de cible est particulièrement jeune ?

   Le pilote de Ringer ne répond d’ailleurs à aucune règle marketing, au-delà du fait qu’il ne s’agit ni d’une adaptation de livre ni d’un remake. Il déroge à la politique du ciel bleu, aux couleurs vives, à la bande-son privilégiant des titres du format Top40 et il ne voit aucun de ses rôles réguliers en petite tenue dans le premier quart d’heure. Mieux, on évite même une vue du torse de Ioan Gruffudd  avant et après sa douche. Une pudeur inattendue à laquelle s’ajoutent une ambiance, une atmosphère et plus précisément des références aux années 50 et 60. Lors de la scène d’ouverture, Bridget lance accidentellement la lecture de I fall to pieces de Patsy Cline. Un autre titre de l’épisode sera la reprise de 25 or 6 to 4, dont la version originale date de 1969. Quant au We don’t run de Sarah Blasko, on retiendra sa contrebasse sortie tout droit d’un morceau de Shirley Bassey au service d’une pop plus « contemporaine ».

   C’est justement l’alliance d’un cadre moderne et d’une atmosphère d’un autre temps qui qualifie le mieux cet épisode d’introduction. Au-delà de la bande-son, le vintage s’invite également dans le dressing de Siobhan. Entre les « lunettes-mouches », une robe Empire rouge lors de la soirée à l’American Museum of Natural History et un goût prononcé pour le carré en twill de soie, le personnage pourrait sortir tout droit d’un film de Stanley Donen, de Blake Edwards ou encore d’Alfred Hitchcock.

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   Les références au maître du suspense ne se résument pas à une Sarah Michelle Gellar aux faux airs de Vera Miles, mais à des réminiscences de Sueurs froides (course poursuite en ouverture / une femme prenant l’identité d’une autre) et de la Mort aux trousses. Quant à la scène du bateau, elle fait office d’hommage au procédé utilisé, entre autres, par le réalisateur des Oiseaux (voir montage ci-dessus). Tourné en bassin avec pour fond une simple toile, ce contrepoint visuel aux autres scènes plus « modernes », accompagné d’un jeu expressément caricatural, a été considéré à tort comme le résultat d’un prétendu manque de budget. Comme si  CBS Television Studios et ABC Studios (seul ce premier restera producteur pour les autres épisodes) n’avaient pas les moyens d’utiliser un fond vert ou même un vrai tournage en mer, les plans aériens ayant été pris, eux, en extérieur.  Après tout, le pilote tel quel a été validé à l’origine pour occuper la grille des programmes de CBS. Un parti pris artistique donc, signé Richard Shepard, réalisateur lauréat d’un Emmy Award pour la réalisation du pilote de Ugly Betty, qui se veut également une référence à Otto Preminger. 

   Le réalisateur d'origine autrichienne n’est pas le seul européen à avoir servi de modèle. L’utilisation massive de miroirs (chaque pièce du loft de Siobhan en possède au moins un), et plus globalement de reflets, n’est pas sans évoquer Douglas Sirk. Même si le genre est totalement différent, Les demoiselles de Rochefort de Jacques Demy  (voir montage ci-dessous) pourrait lui aussi s’ajouter à la liste des références, notamment pour le plan de Catherine Deneuve devant son portrait. Le film français s’amuse à jouer sur la symétrie, à l’instar de Ringer qui aime proposer, souvent en arrière plan,  plusieurs éléments en duo, de la disposition d’objets dans la penthouse en construction, au logo du motel dans le Wyoming, sans oublier les chaussures dont chaque paire est présentée distinctement dans le dressing de Siobhan.

Double

    En convoquant le souvenir récurrent d’œuvres sorties il y a maintenant de ça 5 à 6 décennies, ce premier épisode confère à Ringer une indéniable singularité. Un côté « rétro / moderne » qui ne peut certes pas pallier les quelques faiblesses d’écriture, mais offrir indéniablement le pilote le plus référencé à The CW dans sa courte histoire. Sa fin, aussi prévisible qu’intrigante, suffit à lancer le  prochain épisode. Après tout, n’est-ce pas la finalité d’un pilote ?

