Des News En Séries, Le Blog

16 avril 2014

Babylon Fields [Pilot Script]

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BABYLON FIELDS (2014)

Drama // 42 minutes 

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Ecrit et produit par Michael Atkinson & Gerald Cuesta. Co-écrit, co-produit et réalisé par Michael Cuesta (Six Feet Under, Dexter, Homeland). Pour NBC & 20th Century FOX Television. 53 pages.

Du jour au lendemain, dans la petite ville de Babylon, les morts sortent de leur tombe. Devenus des zombies, ces ex-vivants en pleine putréfaction tentent de reprendre une "existence" normale, au milieu de leurs familles et de leurs amis, naturellement déboussolés. Ils peuvent parler et se souviennent de tout, ou presque. Janine Beltran, neurochirurgienne, et Thomas Wunch, scientifique, unissent leur force pour expliquer l'inexplicable, alors qu'eux-mêmes sont touchés par le retour de leurs proches. C'est alors que des secrets bien enfouis sont déterrés dans le chaos...

Avec  Skeet Ulrich (Scream, Jericho, Los Ageles Police Judiciaire), Virginia Madsen (Candyman Sideways, Hot Spot), Meagan Good (Cousin Skeeter, Deception, Californication), S. Epatha Merkerson (New York Police Judiciaire), Kyle Schmid (Copper, Being Human US), Ritchie Coster (Luck), Yul Vasquez (Treme, Magic City)...

 

   Faulkner -- “The past is never dead. It’s not even past.” J'avais envie de commencer cette review par cette jolie citation, prononcée par l'héroïne au cours du pilote de Babylon Fields. Vous n'êtes peut-être pas sans ignorer que ce projet sur des morts-vivants est, comble de l'ironie, lui-même un revenant. Il a été développé une première fois pour CBS en 2007, ce qui a abouti à une commande de pilote. Amber Tamblyn, Kathy Baker (l'excellente...), Ray Stevenson ou encore Jamey Sheridan faisaient partie de la distribution. Sans surprise, la chaîne a choisi de ne pas aller plus loin, même s'il lui est arrivé de commander de temps en temps des séries très différentes de ce qu'elle avait l'habitude de proposer. Je pense à Viva Laughlin notamment, la plus étonnante de toutes, et on pourrait aussi citer Harper's Island ou Vegas. Mais Babylon Fields allait sans doute trop loin dans le gore et l'étrange, d'autant plus dans une télévision pré-The Walking Dead. Le pilote, toutefois très apprécié par les professionnels de la profession et les critiques, s'est retrouvé disponible sur internet, fait rarissime. Et vous pouvez le (re)voir en bas de cette page. Ce que j'ai consciencieusement fait avant de vous écrire cette bafouille.

    Une fois que l'on a replacé Babylon Fields dans son contexte d'origine, contextualisons cette nouvelle version qui débarque 7 ans plus tard. The Walking Dead est passée par là, ainsi que In The Flesh, Les Revenants et tout récemment Resurrection, traitant toutes plus ou moins du même sujet mais chacune à leur manière, avec leurs spécificités locales. NBC, et plus précisément Jennifer Salke, sa responsable des dramas, ancienne de 20th Century FOX qui a participé au développement du premier pilote, a vu l'opportunité de surfer sur la tendance avec un projet clé en mains. Surtout qu'entre temps, Michael Cuesta, son réalisateur et producteur exécutif, a fait ses preuves sur Dexter et Homeland, rien que ça (et a réalisé les pilotes d'Elementary et Blue Bloods). A l'époque c'était un jeunot et quasi "no one". Mais alors est-ce que Babylon Fields apporte quelque chose à ce que l'on a déjà vu sur les zombies ? La réponse est non. On est à mi-chemin entre The Walking Dead et Resurrection, tandis que l'on retrouve peu de nos Revenants. C'est dommage, c'était la meilleure référence des trois, sans chauvinisme aucun. 

   Là où le premier pilote était très dans l'intime, dans le silence, dans la froideur, dans l'émotion, dans l'irrationnel qui ne cherchait pas être expliqué (en tout cas dans le pilote, qui sait ce qu'aurait donné la suite... ), celui-ci s'annonce plus frontal, plus grandiloquent, plus dans la démonstration, dans le gore, dans le mystère. Il laisse peu de place à l'émotion malheureusement et préfére privilégier l'action et les rebondissements. C'est sans doute plus proche de notre temps, à tort ou à raison. Le premier sonnait très câble. Celui-ci sonne plus network, la violence et le gore mis à part. Et ce n'est pas un détail. Si l'oeuvre originelle est dénaturée, c'est en pleine conscience : l'équipe est exactelent la même. On ne peut pas reprocher à NBC d'avoir voulu le rendre plus grand public et, de fait, plus attrayant... plus vivant ! Peu de choses ont été gardées de l'histoire d'origine. Quelques fragments de scènes, quelques morceaux de personnages.

   L'intrigue adopte d'emblée une position plus scientifique et explicative, ne serait-ce que de par le métier de ses héros principaux. Ils essayent de comprendre, ils cherchent des réponses, et leur quête fait écho à leurs démons personnels. Tout cela est assez bien géré, avec quelques séquences marquantes, inquiétantes, je n'irai pas jusqu'à dire terrifiantes mais elles sont en tout cas indéniablement inconfortables pour le téléspectateur. J'ose espérer que c'est le but recherché, de le bousculer. Ni trop, ni pas assez... Il y a un gros twist, que je n'avais personnellement pas vu venir, et une révélation, prévisible à des kilomètres, qui donnent envie de revenir. Mais je ne suis pas certain que cette série puisse tenir le coup sur le long terme. Cette version a plus d'ampleur que la première, mais peut-être pas encore assez pour nous tenir haleine bien longtemps. Et puis, inévitablement, il y a la religion. Elle est quasiment absente des Revenants, si ce n'est par touche, de façon très sinueuse. Elle est très présente dans Resurrection, du moins de ce que j'en ai vu. Elle a un rôle à jouer dans The Walking Dead, mais sans être trop appuyée, sans insistance. Tout cela est très révélateur. Dans Babylon Fields, en bonne série américaine, elle est représentée par le personnage interprété par Skeet Ulrich, un prêtre qui a la mauvaise surprise de découvrir son frère jumeau, mort, sur le pas de la porte de son église. Double peine pour ceux qui comme moi n'aiment pas du tout cet acteur... Cette partie-là, de mon petit point de vue de français athée, est ennuyeuse. Pourtant, parfois, la croyance peut me fasciner dans la fiction. Mais pas là. Vraiment pas.

   Malgré l'opportunisme évident de sa résurrection, Babylon Fields n'a pas à rougir de son intrigant pilote. Si l'on n'avait pas vu toutes ces séries de zombies naître ces dernières années, elle aurait même été très singulière dans le paysage télévisuel. Mais on les a vues, parfois aimées, parfois détestées, et on n'en a plus envie, surtout pas d'une nouvelle, qui plus est avec un casting si peu alléchant. Associée à Grimm le vendredi soir, elle pourrait cependant s'en sortir honorablement en terme d'audiences. Je ne la vois en tout cas pas faire pire que Dracula et Hannibal... Si NBC ne lui donne pas la vie, je ne la pleurerais.

 

 Découvrez le pilote de Babylon Fields, version 2007 :

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15 avril 2014

Good Session [Pilot Script]

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GOOD SESSION

Comédie (Single-Camera) // 22 minutes

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Ecrit, produit et réalisé par John Hamburg (Mon beau-père et moi, Zoolander, I Love You Man). Co-écrit et co-produit par Matthew Miller (Chuck, Las Vegas, Forever). Pour CBS & Warner Bros. Television. 42 pages.

Lindsay et Joel forment un couple heureux depuis 12 ans. Afin de déterminer si oui ou non ils sont prêts à élever un enfant, ils se lancent dans une thérapie. Mais, en fouillant dans leurs souvenirs, ils découvrent rapidement qu'ils ont bien plus de problèmes à régler qu'ils ne l'avaient réalisé.

Avec James Roday (Psych), Mandy Moore (Le temps d'un automne, Raiponce, Grey's Anatomy), Rich Sommer (Mad Men), Tracey Ullman (How I Met Your Mother, Ally McBeal), Ana Noguiera (The Michael J. Fox Show), Danielle Nicolet (3ème Planète après le soleil)...

 

   Malgré le gros échec de We Are Men, annulée sans surprise au bout de deux semaines de diffusion, puis l'inexorable chute -absolument pas méritée- de The Crazy Ones (en attendant Bad Teacher), CBS n'a pas perdu espoir d'imposer une comédie single-camera sur son antenne même si, très honnêtement, je ne vois pas pourquoi elle se démène tant alors que son truc c'est les multi-camera et que ça lui réussit plutôt bien depuis des décennies et plutôt mieux qu'à toutes ses concurrentes surtout. Question de fierté peut-être. Excès de confiance. CBS veut montrer qu'elle peut tout réussir. Parmi les pilotes commandés, trois sont donc des single-camera : Gaffigan, qui était une multi l'an dernier et qui a été retravaillée pour 2014, Taxi-22, finalement repoussé faute de trouver le bon acteur pour le rôle principal, et Good Session, dont je vais vous parler maintenant. Aussi sympathique soit-elle, je ne crois pas qu'elle puisse être LE hit qui débloquera la situation de la single-cam sur CBS...

   Quelque part, Good Session est une sorte de Rules Of Engagement plus moderne et plus soigné. Ou alors un sous-sous-sous In Treatment du couple. C'est en tout cas une énième comédie qui tente de nous apprendre comment fonctionne vraiment un couple, de l'intérieur, mais sans tous les clichés habituels. C'est du coup assez rafraîchissant dans un genre où tout a déjà été fait, et souvent assez mal ces dernières années. Du point de vue de la stricture, nous avons avant tout les séances chez la thérapeute, assez réussies dans l'ensemble, qui entraînent des flashbacks, ici sur leur première rencontre, sur la fois où elle et lui se sont rendus compte qu'ils étaient amoureux -et ce n'est pas la même- sur leur première fois également, totalement ratée. Disons que monsieur a été plus que précoce. Lors de ce passage puis quelques autres, le pilote navigue d'ailleurs dans des eaux troubles, pas très networkiennes, mais qui sont très à l'image de ce que le scénariste John Hamburg a pu faire par le passé au cinéma, notamment dans Mes beaux parents et moi. C'est vulgaire et osé, et ça marche à mort. Je pense que les fans de 2 Broke Girls, ou ceux de Mon Oncle Charlie ne devraient pas être trop choqués. Les autres... Il y a également quelques scènes au présent loin du divan, qui permettent de faire intervenir le couple d'amis le plus proche de Joel et Linsday, heureux mais pas tout à fait honnêtes l'un envers l'autre, ainsi que le père de monsieur, qui en est à son sixième mariage, et la soeur aînée de madame, pas du tout sérieuse, excentrique. L'idée est sans doute de nous montrer qu'ils se sont construits en essayant de s'éloigner le plus possible de ces trois modèles pour créer leur truc à eux. C'est vrai qu'au bout du compte ils sont mignons et attachants. Le vrai problème dans le fond, c'est que l'on ne peut pas s'empêcher de penser qu'ils n'ont absolument pas besoin de cette thérapie. Et accessoiremment que le système va vite nous gonfler et ne peut durer indéfiniment... sauf si c'était un drama. Là on pourrait explorer des intrigues plus sombres. 

   Good Session est une comédie qui se prétend plus intelligente qu'elle ne l'est vraiment, et qui n'est pas aussi drôle qu'elle devrait l'être. Mais elle n'en reste pas moins agréable à suivre, sympathique comme tout, amusante, mignonnette, un peu dacalée, osée... Elle n'est malheureusement pas à sa place sur CBS et je la vois difficilement tenir le coup à l'antenne, si toutefois elle parvenait à y accéder.  

