01 septembre 2011

Shameless US [Saison 1]

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Saison 1 // 1 020 000 tlsp.

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    Je vous ai déjà parlé de Shameless US à deux reprises sur le blog, d'abord pour l'excellent pilote (ICI) puis pour le deuxième et le troisième épisode (ICI). Tout au long de la saison 1, les qualités de la série de Showtime sont restées les mêmes, ce qui rend ma tâche difficile puisque je n'ai pas grand chose de nouveau à en dire. Je dois quand même avouer que j'ai trouvé le schéma de certains épisodes un poil répétitif, surtout en milieu de saison. Mais c'est, je crois, la seul critique que je sois capable de faire. Tout le reste sera dithyrambique. Je garde néanmoins toujours en tête qu'il s'agit d'un remake, pour le moment assez proche de l'original paraît-il. Le mérite est donc moindre.

   La plus grande force de Shameless est d'avoir réussi à rendre tous ses personnages -sauf celui de Frank- instantanément attachants. Ils l'ont été du premier au dernier épisode, sans discontinuer. Je suis d'ailleurs incapable de dire qui sont mes préférés. Ils sont tous différents mais tous excellents, et les acteurs offrent des prestations formidables à tous les coups ! Si je devais fonctionner par affinités, je dirais que celui qui me parle le plus est Ian. J'ai d'ailleurs adoré le passage, dans le final, où il fait son coming-out à sa grande soeur. Le "I Know" de cette dernière pour seule réponse, accompagné d'un sourire bienveillant, se suffisait à lui-même. Puis, après un long silence, elle n'a pas oublié d'ajouter "You're still on my shit list", et on reconnaît bien là l'humour de la série, toujours présent aussi sérieux soit le sujet abordé. Même le suicide du père de Karen, autre moment fort du final, a quelque chose d'"amusant". Ce choix de se jeter dans l'eau gelée, un poids autour des pieds... Bon d'accord, dis comme ça, c'est juste glauque. Mais Shameless racontée "juste comme ça", de toute façon, c'est effectivement glauque. Il faut le voir pour le croire : le rythme, l'énergie, la musique, le montage et la modernité contribuent à faire de cette série un rendez-vous télévisuel complet, un plaisir large et riche. On est aussi ému qu'hilare tout au long des épisodes. Il n'est JAMAIS question de misérabilisme et, malgré tout ce que les Gallagher peuvent vivre de dur et de négatif, ils ont un don pour rester positifs et bienheureux.

   Un des épisodes les plus marquants de la saison est celui du retour de la matriarche. J'espérais que les producteurs fassent appel à une actrice connue pour l'interpréter. Dans mes fantasmes les plus fous, j'aurais adoré qu'ils réunissent William H. Macy et Felicity Huffman (mari et femme) à l'écran mais je suppose qu'il n'en a jamais été question pour tout un tas de questions financières et logistiques. N'empêche que ça aurait eu de la gueule ! Pour tout dire, je n'ai même pas retenu le nom de l'actrice choisie mais sa prestation ne m'a pas impressionné. J'en attendais davantage. En même temps, à la base, je ne m'attendais pas du tout à ce qu'on découvre ce personnage dès la saison 1. Je pensais qu'ils garderaient cette cartouche pour plus tard. D'ailleurs, j'ai beau adorer la série, je me demande comment ils vont faire pour tenir aussi longtemps que la série originale si, d'aventure, elle va jusqu'à la saison 8 (voire plus) ! Pour revenir à cet épisode un instant : la fin était parfaitement bouleversante. Le couple formé par Fiona et Steve a connu bien des rebondissements au fil des épisodes mais il n'a jamais perdu de son piquant et de son romantisme. Emmy Rossum et Justin Chatwin sont vraiment très convaincants ensemble. Je ne serais pas étonné qu'ils forment aussi un couple dans la vie... Concernant Lip, je n'ai pas eu un coup de coeur immédiat pour lui mais sa relation avec Karen a pris de l'ampleur au fur et à mesure et, dans le final, ils m'ont définitivement conquis !

   Et puis il y a Frank. Et il me pose vraiment problème. Je ne peux pas dire que je ne l'aime pas, ni même que je le déteste. Il ne me laisse pas indifférent non plus. C'est juste qu'il est... Frank. Je n'ai jamais vu à la télévision un père aussi peu digne et aussi vulgaire. Mais il n'est pas bête ! Il a même de la suite dans les idées quand il est à peu près lucide (donc rarement). Jamais les scénaristes ne portent de jugement sur son comportement. Au contraire même, puisqu'ils le laissent aller toujours plus loin. Il couche quand même avec la petite amie mineure de son fils ! Cette liberté scénaristique-là n'a pas de prix, même sur le câble. C'est très très fort. Les moments où j'aime le plus Frank sont ceux où il est accompagné de Sheila. Cette dernière vaut de toute façon le coup quelles que soient les occasions. L'adjectif "cinglée" ne lui suffit même pas. Elle est incroyable. Je l'adore. Joan Cusack s'éclate et ça se voit. Bon et puis il y a les voisins, Kevin et Veronica, qui ne sont pas indispensables mais qui m'amusent pas mal aussi. 

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// Bilan // Shameless US aurait pu se contenter d'être drôle et très irrévérencieuse et elle aurait déjà été très bonne. Mais elle a eu la bonne idée d'être aussi intelligente et fine, émouvante sans être larmoyante. Cela fait d'elle non seulement l'une des meilleures nouvelles séries de la saison 2010/2011 mais aussi l'une des meilleures séries familiales jamais créées. N'ayons pas peur des mots !