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Up All Night [Pilot]

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Pilot // 10 950 000 tlsp.

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What About ?

Fini les soirées de débauche, entre alcool, danse et karaoké, pour Reagan et Chris. Ils sont désormais les heureux parents d'une petite Amy ! Tandis que monsieur reste à la maison pour s'occuper du nouveau né, madame tente de mener sa vie professionnelle le plus normalement possible mais c'était sans compter sa collègue et meilleure amie Ava, star d'un talk show, bien plus capricieuse et immature que n'importe quel enfant... 

Who's Who ?

 Créée par Emily Spivey (scénariste sur le Saturday Night Live). Avec Christina Applegate (Mariés, deux enfants, JesseSamantha Who?), Will Arnett (Arrested DevelopmentRunning Wilde30 Rock), Maya Rudolph (Saturday Night Live, Away We Go, Mes meilleures amies), Nick Cannon...

So What ?

   Présenter Up All Night n'est pas une mince affaire: la qualifier de comédie pure serait mensonger étant donné qu'elle n'est vraiment drôle que pendant de courts instants, et la définir comme dramatique ne serait pas juste non plus car ce n'est pas demain la veille que l'on pleurera à chaudes larmes en la visionnant. Est-ce alors une dramédie ? Oui, mais pas dans le sens "Showtimien" du terme. Le couple star ne vend pas de la drogue, n'en prend pas non plus et n'est pas obsédé par le sexe. Ce sont des gens plutôt normaux, mais pas des parents lisses. Ils jurent devant leur enfant -qui ne comprend de toute façon rien pour le moment- et ils n'assurent pas vraiment dès qu'il s'agit de le calmer, de le nourrir ou de changer sa couche. La série se permet donc quelques irrévérences -malgré les "bip"- ça et là mais pas de quoi se relever la nuit ! Les scénaristes évitent toutefois soigneusement de nous ressortir les blagues habituelles que l'arrivée d'un bébé dans une famille provoque. C'est appréciable.

   Up All Night ne fait pas preuve d'une grande originalité de manière générale mais elle propose quand même un schéma du couple un peu différent de ce dont on a l'habitude de voir : c'est la femme qui travaille et qui subvient aux besoins de la famille, tandis que c'est le mari qui reste à la maison à s'occuper du bébé, à moins qu'il ne passe plus de temps sur ses jeux vidéos. Les féministes vont a-do-rer ! Les scènes "familiales" ne sont donc pas d'une grande drôlerie mais elles parviennent sans difficulté à rendre le couple crédible et attachant. Mignon. C'est le mot ! Ils sont mignons. C'est très inattendu de la part de Christina Applegate et Will Arnett, que l'on a plus l'habitude de voir gesticuler dans tous les sens. Ils doivent être contents de s'essayer à un autre registre, plus subtil. Moi, je suis quand même un peu frustré. J'aime à la folie Christina quand elle crie et qu'elle saute partout. Il faut chercher du coté de Maya Rudolph, enfin régulière dans une série, pour trouver un peu plus d'extravagance. Son personnage me plait, elle a de bonnes répliques, mais je suis moins fan du coté "coulisses de la télévision" qui a été ajouté dans la seconde version du pilote (celui-ci donc). On a déjà 30 Rock, qui le fait très bien, pourquoi s'acharner ? Il y avait plein d'autres univers professionnels à explorer pourtant... 

   Up All Night n'est pas une comédie à dormir debout, mais une dramédie curieuse et attachante. Si elle a tout intérêt à gagner en efficacité dans l'humour, elle doit impérativement garder sa légéreté et son charme discret. 

What Chance ?

 Malgré un bon démarrage (en grande partie grâce à la promotion intensive pendant tout l'été et la diffusion après la finale d'America's Got Talent), je crains que Up All Night soit condamnée à l'échec. Sa case est loin d'être idéale -elle aurait davantage eu sa place dans le carré sitcoms du jeudi- mais elle bénéficiera peut-être de la clémence de NBC...

How ?



17 septembre 2011

Whitney [Pilot]

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Pilot // Diffusion à venir

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What About ?