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14 avril 2014

Exposed [Pilot Script]

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EXPOSED

Drama // 42 minutes

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Ecrit par Charles Randolph (La vie de David Gale, Love et autres drogues). Remake de la série suédoise Annika Bengtzon: Crime Reporter de Lisa Marklund. Réalisé par Patty Jenkins (Monster, The Killing, Betrayal). Pour ABC, Universal Television, TBD Entertainment & Yellow Bird Entertainment. 59 pages.

Anna Loach, journaliste d'investigation pour Rolling Stone Magazine, ne recule devant rien pour découvrir la vérité concernant des affaires controversées sur lesquelles ses confrères n'osent même pas enquêter, quitte à mettre sa vie en grand danger, contre l'avis de son patron, ses collègues et ses proches. Alors qu'elle est sur le point de faire la lumière sur des pratiques douteuses de la police locale, elle reçoit l'aide inattendue et mystérieuse d'un dénommé "Stoya", qui lui révèle les détails d'une conspiration gouvernementale touchant tous les citoyens américains...

Avec Mary Elizabeth Winstead (Die Hard 4, The Spectacular Now, The Thing), Brian F. O'Byrne (FlashForward,  Mildred Pierce), Pedro Pascal (Game Of Thrones, The Good Wife), Fran Kranz (Dollhouse, La Cabane dans les bois), Sandrine Holt (24, House Of Cards, Resident Evil), Ben Barnes (Le Monde de Narnia), Peter de Jersey (Broadchurch)...

 

    Je n'attendais pas grand chose d'Exposed, si ce n'est un show procédural, énième variation de série policière se cachant cette fois derrière un personnage de journaliste têtue pour accomplir ses basses besognes. Il n'en est rien, ou presque. Si l'aspect procédural est inévitable dans les premiers temps, avec une affaire par semaine, la part de feuilletonnant est très très importante et chaque petite affaire, comme dans ce pilote, est en réalité liée à une bien plus grand affaire, une conspiration gouvernementale. Rien que ça. A plusieurs reprises, cette partie de l'histoire m'a fait rouler les yeux. Pas d'incrédulité, mais de surprise. Le scénariste va très loin, quitte à nous entraîner quasiment dans de la science-fiction, sauf que tout cela semble finalement très réel, crédible. Et c'est franchement super flippant.  

   La série s'inscrit dans une paranoïa très actuelle, très post-11 septembre, très Homelandienne, où, au nom de la sécurité du pays, chaque citoyen est surveillé (et pas seulement aux Etats-Unis) par tous les biais possibles et imaginables : nos mails personnels sont lus et stockés sur des serveurs géants pendant des mois, des années; la moindre de nos recherches sur internet est retraçable; nos conversations téléphoniques peuvent être écoutées à tout moment; et, cerise sur le thriller, des drones postés au-dessus des plus grandes villes sont capables de suivre le moindre de nos faits et gestes, la moindre de nos rencontres, du matin au soir, 24/24, 7j/7. C'est ce qui arrive à Anna Loach, nous offrant au passage des points de vue intéressants niveau réalisation, depuis ces fameux outils postés dans le ciel. Toute son enquête du jour, assez passionnante par ailleurs mais très sombre -il s'agit de la disparition d'une jeune fille, liée à des dealers de drogues, des gangs...- est suivie à la trace par une mystérieuse entité gouvernementale qui n'a clairement pas pour unique but de protéger les citoyens, mais aussi de leur cacher de terribles vérités. Le pilote se termine par des menaces violentes proférées à son encontre. Un certain Quigg, à la tête de ce groupe, devient ainsi l'ennemi numéro un de l'héroïne, tandis que son allié, surnommé "Stoya", est un fugitif dont elle ne sait rien, mais pour qui elle a déjà développé des sentiments qui vont bien au-delà du respect, de la gratitude ou d'une certaine forme d'amitié malsaine. Elle est amoureuse quoi... alors qu'elle a déjà un boyfriend de longue date, Oscar, qui se trouve aussi être son patron aux bureaux de la côte Ouest de Rolling Stone, et qui la presse depuis plusieurs mois pour qu'elle vienne vivre chez lui, une idée qu'elle rejette en bloc, soi-disant parce que sa fille de huit ans la déteste. Bref, si Exposed est indéniablement un thriller qui se veut intelligent, rythmé, inquiétant et ultra-moderne, elle n'oublie pas une composante essentielle, particulièrement sur ABC : la romance. Ici trouble et dangereuse. Donc excitante. Scandalienne ?

    L'héroïne n'est pas instantanément attachante. Dans les premières scènes, elle est très bavarde, très désagréable avec ses collègues, trop rentre-dedans, on la soupçonne même d'être un peu prétentieuse. Puis plus le pilote avance et plus sa témérité force le respect et plus on comprend que le rempart qu'elle a construit autour d'elle est absolument indispensable pour qu'elle puisse exercer son métier avec le plus de liberté possible. Elle devient finalement admirable, mais pas héroïque. Elle reste ambitieuse, carriériste et si ses intentions sont louables et son empathie pour les victimes et leurs proches sincère, ses méthodes n'en sont pas moins discutables. Anna Loach est atypique. Elle m'a un peu fait penser à Ellen Parsons de Damages, quelque part. Elle aussi semble avoir un passé familial compliqué. Elle a clairement un problème avec son père, tandis qu'elle reste muette sur sa mère. Elle a en revanche une jolie relation avec son frère, mais cela ne va pas durer vraisemblablement : il n'est rien de moins que le grand chef d'une entreprise qui fabrique des systémes de sécurité de haute technologie... comme justement les drones utilisés par le Gouvernement ! Il y a conflit d'intérêt... Il ne sort jamais sans gardes du corps, sa vie est constamment menacée. La plupart des collaborateurs d'Anna ne sont qu'accessoires dans ce pilote, à l'exception d'un certain Elvis Giroux, pour qui on a rapidement de la sympathie. Il a beaucoup d'humour et on sent une véritable complicité entre eux, qui permet de temps à autres de détendre l'atmosphère. Et c'est vraiment nécessaire !

   Exposed est un pilote extrêmement intéressant, indéniablement réussi, qui impose un ton et une ambiance thrilleresques que l'on attend davantage sur le câble, en tout cas sur le fond, et certainement pas sur ABC, même si la forme est soignée dans ce sens. Pour le moment, la série est facile d'accès, limpide, mais sur une saison entière (de 13 ou 22 épisodes), elle est amenée à devenir beaucoup plus complexe. J'ai le sentiment que la chaîne a de fortes chances de passer son tour. En tout cas, elle ne peut pas se permettre de commander et Exposed et American Crime, qui sont très différentes mais qui jouent quand même dans la même cour et représentent un risque...

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13 avril 2014

Sober Companion [Pilot Script]

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SOBER COMPANION

Comédie (Single-Camera) // 22 minutes

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Erit par David S. Rosenthal (Gilmore Girls, 90210, The Middle) & Jennie Snyder Urman (Emily Owens, 90210, Jane The Virgin). Pour FOX & CBS Television Studios. 58 pages. 

Robert Lang, un avocat charmant, deux fois divorcé, est aussi un alcoolique notoire. Lorsque le tribunal lui assigne un compagnon de sobriété 24/24, son monde est mis sans dessus dessous. Très peu conventionnel, Jeremy prend alors le contôle de sa vie... 

Avec Justin Long (New Girl, Mom, Die Hard 4, Dodgeball), Nick Frost (Shaun Of The Dead, Paul, Hot Fuzz), Ally Maki (10 Things I Hate About You), Dorian Brown (Wilfred), Mallory MahoneyPete Davidson, Mouzam Makkaar...

 

   Les comédies "Odd Couple" sont vraiment reines cette saison : The Odd Couple, bien sûr, mais aussi The Pro, The Mason Twins, Lifesaver, et bien d'autres. En voici encore un exemple, plutôt réussi, cette fois pour FOX. Sober Companion a un avantage indéniable par rapport aux autres : elle repose sur un duo plus atypique que la moyenne, un peu en dehors des clichés habituels, parce que Robert est hors de contrôle et va loin dans l'auto-destruction et parce que Jeremy est très surprenant tant il est spécial. Oserais-je dire... Sheldonesque ?

   Les fans de The Big Bang Theory pourraient y trouver leur compte (et c'est peut-être à cause de cette proximité que CBS qui produit n'a pas gardé ce projet pour elle). Jeremy est geek, et son addicition passée était justement celle au shopping... au shopping de goodies, de jeux vidéos, de coffrets DVD... La cave de ses parents dans laquelle il habite en est remplie. La dernière scène du pilote, très très drôle, se déroule au sein d'un jeu vidéo de plateforme, où Jeremy est le héros et Robert, la princesse en danger ! Mais l'aspect geek très à la mode s'arrête là et Jeremy ne se résume pas à cela. Il a d'excellentes répliques tout du long et c'est sur ses épaules que le pilote repose. Depuis ses venues dans New Girl et Mom, sans compter sa présence continue dans Earl il y a bien lontemps, on espérait que Justin Long obtienne SA comédie, d'autant que le cinéma n'a pas tellement su le servir. C'est désormais chose faite. Il devrait avoir toute la matière nécessaire pour faire des merveilles ! En plus, il est charmant. Un charme étrange, certes, mais ravageur.

   Face à lui, il est vrai que Robert est moins marrant. En fait, il l'est quand il est bourré. C'est à dire dans l'ouverture de l'épisode et lors d'une rechute un peu plus tard. Le reste du temps, il subit les facéties de Jeremy. Sa force à lui, c'est sa famille : sa première ex-femme, dont il est encore amoureux mais qui a retrouvé l'amour auprès d'un danseur de ballet qui passe son temps en collant et qui a un énorme paquet pour le narguer; et sa petite fille de 9 ans, JoanJett (quel prénom fun, en référence à la chanteuse de rock), très mûre pour son âge, à la Manny de Modern Family. Ils apportent drôlerie et émotion à l'univers de Robert. Quant à sa deuxième ex-femme, elle représente la tentation, ne menant pas une vie très saine, et comme il l'héberge encore chez lui... la tentation est souvent sous ses yeux... en train de faire du yoga, ou bitcher avec ses copines. Elle est très fraîche. Sans les femmes de sa vie et sans alcool, Robert n'est pas hyper intéressant. Je connais mal Nick Frost, mais j'ai cru comprendre que le monsieur avait ses fans. J'ai du ma à l'imaginer dans ce rôle, mais pourquoi pas ? Entre le script et le casting, les descriptions physiques ne sont pas les mêmes : Jeremy est censé être petit et gros, "à la Zach Galifianakis"; et Robert, beau, charismatique, à la "Robert Downey Jr.". Justin Long et Nick Frost ne sont ni l'un ni l'autre. Mais ça peut quand même très bien marcher comme ça...

    Sober Companion est peut-être la plus faible single-camera dont FOX a commandé un pilote -je préfère Fatrick et Dead Boss- mais elle s'en sort quand même plutôt bien, avec drôlerie, malice et fraîcheur. Comme les autres, je ne lui prédis pas forcément un avenir radieux en cas de commande en série -FOX oblige- mais elle mériterait de connaître son petit succès...

 

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12 avril 2014

Only Human [Pilot Script]

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ONLY HUMAN

Drama // 42 minutes

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Ecrit par David Marshall Grant (Brothers & Sisters, Smash, Nashville). Adapté de la série israélienne Ran Quartet. Réalisé par Gavin O'Connor (The Americans). Produit par Carl Beverly & Sarah Timberman (Elementary, Unforgettable, Justified). Pour CBS Television Studios, & Timberman-Beverly Productions. 66 pages.

L'enfance, l'adolescence et les premiers pas dans la vie active des quadruplés Lang ont été filmés 24/24 pour une émission de télé-réalité. Puis les caméras se sont arrêtées de tourner et Gary, Diana, Michael et Jonathan ont enfin pu mener leur vie sans la pression médiatique. Après avoir vécu loin de sa famille de médecins pendant trois ans, Gary, le vilain petit canard, est de retour aux bercails où presque rien n'a rien changé. Les vieilles rancoeurs et rivalités sont ravivées, mais le lien qui les unit reste indéfectible...

