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   Je poursuis mes aventures au pays des DVDs pas chers et des séries pas cheaps avec Psychoville, probablement l'un des objets télévisuels les plus improbables qu'il m'ait été donné de voir. Et il vient de BBC 2.  Comme quoi, toutes les bonnes séries anglaises ne sont pas sur Channel 4 ! Elle est l'oeuvre d'un duo à l'origine d'une série culte de la fin des années 2000 (passée sur Comédie ! en France) : The League Of Gentlemen, qu'il me tarde de découvrir du coup. Steve Pemberton et Reece Sheasmirth ont apparemment repris les mêmes ingrédients, ceux de la "comedy mystery", mais en pire ! Et ça donne quelque chose d'unique...

  Psychoville narre les tranches de vies de cinq personnages qui vivent aux quatre coins de l'Angleterre et qui n'ont apparemment rien en commun. Pourtant, ils reçoivent tous une même lettre avec l'inscription "I Know what you did". Ca ne vous rappelle rien ? Oui, Souviens-toi l'été dernier évidemment. C'est normal, les scénaristes s'amusent à rendre hommage à leur façon à de nombreux films d'horreur ou de thrillers. Les réfèrences ne manquent pas. Il faudra attendre le dernier épisode de la saison 1, le 7ème, pour véritablement découvrir quel est le lien qui les unit tous. Et cela donne d'ailleurs le meilleur épisode de la série à ce jour, qui se termine par un petit cliffhanger. Une saison 2 a été commandée et arrivera en 2011. Pour patienter, un téléfilm est prévu en 2010. Tout l'intérêt de la série réside dans sa galerie de personnages absolument hallucinante et irrévérencieuse, comme seuls les Anglais savent nous concocter. Nous avons donc Oscar Lomax, un collectionneur de peluches richissime prêt à vendre ses propres yeux pour obtenir une pièce inestimable de sa collection (à mon goût le personnage le moins intéressant, sauf quand il est rejoint par des siamoises perverses); Joy Aston, une puéricultrice persuadée que le baigneur qu'elle utilise pour faire des démonstrations aux futurs parents est son propre enfant, elle est capable du pire pour le protéger (elle est interprétée par l'excellente Dawn French, célèbre acolyte de Jennifer Saunders); Robert Greenspan, un nain-acteur amoureux de la Blanche-Neige idiote de la pièce dans laquelle il joue, il a un passé sulfureux d'acteur porno et, pour couronner le tout, il est télépathe (le plus attachant); David Sowerbutts, un grand dadet retardé fasciné par les tueurs en séries au point d'en devenir un et élevé par une mère tout aussi cinglée que lui, une relation limite incestueuse les lie (mes deux personnages préférés, les plus flippants et les plus drôles); et enfin Mr Jelly, un clown très triste et très en colère depuis qu'il a été amputé de sa main gauche (un peu ennuyeux sur le longueur).

   Le principal défaut de Psychoville, c'est son pilote. Il faut y survivre. Non pas qu'il soit mauvais mais l'univers de la série est tellement différent de ce qu'on a l'habitude de voir qu'un temps d'adaptation est nécessaire. Et puis il ne pose pas clairement les enjeux et se contente de nous présenter les personnages, lesquels ne sont pas encore au top de leur perversité. Le 4ème épisode, un huis clos hilarant entre les serial-killers mère et fils, est le plus réussi de tous mais pas aussi jouissif que le dernier. Il contient notamment une scène chorégraphiée juste énorme. Il aurait fallu que tous les épisodes soient aussi bons pour que l'on puisse considérer la série comme une réussite. En fait, il aurait fallu que chaque épisode se concentre sur un seul personnage et qu'ils se rejoignent tous, comme c'est le cas, dans le dernier. Là, on passe d'une histoire à l'autre avec des enchaînements trop abruptes, parfois frustrants. En tous cas, c'est souvent drôle, très décalé évidemment, et osé. A ce sujet, je m'attendais à pire. Une fois passée la présentation des personnages, ils ne nous surprennent et ne nous dégoûtent plus vraiment. Ou alors on s'habitue à leur folie ? A noter que les créateurs, Steve Pemberton et Reece Shearsmith, interprétent aussi trois des personnages principaux chacun. La performance est à saluer !

So What ?

   Psychoville se doit d'être tentée par les plus curieux des sériephiles car elle est unique en son genre, à la fois grotesque et jouïssive. Elle est malheureusement parfois un peu ennuyeuse mais le format 7x 28 minutes ne peut s'apparenter à un supplice. Mais définitivement, l'essayer, ce n'est pas l'adopter. Ou alors vous êtes vous-même un psychopathe et je ne réponds plus de rien !


// Bonus // Un court teaser !