Whitney réalise que son couple a sombré peu à peu dans l'ennui. Ils ne font plus l'effort de se faire beau l'un pour l'autre, le sexe se fait de plus en plus rare, et les disputes de plus en plus nombreuses. Déterminée à y remédier, Whitney passe à l'action et accumule les désillusions, jusqu'à se retrouver aux urgences. Après tout, pourquoi se prendre la tête ? Même s'il n'est pas parfait, son couple fonctionne et l'amour est toujours là !

Who's Who ?

Créée par Whitney Cummings (vue dans Tell Me You Love Me). Avec Whitney Cummings, Chris d'Elia (Glory Daze), Zoe Lister (Salt, Very Bad Cops), Jane Kaczmarek (Malcolm, Raising The bar), Rhea Seeborn (Franklin & Bash, Head Cases), Dan O'Brien...

So What ?

    Qui connaissait Whitney Cummings il y a encore trois mois ? Personne. Qui se rappellera encore d'elle dans trois mois ? Personne ! Voilà l'entrée en matière qui je m'attendais à écrire avant d'avoir vu le pilote de Whitney. Vous savez, cette nouvelle série de NBC écrite, produite et jouée par cette femme inconnue. Sauf que maintenant que je l'ai vu, j'ai deux certitudes : 1/ La sitcom est aussi mauvaise qu'elle en avait l'air sur le papier et dans la bande-annonce 2/ Whitney Cummings a la capacité de devenir une star de la comédie US (à la télé en tous cas), si toutefois on la laisse entre de bonnes mains, et donc de préfèrence pas les siennes. Sa prestation ici n'est pas éblouissante mais elle a indéniablement quelque chose qui la rend sympathique et craquante, donc possiblement attachante au bout de quelques épisodes. 

   Il en existe des tas de sitcoms multi-caméras pas très drôles et prévisibles, qui forcent bien comme il faut sur les rires enregistrés en post-production. CBS en a même fait sa marque de fabrique avec succès. On s'attendait moins à cela de la part de NBC. Cependant, les séries en question bénéficient toujours d'une petite originalité, un mini truc qui fait que le sentiment de déjà-vu n'est pas total. Je pense à Mike & Molly, qui est une comédie romantique tout à fait classique, mais dont les héros sont gros/obèses (je vous laisse en décider). Je pense aussi à Happily Divorced, qui fonctionne comme des tas d'autres comédies de couple sauf que le mari est maintenant gay. Dans le cas de Whitney, il n'y absolument rien qui soit original. Des héroïnes comme elle, on en déjà connu des tas. Christina Applegate et Jenna Elfman, entre autres, peuvent en témoigner. Des maris comme lui, emasculés et simplets, il y en a à la pelle à la télé ! C'est même la grande mode. Des amies de l'héroïne -idiotes ou pochtrones- et des amis du héros -machos, dragueurs, lourds et pervers- c'est presque obligatoire, vu qu'il n'y a pas vraiment mieux à faire. Venant de la chaîne qui a quand même diffusé pendant de longues années Dingue de Toi, une des meilleures comédies de couple qui existe, si ce n'est la meilleure, c'est sacrément triste. NBC, comment en es-tu arrivée là ? Vous remarquerez donc que j'ai soigneusement évité d'évoquer dans ma critique la scène de l'infirmière coquine, prévisible à la ligne de dialogue près de bout en bout. Comme le reste d'ailleurs, globalement. Je ne cache pas que deux-trois vannes m'ont fait sourire, notamment quand la mère de Whitney, jouée par l'excellente Jane Kaczmarek, débarque. Mais c'est trop peu. Comme on s'en doutait, Whitney est totalement dispensable. Circulez : y'a rien à voir !

   

What Chance ?

 Quelle mouche a piqué NBC ? Pourquoi diffuser cette chose après Parks And Recreation et The Office, qui sont d'un niveau bien bien supérieur ? Sans prendre trop de risques, je crois que l'on peut dire que Whitney sera vite déprogrammée au profit de 30 Rock, laquelle reviendra ainsi plus vite que prévu ! En gros, elle assure l'intérim pendant que Tina Fey s'occupe de son nouveau né. Quitte à choisir, Up All Night aurait eu bien plus sa place dans cette case du jeudi 21h30...