Avec Jamie Lee Curtis (True Lies, Un poisson nommé Wanda, Halloween, New Girl), Ashton Holmes (Revenge, A History Of Violence, Nikita), Nick Jandl, Anna Brewster, Cameron Scoggins...

 

    Si Parenthood venait à nous quitter cette année, rendez-vous bien compte qu'il n'y aura plus aucun drama purement familial à l'antenne des networks. Plus un. Il restera Shameless sur le câble. Mais c'est tout. Comment en est-on arrivé là ? Les Walker me manquent encore. Les Bravermans me manquent déjà. Est-ce que les Lang de Only Human parviendront à combler ce grand vide ? Je n'en suis pas convaincu pour le moment, selon ce seul pilote. Et puis soyons francs : c'est de tous les projets commandés par CBS cette saison celui qui a le moins de chances de voir le jour. Autant ne pas s'attacher à eux...

    Mais d'abord, un petit cours d'histoire s'impose. En 2010, CBS commande un remake de la série israélienne Ran Quartet, un pilote intitulé The Quinn-Tuplets. C'est Mike Kelley qui est choisi pour l'écrire. Deux ans plus tôt, il se faisait remarquer en imaginant l'excellente série estivale de la chaîne, Swingtown. Depuis, il a créé Revenge, puis en est parti. Amber Tamblyn, Molly Parker, David Giuntoli, Anna Chlumsky et Sam Witwer incarnent les héros de cette série familiale centrée sur des quintuplés. Lorsque vient le moment de choisir ses nouveautés, CBS lui préfère Criminal Minds: Suspect Behavior, The Defenders et Chaos. Trois séries disparues au bout de quelques épisodes. Plusieurs journalistes qui ont vu le pilote sont dépités par la décision de la chaîne. The Quinn-Tuplets fait partie de ces quelques pilotes célèbres pour avoir été honteusement rejetés malgré leur excellence, souvent parce qu'ils ne correspondaient pas aux besoins du moment (mais alors pourquoi commander un pilote dans ce cas ??? Le script suffit à comprendre que ce n'est pas pour eux !). Pourquoi la chaîne décide de relancer le projet 4 ans plus tard ? Je l'ignore. Mais elle a cette fois l'intention de le CBS-iser. Elle fait les choses bien dans un premier temps en assignant la tâche d'écriture à David Marshall Grant, l'une des têtes pensantes de Brothers & Sisters, qui a donc faire ses preuves dans le genre. Mais ils lui demandent aussi une chose : faire que cette série soit familiale ET médicale. Et c'est à mon sens là qu'est tout le problème. Au passage, les quintuplés sont devenus des quadruplés. Admettons. 

   Le pilote commence par une scène qui se veut impressionnante, accrocheuse : l'un des héros est sur la Cordillère des Andes, au Pérou, et manque de se tuer en faisant une mauvaise chute. Cette expérience proche de la mort le pousse à quitter sa vie de bohème aventurier pour retourner auprès des siens, tout particuièrement sa mère, sa soeur et ses deux frères. Pourquoi pas. Bien réalisée, elle peut être du plus bel effet. Mais c'est quand même très très loin de l'ambiance du reste de l'épisode. Un peu hors-sujet quoi. Comme la fausse promesse d'un show tourné vers l'action. La majorité des séquences suivantes se déroulent à l'hôpital, enfin dans un hôpital, où travaille la matriarche, sa fille et l'un de ses fils, et une clinique, où travaille un autre des garçons, qui est gay par ailleurs. Tout cela manque de chaleur. Il n'y a que la dernière scène dans la maison familiale qui en apporte un peu plus, mais c'est déjà trop tard. Si les rapports entre les frères et les soeurs sont assez creusés, avec des ingrédients classiques de rivalités, de camps, de triangle amoureux, les rapports entre les enfants et leur mère sont en revanche très peu traités.

   Jamie Lee Curtis alias Caroline Lang apparaît finalement assez peu. C'est un personnage froid, distant, que l'on suppose évidemment aimant dans le fond, mais qui nécessite bien plus d'un épisode pour être apprivoisé. En soit, c'est plutôt courageux d'éviter le cliché de la mère très présente et même envahissante. Mais au bout du compte, on n'est pas sûr d'avoir envie de passer beaucoup de temps auprès de ces gens qui ne donnent pas l'impression de s'aimer beaucoup. Puis individuellement, ils ne suscitent pas non plus un intérêt fou (les acteurs débutants non plus). Il faut dire qu'ils passent la moitié de leurs temps avec leurs patients, dont on se fiche un peu. On est clairement pas venu pour ça. C'est quand même très ennuyeux qu'ils soient presque tous médecins, en plus d'être peu crédible. Le père mort l'était aussi, évidemment. Et il avait une maladie génétique, qu'il a posiblement transmis à l'un de ses enfants. On nous fait un petit suspense autour de ça. 

    Et la télé-réalité dans tout ça ? Eh bien ça relève de l'anecdotique (ce qui n'était pas le cas dans la première version).  Hormis le fait qu'ils sont parfois reconnus par des patients, une hôtesse de l'air, un passant, ils ont l'air d'être normaux. La célébrité ne semble pas les avoir changés. On dirait qu'ils l'ont bien vécu. Puis ce ne sont pas des Loana ou des Nabilla. Leur real-tv relèvait plus du documentaire que de Big Brother vous voyez. C'est quand même moins amusant. Le sujet sera peut-être creusé plus tard, mais il aurait fallu en parler davantage dès le départ ! C'était la seule originalité de ce pitch quoi ! Alors oui, dans la dernière scène, toujours elle, ils regardent de vieux enregistrements de leur émission. Et ça les émeut. Et peut-être même que ça nous touchera nous aussi. Ce sont des images d'un jour où ils ont tous sauté dans une rivière, du haut d'un rocher. Non sans appréhension pour certains. Le symbole est joli, mais il n'est pas très bien amené. Si ce pilote est le signe d'un plongeon vers l'inconnu pour les héros, je ne vois pas en quoi. Hormis pour Gary, les intrigues développées ici n'aboutissent pas sur une prise de conscience, vers un changement de cap. Bref, c'est un peu brouillon.

  Sur le principe, Only Human avait toutes les cartes en main pour déboucher sur un drama familial un tant soit peu original, mais CBS a apporté bien trop de contraintes à l'auteur pour que l'idée puisse s'épanouir naturellement. Forcer du médical et du procédural là où ce n'était absolument pas nécessaire fait perdre au projet toute sa saveur. C'est triste. Mais de toute façon la chaîne n'aurait pas su quoi en faire. Elle aurait mieux fait de produire le projet pour un concurrent. ABC ou NBC auraient pu en faire quelque chose de bien et à leur image... 

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09 avril 2014

Old Soul [Pilot Script]

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OLD SOUL

Comédie (Single-Camera) // 22 minutes

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Ecrit et produit par Jon Fener (American Dad!, Happy Endings), Josh Bycel (Psych, Happy Endings, Scrubs) & Amy Poehler (Parks And Recreation, Saturday Night Live). Pour NBC, Universal Television, 3 Arts Entertainment & Paperkite Productions. 41 pages. 

A l'aube de ses 30 ans, Nadia ne sait toujours pas ce qu'elle veut faire de sa vie. Ses colocataires de son âge et les retraités dont elle s'occupe au quotidien sont tous d'accord pour dire qu'il faut qu'elle sorte davantage et s'ouvre un peu plus au monde, car ce qu'elle est actuellement c'est une vieille dame coincée dans le corps d'une jeune femme. Leurs conseils précieux et leur soutien sans faille vont lui être indispensables dans cette quête d'elle-même...

Avec Natasha Lyonne (Orange is the new black, American Pie), Ellen Burstyn (L'exorciste, Requiem for a dream, Big Love, Political Animals), Fred Willard (Modern Family), Rita Moreno (Happily Divorced, Oz, Chantons sous la pluie, West Side Story), Greta Lee (Girls), Nick Thune...

 

   Jusqu'ici, je n'avais pas eu de vrai gros coup de coeur pour un pilote de comédie cette saison, alors que j'en ai eu plusieurs côté drama. Bad Judge, One Big Happy, Mission Control, #Selfie ou encore Cabot College m'ont plu, mais pas autant que Old Soul qui est, à mon sens, un véritable petit bijou au charme fou. Quand on sait que la formidable Amy Poehler est impliquée dans l'écriture, ce n'est pas vraiment étonnant cela dit.

 Toutefois, je ne m'attendais pas à autant rigoler. Non parce que la force number one de ce pilote c'est son humour décapant, ses répliques qui font mouche quasiment à tous les coups et avec un casting aussi sympa que celui qui a été assemblé, ça ne peut qu'être hilarant à l'écran ! Pour vous le prouver, voici un petit florilège de passages qui m'ont fait beaucoup rire. "You usually date guys who look like they got killed off on “Game of Thrones.” !" / "Oh, I’m doing this all carrot and bacon diet. They say it helps you get rid of your baby weight." "You had a baby?" "Oh no. I mean the extra weight I’ve had since I was a baby." / "I wish I had Alzheimer's so I’d immediately forget what you just said." / "Hey, you know the rule. When you’re over seventy-five and twenty minutes late, we have to assume you’re dead." Et il y en a plein d'autres comme ça, et même meilleures. Je reconnais que sans le contexte, ça fonctionne peut-être un peu moins. Toutes les scènes avec les "vieux" sont très réussies. C'est d'ailleurs à se demander pourquoi il n'y a pas eu d'autres comédies avec des personnes âgées en héros depuis The Golden Girls. Dans tout un tas de comédies familiales, les grands-parents sont souvent ceux qui nous font le plus rire, bien qu'ils soient en général très secondaires. C'est une mine d'or et Old Sould l'a bien compris.

   Revue d'effectif : nous avons donc la tante de l'héroïne, Eileen, qui a battu plusieurs fois le cancer, qui en est à nouveau atteinte et qui est devenue lesbienne sur le tard. Elle n'a pas sa langue dans sa poche, mais à vrai dire ça s'applique aussi à tous les autres personnages, vieux ou jeunes, sans exception ! Leur relation est hyper émouvante. Il y a ensuite Whit, un vieux monsieur bougon mais adorable, encore très porté sur la chose. Rita et Hector, mariés depuis une cinquantaine d'années, anciens paroliers pour des comédies musicales de Broadway, un peu neuneus mais ultra cute. Et enfin Agnes, sauvage, cynique, solitaire. Les scénaristes ont eu la bonne idée de ne pas les réunir dans une maison de retraite, ce qui aurait été un peu glauque et claustrophobique. Ils habitent tous dans leurs propres appartements mais dans le même immeuble et Nadia leur sert de femme à tout faire. Nadia est un personnage d'emblée attachant, auquel on peut facilement s'identifier qui plus est. Son humour m'a un peu fait penser à celui de Max de 2 Broke Girls. Je veux dire, en dehors des blagues de cul. Il y en a pas mal ici, mais elles sont un peu plus subtiles que dans la sitcom. Les coloc' de Nadia sont vraiment pas mal aussi et les séquences où ils sont réunis sont presque aussi efficaces que celles avec les anciens. Le summum étant la fin du pilote lorsque les deux mondes de Nadia se rejoignent. Nous avons Alix, la meilleure amie d'enfance très très différente, un peu plus dans le style de Caroline (pour parler de 2 Broke Girls à nouveau) mais en plus délurée, et Charlie, l'éternel étudiant qui n'a aucune intention de rentrer dans la vie active et qui est secrétement amoureux de Nadia depuis un bail. Bah oui, il fallait bien une histoire comme ça. C'est mignon comme tout. 

  Old Soul est une comédie hyper efficace, remplie de personnages drôles et attachants, de toutes les générations, mais aussi une comédie émouvante, touchante, justement parce qu'elle réunit ces vieux et ces jeunes autour d'un même but : profiter de la vie à fond avant qu'il ne soit trop tard. Ca peut paraître simpliste dis comme ça, mais je vous jure que ça peut résonner en chacun d'entre nous sans verser dans le cliché et la niaiserie. Est-ce que Old Soul a le potentiel de fonctionner sur NBC ? Je dirais  que oui, tant qu'elle est aussi réussie qu'elle en a l'air. Je l'imagine bien en duo avec About A Boy par exemple. Elles dégagent la même vibe. Je croise les doigts pour que la chaîne ne nous refasse pas une Brenda Forever...