How ?

20 minutes de blagues résumées en 4 minutes :

 

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Tueurs En Séries [Episode du 16 Septembre 2011]

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Au programme cette semaine : Spartacus a rendu les armes, la mort de l'acteur Andy Whitfield - Le prequel de Sex & the City sur la CW - Todd Haynes nous parle de son projet avec Julianne Moore - Des infos sur le film Fais pas çi, fais pas ça - Walking Dead et Falling Skies sur NT1 - On répond à vos questions : Rookie Blue, Blue Mountain State... - Notre preview de la rentrée US - Un ancien d'"Hartley" de retour à la télévision...

 

16 septembre 2011

Ringer [Pilot]

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Pilot // 2 840 000 tlsp.

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What About ?

 Bridget, une ex-strip-teaseuse et ex-addict qui bénéficie du programme de protection des témoins, fuit ses obligations dans une affaire de meurtre en prenant l’identité de sa riche sœur jumelle, Siobhan. Mais elle va très vite découvrir que celle-ci a également des problèmes et est traquée...

Who's Who ?

Créée par Eric C. Charmelo et Nicole Snyder (Supernatural). Avec Sarah Michelle Gellar (Buffy), Kristofer Polaha (North ShoreLife Unexpected), Nestor Carbonell (LostSusan!), Ioan Gruffudd (Les 4 Fantastiques) ...

So What ?

    Entre les soeurs échangées à la naissance (Switched At Birth), les soeurs séparées à la naissance (The Lying Game) et maintenant Ringer, il ne fait pas bon avoir une soeur jumelle à la télévision ! Cependant, cette fascination pour les alter-egos n'est pas nouvelle. Elle a souvent inspiré le cinéma -on ne citera pas le film français Les Jolies Choses- mais aussi la télévision -on ne citera pas les jumeaux et jumelles maléfiques célèbres... oh et puis si : tendre pensée pour les Ben et Derek de Sunset Beach et ces chères soeurs Olsen, qui nous ont offert tant de téléfilms poignants et inoubliables- mais plutôt que de prendre pour référence des soaps bas de gamme, les créateurs de Ringer préférent citer les films des années 60 et 70 et Bette Midler, une des icônes de l'époque. On retrouve effectivement dans ce pilote, si ce n'est des clins d'oeil, en tous cas des emprunts au genre du film noir. J'en profite donc expressément pour évoquer cette séquence qui fait tant parler sur internet et les réseaux sociaux, plus connue sous le nom de la "boat scene", en général précédé d'un "terrible" ou d'un "hideous". Clairement, ce passage du pilote est embarrassant et indéfendable. Siobhan a beau donner l'impression de sortir tout droit d'un classique de Hitchcock, on est en 2011 et des effets-spéciaux aussi médiocres sont impardonnables. Même V et ses fameux fonds verts s'en sortaient mieux. C'est dire. Mais réduire Ringer à cette scène serait plus que réducteur et totalement injuste. Elle vaut mieux que ça, surtout si l'on part du principe qu'il s'agit d'un parti pris artistique...

   Il faut d'abord replacer la série dans son contexte : d'abord développé puis tourné pour CBS, ce pilote a finalement atterri dans le lecteur DVD du nouveau patron de la CW (filiale de CBS), qui a vu en lui un fort potentiel et qui en a donc commandé une première saison. Il aurait effectivement eu tort de se priver de Ringer pour sa rentrée. Le retour de Sarah Michelle Gellar à la télévision, huit ans après la fin de Buffy, était un argument marketing en or. Cela a fait beaucoup parler "dans le milieu". Est-ce que le grand public était vraiment impatient de retrouver l'actrice ? C'est moins sûr. Ringer participe également à la montée en gamme de la chaîne. Visuellement, si elle ne ressemble pas vraiment à une série de CBS, elle bénéficie en tous cas clairement de plus grands moyens que ses consoeurs de la CW (à voir si ce sera toujours le cas dans les épisodes suivants) et d'une réalisation plus soignée sur un thème bien plus sombre que les querelles des pisseuses de Gossip Girl et les tracas ô combien futiles des riches héros de 90210 (à partir de quel âge vais-je pouvoir me faire des injections de botox ?). Ringer passerait donc presque pour un chef d'oeuvre à coté ! Elle use pourtant de ficelles propres aux soaps (les coucheries et les tromperies, c'est un signe qui ne... trompe pas) et lorgne du coté de Nikita lors de ses quelques scènes d'action plutôt prenantes. On adore quand Sarah Michelle Gellar se bat de toute façon...