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08 avril 2014

State Of Affairs [Pilot Script]

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STATE OF AFFAIRS

Drama // 42 minutes

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Ecrit, produit et réalisé par Joe Carnahan (The Blacklist, L'agence tous risques, Le territoire des loups). Sur une idée d'Alexi Hawley (Castle, Body Of Proof, The Following). Co-produit par Katherine Heigl & Nancy Heigl. Pour NBC, Universal Television, Bob Simonds Company & Abishag Productions. 58 pages.

Charleston Whitney Tucker, une agent de la CIA aux méthodes peu orthodoxes, a été recrutée directement par la Présidente des Etats-Unis pour devenir sa conseillère spéciale. Sa mission : prévenir les attaques sur le sol américain et cibler les menaces les plus critiques. De par sa position, elle est au centre du pouvoir. Une position qui créé des tensions au sein même de la Maison Blanche et qui allonge sa déjà longue liste d'ennemis...

Avec Katherine Heigl (Grey's Anatomy, 27 robes, En cloque mode d'emploi), Adam Kaufman (Buffy, Dawson, FBI: Portés Disparus), Alfre Wooward (Desperate Housewives, True Blood, Peur Primale), Sheila Vand (Argo), Leslie Odom Jr. (Smash, Les Experts Miami, Person Of Interest), Tommy SavasCliff Chamberlain...

 

   Katherine Heigl fonce droit dans le mur. Mais avant de vous expliquer pourquoi, une précision importante : le script que j'ai lu et dont je vais vous faire la review ici est celui de The Book, titre original du projet, écrit avant même que le rôle principal ne soit offert à l'actrice et la série achetée par NBC. L'ancienne star de Grey's Anatomy, dont la carrière cinématographique s'est rapidement retrouvée dans une impasse, voulait revenir à la télévision et de tous les projets qu'on lui a proposé, c'est celui-ci qui a retenu son attention. La diva et sa cour l'ont ensuite présenté à divers acheteurs potentiels, aussi bien du côté des networks que du câble, et c'est NBC qui l'a emporté. Toutefois, prouvant que l'emballement n'était pas non plus total, c'est uniquement un pilote qui a été commandé et non une première saison directement, comme ça se fait de plus en plus pour les projets les plus chauds. La dernière révision du scénario que j'ai en ma possession, validée par la chaîne, date du 14 janvier 2014, mais il a été annoncé dans la foulée qu'il allait à nouveau être révisé, réécrit même, par Joe Carnahan, qui a oeuvré cette saison sur The Blacklist, le nouveau et seul indéniable hit de la chaîne. En clair : NBC veut Katherine Heigl sur son antenne, Katherine Heigl veut revenir avec cette série à la télévision, donc même si NBC n'a pas été convaincue par ce qu'elle a lu, elle est prête à se lancer dans l'aventure. Et on comprend parfaitement pourquoi elle y tient tant : au-delà de l'argent mis sur la table pour récupérer le projet, il faut avouer que l'actrice représente un véritable aspirateur à 18/49 ans et à ménagères, en tout cas sur le principe. Diffusée derrière The Voice, elle pourrait cartonner. Et je pense d'ailleurs que quelle que soit la qualité finale du produit, NBC se laissera tentée. Elle ne peut pas laisser passer cette opportunité...

   A la lecture, on peut aisément comprendre pourquoi le show n'a pas atterri sur ABC et ça n'a, à mon sens, rien à voir avec les disputes autour du départ de Katherine Heigl de Grey's Anatomy. La chaîne aurait certainement adorer la voir revenir aux bercails : elle est pile dans sa cible ! Non, ce sont clairement les ressemblances avec Scandal qui ont dû poser problème. Et d'ailleurs, ça a aussi dérangé NBC puisque parmi les changements qui vont être opérés dans le version finale du script de Joe Carnahan, le Président des Etats-Unis devient une présidente, jouée par Alfre Wooward, levant ainsi toute ambiguïté sur le lien qui l'unit avec l'héroïne. La manière dont elle est décrite dans The Book est bien trop proche de Olivia Pope & Fitz. Ils ne sont pas amants, certes, mais on sent qu'ils pouvaient aisément le devenir. Là, à moins que la Présidente ne soit lesbienne -et donc Charleston aussi- le risque est moindre. Il y a toutefois quelque chose qui explique leur affection réciproque et qui sera certainement conservée : Charleston a été longtemps la petite-amie du fils du Président, Adam, mort depuis dans des circonstances qui ne sont pas explicitées. Ce qui pose question au sein de la Maison Blanche quant à sa crédibilité. On comprend par ailleurs à demi-mots que les relations entre le Président et sa femme ne sont pas au beau fixe. Toutefois, la Melly de State Of Affairs n'apparaît pas dans le pilote. Là où la série s'annonce également très Scandal-esque, c'est dans le portrait qui est fait de son héroïne : elle est brillante, dure, elle aime suivre son instinct -son "gut", je cite !!!- et se retrouve toujours dans des situations où elle doit questionner son éthique, faire preuve de pragmatisme quitte à aller à l'encontre de ses croyances... bref, elle rencontre les mêmes problèmes qu'Olivia Pope, s'expose aux même dilemmes moraux. Elle aussi a se petite équipe d'experts, lesquels apportent la seule et faible touche d'humour de ce pilote. Il y a une certaine tension sexuelle entre deux d'entre eux, mais elle n'a pas encore été consommée, et il y a un petit nouveau qui débarque, Lucas, tout comme Quinn Perkins arrivait dans le premier épisode de Scandal et permettait d'introduire tout le monde efficacement. Et Lucas, comme Quinn, fait l'objet d'un cliffhanger car il se pourrait bien qu'il soit une taupe... 

   Là où je trouve State Of Affairs encore plus opportuniste, c'est que quand elle ne pique pas tout à Scandal, elle pille Homeland ! Le job que Charleston remplit pour la CIA est à peu près le même que celui de Carrie, Saul et David réunis. Oui, là où il faut trois personnages dans l'une, il n'en faut qu'un seul dans l'autre. On repassera pour la crédibilité, hein ! "Charlie" a bien trop de responsibilités sur ses épaules. Deux affaires, deux "cas", sont traités dans ce pilote et ils sont franchement très mal exposés. Le premier acte est extrêment confus car on ne comprend rien de ce dont les personnages parlent. Trop d'informations fusent en même temps, avec tout un tas de termes techniques propres au fonctionnement de la CIA qui ne sont pas compréhensibles pour le commun des mortels. Bref, ça devient très vite pénible à suivre, surtout que les bulles d'air pour s'en échapper quelques instants sont peu nombreuses, pour ainsi dire inexistantes ! On nous embarque d'une pièce à l'autre, d'un interlocuteur à un autre, d'un écran de surveillance à un autre, d'un poste de télévision à un autre, sans nous laisser le temps de respirer. On peut le voir comme un atout, mais à mon sens, trop de rythme tue le rythme. On finit par se désintéresser de ce qui se passe puisque l'on a pas le temps d'intégrer quoi que ce soit. C'est juste des monsieurs et des madames qu s'agitent. Homeland prend le temps, elle, aussi parce qu'elle le possède, tout simplement. Parce que c'est Showtime et pas NBC. Sur les deux derniers actes, lorsque les deux cas se rejoignent ou plutôt sont mis en compétition -en gros, en résoudre un c'est faire capoter l'autre et vice versa- les choses s'éclaircissent et tout est plus agréable à suivre. L'opération militaire, vaguement décrite, se veut assez spectaculaire, mais la vérité c'est qu'on en a vu des plus impressionnantes dans Homeland justement, ou Zero Dark Thirty par exemple. Je m'avance un peu, certes, mais je ne pense pas me tromper. Pendant ce temps-là, il n'y a pas grand chose à se mettre sous la dent concernant l'héroïne, son passé, son présent en dehors de la CIA... On sait juste qu'elle se déplace avec une grosse moto, qu'elle a un sex-friend, un ex -encore vivant lui- dans les parages et un futur potentiel boyfriend en la personne d'Adam. Il n'y a bien que de ce point de vue-là que Charleston peut satisfaire ceux qui ont aimé Katherine Heigl dans Grey's Anatomy et ses multiples comédies romantiques...

    State Of Affairs est le projet le plus opportuniste de l'année, qui ose carrément lier les deux tendances principales de la saison des pilotes côté drama : les thrillers à la Homeland avec du terrorisme dedans et les séries se déroulant à la Maison Blanche façon Scandal. Le résultat est indigeste, agaçant, forcément déjà vu, et il ne sied pas à Katherine Heigl tant il n'est pas là où l'attend et surtout là où on la veut. Je ne suis pas sûr qu'elle puisse s'en tirer sans être totalement ridicule bien qu'elle ait du talent. Et puis dans le genre, Coercion et Odyssey sont bien plus prometteuses à tous les niveaux ! Est-ce que NBC peut commander trois séries aux thèmes similaires ? Je crains que State Of Affairs ne prenne la place d'une autre, plus méritante... Et puis je pense à Madam Secretary sur CBS, qui est d'un tout autre niveau... Non vraiment, State Of Affairs n'est pas affligeante de nullité mais elle n'a pas d'identité propre. Elle ne fait que copier ce que les autres ont (mieux) fait.

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07 avril 2014

#Selfie [Pilot Script]

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 #SELFIE

Comédie (Single-Camera) // 22 minutes

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Ecrit et produit par Emily Kapnek (Suburgatory). Réalisé par Julie Anne Robinson (Grey's Anatomy, Recherche bad boy désespérement, Suburgatory). Pour ABC, Warner Bros. Television & A Piece Of Pie Productions. 38 pages.

A la suite d'une rupture humiliante qui a été filmée et qui a fait le buzz sur les réseaux sociaux, Eliza, une jeune femme dans la vingtaine totalement obsédée par son image, devient la risée de ses collègues et de tout internet. Elle a tout à coup plus de "followers" qu'elle ne l'aurait jamais imaginé, mais toujours aucun véritable ami pour la réconforter. Néanmoins pleine de ressources, elle demande de l'aide à l'expert en marketing de sa boîte pour redorer son image et transformer cette soudaine popularité en quelque chose de positif. Mais l'opération s'annonce délicate : Eliza vit littéralement dans un monde parallèle...

Avec Karen Gillan (Doctor Who), John Cho (FlashForward, Harold & Kumar, Star Trek, Sleepy Hollow), David Harewood (Homeland), Samm Levine (Do No Harm, Sex Academy), Tim Peper (Carpoolers), Gillian Vigman (Suburgatory, New Girl), Da'Vine Joy Randolph...

 

    Depuis que les fans de Doctor Who ont appris que Karen Gillan, l'interprète d'Amy Pond, avait obtenu le rôle principal de cette comédie, ils l'attendent comme le messie. Même si je ne suis pas la série anglaise mythique, je dois avouer que des quelques images que j'ai pu en voir au détour d'une bande-annonce ou deux, la petite rousse semble crever l'écran. Et c'est une excellente nouvelle pour #Selfie, qui repose presque entièrement sur le charisme de son héroïne et sur son alchimie avec son coach. C'est John Cho qui a été choisi pour assurer ce rôle (donc un acteur plus jeune que prévu dans le script) et ça aussi c'est réjouissant ! Le monsieur excelle dans la comédie et ajoute toujours son truc aux personnages qu'il interprète. Il ne reste plus qu'à espérer que la combinaison des deux fasse mouche ! Parce que, je ne l'ai pas encore dit, mais #Selfie c'est vachement drôle !