   Une question me taraude : aurais-je détesté Ringer si son interpréte n'avait pas été Miss Gellar ? Disons que j'aurais certainement été moins indulgent. Le scénario se révèle souvent maladroit et ne parvient pas totalement à rendre crédible cette histoire complexe, extrêmement prometteuse, mais dont les prémices restent suspects. On a par exemple du mal à croire que Bridget soit assez bête pour penser sa soeur suicidée ou noyée ! Elle ne semble d'ailleurs pas plus bouleversée que ça. Il manquait peut-être une scène plus axée sur l'émotion. Sarah Michelle Gellar fait ce qu'elle peut avec ce qu'on lui a donné. On sent qu'elle prend du plaisir à interpréter les deux femmes, et elle leur offre quelques nuances. D'ailleurs, en réalité, elle ne joue par deux mais trois rôles : Bridget, Siobhan et Bridget qui fait sa Siobhan. Sa performance, aussi imparfaite soit-elle, mérite d'être saluée. Je suis persuadé que son interprétation se bonifiera avec le temps (et je vous arrête tout de suite, je ne suis pas fan devant l'éternel d'elle, je l'aime juste bien). Les héroïnes sont moins caricaturales que prévu et ça c'est une excellente nouvelle. Bridget est forcément plus attachante mais je suis persuadé que la vapeur peut se renverser. On ne connaît finalement que les grandes lignes de leurs passés respectifs. Il y a encore tant à apprendre... Cette perspective est très enthousiasmante. En revanche, les personnages secondaires sont beaucoup -beaucoup- moins attirants. L'agent du FBI, incarné par l'excellent Nestor Carbonell, peut à la limite s'en sortir grâce à son duo avec Bridget, plutôt intéressant; mais le mari de Siobhan est déjà complètement détestable -mais vivre avec une telle femme, ça doit gravement atteindre- tandis qu'Henry, l'amant de Siobhan et mari de sa meilleure amie, ne semble posséder aucun relief. C'est probablement la faute de Kristoffer Polaha, un piètre acteur qui de la chance de trouver encore du boulot. 

   A mi-chemin entre un soap bancal et un film noir trop léger, Ringer ne parvient pas totalement à se trouver une identité propre au cours de ce pilote tantôt passionnant, tantôt ennuyeux, qui repose entièrement sur les épaules de Sarah Michelle Gellar. On la dévore des yeux, on la scrute, on est heureux de la retrouver, mais on se dit qu'elle aurait peut-être mérité mieux et ailleurs. Malgré toutes ses imperfections, ce premier épisode a réussi sa mission la plus importante : nous donner envie de revenir les semaines suivantes pour comprendre qui sont vraiment ces deux femmes, quelles sont leurs motivations, leurs failles et ce que leurs destins, intimement liés, leur réservent. A défaut d'être conquis, je suis impatient de voir la suite.

What Chance ?

 Partie comme elle est, grandement handicapée par son mauvais lead-in, qui n'est en plus pas du tout compatible (90210), Ringer ne sera pas le miracle tant espéré par la CW en cette nouvelle saison. Néanmoins, ses chances d'obtenir une saison complète puis une saison 2 sont importantes, surtout si elle se maintient à ce niveau. 

How ?

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[Interview] William H. Macy est "Shameless"

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William H. Macy, bien qu'habitué aux seconds rôles au cinéma, est une sorte de monument. Ca fait quelque chose de le rencontrer, mais pour être très honnête, je ne trouve pas l'interview qui suit particulièrement bonne. Les conditions sont un peu à blâmer : 5 minutes seulement, un acteur pas encore tout à fait réveillé, un petit incident technique qui fait perdre du temps et agace... Jolie rencontre quand même. Le monsieur était fort sympathique, amusant, mais je crois qu'il était plus à l'aise avant et après l'interview, moins pendant. Sinon, il m'a dit qu'il aimait beaucoup mes "souliers". Pas du tout compris ce qu'il leur avait trouvé mais c'est amusant ! Allez, regardez l'interview quand même. Il parle évidemment de son rôle dans Shameless US, de la géniale Sheila/Joan Cusack... 