   Je suppose qu'au premier abord, vous vous méfiez d'un projet qui utilise un terme super à la mode pour titre. Moi aussi. Mais #Selfie assume totalement sa modernité et son inscription dans un présent très présent, qui pourrait bien être daté dans quelques mois, le temps qu'elle arrive à l'antenne, et c'est pourtant une de ses indéniables forces. Facebook, Twitter, Instagram et autres réseaux sociaux et applications sont cités dans les premiers instants du pilote. La scénariste ne tourne pas autour du pot et elle a parfaitement raison. Vous qui lisez ce blog avez de très fortes chances de vous reconnaître, non pas en Eliza, qui est un cas extrême de chez extrême, mais dans cette tendance. Il n'est pas question de juger, mais d'en rire et, au passage, de mettre en lumière un paradoxe bien réel entre la vie virtuelle des "petites stars du web" et leur vie quotidienne, bien plus triste, souvent faite de solitude. Je crois qu'à différents degrés, chaque jeune "branché" dans la vingtaine-trentaine peut s'y retrouver. Pas question toutefois de s'apitoyer, ce pilote est positif, énergique, très amusant et finalement plutôt feel-good

   Il est vrai que dans un premier temps, on ressent surtout de la pitié pour Eliza. Elle se ridiculise sous nos yeux, nonchalamment. On sent qu'elle fonce droit dans le mur mais on ne peut pas l'arrêter et personne n'est là, dans la série, pour le faire non plud. Viens donc LA scène humiliante, qui n'est pas sans rappeler d'une certaine manière les prémices d'Awkward. Pour vous la faire courte : Eliza se fait larguer comme une merde lors d'un voyage professionnel et, supportant mal les turbulences qui secouent l'avion à ce moment précis, elle remplit deux sacs de vomi... qui lui éclatent dessus... devant son nouvel ex, certes, mais surtout devant tous ses collègues ! Ceux-ci, qui la détestent tant elle renvoie une image de fille superficielle qui ne s'intéresse pas aux autres -ce qui est totalement vrai !- s'empressent de filmer l'humiliation, ainsi que la partie où l'hôtesse de l'air lui demande expressément de sortir des toilettes pour retourner s'asseoir sur son siège et attacher sa ceinture, ce qui résulte en un "walk of shame" où Eliza est uniquement vêtue d'une petite couverture, laissant entrevoir à peu près toute son intimité ! Bref, une fois qu'elle reprend pied, on commence à ressentir une réelle sympathie pour elle. Elle est comme une extra-terrestre qui doit apprendre les codes sociaux les plus basiques afin de se faire apprécier des uns et des autres. La transformation n'en est qu'à ses balbutiements mais elle nous réserve déjà quelques excellentes scènes et de très bonnes répliques. Les personnages secondaires sont assez anecdotiques, mais ce sont de bons faire-valoir qui pourront éventuellement se distinguer par la suite.

   #Selfie n'est certainement pas la comédie du siècle mais elle s'en sort admirablement sur ce seul pilote, rappelant à la fois le ton d'Awkward, la comédie de MTV, et Suburgatory, de la même créatrice, qui ont su séduire instantanément grâce à leur fraicheur et leur modernité. Toutefois, je doute qu'elle puisse rencontrer un vaste succès sur ABC. Le public le plus âgé ne s'y retrouvera certainement pas -Instagram, Twitter, Lady Gaga, Tegan & Sara, Candy Crush, le divorce de Jennie Garth ne sont pas leurs sujets de prédilection- ce qui risque de conduire à un nouvel échec non mérité à la Happy Endings/Don'tTrustTheB/SuperFunNight/Mixology. Et c'est vraiment rageant !

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06 avril 2014

The Messengers [Pilot Script]

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THE MESSENGERS

Drama // 42 minutes 

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"Awakening", pilote écrit par Eoghan O'Donnell (Teen Wolf). Réalisé par Stephen Williams (Lost, Person Of Interest). Pour The CW, CBS Television Studios, Industry Entertainment & Thunder Road Television. 60 pages.

Lorsqu'un objet mystérieux s'écrase sur Terre en plein désert, la déflagration libère une vague d'énergie solaire qui arrête un à un les coeurs de personnes apparemment déconnectées les unes des autres. Quelques minutes plus tard, elles se réveillent toutes, changées, et découvrent qu'elles ont désormais pour mission d'empêcher la future et inéluctable Apocalypse. Elles sont les messagers...

Avec Joel Courtney (Super 8), Diego Morgado (The Bible), Shantel VanSanten (Les Frères Scott, Gang Related), Sofia Black d'Elia (Skins US, Gossip Girl), Elyes Gabel (Body Of Proof, Game Of Thrones), Craig Frank (Mixology), JD Pardo (Revolution, Hidden Palms), Lane Garrison (Prison Break), Jon Fletcher...

 

   Après SupernaturalNikita, Hart Of DixieArrow, The Originals et le pilote Identity, The Messengers confirme que la CW cherche à s'éloigner de plus en plus des teenageries qui ont fait sa (mauvaise) réputation pour se focaliser sur des héros plus adultes. Les personnages de l'horrible pilote Jane The Virgin sont aussi plus âgés que ceux de The Vampire DiariesReign & co, mais ils agissent comme s'ils avaient 12 ans et demi donc ça ne compte pas. Une fois que la chaîne aura annulé Star Crossed, The Tomorrow People et The Carrie Diaries -larmes pour celle-ci- il ne restera finalement plus grand chose qui s'adresse directement aux ados. Même ABC Family a tendance à vouloir toucher un public moins jeune et plus... familial. C'est un peu triste dans le fond, mais pour nous qui avons entre 20 ans et... je ne veux blesser personne... 10 ou 20 ans de plus, il y a de quoi se réjouir ! Les shows de la CW sont de plus en plus conformes à nos attentes, bien que toujours très éloignés de nos propres vies. The Messengers creuse d'une certaine manière le sillon tracé par la dernière née The 100 qui elle, pour le coup, aurait gagné à s'intéresser à des personnages adultes, évitant ainsi quelques jérémiades inutiles. On retrouve là une histoire ambitieuse, fantastique, servie par un pilote efficace qui met en place une mythologie intriguante...

   Le sous-texte religieux très fort de ce projet pourrait en faire fuir plus d'un. Un des personnages principaux est d'ailleurs un prêtre, Joshua Simmons Jr. Même son nom est très connoté. Mes maigres connaissances en la matière, et peut-être aussi les vôtres, m'ont certainement empêché de comprendre toutes les subtilités des métaphores utilisées par le scénariste. Avant d'écrire cette review, je me suis quand même plongé dans le wikipédia des Quatre Cavaliers de l'Apocalypse par exemple et je dois dire que cela devient très vite passionnant lorsque l'on fait l'effort de véritablement s'y intéresser. Les connexions entre cette littérature Biblique du Nouveau Testament et la série restent à ce stade théoriques. Elles n'en sont pas moins évidentes. Il y a bien 4 personnages qui sont touchés par la fameuse déflagration. Deux hommes : Joshua, le suscité homme de foi, habité mais qui souffre de vivre dans l'ombre de son père; et Peter, 17 ans, un orphelin suicidaire martyrisé par ses camarades sur le campus universitaire, le traitant sans cesse de "fagott", ce qu'il n'est par ailleurs pas. Deux femmes : Vera, une scientifique de la NASA, forcément très cartésienne, abîmée par la perte d'un enfant quelques années plus tôt; et Erin, une jeune maman célibataire, qui tente d'échapper à son ancien petit-ami violent. Bref, des héros meurtris, sauvés par la grâce lorsque la bonté Divine les fait renaître. En parallèle, "The Man" se réveille en plein désert, nu, en position foetale, prêt à les aider à accomplir leur destinée... Il est incarné par Diego Morgado qui, hasard ou coincidence, incarnait Jesus dans la mini-série de History The Bible !

   Je sens que je vous ai fait peur avoir tous ces mots religieux. Je ne voudrais pas vous faire croire que The Messengers c'est Les Anges du bonheur à la sauce CW. Ok, un des personnages se découvre des ailes lorsqu'il regarde son reflet dans le miroir, mais à part ça... Le pilote fait davantage penser à Heroes dans sa structure. Les personnages ne sont pas éparpillés aux quatre coins du monde mais dans quatre états américains voisins (le Nouveau-Mexique, l'Arkansas, le Texas, l'Arizona) et sont sur le point de rejoindre le même lieu au terme du pilote : la ville de Houston. Visuellement, tous ces paysages désertiques devraient ravir nos mirettes. Le soleil est presque un personnage à part entière tant sa présence est forte, particulièrement dans les premières scènes, et tant, au moins dans sa symbolique, il joue un rôle. Il impose une lumière naturelle qui rend le récit fascinant, éblouissant. Dans l'écriture, on reste dans quelque chose de relativement classique mais on navigue à vue, ignorant la plupart du temps où la scène suivante va nous mener. Tout est très rythmé puisque l'on passe d'un personnage à l'autre avec aisance. Le suspense est ainsi multiplié : on nous laisse toujours face un nouveau rebondissement (même si tous ne sont pas réussis). Et si les questionnements ne fusent pas forcément pendant la lecture du pilote -donc je suppose de la même manière pendant son visionnage- elles s'amoncellent dans un coin de votre tête sans que vous vous en rendiez compte et sortent une fois qu'elle est terminée. Quel est cet objet mystérieux écrasé sur Terre dont on ne vous parle plus mais que le gouvernement semble vouloir cacher, même à l'un de ses plus éminents scientifiques ? D'autres personnes ont-elles été touchées par ce phénomène de mort immédiate puis de résurrection ? Est-ce que les petits hommes verts ont quelque chose à voir là-dedans ? Oui, la question se pose quand même... 

   The Messengers est un pas de plus pour la CW vers le pardon. En nous offrant un récit de cette ampleur, la chaîne nous fait rêver à une nouvelle série très ambitieuse, différente de tout ce qu'elle a déjà produit, intelligente, presque philosophique, rythmée, potentiellement passionnante, digne d'un grand network, voire d'une chaîne câblée. On ne trouve que des traces très légères de son ADN. Mais il est certain qu'avec des acteurs et actrices au physique très (trop ?) avantageux et au talent a priori pas immense, un réalisateur pas hyper expérimenté, un scénariste dont c'est la première oeuvre majeure et un budget certainement pas exhorbitant, la prudence est de mise quant au produit final. Au pire, on ne pourra pas lui reprocher d'avoir essayé !

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04 avril 2014

The Odd Couple [Pilot Script]

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THE ODD COUPLE

Comédie (Multi-camera) // 22 minutes

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Ecrit et produit par Matthew Perry & Joe Keenan (Frasier, Desperate Housewives, Hot In Cleveland). Co-produit par Eric & Kim Tannenbaum (Mon Oncle Charlie), Carl Beverly & Sarah Timberman (Elementary, Unforgettable, Justified). Remake de la sitcom des années 70 The Odd Couple. Pour CBS, Tannenbaum Company & Timberman-Beverly Productions. 49 pages.

Oscar et Felix ont passé la quarantaine mais vivent pourtant en colocation. Il sont divorcés depuis peu de temps et ne s'en sont pas encore vraiment remis. En attendant de trouver les nouvelles femmes de leurs vies, ils se chamaillent à longueur de journée tant ils sont différents. Comme un vrai petit couple !

Avec Matthew Perry (Friends, Studio 60, Mr Sunshine, Go On), Thomas Lennon (Sean Saves The World, Reno 911!, La nuit au musée), Georgia King (The New Normal), Lindsay Sloane (Sabrina, Grosse Pointe, Weeds), Sarah Baker (Go On), Wendell Pierce (The Wire, The Michael J. Fox Show, Treme)...

 

   Bonne nouvelle : après les échecs successifs de Mr Sunshine et Go On (et ce n'était pas vraiment mérité pour cette dernière), Matthew Perry a enfin compris que le genre dans lequel il excelle et dans lequel on l'attend surtout c'est la multi-camera, face à un public, et non la single-camera où sa gestuelle et ses mimiques sont noyées dans les décors, sous les effets. A titre personnel, j'aurais préféré qu'il revienne plus souvent dans The Good Wife ou qu'on lui offre le rôle principal d'un nouveau drama, mais s'il tient tant que ça à faire plutôt de la comédie je n'y vois pas d'inconvénient. La difficulté était de trouver le bon projet et The Odd Couple pourrait bien être celui-là !

   J'ai eu très peur au début. La première scène se déroule sur son lieu de travail, une chaîne de télévision, où il est... journaliste sportif. Ca ne vous rappelle pas quelque chose ? Franchement, cette obsession de l'acteur pour le sport devient gênante. Ok, il était passionné de tennis quand il était ado et a même été classé 17ème junior au niveau national, puis a dû tout arrêter à cause de ses problèmes de drogue, mais il serait temps de passer à autre chose. En plus, ça n'apporte absolument rien à cette série. Au pire, ça la tirera vers le bas puisque les scénaristes seront obligés d'intégrer des intrigues professionnelles parfaitement inutiles. En attendant, cette ouverture totalement déconnectée du reste ne vaut que pour la secrétaire d'Oscar, potentiel réservoir à bonnes répliques. D'ailleurs, tous les personnages ou presque donnent ce sentiment qu'ils peuvent offrir beaucoup à plein régime, lorsque les acteurs et les scénaristes seront bien rôdés. Et de manière générale, je n'ai pas trouvé ce pilote extraordinaire mais prometteur. Il m'a fait le même effet que celui de Mom en fait. C'est pas époustouflant à la lecture mais ça prend de l'ampleur une fois "vivant", surtout quand ce sont Anna Faris et Allison Janney qui régalent ! Et je pense que le duo Matthew Perry / Thomas Lennon peut faire tout autant d'étincelles...

    Je n'ai pas vu un seul épisode de la série originale dont c'est adapté, mais Matthew Perry en étant un gros fan, je suppose qu'il a fait en sorte de la respecter un maximum. Et c'est dans son intérêt puisque The Odd Couple est une véritable institution outre-Atlantique, un classique parmi les classiques, aussi bien à la télévision qu'au théâtre où l'histoire est née. Par contre, ils auraient quand même pu changer les noms des personnages... Oscar et Felix, ça rend le truc super vieillot d'emblée. Cela dit, on ne peut pas dire que la série soit au top de la modernité. Elle l'était dans les années 70 -deux hommes divorcés qui font de la collocation- mais plus tellement aujourd'hui. Qu'importe, ce n'est pas là le plus important. Ce qu'il faut, c'est que le duo fonctionne et s'envoie de belles vannes. C'est ce qu'ils font et ça marche plutôt pas mal dans l'ensemble. On est en plein dans le cabotinage, ça n'est même que ça, donc la difficulté pour les acteurs sera de ne pas verser dans le too much. Ils ont face à eux deux personnages féminins -leurs voisines- qui tiennent la route et surtout leur tiennent tête, permettant au pilote de vraiment décoller dès lors qu'elles entrent en scène. Et vu que l'une des deux est incarnée par la géniale mais sous-exploitée Lindsay Sloane, il y a de quoi se réjouir ! 

   Le pilote de The Odd Couple est imparfait et inégal, mais plus on avance, plus on se laisse prendre au jeu. Les clichés s'effacent peu à peu pour laisser place à une comédie classique mais sympathique. Aux côtés de 2 Broke Girls, Mom et Two and half men, qui fonctionnent sur le même type de duos mal assortis, elle devrait être parfaitement à sa place. Je la vois déjà dans la grille, le jeudi, derrière The Big Bang Theory. Je serais très étonné que CBS ne lui donne pas sa chance...

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How To Get Away With Murder [Pilot Script]

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HOW TO GET AWAY WITH MURDER

Drama // 42 minutes

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Ecrit par Peter Nowalk (Grey's Anatomy). Produit par Shonda Rhimes & Betsy Beers (Grey's Anatomy, Scandal, Private Practice). Pour ABC, ABC Studios, Shondaland Productions. 64 pages.

Une nuit d'hiver, alors que la fête bat son plein sur le campus de la prestigieuse université de Philadelphie, à quelques kilomètres de là, dans les bois, quatre brillants étudiants en droit terrorisés s'apprêtent à brûler un cadavre. Leur vie en sera à jamais bouleversée... Quatre mois plus tôt, Michaela, Wes, Laurel, Patrick et une soixantaine de leurs camarades font la rencontre de leur charismatique et intransigeante professeure spécialisée en criminologie : Annalise DeWitt. Une poignée d'entre eux seulement aura la chance d'intégrer sa firme d'avocats. Mais pour travailler à ses côtés, il faut être prêt à tout. Absolument tout...

Avec Viola Davis (La couleur des sentiments, Prisoners, Doute, United States Of Tata), Alfred Enoch (Harry Potter), Jack Falahee (Twisted), Aja Nomi King (Black Box, Emily Owens), Karla SouzaCharlie Weber (Buffy, Underemployed)Liza Weil (Gilmore Girls, Scandal), Matt McGorry (Orange is the new black), Katie Findlay (The Killing US, The Carrie Diaries), Tom Verica (Mes plus belles années, The Nine), Billy Brown (Dexter, Sons Of Anarchy, The Following), Michael Gaston (Damages, Unforgettable, Jericho)...

 

   American Crime, Madame Secretary, Red Band Society et désormais How To Get Away With Murder. La saison 2014/2015 comprend au moins quatre scripts de dramas de haut vol. Et je dois dire que j'appréhendais beaucoup la lecture de ce dernier car j'en attendais énormément. C'est souvent ce qui arrive lors de la saison des pilotes. On s'attache à des projets à cause d'un nom de créateur, de producteur, de réalisateur, d'acteur ou d'actrice, à cause d'un pitch... Dans le cas de HTGAWM (autant tout de suite nous habituer au hashtag dont nous allons abuser dans quelques mois), c'est à peu près pour toutes ces raisons à la fois. Vous me connaissez, je suis dingue du travail de Shonda Rhimes et ses collaborateurs (Haters gonna hate), j'adore Viola Davis (et Matt McGorry, Charlie Weber, Liza Weil et Tom Verica me plaisent) et le synopsis du pilote m'attirait énormément. Après le premier acte, je me suis dit "Bon, ça va, ça a l'air bien". A la fin du deuxième "voire vraiment bien". A la fin du troisième "voire vraiment très bien". Et à la fin du pilote, j'étais conquis et convaincu que non seulement ABC ne pouvait pas passer à côté mais qu'en plus on allait être nombreux à adorer. J'aimerais ne pas trop m'emballer pour ne pas créer chez vous des attentes démesurées, mais je ne vous promets rien... A vous de savoir raison garder !

   Pour décrire HTGAWM, il me faudrait des heures. C'est un drama intéressant pour plein de raisons mais en premier lieu parce qu'il est hybride, à la croisée de différents genres, et il parvient, en tout cas dans ce pilote, a être efficace et pertinent partout. C'est d'abord une série judiciaire. Pas dans le style de David E. Kelley, parce qu'il n'y a pas de fantaisie particulière. Pas tout à fait dans le style de The Good Wife, parce qu'elle est intouchable, imbattable, au firmament. Dans son propre style en fait. Elle réinvente le genre à sa façon et là je vais faire une comparaison qui risque d'en faire fuir quelques uns mais tant pis : elle est à la série d'avocats ce que Scandal est à la série politique. Elle n'a pas l'ambition ni la prétention de nous instruire sur le système judiciaire américain. Elle n'a pas l'intention de nous éblouir avec de grandes plaidoiries et une certaine forme d'idéalisme. Ce qu'elle veut c'est nous divertir sans tomber dans la facilité, c'est utiliser le judiciaire pour nous raconter autre chose. Il ya dans ce premier épisode un "cas", le premier que les étudiants sont invités à résoudre en compagnie d'Annalise DeWitt afin de s'attirer ses faveurs. Il y en aura sûrement dans chaque épisode, apportant donc un élément procédural à la série, mais peut-être pas pour très longtemps. A la manière de Scandal justement qui a tendance à n'être plus que 100% feuilletonnante, au plus grand bonheur de la plupart de ses téléspectateurs. Mais j'ai quand même une pensée pour les autres, qui existent. Elle est policière également, d'une certaine manière. Elle en prend parfois l'allure en tout cas.

   Mais HTGAWM c'est aussi une dramédie sur de jeunes adultes en quête d'aventure et d'identité. Pour l'aventure, je pense qu'ils vont être servis. Rien que dans ce pilote, ils sont amenés à voir et faire beaucoup de choses, et pas toujours de leur plein gré. Ils sont d'ores et déjà tous soumis à divers conflits moraux et doivent prendre des décisions difficiles, souvent graves, qui auront une incidence irrémédiable sur la suite de leur carrière et le reste de leur vie. Et c'est là que l'on retrouve un peu de Grey's Anatomy. L'atmosphère est clairement plus tendue qu'au Seattle Grace, et Annalise DeWitt est un nazi d'un autre genre que Miranda Bailey, mais ils ont la même fraîcheur que Meredith, Cristina et les autres à leurs débuts. Et je crois que la production a réuni un casting de quasi inconnus dont on n'a pas fini de parler (et qui est comme toujours chez Shondaland : diversifié !). Il y aussi une compétition entre eux qui ne fait que commencer, où tous les coups sont permis ! Là aussi, d'une certaine manière, ils ont le pouvoir de sauver des vies. Mais surtout d'en détruire. Beaucoup de pression repose sur leurs épaules de toutes parts, et dans ces cas-là vous savez ce qu'on fait dans les séries de Shonda Rhimes pour décompresser : on baise et on tombe amoureux. Plusieurs histoires se dessinent voire commencent dans ce pilote, même si ce n'est pas le propos premier. Entre élèves, entre profs et élèves. Parfois au vu et su de tous. Parfois en secret. C'est très excitant et les possibilités sont multiples étant donné qu'il y a beaucoup de personnages. Mais étonnamment pas trop. C'était une de mes craintes initiales. Ils n'ont pas tous le même temps d'antenne mais ils sont tous bien introduits.

   Vous faire un listing complet des protagonistes n'aurait pas grand intérêt, alors je vais faire un focus sur ceux qui m'ont le plus marqué. Wes, l'outsider un peu rebelle et mystérieux dont on ne comprend presque pas comment il a atterri là. Intriguant et séduisant. Patrick, prétentieux, gosse de riche sans doute, a les dents qui rayent le parquet et sait user de ses charmes pour parvenir à ses fins. Gay, ou bi. En tout cas très ouvert sexuellement. Son petit jeu n'en sera que plus passionnant à suivre. Michaela, la fille qui a des principes, un peu coincée mais pleine de ressources. Le genre de personnage qui paye pas de mine au début mais qui impressionne de plus en plus. Laurel, dont j'aurais un peu de mal à définir la personnalité à ce stade. Curieuse, passionnée, à 200% tout le temps. Un peu plus légère que la moyenne aussi. "Douchebag" alias Asher est peu présent mais ses quelques apparitions laissent entendre qu'il y a beaucoup à dire sur lui en temps voulu. Frank et Bonnie, les deux principaux collaborateurs d'Annalise qui, comme elle, semblent avoir une dizaine de squelettes dans leurs placards... Bref. Et donc Annalise elle-même. Viola Davis a tout ce qu'il faut dans ce script pour faire des merveilles. Et elle en fera puisque son talent est immense. Ce personnage est fascinant, bien plus qu'un Joe Carroll de The Following par exemple. Je ne sous-entends pas que c'est une serial killeuse, hein ! Elle a l'énergie et la conviction d'Olivia Pope, les faiblesses d'Addison Montgomery et la dangerosité que l'on n'a connu dans aucune autre des héroïnes de Shondaland jusqu'à aujourd'hui. A la fin du pilote, elle reste un mystère pour tout le monde. Et ça, ça rend très très impatient de voir un deuxième épisode, toute une saison même. 