 

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15 septembre 2011

True Blood [4x 11 & 4x 12]

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Soul Of Fire // And When I Die (Season Finale)

4 390 000 tlsp. // 5 052 000 tlsp.

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   Pardonnez-moi par avance, mais ma critique portera bien plus sur le final extrêmement réussi de True Blood, que sur le pénultième épisode, qui ne servait qu'à rallonger la sauce bien inutilement avec quelques idées ridicules en prime comme le soudain sacrifice de Bill et Eric, absurde, indigne des deux vampires; ou encore la partie de jambe en l'air d'Andy Bellefleur avec une fée. Il lui suffisait apparemment d'en niquer une -désolé- pour se libérer de son addiction et de sa médiocrité crasse. Dans le dernier épisode, sa déclaration fleurie à Holly était du plus bel effet. Elle était presque mignonne avec son costume... de fée. Tiens donc. Malheureusement, la ré-introduction des petits êtres féériques ne s'est pas poursuivie au-delà de ces passages anecdotiques. Ils avaient ouvert la saison de manière très surprenante, la logique aurait voulu qu'ils la referment... 

   La tradition a été respectée : la première partie du Season Finale a été consacrée à la clôture de l'intrigue de Marnie, comme autrefois avaient été réglés maladroitement les cas de René, Maryanne et Russell; puis la seconde partie a permis de se pencher sur chacun des personnages principaux en leur offrant à la fois une conclusion et une perspective d'avenir, ou pas. A ce petit jeu-là, certains ont été moins gâtés que d'autres. Parce que c'est Halloween, plusieurs morts reviennent hanter les vivants, à commencer par René qui conseille à Arlene de se méfier de son homme, de son passé trouble, et de son vieil ami incarné par Scott Foley, de retour en ville. Si les scénaristes prennent le chemin tout tracé, on apprendra en saison 5 que Terry a tué beaucoup de gens lorsqu'il été au front, et qu'il y a peut-être même pris du plaisir, tandis qu'Arlene tombera sous le charme du nouveau, succombera à ses avances et s'en mordra les doigts. Bref, ils ont plutôt intérêt à nous surprendre ! Si les choses se passaient ainsi, ce serait franchement sans intérêt. Déjà que ces personnages n'en ont pas beaucoup ! Sam a eu plus de chance : pour le moment, Luna, sa fille et lui vont pouvoir couler des jours heureux. Jusqu'à quand ? Je ne pense pas que Fortenberry lui causera de grands problèmes en tous cas. 

   Au cours d'une scène très juste, Jason a annoncé sa relation torride avec Jessica à Hoyt, et dans les moindres détails s'il vous plait. Il faut dire que la vampirette n'est plus du tout farouche. Je la cite : "Maybe next time we can try oral?" La messe est dite. Un grand bravo aux auteurs qui ont tout de même réussi l'exploit de nous faire croire à la relation entre Jason et Jessica alors qu'on ne pouvait qu'espérer ardemment qu'elle retrouve la raison et se remette ainsi avec Hoyt. C'est avec une certaine culpabilité que je m'avoue vaincu : Jessica + Jason = Love Forever. Ouais ouais, carrément. L'arrivée chaperon-rougesque de Jessica dans les bois était superbe, digne d'un film classé X quatre étoiles. Ne cherchez pas ici de l'ironie : il n'y en a pas. Au milieu de tout ça, le retour de l'illuminé Steve Newlin nous importe peu. Mais passer après Crystal au niveau des intrigues merdiques de Jason qui ne ménent absolument nulle part ne devrait pas être trop difficile. 