   Je terminerais par l'aspect slasher movie à la "Souviens-toi l'été dernier", qui n'est pas aussi ridicule qu'il en a l'air. Le groupe de personnages qui enterre un corps, on a déjà vu ça mille fois au ciné et à la télé. Est-ce que HTGAWM réussira à en faire quelque chose de neuf ? Seul le temps le dira. Pour l'heure, on nous égrenne tout au long du pilote des bouts de flashforwards  savamment dosés, qui ne sont qu'une infime partie d'un récit bien plus large. Ils créent autant d'envie que de frustration. Combien d'épisodes, ou de saisons, vont représenter les 4 mois qui se déroulent entre le présent et ces passages ? Impossible à dire. Mais il y a de la matière pour multiplier les rebondissements. Je pense instinctivement au mystère de la première saison de Desperate Housewives (et pas aux autres !). Sachez en tout cas que l'identité de la victime est connue à la toute fin du pilote. Vous pouvez essayer de deviner, vous tomberez peut-être juste avec un peu de chance, mais la réponse reste assez surprenante. Et tout reste à découvrir...

    ABC tient avec How To Get Away With Murder un hit en puissance ! Il faudrait que la case qu'elle lui choisisse soit très inadaptée, la promotion pas du tout efficace et les astres bien mal alignés pour qu'elle ne fasse pas un carton lors du/des premier(s) épisode(s) (avec les standarts d'aujourd'hui bien entendu !). Sur la longueur, en revanche, tout dépendra de sa capacité à tenir la route, d'autant qu'il lui faudra redoubler d'effort pour rester à la hauteur après avoir mis la barre haut dès le départ... Elle décroche le titre de MA série la plus attendue de la saison prochaine. Voilà, c'est dit.

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02 avril 2014

The Pro [Pilot Script]

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THE PRO

Comédie (Single-Camera) // 22 minutes

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Ecrit et produit par Alex Gregory & Pete Huyck (Frasier, King of the hill). Réalisé par Todd Holland (Malcolm, Go On, 30 Rock). Pour NBC, ABC Studios, Universal Television, Brillstein Entertainment & Dark Toy Entertainment. 35 pages.

Un ancien champion de tennis surnommé "Big Ben"', devenu prof dans un country-club après avoir perdu une partie de sa fortune, se sert de sa gouaille et de son charme pour revenir au top, mais il est stoppé net dans son ascension par son ancien meilleur ami, devenu son plus grand rivale. Il vient d'être engagé pour renforcer l'équipe, ils vont donc devoir travailler ensemble désormais...

Avec Rob Lowe (Brothers & Sisters, Parks And Recreation, A La Maison Blanche), Rob Riggle (Very Bad Trip, Very Bad Cops, Modern Family), Rebecca Romijn (Ugly Betty, Eastwick, X-Men), Rose Salazar (Parenthood), Colton Dunn (Key and Peele), Jared Gilman (Moonrise Kingdom), Andrea Savage...

 

   Le script de The Pro m'a laissé très indifférent. Est-ce parce que l'univers du tennis professionnel ne me parle pas du tout ? Est-ce parce que son histoire de départ, qui consiste à créer au fil des pages un duo d'antagonistes, m'a paru banale ? Est-ce parce que ce pilote manque tout simplement de panache ? Est-ce parce que je n'ai souri que de temps à autres grâce à quelques blagues bien senties, mais jamais ri ? C'est sans doute un peu pour toutes ces raisons. NBC voulait absolument une comédie centrée sur Rob Lowe après son départ de Parks And Recreation. J'imagine que plusieurs projets lui ont été présentés par différents studios et c'est celui de ABC Studios qui a remporté la mise. Il est certain que ce rôle d'ancien champion va comme un gant au magnifique quinquagénaire qui ne semble pas vieillir, grâce au botox ou à je ne sais quelle substance qu'on lui a injecté sur le visage. Mais vous voyez, c'est le genre de série qu'on aurait tout aussi bien pu filer à Matthew Perry. Je soupçonne même que ce soit un de ses fonds de tiroir. Comme Mr Sunshine, c'est vaguement sympathique mais pas très engageant. 

    Se rendant compte que peut-être Rob Lowe n'était pas un atout suffisant pour convaincre le public d'y jeter un oeil, NBC a choisi de lui coller Rob Riggle dans les pattes. Rob Riggle. Les américains l'adorent parait-il. Personnellement, je n'ai pas d'avis sur la question. Je sais juste qu'il n'est pas susceptible de me motiver à en voir plus. Et je dois dire que son personnage de macho prétentieux qui s'avère être un méga loser ne m'a pas donné du tout donné envie. Le héros n'est peut-être pas hyper intéressant mais il a au moins un certain capital sympathie. A la fin du pilote, les deux rivaux se réconcilient et on sous-entend qu'ils sont redevenus best buddies. A quoi va consister la suite de la série alors ? Ils vont faire les 400 coups au country club ? Ils vont continuer à se chamailler puis se réconcilier à l'infini ? Ce n'est pas comme si en l'état actuel des choses, les personnages secondaires pouvaient vraiment relever le niveau. Enfin je suis mauvaise langue. A y regarder de plus près, quand je vous disez que j'ai parfois souri, c'était toujours grâce à l'un ou l'une d'entre eux, pas grâce aux deux stars du show. La petite Jaimie, jouée par Rose Salazar (que j'adooooore et qui avait un talent deal avec ABC qui a donné lieu à ce casting), peut être une sorte d'équivalent à April de Parks And Rec, en plus souriante et plus sociable. Je mise un peu sur elle. Pas tellement sur le reste de la bande. Mais il y a une base pas si mauvaise dans le fond. Avec beaucoup de travail, ça peut devenir cool.

   Le pilote de The Pro n'est ni énervant ni excitant. Il n'est pas mauvais, mais il n'est pas bon non plus. Il est juste au milieu. Son seul espoir de se faire remarquer, c'est si l'alchimie entre le duo principal fonctionne plus encore que prévu. A partir de là, tout est possible, tout espoir d'amélioration sur les épisodes suivants est envisageable. Mais très honnêtement, ce n'est pas avec ça que NBC va remonter la pente côté comédie...

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01 avril 2014

Battle Creek [Pilot Script]

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BATTLE

BATTLE CREEK

Drama // 42 minutes 

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Ecrit et produit par Vince Gilligan (Breaking Bad, X-Files) & David Shore (Dr House). Réalisé par Bryan Singer (Usual Suspects, X-Men, Dr House). 13 épisodes commandés. Pour CBS, Sony Pictures Television, CBS Television Studios, Shore Z Productions, Bad Hat Harry Productions, Gran Via Productions. 61 pages.

Dans le commissariat sous-équipé de Battle Creek dans le Michigan, le détective Russ Agnew n'a pas bonne réputation. On dit qu'il est méchant, insensible. Personne ne veut faire équipe avec lui. Personne jusqu'à ce que Milton Chamberlain, un agent du FBI qui vient tout juste de débarquer pour prêter main forte à l'équipe de bras cassés, le choisisse, lui, comme partenaire. Leurs visions très différentes de la vie ne vont pas faciliter leur entente, mais leur complémentarité ne peut qu'être un atout pour nettoyer efficacement les rues de la petite ville...

Avec Josh Duhamel (Las Vegas, Transformers), Dean Winters (Oz, Rescue Me, 30 Rock), Kal Penn (Dr House, How I Met Your Mother, 24), Janet McTeer (Damages, The White Queen), Aubrey Dollar (Dawson, Point Pleasant, 666 Park Avenue), Damon Herriman (Justified), Edward Fordham Jr....

 

    Cet automne -normalement- CBS va créer l'événement avec une de ses nouvelles séries policières, Battle Creek. Pas parce qu'elle s'annonce hyper originale, jamais vu, avec une distribution de fou, mais parce qu'il s'agit de la première création post-Breaking Bad de Vince Gilligan. Et accessoirement la première série post-Dr House de David Shore. La plupart du temps, à moins de s'appeler J.J. Abrams, un nom ne suffit pas à rameuter les foules à la télévision. Ni même deux. Mais là, un an après la fin de Breaking Bad, devenue quasiment un phénomène de société au cours de sa dernière saison, et quelques semaines avant le lancement du spin-off Better Call Saul sur AMC, le monsieur est celui que toutes les chaînes s'arrachent. Il est bien évidemment attendu au tournant. Mais il va falloir d'ores et déjà remettre les pendules à l'heure...

   Vince Gilligan est bien le créateur de ce show. En vérité, il l'a écrit il y a 10 ans, déjà pour CBS. Un pilote avait été commandé mais la distribution parfaite n'avait pas été trouvée à temps donc la commande avait été annulée et la série abandonnée. Mais Nina Tassler, alors directrice du département drama de la chaîne et aujourd'hui directrice de la chaîne tout court, s'en est souvenue lorsque Sony Pictures, qui a un contrat exclusif avec Gilligan, l'a démarchée pour développer d'éventuels nouveaux projets avec lui. Elle a donc proposé qu'il remette au goût du jour son script de Battle Creek qui lui avait fait forte impression à l'époque et que David Shore vienne lui prêter main forte et joue le rôle de showrunner en cas de commande en série. Entre temps, Sony s'est dit qu'elle avait de quoi faire monter les enchères puisque AMC, Netflix et d'autres pouvaient être potentiellement intéressés. D'où la commande par CBS de 13 épisodes sans passer par la case pilote ! Tout ça pour vous dire que si l'histoire du projet est compliquée et passionnante, elle est surtout importante quand vient le moment de juger ce que le script de ce pilote vaut.

   Même si des modifications ont été apportées, Battle Creek n'en reste pas moins une série de Vince Gilligan pré-Breaking Bad, qui ne bénéficie donc pas vraiment de sa plus récente expérience, extrêmement riche. Certes, quand il bossait sur X-Files, c'était déjà loin d'être un manche... J'ai trouvé ce premier épisode réussi, efficace, promettant une série policière à la fois classique et différente. Classique car elle est clairement pensée pour CBS. Le CBS des Experts, de FBI: Portés Disparus ou d'Esprits Criminels. Et il est vrai que si elle avait aboutie à ce moment-là, elle aurait été différente. Mais dans un paysage en cours de renouvellement, peuplé de The Good Wife ou de Person Of Interest, elle dénote par son manque d'ambition apparent. Rien ne laisse présager que le feuilletonnant prendra le pas sur le procédural en cours de route. Les héros et le probable développement de leur amitié nourrie de jalousie peut constituer un fil rouge, de même que des pans de leurs vies personnelles peuvent tout à fait être dévoilés au fur et à mesure, mais en l'état, c'est une série policière dont la seule véritable originalité pour CBS est le fait qu'elle se déroule dans une petite ville et non à Los Angeles ou New York, qui plus est pauvre, remplie de dealers et de drogués, donc pas charmante du tout. En revanche, si le commissariat est délabré à la base, l'agent du FBI vient très vite apporter grâce à son équipe des touches de high-tech chères aux Experts et ses consoeurs. Le téléspectateur moyen de CBS n'est au final que très peu bousculé. Le seul truc qui peut éventuellement le déstabiliser c'est l'humour. Battle Creek se veut sombre dans ses décors et les cas qu'elle traite, mais légère dans ses dialogues et son jeu d'opposition good cop/bad cop, qui mériterait d'ailleurs d'être nuancé mais un indice en début d'épisode laisse penser que ce sera le cas. Comprendre par là que Milton Chamberlain n'est peut-être pas si "good" que ça...

   Vince Gilligan est quand même malin, y'a pas à dire. Il sait très à qui il s'adresse et a donc écrit en conséquence, rien que pour les ménagères, un personnage de héros très loin de Walter White et son air de monsieur tout le monde. Jugez plutôt. Milton est présenté de la sorte : "Milt is Brad Pitt, only taller. He's George Clooney, only more aw-shucks charming." Josh Duhamel a clairement le physique de l'emploi ! A-t-il en revanche un jeu suffisamment solide pour nuancer, un jour peut-être ? Pas certain. Mais on ne le lui demande pas pour l'heure. Le détective Russ Agnew est donc évidemment beaucoup plus rugueux, rustre même. On imagine parfaitement Dean Winters l'incarner. C'est un peu sa spécialité ! Et que les fanas de triangles amoureux soient rassurés : il y en a bien un qui se dessine ! Une certaine Holly, que Russ aime beaucoup depuis longtemps, est toute bouleversée par l'arrivée de Milton -les premiers mots qu'elle lui adresse d'ailleurs en bafouillant étant "Hello. You... you're very handsome"- et réciproquement. Sinon, le chef du commissariat est une femme, ce qui n'était visiblement pas le cas dans la première version, et ça c'est plutôt cool. Surtout qu'elle est jouée par la géniale Janet McTeer. Le rôle de Kal Penn est plus anecdotique. Un sidekick plus ou moins amusant, qui fait surtout pitié. Ca devrait bien lui aller. Je ne dis pas qu'il fait pitié, hein ! Juste qu'il a l'habitude d'être plus ou moins amusant. Et souvent plus que moins. Bref. En dehors de ces considérations, sachez simplement que l'enquête de ce premier épisode est rythmée mais un peu facile et qu'elle n'inaugure rien de très excitant de ce coté-là... En même temps, je me dis qu'après avoir attrapé sept ou huit bad guys, si cette ville est si petite qu'on le dit, il va bien falloir feuilletonner avec ceux qu'il restera...

    Il ne faut surtout pas attendre de Battle Creek qu'elle soit du niveau de Breaking Bad. Sur ce front-là, autant être clair tout de suite : même en faisant tous les efforts possibles, elle ne le sera jamais ! Ce qu'elle peut devenir en revanche, en faisant preuve d'un peu plus d'ambition par la suite que sur ce pilote, c'est une série policière énergique avec des héros attachants, façon buddy movie, des enquêtes bouclées efficaces et des éléments feuilletonnants intéressants. Battle Creek pourrait réconcilier les allergiques aux séries policières avec le genre. Elle aura 13 épisodes pour convaincre et elle n'a pas intérêt à se rater !

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31 mars 2014

Fresh Off The Boat [Pilot Script]

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FRESH OFF THE BOAT (aka FAR EAST ORLANDO)

Comédie (Single-camera) // 22 minutes

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Ecrit par Nahnatchka Khan (Don't Trust The Bitch in Apartment 23, Fatrick). D'après le livre d'Eddie Huang. Produit par Jack Kasdan (New Girl, Ben & Kate, Bad Teacher). Pour ABC & 20th Century FOX Television. 

Le quotidien d'une famille chinoise issue de la première génération d'immigrants Taïwanais aux Etats-Unis dans les années 90, lorsqu'ils quittent le Chinatown de Washington D.C. pour Orlando en Floride. Tandis qu'Eddie, un ado dopé au hip-hop et à la culture américaine, tente de trouver sa place dans son collège où il est le seul asiatique, son père a bien du mal à attirer des clients dans son restaurant et sa mère à s'habituer à ses nouvelles voisines...

Avec Hudson Yang, Constance Wu, Randall Park (Veep), Paul Scheer (The League), Forrest WheelerRachel Cannon (Underemployed), Ian Chen...

 

   L'an dernier à la même époque, je ne tarissais pas d'éloges sur le script du pilote de The Goldbergs (à l'époque intitulé How The Hell Am I Normal?), à la fois tendre, amusant et authentique. Et le résultat final a été à peu près à la hauteur de mes attentes, tout comme les quelques épisodes suivants que j'ai vus. D'ailleurs, il s'agit à ce jour de la seule nouvelle comédie lancée par ABC qui ait réussi à s'installer et trouver son (petit) lot de fidèles. Je suis sûr qu'elle a un bel avenir devant elle, à la manière de la discrète mais vaillante The Middle. Trophy Wife a eu moins de chance, mais qualitativement, elle est pourtant loin d'avoir démérité (tandis que Super Fun Night s'est transformée en déception assez rapidement et que Mixology méritait mieux). Fresh Off The Boat s'inscrit dans la lignée de The Goldbergs (et The Middle), en troquant les années 80 contre les années 90.

   Tout comme Fatrick, l'autre pilote de la créatrice de Don't Trust The B**** en compétition cette année (mais chez FOX), la seule véritable déception qu'a pu me procurer Fresh Off The Boat c'est un relatif manque d'audace. J'aurais aimé que certaines blagues soient un peu plus osées. Il y a quand même deux-trois insinuations grivoises qui m'ont plu, mais on va dire que tout cela reste très familial, très gentil, très Disney. Et ce n'est pas vraiment un reproche en fait. Je crois qu'ABC est ici dans son rôle, dans ce que le public attend d'elle, et on ne peut pas lui reprocher de commander ce type de pilotes/séries. Quand elle ose des choses un peu plus en marges, du type The Neighbors ou justement Don't Trust The B****, elle se vautre. Finalemement, celle qui s'en sort le mieux en étant pas trop consensuelle c'est Suburgatory. Et encore. Elle a perdu de son mordant au fil du temps et elle n'est plus très loin de l'annulation ! Bref, avec tout ça je ne parle toujours pas précisément de Fresh Off The Boat.

    Au-delà du fait que ce pilote est rythmé, très souvent drôle et évite toujours de tomber dans la niaiserie de justesse, il met tout de même en avant un clash culturel extrêmement intéressant et rarement montré à la télévision. La population américaine originaire d'Asie est silencieuse. On la voit peu, on l'entend peu, elle est pourtant bien là. A bien moindre échelle, c'est comme à Paris où tous ces chinois/japonais vivent mais "n'existent pas" car on ne leur donne jamais la parole et, à vrai dire, ils n'ont pas l'air de la demander non plus. Dans un sens, ça veut certainement dire que leur intégration se passe bien et c'est tant mieux. Celle de la famille Huang n'en est qu'à ses balbutiements dans ce pilote, elle se fait très en douceur et il ne fait aucun doute qu'elle finira par réussir, mais pour l'heure elle est très amusante à suivre, aussi bien du côté des enfants, où c'est finalement assez banal -le weirdo habituel- que de celui des parents, qui l'est déjà un peu moins. Il faut dire qu'avoir choisi la Floride pour situer la série ajoute une dimension un peu surréaliste à l'histoire. Parce que les habitants de la Floride sont eux-mêmes hors-normes, "bigger than life". Je pense surtout aux nouvelles amies de la mère, des Real Housewives avant l'heure, obsédées par faire du roller toute la journée pour garder la forme, tout en commentant le dernier épisode de Melrose Place ! On devrait vraiment se marrer avec elles... La maman elle-même est le personnage le plus drôle -tiens tiens, comme dans The Goldbergs- tandis que le papa, un peu mou du genou, met plus de temps à convaincre. La grand-mère, malgré son silence, est très prometteuse. 

   Fresh Off The Boat a toutes les cartes en main pour devenir le The Goldbergs de la saison prochaine : la petite comédie fort sympathique et attachante qui ne mobilise pas les foules mais qui a de l'amour et de l'humour à revendre. Et il en faut des comme elle !

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29 mars 2014

Constantine [Pilot Script]

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CONSTANTINE

Drama // 42 minutes

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Ecrit et produit par Daniel Cerone (Dexter, Charmed, Mentalist) & David S. Goyer (FlashForward, Batman Begins, Man Of Steel, Da Vinci's Demons...). Adapté de DC Comics. Réalisé par Neil Marshall (Doomsday, The Descent). Pour NBC, Warner Bros. Television & DC Comics. 62 pages.

Les aventures de John Constantine, extralucide anticonformiste et torturé,  à la poursuite des anges et des démons qui hantent les rues de New York. Accompagné de Liv Parson, une jeune femme dont il a bien connu le père et qui a hérité de son don pour voir les morts, il essaye de faire régner la paix là où le mal veut s'installer...

Avec Matt Ryan (Collision, Torchwood, Criminal Minds: Suspect Behaviour), Lucy Griffiths (True Blood, Collision, Robin Hood), Harold Perrineau (Lost, Oz, Sons Of Anarchy), Charles Halford...

 

   Après Gotham et avant iZombie, je me suis attaqué à Constantine, l'un des trois pilotes DC Comics de la saison. Ce n'est pas prendre beaucoup de risques que de dire qu'ils ont de grandes chances de tous être à l'antenne la saison prochaine. Warner Bros. va en tout cas tout mettre en oeuvre pour faire fructifier son catalogue, qui est à sa réponse à l'invasion Marvel attendue sur ABC et Netflix. Et le premier objectif clair est de mettre un maximum de moyens -pour un budget télévisuel- afin que ces séries soient irréprochables visuellement, qu'elles en jettent, et c'est presque la première qualité requise quand on s'attaque à un genre comme celui-là. Tel qu'il est écrit, le pilote de Constantine possède déjà une empreinte forte. Les scénaristes ont une vision bien précise de ce qu'ils veulent. Beaucoup de détails et d'indications sont donc données au réalisateur. Il y a des plans intéressants, des points de vue originaux. Sur tout ça, vraiment, je suis conquis et très curieux de voir si le résultat sera à la hauteur de l'ambition. Sur le fond, en revanche, je suis moins emballé.

   Ce qui me dérange principalement, c'est que ce premier épisode ne définit pas de véritables enjeux, que ce soit pour les personnages et leur cheminement, ou concernant une mythologie plus vaste. Je ne doute pas que l'objectif est que la série devienne au fur et à mesure de plus en plus feuilletonnante, de la même manière que Fringe, Person Of Interest ou The Blacklist opérent ou ont opéré,  mais avant d'en arriver là il va falloir se contenter de suivre des héros passer leur temps à courir après des fantômes et des démons, qui prennent parfois des apparences humaines diverses et variées, ou qui restent sous forme de fumée, de souffle glacé ou d'ombre inquiétante. C'est un peu ennuyeux. Et si ça l'est déjà là, ça le sera encore plus au cours d'un deuxième, troisième ou quatrième épisode. Le pilote a au moins l'avantage de nous prendre par surprise de temps en temps puisque l'on ne connaît encore rien de cet univers et de ses personnages. Il m'a plus rendu inquiet pour la suite qu'autre chose. Ce n'est pas très bon signe, et en même temps j'extrapole peut-être un peu trop. Il fallait bien que je trompe l'ennui d'une manière ou d'une autre.

   John Constantine n'est pas le genre de personnage que j'aime en général. Il transforme tout début d'émotion en cynisme. C'est agaçant. L'héroïne le lui fait d'ailleurs remarquer, mais elle, même si elle ne veut pas encore l'avouer, ça la titille dans le bas ventre tout ce mystère. Alors quand il consent à lui révéler un bout du secret de sa naissance, elle est forcément toute attendrie, toute chose. L'histoire d'amour qui se dessine entre eux est d'un classique à pleurer. Un duo à la Bones/Castle/Mentalist de plus. Ce qui n'est pas rassurant, c'est qu'il y a très peu de protagonistes secondaires réguliers à l'heure actuelle. Harold Perrineau joue une sorte d'ange dark qui aide divinement Constantine dans ses "enquêtes". Lesquelles consistent donc à empêcher des démons de s'emparer d'âmes innocentes. Cela ne va quand même pas bien loin et ne promet pas du tout d'être répétitif ! Et puis il y a Chas, une sorte de bras droit que l'on suppose immortel, qui ne dit pas un mot ou presque. Un personnage intéressant, c'est la "lake house" qui sert de QG au héros. Un lieu mystique hyper protégé où les forces du mal ne peuvent pas entrer. Le seul endroit sûr où ils peuvent se poser et penser. Et probablement un jour baiser. Une scène importante se déroule en ce lieu. L'héroïne assiste à travers un miroir à un moment de vie passé de son papa qu'elle n'a jamais connu. Il est celui qui a pacifié cette maison. C'est là qu'elle le découvre pour la première fois. Emouvant. Enfin, j'ai cru comprendre que dans les comics, Constantine fumait beaucoup beaucoup et beaucoup de fans étaient inquiets quant à son addicition dans les séries. Eh bien elle a logiquement disparu. On ne le voit en tout cas pas fumer. Ce n'est pas possible. Mais est-ce si grave que ça ? 

   Constantine est un programme de 22h coûteux qui manque d'ambition scénaristique pour l'heure mais qui pourrait ravir les amateurs de divertissement fantastique un peu plus noir que ce à quoi les networks nous habituent -en dehors de Hannibal- et un cran au-dessus de Grimm. Elles formeraient d'ailleurs un duo cohérent le vendredi soir, mais NBC peut-elle se permettre de diffuser un programme cher dans une case aussi peu exposée ?

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