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   Tandis qu'un couple se formait, un triangle amoureux se disloquait. Entre deux tragédies, Sookie a trouvé le temps de prendre une décision sur son avenir : il se fera sans Eric et sans Bill dans son lit. C'est en tous cas ce qu'elle veut leur -et nous- faire croire. J'aurais largement préféré qu'elle leur propose une solution plus risquée mais plus originale que la rupture : la polygamie ! Mais Sookie Stackhouse n'a pas l'âme d'un Bill Henrickson. Il vaudra donc sans doute se contenter en saison 5 d'une passion dévorante avec Alcide qui, il faut bien le dire, n'attends que ça depuis qu'il est arrivé et qui n'a de toute façon pas d'autre intérêt dans le récit. Maintenant que Sookie s'est débarrassée bien comme il faut de Debbie, le champ est libre. Notre héroïne n'a en tous cas pas chômé dans ce final. Elle est même à l'origine de ses plus belles scènes. Sa rapide conversation avec sa grand-mère était bouleversante. Anna Paquin n'avait jamais été aussi bonne depuis le début de la série ! Mais ce n'était qu'un avant-goût de ses cris déchirants lors de l'ultime scène lorsque, sous ses yeux, sa meilleure amie se fait exploser la tête, littéralement. La plus grande surprise du final réside en cet instant incroyable -même si le dialogue entre Tara et Sookie en début d'épisode sur leur vieillesse était suspicieux- qui sonne presque comme une délivrance pour un personnage qui a trop souffert d'avoir vécu. Cela dit, elle n'est pas encore vraiment morte. Tout est encore possible. Les scénaristes ne sont de toute façon pas du genre à la laisser en paix. Jusqu'au bout, ils la déchiqueteront. J'en suis certain. 

   On peut souvent se plaindre de l'incapacité des auteurs de True Blood à se séparer de leurs personnages, préférant les entasser dans des intrigues parfois confinées en attendant mieux, mais ils se sont lâchés sur ce dernier épisode puisque les morts se ramassent à la pelle ! Tout comme Tara, Nan se fait exploser, mais tout entière et par Bill. La montée en puissance du personnage cette saison n'aura pas été complètement satisfaisante, mais sa disparition devrait permettre à Bill d'aller encore plus loin dans sa quête de pouvoir. Debbie, je l'ai déjà dit, rend également les armes, de même que l'esprit de Marnie qui a habité le temps de quelques séquences à la limite du grotesque le corps de Lafayette. On n'a pas du tout eu l'impression de voir deux fois la même chose en plus, avec le précédent personnage à s'être invité dans ce corps masculin-féminin. Les adieux de Marnie m'ont malgré tout ému, mais pas autant que le sacrifice de Jesus et la douleur incommensurable de Lafayette face à cette perte. Oops, j'allais oublier de parler de Pam : elle a été géniale, comme d'habitude, et pas juste parce pour ses "Fuck Sookie" et cette sombre histoire de vagin magique. Sa détresse était déchirante, tout simplement.

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// Bilan // Les scénaristes de True Blood n'y sont pas allés avec le dos de la cuillère cette année ! Et on les en remercie : il s'agit, selon moi et sans hésitation, du meilleur final de la série, elle qui a toujours eu une fâcheuse tendance à rater ses sorties. C'est furieuse et vibrante qu'on l'aime et elle l'a été tout au long de cette dernière heure. Les séquences émotion ont été nombreuses et c'est souvent de cela que la série a manqué par le passé. Bien que ce ne soit pas son fort, elle a aussi su faire preuve de subtilité et de simplicité, ce qui lui va ravir. Elle donne ainsi moins l'impression d'être vaine. Je ne sais pas quoi penser du retour annoncé de Russell Edgington mais l'idée n'est pas déplaisante. Bien que réussi, le personnage de Marnie ne lui arrivait pas à la cheville. Quant à la saison 4 dans sa globalité, je suis obligé d'aller à contre-courant de tout ce que je lis un peu partout : c'est tout simplement la meilleure ! Je ne me suis quasiment jamais ennuyé, j'ai dévoré les épisodes et cela ne m'était encore jamais arrivé avec True Blood ! Je ne dois pas du tout en attendre la même chose que la plupart de ses fans... Me voilà acquis à la cause de cette belle bande de pervers et décérébrés. La déchéance, en somme.



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